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 Ikarishipping - Au-delà des apparences

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ωαкƒιηαღ
Shipper en Herbe
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MessageSujet: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Dim 6 Juil 2014 - 20:12

Au-delà des apparences




Auteure : Wakfina
Rating : K+
Pairing : Ikarishipping (Paul/Shinji & Aurore/Dawn/Hikari)
Genre : Romance & Humour
Résumé : Aurore, Pierre et Sacha arrivent enfin à Unionpolis après un long voyage en bateau, ils vont au Centre Pokémon. Petit problème, il ne reste qu'une chambre et il n'y a que deux lits ! Que faire ? Aurore se porte volontaire pour dormir dehors, mais cela ne va pas se passer comme prévu, et c'est avec étonnement qu'elle va découvrir au fil du temps la véritable personnalité de Paul...

Message de l'auteure : Cette fan-fiction est la première histoire où j'ai pu écrire "achevée" à la fin du titre. En effet, malgré les trois années d'expérience que je possède en écriture, je n'ai jamais réussi à finir une histoire sauf celle-ci. Généralement j'écrivais une dizaine de chapitres puis, par manque de motivation ou d'inspiration, j'abandonnais. Cette fan-fiction contient six chapitres et j'espère vous faire passer un bon moment, n'hésitez pas à laisser des commentaires et me dire ce que vous avez aimer ou non, ça me permettra de m'améliorer !

Bonne lecture ~



✄ -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -


Chapitre I - Une rencontre imprévue



- Aurore, réveille-toi !

L’interpellée submergea doucement de son doux sommeil et ouvrit les yeux. Elle aperçut Sacha qui la regardait avec une lueur amusée dans les yeux. Baillant, elle demanda :

- Nous sommes arrivés ?
- Oui ! Nous sommes à Unionpolis ! J’ai hâte d’affronter le champion de l’arène et de remporter un badge ! répondit-il avec enthousiasme.

Elle sourit à la vue de ce garçon rempli d’énergie.

- Tu as toutes tes chances Sacha !

De bonne humeur, elle sortit du bateau accompagnée de ses deux amis. D’ailleurs, il y en avait un qui était très excité à l’idée d’être arrivé. Après tout, il était là pour le prochain badge. Elle était également impatiente parce qu’il y avait dans cette ville un concours auquel elle voulait absolument participer. Alors qu’elle prenait la route pour se diriger vers le centre Pokemon, elle aperçut Paul qui était à quelques mètres plus loin en train de parler avec quelqu’un.

- Regardez, ce ne serait pas Paul là-bas ? déclara-t-elle à Pierre et Sacha.
- Si c’est lui, je me demande ce qu’il fait là, confirma Pierre avec un air intrigué.

Sans donner de réponse, Sacha se dirigea vers le garçon aux cheveux violets et l’apostropha :

- Paul ! Qu’est-ce que tu fais là ?

Ce dernier se retourna, l’air impassible.

-  Tiens donc, Sacha. C’est plutôt à moi de te poser cette question, après tout un minable comme toi n’a rien à faire ici, rétorqua-t-il avec un sourire narquois.

Ledit minable sentit la colère le submerger suite aux paroles de son rival. Même s’il en avait l’habitude, ses remarques désagréables le touchaient toujours autant et il avait de moins en moins envie de devenir son ami.

-  Répète un peu pour voir ?! s’exclama-t-il, la mâchoire crispée.

Paul eut un petit rire moqueur qui accentua la colère de son vis-à-vis. Pierre posa une main sur l’épaule de son ami pour l’inciter à se calmer. Il se détendit immédiatement et questionna avec un peu plus de calme :

- Tu es venu pour le badge de l’arène ?  
- Ça ne te regarde pas.

La tension montait au fil des minutes qui s’écoulaient, ils se jaugeaient du regard, attendant que l’autre dise quelque chose. Aurore, qui n’appréciait guère cette atmosphère pesante ainsi que la tournure de la discussion, décida d’intervenir en s’adressant d’abord comme elle le faisait toujours au garçon aux cheveux violet.

- C’est toujours pareil avec toi, Paul ! On ne peut jamais parler, t’es vraiment désagréable ! lui reprocha-t-elle en le pointant du doigt.

Plusieurs secondes passèrent sans que le concerné ne réponde. Il fixait la jeune fille avec tellement d’intensité qu’elle se sentit rougir jusqu’aux oreilles et détourna le regard.

- Qui es-tu ? finit-il par dire.

Là, ce n’était plus à cause de la gêne que la jeune fille avait les joues rouges, non. Là, c’était à cause de la colère. Ce qu’il venait de dire lui donnait envie de lui casser la figure, de lui arracher les boyaux et de le jeter par-dessus une falaise. Plus qu’énervée, elle lui hurla à lui en briser les tympans :

- On s’est vu au moins quatre fois et tout ce que tu me sors c’est un : « Qui es-tu ? » ?! JE M’APPELLE AURORE ESPECE DE MALPOLI ! TACHE DE T’EN SOUVENIR !

Elle lui envoya un regard noir et reprit la marche vers le centre Pokémon, on pouvait presque voir de la fumée sortir de ses oreilles. Elle le détestait, le haïssait, et elle se promit qu’un jour elle se vengerait ! Ses deux amis la rejoignirent peu de temps après en tentant vainement de la calmer. Elle finit par se détendre et ils rigolaient maintenant tous les trois, la bonne humeur était revenue. A seulement quelques mètres derrière eux, Paul les regardait avec un air plus polaire que jamais tant cette scène le dégoutait.

-  C’est pitoyable.



[...]



Lorsqu’ils arrivèrent au centre Pokémon, Sacha s’approcha de l’infirmière Joëlle afin de lui demander poliment :

- Bonjour, vous pouvez soigner nos Pokémon s’il vous plait ?
- Avec grand plaisir !

Il ne fallut pas longtemps avant que les yeux de Pierre se transforment en cœur et qu’il attrape les mains de la jeune femme avec une rose dans la bouche.

- Vos yeux brillent telles des pierres précieuses réchauffant mon cœur, partons à l’aventure, ensemble, nous découvrirons diverses richesses et parcourrons toutes les régions ! Marions-nous et ayons une vie heureuse ! Infirmière Joë…

Il ne put terminer sa phrase qu’Aurore lui attrapa une oreille et la tira avec force.

- Mais oui, mais oui. On te croit, déclara-t-elle en le trainant par terre sous le regard des autres dresseurs.
- … Désolé, s’excusa Sacha.
- Ce n’est pas grave. Voila, vos Pokémon sont en pleine forme !  
- Merci beaucoup infirmière Joëlle ! Est-ce que vous avez deux chambres ? Ou une avec trois lits ?

Elle sembla réfléchir quelques secondes.

- Je suis désolée, mais il ne reste qu’une seule chambre avec seulement deux lits. Tu veux quand même la prendre ?
- Je vais le dire à mes amis, je reviens !
- A tout à l’heure, dit-elle avec un petit sourire.

Il sortit et vit Aurore qui tenait toujours l’oreille de ce pauvre Pierre. Elle finit par le lâcher et questionna son ami du regard.

- Il y a un problème. Il ne reste qu’une seule chambre et avec deux lits. Donc l’un de nous doit dormir ailleurs…, expliqua-t-il en voyant petit à petit le visage d’Aurore et de Pierre se décomposer.

La coordinatrice ne voulait pas dormir dehors. Mais Sacha avait bientôt son match d’arène et elle culpabiliserait si jamais c’était Pierre qui n’avait pas de lit ce soir.

- Acceptez, je vais dormir dehors, se résigna-t-elle pour résoudre le problème.
- Tu en es sûre Aurore ? l’interrogea Pierre.
-  Pierre, tu sais bien quelle est ma devise : tout va bien !

C’était vrai après tout. Tout irait bien. Aurore était une fille très positive, optimiste et énergique. Ça n’allait pas la tuer de dormir un soir à la belle étoile et puis, ce n’était pas forcément si désagréable que ça ! En voyant son sourire, Sacha et Pierre décidèrent que l’affaire était réglée et que ça allait se passer comme ça. Ils retournèrent donc à l’intérieur du centre Pokémon et firent part de leur décision à l’infirmière Joëlle. Elle leur donna la clé de la chambre 34, ils la remercièrent et s’en allèrent.  La nuit était tombée, ils sortirent donc leur Pokémon et leur donnèrent à manger. Peu de temps après, Pierre et Sacha voulurent se coucher. Ils se dirigèrent donc vers la chambre 34.

- Bon et bien, bonne nuit les garçons.
- Bonne nuit Aurore, et bonne chance !
- Merci !

Elle leur fit un signe d’au revoir et décida de sortir prendre l’air malgré le froid mordant de la nuit. Le ciel était rempli d’étoiles, toutes brillaient d’une intensité qui n’était pas la même, et cela rendait le paysage encore plus beau. La jeune fille pensa qu’elle devait observer le ciel plus souvent. Il y avait des choses dans le monde qui, malgré leur banalité, peuvent combler le cœur d’un très grand bonheur.

Soudain, une explosion retentit. Intriguée, la coordinatrice fit quelques pas et regarda aux alentours. Elle aperçut entre les arbres une silhouette, elle s’approcha un peu et se cacha derrière un buisson. C’est avec surprise qu’elle vit que c’était Paul, il donnait un entrainement intensif à Ouisticram, ce dernier était recouvert de blessures et semblait très fatigué. Son Ursaring lança une attaque Ultralaser au singe de feu qui tenta vainement de répliquer malgré la fatigue. Il se prit l’attaque de plein fouet et tomba à terre sous le regard impitoyable de son dresseur.

- Relève-toi, ordonna froidement Paul sans lancer un seul regard vers son Pokémon.

Ouisticram se releva avec un regard triste, son corps était parcouru de spasmes, c’était à peine s’il était conscient. C’était tellement atroce qu’Aurore décida de s’en aller pour ne pas en voir plus, mais elle n’avait pas prévu de se faire repérer par l’œil expert du dresseur.

- Qu’est-ce que tu veux, l’idiote ? grogna-t-il sans se retourner.

Elle sursauta et se figea. Et mince, il l’avait vu, elle allait dire quoi, maintenant ? Qu’elle l’espionnait ? Attendez, il l’avait appelé comment ? Idiote ? Une veine se forma sur sa tempe.

- Ne m’appelle pas idiote, idiot ! cria-t-elle sur un ton de reproche.
- Peu importe. Pourquoi tu es ici ?

Elle allait ouvrir la bouche pour lui répondre mais elle la referma aussitôt. Pourquoi elle lui répondrait ? Elle n’était pas obligée. En plus il l’énervait, avec son mauvais caractère. Il critiquait toujours les autres et il était aussi gentil et tendre qu’un bloc de ciment. Pourquoi était-il comme ça ? Avait-il eu une enfance malheureuse ou quelque chose du genre ? Ou était-ce juste sa vraie personnalité ? Elle voulait tellement lui poser la question, mais elle n’osait pas. Elle savait qu’il lui répliquerait un : « ça ne te regarde pas. » avec peut-être un « idiote » en prime à la fin de la phrase.

- Et toi ? Qu’est-ce tu fais faire à ce pauvre Ouisticram ?
- Je l’entraine, ça ne se voit pas ?

L’ironie du garçon l’énerva. Elle se retourna violemment et se posta droit devant lui en plantant ses yeux dans les siens.  

-  C’est ça, moques-toi de moi ! Non mais tu as vu dans quel état il est ? Ça ne t’arrive jamais d’être gentil avec tes Pokémon ?! Il ne t’est jamais venu à l’idée de les considérer comme tes amis et non comme des jouets ?!

Malgré la colère de son-vis-à-vis, Paul resta calme. Il ferma les yeux quelques secondes avant de les rouvrir en direction du ciel.  

- L’amitié… c’est toujours la même histoire, tellement pitoyable.  

Pas de froideur dans le ton employé. Il avait juste dit ça comme si c’était la chose la plus logique du monde. Aurore écarquilla les yeux, surprise et surtout intriguée des pensées du garçon qu’elle avait en face d’elle. Etrangement, elle s’intéressait à lui, se posait beaucoup de questions sur ses motivations, ses ressentis. Elle n’arrivait pas à se l’enlever de la tête. En tout cas, une chose était sûre : il avait vraiment un mauvais caractère et ça n’avait pas l’air de le déranger d’ailleurs. Elle ne l’avait jamais vu joyeux ou juste heureux il imposait toujours son humeur du moment à son entourage.

- Pourquoi tu penses ça ?

Il sembla hésiter quelques secondes, ce qui l’étonna, car elle avait l’habitude de le voir plutôt sûr de lui. Il planta ses yeux dans les siens, de sorte que le message soit clair :

- Je ne vois même pas pourquoi je devrais parler de ça avec toi. Va-t-en, tu me déranges, fille stupide.

La colère de la jeune fille prit le dessus sur la curiosité :

- Arrête d’oublier mon prénom, c’est vraiment agaçant ! Je m’appelle AURORE !! Compris ?!

Ne s’attendant pas à ce qu’il réponde, elle s’en alla pour ne plus le voir et surtout aussi parce qu’elle était très en colère. Le jeune homme resta quelques secondes interdit, avant de murmurer pour lui-même sous le crépuscule de la nuit :

- Je le sais, Aurore…

Seuls les Pokémon de Paul eurent la chance de voir le faible sourire amusé qui s’affichait sur son visage.

Les étoiles dans le ciel étaient vraiment belles ce soir-là.


Dernière édition par Wakfina le Dim 13 Juil 2014 - 13:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Mer 9 Juil 2014 - 18:37

Chapitre II - Offre généreuse et embarras




À cause du froid qui devenait vraiment insoutenable, Aurore décida de retourner à l’intérieur du Centre Pokémon. Elle n’était vêtue que de sa robe après tout, il serait dommage qu’elle tombe malade et qu’à cause de ça ses chances de gagner le concours soient réduites. Il ne restait que l’infirmière Joëlle, elle attendait toujours patiemment à l’accueil, et pourtant il était très tard. Tous les dresseurs excepté Paul et elle étaient partis se coucher. La jeune fille sortit son Tiplouf de sa Pokéball. Le Pokémon la regarda avec un air d’incompréhension, pourquoi elle le faisait sortit à cette heure-là ? En voyant la lueur qu’elle avait dans les yeux, il comprit.

- J’ai besoin de compagnie, Tiplouf. Ça ne te dérange pas de rester un peu avec moi ? lui demanda-t-elle d’une voix douce.

Le Pokémon fit un non de la tête sans hésitation. Aurore sourit faiblement avant de le prendre dans ses bras dans un geste tendre et affectueux. Il se blottit contre elle et tous les deux levèrent la tête vers le ciel. Ce ciel qui changeait tout le temps mais qui restait le même, bleu et aussi vaste que la distance entre lui et la Terre.

C’était assez étrange, parce que la jeune coordinatrice n’était pas du genre à douter d’elle-même, elle avait une grande confiance en elle et essayait toujours de trouver du positif dans chaque défaite et situation qui se présentait à elle. Pourtant, quand il s’agissait de Paul, le discours n’était pas le même. Il lui faisait perdre ses moyens et ses repères, elle se rappelait de leur rencontre. Cette fois-là, où il était contre un arbre, les bras croisés, le regard froid et hautain. Elle avait tout de suite pensé qu’il n’était pas un garçon comme les autres, et cette pensée n’avait pas changé depuis. Jamais elle n’avait vu une personne aussi distante, et surtout, qui recherchait la solitude elle-même. Car il fallait le dire, Paul ne cherchait pas à se faire des amis. Au contraire, il faisait tout pour éviter ce qui concernait l’amitié, comme si c’était la chose la plus horrible du monde.

Elle se remémora cette phrase qu’il lui avait dit à peine une heure plus tôt :


L’amitié… c’est toujours la même histoire, tellement pitoyable.


Pourquoi « pitoyable » ? Est-ce que pour lui, quand on est amis avec quelqu’un, c’est parce qu’on est faible ?  Ou alors est-ce une méthode de lâcheté pour éviter d’être seul ? Mais lui, n’a-t-il pas eu une seule fois peur de la solitude ? A-t-il toujours vécu ainsi, seul et réservé, à l’écart des autres ? À chaque fois que Sacha essayait de mieux le connaître ou le comprendre, il le rejetait avec indifférence, comme si… une carapace le protégeait pour ne pas souffrir de trahison, de remords ou de culpabilité. Car en effet, l'amitié n’est pas remplie que de bons moments. Il y a parfois des disputes, des gens qui s’en vont et qui trahissent, et c’est peut-être pour ne pas connaître ces choses-là que Paul se refuse d’avoir des amis.

- Dis-moi, Paul, qui détient la clé qui permet d’ouvrir ton cœur ? chuchota-t-elle avec une pointe de tristesse.
- À toi de me le dire, fit une voix froide tout près d’elle.

Elle sursauta et lâcha son Pokémon des mains sous le coup de la surprise. Elle lança un regard désolé à Tiplouf et se tourna vers celui qui possédait cette voix. Bien évidemment, ça ne pouvait être que lui. Les mains dans les poches, Paul regardait dehors par la vitre avec un air ennuyé. Aurore sentit son cœur s’emballer, elle jeta un regard curieux à son vis-à-vis et l’interrogea :

- Tu as fini ton entrainement ?

Il ne répondit pas et fit un geste de tête vers l’avant pour indiquer l’extérieur. Elle suivit son regard et remarqua qu’il pleuvait. Elle était tellement dans ses pensées tout à l’heure qu’elle ne l’avait même pas remarqué ! Plusieurs minutes s’écoulèrent dans un silence pesant, ils regardaient tous les deux les gouttes d’eaux qui s’écrasaient contre la vitre. Soudain, le jeune homme commença à partir, il se dirigeait vers un des couloirs.

- Attends, Paul ! Tu vas où… ?

Aucune réponse ne parvint à ses oreilles, il était tout simplement en train de la snober. Elle fronça les sourcils et rappela son Tiplouf dans sa Pokéball avant de rejoindre le jeune homme en courant. Elle était légèrement derrière lui et fixait son dos. Seuls les bruits de leurs pas brisaient le lourd silence qui régnait entre eux. Ils arrivèrent devant une chambre, elle comprit qu’il allait se coucher, vu qu’il ne pouvait plus s’entrainer à cause de la pluie et peut-être aussi de la fatigue. Il ouvrit la porte et, comprenant qu’il allait lui claquer la porte au nez et la laisser seule, elle attrapa un bout de sa veste, ce qui le força à s’arrêter. Il tourna la tête de façon à pouvoir regarder derrière son épaule, ses yeux froids entrèrent en contact avec ceux de la coordinatrice.

Cette dernière prit conscience de son geste et décida de le lâcher. Elle avait fait ça inconsciemment, elle n’avait pas réfléchis… comme quoi, il lui faisait vraiment perdre ses moyens

- … Tu… ne veux pas rester un peu… avec moi ? Je… Je ne veux pas être seule…, bafouilla-t-elle, le rouge aux joues.

Il la toisa pendant quelques secondes.

- Pourquoi tu n’es pas avec les deux autres ?

Sa réplique augmenta la gêne de la jeune fille et elle avoua en se mordant la lèvre inférieure :

- En fait… Pierre et Sacha dorment dans une chambre, et il n’y avait pas de place pour moi, donc…

Elle n’acheva pas sa phrase et le silence revint, encore une fois. La présence du jeune homme la gênait, et elle ne savait pas pourquoi. C’est comme s’il dégageait une aura qui l’intimidait, comme si la confiance qu’il avait en lui-même et l’aisance avec laquelle il parlait la mettait mal à l’aise.
Il lâcha un faible soupir. Elle hoqueta lorsqu’il attrapa son poignet et la tira à l’intérieur de sa chambre. Surprise, elle mit plusieurs secondes à comprendre ses intentions, elle le regardait avec une lueur d’incompréhension. Il l’ignora et enleva sa veste, et là, Aurore s’écria en s’éloignant de quelques bons mètres :

- Pervers !

Le garçon aux cheveux mauves ne comprit pas d’où venait cette accusation, qu’est-ce qu’il lui prenait à cette fille ? Elle était complètement folle. Sincèrement surpris, il  écarquilla les yeux et ne put lâcher qu’un :

- Quoi ?

La réponse du dresseur figea la coordinatrice qui se sentit soudainement très idiote. Elle qui avait cru que… ben… ?

-Je… Je croyais que… tu voulais qu’on fasse… enfin je ne sais pas, mais vu que tu te déshabillais…

Elle regardait le sol, rouge comme une tomate, et surtout avec un très grand sentiment de honte. Paul mit plusieurs secondes avant de comprendre de quoi elle parlait. Lorsqu’il comprit, il dit d’un ton sec et colérique :

- T’es vraiment stupide ! En plus d’être chiante et ennuyante, tu te fais des films !

Il la gratifia d’un regard de glace et se hâta de s’enfermer dans la salle de bain. Voila comment il était remercié d’avoir rendue service à cette idiote ! La prochaine fois, elle se débrouillerait toute seule.

Plus que honteuse, Aurore fixait toujours le sol et se sentait vraiment très bête. Elle ne lui en voulait pas de l’avoir traité d’idiote car s’était ce qu’elle était à ce moment-là, une véritable idiote. Essayant d’oublier ce moment très gênant de sa vie, elle se mit à réfléchir sur le geste de Paul. Elle en conclut qu’il l’invitait très généreusement à dormir dans sa chambre.

Attendez, d’où lui venait cet excès de gentillesse ? Elle ne put s’empêcher de sourire, attendrit. Il y avait peut-être du bon en lui, en fait. Avec un peu de chance, il allait lui montrer une autre partie de lui-même, celle qu’il ne montrait jamais aux autres. Elle remarqua qu’il avait laissé sa veste par terre et elle s’empressa de la ramasser pour la poser sur son lit. Une odeur masculine lui parvint aux narines et elle ne put résister à humer cette odeur qui était vraiment enivrante. Son cœur s’emballa un peu plus, elle aurait pu s’endormir tout de suite, là, debout, tellement elle se sentait bien.
Par peur d’être surprise, elle posa la veste et se hâta de se réfugier sous la couverture. Le jeune homme sortit peu de temps après et alla lui aussi dans son lit. Il semblait encore en colère après ce qu’il venait de se passer, elle se dit donc qu’il ne fallait pas lui adresser la parole. Il éteignit la lumière et la pièce fut plongée dans l’obscurité la plus totale.

Paul… c’était la première fois qu’il se montrait gentil envers elle. Normalement, il l’aurait laissé devant la porte, et même si elle aurait crié de toutes ses forces qu’elle n’avait pas d’endroit où dormir, il l’aurait ignoré. Il était vraiment différent et n’était peut-être pas celui que tout le monde croyait. Derrière cette carapace se cachait peut-être un cœur d’or… Elle trouvait ça mignon qu’il ne lui ait pas directement proposé de venir dormir dans sa chambre, il était sûrement trop embarrassé et trop fier pour ça. Décidemment, c’était bien compliqué de le comprendre.
Etrangement, elle ne voulait pas raconter cela à Sacha et Pierre, non. Elle voulait garder cette soirée pour elle-même, faire comme si c’était leur secret à tout les deux…
Un sourire rempli de tendresse s’afficha sur son visage.

- Bonne nuit, Paul…

Sous la fatigue, elle s’endormit.


Dernière édition par Wakfina le Dim 13 Juil 2014 - 13:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Mer 9 Juil 2014 - 18:45

Chapitre III - La Team Rocket n'aime pas les morveux

Aurore se réveilla, les yeux lourds et l’esprit encore un peu embrumé. Elle se mit en position assise sur son lit et balaya la pièce du regard. Ses yeux se posèrent sur le lit situé à côté d’elle. Il était bien fait et il n’y avait personne à l’intérieur. Surprise, elle regarda l’heure indiquée sur l’horloge : sept heures du matin. Ses yeux s’écarquillèrent de stupeur, Paul était déjà levé à cette heure-là ? Mais comment faisait-il pour ne pas être fatigué ? En plus de cela, il s’était couché très tard.
Elle décida de se lever elle aussi, elle était sûre de ne pas réussir à se rendormir, les évènements de la veille l’en aurait empêché. Elle refit bien son lit, se coiffa soigneusement les cheveux dans le miroir et ouvrit la porte pour sortir de la chambre. Malheureusement, par le plus grand des hasards, elle tomba sur Sacha et Pierre qui passaient par là. La panique la submergea et ses mains commencèrent à devenir moites.

- Aurore ? Qu’est-ce que tu fais là ?  demanda Sacha avec un air étonné.

Son cœur battait de plus en plus vite, pouvait-elle dire qu’elle avait dormi dans cette chambre ? Celle de Paul ? Elle avait peur que Sacha le prenne mal. Mais elle ne voulait pas non plus lui mentir. Aïe, la matinée commençait mal.

- Bonjour à toi aussi Sacha, répondit-elle en essayant de changer de conversation.
- Tu ne m’as pas répondu, comment ça se fait que tu sois sortie de cette chambre ?
l’interrogea-t-il, encore une fois, avec cette fois-ci une lueur qu’on ne voyait que rarement dans ses yeux : de la méfiance.

Où sont le tabouret et la corde, s’il vous plaît ?

- Et bien c’est-à-dire que… euh… j’ai dormi à l’intérieur… avoua-t-elle en se mordant la lèvre inférieure.

Sacha fronça les sourcils et Pierre regardait les deux adolescents avec sérieux.

- Mais… hier il n’y avait plus de chambre de disponible… tu as dormi avec quelqu’un ?

Tandis que Sacha n’avait pas l’air de savoir qui c’était, Pierre, lui, avait une petite idée. Ne pouvant esquiver la question, la coordinatrice dit tout en baissant la tête avec fatalité :

- Oui.

Le jeune homme bougea sa tête sur le côté, tout en continuant de la regarder fixement :

- Et c’est qui ?

Aurore ne savait plus où se mettre. Que quelqu’un l’aide, par pitié ! Elle avait l’impression d’avoir trahit ses amis, car même si Sacha et Paul n’étaient pas les pires ennemies du monde, ce dernier était tout de même son rival et en plus ils ne se supportaient pas, et le fait d’avoir dormi avec lui était un peu comme aller vers le camp adverse. Ce n’était pas comme avec Régis, celui qu’elle considérait comme un poète, envers qui son ami montrait un profond respect ainsi que de la cordialité.

Alors qu’elle allait prononcer le prénom de la personne qui l’avait hébergé, une voix retentit dans le couloir, une voix froide et dur.

- C’est moi.

Tous se retournèrent et virent un dresseur. Des cheveux mauves, une veste violette : Paul était là, regardant Sacha avec le plus grand mépris qu’il pouvait avoir.

-  Aurore, ne me dis pas que tu as dormi avec…, commença Sacha, hébété.
- … Paul ?  acheva Pierre, nullement surpris.

Si pour le moment il n’y avait pas encore eu d’hurlement, de cri, ou encore de mort, Aurore, elle, par contre, sentait tout de même comme une tension dans l’air. Elle eut un rire jaune et, tout en donnant un coup de coude au concerné, elle s’exclama avec peu de conviction :  

- Paul, tu sais que tu es très drôle ? Ahaha… arrêtes de dire des bêtises pareils !

Toujours avec son air froid et sérieux, ce dernier haussa un sourcil, ne comprenant pas pourquoi elle disait ça alors que ce n’était pas la vérité. En fait, il n’en avait juste rien à faire de ce que pensait le dresseur avec la casquette, qu’est-ce que ça pouvait lui faire qu’il ait dormi avec cette idiote ?

Sacha sentait la colère monté en lui, comment avait-elle pu faire ça ? Dormir… avec lui ! Il ne ressentait rien pour elle, loin de là, mais le fait de savoir qu’elle avait été en compagnie de ce… dresseur sans cœur le submergeait d’un sentiment de rage et de trahison.

- D’accord, je vois. Je comprends mieux maintenant, déclara-t-il sombrement.

La jeune fille eut soudainement peur de la tournure de la discussion.

- Depuis le début, en fait, tu es à ses côtés. Alors qu’il est cruel avec ses Pokémon et les maltraite ! Comment as-tu pu nous faire ça ? ajouta-t-il en criant, ses yeux lançant des éclairs.

Les oreilles de Pikachu s’abaissèrent, il était inquiet. Il aimait beaucoup Aurore et ne voulait pas qu’il y ait une dispute entre son dresseur et elle.

- Je ne vous ais pas trahit ! Et Paul est peut-être cruel avec ses Pokémon mais il n’est pas aussi insensible que tu peux le prétendre ! répliqua-t-elle fortement, énervée par les propos de son vis-à-vis.
- … Tu te mets même à le défendre… décidemment, tu me déçois, Aurore !
- C’est toi qui me déçois ! Paul n’est pas celui que tu crois, malgré ses airs froids et méchants c’est quelqu’un qui a du cœur ! Et si tu n’es pas capable de comprendre ça, ça ne sert à rien que je reste ici avec toi !

Paul écarquilla légèrement les yeux pendant un bref instant suite à cette déclaration, qui, malgré les apparences, le touchait beaucoup.

Aurore, qui avait crié ces mots avec détermination, désespoir et sincérité,  fit demi-tour et s’éloigna du groupe en courant, une larme coulant le long de sa joue. Larme que Paul réussit à voir. Les trois garçons restèrent statiques, regardant chacun d’une manière différente la direction par laquelle Aurore était partie.

- Bien joué, à cause de toi, elle pleure, reprocha Paul à Sacha avec une voix neutre, dénuée d’émotion, tout en mettant ses mains dans les poches de son pantalon.

Sacha écarquilla les yeux, la culpabilité s’affichant sur son visage. Il avait blessé son amie et s’était laissé emporter. Comment leur amitié qui était si forte pouvait-elle se détruire pour si peu de chose ? Ils avaient vécus tellement de choses ensemble…
Il abaissa sa casquette et s’en alla sans un mot, laissant derrière lui Pierre qui le rattrapa rapidement et un Paul légèrement agacé. Il décida de retrouver la pleurnicharde avant qu’elle inonde la ville.



[/font]
[…]




Aurore était assise sur un banc et semblait regarder dans le vide avec une profonde tristesse. Son visage était mouillé et des larmes perlaient encore sur ses joues et s’écrasaient violemment contre le sol. Elle cacha son visage avec ses deux mains, comme si elle ne voulait pas qu’on la voit dans cet état. Tout semblait aller de travers en ce moment, Paul lui faisait tourner la tête et Sacha la détestait. Que pouvait-il se passer de pire ? La Aurore optimiste avait disparu pour le moment. Elle n’avait même plus envie de sourire. Tiplouf, qui était sur l’épaule de sa dresseuse, faisait de son mieux pour la réconforter, mais la coordinatrice ne s’arrêtait pas de pleurer, baissant pour une fois les armes et se laissant aller à ses émotions.

Au loin, trois silhouettes se dessinaient dans l’horizon, dans une montgolfière qui ressemblait à un Miaouss.

- Je meurs de faim…, se plaint le chat parlant.
- La ferme, Miaouss ! rétorqua la jeune femme aux cheveux rouges nommé Jessie.
- C’est vrai que ça fait plusieurs heures qu’on a rien mangé, et on a plus rien pour se payer à manger…, continua James à la limite de pleurer. Heureusement j’ai trouvé cette magnifique capsule de grande valeur pour me remonter le moral ! ajouta-t-il avec des yeux brillants, ne pouvant s’empêcher de regarder cet objet avec énormément de fascination et d’amour.

En effet, la Team Rocket était au complet, toujours prêt pour capturer Pikachu et se déguiser, que ce soit en serveurs, en policiers ou encore en touristes. Les méchants étaient toujours là pour l’aventure et surtout pour se rapporter de l’argent et plaire à leur boss préféré : Giovanni.

- Ça vaut rien ton truc, idiot ! Je vais te le balancer par dessus bord ! cria Jessie en arrachant la capsule des mains de James, énervée par le comportement de celui-ci.

Ledit idiot la reprit des mains de la furie tout en s’écriant :

- Rends-la-moi ! Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas de cœur ! Ces capsules ont une valeur inestimable à mes yeux… ! Toi, y a que l’argent qui t’intéresses ! lui reprocha-t-il en fronçant les sourcils.
- Répètes un peu pour voir ?!
- T’as très bien entendu !

Pendant qu’il se bagarrait, Miaouss lâcha un soupir et s’approcha du bord de la montgolfière et regarda aux alentours. Ses yeux s’arrêtèrent sur une jeune fille assise sur un banc qui pleurait, accompagnée de son Tiplouf.

- Hé, arrêtez de vous disputez et regardez là-bas, y a une morveuse !
- Tu sais quoi ?! T’es qu’une pourrie gâtée !
- Et toi un idiot sans cervelle !

Voyant qu’il n’était pas écouté, le pauvre Pokémon sentit la colère monter en lui. Il  lança des coups de griffes sur Jessie et James et souffla sur sa patte.

- Pourquoi t’as fait ça ?! demanda avec violence Jessie.
- Y a une morveuse et vous m’énerviez à vous battre !
- Une morveuse ?

Jessie regarda à son tour et remarqua Aurore.

- En effet y a une morveuse ! Et qui dit morveuse, dit…
- Pikachu ! termina James avec entrain.
- Cette fois-ci, nous allons l’avoir ! J’ai préparé un truc infaillible, ils seront obligés de nous donner Pikachu ! dit Miaouss en rigolant joyeusement.
- Chouette ! On y va !

C'est donc avec enthousiasme que les vilains méchants exécutèrent leur plan diabolique.

Au centre Pokémon, la plupart des dresseurs étaient levés et le soleil aussi, l’ambiance était chaleureuse et l’infirmière Joëlle travaillait avec le sourire.

- Dis… tu crois qu’elle m’en veut encore ? demanda un garçon assis à une table à son vis-à-vis
- Ne t’inquiète pas, je suis sûre qu’elle va se calmer et que tout va s’arranger, laisse lui du temps.
- T’as raison Pierre, merci !
- De rien Sacha.
- En plus, c’est bête de…

Sa phrase fut coupée par l’arrivée d’un Tiplouf inquiet et criant. Il attrapa un bout du pantalon de Sacha et tira avec panique.

- Quelque chose ne va pas, Tiplouf ?
- Tiplouf Tiplouf Ti !

Sacha le regarda avec incompréhension, puis comprit qu’Aurore n’était pas avec lui.

- Aurore n’est pas avec toi ? Il lui est arrivé quelque chose ?

Le pingouin hocha la tête, les deux dresseurs se levèrent brusquement, inquiets.

- Vite, il n’y a pas une minute à perdre ! s’exclama Pierre.
- Oui !

Ils sortirent en vitesse du centre Pokémon et se dirigèrent en direction de la forêt. Paul, qui cherchait encore et toujours Aurore, les vit se hâter avec empressement. Il remarqua que Tiplouf n’était pas en compagnie de sa dresseuse, il fronça les sourcils.

Quelque part dans la forêt, Aurore tentait en vain de s’échapper :

- Laissez-moi sortir ! cria-t-elle envers la Team Rocket.
- Hm ? Tu oses nous donner des ordres, gamine ? demanda Jessie en haussant un sourcil avec mépris.
- Regardez-là qui tapes avec détermination contre notre super boule en verre incassable et de haute technologie ! s’enthousiasmait James, la regardant la tête posée contre la paume de sa main.
- Vous pouvez faire ce que vous voulez, vous n’aurez pas Pikachu ! rétorqua la jeune fille enfermée.

Miaouss laissa échapper un petit rire.

- Que tu crois, petite. Tes petits amis vont venir te sauver et on va leur proposer un petit marché qu’ils ne pourront pas refuser ! Nyahahahaha !
- … Ils ne viendront pas me sauver, dit-elle d’un air mélancolique, un voile d’ombre lui couvrant les yeux.
- Oh ~ la morveuse s’est disputée avec les autres morveux ? Comme c’est dommage ! ironisa Jessie avec un air compatissant.
- Sauf que si c’est le cas, ils ne viendront pas avec Pikachu…, fit remarquer James
- Eh ben on ira les chercher nous-mêmes ! Personne ne défie la grand Jessibella !  
- Excuses-moi Sacha, tu dois encore m’en vouloir à l’heure qu’il est… tout ça c’est de ma faute…, pensa Aurore.

Une voix résonna comme un écho dans la forêt :

- Aurore !

L’interpellée écarquilla les yeux, avait-elle rêvé ou était-ce bel et bien la voix de Sacha qu’elle avait entendu ? Elle comprit que ce n’était pas une illusion quand elle vit son ami arrivé suivit de Pierre et des autres Pokémon. Ses lèvres s’agrandirent en un sourire et une larme menaça de couler tant elle était heureuse.

- Vous êtes venus…
- On ne laisse jamais une amie tomber, fit Sacha en la regardant. Il reporta son regard sur les trois kidnappeurs. Libérez-la tout de suite !
- Pas si vite, mon coco ! Avant qu’on te rende ta petite copine, il faut que tu nous donnes ce qu’on veut : Pikachu ! Si tu n’es pas d’accord avec ça, on ne te la rendra pas ! réclama Jessie.

Il lâcha un grognement et ordonna à Pikachu de lancer une attaque éclair, qui toucha de plein fouet la boule en verre. Rien ne se produisit, il écarquilla les yeux.

- Qu’est-ce que…

Les trois méchants éclatèrent de rire :

- Tu croyais peut-être qu’on n’avait pas prévu le coup ? Cette boule en verre est incassable, rien ne peut la détruire ! expliqua Miaouss, une télécommande à la main.

Pierre et Sacha serrèrent les dents.

- Si vous voulez la fille, donnez-nous Pikachu ! répéta la femme aux cheveux rouges.

Aurore regardait ses amies avec inquiétude. Arriveront-ils à la sortir de là ? Cette fois-ci, la Team Rocket avait bien préparé son plan, est-ce que c’était fini ? Elle ferma les yeux de dépit, elle ne voulait pas que Pikachu soit donné à ces malfrats par sa faute.

Devant le silence de Sacha, ils demandèrent :

- Alors ? On t’attend ! Tu préfères que l’on garde ton amie ?
- Sacha, quoi qu’il se passe, ne leur donne pas Pikachu !
- Aurore…
- Même si je dois rester enfermée là-dedans, je refuse que Pikachu soit dans leurs mains ! Ne t’en fait pas pour moi, tout ira bien… !

Puis, elle soupira intérieurement et pensa :

- Quelle preuve d’héroïsme, tu parles ! Je veux sortir !
- Qu’est-ce qu’on fait, Sacha ? demanda Pierre.
- Je ne sais pas, je…
- Électek, attaque Poing-Éclair !  cria une voix froide.

Un Électek sortit de nulle part et lança l’attaque ordonné par son dresseur contre la boule de verre. La boule se fracassa en deux, libérant une Aurore qui criait à plein poumons quant à la chute qui l’attendait. A sa plus grande surprise, le pokémon la rattrapa et la posa délicatement à terre, avant de retourner devant son dresseur.

- … Paul… ! s’exclamèrent Aurore, Sacha et Pierre en même temps en voyant le sauveur.

La coordinatrice était perplexe, il venait de la sauver ? Et pourtant, il était la dernière personne vers qui elle aurait eu l’espoir d’être sauvée, il était tellement solitaire ! Sous le choc, elle mit une de ses mains devant sa bouche et le fixa avec surprise, jamais, au grand jamais, elle n’aurait imaginé Paul capable de faire quoi que ce soit pour elle, avait-elle réussi, finalement, à avoir une place dans son cœur ?

Indifférent à son entrée spectaculaire, le garçon aux cheveux violet lança un regard vers Aurore et lui demanda :

- Tu vas bien ?

Encore plus surprise, elle n’arriva pas lui répondre, elle ne connaissait pas cette facette cachée du jeune homme qui était en  face d’elle. Voyant qu’elle la regardait comme s’il venait d’une autre planète, il haussa un sourcil et reporta son regard sur la Team Rocket, un regard polaire qui aurait fait peur à plus d’un.

- Vous êtes pitoyables, déclara-t-il avec nonchalance comme s’il parlait de la pluie et du beau temps.
- Dis donc, morveux ! Tu pourrais être plus polie envers tes aînés ! D’ailleurs Miaouss, comment ça se fait que ta boule de verre incassable soit cassée ?! Tu peux m’expliquer ?! A cause de toi on n’a plus aucune chance de capturer Pikachu !
- Mais… J’y peux rien… ! Et pourquoi ça serait de ma faute d’abord, hein ? Si j’étais pas le seul à faire tout le travail, on n’en serait pas là !
- Qu’est-ce que tu insinues par là, espèce de chat de gouttière ?!
- Que vous êtes des paresseux !  

La dispute continua de plus belle. Paul ferma les yeux, ennuyé.

- Ils me fatiguent. Électek, attaque Fatal-Foudre sur ces idiots.

Le Pokémon exécuta l’ordre de son dresseur et attaqua avec Fatal-Foudre. La montgolfière se retrouva propulsée suite à l’explosion qui s’ensuit avec la Team Rocket.

- Dire qu’on y était presque ! s’exclama Jessie dans les airs.
- J’en ai marre, je veux rentrer chez moi ! fit James.
- Vous savez ce qu’ils ne nous restent plus qu’à dire, maintenant ? ronchonna Miaouss.
- Une fois de plus la Team Rocket s’envole vers d’autres cieux… ~ ! dirent-ils en chœur tous les trois avant de disparaître loin, très loin.

Malheureusement, l’explosion n’avait pas propulsée que la Team Rocket, des bourrasques de vents s’était créées et Aurore ainsi que Paul se retrouvèrent à faire une chute au dessus d’une cascade. Paul, qui était agile, attrapa une branche et se balança pour atterrir sur le sol, tandis qu’Aurore, elle, se contenta de crier et fini par tomber dans la cascade.

Elle sortit avec peine de l’eau tout en retenant un juron.

- Aurore, est-ce que ça va ? questionna Sacha.
- Oui, ça va ! On se retrouve de l’autre côté de la forêt !
- D’accord, à tout à l’heure, sois prudente !

Elle remarqua que Paul était déjà parti. Elle s’empressa de le rattraper avant de se retrouver définitivement perdue dans cette grande forêt, elle l’aperçut non loin d’elle, les mains toujours dans les poches. Il marchait sans hésitation comme s’il connaissait la forêt par cœur. Elle courut pour le rattraper et se plaça derrière lui, le sourire aux lèvres, elle lui demanda comme si l’évènement d’avant était déjà un souvenir :

- Paul, on peut faire un bout de chemin ensemble ?

Aucune réponse ne vint, Aurore soupira.

La journée allait être longue.


Dernière édition par Wakfina le Dim 13 Juil 2014 - 13:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Dim 13 Juil 2014 - 13:48

Chapitre IV - Pour ce que tu es



Voilà déjà plusieurs heures que Paul et Aurore marchaient dans la forêt en essayant d’atteindre le bout, la route semblait longue et interminable pour la coordinatrice qui entendait son ventre émettre des gargouillements insupportables. En plus de cela, ils ne s’étaient échangés aucun mot,  Aurore avait tout tenté en vain pour le faire parler et commencer une conversation, il la snobait royalement. Elle tint son ventre avec ses deux bras et un rictus s’afficha sur son visage.

- Paul, on peut faire une pause ? S’il te plaît…

L’interpellé s’arrêta et tourna légèrement sa tête sur le côté de sorte à pouvoir voir l’idiote qui était derrière lui. Décidemment, à cause d’elle, il se mettait dans des situations pas possibles. Sentant qu’il commençait à avoir faim lui aussi, il dit à l’égard d’Aurore avant de partir :

- D’accord. Reste là, je reviens.

Elle hocha la tête et s’assit contre un arbre en attendant son retour. Tiplouf n’était pas avec elle, ça la rendait un peu triste, elle avait l’impression que ça faisait une éternité qu’elle ne l’avait pas pris dans ses bras. Il devait être inquiet pour elle… Elle plaça sa tête entre ses jambes, repliées contre elle, et se dit que finalement, elle était juste un boulet pour tout le monde. Si Paul n’était pas intervenu, Dieu sait dans quelle galère elle serait en ce moment avec la Team Rocket, de plus, elle se souvient de toutes les fois où les garçons avait dû la protéger contre des dangers et la réconforter lorsqu’elle perdait à un concours. Elle n’aimait pas le goût de la défaite. Et pour en rajouter, l’image de Paul l’invitant d’une manière informulée à dormir dans sa chambre réapparut dans sa tête. Le doute d’insinua en elle comme un poison dans ses veines, était-elle un fardeau ?

Elle ne put réfléchir plus qu’elle entendit des bruits de pas, elle releva doucement la tête et vit Paul qui lui tendait une baie Oran. Etonnée de cette attention, elle attrapa délicatement la baie et commença à la manger tout en se faisant discrète. Il s’assit en face d’elle et l’imita. Un silence s’installa, et Aurore détestait les silences, elle ne put s’empêcher de le briser :

- Tu sais Paul, je t’aime bien, même si tu oublies tout le temps mon prénom et que tu me détestes, avoua-t-elle sincèrement malgré le faux air enjoué qui s’affichait sur son visage.

Comment ça « tu me détestes » ? Il ne la détestait pas, il trouvait juste que cette fille était un peu bizarre et peut-être aussi trop enjouée et énergique à son goût, pourtant, ça ne l’empêchait pas de l’apprécier, voir même un peu plus…

Voyant qu’elle semblait mélancolique, il lui dit sérieusement :

- Aurore, regarde-moi.

Elle s’exécuta, ses grands yeux bleus s’écarquillant de surprise, venait-il de l’appeler par son prénom ? Elle se retrouva plongé dans un univers de froideur, de ténèbres et pourtant si doux, si profond, qu’elle se sentit fondre comme neige au soleil. C’était quoi ce regard ? Jamais il ne l’avait regardé ainsi, avec autant de sérieux et de sincérité. Ce n’était pas souvent qu’il enlevait son sourire légèrement moqueur de son visage, où était passé le Paul qu’elle connaissait ?

- Je ne te déteste pas.

La bouche d’Aurore s’ouvrit sous la révélation et son cœur rata un battement. Ce qu’il venait de dire était une phrase simple, banale, et pourtant, comme c’était lui qui l’avait dite, elle avait l’impression que ces  cinq mots prenaient bien plus d’ampleur qu’elle ne pouvait se l’imaginer. Sentant ses joues rosir, elle baissa les yeux.

- … Héhé, m-merci, ça… ça me fait plaisir, remercia-t-elle en rigolant niaisement, embarrassée et ayant du mal à le croire.
- Pourquoi tu rigoles ? demanda-t-il, irrité. Je n’ai rien dit de drôle.

Elle s’arrêta brusquement de rire suite aux paroles du jeune homme. Elle baissa la tête et avoua avec sérieux :

- Désolée, c’est juste que… je n’ais pas l’habitude d’entendre ce genre de chose de ta part. Avant tu ne m’avais jamais appelé par mon prénom… et comme tu m’ignores tout le temps, je me disais que tu n’en avais juste rien à faire de moi… mais je suis heureuse ! Je savais que tu avais un bon fond !

Il la fixa pendant quelques secondes avec un air mauvais et détourna le regard, boudeur. Il n’aimait pas quand elle le complimentait, pas que c’était désagréable, mais il croyait que ce genre de paroles ne pouvait jamais lui être destiné. Il ne savait pas ce qui lui avait pris, quand elle avait dit qu’elle pensait qu’il la détestait, cette phrase était sortie toute seule, elle avait forcé le barrage de ses lèvres. Maintenant, il avait presque honte de son comportement et se sentait gêné à son tour.

- Eh ! Pourquoi tu évites mon regard ? J’ai dit quelque chose qui te dérange ? fit-elle en s’approchant de lui de très près, mettant le jeune homme assez mal à l’aise.

En fait, Paul n’était guère habitué aux contacts humains et n’aimait pas qu’on s’approche trop de lui sauf si c’était vraiment nécessaire. Il était tellement distant que les contacts avec les personnes du sexe opposée étaient devenus rares. Les contacts humais le dérangeait, il avait la sensation d’étouffer et de ne pas être à sa place. C’est donc avec un peu de brutalité qu’il posa une main sur l’épaule de la jeune fille afin qu’elle reste à une distance convenable. Aurore comprit qu’il était embarrassé et elle décida donc de s’écarter avec un grand sourire aux lèvres. Elle leva son index et déclara avec assurance :

- En fait, si tu es froid avec les autres Paul, c’est parce que tu es timide !
- Arrête de dire n’importe quoi. Remettons-nous en route, rétorqua-t-il en se levant, suivit rapidement de la coordinatrice.

Tentative échouée de la part du glaçon, elle continua son analyse psychologique :

- … Tu n’es pas habitué aux contacts humains, parce que tu as toujours essayé de les éviter. Tu fais croire qu’il est inutile d’avoir des amis et de nouer des liens, mais en fait, tu as peur des autres. Tu as juste peur d’aimer, Paul.

Il le savait, cette fille était vraiment chiante et agaçante. Non, pire que ça, il l’insupportait. Elle touchait toujours là où ça faisait mal avec son air de je-sais-tout et son grand sourire collé sur le visage. Il aurait dû la laisser seule dans cette forêt en compagnie des Pokémon sauvages. Il n’aimait pas quand elle disait clairement la vérité, ça l’énervait, elle était la seule qui le comprenait. Pourtant, il faisait bien attention à cacher ses émotions, comment faisait-elle ?

- Mais tu sais Paul, tu n’as pas à être gêné, c’est normal d’avoir peur. Tu as beaucoup de qualités, même si tu veux prouver le contraire, tu n’es pas si antipathiques, tu es juste toi ! Et puis…

Sentant la colère monter en lui suite aux dires d’Aurore qui était vrai, il se retourna brutalement ce qui stoppa la jeune fille dans sa phrase. Il l’attrapa par les épaules, pencha la tête et plaqua brutalement ses lèvres froides contre les siennes. Elles étaient douces avec un léger parfum de vanille, comme il les imaginait. C’était un baiser chaste, assez violent, comme si Paul ne voulait pas admettre quelque chose, aussi, il n’était pas très doué dans le domaine de l’amour, il n’avait donc pas réussi à être doux, ce n’était pas dans sa nature. Il mit un terme au baisé et vit Aurore qui le regardait, rouge comme une pivoine.

- C’est bon, t’as fini ? demanda-t-il avec de légères rougeurs sur les joues.
- … Je suppose, oui…, confirma-t-elle, l’air complètement ailleurs et le regardant avec des yeux ronds comme des pastèques.  

Il se retourna pour éviter la lueur de stupéfaction qui restait présente dans ses prunelles et se remit en route pour éviter toute question et situation embarrassante. Sa marche était plus rapide, il était bien décidé à enfin sortir de cette forêt, ça avait assez durée.

Du bout de ses doigts, Aurore toucha ses lèvres avec gêne tout en regardant le sol et elle finit par sourire.

- Je crois que je te comprends de mieux en mieux, Paul, pensa-t-elle en le rattrapant, le cœur battant à cent à l’heure.

A l’autre bout de la forêt, Sacha et Pierre recherchaient activement Aurore, ils avaient peur pour elle, Pierre avait précisé que dans cette forêt, on pouvait se faire hypnotiser par des pokémons, voila pourquoi ils s’empressaient de la retrouver. L’étourmi de Sacha virevoltait dans les airs à sa recherche, mais il ne voyait rien, les arbres empêchaient de voir quoi que ce soit. En plus de cela, il commençait à faire froid, sachant qu’Aurore n’était vêtue que d’une robe, le dresseur à la casquette s’inquiéta encore plus et commença à courir plus vite.

- A-Atchoum !

Aurore avait attrapé froid, un vent violent et glacial était présent et gelait sur place la coordinatrice qui faisait de son mieux pour maîtriser ses tremblements. Elle ne comprenait pas comment faisait Paul pour ne pas avoir froid, qu’il neige, pleuve ou vente, il avait toujours l’air aussi impénétrable, pourtant, Aurore arrivait petit à petit à fissurer cette carapace qui s’avérait être solide.

- Paul, va moins vite ! Je n’arrive pas à te suivre ! cria-t-elle, ayant du mal à se faire entendre dans la tempête qui se préparait.

En effet, les bourrasques de vents se multipliaient et se déchaînaient, à tel point qu’Aurore avait l’impression qu’elle pourrait être propulsée à plusieurs mètres au dessus du sol. Regardes vers l’avenir, tout va bien, pensa-t-elle en fermant ses yeux afin de se calmer. Comment allait Sacha et Pierre ? Est-ce qu’ils arriveraient à la retrouvé ? Et s’ils l’avaient abandonné ? Non, jamais ils ne pourraient faire ça, ce n’était pas le moment de douter ! Elle était tellement dans ses pensées qu’elle n’avait pas remarqué que Paul n’était plus devant elle, il n’était plus là, toute trace de lui avec disparu. Non, ce n’était pas possible, il l’avait laissé là ? Même après ce qu’il s’était passé tout à l’heure ? Ses jambes cédèrent sous l’émotion et elle dû faire de son mieux pour que son bonnet ne s’envole pas. Elle avait vraiment froid, c’est comme si le vent fouettait sa peau de sorte à pouvoir la transformer en glaçon. Elle ne pouvait plus avancer, elle n’en avait plus le courage, et pourtant, elle savait qu’elle ne devait pas se laisser abattre.

- Paul ! Où es-tu ? hurla-t-elle à nouveau, d’une voix désespérée.

Et si jamais il s’était fait emporté par la tempête ? Et si jamais il était blessé ? Et si…
Elle ne put faire une autre hypothèse qu’une énorme rafale de vent la souleva d’un mètre du sol et la propulsa en avant. Elle allait violemment heurter le sol lorsqu’une main agrippa sa taille et la tint fermement. Surprise et encore sous le choc, elle leva doucement les yeux et vit Paul qui semblait tant bien que mal lutter contre le vent, un bras autour d’elle et l’autre tenant bien fermement un arbre. Elle était tellement soulagée de le voir… !

- Paul ! Tu vas bien ? s’écria-t-elle.
- Oui. Et toi ? Tu n’es pas blessée ? l’interrogea-t-il avec ce qu’Aurore crut pouvoir définir comme de l’inquiétude.

Elle le fixa, incrédule, avant de faire un non de la tête.

- Non, je vais bien. J’ai eu tellement peur quand j’ai vu que tu n’étais plus devant moi !
Il l’observa avec attention, des larmes perlaient au bord de ses yeux azurées, sa bouche était légèrement entrouverte et ses cheveux dansaient au rythme du vent. Elle était magnifique à ce moment-là et, sous une impulsion, il l’attira contre lui et se plaqua dos contre l’arbre pour empêcher le vent de les emporter.

- Je suis là maintenant.

Décidément il ne se reconnaissait plus. Cette fille faisait ressortir ce qu’il y avait de bon en lui, elle balayait ses doutes et ses peurs d’une seule parole et d’un seul sourire, avec elle, il était juste un autre Paul. Aurore entendait les battements de son cœur qui battait à un rythme régulier et était de plus en plus surprise par l’attitude du jeune homme qui la tenait fermement et ne semblait pas vouloir la lâcher. Elle posa ses deux mains sur son torse et releva la tête de sorte à pouvoir voir son visage. Il planta ses yeux dans les siens, ils se regardèrent ainsi pendant plusieurs minutes, hypnotisés par l’autre, le vent ne comptait plus, le monde autour d’eux avait disparu. Aurore se rendit compte que ce n’était pas juste de la fascination et de la curiosité qu’elle éprouvait pour Paul, non. C’était quelque chose de plus fort, de plus intense et de plus magique. Quelque chose qui faisait que quand il n’était plus là elle se sentait triste, que quand il l’ignorait elle se sentait nulle, elle voulait qu’il la voie, qu’il la regarde comme jamais il n’a regardé personne.

Aurore était tombée amoureuse de Paul, en très peu de temps.

Après que ce dernier ait montré une autre facette de sa personnalité dont celle auquel elle était habituée, elle a commencé à éprouvé des sentiments pour lui, car ce Paul là, celui qui était attentionné avec elle, qui la protégeait et qui la réconfortait, elle l’aimait. Non pas qu’elle haïssait l’autre facette, la distante, la froide, au contraire, ça faisait parti de son charme, ça lui rajoutait une part de mystère, mais c’est tout de même ce nouveau Paul qui l’attirait le plus. Elle savait qu’elle pouvait croire en lui, en ses qualités. Elle devait lui dire ce qu’elle ressentait, ou alors il s’en irait en la laissant toute seule et elle, elle penserait sans cesse à lui, et attendrait avec énormément d’espoir leur prochaine rencontre, pour finalement peut-être se rendre compte que le lien qui s’était tissé entre eux aurait déjà disparu. Aurore ne voulait pas ça, même si il ne ressentait pas la même chose, elle devait le lui dire.

- Paul, je crois que… je… murmura-t-elle fébrilement, avant de s’arrêter et de se mordre la lèvre supérieur.

Ses yeux toujours dans ceux de Paul, elle commença à rapprocher lentement ses lèvres de celles du dresseur, dans l’espoir de pouvoir l’embrasser et qu’il réponde à ses sentiments. Ce dernier ne savait pas vraiment comment réagir, tout à l’heure, lorsqu’il l’avait embrassé, il l’avait fait sans réfléchir, et malgré le fait que ce baiser lui avait plu, il ne savait pas s’il pouvait recommencer, s’il le méritait. Est-ce que pour une fois, il aurait le droit  et l’envie de se laisser aller à ce qu’il ressentait ? Au fond de lui, s’il était si froid, si distant, c’était parce qu’il avait peur, en effet. Peur de connaître l’amitié, peut de ne pas en être à la hauteur et de devenir un faible à son tour, mais considérait-il pour autant Aurore comme un être faible ? Non. Et pourtant, elle avait des amis, elle tenait les mêmes discours que son rival, mais lui, il ne la trouvait pas pitoyable, jamais il ne penserait une chose pareil. Elle était forte, rayonnante, chaleureuse, tout ce qui pouvait faire fondre son cœur de glace. Il sentait son cœur qui s’emballait, ses mains qui devenaient moites et sa tête était remplie de pensées envers elle. Il se dit que pour une fois, il pouvait être faible lui aussi.

Il ferma donc les yeux à son tour et commença à faire la même chose que la jeune fille, il ne restait plus que quelques centimètres avant que le miracle ne se produise, ils pouvaient chacun sentir le souffle chaud de l’autre, leurs cœurs battaient en parfaite symbiose… la distance qui séparait leurs lèvres allait être comblée, lorsque deux cris se firent entendre dans la forêt :

- Aurore !

C’était Sacha et Pierre qui, malgré la tempête, avaient refusé de faire demi-tour et d’abandonner leur amie. Amie qui d’ailleurs, en entendant leur cri, s’était brutalement écartée de Paul et regardait aux alentours, tandis que ce dernier grognait et sentait ses joues devenir plus chaudes. Maintenant, il détestait encore plus Sacha, au prochain combat, il le ridiculiserait le plus possible de sorte à pouvoir se venger et lui montrer toute la haine qu’il ressentait envers lui. Gênée mais souriante, Aurore lança un sourire à Paul qui avait reprit son air froid et cria :

- Sacha ! Pierre ! Je suis là !

Ses deux amis se dirigèrent vers elle en courant et lui demandèrent si elle allait bien. Elle répondit que oui tout allait bien et remarqua que la tempête avait cessé.

- On était inquiet ! La tempête était vraiment violente, heureusement tu vas bien !
- Oui, mais c’est grâce à Paul, sans lui, j’aurais pu être blessé !

Sacha baissa soudainement les yeux, culpabilisant pour avoir dit tant de choses méchantes envers son rival.

- Je suis désolé Paul, j’aurais pas dû dire ça sur toi, merci d’avoir veillé sur Aurore…
- Hm, répondit le concerné en détournant le regard.
- Dans le langage de Paul, ça veut dire « de rien » ! ajouta Aurore avec un grand sourire, toute fière d’elle.

Trouvant cette conversation forte ennuyante et ayant marre qu’on lise dans ses pensées comme dans un livre ouvert, il se retourna et commença à partir tout en mettant les mains dans ses poches.

- Paul ! Attend ! cria la coordinatrice.

Il s’arrêta dans ses mouvements et lâcha sèchement :

- Quoi ?
- Tu viendras voir ma représentation au concours ce soir ?

Plusieurs secondes s’écoulèrent. Elle avait vraiment envie qu’il vienne la voir, elle ne voulait pas en rester là avec lui et être obligée d’attendre plusieurs semaines avant de le revoir. La réponse fut très claire :

- Et puis quoi encore ? J’ai pas que ça à faire.

Et sur ces paroles, le beau ténébreux reprit sa marche, un léger sourire collé sur son visage…
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Lun 14 Juil 2014 - 14:32

Chapitre V - Sous les yeux de celui que j'aime


Le silence de la nuit berçait les Pokémon plongés dans un profond sommeil, sommeil dans lequel on pouvait entrevoir des rêves aussi beaux les uns que les autres. Le voile étoilé qui décorait le ciel, scintillant et vaste, attirait l’œil des dresseurs qui se dirigeaient vers le bâtiment où le concours d’Unionpolis avait lieu On pouvait entendre les cris des spectateurs qui étaient impatients que le concours commence.

Aurore était nerveuse, ses mains étaient moites, elle se mordait légèrement la lèvre inférieur et son cœur tambourinait contre sa poitrine. Dans la salle où se réunissaient tous les participants, elle regardait au milieu de la foule l’écran qui permettait de voir la prestation de chacun. Seulement quelques candidats étaient passés, elle avait donc encore du temps pour se préparer mentalement, mais c’est comme si une peur inconnue la paralysait sur place et l’empêchait de réfléchir. Elle savait pourquoi : ce concours était l’un de ses premiers, elle n’était pas encore habituée à passer devant des centaines de spectateurs qui, elle le savait, la regarderait attentivement et observeraient ses moindres faits et gestes. Que pouvait-elle faire face à cette anxiété qui la gagnait de plus en plus ? Elle l’ignorait.

- Paul ! Attend !
- Quoi ?
- Tu viendras voir ma représentation au concours ce soir ?
- Et puis quoi encore ? J’ai pas que ça à faire.


Elle aurait tellement voulu qu’il vienne… seulement, il lui avait donné une réponse qui montrait clairement qu’il ne viendrait pas. La coordinatrice soupira. Sa présence dans les gradins, imposante et rassurante, lui aurait peut-être permise d’enlever son stress et d’être plus motivée. Quand il était là, elle voulait faire de son mieux, pour qu’il la regarde et qu’il se rende compte qu’elle n’était pas si idiote que ça, mais comment le lui prouver s’il ne venait même pas la voir ? Bon, au moins elle avait Pierre et Sacha, donc au fond ce n’était pas comme si elle était toute seule…

Soudainement, une main se posa sur son épaule, l’extirpant de ses pensées.

- Alors Aurore, on est stressée pour un petit concours ? lui demanda une voix féminine qu’elle connaissait bien.

L’interpellée tourna la tête et croisa des yeux rouges qui la regardait avec un petit air hautain mais néanmoins amical.

- Bonjour Zoé ! Oui je t’avoue que je suis anxieuse, mais je ne dois pas me laisser aller… Toi ça va ?
- Je vais bien, je suis très confiante dans ma réussite, tu sais bien que j’ai plus d’expérience que toi, répondit-elle en faisant un clin d’œil.
- Vas-y, moque-toi de moi, c’est vraiment le bon moment pour le faire ! répliqua la jeune fille aux cheveux bleus, un rictus se formant sur son visage.
- En plus, il me semble que la dernière fois je t’ai battu à plate couture, non ?
- Arrête, c’est vraiment pas drôle ! s’écria-t-elle en se bouchant les oreilles.

Rigolant suite à la réaction d’Aurore, Zoé lâcha un petit rire.

- Je plaisantais. Tu es une rivale de taille qui a beaucoup de potentiel, avoua-t-elle sincèrement.

La dresseuse de tiplouf écarquilla légèrement les yeux et regarda son vis-à-vis avec un air interrogateur.

- Tu le penses vraiment ?
- Évidemment, je ne dis pas ça pour te faire plaisir, ce n’est pas mon genre tu sais.
- Merci Zoé… Tu sais, d’habitude je suis assez positive, mais comme je débute, j’ai du mal à comprendre mes limites et de quoi je suis capable en matière de concours. Suis-je seulement capable de passer les éliminatoires ? J’ai peur de décevoir mes amis,  dit Aurore sombrement en baissant les yeux, une pointe de tristesse dans le regard.

Zoé soupira, s’assit sur un banc qui était à seulement deux mètres et tapota la place à côté d’elle. Aurore l’observa quelques secondes avant de s’asseoir à son tour.

- Oui tu es une fille positive Aurore, mais ce n’est pas suffisant pour avoir une victoire, et ce n’est pas parce que tu as ce trait de caractère que tu n’as pas le droit de douter de temps en temps… On a tous des périodes où on se pose des questions sur soi-même, sur ses capacités… Peut-être que le début dans les concours sera dur pour toi, mais ne te juge pas trop vite, tu n’as fais que un ou deux concours avant celui-ci, ce n’est pas assez pour te sentir à l’aise et avoir confiance en toi.

La concernée sentit ses mains se crisper sur sa robe.

- Pour tes amis… Ils ne seront jamais déçus de toi, car ils savent que tu fais de ton mieux. Ils croient en tes qualités et ont conscience que tu es parfaitement capable d’aller jusqu’où tu en as le pouvoir.  Dis-toi surtout que si tu fais des concours, c’est pour toi, pas pour les autres. Ne te force pas à participer si tu n’en a pas envie, tout ce que tu fais est pour toi, pas pour les autres, d’accord ? Si tu ne participe pas avec cet état d’esprit, tu seras toujours sous pression parce que tu voudras être parfaite, mais personne n’est parfait, c’est à force de recommencer et en faisant attention de ne pas refaire les mêmes erreurs qu’on fini par réussir.

Aurore comprenait mieux à présent pourquoi elle s’était confiée à Zoé. Leur rivalité entre elles faisaient qu’elles connaissaient aussi bien l’une que l’autre la peur de l’échec et le goût de la défaite, la rousse était celle qui pouvait le mieux la comprendre et la conseiller. Derrière leur rivalité il y avait une amitié qui faisait qu’elles pouvaient compter l’une sur l’autre, Aurore sentait que son cœur était plus léger à présent.

- Merci, je crois que ça va mieux, maintenant, affirma la coordinatrice aux cheveux bleus avec un sourire rassuré. Tu es toujours de très bon conseil, vraiment, merci Zoé !
- Ça me fait plaisir tu sais, et puis je ne veux pas avoir une victoire facile !
- C’est ça, on verra qui…

Un bruit résonna dans toute la salle, coupant la phrase de la coordinatrice, elle porta son regard sur l’écran télé et fut imiter par sa rivale.

- Votre attention s’il vous plait, nous allons accueillir notre prochaine candidate : Zoé ! annonça Marianne, présentatrice des concours se déroulant dans la région de Sinnoh.

Les deux coordinatrices reportèrent leur regard l’une sur l’autre.

- C’est à moi de jouer on dirait, surtout regarde-moi bien pour savoir comment gagner un concours ! Au fait, rappelle-toi de ceci : si tu perds, tu dois relâcher tous les sentiments qui sont enfouis en toi, car si tu les garde, tu ne pourras pas avancer. Et puis après, on se sent beaucoup mieux !
- D’accord j’y penserais, bonne chance !

Un signe de main amical qui chuchotait un remerciement silencieux, puis ce fut la silhouette de Zoé qui disparu du champ de vision d’Aurore pour se présenter au devant de la scène.

Avec assurance, Zoé fit quelques pas sur la scène et salua son public, un léger sourire aux lèvres. Les spectateurs, qui jusqu’à maintenant n’avait pas déclaré un fort enthousiasme suite à la démonstration des précédents candidats, sembla soudain se réveiller et acclamait maintenant la participante avec des encouragements ainsi qu’un sourire aux lèvres. En effet, Zoé était déjà célèbre dans le monde du concours. Ses performances étaient reconnues par son entourage et chacune de ses démonstrations ne laissaient jamais le jury de marbre, voila pourquoi elle avait autant confiance en elle. L’échec ? Elle ne l’avait pour l’instant dans sa vie qu’à peine effleuré.
Sous le regard des spectateurs, elle prit sa Pokéball et la lança avec élégance en hauteur tout en s’exclamant :

- Chaglam c’est à nous de jouer, en avant !

Le pokémon sortit sous une pluie de couleurs et atterrit au sol. C’est ainsi que la prestation de Zoé commença. Comme la première fois qu’elle l’avait vu, Aurore était éblouie par la prestance et la beauté qui émanait de sa rivale, on aurait dit que ce qui l’entourait était transparent à ses yeux, elle donnait des ordres à son Chaglam sans se soucier du regard des autres posés sur elle, il n’existait qu’elle et son pokémon, rien d’autre. Admiratif, Aurore ne pouvait détacher ses yeux de l’écran, elle n’y arrivait pas. Elle était comme attiré et ne pouvait détourner le regard. Comment faisait-elle pour être aussi forte, aussi confiante ? C’est comme si elle avait fait ça toute sa vie, on pouvait voir dans ses yeux une lueur déterminée, comme une flamme qui refusait de s’éteindre.
Ce fut ainsi pendant toute la prestation. Une fois cette dernière finie, Zoé et son pokémon se courbèrent et attendirent les commentaires des membres du jury. Ces derniers déclarèrent chacun leur tour leur avis :

- Cette prestation était magnifique, j’ai encore du mal à m’en remettre !
- C’était tout à fait remarquable !
- J’ai l’impression d’avoir rêvé tant c’était beau, c’est comme si un arc-en-ciel avait peint la salle ! conclut l’infirmière Joëlle.

Satisfaite, la coordinatrice sourit et remercia les membres du jury avant de reporter son regard sur l’écran qui affichait le nombre de points qu’elle avait gagné. Les candidats pouvaient gagner jusqu’à 100 points en tout, mais rare étaient ceux qui y arrivait. Pour passer les éliminatoires, il fallait un minimum de 55 points. Les secondes s’écoulaient avec une lenteur insupportable pour Zoé, qui finit par être soulagée quand elle vit son score s’afficher : 87 points. C’était donc une admirable prestation qu’elle avait fait là. Fière d’elle, elle rappela son Chaglam, quitta la scène et retourna dans la salle d’attente sous un tonnerre d’applaudissement.  Aurore s’empressa de la rejoindre pour la féliciter.

- Bravo Zoé, tu as fait un score merveilleux !
- Merci Aurore, mais tu sais, je n’aurais pas réussi sans mon Chaglam, remercia-t-elle tout en plissant les yeux, réellement heureuse de ce qu’elle avait fait.

Les deux amies/rivales décidèrent de s’assoir et de parler en attendant que ce soit au tour d’Aurore de faire sa prestation.

- Elle a vraiment beaucoup de talent, déclara Sacha à propos de Zoé alors qu’il était dans les gradins à côté de Pierre.
- C’est vrai, on voit du premier coup d’œil qu’elle fait des concours depuis longtemps, approuva ce dernier.
- Bon, on ne doit pas penser à elle, Aurore aura sûrement besoin d’encouragement, elle compte sur nous !
- T’as raison, j’espère qu’elle n’est pas trop anxieuse… la connaissant, elle est inquiète.

Sacha leva un bras en l’air et déclara haut et fort :

- C’est pour ça qu’on devrait l’encourager ! Pas vrai Pikachu ?
- Pika Pi ! approuva le Pokémon électrique avec un air enjoué, avant de sortir un drapeau avec marqué dessus : « Go, Go, Aurore ! ♥ » tout en commençant à danser.

On pouvait dire que l’ambiance qui régnait dans la salle était assez chaleureuse. Sacha riait légèrement en voyant Pikachu danser comme ça, c’est alors que brusquement, ses yeux se dirigèrent sans raison vers un endroit plus sombre de la salle. Tout en haut des escaliers, contre l’un des poteaux, il y avait une personne que le dresseur à la casquette ne pouvait identifier parce qu’il ne le voyait pas tout entier. En effet, l’inconnu cachait son visage, on pouvait distinguer quelques mèches mauves ainsi que la veste violette qu’il portait. Il semblait regarder droit devant lui et portait peu d’attention à ce qui se passait. Étrangement, Sacha avait l’impression de connaître cette personne et de l’avoir vu très récemment.

- Je dois me faire des idées, se dit-il en reportant son regard sur la scène.

Les candidats continuèrent de passer, un par un, certains avaient le nombre de points nécessaires, d’autres non. Trente minutes s’écoulèrent dans une atmosphère de feu : les attaques se multipliaient, la tension montait ainsi que l’envie de gagner. On pouvait sentir dans chaque participant la détermination et la volonté de remporter le ruban. Aucun d’eu ne voulait repartir avec des regrets, et ça se sentait.

- Nous allons maintenant accueillir Aurore sur scène ! annonça Marianne. C’est l’une des dernières candidates, alors profitez-en cher public !

Ça y est, c’était à elle de faire ses preuves, le moment était venu. Tremblant légèrement, elle se leva sous l’air légèrement inquiet de Zoé qui espérait vraiment qu’elle dépasse sa peur. Avant de monter sur scène, la jeune fille venant de Bonaugure prit sa Pokéball et l’observa longuement tout en pensant :

- C’est à nous de jouer Laporeille, faisons de notre mieux.

Elle prit une grande inspiration et sortit de la salle d’attente pour rejoindre la scène. Elle salua les spectateurs et vit du coin de l’œil Sacha et Pierre qui l’encourageaient (ainsi que Pikachu), ce qui lui redonna légèrement confiance en elle. Pour elle et pour eux elle voulait remporter ce concours, et aussi pour lui…


Je ne te déteste pas.


Comme submergée par un sentiment nouveau, elle afficha un sourire déterminée sur son visage et lança sa Pokéball en l’air. Son Laporeille sortit avec élégance et ses yeux se transformèrent en cœur quand elle remarqua que le Pikachu de Sacha la regardait. Elle ne put s’empêcher de faire un clin d’œil à la souris jaune. Pikachu sentit son corps se glacer.

- En avant Laporeille ! Fais le tour de la scène en utilisant Rebond ainsi que l’attaque Laser Glace !

Le Pokémon s’exécuta et commença à recouvrir la scène avec Laser Glace, la glace brillait tellement que les spectateurs en étaient éblouis et en plus de cela elle mettait en avant Laporeille, qui impressionnait beaucoup le jury par sa rapidité et ses sauts. Il était désormais pour Aurore hors de question d’abandonner et d’être en proie aux doutes, si elle doutait maintenant, c’était fini, il était temps pour elle de se reprendre ! Elle avait ça dans le sang, vu que sa mère était une ancienne coordinatrice de talent.

Le temps défilait lentement, elle continuait de donner des ordres à Laporeille, tandis qu’un certain jeune homme l’observait attentivement du haut des escaliers, adossé contre un poteau. Le temps fini par s’écouler complètement, Laporeille retourna près de sa dresseuse et attendit avec elle le commentaire des membres du jury. Ce fut assez positif, malgré qu’ils lui fassent remarquer quelques points négatifs par-ci par-là. Elle prit en note leur remarque et reporta ses yeux sur l’écran avec une légère appréhension. Finalement, le score s’afficha : 60

Heureuse d’avoir réussi, Aurore prit son Pokémon dans ses bras et tournoyait désormais sur la scène sous le regard satisfait du jeune homme qui n’avait regardé qu’elle lors de la prestation. Ce dernier, ayant enfin vu ce dont était capable la coordinatrice, mis ses mains dans les poches de son pantalon gris et sortit les yeux fermés, satisfait et fier. Pierre et Sacha s’empressèrent de la retrouver un quart d’heure plus tard après que tous les candidats soient passés :

- Tu as été géniale Aurore ! complimenta Sacha avec un grand sourire aux lèvres.
- C’est vrai, tu nous a beaucoup épaté, ajouta Pierre.
- Merci les garçons ! Sans vos encouragements, je ne sais pas ce qui se serait passé. Maintenant, j’ai compris que je ne dois pas me laisser faire par la peur ! Tant que je fais de mon mieux, je n’aurais aucun regret, répondit la concernée, souriante, le cœur battant à cent à l’heure.

Oui, elle était vraiment fière, qui sait ce qui aurait pu se passer sans ses amis et Zoé ? Quand on est accompagné, la vie semble étrangement plus facile et joyeuse, et c’est en les voyant rire devant elle qu’elle se dit qu’elle avait vraiment beaucoup de chance d’être entourée de personnes aussi extraordinaires que Sacha, Pierre et Zoé. D’ailleurs, en parlant de Zoé, cette dernière se dirigeait en courant vers Aurore.

- Bravo Aurore ! Tu as fait un bon score, tu vois qu’il ne servait à rien de stresser ! Toi et Laporeille avaient été formidables !
- Merci Zoé, tes conseils m’ont été très utiles !
- Je l’espère bien ! Mais ne cri pas victoire trop vite, la prochaine épreuve est bien plus dure que la première !
- Combat en solo, c’est ça ?
- Ouais, donc choisi un Pokémon fort cette fois ! Sur ce, je te laisse, on se voit tout à l’heure !

Sur ces paroles, Zoé s’éloigna de nos trois héros en leur faisant un signe de main.

- Au fait, vous n’avez pas vu Paul dans les environs… ? demanda Aurore aux deux garçons avec un petit air embarrassé.

Pierre sourit légèrement, comprenant qu’Aurore considérait déjà Paul comme autre chose qu’un ami, tandis que Sacha lui répondit :

- Non, aucune trace de lui. Par contre, lors des prestations, j’ai aperçu une personne adossé contre un poteau, elle avait des cheveux mauves. Comme c’est pas courant, peut être que ça pouvait être lui, mais je me demande si ce n’est pas mon imagination qui m’a joué des tours.

La jeune fille eut un air peiné, alors il n’était pas venu… ça la refroidissait un peu, est-ce qu’elle s’était faire des idées sur leur relation ? L’avait-il embrassé la dernière fois juste pour la faire taire ? Elle voulait savoir. Mais le temps n’était pas aux interrogations, elle devait se concentrer sur ce concours et le remporter haut la main.

La pause terminée, elle rejoignit la salle d’attente et réfléchit sur le Pokémon qu’elle allait choisir. Son regard tomba sur Tiplouf, situé à côté d’elle. Il regardait sa dresseuse avec détermination et ressentait l’envie de se battre, c’est donc avec un petit sourire qu’elle le prit dans ses bras et lui demanda :

- Tu veux faire la deuxième épreuve avec moi Tiplouf ?

Tiplouf hocha la tête avec enthousiasme et serra les poings pour montrer sa combativité. La coordinatrice rigola légèrement avant de s’asseoir sur un banc et de le mettre sur ses genoux.
- Votre attention s’il vous plaît ! s’exclama Marianne sur la scène. Nous allons commencer la deuxième épreuve : les matchs en solo ! C’est très simple, chacun des participants va être tiré aléatoirement au sort et devra en combattre un autre avec un seul Pokémon. Celui qui gagne va en final, et celui qui perd devra abandonner l’idée de gagner le ruban !
 
Après les explications de la présentatrice, les combats commencèrent. On pouvait lire de la déception sur le visage de ceux qui perdaient, et le cœur d’Aurore se serrait à chaque fois à cette vision en sachant que tous ces gens faisaient de leur mieux et s’étaient durement entrainés pour participer à ce concours. Il y a des fois où elle voudrait que tous le monde gagne et qu’il n’y ait aucun perdant, ça serait plus facile pour chacun mais la victoire devait se mériter et sans ça, il n’y aurait pas de concurrence, chose qui forçait chacun des candidats à se surpasser et à ne se donner aucune limite.

Suite au résultat du combat qui venait de se dérouler, le tirage au sort tira à nouveau deux personnes. Quand Aurore vit les photos des deux adversaires, elle pâlit brusquement et sentit sa gorge se nouer. Elle déglutit difficilement et se hâta de rejoindre la scène sous le cri des spectateurs. Ne pas douter, on respire, on se calme, et on réfléchit bien.

- Alors Aurore, prête à te battre ? demanda celle qui était son adversaire.
- Toujours Zoé ! Je vais te montrer ce don je suis capable ! répondit-t-elle avec un sourire confiant, ne voulant pas être de nouveau submergée par les doutes.
- J’attendais ce moment avec impatience, que la meilleure gagne !
- Vous êtes prêtes ? demanda Marianne. Alors… que le match commence !

Une sonnerie retentit  afin d’annoncer le début du match. Aurore appela Tiplouf tandis que Zoé fit apparaître son Chaglam. Sans plus attendre, Aurore ordonna à son Pokémon de lancer Bulles d’O, mais Chaglam réussit à l’empêcher de l’utiliser en s’approchant de lui et en attaquant avec Bluff, ce qui l’éjecta à terre. La dresseuse perdit un quart de ses points tandis que le compteur continuait de descendre.

- Chaglam, attaque Force-Cachée !  

L’interpellé obéit et une aura rosée commença à l’entourer, puis il lança l’attaque que Tiplouf s’empressa de contrer avec Siphon. Les deux attaques s’entrechoquèrent ce qui créa des explosions de couleurs qui éblouit le jury. C’était maintenant au tour de Zoé de perdre des points, elles étaient maintenant à égalité. La tension était présente et aucune des deux coordinatrices ne voulaient abandonner.

- Tiplouf, lance Picpic !
- Je ne te laisserais pas faire ! Chaglam, réplique avec tonnerre !
- Oh non ! s’exclama Aurore, se souvenant que l’eau était faible contre l’électricité, ce qui faisait donc un avantage pour la rousse.

Tiplouf se prit l’attaque de plein fouet, Aurore perdit beaucoup de point cette fois car elle était très puissante contre lui. Elle reporta son regard sur le compteur : 2 : 15.

- Zoé est vraiment doué, fit Sacha, les sourcils froncés.
- En plus de cela, Chaglam possède des attaques électriques qui peuvent faire énormément de dégâts sur Tiplouf, vu que c’est un Pokémon eau.  Et à mon avis, elle n’a pas encore montré toute ses capacités…

Sacha serra la mâchoire, tandis qu’il se mit à crier :

- Courage Aurore ! On est avec toi,  ne te laisse pas déstabiliser !

- Merci Sacha, tes encouragements me redonnent du courage, pensa la concernée en fermant les yeux. Il est vrai que Zoé est douée, mais il n’y a pas qu’elle, je suis forte, moi aussi ! Tiplouf, lance Siphon !

Tiplouf s’exécuta et créa un tourbillon d’eau qu’il lança avec le plus de force qu’il le pouvait en direction de Chaglam. Ce dernier, à son plus grand étonnement et celui d’Aurore, l’attrapa avec sa queue et le fit tournoyer au dessus de lui. Il finit par disparaître, ce qui éloigna encore plus Aurore de la victoire.

- Maintenant on va en finir, Chaglam attaque Onde de Choc.

Aurore n’eut pas le temps de réagir que l’Onde toucha Tiplouf alors que celui-ci avait tenté en vain de l’esquiver. Perdant le contrôle de la situation, la coordinatrice aux cheveux bleus ne sut quoi faire. Mais il était déjà trop tard, le temps était écoulé.

- Très bien ! C’est terminé ! Voyons maintenant qui est le vainqueur de combat !

Les deux dresseuses dirigèrent leur regard vers l’écran. Aurore sentit quelque chose se déchirer en elle, elle voyait une grande différence entre ses points à elle et ceux de Zoé. Son visage s’assombrit quand elle vit la photo de Zoé s’afficher en grand sur l’écran avec marquer au dessus « Vainqueur ».

Perdu, elle avait perdu. Le goût de la défaite se répandait déjà en elle comme un poison tandis que la gagnante remerciait humblement ses Pokémon avec un léger sourire aux lèvres.  Echec. Honte. Tristesse. Colère. C’était un véritable tourbillon de sentiment qui déferlait en elle. Les poings serrés, Aurore essayait de se convaincre que ce n’était pas grave, qu’elle ferait mieux la prochaine fois, pourtant, elle sentait les larmes qui lui piquaient les yeux, son cœur qui lui faisait mal comme si on le serrait le plus fort possible et sa gorge se nouait douloureusement.  Elle se sentait oppressée, le besoin d’air se faisait ressentir. Vite. Il fallait qu’elle sorte de cette salle ; se libère de l’emprise des pairs d’yeux qui la regardaient suite au résultat du match. Sortir en souriant pour sauver son honneur, ne pas montrer qu’elle était profondément déçue. Sa vue se brouillait, tandis qu’elle respirait de plus en plus difficilement. C’est alors que, rapidement, elle bredouilla un « félicitation » à la gagnante avec un faux sourire, rappela Tiplouf qui était déçu et se mis à courir en direction de la sortie sous le regard éberlué de Pierre et Sacha, ce dernier comprenant parfaitement ce qu’elle ressentait. Tous les dresseurs connaissent ce sentiment d’échec ; de mettre de l’espoir dans quelque chose qui ne donne pas le résultat qu’on voulait. Comprenant les sentiments d’Aurore, Zoé regardait par où elle était sortie avec un léger pincement au cœur. Il y a des gens qui réussissent du premier coup, et d’autres qui doivent sans cesse refaire les choses pour les améliorer, la vie est ainsi.

Aurore courrait dans le long couloir qui menait à la salle principale où tous les candidats s’inscrivaient pour participer.  Elle alla dans un coin de la salle et s’assit, avant d’emprisonner ses jambes à l’aide de ses bras et de poser sa tête contre ses genoux. Tout se bousculait dans sa tête, elle avait encore du mal à assimiler sa défaite.

- Je sais que je ne dois pas me rabaisser mais… je me sens si nulle… moi qui regarde toujours vers l’avenir, j’ai du mal à le faire cette fois, toute seule, c’est impossible…
- C’est pitoyable de penser ainsi, fit sèchement une voix familière.

La jeune fille sentit son corps se figer ainsi que son cœur battre plus fort. Cette voix froide, détaché et pleine d’assurance…

- Paul… ? demanda-t-elle en relevant la tête.

C’était bel et bien lui. Adossé contre le mur à quelques mètres d’elle, les mains dans les poches, Paul observait Aurore, les sourcils légèrement froncés. Honteusement, elle demanda en le regardant :

- Pourquoi tu es toujours là dans les moments où je suis faible ?
- Tu es tout le temps faible, répondit-il en ne répondant pas à sa question et en détournant le regard.

Suite à la réplique de son vis-à-vis, la coordinatrice sentit la colère monter en elle ainsi que la tristesse. Elle ne voulait pas qu’il pense ça d’elle, il était celui pour lequel elle faisait tant d’effort, s’il reniait tout ces efforts, alors elle tomberait et ne pourrait plus jamais se relever.

- Je t’interdis de dire ça, arrête de penser que les autres sont faibles et pas toi.
- Pourtant c’est le cas. Malgré le peu d’expérience que tu as, tu t’es fait des illusions. Tu croyais vraiment gagner ? Ne me fait pas rire, tu es aussi pitoyable que tes amis, ajouta-t-il avec indifférence.
- Va-t-en si c’est pour me rabaisser ! Tu m’énerves !

Pourquoi était-il si méchant tout d’un coup ? Elle était choquée par tant de mépris envers elle, avait-il oublié tout ce qui s’était passé entre eux ? Avait-il décidé de la détester finalement ? Elle serra les poings, elle était très en colère désormais, les phrases qui lui disaient lui brisait le cœur, elle ne voulait plus les entendre ! Fuir, c’est tout ce qu’elle désirait !

Paul s’écarta du mur et lui lança un regard glacial.

- Décidément, je suis déçu, j’ai eu tort de mettre de l’espoir en toi, tu as perdu comme aurait perdu un minable. Tu ne t’es même pas défendu quand la rouquine t’a mis le coup fatal, la prochaine fois réfléchis bien avant de participer à un concours, idiote.

Plus qu’énervée suite à ces mots, Aurore se releva brusquement et accouru vers le jeune homme pour lui mettre un poing dans la figure tant ses mots l’avait mise en colère. Mais c’était sans compter sur la rapidité de Paul qui attrapa son poignet et l’arrêta facilement. Aurore planta ses yeux dans les siens avec toute la haine qu’elle pouvait avoir et cria :

- Ne me juge pas ! Tu ne sais pas ce dont je suis capable ! Tu n’es même pas venu me voir et tu oses me faire la morale ?! Oui j’ai perdu, et au fond de moi j’ai mal ! Mal parce que j’ai échoué, parce que je voulais que tu me regardes et soit fière de moi !  J’ai mis tellement d’espoir dans ce concours, Zoé m’avait encouragé, j’avais retrouvé confiance en moi et j’ai perdu ! Comment tu peux dire des choses aussi horribles… ? Tu te rends compte de ce que je ressens ? Je te déteste !

Elle continua de hurler et de crier toute sa douleur, tandis qu’il endossait tout sans broncher. Au bout de quelques minutes, elle finit par s’arrêter et respirait maintenant longuement pour se calmer et reprendre son souffle.

- C’est bon, tu as fini ? Tu te sens mieux ?

Aurore écarquilla les yeux, interloquée.  

- Euh… Je… Oui… Enfin… bafouilla-t-elle, complètement médusée.

Elle ne comprenait plus rien désormais.


Au fait, rappelle-toi de ceci : si tu perds, tu dois relâcher tous les sentiments qui sont enfouis en toi, car si tu les garde, tu ne pourras pas avancer. Et puis après, on se sent beaucoup mieux !


Paul la regardait toujours avec calme. Aurore comprit qu’il avait dis tout ça pour la mettre en colère et l’obliger à déverser sa rage, ainsi, elle se sentait comme libérée d’un lourd fardeau.

- Je… désolée… je me sens mieux maintenant. Merci, dit-elle avec une pointe de regret. Il pense beaucoup aux autres en fait, sans lui, je serai toujours dans mon coin à m’apitoyer sur mon sort. Ça va ailler maintenant, tu peux me lâcher, ajouta-t-elle en esquissant un geste pour s’éloigner.

Sans donner de réponse, le jeune homme tira sur le poignet d’Aurore qu’il tenait toujours et l’attira dans ses bras avant qu’elle ne parte. Il posa sa main sur sa tête et  commença à la caresser doucement. Entonnée, elle lui demanda :

- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je te prends dans mes bras, dit-il le plus sérieusement du monde.
- J'avais remarqué...

Il soupira, avant d'attraper la main d'Aurore dans un geste incroyablement doux et de déclarer :

- Tu peux pleurer, si tu veux. Je ne dirais pas que tu es faible.

Elle sourit tout en rougissant et alors, bercée par la main rassurante qui lui caressait la tête, elle se laissa aller et finalement les larmes commencèrent à rouler sur ses joues.

- Idiot, tu te fais passer pour le méchant alors qu’en fait tu es celui qui possède le plus de gentillesse, avoua-t-elle les joues rouges et la voix cassée.

Il sourit légèrement suite à cet aveu et garda le silence. Elle se sentait bien contre son torse et pouvait entendre les battements rapides et irréguliers de son cœur, tandis que le sien ne pouvait s’empêcher de battre à tout rompre tant elle était troublée par la personne qui la serrait tendrement dans ses bras. Elle n’osait pas relever la tête, de peur de découvrir un sourire narquois où bien des yeux rieurs, de peur de découvrir qu’il se moquait d’elle. Il la serrait délicatement pour ne pas la briser et en même temps, tellement fort pour empêcher qu’elle ne s’échappe, effrayé à l’idée qu’elle ne revienne plus jamais, car il devait se l’avouer, il tenait à elle plus qu’à n’importe qui. Elle était son rayon de soleil, le feu qui éclairait dans l’obscurité, ainsi que le changement de son pauvre quotidien. Elle était tout pour lui.  Elle, était incapable de dire un seul mot tant l’instant était magique et l’attirance qu’elle ressentait pour lui grandissait au fil des secondes, elle refusait de partir et ne voulait surtout pas qu’il desserre l’étreinte.

Les minutes défilaient, et pourtant, elle ne pouvait justement dire depuis combien de temps il restait là à la bercer comme une enfant. En tout cas, s’il y avait une chose dont elle était certaine, c’était qu’à ce moment-là, alors qu’il la réconfortait, son cœur se remplissait envers lui d’un sentiment bien plus doux que la haine…
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Jeu 17 Juil 2014 - 14:08

Chapitre VI – Ce n'est qu'un au revoir


Cela faisait maintenant plusieurs jours que le concours d’Unionpolis s’était déroulé et la plupart des participants étaient déjà partis vers leur prochaine destination pour avoir une nouvelle chance de remporter un ruban et oublier le goût de la défaite. Aurore ne faisait pas partie de ces participants, elle était restée à Unionpolis car Sacha n’avait pas encore eu son badge, ce qu’il s’était rapidement dépêché de modifier il y a peu grâce à une belle victoire face à la championne d’arène. Rien ne les retenait de partir, et pourtant les trois amis voulaient se reposer un peu et se remettre chacun de leurs émotions. La jeune fille avait décidé de passer outre sa défaite face à Zoé et de prendre un peu plus confiance en elle afin de mieux réussir le prochain concours. Ce que Pierre, Sacha et Aurore ne savaient pas, c’était qu’Unionpolis n’avait pas qu’un concours et une arène pour que la ville soit dynamique, il y avait également un festival qui avait lieu chaque année dans le but de détendre les dresseurs et coordinateurs, ainsi, ceux qui quittaient la ville dans la période du festival étaient sûrs d’avoir au moins un beau souvenir dans leur mémoire. L’évènement se fêtait justement aujourd’hui et allait durer toute la nuit, Aurore était impatiente car c’était le genre d’évènement qui rapprochait les gens et les rendaient heureux.

- T’as fini de sautiller partout ? lui demanda Sacha avec un sourire en coin pendant que l’infirmière Joëlle soignait ses Pokémons comme à l’habitude.
- Tu ne te rends pas compte Sacha, un festival ! F.E.S.T.I.V.A.L ! On va s’amuser tous ensemble et ça va être génial ! s’exclama-t-elle en levant les bras avec enthousiasme.

Le dresseur à la casquette sourit, il préférait voir son amie comme ça plutôt que triste comme lors du concours. Ces derniers jours avaient été plutôt durs pour elle entre la Team Rocket et tout le reste, il était content qu’elle puisse enfin penser à autre chose et rire aux éclats. Elle avait enfin retrouvé son optimiste naturelle ainsi que son énergie et ça, Sacha ne l’échangerait pour rien au monde, rien ne vaut un sourire radieux de la part d’une amie.

- Vous allez au festival ? Si je peux vous renseignez, il y aura un bal à la grande place où tous les danseurs devront être masqués, vous pourrez y aller, si le cœur vous en dit ! fit l’infirmière.
- Un bal ? répéta Pierre avec des yeux brillants tout en songeant qu’il y aurait pleins de jeunes filles là-bas.

Aurore pouffa légèrement avant de déclarer :

- On ira y faire un tour, sinon Pierre va nous faire la tête !

Tous éclatèrent de rire. La coordinatrice se demanda si elle allait y participer car en vérité elle ne savait pas très bien danser. Certes, elle ne marchait pas non plus sur les pieds de son partenaire, mais elle était plus habituée à lancer des Pokéball qu’à bouger son corps en rythme avec la musique, enfin, elle verrait bien. Elle se retint de s’esclaffer lorsqu’elle se rappela la tête qu’avait fait Sacha en la voyant dans les bras de Paul juste après son match contre Zoé, il les avait pointé du doigt et n’avait pas pu s’empêcher de bafouiller des : « Qu’est-ce que vous faites tous les deux ?! » sous le regard (légèrement, très petit, minuscule) amusé de Paul, qui, pour l’énerver encore plus, avait accentué la pression de ses mains sur elle, la faisant rougir comme une tomate. Des rougeurs s’installèrent à nouveau sur ses joues lorsqu’elle se remémora la sensation des bras de Paul qui l’entouraient avec force comme pour dire : « c’est la mienne, pas touche, propriété privé sale nabot. ». Après ça, Sacha s’était « évanoui » et Pierre l’avait installé sur un banc tandis que Paul s’était écarté d’Aurore avec un air satisfait, puis il avait disparu du champ visuel de la jeune fille avec un signe de main qui voulait dire : « on se reverra bientôt ».

Elle sourit et intérieurement l’espoir de le revoir à nouveau grandit un peu plus.

-  Aurore, ça te dit qu’on entraine nos Pokémon, histoire de faire quelque chose avant que le festival ait lieu ? proposa Sacha avec enthousiasme.
- Avec plaisir !

C’est donc avec bonne humeur qu’ils allèrent tous les deux (pardon, tous les trois en comptant Pierre) à l’extérieur afin de disputer un match. Sacha utilisa Pikachu tandis qu’Aurore prit son Tiplouf. Pierre annonça le début du match et Aurore lança en première une attaque, celle de Sphon, qui ne réussit pas à toucher la souris jaune car cette dernière avait réussi à l’esquiver. Ce fut ensuite Sacha qui ordonna à Pikachu de lancer une attaque éclair auquel Tiplouf riposta avec Bull d’O. Une explosion se produisit entre les deux attaques. La journée se déroula ainsi, entre les matchs, l’entrainement et la bonne humeur. Le temps passa à une vitesse folle et maintenant le soleil était en train de se coucher. Epuisés, Aurore proposa à tout le monde de rentrer au centre Pokémon et de se préparer pour le festival.

Devant le miroir, la coordinatrice se demandait si elle devait changer de coiffure ou non, elle hésitait. Elle essaya une queue de cheval pour voir, mais trouvait que ça faisait trop banal, elle essaya ensuite un chignon et se dit que c’était parfait comme choix. Après de nombreux essais, elle réussit à en faire un correct. Elle pensait à diverses choses lorsqu’elle entendit la voix de Sacha qui tambourinait contre la porte :

- Aurore, t’as fini ? Ça fait déjà une demi-heure que t’es dans la chambre, on en a marre d’attendre, nous !  s’écria-t-il.
- Deux secondes, je suis presque prête !

Elle s’observe une dernière fois dans le miroir, Son regard se posa sur sa tenue, sa robe noire et rose ainsi que son foulard rouge faisaient légèrement peine à voir. C’était bien trop simple pour un évènement aussi important qu’un festival, elle voulait être jolie. Elle décida donc de mettre sa tenue de concours, avec ça, elle avait déjà l’air un peu plus chic ! Satisfaite, elle sortit enfin (du point de vue de Sacha et de Pierre) de la chambre. Les garçons eux, n’avaient pas changé un poil, quelle importance d’être bien habillé pour ce genre de truc ? Eh oui, pour garçons et filles, la devise n’était pas la même.

- C’est bon t’as fini de te pomponner ? On peut y aller ?
- Continue comme ça Sacha et je vais retourner me préparer juste pour t’embêter, pensa-t-elle intérieurement. Oui je suis prête ! Le résultat en valait l’attente, non ? Vous en pensez quoi ?

Elle commença à tourner sur elle-même  pour montrer à quel point elle était fière de son apparence, Pierre ne fit aucune remarque tandis que le dresseur à la casquette se dit que les filles étaient toutes pareilles : elles adoraient la mode, prenaient trois heures à se préparer pour rien et avaient besoin d’être complimentées, soudain, l’image d’Ondine lui revint en tête.

- Pas toutes, en fait, et c’est pas plus mal…, se dit-il avec un sourire nostalgique sur les lèvres tandis que Pierre avait déjà deviné à qui il pensait. Ça te va bien, bon, on y va ?
- C’est parti pour voir les jolies filles !
- T’es irrécupérable Pierre, lui fit remarquer Aurore avec un air rieur.

C’est dans le même genre d’ambiance que les trois amis se dirigèrent vers le lieu où se déroulait le festival. Aurore remarqua que les gens étaient plus nombreux qu’avant et que des décorations avaient été installées un peu partout dans la ville, de plus, des stands de mini jeux avaient pris place au bord des rues et ceux qui les animaient criaient sans cesse : « Venez ! Venez jouez à mon jeu ! Vous aurez une formidable récompense si vous gagnez, 10 Pokédollar seulement ! » Ce qui donnait aux enfants l’envie d’essayer, au plus grand dépit de leurs parents qui voyaient leur porte monnaie se vider petit à petit. Aurore ne pouvait s’empêcher d’être euphorique à la vue de toutes ces couleurs, les gens étaient heureux et arboraient un sourire aux lèvres comme si une douce musique retentissait dans l’air pour apaiser le cœur de chacun et y glisser un petit peu de joie. Arrivé à la grande place, ils aperçurent un grand feu semblable à ceux qu’on utilise pour les camps, filles et garçons portaient un masque et dansaient autour au rythme de la mélodie. La coordinatrice n’eut pas à attendre longtemps pour prendre sa décision : elle voulait danser elle aussi ! Pourquoi les autres pouvaient s’amuser et pas elle ?

Elle laissa donc ses deux amis plantés derrière elle et couru en direction de l’accueil où des masques de toutes sortes étaient vendus, elle en prit un qui était blanc à paillette et retourna auprès de Sacha et Pierre.

- Alors ? Le verdict ?
- T’es méconnaissable, répliqua Pierre tandis que Pikachu approuvait d’un signe de tête.
- Moi aussi j’en veux un ! s’écria Sacha avec un grand sourire d’imbécile.

C’est après ces mots remplis de détermination qu’il fonça vers l’endroit où était Aurore deux minutes auparavant puis il s’empressa d’aller vers la piste de danse et de proposer à quelqu’un de danser avec lui, ce qu’une fille timide n’hésita pas d’accepter avec des rougeurs aux joues (t’inquiète pas Ondine, tu seras toujours la numéro un dans le cœur de Sacha). Pierre, lui, avait décidé de s’approcher d’une jeune femme aux cheveux longs qui sirotait tranquillement son verre tout en regardant les danseurs. Les yeux en formes de cœurs, il commença à ouvrir la discussion.

Pendant ce temps-là, Aurore était toute seule, ses amis l’avait littéralement laissée en arrière plan, elle se dit qu’elle pouvait bien observer les danseurs elle aussi avant de prendre son courage à deux mains et d’aller sur la piste, sauf qu’elle n’avait pas prévu qu’un jeune homme d’environ une vingtaine d’année se poste devant elle. Il possédait des yeux noisettes, des cheveux blonds qui lui arrivaient jusqu’à la nuque ainsi que quelques mèches rebelle, de plus, il la dépassait d’au moins une bonne tête. Du peu que la jeune fille pouvait voir il était beau.

- M’accorderiez-vous cette danse, jolie demoiselle ? demanda-t-il d’une voix suave accompagnée d’un sourire charmeur.

Ladite jolie demoiselle était intimidée par une telle aisance de la part de son vis-à-vis.

- C’est-à-dire que… je ne sais pas très bien danser… avoua-t-elle en faisant un petit sourire gêné.
- Aucune importance, il suffit juste de vous laissez guider par mes pas. Essayez, au moins, sinon je vais me sentir vexé, dit-il sur le ton de la plaisanterie.

Rassurée et charmée, elle finit par accepter. Il prit sa main et la fit virevolter comme une princesse, ce qui la fit grandement rire. Il menait la danse mais elle avait un peu de mal à s’habituer aux regards des autres sur elle, la peur du ridicule faisait qu’elle ne se lâchait pas complètement, il approcha donc son visage du sien et murmura à son oreille :

- N’ayez crainte, personne ne se moquera de vous. Ce festival est là pour que les gens se détendent alors laissez-vous emporter.
- Ok, je baisse les armes, affirma-t-elle avec résignation.

Elle finit donc par se détendre et essaya d’elle-même de prendre l’initiative de mener la danse, ce qui surprit agréablement son interlocuteur qui voulut lui poser une question :

- Quelle est votre prénom ? Si ce n’est pas indiscret.
- Je m’appelle Aurore, et vous ?
- Elliot, je viens de Kanto.

Ils continuaient de danser autour du feu.

- Beau prénom ! Kanto ? J’ai un ami qui vient de là-bas également, son rêve est de devenir maître pokémon, c’est fou comme le monde est grand. Qu’est-ce que vous faites à Sinnoh ?
- Je visite juste le monde avec mes Pokémon, j’adore la découverte, c’est une passion que j’ai depuis tout petit. Vous êtes coordinatrice, n’est-ce pas ?
- En effet, vous avez vu juste.
- J’ai vu votre défaite face à Zoé, quel dommage, vous étiez à deux doigts de la victoire !

Aurore ne put s’empêcher de sentir un goût amer se répandre dans sa bouche après avoir entendu cette phrase. Même si elle avait tourné la page, elle avait encore du mal à digérer sa défaite face à sa rivale.

- Désolé je ne voulais pas vous froissez, dit-il en remarquant son trouble.

Elle secoua la tête de droite à gauche pour le contredire.

- Ça va, c’est juste que je préfère oublier cette défaite et profiter de la soirée.

La danse se termina, elle ne lui avait même pas marché sur les pieds au final, ce qui était quand même un bon début. Son cavalier ôta son masque, prit sa main et y posa un doux baiser comme pour la remercier de cette danse. Rougissante, Aurore le contempla avec stupéfaction puis elle bredouilla à son tour des remerciements. Elle allait lui en proposer une deuxième lorsqu’elle aperçut un autre garçon portant un masque noir qui marchait dans leur direction, il avait les mains dans les poches et ne souriait pas. Intrigué, la coordinatrice l’observa de haut en bas, se demandant d’où sortait cette mystérieuse personne qui dégageait une aura de froideur. Il s’approcha du blond et lui chuchota d’assez près pour qu’Aurore ne l’entende pas :

- Je peux ? l’interrogea-t-il d’une voix légèrement menaçante et glaciale qui aurait fait peur à plus d’un et qui montrait qu’il ne lui laissait pas vraiment le choix de dire non.

Le blondinet sourit légèrement et lâcha la main d’Aurore pour montrer son approbation, il se courba ensuite respectueusement pour lui dire au revoir et partit en la laissant avec le jeune homme aux yeux sombres. Elle interrogea ce dernier du regard et écarquilla les yeux lorsqu’il lui tendit la main pour faire une invitation silencieuse. Elle rigola légèrement et son vis-à-vis ne put s’empêcher de hausser un sourcil.

- Excuse-moi, c’est juste que je n’ai pas l’habitude qu’on m’invite à danser de cette manière, mais ça me convient !

Étrangement, elle l’avait tutoyé ce qui n’avait pas été le cas avec l’autre parce qu’elle sentait qu’elle pouvait se le permettre. Déjà, il semblait être bien plus jeune que le blond et en plus de ça elle savait qu’elle pouvait le tutoyer, elle n’avait aucune explication à cela, elle le savait, c’est tout. Elle lui posa tout de même la question :

- Tu me permets de te tutoyer ?

Pour répondre à sa question, il se contenta de hocher la tête pour dire oui ce qui intrigua encore plus Aurore. Pourquoi ne lui parlait-il pas à voix haute ?

- Désolée de te demander ça mais… pourquoi tu ne dis rien ?

Aucun mot ne sortit de sa bouche, la jeune fille se dit qu’il n’avait peut-être pas envie de parler. Elle céda et leva les mains en signe d’abandon (sans oublier de soupirer, au passage).

- D’accord, j’ai compris, je ne te poserais plus de question.

L’inconnu esquissa un léger sourire moqueur puis attrapa la main d’Aurore tandis que l’autre se logea sur sa taille. La coordinatrice, elle, posa la sienne sur l’épaule de son cavalier et ensemble ils commencèrent à danser. Elle avait un peu de mal à le suivre mais se laissait entrainer par les pas du jeune homme mystérieux qui, elle devait bien se l’avouer, lui faisait déjà de l’effet. Non seulement il dégageait quelque chose d’attirant mais en plus de cela il dansait très bien. Comme pour écrire une histoire, ils tournoyaient, allaient parfois plus vite, ralentissaient le pas, se laissant submerger par les émotions qui leurs tenaillaient les entrailles. Jamais, au grand jamais elle ne s’était sentie aussi bien, les notes retentissaient, les échos faiblissaient et tous les deux sur la piste donnaient un spectacle qui était beau à voir. Leur corps et âme étaient en parfaite symbiose et Aurore n’était pas capable de dire si cette danse était magique à cause de l’ambiance qui régnait ou si c’était la présence de son cavalier qui lui donnait cette impression.

L’harmonie de leurs pas la bluffait et elle se sentait comme sur un petit nuage. S’il y a bien une chose dont elle était sûre, c’était qu’elle voulait que cette danse dure éternellement, mais tout le monde sait que les bonnes choses ont inéluctablement une fin, c’est donc avec une pointe de regret qu’elle lâcha la main du jeune homme et s’écarta de lui. Elle voulut le remercier de cette danse quand Sacha l’interpella et couru vers elle.

- Qu’est-ce qu’il se passe Sacha ? demanda-t-elle.
- J’aimerais te parler, répondit-il.
- Deux secondes, je dis au revoir à mon cavalier et je te rejoins, d’accord ?

Le dresseur à la casquette regarda aux alentours puis reporta son regard sur son amie avec incompréhension.

- Quel cavalier ? Il n’y a personne.

Aurore écarquilla les yeux suite aux paroles de son ami et se retourna. En effet, il n’y avait personne, le garçon masqué avait disparu. Où était-il passé ? Il aurait au moins pu lui dire au revoir ! Il lui offrait une merveilleuse danse puis deux secondes après monsieur prenait la poudre d’escampette ?  Elle aimerait bien le retrouver juste pour lui rappeler les quelques règles du bon savoir vivre en société et de la politesse, on ne laisse pas une jeune fille comme ça toute seule, non mais !

- Aurore, tu m’écoutes ?

La concernée sursauta et sortit de ses pensées.

- Ah désolée, j’étais ailleurs, tu disais ?

Sacha soupira, et Aurore se dit qu’elle aussi devrait finalement revoir la notion de ce qu’est la politesse.  



[…]



- … Et c’est pour ça que je suis éleveur Pokémon, conclut Pierre avec enthousiasme.

Enthousiasme que la jeune femme assise à côté de lui n’avait toujours pas depuis qu’il avait commencé à lui adresser la parole, et le brun qui ne se rendait compte de rien… Elle voulait juste passer une soirée tranquille, sans homme à ses côtés et il avait fallu que ce dragueur à deux balles se dirige vers elle et lui raconte sa vie, elle était restée à l’écouter pour faire bonne figure, mais plus le temps passait et plus elle avait envie de :

1) - l’étrangler jusqu’à ce qu’il ne puisse plus parler.
2) - Prendre ses jambes à son cou pour ne plus le voir.

Bah, ça pouvait être pire, ce n’est pas comme s’il allait lui proposer de danser, il n’était pas assez entreprenant et con pour faire ça, si ?

- Au fait, ça vous dirait de danser ? lui proposa-t-il avec un grand sourire béat.

Ah, bah fallait croire que si.



[…]



- Tu comprends Aurore, j’ai peur que ce ne soit qu’un jeu pour lui…
- Je comprends ce que tu ressens Sacha, et c’est gentil de t’inquiéter pour moi, mais je t’assure que si Paul voulait juste jouer avec moi, il ne m’aurait pas sauvée lorsque j’étais prisonnière de la Team Rocket. Il ne m’aurait pas protégé contre la tempête s’il ne tenait pas ne serait-ce qu’un peu à moi et ne m’aurait pas réconforté à la fin du concours s’il ne me considérait que comme un jouet.

La réplique de son amie le rassura un peu, il tenait à elle et ne voulait pas la voir souffrir à cause d’un dresseur qui maltraitait ses Pokémon et qui en plus était son rival. Jamais il ne laisserait quelqu’un faire du mal à ses amis, c’était une des valeurs qu’il avait appris lorsqu’il était enfant. Aurore, touchée par le fait qu’il soit anxieux de son bonheur enlaça ses mains aux siennes et lui offrit un sourire chaleureux.

- Merci beaucoup, tu es un ami formidable, je suis contente de savoir que je peux compter sur toi.

Sacha sourit à son tour et allait répondre quelque chose lorsqu’il fut interrompu par Tiplouf qui accourait vers sa dresseuse avec un air paniqué.

- Qu’est-ce qui se passe Tiplouf ? le questionna Aurore

Comme le Pokémon ne pouvait pas parler, il attrapa un bout de robe de la coordinatrice et tira de toutes ses forces.

- Mais qu’est-ce qui te prends ?! Lâche-moi, enfin ! ordonna-t-elle avec une moue agacée.

Fâché, Tiplouf s’en alla en courant vers la foule immense.

- Oh non, où est-ce qu’il va, encore ? Désolée Sacha je dois le rattraper avant qu’il ne fasse une bêtise.
- T’inquiète, vas-y.

Elle le remercia du regard et se mélangea à la foule. Elle avait du mal à voir devant elle, les gens passaient, faisait demi-tour, elle ne voyait rien avec toute cette foule ! Tiplouf avait disparu de son champ de vision, devait-elle continuer de le chercher alors qu’il pouvait déjà être loin ? Non, elle ne pouvait pas l’abandonner, il en était hors de question ! Déterminée, elle commença à pousser les gens afin d’aller plus vite tout en s’excusant par-ci par-là, sa tête bougeait de droite à gauche. Aucune trace de Tiplouf. Voyant que c’était inutile, elle décida de faire demi-tour.



[…]



Où était la sortie, bordel ? C’était ce qu’il se demandait depuis au moins dix bonnes minutes et ça commençait à l’énerver sérieusement, il était peut-être de nature calme mais pas au point de vouloir poireauté pendant des heures en cherchant la sortie ! Il se dit à lui-même qu’il aurait dû prendre une carte pour une fois, ça lui aurait été utile, au moins. Une veine s’était formée sur sa tempe, il était vraiment de mauvaise humeur, il ne manquerait plus que quelqu’un lui cogne dedans et que…

- Aïe ! Excusez-moi, je suis désolée ! s’exclama la fille qui venait de lui rentrer dedans accidentellement.

Là, c’était la vie qui s’acharnait contre lui. Il serra les poings à tel point que ses ongles rentrèrent dans sa peau et se retourna tout en hurlant à la pauvre fille :

- Vous ne pouvez pas faire attention ?! hurla-t-il, en colère, puis il reprit avec plus de calme, voyant le visage de celle qui lui était rentré dedans : … Aurore ?
- … Paul ! s’exclama-t-elle en voyant l’identité de son interlocuteur.

En effet, c’était la coordinatrice aux cheveux bleus qui lui avait foncé dedans. Ils se regardèrent comme si ça faisait des années qu’ils ne s’étaient pas vus, étonnés de se croiser alors qu’il y avait au moins une centaine de personnes qui se baladaient dans cette ville. Il se sentit soudainement très bête d’avoir crié et ferma les yeux avec agacement. Évidemment, il n’y avait qu’elle pour lui faire des coups pareils, elle le faisait exprès ou quoi ? Cette fille était une vraie catastrophe ambulante, il avait l’impression qu’elle était toujours là dans les moments où il n’avait surtout pas besoin de compagnie, enfin, il n’allait pas l’envoyer balader non plus, surtout que sa présence à elle n’était pas aussi dérangeante que celle des autres. Beaucoup moins dérangeante, même.

Aurore, elle, sentait son cœur qui s’emballait, elle ne pensait pas le revoir de sitôt. Le fait est qu’elle n’arrivait pas à penser à autre chose qu’à lui, même quand elle avait dansé avec le blond c’était avec Paul qu’elle avait imaginé tourner autour du feu, ses mains froides sur sa taille, sa respiration chaude et apaisante dans son cou, ses yeux onyx la fixant avec intensité, oui, c’est avec Paul qu’elle voudrait être et personne d’autre.

- Qu’est-ce que tu fais là ? ne put-il s’empêcher de lui demander pour briser le silence, sans oublier d’utiliser de la froideur dans le ton.

Les mauvaises habitudes, toujours là pour vous gâchez le moment quand vous n’en avez pas besoin. Vexée par cette attitude, Aurore le regarda en bougonnant.

- Tu pourrais avoir l’air plus joyeux de me voir, quand même !

Il resta inexpressif face à cette réplique mais au fond de lui il était très amusé de la réaction de la jeune fille, c’était tellement facile de l’énerver, il se rappela la fois où il lui avait demandé qui elle était (lors du premier match d’arène de Sacha à Sinnoh) et qu’elle avait failli lui sauter dessus pour le tuer, heureusement que Pierre était intervenu pour l’arrêter sinon il serait mort à l’heure qu’il est.

Une vraie lionne cette coordinatrice.

- Tu n’as pas répondu à ma question, se contenta-t-il de répondre.
- Bon, je te pardonne parce que c’est toi, hein. En fait, je cherche Tiplouf, il a disparu d’un coup, est-ce que tu l’as vu ?
- Non.

En entendant cela, elle eut un air peiné, où était-il passé ? Elle était vraiment inquiète, elle avait eu tort de lui crier dessus, après tout il n’avait rien fait, elle sentit les remords l’envahir. Paul, qui n’était pas dupe, vit son trouble et se dit qu’il pouvait, non, devait faire quelque chose pour la rassurer, mais comment ? Il n’était pas très à l’aise avec ces choses-là, comment s’y prendre ?

- Je suis sûr qu’il va bien, arrête de te faire du souci.

Aurore leva la tête vers lui.

- Tu crois ?
- Mais oui, il n’est pas stupide, ton pokémon, quoi que j’aurais un doute, vu la stupidité de son propriétaire, la taquina-t-il avec une lueur dans les yeux.

Elle était trop en colère suite aux mots de son-vis-vis pour remarquer qu’il venait de faire une blague.

- Je ne suis pas idiote !! Et je te le rappelle avant que tu ne me fasses le coup : je m’appelle…
- Aurore, oui, je sais, la coupa-t-il en soupirant.

Intérieurement, elle était heureuse, car même s’il ne lui disait pas des mots doux, il parlait avec elle et s’exprimait plus que d’habitude. En fait, Paul ne possédait pas deux personnalités différentes, c’était juste que celui qu’elle avait devant elle était le vrai, et elle était flattée d’être la seule à le connaître réellement. Ses mains étaient moite, elle aimerait tellement lui dire ses sentiments, mais les accepterait-il ? Même s’il l’avait prise dans ses bras, réconforté, aidé, rien ne prouvait qu’il ait des sentiments à son égard, avait-elle tort de penser qu’il y avait tout de même une infime possibilité que ce soit le cas ? Elle voulait le croire.

Non, il ne fallait pas qu’elle se prenne la tête avec ça, elle voulait juste s’amuser avec lui ce soir, s’il acceptait de le faire.

- … ça te dirait qu’on aille faire une attraction, ensemble ? lui demanda-t-elle avec une voix hésitante, les joues rouges.

Il rougit à son tour et se retourna pour le cacher, elle fut amusé de sa réaction, il était vraiment adorable quand il le voulait. Il ne connaissait rien à l’amour ou l’amitié et ça faisait que ses réactions étaient assez comiques, parfois. Aurore voulait lui montrer qu’il ne fallait pas avoir peur de ce genre de sentiment et qu’être faible ne voulait pas dire ressentir des émotions.

- J’ai jamais dis que je voulais passer du temps avec toi, répondit-il en essayant d’avoir une voix froide, ce qui était un peu peine perdue.
- Tu n’as pas à être gêné, tu sais, je connais ton véritable toi, Paul, ton masque de méchant garçon ne marche plus avec moi ! expliqua-t-elle le sourire aux lèvres.
-Tu sais que t’es vraiment chiante, comme fille ?
- Oui, j’en ai conscience, et ça fait parti de mon charme !

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre en attrapant sa main pour enlacer ses doigts aux siens puis en déclarant :

- Bon, qu’est-ce qu’on attend ? Allons nous amuser !!

Il était tellement stupéfait par son geste qu’il ne réussit pas à réagir, elle commença à courir pour l’emmener il ne savait où et Paul se dit que la journée n’était pas si mauvaise, finalement.

- Hé ! Pourquoi c’est moi qui doit céder à tes caprices ? l’interrogea-t-il tandis qu’ils courraient toujours
- Parce que… chuchota-t-elle à voix basse.

La prise sur sa main s’accentua encore plus.

- Parce que je veux voir toutes ces belles choses avec toi, Paul ! fini-elle par lui répondre avec un sourire tellement rayonnant qu’on aurait pu croire que c’était une pub pour la marque Colgate.

Il fut illuminé par la beauté de ce sourire et également par la réponse de la jeune fille, pourquoi était-elle si rayonnante aujourd’hui ? Il ne pensait pas qu’un jour quelqu’un lui sourirait comme ça, avec tant de sincérité, avait-il le droit de recevoir autant après toutes les remarques blessantes qu’il avait fait envers elle ? Lui qui avait si peur de connaître ce qu’est l’amour ou l’amitié, avait-il le droit ce soir de vouloir en connaître un peu plus sur le sujet ? De voir ce que ça faisait d’être faible ? Oui, il se dit que pour ce soir, il avait le droit de l’être, il décida de laisser tomber son masque d’indifférence et de profiter de la présence de la coordinatrice à ses côtés.

- Regarde Paul ! Il y a un stand où on peut gagner une peluche, là-bas ! On y va ?
- J’ai pas le choix, je suppose.
- Arrête de marmonner dans ta barbe naissante, lui reprocha-t-elle.

Il leva les yeux en l’air (mais elle ne pouvait pas le voir puisqu’il était derrière elle) et eut un faible sourire.

- Bonjour jolie mademoiselle, vous voulez jouer ? l’interrogea celui qui animait le stand de peluche avec un petit sourire dragueur.
- Oui ! C’est quoi le but du jeu ?
- Vous avez dix essais, vous devez toucher les cinq cibles mouvantes qui vont apparaître devant vous. Si vous les touchez toutes, vous gagnez, sinon, vous perdez.
- ça m’a l’air sympa, ça te dirait d’essayer, Paul ?

Ce dernier fixait l’animateur avec un regard plus que noir, n’ayant pas aimé qu’il appelle l’idiote « jolie demoiselle. » Il eut un sourire sadique avant de dire avec une voix menaçante.

- Pourquoi pas.

Le pauvre animateur eut un sursaut et sentit des frissons parcourir son dos, avec effroi, il se dit qu’il ferait mieux de surveiller sa langue la prochaine fois avant de faire un compliment à une fille qui est accompagnée d’un garçon, surtout quand celui-ci pourrait vous tuez en un seul regard.

- Super ! Je commence ! cria Aurore avec ferveur avant de donner l’argent et de prendre l’arme.

Les cinq cibles apparurent et c’est sans hésitation que la jeune fille tira une fois s’en prendre la peine de viser correctement. Son tir rata sa cible et elle réprima un juron. Elle se concentra plus la deuxième fois et réussi à toucher une cible, heureuse, elle tira une troisième fois mais rata sa cible, ce qui lui enleva rapidement sa bonne humeur. Elle avait maintenant tiré cinq fois et aucune autre cible n’avait été touchée, il en restait encore quatre et il lui restait cinq tirs.

Découragée, elle baissa la tête et pensa abandonner lorsqu’elle sentit une présence derrière elle. Un torse se colla contre son dos et une main froide attrapa son arme afin de la relever tandis qu’un souffle chaud entra en contact avec sa nuque. Ce fut après une odeur agréable qui parvint à ses narines et Aurore se demanda si elle n’était pas en train de rêver.

- Tu dois essayer de te calmer, ne te laisse pas envahir par la colère et concentre-toi, murmura Paul à son oreille.

Déstabilisée, la coordinatrice ne parvint pas à répondre et le garçon à la veste violette posa sa main sur celle d’Aurore pour appuyer sur la gâchette, le sixième tir toucha la cible. Cela se déroula de la même manière pour tous les autres tirs, Paul restait derrière Aurore à la guider et la jeune fille réussit finalement à toucher toutes les autres cibles. Bien que troublée par le corps qui touchait le sien, un sentiment de bien être s’emparait d’elle et jamais encore elle ne s’était sentie aussi gênée, elle remarqua qu’il faisait un effort car normalement Paul n’aimait pas les contacts humains, ou dû moins très peu, ça l’embarrassait. Reconnaissante, elle l’embrassa sur la joue après avoir reçu la peluche de son choix.

- Merci beaucoup, c’est grâce à toi que j’ai réussi !
- De… de rien, dit-il en détournant le regard, les joues chaudes.

Ces remerciements ne l’empêchèrent pas par contre de lancer un dernier regard polaire à l’animateur avant de partir. Toute contente, Aurore serrait sa peluche, la caressait, la regardait, la serrait à nouveau comme si c’était la plus belle journée de sa vie, Paul songea que cette fille avait des airs de gamines dès fois, mais c’était plus drôle qu’autre chose. Ils arrivèrent au bord de la forêt, les gens étaient moins nombreux là où ils étaient, un silence s’était installé, ils ne savaient pas quoi se dire.

- Je/Tu… commencèrent-ils en même temps.
- Parle en premier, proposa Aurore.

Il n’avait pas envie de le dire, car cela signifiait qu’il ne la reverrait pas avant longtemps, mais il n’avait pas vraiment le choix.

- Je voulais juste te dire que je vais quitter la ville, avoua-t-il en fermant les yeux, ne voulant pas voir sa réaction.
- Quoi ? Maintenant ?

- J’ai eu mon badge, plus rien ne me retient ici.
Elle se sentit blessée, elle pensait qu’il resterait quelques jours de plus, pour elle, mais elle s’était trompée. Voulant cacher le fait qu’elle était déçue, elle baissa la tête.

- Ah… d’accord… alors, on se reverra une autre fois ?

Elle avait la gorge nouée, elle ne voulait pas qu’il parte, comme ça, sans entendre ce qu’il ressentait pour elle. Il l’avait embrassé une fois, réconforté, aidé, secouru, avec tous ces gestes, elle espérait qu’il l’aimait, mais si jamais elle avait faux ? Et s’il avait fait tout ça sans aucune raison particulière ? Si elle n’était qu’un jouet pour lui et rien d’autre ? Une angoisse terrible commença à s’emparer d’elle, elle avait trop peur ! Peur de voir de l’indifférence la prochaine fois qu’il se verrait ! Peur de perdre la relation qu’elle avait crée avec lui depuis plusieurs jours. Oui, elle était terrifiée !

- Oui on se reverra sûrement. Au revoir, Aurore.

Il avait essayé d’être le plus froid possible parce qu’il sentait au fond de lui que quelque chose se brisait, il ne voulait pas partir mais pour accomplir son rêve il devait quitter Unionpolis, même si la présence de la jeune fille allait lui manquer. Peut-être qu’en redevenant distant elle ressentira de la haine envers lui et ne souffrira pas de son départ, il espérait que ce soit le cas. C’est donc avec amertume qu’il adressa un dernier regard à Aurore et commença à partir, les yeux fermés et les mains dans les poches. Il fut presque triste de constater qu’elle ne le retenait même pas, mais ce n’était peut-être pas plus mal.

Non, il ne pouvait pas partir, comme ça, sans lui dire autre chose qu’au revoir ? Ce n’était pas possible, elle ne pouvait pas le laisser partir de cette manière, si elle ne faisait rien maintenant, tout ce qu’elle avait construis à ses côtés n’aurait servis à rien, et ça, il en était hors de question. Elle fit quelques pas en avant, pris une grande inspiration et hurla le plus fort qu’elle pouvait pour qu’il s’arrête :

- S’il te plait, Paul, emmène-moi avec toi !!

Il écarquilla les yeux en grand suite à cette intervention pour le moins surprenante et se retourna pour la regarder avec un air stupéfait.

- Quoi ?

Il voyait ses yeux qui brillaient, signe qu’elle désirait pleurer. Elle détourna les yeux avec embarras, le moment était venu de le lui dire, sinon, elle n’en aurait plus jamais le courage.

- Je ne veux plus être séparée de toi, j’ai trop peur de perdre ce lien que nous avons tissés toi et moi, si tu pars maintenant, comment je pourrais savoir que tu ne m’auras pas oublié ? Je t’en supplie, ne me laisse pas toute seule…

C’est vrai, elle avait peur. Elle était terrifiée rien qu’à l’idée qu’il la snobe à leur prochaine rencontre, elle ne voulait pas qu’il ressente de l’indifférence à son égard, elle voulait qu’il lui jette des regards inquiets, doux ou même froids mais plus jamais comme si elle ne valait rien, comme si elle n’existait pas et ne faisait pas partit de son univers. Si elle devait abandonner Sacha et Pierre pour pouvoir garder ce lien, elle ferait n’importe quoi, quitte à renoncer à ses amis. Etre séparé de lui serait plus douloureux que de s’éloigner de ses proches, elle le savait. Son cœur lui faisait mal, sa tête tournait violemment et elle se retenait de pleurer, elle ne voulait pas être faible, pas devant lui !
Paul regarda longuement Aurore avec intensité, le cœur battant la chamade. Il voyait ses yeux qui brillaient, ses joues qui étaient rouges suite à son aveu, ses cheveux qui voletaient au gré du vent… Il s’était déjà posé la question, il voulait qu’elle vienne avec lui mais quelque chose l’empêchait de le faire.

La tête baissée, Aurore ne savait pas quelle était sa réaction, était-il fâché ? En colère ? Triste ? Elle ne pouvait pas le savoir, elle n’osait plus le regarder. Elle entendait des bruits de pas qui se rapprochaient d’elle, inquiète, elle ferma les yeux mais les rouvrit lorsqu’elle sentit un bras s’enrouler autour de son cou tandis qu’une main se posait sur sa tête avec délicatesse. Il venait de l’enlacer avec tellement de douceur qu’elle ne put s’empêcher de refermer les yeux, bercée par cette étreinte affectueuse alors que des larmes coulaient le long de ses joues sans qu’elle ne sache réellement pourquoi.

- Je ne peux pas me permettre d’aimer tant que je ne serais pas devenu maître Pokémon, car aimer est faible, et je refuse de l’être avant d’avoir atteint mon but. Est-ce que tu pourras m’attendre ?

Heureuse et ayant compris ses sentiments, Aurore sourit contre son torse.

- Oui, je… je t’attendrai, même si je dois attendre longtemps. J’attendrai encore et encore parce que je t’aime ! Si tu veux, je peux… te le répéter milles fois… pour que tu le comprennes ! Je t’aime et je pourrais le crier au monde entier ! s’écria-t-elle avec conviction et tristesse, ses larmes mouillant la veste de Paul.

Ce dernier sentit un sentiment agréable s’installer dans son cœur, celui d’aimer et de se sentir aimer. Cette idiote, il en était tombé amoureux et même si ce soir il ne pouvait pas le lui prouver, il en serait peut-être capable une prochaine fois. Quand il était à ses côtés, il avait l’impression d’être quelqu’un de mieux, comme si ses bons côtés ressortaient automatiquement, jamais quelqu’un ne lui avait fait un tel effet. Tous les deux ne savaient dire quels sentiments les submergeait à ce moment-là, c’était doux et douloureux à la fois, car même si ce soir c’était un au revoir, ils savaient que dans quelques semaines ils auraient la joie de se revoir. Aurore leva la tête vers lui et croisa ses deux orbes sombres et glacées.

- Je t’aime vraiment, vraiment beaucoup ! ne put-elle s’empêcher de répéter pour le lui faire comprendre.

Trouvant qu’elle était un peu trop indiscrète, il l’écarta d’elle et rétorqua avec agacement et gêne :

- J’ai compris, je ne suis pas sourd tu sais. Et arrête de dire ça, il y a des gens autour de nous !  
- Je m’en fiche, comme ça tout le monde saura que tu m’appartiens ! dit-elle encore plus fort avec un gros sourire aux lèvres, contrastant avec ses pleurs.

Énervé, il abaissa le bonnet de la jeune fille sur son visage afin de ne plus entendre ces mots qui l’embarrassait mais qui au fond lui faisait plaisir.

- Hé ! se plaignit-t-elle.
- Tu dis encore une fois ce genre de chose je ne te parle plus, la menaça-t-il froidement.

La jeune fille attrapa son bonnet de ses deux mains et le baissa encore plus sur son visage pour cacher ses larmes, elle tremblait tant l’émotion était forte.

- Mais… mais tu m’aimes Paul, hein ? Tu ne seras pas méchant avec moi la prochaine fois qu’on se verra, hein ? J’ai peur, tu sais…

Il lui jeta un regard attristé qu’elle ne vit pas puis il prit le bonnet d’Aurore et le remonta afin de pouvoir voir son visage larmoyant, elle le regarda avec incompréhension ainsi qu’une pointe de timidité. Il posa sa main sur la joue de la coordinatrice sans la lâcher des yeux, elle n’eut pas le temps de comprendre ce qui se passait que les lèvres de Paul s’étaient posés sur les siennes avec plus de douceur que la dernière fois.  Ses yeux s’ouvrirent en grand avant qu’ils ne se ferment automatiquement pour savourer ce geste éphémère et magique. Noyée dans un monde de tendresse infinie, elle ne put résister à s’accrocher à lui comme on s’accroche à une bouée, elle était tout simplement en train de rêver, elle fondait à chaque mot, chaque parole qui traversait la barrière de ses dents, elle l’aimait, tout simplement.

Leur baiser fut rompu par Paul qui recula son visage de seulement quelques millimètres, Aurore n’en croyait pas ses yeux, il semblait tellement différent de la fois où elle, Sacha et Pierre l’avait croisé après avoir quitté le bateau, comme quoi, les apparences sont trompeuses et il ne faut pas s’y fier. Elle voyait dans ses prunelles des ambitions, des projets, une flamme d’amour pure et nouvelle s’y était installée et elle était impatiente de la revoir à leur prochaine rencontre.

- Je ne peux pas te dire ces mots-là, Aurore, je ne suis pas encore prêt car tout est nouveau pour moi. Tout ce que je peux faire, c’est te le montrer par les gestes.  

Souriante, elle attrapa la main qu’il avait encore sur sa joue et la serra très fort avant de lui voler un dernier doux baiser et de s’écarter lentement pour faire durer l’instant.

- Je comprends, Paul. Je te laisserai le temps qu’il te faudra pour me les dire, en attendant, je te dirais ces mots des centaines, non, des milliers de fois pour te montrer que je t’aime plus que tout !

Il lui adressa un sourire, pas un petit sourire comme elle en avait vu il y a peu ou encore ironique, moqueur ou narquois, non, c’était cette fois-ci un vrai sourire qu’elle voyait sur le visage de Paul et jusqu’à aujourd’hui elle n’avait rien vu d’aussi beau.

- C’est toi, affirma-t-il en gardant son sourire.
- De quoi tu parles ?
- Tu te souviens de la fois où on était dans le centre Pokémon et que t’étais posée une certaine question à mon sujet ?  
- Une certaine question ? Que…


Dis-moi, Paul, qui détient la clé qui pourrait ouvrir ton cœur ?


Ah oui, cette question là !

- Où veux-tu en venir ? demanda-t-elle
- Cette clé qui peut ouvrir mon cœur, c’est toi qui la détiens, Aurore.

Hébétée, la concernée regarda le garçon aux cheveux mauves d’un air étonnée puis fini par exploser de rire sous le regard intrigué de celui-ci. N’aimant pas trop qu’on rigole de lui, il grogna ouvertement et l’interrogea :

- Pourquoi tu rigoles ?
- Ahahah ! D-Désolée… ! C’est juste que je ne te savais pas si romantique… ! parvint-elle à prononcer entre deux éclats de rires.

Paul, plus gêné qu’autre chose, décida de bouder pour montrer qu’il n’aimait pas quand elle faisait ce genre de remarque. Aurore rigola légèrement et allait ajouter quelque chose lorsqu’elle fut interrompu par Sacha qui arrivait vers elle :

- Aurore ! T’as retrouvé Tiplouf ? lui demanda-t-il avant d’apercevoir Paul. Ah salut Paul, tu t’en vas ?
- Oui, j’ai eu mon badge, donc je pars.
- Je vois, bonne chance, alors.

Un sourire narquois se peint sur le visage du garçon aux cheveux mauves.

- Et c’est toi qui me dis ça ?

Même quand il faisait un effort pour être aimable avec lui, lui, il faisait une remarque désagréable ! Comment faisait Aurore pour le supporter ? Il se le demandait bien. Il était à la limite de l’étrangler lorsqu’il vit Aurore qui était figée comme une statue.

- Euh… Aurore ? Ça va pas ?

L’interpellée ouvrit grand la bouche et s’exclama avec un air paniqué :

- Tiplouf… Je l’avais complètement oublié ! Oh non, le pauvre, il doit avoir peur là où il est !! Il faut que je le retrouve ! Paul, j’attendrais notre prochaine rencontre avec impatience !

Plus inquiète qu’autre chose, Aurore fit un signe de main à Paul et se hâta de retourner dans la foule pour chercher son Pokémon. Sacha regarda la direction par laquelle elle était partie avec amusement puis il reporta son attention sur Paul.

- Tu lui as rien dit au sujet de la danse, n’est-ce pas ?

Le concerné hocha un sourcil.

- Aller, me fait pas croire que c’était pas toi, le garçon masqué qui l’a invité à danser sans prononcer un seul mot, ajouta-t-il en voyant son indifférence.

Paul se retourna, les yeux fermés et l’air ennuyé.

- Je ne vois pas de quoi tu parles.

Sur ces mots ô combien chaleureux, il commença à partir. Sacha lui lança un dernier regard et partit à son tour. Après être sûr que personne ne pouvait le voir, Paul ouvrit son sac et y sortit un masque noir semblable à ceux qui était utilisé pour le festival. Il sourit et le remit dedans.

- En plus elle ne m’a même pas reconnu, cette idiote.


✄ -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -   -

Et voila c'est la fin de cette fan-fiction ! Je remercie tous ceux qui ont pris de leur temps pour lire mes chapitres et j'espère que vous aurez passer un bon moment en les lisant ~ ! Je ne ferais pas de topic à commentaires, n'hésitez donc pas à laisser vos impressions ici, si le cœur vous en dit !
Merci d'avoir lu !  Silver Love 
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Dim 20 Juil 2014 - 0:32

C'est... je ne sais pas quoi dire, j'ai lu ta fic pendant mes vacances et... :tot:
Je dois être surement la personne la plus bon publique et la plus romantique mais qui ne l’accepte pas de toute la planète. *se mouche dans les ailes d'un Tylton* J'aime l'IkariShipping et Roméo et Juliette... Ta fic est génial.
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Mer 30 Juil 2014 - 10:50

Tu ne sais pas quoi dire ? Ben ne dis rien #SBAFF# 8)
Nan plus sérieusement merci d'avoir laissé ton avis, je pense que nous avons tous dans notre kokoro un amour pour le romantisme ! On est tous pareil, en public on fait genre qu'on aime pas ça, et le soir dès qu'on rentre à la maison on regarde un film à l'eau de rose ou un animé niais, un paquet de mouchoir à côté de nous !  Pervy Silver 
Eurk, pauvre Tylton.  Nmh 
Merci je suis heureuse de savoir que tu l'as apprécié ! Et désolée pour la réponse tardive !

PS : Si tu aimes Roméo et Juliette, je te conseille l'animé Roméo X Juliette (si, si, ça existe. o/)
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    Mer 30 Juil 2014 - 12:07

Je crois que je m'en passerais car je supporte très mal les doubles suicides à cause d'un autre animé... (J'ai chialé pendant la scène en criant des "PUTAIN NON POURQUOI!!!", c’était une parodie de Roméo et Juliette en plus)
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MessageSujet: Re: Ikarishipping - Au-delà des apparences    

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