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 Meetic Infinity

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Shuu
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Masculin Messages : 1673
Localisation : Planète des fraises

MessageSujet: Chapitre 24 : Souvenirs inavoués   Mer 28 Déc 2011 - 15:22



Bois aux chênes, en compagnie de Bleuts, Roku, Kanon et Kentin. Ce dernier venait de se jeter sur Kanon, avec une haine féroce. La brune, prise au dépourvue, n’eut pas le temps de le repousser, et le jeune homme put ainsi lui décocher un beau coup de poing… qui n’eut strictement aucun effet. Il hurla de douleur, tandis que Kanon n’avait pas la moindre marque sur le visage. Le blond reprit contenance, et commença à s’égosiller.

- ESPECE DE FOLLE, T’AS PETE MA MAISON ! Tu sais combien ça coûte ? Et maintenant, j’ai plus de fric, plus de vêtements, plus de meubles, plus de lit… J’ai plus rien, à cause d’une tarée que j’ai gentiment recueillie ! hurla-t-il, vert de rage – non sans raisons.
- Et tu vas me faire quoi, le blond ? ricana Kanon avec un air méchant.
- Déjà, j’ai un prénom, je m’appelle Kentin ! Et de deux, je suis peut-être pas très fort, mais je vais te livrer à la police et tu seras bien dans la merde, avec tout tes crimes ! fit le dénommé Kentin.
- Toi… Je vais te tuer… grogna Kanon.

Kentin fit un impressionnant vol plané, alors que les arbres autour décollaient une fois de plus. Le jeune homme eut un atterrissage plutôt violent, sur le sol dur du Bois aux Chênes, mais il se releva tant bien que mal, animé par une colère froide. Roku avait immobilisé les bras de Kanon avec une prise d’aïkido, et celle-ci tentait désespéramment de se jeter sur Kentin pour le démolir. Heureusement, le schizophrène semblait immunisé au pouvoir de la jeune femme, ce qui n’était par contre pas le cas de Bleuts, qui vola dans les fourrés.

- JE VAIS TUER CE GOSSE PRETENTIEUX !
- Réfléchis, si tu le tue, qu’est-ce que ça t’apportera ? temporisa Roku en tentant de maintenir sa prise.
- LA SATISFACTION ! répondit Kanon avec de nouveau cet air dément effrayant.
- Mais la satisfaction te donnera-t-elle du pouvoir ? répliqua Roku.
- …
- Non. Alors que si tu résistes à l’envie de tuer, tu te prouves à la fois que tu es puissante, et à la fois que tu es humaine. Tu fais donc d’une pierre deux coups.
- Pas faux… fit remarquer Kanon en s’adoucissant subitement.

Aussitôt, la terre cessa de se fissurer et les débris s’arrêtèrent de voler en tous sens. Roku relâcha la jeune femme au cœur noir, et alla aider Bleuts à s’extirper des buisons. Mais ils avaient oublié Kentin, qui fonçait tel une furie en direction de Kanon. L’imposant Léviator de Bleuts s’interposa, dominant le blond de toute sa hauteur.

- Hey, Kentin ! lança Bleuts. On te veut pas de mal. T’as pas de maison, et ben tu sais quoi, nous non plus. Kanon devient parfois un peu brutale, mais elle a bon fond. Si tu veux, on peut te donner de l’argent, des vêtements, et même un sac de couchage – on en a un en trop. Qu’en penses-tu ?
- …
- De toute façon, c’est ta dernière chance. On est à trois jours de la civilisation la plus proche, et tu serais incapable de retrouver le chemin sans carte. C’est une faveur, qu’on te fait.
- … Très bien, j’accepte. Mais ne comptez pas sur moi pour vous parler, ou vous aider à faire quoi que ce soit d’illégal. Je ne vous connais pas, vous êtes de simples bouche-trous criminels.
- Si tu veux, fit Bleuts, indulgente. Mais il va quand même falloir mettre la main à la patte au niveau de la cueillette, et toutes les activités quotidiennes.
- Ca marche.
- Bien, acquiesça Roku.

Kanon gardait le silence, luttant contre le monstre qui lui disait de mettre fin à la vie du jeune homme blond. C’était dur. Le monstre était très fort. Mais contrairement à avant, elle avait une petite épée. Bleuts et Roku. Ainsi, le combat état moins inégal, et peut-être, je dis bien peut-être, qu’il subsistait une chance de victoire. Infime, certes, mais une chance quand même.


Killian était sur un pont. Le Pont Sagiciel, plus précisément. Il fixait l’immense étendue d’eau devant lui, quelques 200 mètres en dessous. Son visage n’affichait aucune expression. Il avait enjambé les barrières de sécurité, et se trouvait juste au bord. La juste limite entre le pont et le fleuve en dessous. Cela faisait trois heures qu’il regardait passer les bateaux, remplis de gens riches, heureux. Son monde à lui s’était effondré, mais le monde des autres continuait de tourner. Le jour se levait, la nuit tombait, tout ceci dans un cycle infini, nullement altéré par les gens.

Une personne peut mourir, mais cela n’aura aucun impact. Les gens auront une petite pensée triste en regardant les infos, mais ça ne les empêchera pas de se lever le matin et de partir au travail. Alors que la famille du défunt sera brisée, ne sera plus jamais la même. Elle errera, traînant ce lourd fardeau. Soit on arrive à couper la chaîne qui nous relit à ce boulet, soit celui-ci vous entraîne dans les profondeurs de l’océan, et vous coulez avec lui.

Killian avait choisit la deuxième solution. Enfin, ce n’était pas tout à fait le Killian d’aujourd’hui. Ce Killian là était petit, et semblait avoir autour de 10~11 ans. Des Couaneton de passage l’observaient, intrigués. Soudain, il tendit la jambe. Celle-ci était au dessus du vide. S’il relâchait son corps, il tomberait, et mourrait sous le choc trop violent contre l’eau.

- ATTENDS, PETIT CON !

Une voix venait de jaillir de derrière lui. Surpris, il se retourna, et tomba nez à nez avec une jeune fille. Celle-ci semblait âgée du même âge que lui. Elle avait des cheveux bouclés marron, qui lui tombaient de chaque côté du visage, et des yeux bleu clair. Vêtue d’un haut noir à bretelle et d’une jupette blanche, elle était essoufflée, sûrement parce qu’elle avait courut.

- Ne fais pas ça ! C’est très idiot ! s’égosilla-t-elle, à bout de souffle.
- Tu ne sais rien de ma vie… murmura Killian.
- Peut-être, mais rien ne justifie de se suicider ! plaida la jeune fille.
- Je n’ai aucune raison de vivre, je suis seul, j’ai commis un meurtre… récita Killian, avec une voix lointaine, froide.
- J’m’en fous ! Si tu as le désir de t’accrocher à la vie, tu peux très bien la réussir !
- Je n’ai aucun désir de m’accrocher à quoi que ce soit… Tu ne sais rien de ce que je ressens… Je suis vide…
- Et ben je vais te remplir, imbécile ! Tu voulais faire quoi, avant d’avoir envie de te suicider ?
- … Je voulais devenir dresseur…
- Dans ce cas, tiens ! fit la petite fille.

Elle lui lança une Pokéball. Killian l’attrapa au vol, et l’ouvrit. Il en sortit un petit Caninos.

- Je te le donne. C’est mon premier Pokémon, et je ne l’ai eu qu’aujourd’hui… Mais s’il peut sauver une vie, je suis prête à m’en séparer. Et prend ça, aussi.

Cette fois, elle lui lança une brochure aux couleurs vives. « Formation des Echoes. Vous avez plus de 10 ans, et votre rêve est de ne faire qu’un avec vos Pokémon ? Présentez vous aux sélections à Volucité, et tentez votre chance ! » Killian fixa intensément la brochure, intrigué. Puis il regarda la jeune fille, qui s’éloignait.

- Je te souhaite bonne chance pour la suite… Et si un jour t’as de nouveau une vie de merde, appelle moi… lança-t-elle en grimpant sur son vélo.
- Eh ! Attends ! C’est quoi ton nom ? questionna Killian.
- Melosa. Melosa Grey.


Killian se réveilla en sursaut. « Tchhh… Encore ce foutu rêve… Quand vais-je donc cesser de penser au passé ?! » songea-t-il. « Melosa… »

- Hey ! T’es réveillé ? fit une voix.
- Si… Silver ? fit Killian, dans les vapes.
- Lui-même ! sourit le jeune homme roux.
- Oh… salut… bredouilla Killian en s’empourprant de par la proximité de l’ex-travesti.
- Ca va ? s’inquiéta Silver.
- Pourquoi ça n’irait pas ?
- Ben t’as quand même fait un malaise dans les sources !
- Ah oui, c’est vrai !

Killian se remémora la fameuse scène et rougit encore plus. « Putain Killian, t’es un Echo mondialement connu, pas une tapette qui rougit au moindre mec qui passe… Mais en même temps, c’est Silver dont on parle et il est si… » songea le jeune homme, en proie à un terrible combat intérieur. Finalement il se ressaisit.

- C’est bon, je vais bien, on peut s’en aller.
- Cool ! Au fait Killian, on peut s’entraîner ensemble ? demanda Silver avec une moue dont le but était de paraître attendrissant.

« Ne devient pas rouge comme une tomate, ne deviens pas rouge comme une tomate… » se répétait Killian.

- Euh… Oui, si tu veux… répondit-il en s’apercevant avec horreur que sa voix tremblait.
- Cool ! s’écria Silver. En fait je me sentais un peu seul…Mey va s’entraîner avec Mentaline, Creepy-chan et Nozomi font de même, et Flora et Crystal veulent peaufiner une stratégie en amoureuses… Et je me demandais si on pouvait se faire quelques combats, même si on ne combat pas de la même façon…

« En gros, je suis ton bouche-trou quoi… » soupira intérieurement Killian. Mais il se dit que c’était mieux que rien du tout, et accepta.


- Nous y voilà les amis ! lança la voix de Bleuts.
- T’en fais trop… lui glissa Roku à l’oreille.
- Ta gueule, s’pèce de mioche… marmonna-t-elle entre ses dents. Bon, montons le campement dans la joie et la bonne humeur !
- Ouais… marmonna Kanon, sans aucun entrain.
- … J’parle pas aux tueurs ! lança Kentin.

Ils venaient de marcher pendant une petite heure, dans le but de se rapprocher de Miriarbres. En effet, même s’ils en étaient très proches quelques jours auparavant, la téléportation vers là où se trouvait la dark Kanon les avaient considérablement éloignés de leur but initial.

Ils décidèrent donc de monter le campement dans une petite clairière, loin des sentiers couramment empruntés. Kanon avaient des gestes toujours aussi machinaux, mais très efficaces. Elle fit un feu avec une rapidité déconcertante, sans même se servir de Spouf. Il était d’ailleurs intéressant de noter qu’elle semblait avoir oublié qu’elle possédait un Pokémon, ou alors qu’elle rechignait à s’en servir. Bleuts et Roku se mirent à deux pour installer quelques ficelles destinés à les prévenir si quelqu’un d’approchait. Ils déposèrent leur sac, très lourds, car ils contenaient diverses choses indispensables, dont leurs sacs de couchage – achetés à Mauville avant qu’ils ne sombrent dans l’illégalité. Kentin, lui, ne sachant rien faire de spécial regardait et prenait des notes, se sentant un peu inutile.

- Et voilà ! fit Bleuts avec un air satisfait. Maintenant, allons faire la cueillette, Kanon ! Roku, Kentin, vous pouvez garder le camp ?
- Euh… T’es sure que… commença Roku paniqué.
- Merci Roku ! sourit Bleuts.
- …
- Allons-y Kanon !
- … Si tu veux…

Elles partirent, laissant un Roku désemparé et un Kentin indifférent. « Kanon seule avec Bleuts… Comment elle veut que je m’inquiète pas ?! » pensa Roku.

Cela faisait quelques minutes que Kanon et Bleuts marchaient. Toujours aussi efficace, la brune avait déjà dégoté une bonne dizaine de Baies Sitrus, tandis que la blonde fixait sa misérable Baie Mepo.

- Mais c’est dégueulasse ! Pourquoi c’est toi qui trouve toujours les meilleures ?! s’énerva Bleuts.
- Parce que je veux devenir la plus puissante. C’est mon but dans la vie, je l’ai compris en tuant tout ces gens. Donc je dois réussir à être la meilleure dans absolument tous les domaines, y comprit la cueillette.
- Je vois… Tu veux vraiment être surpuissante, hein ?
- Oui. Et toi, c’est quoi ton but ? questionna Kanon d’une voix morne.
- Mon but ? Euh... Aucune idée ! répondit Bleuts, désarçonnée.
- Donc tu erres pour rien, en fait.
- N’importe quoi… marmonna Bleuts.
- Moi je vis pour devenir la plus puissante. Toi… tu ne vis pas, tu survis.
- …
- De toute façon, je sais que j’ai raison… souffla Kanon.

Bleuts se taisait. Kanon venait de toucher un point sensible. Effectivement, Bleuts n’avait jamais eut de but. Elle vivait pour vivre, parce que mourir était idiot et sans intérêt. Mais c’était seulement la réponse par la réciproque, pas la vraie. Et la vraie réponse, justement, elle ne la connaissait pas. Dans quel but était-elle née ? « Pour vivre » était la seule réponse qui lui venait à l’esprit. Ce qui en soit, était déstabilisant. Bleuts avait remit sa vie en question bien avant beaucoup de personnes, de par la mort de ses parents. A l’age de 9 ans déjà, elle parcourait les sites dédiés aux métiers et à l’orientation, pour se dégoter un but, un objectif qui donnerait un sens à sa vie. En vain.


- Alors Britn-
- Bleuts, coupa cette dernière.
- Oui, Bleuts, excuse moi, se corrigea le psychologue. Tu t’es décidée à venir me parler de tes parents ?
- Pas vraiment. En fait, je veux trouver un but dans la vie.
- Un but dans la vie ? Pourquoi faire ? s’étonna le psychologue.

Bleuts, huit ans, dans le bureau du psychologue de l’orphelinat, M. Robertain. La pièce était toujours la même, à la différence que le pot de fleur cassé par Bleuts deux ans auparavant avait été remplacé par une belle orchidée.

- Je me sens inutile, et je me demande pourquoi je dois vivre.
- Tu sais Bri-, euh, Bleuts, la plupart des gens n’ont pas de vrai but dans la vie.
- C’est nul.
- Comment ça ?
- Quel est l’intérêt de vivre, alors, si on ne veut rien faire de sa vie ?
- Et bien, l’intérêt c’est de vivre pour les personnes qui nous sont proches, de vivre pour elles et avec elles…
- Personne ne m’aime. Et je n’aime personne.
- Dans ce cas, tu dois vivre pour toi-même. Vivre pour vivre, pour avoir une belle vie.
- Comment pourrais-je avoir une belle vie, honnêtement ?
- Je ne sais pas, répondit le psychologue. Si vivre n’est pas une raison suffisante pour toi, alors trouve toi un but à atteindre, n’importe quoi.
- Je ne sais pas. J’ai cherché, mais je n’ai pas trouvé.
- Si. Ton but, c’est de trouver ton but, justement. Et quand tu auras trouvé ton vrai but, alors tu seras devenue une adulte, et tu pourras faire ta vie.
- Je ne comprends pas, marmonna Bleuts.
- Tu comprendra en-
- En temps voulu, je sais, merci pour le cliché… soupira Bleuts en lui coupant la parole. Tchhh… Franchement, ces psychologues, toujours les même discours…

Et elle sortit, laissant tout seul le psychologue en question, complètement désespéré. « Cette fille est un cas incurable, décidément… »



- Mlle Grey ! On ne vous attendez plus ! s’exclama un policier décoré d’une jolie médaille.
- Oui, excusez moi… Il y avait quelques turbulences, et Fly, mon Gueriaigle, était crevé, répondit Melosa, trempée jusqu’aux os.

Elle venait d’arriver au commissariat de Miriarbres. Fly et elle s’étaient posés juste devant, et un policier était venu les accueillir. Une pluie torrentielle s’abattait sur la ville depuis la veille, et la terre était boueuse ; Octobre était là, et l’automne aussi. Melosa suivit le policier à l’intérieur, après avoir rentré le pauvre Gueriaigle dans sa Pokéball. Ils s’assirent dans son bureau.

- Alors, quelle est la situation, Commissaire Brants ? lança Melosa.
- Très mauvaise, malheureusement. Le Gouvernement de Johto est très en colère, Lance Wataru était intenable. Visiblement, ils n’apprécient pas du tout que huit meurtriers ou terroristes - on ne sait pas vraiment - soient en liberté.
- Huit ? fit Melosa en feignant la surprise à la perfection.
- Oui. Justine Hitalia et un dénommé Glenn – on ignore son nom de famille, on pense à un pseudonyme – se sont rajoutés à la liste durant l’attentat de la tour Radio.
- En parlant de ça, il y a eut beaucoup de victimes ?
- Quinze Echoes ont perdus la vie, ainsi que trois policiers. Tous les civils ont pu être évacués à temps. Ca aurait pu être pire, conclut le policier.
- Je vois… Vous avez pensé à l’éventualité selon laquelle il s’agissait d’une grosse organisation, et non d’individus isolés ? proposa Melosa.
- Bien sûr, et cette hypothèse est valable. Mais le Gouvernement ne l’admet pas…
- Logique.
- Et figurez vous que les fourbes ont attaqué deux endroits à la fois !
- Vraiment ? s’étonna Melosa, franchement cette fois.
- Oui, en même temps que l’assaut de la Tour Radio, Silver Soul, Mentaline Weiss et Mey Milkya ont réussi à pénétrer la Scène de Rosalia ! Le Gouvernement est vraiment en colère, c’est pour ça que l’on vous a contacté.
- Je vois. C’est donc la raison de ma présence ici.
- Oui. Le Gouvernement de Johto souhaiterait le soutien de la région Unys. Êtes vous d’accord ?
- Bien sûr que oui, M. Brants. Je voudrais juste un compte rendu actuel de leurs positions, et je repartirais demain matin après une bonne nuit de repos.
- Très bien, merci beaucoup… soupira le commissaire. Donc, Mlle Weiss, Mlle Milkya et M. Soul sont actuellement dans la Scène de Rosalia. Il est inutile de vous en occuper, Killian Heart a réussi à les infiltrer, et nous aurons des informations très prochainement.
- Si Killian est là-bas, je ne peux que lui faire confiance… Continuez.
- M. Jaggerjack, Mlle Pandora, Mlle Hitalia ainsi que ce fameux Glenn, les responsables de l’attentat, sont actuellement à l’intérieur de l’Arène de Doublonville. Selon les sources du Conseil de la Ligue, Blanche aurait passé un message comme quoi ils avaient obtenu le badge, et qu’ils voulaient rester un moment dans l’Arène.
- Logique, ils cherchent un plan pour sortir sans se faire gauler… souffla Melosa.
- Cependant, nous avons un gros indice là dessus, que nous n’avons pas encore exploité. Il s’agit d’un certain Dimy Sevalius, qui aurait quitté l’Arène juste après l’entrée des Chapeliers à l’intérieur.
- Vous voulez donc interroger ce jeune homme… marmonna Melosa.
- Exact. Nous allons sûrement envoyer un policier banal pour cet interrogatoire, donc pas la peine d’y aller.
- Très bien. Et en ce qui concerne les deux restants, Bleuts Prussalia et Kanon Simiophia ?
- Alors là, nothing. Rien. On pense qu’ils sont toujours dans le Bois aux Chênes, mais impossible de l’affirmer. C’est compréhensible après tout, cette forêt fait plus de dix mille hectares… On a bien essayé les Pokémon Psy, mais ils ont tout ratissé et aucun résultat. D’après M. Heart, ils possèderaient un moyen efficace de contrer les attaques Psy. Mais ça reste flou.
- Vous voudriez donc que je mène mon enquête dans le Bois aux Chênes, c’est bien ça ?
- Tout à fait. Si vous parvenez à les trouver, la suite sera d’une simplicité affligeante.
- Très bien. Je partirais demain.
- Encore merci de votre aide, Mlle Melosa. Vous êtes vraiment une femme avec le cœur sur la main, complimenta M. Brants.
- Une femme qui déteste les lèches bottes, oui ! répliqua Melosa d’une voix froide. Je suis crevée. Bonne nuit commissaire.
- Euh… Bonne nuit à vous aussi…

Melosa sortit du commissariat sans plus de procès. Elle se dégota un hôtel à l’air potable, et loua une chambre pour la nuit. Dès qu’elle eut les clés, elle fonça prendre une douche et changer de vêtements. Puis elle donna à manger à sa petite équipe de Pokémon, ravis.

- Et ben putain, quelle aventure… J’ai du mal à prendre parti… D’un côté, les Chapeliers sont des meurtriers, et il est de mon devoir de les arrêter… Mais de l’autre, quand on voit Shuu et Cat, on se dit qu’ils seraient incapables de faire du ma là une mouche… Et puis accuser Justine est inconcevable, elle est si gentille… Mais eux aussi ont quand même tué des gens, avec cette histoire de Tour Radio…

Elle s’allongea sur son lit, fatiguée par temps de questions et de nouvelles.

- Bah, après tout, c’est Killian qui m’a demandé d’être de leur côté. Killian ne trahirait jamais son boulot s’il n’était pas sûr à cent pour cent de l’innocence des Chapeliers. Donc je vais lui faire confiance. Après tout, si je ne peux plus le croire lui, alors je ne dois plus croire personne.

Sur cette réflexion, elle tomba dans un profond sommeil.


- Bleuts… chuchota un jeune homme emmitouflé dans un sac de couchage.
- Qu’est-ce tu me veux, Roku…
- T’as l’air déprimée, alors forcément je m’inquiète… répondit ce dernier.
- C’est rien, laisse tomber…
- Arrête de me prendre pour un con, je sais très bien qu’il y a un truc qui va pas, et ça m’exaspère que t’essaye de le nier ! s’emporta Roku à mi-voix.
- C’est bon, c’est bon… marmonna Bleuts. On va promener ? proposa-t-elle.
- Il est plus de minuit ! s’étonna Roku. Et puis, honnêtement, on va pas laisser Kanon seule avec Kentin, il va se faire déchirer !
- Elle dort comme un bébé… Allez viens ! fit Bleuts en s’extirpant de son duvet.
- Ok, ok… J’arrive…

Ils sortirent tous les deux de leurs sacs de couchage, et se mirent à marcher dans la forêt. Quand Bleuts jugea que Kanon n’avait pas une assez ouïe pour les entendre de là où ils étaient, elle explosa.

- C’est quoi le problème, tu dis ?! Le problème, c’est j’ai l’impression de… De faire tout ça, pour quoi au final ? Pour RIEN !
- Bleuts… murmura Roku, surpris.
- Ca fait trois semaines que je suis dans ce putain de monde, et on est pas plus avancés qu’avant ! Quel intérêt de venir dans le Pokémonde ? AUCUN ! hurla-t-elle. Depuis qu’on est arrivés, on se fait poursuivre, on se fait attaquer, on tente de nous tuer, on est considérés comme des criminels, et on doit en plus tuer notre jumeau si on ne veut pas crever. Et ceci dans quel but ? Aucun. Survivre. A cause d’un petit con dont je ne citerais pas le nom, on devient tous tarés, et on doit quand même se soutenir…
- Je suis là, moi… fit timidement Roku, affligé.
- J’en ai marre ! J’en peux plus ! vociféra Bleuts, les larmes aux yeux. C’est trop… Quand Kanon m’a dit que son but était de devenir la plus puissante, je me suis demandée quel était mon but… Je n’ai pas d’avenir Roku, ni dans ce monde, ni dans le monde Réel ! Je suis une élève absolument nulle en toutes les matières, et dans ce monde je suis vouée à la mort dans presque tous les cas de figure… J’ai un passé de merde, un présent composé de mort et de folie, et un avenir inexistant et incertain ! Mais au moins dans le monde Réel, je suis une fille quelconque. Je ne risque pas constamment ma peau… Je veux rentrer…
- IMBECILE !

Le cri de Roku résonna un moment dans la forêt. Bleuts, stupéfaite, en larmes, le fixa. Il semblait fulminer.

- Imbécile… répéta-t-il dans un murmure. Tu dis ne pas avoir d’avenir, et ben tu sais ce que je te réponds ?! J’en ai encore moins !
- Roku… bredouilla Bleuts, effrayée.
- Non, je ne suis pas en train de devenir taré, merci ! C’est juste que tu m’exaspères… Ok, t’as pas choisi de venir dans le Pokémonde, et t’aurais préféré ne pas le faire. Et ben moi, non seulement on m’a pas laissé le choix, mais en plus, on m’oblige à faire des choses atroces ! Toute ta souffrance, d’où pense tu qu’elle vient ? Des gens comme moi, qui appartiennent à l’Armada Zu, à la solde de M-M ! C’est nous qui avons tué Albert, nous qui avons lancer la police à vos trousses… Et moi, je vis dans le remord depuis une semaine ! Je t’aime, et ça me fait chier parce tu souffre à cause de moi et ma folie, et comme si ça ne suffisait pas, je fait parti de ceux qui t’on pourrit la vie !
- C’est M-M qui… nous a… fait subir tout ça ? tenta Bleuts, hésitante.
- Oui… Mais je n’ais plus rien à voir avec M-M, maintenant… Je ne réponds plus à ses appels, et j’ai enlevé ma montre pour qu’elle ne puisse plus me localiser. Et je veux me racheter, Bleuts. J’ai envie de te rendre heureuse, en te sortant de là au plus vite ! Et pour ça, il faut récupérer Kanon. Ensuite, vous gagnerez vos badges, et la Ligue. Et vous serez libres, et vous aurez une belle vie !
- Et toi ? murmura Bleuts.
- Et bien, je vais faire tout ce que je peux pour t’aider… Mais en ce moment, tu me fais trop chier, à chialer tout le temps ! Putain, t’es Bleuts quoi, la fille qui pourrais faire chialer Chuck Norris avec un simple regard ! Wake up, ta vie elle est pas finie ma vieille ! Alors lève toi, essuie tes larmes, crache par terre et engueule moi comme avant ! J’veux pas d’une Bleuts en mode « de t’façon, on va crever, alors à quoi bon… » !

La tirade type héros shônen de Roku avait figé la pauvre Bleuts, qui ne savais plus quoi penser. « D’un côté, je me dis que de toute façon ma vie est ratée… Mais quand je vois Roku, j’me dis que quelque part, elle est pas si merdique… » songea-t-elle.

Alors elle se releva, et s’essuya les yeux avec le revers de la main. Elle cracha par terre, à l’endroit où ses larmes s’étaient accumulées, avant de mettre une baffe mémorable à Roku.

- Connard…

Celui-ci ne broncha pas. Il eut un petit sourire, et embrassa Bleuts.


- MAIS C’EST DE LA MERDE CETTE ARENE ! hurla Glenn.
- J’avoue, c’est une arène pour putes après tout, il pourrait y’avoir plus de chambres ! renchérit Cat.
- Putain, je vais devoir me coltiner la gamine… soupira Glenn.
- JE SUIS UN MEC ! s’égosilla Shuu.
- Et moi je suis vierge ! rajouta Justine avec un grand sourire.
- Quel rapport ? s’étonna Cat.
- Aucun pourquoi ?
- …
- JE M’EN FOU, JE DORS PAS AVEC CE TYPE ! hurla Shuu en pointant le militaire du doigt.
- Ben pourquoi ?
- PARCE QUE JE LE CONNAIS, IL VA ESSAYER DE M’ETRANGLER PENDANT MON SOMMEIL !
- Merci pour l’idée ! fit Glenn avec un grand sourire.
- Ecoute, fais pas le difficile, c’est ça ou on se fait chopper par des policiers… souffla Cat.
- J’préfère ça que crever !
- Tu crois que ça m’amuse moi ?! Alors que y’a Blanche la bombasse dans les parages, je dois me coltiner ça… soupira Glenn.
- Genre ! Tu t’en fous de Blanche, celle que tu veux c’est Justine ! se moqua Shuu.
- Que- Même pas vrai !
- Mon œil…
- JUSTINE N’EST PAS MON TYPE ! lança le militaire.
- J’ai toujours REVEE d’être un Pokémon de Type Vol… coupa Justine, les yeux dans le vague.
- … Je ne ferrais pas de commentaires… marmonna Shuu, un sourire au lèvres.

Ils étaient donc dans l’Arène de Doublonville, à l’étage plus précisément. Contrairement aux Scènes, les Arènes n’étaient pas du tout faites pour accueillir des gens sur une longue période, mais des normes exigeaient qu’elles aient au moins quelques chambres habitables. En l’occurrence, de chambres, il y en avait deux, et elles étaient composées de deux petits matelas chacune, avec une lampe de chevet et un portemanteau. L’une était destinée aux filles, l’autre aux garçons.

Glenn et Shuu continuèrent à se disputer un moment, mais à 11 heures, la fatigue eut raison d’eux. Alors que Cat et Justine dormaient déjà, ils se couchèrent sans faire de bruit, et s’endormirent aussitôt.

~~~ Intermède~~~


Shuu se réveilla le premier. Il jeta un coup d’œil à sa MeeticMontre, qui indiquait six heures du matin. Avec un soupir, il tenta de se relever, avant de grimacer. Il avait un mal de dos insupportable, le matelas étant si fin qu’il avait l’impression d’avoir dormi par terre. Quand il fut redressé, il se rendit qu’il avait affreusement chaud. La pièce était toute petite, et n’était pas aérée, si bien qu’il faisait une chaleur étouffante. Shuu se leva, et ouvrit au maximum la petite fenêtre. Il remarqua alors le visage endormit de Glenn, qui avait un sommeil de plomb. Un sourire machiavélique se dessina sur la bouche du gamin, et il sortit un feutre noir de sa poche.


~~~ Intermède (n°2)~~~


Cat, Justine et Shuu discutait dans la mini cafétéria – ça aussi c’était exigé par les normes -, quand Glenn débarqua. Encore endormi, il ne s’était pas rendu compte qu’il était affublé d’une belle moustache aux extrémités recourbée, d’un œil au beurre noir factice et d’un signe marquant l’énervement sur la tempe. Quand Cat s’effondra de rire à son arrivée, il ne comprit pas de suite et rougit, gêné. Mais lorsque Justine lui expliqua ce qui n’allait pas sur son visage, le rougissement gêné se transforma en un rougissement de fureur.

C’est ainsi que Shuu se mangea un coup de poing magistral à distance, ce qui le mit K.O. sur le coup. La victoire de Glenn était incontestable, et le gamin bouda longtemps et ne mangea rien au petit déjeuné. Finalement, il s’en alla chercher un livre dans son sac. Justine se leva.

- Bon, je vais prendre une bonne douche, je suis pleine de terre à cause de la tour… Il parait que ça réduit l’espérance de vie ! lança-t-elle avant de monter à l’étage pour prendre sa douche.

Quand elle eut disparut complètement, Cat lança un regard accusateur au jeune homme.

- Gleeeeeeeenn…
- Quoi ?!
- Tu matais son cul ! s’indigna Cat, féministe jusqu’au bout des griffes.
- Mais non ! se défendit Glenn en rougissant vaguement.
- Cherche pas, le seul qui ment à peu près bien ici, c’est Shuu… Tu es amoureux d’elle !
- N’importe quoi ! Qu’est-ce que vous avez tous avec ça ?! s’écria-t-il, piqué au vif. C’est pas parce que je la mate que je suis amoureux d’elle !
- Glenn, on mate une fille quand elle est sexy ! Or, on parle de Justine, la planche à pain avec un cul plat comme une queue de Castorno ! Franchement, le seul truc qui a moins de courbes qu’elle, c’est un cube ! murmura Cat à l’oreille de Glenn, avec un air de conspiratrice.
- … Je viens de me rendre compte que t’es une vraie garce, Cat !
- C’est pas vrai ! Seulement, je déteste qu’on se foute de ma tronche ! J’en n’ai pas l’air comme ça, mais je suis pas non plus débile. Et puis c’est pas un crime de pas avoir de formes ! ajouta-t-elle.
- Encore heureux, tu serais déjà en prison depuis longtemps… marmonna Glenn.
- Et après, c’est moi la garce…
- …
- …
- …
- … Va parler à Justine.
- Quoi ?!
- Dit lui que tu l’aimes à la folie, que tu veux vivre ta vie avec elle, que vous êtes faits l’un pour l’autre et que tu la protégeras de ta vie s’il le fallait ! encouragea Cat.
- N’importe quoi ! En plus c’est pas vrai…
- Allez, lance toi !
- Mais tu rêves ! Je suis pas amoureuse d’elle, merde à la fin ! hurla Glenn. Elle est pas belle, elle est pas sexy non plus, elle est pas du tout mon type et elle est complètement conne ! Comment pourrais-je l’aimer ? s’égosilla-t-il.
- … Si là, on entend un sanglot et qu’elle a entendu tes dernières phrases, alors l’auteur est un connard extrêmement prévisible ! ricana Cat, d’humeur railleuse.

Un sanglot s’échappa de la cage des escaliers, suivit d’un bruit d’une personne qui s’enfuit en pleurant.

- …
- …
- …
- … Dire que l’auteur perçoit un salaire pour écrire des conneries pareilles…
- On s’en fout, il faut que j’aille la consoler ! C’est bien ça qu’ils font dans les shojos, non ?
- … Dépêche-toi, couillon ! lança Cat, blasée.
- OUI CHEF, scanda Glenn en se mettant au garde à vous, avant de partir à la poursuite de Justine.
- … Les jeunes homes sont de plus en plus idiots… Et après on s’étonne que j’aime les vieux !



Shuu lisait. Enfin lisait sans lire. Il connaissait déjà le livre, de toute façon. Il s’agissait d’un livre intitulé « La Déclaration », qu’il avait amené du monde Réel. Dans ce bouquin, tout le monde est immortel. Sauf qu’on n’a pas le droit de faire d’enfants. Les enfants qui naissaient malgré tout, étaient traités comme des misérables, ou pire, parfois éradiqués. Leur seul crime était d’être né. Ce qui rappelait pas mal de souvenirs à Shuu, généralement pas très agréables.



- Mon chéri ! C’était bien à l’école ?
- Génial. J’ai eu 20 sur 20 en dictée… marmonna un jeune homme, la quinzaine.
- Mais c’est parfait mon chéri ! Vient voir maman !

Le jeune homme fut étouffé par sa mère. Shuu, dans son coin, mangeait silencieusement son goûter. Son frère, Tyson, vint s’asseoir à côté de lui. Le grand frère lança un sourire rayonnant au petit, qui ne le lui rendit pas. Shuu était très jeune, sûrement âgé de 7 ans.

- Et moi, maman, tu ne me demande pas combien j’ai eu à mon coloriage ?
- … Je t’écoute…
- J’ai eu Très Bien ! fit fièrement le petit garçon.
- C’est bien. Passe moi le Nutella, s’il te plait.
- …

Alexandra, la mère de Shuu, n’avait d’yeux que pour Tyson. En même temps, comment lui en vouloir ? Tyson était tout simplement parfait. Grand blond bien bâtit mais pas trop, extrêmement intelligent, gentil comme un ange et populaire à souhait, il avait tout d’une caricature de la perfection. Tout le monde l’adorait, et il semblait adorer tout le monde.

Tyson avait une petite amie resplendissante extrêmement gentille, qui rendait jaloux tous les autres garçons de son âge. Il excellait en français, en anglais, en japonais, en espagnol, en chinois, en mathématiques, en histoire, en géographie, en SVT, et même en technologie. Il était également le plus rapide, celui qui sautait le plus haut et celui dont les muscles faisait pâlir ses camarades. Il avait un sens artistique surdéveloppé ; il était un virtuose au piano, à la flûte traversière, au violon, à la guitare électrique et à la batterie. Lui trouver un défaut relevait de l’exploit.

Ainsi, il semblait tout naturel que sa mère, riche milliardaire, soit fière de lui. Il avait ce qu’il voulait, quand il le désirait. Mais il n’en tirait pas avantage, préférant rester modeste avec l’argent, ce que sa mère trouvait admirable. Et Shuu, dans tout ça, était le gamin chétif et banal, qui décevait tout le monde par sa nullité. Sans cesse accablé de reproches, de « ton frère aurait fait mieux », il en avait vraiment marre. Il ne comprenait pas pourquoi ses parents étaient si méchants avec lui.

Ce qui était sûr en revanche, c’est qu’il haïssait profondément son frère.


Shuu referma le livre d’un geste brusque, énervé de s’être remémoré ça. Mais il avait beau lutter contre, de nouveaux souvenirs affluaient. Il jura, et s’allongea sur son lit inconfortable.

Hôpital psychiatrique. Shuu, seul, âgé de 9 ans, dans une chambre colorée. A sa fenêtre, il voyait des adolescents, voir des adultes, qui hurlaient des paroles incompréhensibles tout en jouant au football de façon minable. Il s’agissait de fous. Shuu était comme eux, fou. Enfin, ça, c’était ce que disaient les médecins. Lui, il se sentait différent des autres. Là où les fous normaux (pouvait-on vraiment parler de normalité ?) mangeaient de la terre et jouait à qui pisse le plus loin, le jeune homme lisait tout ce qui lui passait sous la main. La plupart du temps, il s’agissait de traités de psychologie chourés aux médecins. Il s’allongeait sur son lit d’hôpital, et lisait toute la journée.

Mais ce jour-là, la porte s’ouvrit sur un médecin.

- Shuu, vous devoir sortir dehors, sinon vous devenir malade ! fit le médecin en mimant ses dires avec ses mains.
- C’est bon, je suis pas trisomique non plus, vous pouvez me parler normalement… répliqua Shuu, énervé. Je ne veux pas sortir.
- C’est mauvais de rester enfermé !
- Vous n’aviez qu’à pas m’enfermer là dedans, je vous dis que je regrette vraiment ce que j’ai fait et que je suis aussi sain d’esprit que vous ! Laissez moi sortir de cet asile !
- Pas temps que nous ne serrons pas sûrs que vous êtes parfaitement rétabli. Et maintenant, sortez faire un foot avec les autres.
- Faire un foot avec des tarés, non merci. Mais je peux venir lire dehors, si vous voulez.

Le médecin sembla hésiter, mais acquiesça finalement. C’est ainsi que le Shuu âgé de 9 ans se retrouva adossé contre un mur, à lire un livre de Freud. Alors que les fous n’arrivaient pas à taper dans un ballon.

« Tchhhh… Franchement, qu’est-ce que je fais ici ? Je ne suis pas fou… Ce sont eux les fous. Eux, ils sont dangereux, lâchés en pleine nature. Moi pas. Je suis sain d’esprit, je peux réfléchir posément, sans m’embrouiller. Je suis intelligent, et j’ai une bonne mémoire. Je suis normal, pas fou ! Normal… Oui, parfaitement normal ! » pensa-t-il, un sourire aux lèvres.

L’ennui, quand on est fou, c’est qu’on est toujours persuadé que ce sont les autres, les tarés. Mais ça, Shuu ne le savait pas… et ne le sait toujours pas, d’ailleurs.


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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:02, édité 3 fois
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MessageSujet: Chapitre 25 : Réunion de famille   Mer 28 Déc 2011 - 15:27



Grande pièce. Une seule table, parfaitement décagonale. Sur la table, des papiers. Autour de la table, des poufs rouge sang. Dix, plus précisément. Et au-dessus, sur un trône en inox qui flottait dans les airs grâce à un champ magnétique, se trouvait Mista Meetic, plus connue sous le nom de M-M. Elle semblait très heureuse. Seulement quatre personnes étaient attablées et regardaient silencieusement la jeune femme. Il s'agissait de San, d'une jeune fille avec un air de bad girl, d'un grand homme qui fumait une cigarette d'un air nonchalant et d'un androgyne aux cheveux noirs plutôt longs. Tous semblaient enfermés dans un mutisme général. Mista se racla la gorge du haut de son fauteuil volant, et prit la parole.

- Armada Zu ! Je vous réuni aujourd'hui pour vous faire part d'un bilan de notre situation actuelle, et d'une excellente nouvelle ! lança Mista d'un ton enjoué.

Il n'y eut aucune réaction. Comme à son habitude, Mista avait revêtit un masque ainsi qu'un déformateur de voix pour ne pas être découverte.

- Il est vrai que vous n'êtes pas au complet, et c'est en partie ma faute, je l'admet bien volontiers... Avant toute chose, je demande une minute de silence pour Hachi, Kyû et Jû, qui nous ont quitté ! fit-elle, avec un air faussement attristé qui ne trompait personne.

Il était parfaitement inutile de demander le silence, vu que celui-ci régnait déjà en maître. M-M se tut pendant quelques secondes, et décréta que la minute de silence était passée.

- Bon... Exposons la situation actuelle. Jû, numéro 10, Kyû, numéro 9 ainsi que Hachi, numéro 8 ne sont plus de ce monde. Cet imbécile de Roku, numéro 6, ne répond plus à aucun de mes appels secrets, et laisse éteinte sa MeeticMontre. Il semble évident qu'il nous ait trahis. Sa punition sera la mort, bien évidemment. Soit il rentre dans le Monde Réel, et on le tue, soit il reste là-bas et mourra le délais des 3 semaines passées.

Cette fois, un frisson discret parcourut l'assistance. Même si la plupart faisait partit de l'élite de l'armée de M-M, ils restaient avant tout des êtres humains. Mista continua.

- Go, numéro 5, quant à lui, s'est fait soi-disant confisqué sa MeeticMontre. Je n'y crois pas le moins du monde. Lui aussi nous a trahi, et le problème c'est qu'il a tué son Jumeau Spirituel. Donc s'il décide de rester dans le PokéMonde, il ne pourra pas recevoir son châtiment... Notez ! Si vous croisez Go, tuez-le !
- Bien reçu ! fit la petite assemblée d'une même voix.
- Bien. Ichi, le numéro 1, est actuellement absent. C'est parfaitement normal, il est en train de prendre le contrôle de la police de Johto, et il aura bientôt réussi. Il ne reste donc que vous, Nana...

La jeune femme à l'air revêche se leva avant de s'incliner devant M-M. Ses cheveux roux étincelaient, et ses yeux verts semblaient passer les gens aux rayons X. Elle était vêtue d'un jean déchiré par endroits, ainsi que d'un T-Shirt moulant surmonté d'une veste en jean grande ouverte. A ses oreilles pendaient deux petites boucles d'oreilles bleues ressemblant à des larmes. Cette apparence belle et gracieuse tranchait avec son visage qui semblait avoir été taillé à la hache, tant il était rude et peu avenant.

Elle se rassit brutalement sur son pouf, pendant que Mista continuait l'appel.

- Yon... fit-elle.

L'androgyne se leva, et effectua une courbette gracieuse. Vêtu d'une tenue plutôt banale composée d'un pantalon en toile blanc ainsi que d'un sweat-shirt, il était impossible de vraiment définir son sexe. En effet, il - ou elle - avait un visage de poupée en porcelaine, tellement il était beau et sans défaut. Ses cheveux noirs contrastaient avec la blancheur de son teint, et ses yeux étaient froids, distants. Yon se rassit avec une délicatesse infinie, comme s'il avait peur de faire mal au pauvre pouf écarlate.

- Notre cher San... Toutes mes condoléances, au passage ! ajouta Mista avec un grand sourire.

San se leva. Lui ne souriait pas du tout, contrairement à son habitude. Ses dents étaient serrées, et il semblait se retenir de sauter sur Mista pour lui refaire le portrait. Cette dernière sembla le remarquer, et le gratifia d'un sourire narquois parfaitement visible, même à travers son voile.

- Et enfin, Ni...

Le dénommé Ni, lui, ne se leva même pas pour saluer M-M. Il restait assit, les pieds sur la table, une clope à la main et un regard dédaigneux. Il avait des cheveux châtains coupés courts, et était habillé tel un Lord anglais, avec la canne en moins. Mais son attitude faisait clairement comprendre à Mista qu'il ne voulait pas lui obéir. Pire même, c'était comme si un écriteau « Je hais M-M ! » était collé sur son front. Celle-ci n'en teint pas compte, et reprit sa tirade.

- Vous êtes donc les derniers agents de l'Armada Zu, et pour cet exploit, je vous félicite. Vos efforts ont été récompensés ! En effet, moi, M-M, vient de capturer cette chère Midona Milkya ! s'exclama-t-elle, comme si elle était au comble du bonheur.
- Youpi ! fit la jeune femme rousse, sarcastique. Et ça fait quoi ?!
- Cela fait, ma chère Nana, que l'ADN que nous avons si longtemps cherché est entre nos mains ! Midona est la sœur de Mey, elle même descendante de William Worldest... Le sang de ce dernier coule dans ses veines, et elle possède donc le droit de voyager entre les monde ainsi qu'un délais d'un an et demi pour tuer sa Jumelle Spirituelle ! Fit fièrement M-M.
- Sauf qu'elle ne remplit pas forcément toutes les conditions...Et qu'il faut forcément qu'elle aille dans l'autre monde pour que ses gènes s'activent... fit remarquer Yon, l'androgyne, avec une voix grave qui laissait présumer qu'il s'agissait d'un homme.
- Exact, Yon, bonne remarque. En fait, il ne lui manque que deux conditions, peut-être même qu'une seule... Mais dans le doute, je vais activer les deux.
- De quelles conditions s'agit-il ? Questionna le type blasé, Ni.
- Les plus dures, évidemment... A savoir être la cause directe ou indirecte de la mort d'une personne, et d'avoir déjà vu la mort en face.
- Si elle les remplit, elle pourra voyager entre les mondes ?
- Oui. Et une fois là-bas, l'un de vous lui prendra un de ses cheveux. Et ensuite, vous la donnerez à Ichi, expliqua M-M. Ainsi, nous aurons un ADN activé prêt à l'emploi, et conquérir l'Omniscient sera d'une simplicité affligeante ! S'emballa M-M avec un rire démoniaque.
- Je vois... marmonna la rousse.
- Je vais donc vous assigner vos missions respectives. Yon, je veux que tu t'occupes de Midona. Fait-lui remplir ses deux conditions, part avec elle dans le Pokémonde, récupère sa mèche de cheveux, envoie la moi et ensuite donne la gamine à Ichi. C'est compris ?
- Mouais.
- Bon. Ni, je te confie le soin de faire les préparatifs pour le déménagement du quartier général. Trouve nous un endroit suffisamment grand à Doublonville pour qu'on puisse s'y installer. Tu pars maintenant.
- J'y vais... soupira Ni avant de se lever et de quitter la salle.
- Nana, ta mission à toi est de nous trouver des partisans. Essayent de rallier quelques personnes haut-placée dans la société de Johto, de préférence qui sachent se battre. Et tente de nous dégoter quelques Echoes ou Dresseurs, ça pourrait servir... Toi aussi, tu pars maintenant.
- Bien reçu.

La rousse se leva, et partit nonchalamment. Il ne restait plus que Yon et San dans la pièce.

- Et quant à toi, San... Trouve-moi Go, et tue le.
- ... Je veux tuer Killian Heart, cracha le blond.
- Je te l'interdis. Bien qu'il soit visiblement de leur côté, c'est un infiltré à la solde des flics... Et quand nous aurons pris le contrôle de la police, un atout tel que Killian sera non négligeable.
- Tch...
- Vas-y ! Et toi aussi Yon.
- Très bien...

Les deux partirent, laissant Mista seule. Celle-ci eut un petit soupir, avant d'éclater d'un rire démoniaque.

M-M venait de passer à l'action, pour de bon cette fois. D'ici maximum deux ans, elle deviendrait la maîtresse de l'Omniscient. C'était une évidence.


Dimy marchait tranquillement en direction de la sortie Nord de la ville. Le badge de Doublonville en poche, il avait donc trois badges, ce qui le rendait très fier. Dimy n'était pas un dresseur d'exception, soyons francs. Ses Pokémon n'étaient pas super forts, il n'était pas non plus un pro de la capture, ni un modèle de bravoure. Au contraire, il avait attendu une demi-douzaine d'années avant de partir à l'aventure. D'un naturel paresseux et solitaire, partir en voyage initiatique signifiait qu'il devait parler à des gens, et il ne supportait pas ça.

Pour Dimy, les gens étaient une énorme source d'ennui. Il n'aimait pas leur parler, les écouter, ou même les voir. Du coup, il insultait tout le monde. Ainsi, personne ne venait l'embêter.

Alors qu'il avait cette pensée, il aperçut au loin un Luxray lancé au triple galop, qui fonçait dans sa direction. Quand il fut plus proche, il remarqua qu'un jeune policier était perché sur le dos du Pokémon, à la manière d'un cavalier sur son cheval. Le Pokémon électrique se stoppa juste devant lui, et le policier en descendit. Il était plutôt bien bâtit, et avait un visage bienveillant bien qu'un peu intimidé, sûrement parce qu'il débutait dans le métier. Ses cheveux bruns bouclés étaient coupés courts, et il avait un grand nez aquilin. Il était assez comique de remarquer que sa tenue était flambante neuve, et que son T-shirt dépassait de dessous sa veste.

- Bonjour, je m'appelle Rentoraa Fireman, je suis un policier venu vous interroger ! Lança-t-il d'une traite, mal assuré.
- ... Fireman ? Et vous êtes policier ? C'est débile ! ricana Dimy, qui n'avait retenu que ça.
- J'y peut rien, c'est l'auteur qu'il faut blâmer pour incohérence scénaristique... Bref, je répète, je suis venu poser quelques questions.
- Fais chier, ch'uis vraiment obliger d'y répondre ? Soupira le jeune homme.
- Ben, c'est ça ou vous êtes en état d'arrestation pour refus de coopération envers les forces de l'ordre... Après, je dis ça, je dis rien, hein...
- Non, c'est bon, je crois que je vais répondre ! Sourit Dimy, bizarrement beaucoup plus amène tout à coup.
- Bien. Je vous offre un verre, qu'on puisse discuter tranquillement ? Proposa Rentoraa avec un sourire.
- ... Pourquoi mon hétérosexualité est TOUT LE TEMPS remise en question ?!

~~~ Intermède~~~

Un des nombreux Starbeurk Coffee de Doublonville. Dimy et le policier, confortablement assis dans des sièges, venaient de se prendre un Milk-Shake chacun.

- Bon, je commence ! Bredouilla Rentoraa en sortant un bloc-notes.
- J'vous écoute... marmonna Dimy, qui s'ennuyait déjà.
- Où étiez vous hier après midi, au moment de l'attentat de la Tour Radio ?
- Mon Dieu, THE question typique quoi ! Enfin, faites preuve d'un minimum d'originalité ! S'écria Dimy désespéré.
- Désolé...
- ET EN PLUS IL S'EXCUSE ! VOUS ETES UN POLICIER, OUI OU MERDE ?!
- Oui, je suis bien un policier ! Mais je n'ai eut mon diplôme que très récemment, j'ai bossé comme un fou pour l'obtenir... Et aujourd'hui c'était ma première vraie mission, alors j'étais tout stressé, et j'ai tenté une entrée classe qui a foiré, et... énuméra le jeune flic, bredouillant.
- Non mais je m'en fous de votre vie, hein, y'a pas marqué psychologue...
- ...
- Bref. Continuez.
- Je disais que je voulais savoir ce que vous faisiez hier dans l'aprem !
- Et ben voilà, c'est déjà mieux... Et pour la question, ben j'étais à l'arène de Doublonville en train de battre la pute qui sert de championne... Je la hais celle-là...
- Il ne faut pas exagérer non plus, ses tarifs sont largement abordables, hein... marmonna Rentoraa.
- ...
- Vous avez vu d'autres personnes dans l'arène ?
- En comptant les types venus pour une partouze ou pas ?
- Sans les compter.
- Ben, ouais, y'avait quatre personnes... Un petit con prétentieux, une fille avec des cheveux noirs, une autre qui avait l'air complètement débile, et un type putain de baraqué qui faisait la sieste.
- Il s'agissait de Chapeliers.
- ... Génial, l'un de mes ennemis est un tueur, champagne ! Lança Dimy, sarcastique.
- Il n'y a rien de drôle ! Vous êtes effectivement en danger, et vous détenez de précieuses informations pour la police ! Ils avaient l'air dangereux ?
- Pas vraiment... Plus idiots que dangereux, je dirais... Bien qu'ils prétendaient avoir pété la Tour Radio, je croyais qu'ils plaisantaient... Je n'aurais jamais su qu'ils étaient des meurtriers s'y tu me l'avait pas dit...
- Je suis un policier, merci de me vouvoyer ! S'empourpra Rentoraa.
- Quel snob... marmonna Dimy.
- ... Ils avaient l'air de transporter beaucoup de choses ?
- Si j'ai bonne mémoire, il s'agissait de simples sacs de couchage...
- Ils vous ont agressé ?
- L'un d'eux, en quelque sorte, mais c'était plus une joute verbale qu'une agression...
- De qui s'agissait-il ?
- D'un type avec les cheveux noirs, en tenue banale... Et une tête de gamin.
- Shuu Jaggerjack donc... Et les autres, physiquement ?
- Y'avait une fille avec lui, pas très grande, cheveux noirs, plutôt pas mal, avec des cheveux en vrac et un serre-tête avec des oreilles de chat. J'imagine que c'était Cat Pandora... Et après, y'en avait une avec des grandes lunettes carrées, des cheveux bruns super lisses et longs, et... une poitrine quasi-inexistante.
- C'est bien ce que je pensais, Justine Hitalia... Et le dénommé Glenn devait être avec eux...
- Glenn c'est le type costaud ?
- Oui. Et sinon, il se dirigeait vers où ?
- Aucune idée, je suis parti avant eux, alors bon... En tous les cas, ils voulaient le badge. Surtout Shuu.
- Je vois... Nous avons reçu des infos venant de Blanche, et ils auraient obtenu le badge à la loyale. Mes supérieurs pensent qu'ils tentent de s'innocenter par l'héroïsme national, en gagnant la ligue Pokémon... Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'un tel crime ne peut pas être lavé avec cette technique.
- Oui, c'est bien beau tout ça, mais en fait je m'en fous un peu des Chapeliers... Je peux m'en aller ? Questionna Dimy, gavé.
- Oui. Juste une dernière chose : faites attention à vous, ils vont peut-être chercher à vous supprimer... fit Rentoraa avec un air grave.
- C'est ça... Merci pour le Milk Shake !

Et Dimy s'en alla, laissant Rentoraa comme un couillon, seul devant son Milk Shake aromatisé à la fraise.


Shuu broyait du noir. Allongé sur son matelas inconfortable, il ne parvenait pas à réprimer le flot de mauvais souvenirs qui s'abattait sur lui.


- Putain, quelle horreur, un gamin produit à un avenir si radieux... Quelle tristesse !
- Dire que c'est son frère qui l'a tué...
- Les gamins de nos jours sont vraiment horribles... Et le pire c'est que le frère n'a même pas pleuré après coup, un vrai robot !
- Effrayant... Il était peut-être forcé par une mafia !
- J'en doute. Si la mafia voulait tuer quelqu'un, elle ne passerai pas par un gamin de huit ans...
- Vous avez raison...
- N'empêche, voilà qui ne vas pas arranger la famille des Jaggerjack !
- C'est le fils de cette famille de riches ?!
- Oui ! Je n'ai jamais compris pourquoi on disait la famille des Jaggerjack alors que le père porte un nom qui n'a rien avoir avec ça !
- C'est la mère, il paraît, qui porte ce nom... C'est elle qui possède toute la fortune familiale !
- Je vois...

Il s'agissait de deux infirmières qui discutaient dans l'hôpital psychiatrique. Shuu venait d'y être transféré suite au meurtre de son frère Tyson. Il écoutait aux portes, et était profondément affligé par ce qu'il entendait. Les gens le détestait, c'était une évidence, et ça lui faisait mal. « Il n'empêche que c'était nécessaire... Je devais le tuer, je n'avais pas le choix... Pour exister, il fallait que je le tue. Et puis, désormais, je suis célèbre ! » songeait Shuu lorsqu'il entendait une conversation de ce type.

Soudain, les infirmières ouvrirent la porte, renversant le petit garçon alors âgé de 7 ans au passage.

- Mon Dieu... Vous que faire ici ?
- Moi emmerder vous, grognasse !

Et il s'enfuit en courant, laissant en plan les deux jeunes femmes, choquées.

Plus tard, il se maudit de ce geste. En effet, Shuu n'était pas fou. Il était donc légitime qu'il puisse sortir. Or, il fallait d'abord convaincre le personnel pour enfin s'échapper de cet asile, et les insulter n'était pas forcément la bonne démarche. Il se fit alors la promesse de devenir le petit garçon modèle qui regrette amèrement son acte.


« Je me demande vraiment pourquoi ils me prenaient pour un fou... Je suis un mec normal, après tout ! Il était tout à fait légitime de tuer mon frère, vu qu'il m'empêchait d'exister ! » songeait Shuu, plongé dans ses pensées. « Il était dangereux, il faisait exprès de me faire broyer du noir ! Il voulait me tuer, j'ai juste était plus rapide que lui ! »

Soudain, Shuu vit une ombre traverser furtivement sa chambre. Alarmé, il se releva d'un bond. Il mit une main sur la Pokéball de Goinfrex, au cas où. Alors qu'il effectuait une rotation complète pour retrouver la trace de l'ombre, il crut voir quelque chose bouger dans son dos. D'un bond, il se jeta dessus.


Monde Réel, sur l'archipel des Iles Paradis. Alexandra, Mickael, Alice ainsi que Midona étaient dans leur bulle de verre, prisonniers. Cela faisait maintenant un jour et demi. Ils étaient certes nourris, mais Alexandra, habituée à la bonne nourriture, était d'humeur exécrable. Elle tempêtait contre la terre entière, insultant son fils, insultant son mari. Alice commençait à saturer.

- JE LE HAIS, CET ABRUTI ! Si seulement il avait était plus gentil avec Shuu, on n'en serait pas là... VA TE FAIRE FOUTRE, ENCULE DE CYRIL ! hurla-t-elle.

Alice se releva soudainement, comme frappée d'horreur, fixant Alexandra. Celle-ci lui jeta un regard méprisant.

- Quoi ? Vous voulez ma photo ?
- Vous... Vous avez dit Cyril ? bredouilla Alice.
- Oui, Cyril, c'est le nom de mon mari, figurez vous, vieille peau ! Cyril Rangiku, qu'il s'appelle mon mari...
- Cyril... Rangiku... murmurra Alice, tétanisée.
- Un problème, Mme Pandora ? s'étonna Mickael.
- UN PROBLEME ? UN PROBLEME VOUS DITES ?! OH, A PEINE, CETTE FEMME EST JUSTE LA SALOPE QUI M'A PIQUE MON MARI ! explosa Alice.

Il y eut un grand silence. Alice fulminait. Elle qui était toujours douce, elle venait de disjoncter. Son regard était si haineux qu'Alexandra sembla se ratatiner sous la puissance.

- Cette femme, est celle pour qui mon mari m'a quitté ! Et elle a l'audace de se présenter devant moi ! hurla Alice.
- Je... Je ne savais pas ! Et puis, même, Cyril est mon mari maintenant, il est bien plus heureux avec moi ! riposta Alexandra.
- Mon cul oui, il reste parce que vous avez de l'argent ! Je le connais, c'est six ans de mariage qu'il a foutu en l'air, que VOUS avez foutu en l'air ! Je vous hais, grognasse !
- Je n'y suis pour rien ! s'écria Alexandra. C'est votre faute, vous n'aviez qu'à naître riche !
- Non mais écoutez la, l'autre ! genre on choisit comment on nait, mais je vous emmerde, espèce de grosse snob !
- Je ne suis pas grosse, conasse !
- Vraiment ? Quand je vous ai vu, j'ai pensé : « Mon Dieu, une baleine échouée sur la plage ! », cracha Alice, haineuse.
- SALOOOPE ! JE COMPRENDS POURQUOI IL VOUS A QUITTE, VOUS ETES UNE SORCIERE !
- IL M'A QUITTE PARCE QUE VOUS L'AVEZ APPATE AVEC VOTRE ARGENT !
- IL VOUS A QUITTE PARCE QUE J'ATTENDAIS UN ENFANT DE LUI ! explosa Alexandra.

Cette déclaration eut l'effet d'une bombe. Alice, soufflée par la puissance de l'explosion, tomba à genoux, dévastée, tandis que Midona et Mickael se taisaient tétanisés par la joute entre les deux femmes.

- Et oui ! Shuu Jaggerjack est le fils de votre mari !
- Non... Impossible...
- Et pourtant vrai ! Trois mois après son départ, j'ai accouché de ce gamin médiocre ! C'était mon fils, mon fils que j'avais eut avec votre mari ! Il avait beau être nul, maladroit, idiot et frêle, je l'aimais ! ET CE CONNARD A TUE MON AUTRE FILS !
- Shuu... Est un tueur... ? bredouilla Mickael, semblant enfin se ressaisir.
- IL A TUE SON FRERE ! IL A TUE TYSON, TOUT CE QU'IL ME RESTAIT DE MON EX-MARI ! JE HAIS SHUU ! JE LE HAIS CE CON !
- Pourquoi le rechercher dans ce cas ? intervint Midona, calme comme à son habitude.
- Parce que j'ai peur de lui... bredouilla Alexandra. Il est fou... Il veut tuer tout ce qui le gêne... Il a tué Tyson, il n'hésiterait pas à faire de même pour moi si j'étais méchante avec lui... gémit-elle.

Alice ne disait rien, détruite, pendant qu'Alexandra s'effondrait, en pleurs. Mickael regardait la scène, à la fois choqué et peiné. Midona gardait son air froid, mais elle n'en était pas moins chamboulée de l'intérieur.

- Il est allé à l'asile... Il en est sorti... Toujours le même, inchangeable... Il est effrayant... J'ai envie qu'il reste dans cet autre monde, j'ai envie qu'il y reste, et ce pour toujours ! La raison principale pour laquelle nous voulions le retrouver, Cyril et moi, c'est qu'on voulait le mettre en prison pour de bon... S'il est dans une autre dimension, qu'il y crève...
- Pas question ! s'écria Mickael. Ma fille est là-bas avec ce fou dangereux, je vais aller la sauver !
- Vous êtes emprisonné, vous ne pouvez rien faire... fit remarquer Midona.
- Peu importe, je vais casser cette vitre !

Alors qu'il allait se jeter dessus, la porte de la pièce s'ouvrit en grand. Un androgyne aux cheveux noirs entra, et lança :

- Qui est Midona Milkya ?
- C'est moi, répondit froidement la concernée.
- Très bien petite, suis-moi sans faire d'histoires.
- Je vous obéirai.
- C'est bien. Dit au revoir à tes amis.
- Au revoir, fit-elle mécaniquement, sans même regarder les « amis » en question.

Et elle s'en alla à la suite du type, laissant derrière elle deux femmes détruites et un homme impuissant.


- Justine, attend !

Glenn lui courrait après. Elle montait les escaliers quatre à quatre, et l'arène étant très haute, l'ascension n'en finissait plus. Justine finit cependant par atteindre la porte de la chambre des filles, et s'y enferma à double tour. Le militaire arriva juste après et tomba sur la porte fermée. Il avait envie de la démolir d'un coup de poing, mais il se ravisa en songeant que ça n'était pas super glamour.

- Justine, désolé pour tout à l'heure, c'était pour que Cat me lâche les basques !
- Va t'acheter un cœur, enculé ! Lui répondit la voix de Justine à travers la porte.

Glenn fut un instant choqué d'entendre la jeune fille prononcer une insulte, mais il n'abandonna pas pour autant.

- Je suis vraiment désolé, tout est de ma faute... Je pensais pas ce que je disais en plus !
- ...
- T'es une fille sympa, et ta naïveté est super mignonne, sérieux ! D'autant plus que je t'ai menti, j'aime pas forcément les grosses poitrines, c'était juste pour t'énerver... Excuse moi... bredouilla Glenn.
- ... C'est déjà mieux.

Justine ouvrit la porte. Elle était dans un état pitoyable. Les yeux rougis et brillants de larmes, elle était essoufflée après avoir couru dans les escaliers. Elle fixait Glenn dans les yeux, l'air de dire « Je t'ouvre, mais je te pardonne pas pour autant, enfoiré ! » Le jeune fille l'invita à entrer, et il la suivit. Puis, elle s'assit dans un coin, et se remit à pleurer. Le militaire ne savait pas quoi faire. Il avait passé la moitié de sa vie à l'armée, l'autre moitié dans un camp d'entraînement intensif pour tueurs. Autant dire que son expérience en relations humaines était quasiment nulle. Néanmoins, il avait lu dans un bouquin que quand une fille pleurait, il fallait s'asseoir à côté d'elle et lui faire un câlin.

C'est ce qu'il fit, du coup. Surprise, Justine rougit violemment. Elle eut vite fait de se ressaisir, et se remit à pleurer comme une madeleine. Affolé, Glenn lui tendit un mouchoir, mais visiblement le livre qu'il avait lu datait du XVème siècle, et ce qui y était dit n'était plus d'actualité. Il décida d'improviser.

- Écoute, Justine, je ne vois pas pourquoi tu pleures, sérieusement. Si tu me dis pourquoi tu pleure, j'irais chercher sur Wikipédia comment je dois réagir et ainsi, la conversation avancera ! Fit fièrement Glenn.
- ... T'as autant de tact qu'une cuillère à café, c'est fou... soupira Jusine, désespérée.
- J'ai dit un truc qui fallait pas ? S'étonna le militaire.
- A peine ! Railla la brune. T'aurais du me dire que tu me trouvais super belle et super gentille, genre la fille parfaite...
- Je n'aime pas mentir aux gens... marmonna Glenn d'un ton sarcastique malvenu.
- ... « Je vais le tuer, je vais le tuer ce connard.... » songeait-elle.
- Bon, je suis désolé, très sincèrement. Et comme je tiens à toi, j'aimerais beaucoup savoir pourquoi tu es si triste, alors que je me suis excusé...
- Pourquoi je pleure ? Oh, c'est simple, le type que j'aime vient de me dire qu'il me haïssait, à part ça, rien de grave ! Fit Justine, ironique.

Gros blanc dans la chambre. Glenn accusait le coup, tandis que Justine le regardait, savourant son embarras.

- Tu... Tu peux répéter ? Bredouilla-t-il.
- J'ai dit que j'étais... amoureuse de toi...
- Le truc c'est qu'en fait... J'crois que moi aussi je t'aime, asséna Glenn difficilement.

Deuxième gros blanc. Cette fois, c'est Justine qui venait de prendre un coup. Elle qui voulait se venger en le faisant culpabiliser, c'était raté si ses sentiments étaient réciproques. Glenn, lui, était rouge comme une pivoine. Alors, lentement mais sûrement, il se rapprocha d'elle et l'embrassa.

(ndla : Après Cendrillon-Bleuts et le Prince Roku, voici Glenn-Ken et Barbie-Justine ! HAPPY END WITH THE CHILDREN, YEAAAAAAH !)

Justine enlaçait totalement Glenn, qui embrassait passionnément la jeune fille. Puis, soudain, il sembla se rendre compte de ce qu'il faisait et se dégagea de l'étreinte. Justine, surprise, le regarda.

- Ben quoi ? S'étonna-t-elle.
- Ben quoi ?! J'viens de faire du détournement de mineur putain, je suis un criminel de la pire espèce, que l'on me brûle, je ne mérite point d'être militaire ! S'écria-t-il, théâtral.
- ... J'ai 16 ans !
- On est majeur à 18 ans je te rappelle !
- Peut-être mais j'étais consentante !
- Même... c'est mal... J'ai pas la conscience tranquille... marmonna Glenn.
- Pfff... T'es débile !
- Mais non ! 'fin, je sais pas mais je suis un adulte quoi, et t'es encore une lycéenne !
- En gros, tu me trouve trop gamine pour toi ! S'emporta Justine.
- Mais non, je crois que... je t'aime mais... Je peux pas !
- On dirait Edward de Twilight... marmonna Justine.
- ... Me dit pas que t'as lu cette merde !
- C'est pas le sujet ! Et puis moi aussi je suis tiraillée... Je pensais être amoureuse de Melosa, j'ai l'impression de la trahir en tombant amoureuse de toi...
- T'es gouine ?!
- On dit LESBIENNE, connard ! Et non, je ne suis pas lesbienne à 100% , c'est juste que j'aime Melosa quoi... Donc je suis bi en quelque sorte !
- Moi je suis hétéro ! Fit fièrement Glenn avec un air suffisant.
- Si tu le dis... Mais tu vois, t'es pas le seul à être gêné par cette situation ! Lança-t-elle.
- T'es bizarre Justine, d'habitude, t'es... fofolle et un peu débile, mais là t'es... Cassante !
- Je sais être sérieuse quand il le faut. En l'occurrence, pendant un combat Pokémon, ou quand j'ai une discussion amoureuse, expliqua-t-elle.
- T'as déjà eu une discussion amoureuse ? Questionna innocemment Glenn.
- ... Là n'est pas le sujet. La question, c'est : « Est-ce qu'on doit se mettre ensemble ? »
- Où est-ce que t'as vu qu'on devait se mettre ensemble ? S'étonna le jeune homme.
- Ben on s'aime tous les deux...
- ... et on a tous les deux un niveau merdique concernant les relations amoureuses... termina Glenn avec un soupir.
- Raison de plus pour se mettre ensemble !
- J'ai une certaine dignité, je ne m'abaisserais jamais à sortir avec une adolescente... marmonna Glenn.
- Parce que tu crois que c'est valorisant, pour moi ? Ça fait genre la soumise qui s'est mise avec un type adulte parce qu'elle était en manque de sexe !
- C'est vrai, t'es en manque de sexe ? S'étonna le militaire.
- Mais non... soupira-t-elle. En plus, je m'imagine pas faire des trucs avec un mec, je trouve ça gore...
- ... S'pèce de coincée...
- Tu peux parler, Monsieur j'embrasse-pas-les-jeunes-vierges-effarouchées !
- T'es chiante avec tes « monsieur »... Et puis t'as vraiment un balai dans le cul !
- Ah parce que monsieur veut coucher, en plus ?!
- Tu recommence...
- Mais ta gueule ! Hurla-t-elle.

CRAAAC !

- Gné ?
- Gnéééééééé ?!
- S'passe quoi ?
- Comme tu veux que je le sache, abruti ?!


Shuu venait de se jeter sur... un portemanteau. Étonné, il se demanda vaguement si l'objet n'était pas possédé par un esprit malveillant. « Mieux vaut prévenir que guérir... » songea-t-il, avant de le briser en deux avec un fracas assourdissant. Soulagé, il reposa les deux morceaux par terre, pensant avoir éradiqué le mal. Mais alors qu'il avait cette pensée, il aperçut la lampe bouger imperceptiblement. Il décocha un énorme coup de poing dedans, et l'ampoule se brisa en mile morceaux.

Dès lors, tout sembla se mettre à bouger. L'armoire, la chaise, tout. A grands coups de pieds, Shuu parvint à détruire tous les recoins où la bête noire pouvait se cacher. La chambre était dans un état lamentable, tous les meubles étaient en morceaux. Il entendit alors des bruits de pas dans le couloir. Il ouvrit violemment la porte, brisant la poignée au passage, et alors qu'il allait sauter sur ce qu'il pensait être l'agresseur, il tomba nez à nez avec Cat. Celle-ci recula d'un pas, effrayée.

- Sh... Shuu ?

Il avait un visage terrifiant. Ses cheveux en vrac, ses habits en lambeaux après sa lutte contre un ennemi inexistant, ses yeux où brillaient une lueur de folie, ses multiples plaies, son sourire carnassier... Autant de raisons qui forçaient Cat à ressentir de la peur.

Cependant, dès l'instant où Shuu aperçut la jeune fille, son visage retrouva un air normal. « Merde... Elle a toujours peur... Vite Shuu, trouve un truc ! » Alors, il se mit à pleurer. De grosses larmes se formèrent au coin de ses yeux noisette, et il éclata en sanglots. Surprise, Cat s'affola, tandis que Justine et Glenn accourraient.

- Shuu, ça va ? s'inquiéta la neko.
- Non... gémit-il. J'ai trébuché sur le portemanteau, et je me suis cassé la tronche... Et en essayant de me relever, je me suis pris l'armoire sur la tête... J'ai mal ! bredouilla-t-il.
- Comment tu t'es démerdé pour foutre la chambre dans un état pareil ?! s'étonna Glenn en jetant un coup d'œil à l'intérieur.
- Ce petit con de Greens a voulu en rajouter une couche en me balançant la lampe... marmonna Shuu, tout en sachant parfaitement que c'était un coup bas pour son Pokémon.
- Greens a fait ça ?! s'étonna Cat.
- C'est un monstre ce truc, Bleuts à côté, c'est un ange ! Mais bref, vous auriez pas des sparadraps, je saigne un peu beaucoup là...
- Oh mon Dieu, effectivement ! s'exclama Cat, découvrant la plaie du jeune homme.
- Garde ton sang dans un flacon, si un jour tu meurs et qu'on veut te ressusciter via un rite africain, on en aura besoin ! fit remarquer Justine.
- Merci, mais ça ira...

Alors qu'il laissait Cat penser ses blessures, Shuu eut un petit sourire. « Cette chose noire est dangereuse, il faut que je me méfie d'elle... Et de Cat, Glenn et Justine, aussi. S'ils découvrent mon passé, ils vont vouloir me tuer... Et à aucun pris je ne dois me faire tuer... Heureusement, ils sont tellement faciles à berner que ça en devient presque ennuyant... Les médecins, eux, avaient un bac psychologique, le challenge était plus amusant... »

Absorbé par ses pensées, Shuu ne remarqua pas que Glenn et Justine se tenaient la main. Cat, elle, l'avait tout de suite remarquée, et son sourire resplendissant montrait qu'elle en était ravie.


Abbaye Shisme de Rosalia. Une jeune femme, habillée d'une longue robe noire aux manches blanches, d'un serre-tête bleu nuit et de chaussures en cuir invisibles sous ses vêtements. Les yeux marron, les cheveux noirs coupés dans un carré parfait, elle était le parfait prototype de la religieuse carabinée. Elle croisa une autre personne, qui l'accosta.

- Bonjour Sœur Chapy. Vous vous portez bien ?
- A merveille, ma chère Sœur Shana. Le Godmishuu Tout Puissant a bon cœur, cette année.
- Je ne peux que vous approuver. Bénissons le Tout Puissant.
- Oui, Amen-le-café.
- Amen-le-café.

Les deux Bonne Sœurs joignirent leurs mains, et firent une prière silencieuse. Sœur Shana était une petite femme rousse, avec des yeux orangés magnifiques. Elle semblait extrêmement stricte, tout comme Sœur Chapy. Celle-ci reprit la parole.

- J'espère que Père Kohei va mieux... Cela fait maintenant trois jours que la fièvre le gagne...
- Il s'en sortira, les hommes sains d'esprits dépucelés sont bénis par le grand Godmishuu.
- Vous avez raison Sœur Shana, comme toujours. Mais ô Godmishuu Tout Puissant, bénissez Père Kohei pour que sa maladie soit annihilée par votre souffle divin et lumineux... Amen-le-café.
- Oui, Amen-le-café.

Et les deux refirent une prière silencieuse, avant de se diriger toutes les deux vers la chapelle. Il était l'heure des chants. Elles rejoignirent les autres Sœurs, et entonnèrent :

Godmishuu Tout Puissant
Bénissez les gens
Du plus frêle au plus grand
Dévirginisez les vierges
Dépucelez les puceaux
Et que brûlent ces cierges
Que leur fumée monte là haut
Là où vous gouvernez le monde
D'une main de maître.
Ô seigneur, répandez votre onde
Nous, Messies, feront naître
Ce qui vous est dû,
Votre Royaume,
Blanc comme un cul,
Blanc comme nos cœurs sur lequel vous mettez du baume.
Seigneur, acceptez ces modestes louanges
Et que votre noble âme
Soit touchée par nos larmes
Que vos magnifiques anges
Avec leurs ailes d'argent
Fasse pleuvoir sur nous
Nous qui sommes à genoux devant vous,
Des montagnes de sous.

Amen-le-café.



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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 26 : Bouquet de roses   Mer 28 Déc 2011 - 15:46



- Bonjour et bienvenue, mes chers téléspectateurs ! Je suis Sangriaz, 23 ans, pas une seule ride, je présente les concours Pokémon ! Aujourd'hui, nous sommes réunis pour le concours le plus renommé de tout Johto... Celui qui ramène le plus de coordinateurs talentueux chaque année... Celui qui a reçu la palme du concours le plus célèbre... J'ai nommé... Le concours de ROSALIA !

Applaudissement dans l'immense salle. En coulisse, Mey, Mentaline, Flora, Crystal, Nozomi, Creepy-chan, Listina et Mathi stressaient. Toutes voulaient gagner. Mais la compétition s'annonçait plus que rude, surtout si c'était le concours le plus célèbre de tout Johto.

Dans les gradins, Silver et Killian attendaient la suite des évènements. L'Echo portait des lunettes de soleil énormes pour cacher ses yeux et une partie de son visage, de sorte à ce que des fans ne lui sautent pas dessus. Quant à Silver, le fait qu'il soit en mec suffisait à le faire passer incognito. Sangriaz continua.

- Très bien, commençons dès maintenant ce concours avec les deux premières candidates ! Considérées comme l'une des Teams les plus dangereuses, l'une étant Top Coordinatrice de Johto et l'autre ayant participé aux très renommés Grand Festivals de Kanto et Hoenn... J'ai nommé la Team Rainbow, composée de Crystal Legend et de Flora Mirajane ! Applaudissez les bien fort !

Ovation dans le public. Crystal et Flora s'avancèrent, main dans la main. Leur main libre respective lâcha une Pokéball, d'où sortirent un Feuforêve et un Braségali. Crystal et Flora dirent d'une même voix :

- Bonjour public adoré ! Etes-vous prêts ?

Un « Oui ! » général s'éleva des gradins, suivit d'applaudissements. Les deux coordinatrices hochèrent la tête, et commencèrent.

- Braségali... Capoeira Enflammée ! lança Flora.
- Feuforêve, Rafale Psy et Zenith ! ordonna sa conjointe.

Braségali entama une danse ressemblant à un art martial. Les coups fusaient dans le vides, puissants, enflammés, et gracieux. Pendant ce temps, Feuforêve dirigeait son attaque rafale Psy... Sur le toit de la Scène. Bizarrement, celui-ci semblait comme... mou. Puis, comme s'il était passé à l'état liquide, le toit s'ouvrit comme une fleur vers l'extérieur. Le soleil pouvait désormais passer, et la salle se mit à baigner dans la lumière puissante de Zenith. Le jury était complètement soufflé par ce tour de force a priori irréalisable.

Pendant ce temps, la danse de Braségali avait gagné considérablement en puissance. Des petites boules de feu fusaient en tout sens, projetées du bout des membres du Pokémon. Puis il s'arrêta et fut rejoint par Feuforêve.

- Déflagration à répétition, Braségali !
- Feuforêve... Psyko !

Braségali cracha trois jets de flammes surpuissants, qui furent contrôlés immédiatement par Psyko. Se forma alors un gigantesque dragon de flammes, qui volait doucement au dessus du public. Perchés sur des minis dragons, Feuforêve et Braségali, eux, filaient à grande vitesse à travers la salle. Le Pokémon feu effectuaient des acrobaties spectaculaires, tandis que le spectre enchaînait des Rayon Gemme qui illuminaient la Scène tout entière.

Le public au complet était subjugué devant cette prouesse pyrotechnique. Le jury avait la mâchoire qui pendait. Dans les coulisses, Mey, Mentaline, Mathi, Creepy-chan et même Nozomi étaient impressionnées. Killian, dans les gradins, prenaient des notes, histoire de faire de même avec son Arcanin et son Seleroc.

Flora et Crystal avaient un sourire resplendissant. Elles ordonnèrent le final.

- Braségali... Stratopercut !
- Feuforêve, Psyko encore !

Braségali effectua un saut magistral, et vint frapper violemment l'immense dragon, qui implosa en quelques milliers de minuscules cœurs de flammes, qui atterrirent dans les mains de chaque spectateur présent, avant de disparaître complètement.

Les applaudissements éclatèrent, assourdissants. C'était du grand art, et le public l'avait bien vu. La Team Rainbow faisait l'unanimité. Flora et Crystal rappelèrent leurs Pokémon, et saluèrent la foule en délire.

- Eh bien dit donc ! Quel début époustouflant ! Mais quel sera l'avis du jury ? D'ailleurs, j'ai oublié de vous le présenter ! Nous accueillons aujourd'hui M. Contesta, M. Suzuki, l'infirmière Joëlle... Mais pas seulement ! Exceptionnellement, nous recevons le très célèbre Drew Flowers !

Un jeune homme dans le jury se leva et salua la foule. Habillé d'une chemise blanche et d'un pantalon noir, il avait un air infiniment classe. Son visage fin, encadré de ses éternels cheveux verts, était d'une grande beauté. Il se rassit sous les applaudissements, et fut le premier à prendre la parole.

- Flora... Ca faisait longtemps, poupée ! fit-il avec un clin d'œil. Tu veux toujours pas sortir avec moi, depuis tout ce temps ?

Dans les coulisses, un « BONK » indiqua que Mey et Mentaline venaient de tomber à la renverse.

- C'EST MA COPINE OK, L'APPROCHE PAS, BATARD ! hurla Crystal, en rogne.

Blanc dans la salle. Personne n'osait insulter le grand Drew, en temps normal. Crystal s'en aperçut, et se mit à ricaner nerveusement.

- Calme toi, Crystal... soupira Flora.
- Désolée... bredouilla-t-elle.
- Donc Drew, d'une, je suis lesbienne, de deux, je suis casée, de trois, t'es censé me noter, abruti ! lança Flora.
- Pfff... Ben 100 points, je suis obligé d'admettre que c'était grandiose et parfait, même si ça me fait mal de dire ça à la copine de Flora...
- J'ai un prénom !
- Bref... M. Contesta ?
- Même chose que vous, mon cher M. Flowers. 100 points. S'approprier à ce point le terrain, combiner une telle puissance à une maîtrise parfaite... C'est de l'art.
- Bien d'accord avec vous ! lança M. Suzuki. Je ne met cependant que 85 points, car j'ai trouvé dommage que Braségali use d'attaques à distance, pour lesquelles il n'est pas censé être doué, et pour l'usage quelque peu abusif de CT. Mais sinon, c'était exceptionnel, bravo.
- Pas trop mal... Mais bon, c'des gouines, donc 50 ! Cette race de gens devrait être détruite sérieux, quelles porcines... lança l'infirmière Joelle.
- CONASSE !
- ESPECE DE PUTE MAL FRINGUEE !
- HOMOPHOBE DEVERGONDEE !
- SALOPE DE GOTHIQUE !

Silver et Killian venaient de se lever et bombardaient d'insultes l'infirmière. Crystal et Flora se regardèrent, intriguées mais heureuses qu'on les défendent. Sangriaz, désarçonnée, tenta de les rappeler à l'ordre.

- S'il vous plait messieurs, un peu de calme !
- DU CALME ?! C'EST DE LA DISCRIMINATION ! hurla Silver.
- JE PLUSSOIE ! renchérit Killian.
- Gardes, choppez les ! lança Joëlle.
- Vous savez qui je suis ? questionna Killian.
- Pas vraiment... cracha l'infirmière.
- Je suis Killian Heart, alors fermez votre grande gueule et excusez-vous où je vous carbonise ! grogna Killian.
- ...
- Envoyez la pub, bordel, c'est du direct ! hurla Sangriaz au producteur.
- Killian Heart ? Je m'en contrefous ! lança l'infirmière.
- Vos propos sont discriminatoires et doivent donc être punis par la loi, infirmière Joëlle ! répondit-il en sautant pour atterrir face à elle. Vous êtes en état d'arrestation !
- Mon cul oui ! Nanméouïe... Ultralaser !
- Ridicule ! Arcanin !

Le Pokémon sortit de sa Pokéball, et ferma les yeux. La main de Killian s'enflamma, et il contra le rayon avec une facilité déconcertante. Le public était étonné de voir une telle confrontation eu beau milieu de l'un des évènements les plus importants de tout Johto. Le jury semblait plutôt approuver Killian. Drew se leva gracieusement, et envoya un Maskadra, tandis que l'infirmière sortait cinq autres Nanméouïe.

- ULTRALASER A CINQ !
- Maskadra... Vent Argenté !
- Mangez ça ! lança Killian.

Le Maskadra ralentit considérablement les rayons, et Killian se chargea de s'en débarrasser avec une Déflagration. Puis, il ensuqua l'infirmière du revers de la main. Elle s'effondra, et elle fut emmenée par des flics sur ordre de l'Echo. Mais elle était résistante. Elle se réveilla presque aussitôt et tenta de s'échapper. Heureusement, les policiers parvinrent à la maîtriser.

- C'est dégueulasse, les arrestations sont interdites dans une Scène ! brailla-t-elle.
- Seulement pour les Coordinateurs, les Dresseurs et les Echoes, désolé de vous l'apprendre ! fit Killian avec un sourire qui fit tourner de l'œil les filles du premier rang.
- CONNARD ! hurla l'infirmière avant de disparaître par la porte.
- Désolé pour l'interruption, continuez Sangriaz ! lança l'Echo avec un clin d'œil.
- Euh... O- Oui donc... bredouilla Sangriaz, rougissante. Oui donc je disais, l'infirmière Joëlle ne faisant plus partie du jury, les notes sont sur 300 ! Donc cela fait 285 points ! lança-t-elle fièrement – elle avait prit des cours de maths particuliers. Félicitations à la Team Rainbow !


Yon, suivit de Midona, entra dans une énième salle du laboratoire de Mista. Celle-là était plutôt petite comparée aux autres, mais restait imposante. Tous les murs étaient occupés par des cages qui s'entassaient jusqu'au plafond. Midona s'aperçut alors avec horreur qu'il s'agissait d'êtres humains. Ils gémissaient misérablement, comme des animaux. Affreusement maigres, il y en avait de toutes sortes, de l'enfant à la vieille grand-mère décharnée. Quand Yon passa la porte, toutes les personnes se recroquevillèrent au fond de leurs cages, terrorisés.

- Voici le stock d'humains de la Meetic Organisation ! fit fièrement la voix grave de l'androgyne. Ils sont très utiles ! Généralement on s'en sert pour s'entraîner à la torture, mais ils ont pleins d'autres utilités ! Réparer le labo, servir de kamikazes, cobaye d'expériences chimiques...
- C'est horrible... marmonna Midona, sans se départir de son air froid.
- N'est-ce pas ? fit Yon avec un grand sourire. Bref, choisis-en un, j'ai pas toute la journée...
- Pourquoi faire ? questionna Midona.
- Pour le tuer, évidemment ! répondit l'androgyne, comme si c'était logique.
- ...
- Allez ! Grouille !
- Et si je refuse ? demanda Midona en regardant le jeune homme dans les yeux.
- Si tu refuses ? C'est simple, j'en choisirais un pour toi !
- Dans ce cas je refuse.
- Très bien ! Je choisis...

Il scruta la pièce. Les femmes se mirent à hurler et à cacher leurs enfants derrière leur dos, tandis que les hommes, plus courageux, s'approchaient pour sauver leur famille. Les vieux tremblaient comme des feuilles, les gamins pleuraient à chaudes larmes. Yon, amusé par tant de cérémonie pour un simple meurtre, faisait bien exprès de longer chaque cage pour voir frissonner ses occupnts. Finalement, il revint au niveau de Midona, tétanisée, et... fit la « ploum ».

- Ploum, ploum ! A-li-ba-ba ce se-ra toi au bout de trois ! Un, deux trois !

Son doigt s'arrêta sur un jeune homme, la vingtaine. Grand, cheveux marron, yeux ambrés, il ne tremblait même pas. Yon eut un sourire carnassier, avant de sortir des clés de sa poche et d'ouvrir la cage du malchanceux. Celui-ci en sortit sans opposer de résistance, et s'assit sur la chaise posée en plein milieu de la salle, devant Midona et Yon.

- Quel est ton nom ? questionna l'androgyne.
- Marvin.
- Eh bien Marvin, tu vas mourir ici, des mains de cette jeune fille ! lança Yon en désignant Midona.

Il lui tendit un revolver. Midona le récupéra, tentant de lutter contre ses tremblements. Doucement, elle le pointa vers le crâne du jeune homme qui baissait la tête, résigné. Le silence était total, même les enfants avaient arrêté de pleurer. Tout le monde avait les yeux fixés sur cette jeune fille, 13 ans à peine, qui s'apprêtait à tirer sur un type a priori innocent.

Yon semblait s'amuser beaucoup. Posté à côté de Midona, il attendait patiemment qu'elle daigne appuyer sur la gâchette. De son côté, la jeune fille ne savait pas quoi faire. Lentement, elle fit sauter le cran de sécurité.

- Allez, tire ! jubila Yon. Qu'est-ce que tu att-
- Ne bougez plus. Libérez les tous, et il ne vous arrivera rien.

Revirement de situation. D'un geste vif, Midona avait attrapé les deux bras du numéro 4, et le canon du revolver était maintenant posé sur sa tempe. Surpris, Yon n'avait rien vu venir, et était maintenant en mauvaise position. Au moindre geste - il le savait grâce à sa froideur -, cette fille n'hésiterait pas le moins du monde à lui faire un joli trou dans le crâne. Midona, elle, était parfaitement calme.

- Donnez moi les clés. Et que ça saute.


- Après cette prestation époustouflante, c'est maintenant au tour de Mathi Punkette ! Elle s'est reconvertie dans les concours après une défaite en demi-finale de la ligue Sinnoh ! Elle possède un ruban à son actif, voyons ce que ce que cela va donner !

Mathi, l'air hautaine, s'avança lentement sur la scène. Toujours habillée gothique, sa robe noire striée de rouge et ses mèches la rendait à la fois belle et lugubre. Après une gracieuse courbette, elle lança en l'air deux Pokéball. En sortirent un Roserade et un Noctali.

- On commence ! Balle Météo et Balle Ombre, combo de l'éclipse solaire ! lança-t-elle.

Roserade forma une Balle Météo, qui, sous l'effet du Zenith lancé par la Team Rainbow, se transforma en un soleil miniature. Noctali, lui, créa une Balle Ombre de taille démesurée. Les deux attaques fusionnèrent pour former un soleil entouré d'énergie sombre qui s'éleva dans le ciel, avant de retomber et imploser en une vague à la fois sombre et lumineuse. L'effet produit était très beau. Mathi n'en resta pas là.

- Notali, Vibrobscur !

Alors que Roserade effectuait un triple salto arrière, une onde obscure se répandait sous les pieds du Pokémon ténèbres.

- Le final ! Vampigraine aérien !

Roserade larda le terrain de petites graines qui s'enfoncèrent dans le sol. Mais il ne se passa rien, et Roserade retomba aux côtés de Noctali. Le public était proprement déçu, s'attendant à quelque chose de grandiose après la magnifique prestation de Flora et Crystal.

Mathi, elle, avait ce petit sourire méprisant qui la caractérisait. Elle claqua des doigts. Des roses noires jaillirent alors du terrain, colorées par le Vibrobscur de tout à l'heure. C'est au milieu de ce jardin à la fois beau et sombre que saluèrent Roserade et Noctali, accompagnés de leur dresseuse, sous les applaudissements nourris du public.

- Et bien, quel final ! Mais voyons ce qu'en on pensé les juges !
- Excellent, tirer parti du Zenith placé par la team Rainbow, c'était extrêmement astucieux... Cela mérite amplement 80, pour ma part ! sourit monsieur Contesta.
- Je serais moins enthousiaste que vous, mon cher Contesta, fit monsieur Suzuki. C'était beau mais sans plus, un 60 pour moi.
- Vous êtes sérieux ?! Mais c'était juste FA-BU-LOUS, merde quoi ! s'écria Drew, des étoiles dans les yeux. Mon âme charitable et amoureuse des roses t'offre un généreux 90 !
- Ce qui fait donc... Dieu merci, y'a que des zéros... 8+6+9, 23... 230 ! Bravo à elle !

Elle revint en coulisse avec un air hautain. Nozomi la félicita, mais elle ne la regarda même pas et alla s'asseoir seule dans un coin. Sangriaz annonça le tour de Listina. Celle-ci fit une prestation acceptable mais pas exceptionnelle ; elle obtint quand même 190 points. Divers coordinateurs passèrent ensuite, mais aucun d'eux n'avaient le niveau de Mathi et encore moins celui de la team Rainbow.

- Et maintenant, connue pour sa puissance impressionnante alliée à une maîtrise proche de la perfection ainsi que pour sa prestation grandiose à Sentiernelle, voici Nozomi Devil, aussi appelée Princesse des Ultralasers !

Nozomi débarqua lentement sur la scène, luttant contre ses 50 kilos en trop. Elle atteint enfin la place qu'elle voulait, et envoya son Avaltout suivit de son Brouhabam.

- Hello everyone ! sourit-elle.

En coulisse, tout le monde à l'exception de Flora, Mey et Mentaline poussa un « Heiiiiiin ?! ».

- Qu'est-ce qu'elle a dit ?! s'étonna Creepy-chan.
- Ben elle a dit « Bonjour tout le monde », c'est tout ! s'exclama Mentaline, surprise d'être une des rares à comprendre.
- Tu parles Hoennien ?! fit Flora, étonnée.
- Hoennien ? N'importe quoi, c'est de l'anglais ! dit Mey.
- L'anglais ? C'est quoi ça ? Non, c'est de l'Hoennien, j'en suis sûre, je suis originaire de là-bas, informa Flora.
- Ceux d'Hoenn parlent une langue différente ? s'étonna Mey.
- Pas tout à fait. En fait, Hoenn étant tout le temps en conflit avec l'Union Pokémon - Johto, Unys, Kanto et Sinnoh -, les habitants de Hoenn parlent leur propre langue. Néanmoins, dans les faits, les habitants d'Hoenn parlent couramment le Hoennien ainsi que le Pokémonien, car si on veut voyager, on est obligé de connaître cette langue, expliqua Flora.
- Okkkkk... Et c'est pour ça que plein de personnes ont regardé bizarrement Drew tout à l'heure, parce qu'il parlait Hoennien ! fit remarquer Mentaline.
- Voilà ! Mais où, vous avez appris à le parler où ?
- Euh ben...
- Regardez ! lança Mentaline, sauvant Mey d'une situation gênante.

Nozomi venait en effet de commencer à agir. Elle avait ordonné à son Avaltout d'avaler Brouhabam, sous les yeux étonnés voire outrés du public.

- Brouhabam, Megaphone !

C'est là que se fut comique. Avalatout commença à gonfler, gonfler, gonfler encore... Jusqu'à devenir aussi gros qu'une maison de taille normale. Et sans prévenir, il explosa dans un énorme feu d'artifice. Le public était choqué, croyant que l'Avaltout était vraiment mort. Mais non, il apparut dans le feu d'artifice, et retomba aux côtés de Brouhabam. L'attaque Clonage. Le public était scotché.

- Avaltout, Bombe Beurk ! Brouhabam, avale moi ça !

Avaltout projeta une Bombe Beurk haut dans le ciel. Elle retomba dans la bouche du Brouhabam. Celui-ci se concentra. Et alors, de toutes les orifices présentent sur le corps de Brouhabam se mirent à sortir des énormes bulles violettes, qui se répandirent dans la salle.

- C'est partit ! s'exclama Nozomi.

Les deux Pokémon, qui à première vue parraissaient lourdauds et lents se mirent à bondir de bulle en bulle avec une vitesse tout bonnement hallucinante. Ils rassemblaient en fait toutes les bulles en une seule, au centre de la Scène. La bulle, une fois finie, était grosse comme cinquante Nozomi. Brouhabam et Avatout se trouveaient à l'intérieur.

- Double Ultralaser !

Avaltout cracha un rayon violet surpuissant, tout comme Brouhabam, bien que le sien soit rose. C'est alors que l'attaque rebondit sur les parois de la bulle ! Les rayons fusaient, en tout sens, changeant peu à peu la forme de la chose violette. A la fin, quand les Ultralasers magnifiques s'estompèrent, la bulle avait désormais la forme d'un Drew géant plus vrai que nature. Puis la bulle explosa, déversant une pluie rosâtre qui créa un magnifique arc-en-ciel, combinée au soleil.

Elle eut droit à une standing-ovation, et obtint exactement la même note que la Team Rainbow, soit 285 points.


- Te donner les clés ? marmonna Yon.
- Oui. Je n'hésiterais pas à vous tuer et à vous les prendre, si vous refusez, fit froidement Midona.
- Je refuse.
- ...
- Allez-y, tirez, ma chère Midona.
- ...
- Vous n'en avez pas le courage... Vous êtes tellement faible...
- TAISEZ VOUS !

Elle tira. Il y eut une forte détonation. La balle avait atteint le mur. Mais Midona n'avait pas touché Yon. Elle s'étonna, et se retourna. Il était là, souriant. Il avait réussi à se libérer et à passer derrière Midona en une fraction de seconde seulement. Il éclata de rire, faisant tournoyer le trousseau de clés autour de son index.

- Je ne suis pas numéro 4 pour rien... Je suis l'homme le plus rapide qui soit. Vos minables balles sont trop lentes pour pouvoir m'atteindre.
- ... Vous êtes une personne horrible.
- Je sais. Tirez sur Marvin. Dépêche-toi.
- Vous me vouvoyez où vous me tutoyez ?! lança Midona, exaspérée.
- Peu importe ! Je fais ce que je veux ! Maintenant tirez. De toute façon, si vous ne voulez pas le faire, je tuerais toutes les personnes présentes ici jusqu'à vous daignez tuer l'un deux. Alors évitez des morts inutiles, et tuez le.
- Vous me vouvoyez, donc !
- Jeune fille, ma patience a des limites.
- Très bien.

Elle pointa le pistolet vers Marvin, et tira sans hésiter une seule seconde. La balle l'atteignit en pleine tête et son corps inerte s'effondra par terre. Le sang gicla légèrement. Midona regardait froidement le cadavre, tandis que Yon se léchait les babines.

- C'était magnifique, chère Midona ! J'en suis tout émoustillé ! jubila-t-il.
- Si vous le dites. Bon, je fais quoi maintenant ? lança-t-elle froidement.

Elle paraissait assurée, mais il n'en était rien. En vérité, elle se retenait de vomir à grand peine. « Je n'avais pas le choix de toute manière... Il allait être tué de toute façon, et si je ne l'avais pas fait, d'autres personnes seraient mortes. Et en plus, j'ai un atout en poche. En me faisant passer pour une insensible sadique, il va peut-être m'apprécier davantage, et je pourrais alors lui échapper et libérer tous ces gens... » Mais Yon lui indiqua de le suivre. Ils se retrouvèrent alors dans une pièce où Midona était déjà allée.

La salle de transfert.


- Connue pour ses combos lugubres et son match spectaculaire de demi-finale à Sentiernelle, veuillez accueillir la talentueuse Creepy-chan !

Surprise dans l'assistance. Creepy-chan était habillée... d'une robe de mariée. D'un blanc éclatant. Sauf qu'il y avait des tâches de sang dessus. Dans la main droite, elle tenait un couteau. Dans la main gauche, elle tenait une fausse tête d'homme tranchée. Elle éclata d'un grand rire sadique, et arracha les deux yeux de la tête devant une assistance médusée. Il se révéla que les yeux étaient des Pokéball, qui libérèrent Shion l'Ossatueur et Satoko qui avait évolué en Togetic.

- BONJOUR, Ô MORTELS DONT LE DESTIN EST DICTE PAR OYASHIRO SAMA ! QUE PAR SA GRANDEUR, MES POKEMON PUISSENT INVOQUER UNE ARMEE D'OSSEMENTS !

Alors qu'elle prononçait c'est mot, Togetic s'envola, tandis que l'Ossatueur semblait se concentrer. C'est alors que des os sortirent de terre et s'assemblèrent en pleins de squelettes de la taille d'un humain normal. En fait, Togetic usait de ses pouvoirs psychiques pour les contrôler, tandis que Shion les empêchaient de retourner dans la terre. Satoko le Togetic lâcha alors un nuage de pompom, comme ceux utilisés pour le cheerleading, et les squelettes en attrapèrent deux chacun. Creepy-chan sortit son éternel poste et appuya sur play. La musique mondialement connue, Tik Tok de Ke$ha démarra.

Les squelettes se mirent alors à remuer en rythme le bassin, sous l'œil tout bonnement stupéfié des spectateurs. Ils se placèrent en triangle, effectuant chacun une rondade suivit d'un flip avant. Deux squelettes en projetèrent un qui fit un double salto, tandis que les autres préparaient les bases de la pyramide. Creepy-chan orchestrait tout ça avec son couteau de cuisine, et Shion faisait de même avec son os. Togetic, lui, faisait pleuvoir des Balles Ombres autour des squelettes pompom girls. Le public était conquis.

- ON FINIT TOUT CA, AU NOM D'OYASHIRO-SAMA ! REUNIFICATION EN MEGA-SQUELETTE !

Tous les minuscules ossements fusionnèrent alors et devinrent trois squelettes de quatre mètres de haut. La musique changea. Vous voyez la danse du clip ? Et ben voilà, les squelettes faisaient la même chose. D'abord la corde à sauter, puis ils se mettaient « en position », avant de faire une petite rotation à l'espagnole. Puis ils mimaient une mitraillette. Avec Ball'Ombre, Togetic créait les balles qui s'échappaient des doigts des squelettes. Et ils recommençaient, inlassablement.

- STOP ! hurla Creepy-chan. MESDAMES ET MOUSSIERS ! LA DANSE QUI VA ARRIVER, C'EST LA DANSE DE JEAN DE PAUL SUIVIE DE LA DANSE DE TI-EST-CONTENT !

Les squelettes firent la chorée, alors que les spectateurs riaient aux éclats. Puis ils refirent la corde à sauter, la position, la rotation, la mitraillette... Et ainsi de suite. Pour le final, Ossateur fit éclater les os en petits os, et il se mit à jongler avec avant de les avaler, sur le dos de Togetic.

Une terrible clameur éclata dans l'assistance. Tout le monde était mort de rire. Creepy-chan salua. Elle obtint 240 points de la part du jury, et revint dans les coulisses.

- T'as été GE NI ALE Creepy-chan ! fit Mey, qui se tenait toujours les côtes.
- J'avoue, c'était hilarant ! ricana Mentaline.
- OYASHIROOOOOOO-SAMA ETAIT LA ! C'EST POUR CELA QUE J'AI ROXEE DU BOUDIN, MWAAHAHAHAHAHA !


Yon et Midona se trouvaient dans la salle de transfert. Plutôt grande, une sphère creuse en verre au centre, des lits d'hôpital et diverses seringues sur le côté. L'androgyne s'approcha d'une machine à l'air étrange, qui ressemblait à un cube de métal surmonté d'un clavier et d'un écran qui flottait en l'air. Il appuya sur entrée.

- Bonjour, je suis l'assistant de création d'une MeeticMontre.

Yon appuya sur « Suivant ».

- Veuillez entrer le nom du futur propriétaire.

Lentement, comme s'il n'avait jamais touché à un ordinateur, il tapa « Midona Milkya ». Il était d'ailleurs plutôt surprenant qu'il soit si lent, quand on voyait la vitesse à laquelle il se déplaçait. Midona observait, silencieuse bien qu'intriguée.

- Vérifiez que le futur propriétaire remplisse les conditions nécessaires en cochant chaque case.

Midona n'était pas une grande lectrice, aussi, elle eut juste le temps d'apercevoir les conditions « Avoir déjà vu mourir une tierce personne » et « Peser moins de 100 kilos », que Yon avait déjà finit de tout lire et appuyait sur « Suivant ».

- Insérer un émetteur radio inter-dimensionnel ?

Yon cocha « Oui » et appuya de nouveau sur « Suivant ».

- Insérer toutes les fonctions disponibles ?

« Oui » à nouveau.

- Activer les mises à jour automatiques ?

Enième « Oui ».

- La MeeticMontre va être créée. Son numéro d'identifiant sera le 17. Continuer ?

Yon valida. La machine se mit alors à trembler, et un orifice carré se découpa. En sortit une MeeticMontre flambante neuve. Composée d'un bracelet simple en métal et d'un disque circulaire noir parfaitement plat, elle n'était pas différente de celle que Yon portait au poignet.

Il la prit et la mit au poignet de Midona, qui se laissa faire, docile. Puis, Yon s'approcha du globe de verre. Celui-ci aussi était pourvu d'un boîtier de control carré surmonté d'un clavier et d'un écran.

- Bienvenue dans l'assistant de voyage dans le temps. Veuillez indiquer une date.

Visiblement, M-M voulait que ses machines soient facilement utilisables par une personne normale, d'où ces assistants multiples. Yon tapa lentement « Instant Zéro » dans le champ « Date ». Puis il indiqua qu'ils voulaient se rendre dans la probabilité « H-P-M-325412548 ». Midona fixait toutes ces précisions, ne comprenant pas. Après tout, ils voulaient voyager d'une dimension à l'autre, pas voyager dans le temps !

Mais apparemment, un voyage dans le temps s'imposait pour voyager entre deux mondes. Elle ne chercha pas à comprendre, mais nota tout de même ces informations dans un coin de son cerveau.

Enfin, quand l'ordinateur lui indiqua qu'il restait 4 places libres maximum dans le Pokémonde (sous peine de quoi il serait détruit), il appuya sur « Terminer ». La machine se mit alors à rougir, tandis que le globe de verre ouvrait une entrée circulaire. Yon attrapa une seringue sur la table, et s'injecta un liquide rougeâtre dans l'artère au niveau du cou. Il sembla tituber quelques instants, mais se reprit vite.

- Monte. Et dépêche toi, Ichi n'aime pas attendre, tout comme moi d'ailleurs.

Les deux montèrent. Midona tremblait légèrement, tandis que Yon était serein. « EXPLOSION PREVUE DANS : 3. 2. 1. EXPLOSION ».

Détonation. Puis du blanc. Rien que du blanc. Uniquement du blanc.


- Et maintenant, les deux dernières candidates ! Ex æquo face à Nozomi au concours de Sentiernelle, elles sont connues pour... euh... Ben pour être des criminelles recherchées mondialement ! Veuillez accueillir chaleureusement la Team White Angel, composée de Mey Milkya et de Mentaline Weiss !

Les deux débarquèrent d'un pas sautillant, main dans la main. Les spectateurs n'applaudissaient pas, mais au moins ils n'avaient pas envie de se barrer ou de les insulter.

- Rin, mon chou, à toi !
- Smooth-chan, good luck !

Le Ponyta shiney apparut, ainsi que le mignon petit Evoli. Le public semblait impressionné de voir un Pokémon chromatique tout en sachant à quel point ils étaient rares.

- Mephisto Pheles Love Park ! ordonnèrent Mey et Mentaline d'une même voix.

Des flammes bleues jaillirent des naseaux de Rin, qui formèrent un long serpentin enflammé. L'Evoli de Mentaline sortit une petite planche de surf, et se mit à glisser à toute vitesse sur les flammes. Usant de son attaque Seduction, des petits cœurs jaillissaient autour de lui et touchaient le public.

- Smooth, Retour !
- Crame les toutes avec ta super vitesse !

Le serpentin de feu s'était évaporé, et Evoli utilisait Retour. Des boules lumineuses partirent dans toutes les directions. Rin, usant de sa vitesse hors du commun, les rattrapa une à une et les envoya en un même point, enflammées. Le résultat fut un magnifique feu d'artifice bleu.

- Smooth, Coup d'Main !
- Rin, Rebond puis Lance-Flamme en tournoyant ! ordonna Mey.

Evoli, après avoir lancé Coup d'Main, monta sur le dos de Rin. Ce dernier effectua un bond spectaculaire et se mit à tournoyer tout en crachant un jet de flamme bleuté, formant un tourbillon de feu qui s'abattit sur le terrain alors que Evoli et Ponyta descendaient lentement, perchés sur des sphères de Retour.

Ils atterrirent et saluèrent aux côtés de Mey et Mentaline. Le public applaudit poliment – sûrement parce qu'applaudir trop devait être mal vu.

- Après cette prestation enflammée, voyons la note des juges !
- 65 pour moi, fit M. Suzuki. C'était pas trop mal, y'avait de bonnes idées, mais c'est assez répétitif et Evoli est trop peu mit en avant. A améliorer...
- 62... C'était moyen, un peu trop basé sur les flammes du Ponyta shiney, et le coup du serpentin de feu, vous l'avez fait deux fois. Bref, c'est pas catastrophique, mais j'ai vu bien mieux... soupira Monsieur Contesta.
- Je vous trouve bien sévères ! On n'est pas le jury de la nouvelle star ! Moi je mets 75, parce que sérieux, c'était pas mal du tout ! On regrette une présence faible de l'Evoli, mais sinon c'est très bien ! Je peux avoir vos numéros, au passage ?

Mey se retint de lui faire un doigt, tandis que Mentaline brandissait une pancarte « Je ne suis pas intéressée ! ».

- Ce qui nous fait donc... Euh... 202 ! Bravo à elles !

La Team White Angel revint en coulisses, désespérées. Nozomi les accosta.

- Faites pas chette tête, c'était pas mal du tout !
- 202... On passera jamais avec une note pareille ! gémit Mey.
- C'est sûr... marmonna Mentaline.
- Haut les cœurs, vous allez passer ! Regardez, ils annoncent les résultats ! s'exclama Crystal.

Sangriaz montrait du doigt l'écran géant.

- Et les vainqueurs de la première manche... Les huit qui participeront à la seconde manche, sont... En première et deuxième place, Nozomi Devil et la Team Rainbow, composée de Crystal Legend et Flora Mirajane !

Ovation dans le public.

- En troisième place, bien que les deux premiers soient ex aequo, j'ai nommé la Team Godmishuu, composée de Sœur Chapy et Sœur Shana !

Autre ovation dans le public. Les deux bonnes sœurs avaient fait une prestation grandiose avec un couple d'Eoko.

- En quatrième place, Creepy-chan ! En cinquième place, Rick Mac Doogle !

Il s'agissait d'un grand type blond, la quarantaine, avec une allure de cow-boy. Il avait impressionné tout le monde par son numéro de rodéo.

- En sixième position, Marcello Picardila !

Il s'agissait d'un petit gamin au langage fleuri. Ses Dardargnan avaient offert une pluie de dards resplendissants inoffensifs qui avait fait sensation.

- En septième place, Mathi Punkette !

Elle eut un petit « Hum ! » satisfait, avant de lancer un regard narquois à la Team White Angel.

- Et enfin, en huitième et dernière position...

En coulisses, Listina, Mey et Mentaline croisaient les doigts, tandis que Silver et Killian faisaient de même dans les gradins.

- La Team White Angel !


Midona et Yon étaient dans un néant de blancheur. Ils avaient beau fermé les yeux où même mettre leurs mains devant, tout était blanc. Midona eut alors une pensée stupide « Ca ressemble à Harry Potter, quand Harry meurt à moitié... Sauf que ça ressemblait à une gare ! ». Aussitôt, une gare plus vraie que nature se matérialisa.

« Wow, truc de ouf ! » songea la jeune fille. Alors qu'elle avait cette pensée, Vanessa de Secret Story apparut au milieu de la gare et se mit à chanter son single (ndla : Peut-on vraiment appeler ça une chanson ?) :

DANS LA MAISON, JE SUIS RESTEE LA MEMEUH ! C'EST MOI VANESSA, LA FILLE DE SS3 !
DANS CE DROLE D'ENDROIT LES TOILETTES RIMENT AVEC GALIPETTES !
UN TRUC DE OUF OUF ! DE OUF OUF OUF !
MDR LOL XD PTDR ! MDR LOL XD PTDR ! MDR LOL XD PTDR

Midona prit peur. Et il y avait de quoi, quand on voyait les paroles, digne d'un gamin petite section maternelle. Quand à la voix, n'en parlons pas. Et tout le reste n'était pas mieux, d'ailleurs. « Mon Dieu, sauvez moi ! » gémit Midona.

Un vieux type avec une barbe blanche et une robe immaculée tomba du ciel dans un halo de lumière, sortit un revolver et flingua la blonde. Il fit un clin d'œil à Midona avant de disparaître.

« C'est quoi ce bordel ?! »

(ndla : Dans mon infinie clémence, je vous épargne la scène du bordel ! Merci qui ?)

« Bon, je vais plus rien penser... » pensa-t-elle (ndla : Ce bout de phrase est un paradoxe, admirez !) Yon se tourna vers elle, l'air exaspéré.

- T'as fini de faire mumuse putain ? Je sais que c'est drôle l'instant Zéro la première fois, mais contrôle toi...
- Désolée... marmonna Midona.

« Qu'il crève ce con ! » pensa-t-elle. Une armée de gars du FBI débarquèrent alors d'un train et encerclèrent Yon. Il soupira, et fit apparaître une poêle géante, avant d'assommer tous les méchants. Puis il claqua des doigts, et un tuyau vert sortit de terre. Mario en jaillit, et lança un « Try again ! ».

Soudain, tout disparut. Yon releva la tête.

- Ah, on arrive ! Bienvenue dans le Pokémonde !

Flash lumineux. Midona et lui se retrouve dans le ciel, à 100 mètres de hauteur. Yon prit la jeune fille dans ses bras, et atterrit en douceur dans l'herbe. Avant que la sœur de Mey ait eut le temps de réagir, il lui avait déjà volé une mèche de cheveux.

Il envoya la bouclette châtain dans le Mode Réel via sa MeeticMontre, et reposa Midona par terre. Celle-ci prit alors conscience de ce qui l'entourait. A la fois dessinné et réaliste, le Pokémonde était plutôt déroutant. Il y avait beaucoup de vent, et les herbes étaient hautes. On apercevait quelques pâtés de maisons un peu plus loin, et de grandes éoliennes dominaient le ciel. On trouvait de ci de là des meules de foin.

- Nous voilà à Bourg-Géon.
- Bourg-Géon ? s'étonna la jeune fille.
- Ouaip. Bon, viens, j'vais te trouver un Pokémon au labo, et ensuite je t'emmènerai à Ichi... Suis moi.
- OK.

Et les deux se dirigèrent vers une imposante battisse qui avait un air mi-usine mi-champêtre. Le laboratoire du Prof Orme, là où, presque un mois plus tôt, Mey Milkya et ses amis avaient reçu leurs premiers Pokémon.

Le hasard fait bien les choses.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 27 : Combat de commérages   Mer 28 Déc 2011 - 15:52



- Yeah, après cette courte page de pub, voici maintenant les quarts de finale du concours de Rosalia ! lança Sangriaz avec son éternel enthousiasme. Le premier combat opposera la Team White Angel...

En coulisses, la respiration de Mey et Mentaline s'accéléra. Vu la puissance des coordinateurs qualifiés, elles allaient avoir du mal à s'en tirer.

- À Creepy-chan !

Elles déglutirent difficilement, tandis que Creepy-chan faisait craquer ses vertèbres. Elle leur lança un sourire avenant.

- BONNE CHAAANCE ! ET QUE CELUI DONT LE DESTIN DIT QU'IL GAGNERA GAGNE !
- ... Bonne chance à toi aussi ! ricana Mey nerveusement, n'ayant pas compris la phrase.

Les trois jeunes filles se mirent en place de chaque côté de la Scène. Le public retenait son souffle. Le jury aussi semblait avoir hâte de voir cette confrontation.

- Que le combat... COMMENCE ! cria Sangriaz.
- C'est parti j'imagine... Rin ! lança Mey en jetant la Pokéball du Shiney.
- Kawapink, à toi !
- UHUHUHUHUHUHUHUHU ! UN COMBO EAU FEU ? MWAHAHAHAHA ! SHIOOOOOON ! RIKAAAAAA !

C'était donc Ponyta et Corayon du côté de la Team White Angel et Ossatueur et Pikachu pour Creepy-chan. Celle-ci avait un sourire sadique aux lèvres. Mentaline et Mey frissonnèrent, mais ne se laissèrent pas impressionner.

- Rin... Nitrocharge !
- Kawapink, Boule Roc !
- Rika, Vive Attaque puis Tonnerre ! Shion, Osmerang !

Le petit Pikachu, plus rapide que tout le monde, percuta violemment Kawapink, et profita de la proximité pour lui asséner une attaque Tonnerre super efficace. Néanmoins, une salve de Boule Roc eut vite fait de le renvoyer vers Creepy-chan. Pendant ce temps, Rin, qui fonçait au triple galop, esquiva l'Osmerang, et frappa Ossatueur qui vola au loin avant de se rétablir. Il récupéra son os.

- Rin, Roue de Feu !
- Kawapink, Soin !
- Tch... JE VAIS DEVOIR PASSER AUX CHOSES SERIEUSES ! COMBO DU CERCLE DE LUMIERE !

Le Corayon se soigna, tandis que Rin fonçait de nouveau en direction du Pikachu, cette fois. Sauf que.

Le Pikachu venait de se mettre à tourner à une vitesse hallucinante autour des deux Pokémon de la Team White Angel, dans une attaque Electacle. Une Cage-Eclair fermait le tout en un cylindre infranchissable. Pendant ce temps, Shion l'Ossatueur renvoyait Rin au centre du cercle avec une attaque Damoclès bien placée.

- Vos Pokémon sont emprisonnés dans le cercle de lumière... C'est la fin. COMBO DU CERCUEIL DES OSSEMENTS MAUDITS COMBINE AU CERCLE DE LUMIERE, ETAPE 2 !
- Kawapink, Cocote Minute défensive !
- Rin euh...

Trop tard. La Telluriforce fusa, toute de terre et de lave, emprisonnant Rin et Kawapink - qui avait déjà lancé son combo – dans un cercueil impénétrable. Puis, Pikachu, qui tournait toujours, se mit à briller. Une Fatal Foudre surpuissante s'abattit alors sur le cercueil, le faisant exploser violemment.

Le souffle de l'explosion ravagea la salle, et les membres du jury durent se cacher derrière leurs bureaux. Quand la poussière se dissipa, Rin était étendu par terre, au bord du K.O. En effet, il n'était pas particulièrement sensible à la foudre et avait par conséquent survécu. Quant à Corayon, il était indemne. Creepy-chan tomba des nues.

- Impossible...
- Et pourtant vrai. Cocote Minute est la défense suprême, Kawapink ne risque plus rien une fois à l'intérieur, expliqua Mentaline.
- Très bien... Vous voulez jouer à ça. Rika... Hâte. Shion, Danse-lame.
- Oh putain, c'est pas bon ça... Rin, Shiney Mode ! ordonna Mey.

Le Ponyta se mit à briller, et se régénéra. La salle était impressionnée. Kawapink, pendant ce temps, restait bizarrement immobile.

- Rin, Nitrocharge !
- Esquive Rika ! Ossatueur, Danse-Lame encore.
- Merde... Mentaline, merde, aide moi ! ragea Mey.
- Mey. Attaque moi.
- Quoi ?! s'étonna franchement Mey.
- Dépêche toi ! Utilise Danseflamme !
- Si tu veux... Danseflamme sur Kawapink, Rin !
- Ponyyyy ? (Tu veux que je frappe ma besta ? T'es tarée ou t'a bouffé du plomb quand t'étais gamine ?)
- Fais ce que je te dis !
- Taaaa... (Et bornée avec ça... Désolé cousine, mais j'dois te buter, wesh !)
- Corayon ! (No souci mec, j'ai une bonne assurance vie !)

Pendant qu'Ossatueur augmentait son attaque déjà conséquente, Rin, lança un puissant jet de flammes en direction de Kawapink... qui le renvoya.

- Voile Miroir ! sourit Mentaline.
- Mais ça m'attaque, abrutie ! cria Mey.
- Et ta capacité Torche... soupira la jeune fille.

En effet, Rin absorbait ses flammes bleues et semblait plus fort. Mey eut un air à la « Ah ouaaaaaiiiiiiis... Pas cooooooooooooooon... ».

- Bon... Rin, Nitrocharge, en avant !
- Shion, Masse d'Os !

Comme s'il s'agissait d'une batte de base-ball, l'os de Shion envoya bouler le Ponyta aux flammes bleues. Le pauvre poney souffrit grave sa race.

- Ponyyyyy ! (J'vais te butter, sac à os !)
- Ossatueur ! (T'en veux une autre, connard ?!)
- Pikachu ! (Ne vous battez pas ! La violence ne mène nulle part !)
- Ponyta ! (Ta gueule la mascotte de l'anime !)
- Corayyyyon ! (Putain les gars, on se bat oui ou merde ?!)
- Shion, Danse-Lame une dernière fois ! Rika, Electacle sur le truc rose ! ordonna Creepy-chan.
- Corayon ! (J'ai un nom, madame la dégénérée !)
- Kawapink, contre avec Boule Roc !

La salve de rochers fut facilement esquivée par le Pikachu, au double de sa vitesse normale. Alors qu'il allait frapper le pauvre Corayon, une attaque Roue de Feu le renvoya vers sa maîtresse. Rin fit tope-là avec Kawapink, et ils se remirent en position.

- Rin, on y va plus fort ! Nitrocharge, encore !
- Kawapinkounet d'amour, Cocotte Minute Offensive !
- Shion, Masse d'Os sur la carapace ! Rika, esquive !

Mais l'Ossatueur avait beau frapper sur la carapace de roche formée par Corayon, il n'arrivait pas à la percer, et se blessait sur les pics. Quant au Pikachu, il parvint à esquiver la Nitrocharge sans trop de soucis, avant d'asséner un Fatal-Foudre au Ponyta. Ce dernier semblait sur le point de tomber K.O.

- RIN, A COUVERT ! hurla Mey.
- ENVOIE LA SAUCE KAWAPINK ! ordonna Mentaline.

Le poney se jeta à terre alors que la carapace hérissée de piquants explosait. Les lames acérées eurent raison du pauvre Pikachu qui s'effondra, complètement K.O. Quant à l'Ossatueur, il tenait encore debout, ayant contré toutes les attaques avec son os.

- OSSATUEUR, VENGEANCE SUR LE CORAYON !

Les coups fusèrent à grande vitesse, surpuissants après trois Danse-Lame. Kawapink ne parvint même pas à tenir plus de deux secondes, et tomba dans un K.O. retentissant. Il ne restait sur le terrain que l'Ossatueur et le Ponyta.

Le premier avait son attaque augmentée au maximum, tandis que Ponyta lui, voyait seulement ses attaques Feu légèrement augmentées. De plus, il était bien amoché et ne pouvait pas utiliser sa régénération de shiney plusieurs fois d'affiler. Bref, Creepy-chan avait un avantage certain.

- Ne le laisse surtout pas te toucher Rin ! La moindre attaque te mettrait K.O. !
- Ponyta ! (Elle me prend vraiment pour un abruti...)
- Shion, Osmerang !
- Ossatueur ! (Meurs, sale équidé !)
- Ponyta ! (Raciste !)
- Rin, esquive !

Une course-poursuite s'engagea à alors, l'os de Shion talonnant le pauvre Rin. Ce dernier parvint enfin à trouver refuge derrière l'une des pointes balancée par Kawapink.

- RIN ! ON LE FINIT AVEC FEU D'ENFER !
- Ponyta ! (Yeah, Moussier Ponyta est dans la place !)

Un énorme brasier se déclencha sous les pieds de l'Ossatueur. La colonne de feu bleu monta jusqu'au ciel, avant de se stopper. Rin était essoufflé par une telle attaque et Ossatueur... n'était pas K.O.

- QUOI ?!
- Ton attaque n'était pas encore au point ! C'est la fin, Telluriforce !

Alors que le terrain se mettait à trembler, annonçant la fin imminente de Rin, une énorme sonnerie retentit. Creepy-chan et la Team White Angel se tournèrent vers Sangriaz, étonnées.

- C'est donc une victoire de la Team White Angel ! proclama-t-elle.
- Quoi ? s'étonna Mey.
- Ben oui ! Creepy-chan n'a plus de points, donc vous gagnez ! répondit Sangriaz, comme si c'était évident.

Creepy-chan, Mey et Mentaline se regardèrent, incrédules. Elles avaient complètement oublié le système de points ! La salle, surprise elle aussi, resta un moment silencieuse, avant d'acclamer les deux gagnantes. Silver hurlait des « OUAIS, Z'ETES TROP FORTES ! » tandis que Killian applaudissait avec ferveur. La Team White Angel n'en revenait toujours pas.

- Donc on va en demi-finale ?
- Oui ! fit Sangriaz avec un sourire.
- TROP COOL ! s'extasia Mey.
- On est des bosses !
- Beau match en tout cas, les filles ! fit Creepy-chan, souriante.
- Merci Creepy-chan !
- Mais de rien... Après tout... OYASHIRO-SAMA AVAIT DECIDE DE NOTRE SORT BIEN AVANT LE COMMENCEMENT DU MATCH, MWAHAHAHAHAHAHAHAHAA !
- ...


- CAT ! Y'A MEY ET MENTALINE A LA TELE !
- SERIEUX ?! J'ARRIVE !

Arène de Doublonville. Cela faisait maintenant une semaine que Shuu, Cat, Glenn et Justine vivaient à l'intérieur, en partie parce que s'ils mettaient ne serait-ce que le bout du nez dehors, on les flinguerait. Bref, ils avaient pris leurs aises à l'intérieur. Shuu et Glenn avaient réquisitionné des meubles auprès de l'arbitre tout petit, et avaient aménagé un peu les chambres auparavant vides ou presque.

Quant à Cat et Justine, elles s'étaient occupées du ménage. Au final, l'espace d'accueil composé d'un réfectoire, d'une salle de séjour, d'une salle de bain ainsi que de deux chambres à l'étage était devenu un endroit particulièrement agréable. Et alors que Shuu zappait pour trouver une émission sympathique à regarder, il était tombé par hasard sur la retransmission du concours de Rosalia. Il avait aussitôt appelé Cat, qui entraînait Broke.

Les deux s'installèrent sur le sofa, et applaudirent avec ferveur quand leur deux amies remportèrent le match contre Creepy-chan.

- Elles ont pas chaumé... Déjà un Ruban et bientôt un deuxième ! Et les Pokémon de Mey ont l'air putain de balèzes ! s'exclama Shuu.
- Les tiens ont fait des progrès quand même ! fit remarquer Cat.
- Mouais... Chôji encaisse facilement les coups maintenant, et il frappe plus fort...
- Et Greens est devenu obéissant !
- Tu parles ! ricana Shuu. Aucun de mes Pokémon n'a évolué, alors que Upah...
- J'ai trop pleuré quand c'est devenu un Maraiste... bouda Cat.

En effet, la veille, alors que Cat faisait un match d'entraînement contre le Kapoera de Glenn, le petit Axoloto s'était mis à luire et était devenu un énorme Maraiste, au grand dam de la jeune fille qui adorait sa petite chose mignonne. L'intérêt, c'était que l'évolution d'Axoloto était bien plus puissante, et avait failli battre le Pokémon de Glenn, pourtant plutôt dur à cuire.

- Moi je voudrais bien faire évoluer Greens, mais il me faut une Pierresoleil et je veux qu'il apprenne Eco-Sphère avant de devenir un Farfaduvet...
- Arme toi de patience ! fit Cat avec un sourire.

Shuu rougit légèrement, tandis que la jeune fille ricanait.

- Et Justine et Glenn, ils sont où ? demanda Cat.
- Doivent se peloter à l'étage, comme d'habitude... soupira Shuu.
- Oui, sûrement ! ricana Cat.
- Non sérieux, ça fait bizarre qu'ils soient aussi...
- Tactiles ?
- Ouais ! C'est choquant ! fit Shuu.
- C'est vrai que tu es encore un petit garçon innocent, nee ? l'asticota Cat.
- La ferme ! s'empourpra-t-il.
- Hihi...
- Mais avoue que ça fait bizarre ! Hier je rentre dans le salon, je vois Justine en train de rouler une pelle monumentale à Glenn en étant limite allongée dessus !
- J'admets que moi aussi ça m'a surprise, je ne pensais pas Justine comme ça... marmonna Cat, dans ses pensées.
- Pour moi c'était une petite sainte énamourée... mais en fait, c'est limite une allumeuse ! s'exclama Shuu.
- T'es dur... A mon avis, Glenn est plutôt entreprenant lui aussi...
- Moins qu'elle ! L'autre jour elle a forcé la serrure de la salle de bain pour le rejoindre dans la douche...
- Gore... Tu penses qu'ils font des trucs la nuit ? frissonna Cat.
- Je me demande si c'était une bonne idée de leur laisser une chambre à eux tout seul... soupira Shuu.
- Je suis la seule à penser que ça va beaucoup trop vite entre eux ?
- Parfaitement d'accord... Premier jour, ils se tiennent par la main, deuxième jour, ils s'embrassent à longueur de journée, troisième jour, ils baisent !

« Je vais rien dire, étant donné que moi et Break c'était EXACTEMENT la même chose... » songea Cat.

- En même temps, c'est peut-être l'amour fou... fit remarquer la jeune fille, gênée.
- Tu parles... J'en doute, personnellement ! grommela Shuu.

Cat mit alors soudain le doigt sur ce qui la dérangeait depuis le début de la conversation.

- ... T'es jaloux de Justine.
- Que... Même pas vrai ! C'est toi qui est jalouse de Justine ! répliqua Shuu.
- N'importe quoi ! Glenn n'est pas du tout mon type !
- Ah oui, c'est vrai, il a pas plus de trente ans...
- ... C'était salop, ça !
- Merci du compliment ! sourit Shuu. Au fait, t'avais pas un copain dans le Monde Réel ?

Cat se rembrunit aussitôt, baissant la tête. Il y eut un grand silence dans la salle de séjour. Les seuls bruits étaient les baragouinages de la télé, qui passait de la publicité. Shuu, assis à côté de Cat, eut un petit sourire, comme si cette situation l'amusait. Enfin, elle daigna ouvrir la bouche.

- Si... J'en avais un... Mais...
- Il est mort, c'est ça ? termina Shuu.
- Que... Comment tu le sais ? bredouilla Cat, les larmes aux yeux.
- Intuition masculine...


- Et maintenant, la Team Godmishuu, 3 Rubans en poche, face à Rick Mac Doogle, qui possède déjà 4 Rubans !

Mey, Mentaline et Creepy-chan étaient retournées dans les coulisses. La Team White Angel avait été félicité par Nozomi, ainsi que par la Team Rainbow. Il s'agissait maintenant d'un combat entre deux bonnes sœurs et un fermier.

Sœur Chapy et Sœur Shana étaient postées tranquillement d'un côté du terrain. Habillées toujours aussi strict, elles n'avaient même pas changé de robe. Face à elles se trouvait un homme blond, la trentaine, qui aurait pu être très séduisant s'il se rasait son horrible moustache. Vêtu d'une salopette bleue et d'un chapeau de cow-boy, sa musculature était impressionnante. Il semblait bon vivant, mais déterminé à gagner son dernier Ruban.

- Préparez-vous à prend' la raclée d' vot' vie, cré vindiou !
- Quel hideux accent paillard... soupira Sœur Chapy.
- Je ne vous le fait pas dire... Que le Saint Godmishuu nous protège à jamais d'un tel énergumène !
- Bien dit, Sœur Shana ! Amen-le-café.
- Oui, Amen-le-café.
- Frison, Lainergie, allez-y ! cria Rick en envoyant ses Pokémon.
- Des Pokémon fermiers, à coup sûr...
- Surexploitées, ces pauvres bêtes... soupira Sœur Shana.
- Je prie pour que le Godmishuu tout puissant répare ça. Amen-le-café.
- Oui, Amen-le-café.
- Bon, vous v'battez ? J'ai d'autres Chacripan à fouetter !
- Et tortionnaire, avec ça...
- Ah, les paysans, de nos jours...
- Tellement outrageants...
- Où va le monde ? Le Saint Godmishuu ne devrait point permettre cela.
- Oui, prions pour la libération des Pokémon fermiers surexploités et pour les Chacripan torturés dans des circonstances exécrables.
- Amen-le-café.
- Oui, Amen-le-café.
- Euh... Mesdames, vous devez vous battre, s'il vous plait ! fit remarquer Sangriaz, gênée.
- Ah oui. Ces futilités. Avez-vous été dévirginisée, Sœur Sangriaz ?
- Euh...
- Que le Saint Godmishuu vous dévirginise, dans ce cas. Amen-le-café, fit Sœur Chapy tandis que Sangriaz rougissait jusqu'aux oreilles.
- Battez vous, bon sang de bon Dieu ! ragea Rick.
- Très bien, puisque vous le désirez. Eoko, que le Saint Godmishuu te protège ! fit Sœur Shana en envoyant une Pokéball.
- En avant Eoko ! s'exclama Sœur Chapy.

En coulisse, les Coordinateurs avaient un air exaspéré par tant de religieusetés. Nozomi expliqua à Mey et Mentaline que dans la région Johto, le Shisme - la religion qui vénérait le Godmishuu - n'était pas très bien vue. En effet, elle était décrite comme extrémiste et un peu trash.

L'enseignement qu'était censé prodiguer cette religion, était que les gens devaient être dévirginisés très tôt de sortes à ce qu'ils soient préparés à vivre en ayant conscience des dangers de la vie. Le Godmishuu bénirait les gens qui auraient déjà fait l'amour, et exige une ferveur à toute épreuve. Quand on devient Shiste, on le reste à vie et on prie au moins 10 fois par jour.

Cela pourrait s'apparenter à une secte, mais que nenni. On peut se reconvertir en une autre religion sans scrupule. D'ailleurs, les personnes Shistes étaient très nombreuses, pour la bonne et simple raison que le Godmishuu apporte la richesse et la fertilité. Le Shisme est pour la liberté des Pokémon, et souhaite l'abolition des Pokéball. Mais paradoxalement, beaucoup d'excellents dresseurs sont Shistes, notamment le Maître de la ligue Sinnoh, Cynthia Dragnolia.

Même si le Shisme était une religion répandue, elle ne surpassait ni le Culte d'Arceus, ni le Mewisme. Ces deux dernières religions étaient les plus communes et les plus discrètes. Sans principes extravagants, il fallait simplement être gentil avec autrui et considérer les Pokémon comme des créations divines qu'il fallait respecter.

Bref, le public, majoritairement Mewiste, n'appréciait que moyennement les paroles des deux bonnes sœurs. Ces dernières semblaient s'en foutre, et attendaient patiemment que Rick daigne attaquer.

- Frison, Peignée ! Lainergie, Tonnerre !
- Eoko ! Echo !
- Eoko ! Echo, toi aussi, chante l'adoration du Godmishuu tout puissant ! ordonna Sœur Chapy.

Un magnifique chant s'éleva alors, gagnant lentement en amplitude. Bientôt, l'attaque fut tellement puissante que le Frison ne parvenait plus à avancer, tandis que l'attaque du Lainergie était déviée par l'onde.

La chanson allait crescendo, et le public devait maintenant se boucher les oreilles. Les deux bonnes sœurs avaient les mains jointes, et semblaient prier, tandis que leurs Pokémon ravageait le terrain.

Les Pokémon adverses ne firent pas long feu et tombèrent K.O., terrassés par une telle puissance croissante. La victoire de la Team Godmishuu était sans appel. Rick n'en revenait pas d'avoir perdu aussi vite.

L'attaque des deux Pokémon cessa, et le public se mit à applaudir avec ferveur. Les deux Sœurs saluèrent.

- Votre défaite m'attriste, Frère Mac Doogle... marmonna Sœur Shana.
- J'n'avais j'mais perdu d'la sort'... Z'êtes sacrément fortes...
- C'est parce que le Saint Godmishuu était avec nous. Vous ne pouviez pas lutter face à une divinité.
- ... Si vous l'dites...
- Fit de palabres. Nous avons gagné, mais ce fut un beau match, bien que vous n'ayez strictement rien fait ! sourit Sœur Chapy en tendant une main chaleureuse que Rick ne serra pas.
- Au plaisir de vous revoir ! lança Sœur Shana. Et que le saint Godmishuu vous bénisse, Amen-le-café !
- Oui, Amen-le-café !


Bois aux Chênes, dans les alentours de Miriarbres. Roku, Bleuts, Kentin et Kanon font la sieste, crevés après une longue journée de marche. Le silence régnait en maître. Kanon ne dormait pas vraiment, évidemment. Elle n'était pas fatiguée, après tout, mais elle faisait comme lui disait Bleuts. Elle voulait obtenir la puissance tant convoitée. Sauf que cela faisait maintenant cinq jours que la brune était avec eux, et elle ne constatait aucune augmentation de pouvoir. Elle commençait à en avoir marre.

« Si dans deux jours, je n'ai rien, je les bute tous... » songeait-elle. Alors qu'elle avait cette pensée, son ouïe désormais très aiguisée perçut un bruissement sur sa droite. Puis un bruit de pas, et à nouveau un bruissement. Elle se releva. Pour se retrouver nez à nez avec un Tyranocif.

Elle le fixa longuement, droit dans les yeux, dans un duel bestial. Kanon laissa échapper son pouvoir volontairement, et le Tyranocif recula, intimidé par l'aura destructrice émanant de la jeune femme. C'est alors que le Pokémon poussa un rugissement énorme, effrayant, réveillant au passage les trois dormeurs. Pris par surprise, ils firent un bond monumental. Kentin tremblait comme une feuille, tandis que Bleuts portait une main vers la Pokéball de Léviator. Roku, lui, se mettait en position de combat.

- Putain, qu'est-ce que fous ce Tyranocif ici ?! s'exclama Bleuts.
- Aucune idée, mais c'est mauvais ! Kanon, tu peux l'envoyer bouler ? demanda Roku.
- Ta gueule, gamin. Je fais ce que je veux, ok ? lança sèchement la brune.

Le Tyranocif profita du moment d'inattention de Kanon pour lui décocher un crochet du droit. Elle fit un joyeux vol plané, et s'écrasa dans les fourrés. Bleuts lâcha Léviator.

- Léviator, Hydroqueue !

Le Pokémon Tyran esquiva l'attaque du monstre marin, avant de lui asséner une Poursuite. Profitant de l'ouverture créée par Léviator, Roku bondit, et décocha un coup de pied circulaire dans la mâchoire du Tyranocif. Le Pokémon ne sembla même pas s'en rendre compte, et rembarra le jeune homme d'un coup de griffe.

Bleuts était en mauvaise posture. Kanon ne revenait pas, elle devait donc être sonnée ou sacrément blessée. Quant à Roku, il avait une plaie béante au niveau du torse causée par la griffe acérée du dragon. Kentin, lui, tremblait comme une feuille, caché derrière un rocher.

- Léviator, Crocs Givre ! ordonna Bleuts.

Le dragon aquatique se jeta sur le dragon de sable, et le mordit profondément. Le Tyranocif hurla, avant de répliquer avec Crocs Eclair. Complètement électrocuté, le Léviator s'effondra, sonné. Bleuts eut soudain très peur. Elle était seule, complètement seule face à un Tyranocif de deux mètres furieux pour Godmishuu sait quelle raison. C'est alors que Kentin jaillit de son rocher, accompagné d'un Tiplouf.

- Pochama Majorette ! Attaque Siphon !

Le tourbillon jaillit du bec du pingouin et fonça en direction du dragon. Celui-ci sembla amusé, et annula l'attaque d'un simple Vibrobscur. L'onde ténébreuse atteignit Bleuts, qui s'effondra, touchée de plein fouet, inconsciente.

Kentin était passé en mode vibromasseur. Tremblotant, sanglotant, il sentait que sa fin était proche. Son pauvre Tiplouf venait de se faire mettre K.O. par Crocs Eclair, et le Statitik que le jeune homme avait dans les cheveux ne savait pas se battre. Le Tyranocif s'approcha alors, le choppa par la taille, et s'éloigna tel un kidnappeur qui aurait accompli sa tâche.

~~~ Intermède ~~~

Kanon se réveilla quelques minutes plus tard. Une douleur lancinante sévissait du côté de sa tempe, et sa tête semblait tourner. Elle se mit debout avec difficulté, et s'extirpa du buisson dans lequel elle était tombée. La brune aperçut alors Bleuts, penchée sur Roku. Celui-ci semblait en piteux état, et saignait abondamment. La blonde semblait impassible, mais ses mains tremblaient en essayant de lui faire un bandage de fortune.

Kanon s'approcha d'elle.

- Kanon ? s'étonna Bleuts. Ca va ?
- Mal de tête.
- Effectivement, t'as un putain d'hématome... Roku aussi est dans la merde, il est inconscient depuis tout à l'heure, et sa blessure saigne vachement... Et Kentin qui a disparu...
- La blondinette est partie ? s'étonna Kanon.
- Ouais... Je crois que c'est le Tyranocif qui l'a emmené... Ecoute Kanon, je peux te confier une mission dans le cadre de ton programme pour devenir plus forte ? fit Bleuts, soudain très sérieuse.
- Ca dépend. Mais dis toujours.
- Roku est blessé, et je crois que l'attaque Vibrobscur a paralysé mes jambes... T'es la seule à être à peu près d'aplomb, et la seule à avoir une chance face à ce monstre. Alors va sauver Kentin. S'il te plait.
- Je refuse. Trop cliché.
- Écoute, ça te ferait vraiment gagner en puissance ! Battre un Tyranocif, ce n'est pas rien, et tu en es capable ! Tu es la meilleure après tout ! insista Bleuts.
- Ce con ne vaut pas la peine qu'on le sauve... C'est une vraie lopette, pourquoi j'irai le secourir au péril de ma vie ?
- Insinue-tu que tu as des chances de perdre face à Tyranocif ? susurra Bleuts, manipulatrice.
- N'importe quoi ! Je lui éclate ça gueule quand je veux ! Mais pas pour ce pauvre type ! s'emporta Kanon.
- On dirait plutôt que t'as la frousse... ricana Bleuts.
- ... Ne va pas trop loin, Bleuts, je n'hésiterais pas à te tuer... cracha Kanon, soudain très en colère.
- Dans ce cas... Prouve moi ta force !
- Très bien. J'y vais. Mais n'oublie pas. Dans deux jours, si je ne suis pas satisfaite, je vous atomise, toi et ton mec, ok ?
- ... Bien reçu...

Sans plus de procès, Kanon se leva et s'élança en courant dans la direction où était parti le Tyranocif, déracinant les arbres qui la gênaient. Bleuts soupira, vannée, et termina le bandage de Roku. Puis elle l'allongea dans l'herbe, ayant du mal à le tirer avec ses jambes quasiment hors service.

Elle s'effondra, allongée sur le dos, à bout, avant de tomber dans un profond sommeil rempli de cauchemars.


- Attention Mesdames et Messieurs ! Le match opposant la Team Rainbow à Marcello Picardila va commencer !

Marcello était un petit gamin tout ce qu'il y a de plus banal. Même pas une dizaine d'années, il était vêtu d'un T-shirt bleu, d'un short jaune et d'une casquette à l'envers. Haut comme trois pomme, même Flora, qui n'était pourtant pas immense, le dépassait de deux têtes. Cependant, le simple fait qu'il ait réussi à se qualifier prouvait qu'il était fort.

- Brutapode, Dardargnan, à vous ! Fit le gamin en lançant deux Pokéballs.
- Givrali, à toi ! Dit Flora.
- Explose moi ces insectes, Delcattty ! Envoya Crystal.
- Ce sera donc Brutapode et Dardargnan contre Givrali et Delcatty ! Commencez !
- Givrali, Blizzard !
- Delcatty, Damoclès !

En coulisse, Mey et Mentaline s'étonnèrent.

- Wow, elles sont méga-offensives !
- Ch'est che qui fait leur forche, indiqua Nozomi.
- Tiens, tu te remet à parler bizarrement ?
- Faut pas croire, ch'est fatiguant pour moi de me forcher à parler normalement !
- ...

Pendant ce temps, sur la scène proprement dite, l'attaque Blizzard avait envoyé bouler Dardargnan. Le Brutapode, plus lourd, avait réussi à ne pas pas bouger et avait encaissé sans trop de problème l'attaque Damoclès de Delcatty.

- Tchhh... Brutapode, Queue Poison, Dardargnan, Dard Nuée !
- Givrali, contre avec Eclats Glace !
- Delcatty, Eclair Fou sur Brutapode !

Les Eclats Glace contrèrent sans problème les Dards-Nuée, et frappèrent violemment le Dardargnan. A la surprise de tout le monde, il s'effondra, K.O.

- K.O. en deux attaques ?! S'étonna Mey.
- Le Givrali de Flora est connu pour être le plus puissant de la région Johto... Pour te donner une idée, il a appris Blizzard naturellement, sans CT, indiqua Mathi.
- Wow ! S'exclama Mentaline, impressionnée. Mais c'est au niveau 71 !

Le Delcatty avait esquivé la Queue Poison d'un petit bon sur le côté, et avait envoyé valser le Brutapode avec l'attaque Eclair Fou.

- Brutapode, Choc Venin !
- Givrali, Voile miroir !
- Delcatty, finit le avec Fatal-Foudre !
Le Brutapode dut encaisser sa propre attaque Choc Venin en deux fois plus puissante, avant de se faire foudroyer sauvagement. Évidemment, il ne résista pas, et tomba K.O. La foule, impressionnée par tant de force pure, mit un moment à se rendre compte que le combat était fini.

Puis les applaudissements éclatèrent, assourdissants. La Team Rainbow n'avait pas subit un seul dégât malgré de nombreuses tentatives du côté de Marcello.

- Et bien, c'est une victoire claire et nette de la Team Rainbow !
- Sans rancune ! Sourit Crystal.
- Va te faire foutre, grognasse ! Lui répondit le gamin, en rogne.
- Non mais oh ! S'emporta Crystal. Tu veux que je demande à Delcatty de te refaire le portrait ?!
- Ce stupide chat est bon à faire miaou et à rouler du cul pendant les concours... cracha Marcello.
- Gneeee... Je vais le trucider...
- Du calme Crystal ! Plaida Flora. Tu sais bien que les hétéros n'ont plus rien dans la cervelle, de nos jours...
- Oui, tu as raison... soupira Crystal.
- EH ! JE SUIS PAS DEBILE !
- Donc tu n'es pas hétéro ! Sourit Flora, moqueuse.
- SI !
- Ou alors il est poképhile... marmonna Crystal, en mode garce.
- N'IMPORTE QUOI ! J'AI 9 ANS !
- C'est ça, va doigter une Gardevoir... A plus, gamin ! Fit la fille aux cheveux bleus avec un clin d'oeil.

Le gamin partit, ruminant des insultes dans sa barbe. Crystal et Flora revinrent en coulisses, et furent acclamées par tout le monde.

- Au fait, il reste qui ? Lança soudain Mentaline.

Mathi se releva, en même temps que... Nozomi. Elles se regardèrent.

- Je sens que ça va chier... soupira Mey.


Bois aux Chênes, encore. Dans les airs cette fois. Melosa, sur Fly le Guériaigle, les cheveux dans le vent. Trois jours qu'elle survolait sans relâche cette foutue forêt. « Bois aux Chênes, tu parles ! C'est pas un bois, c'est carrément une forêt ! Dire qu'avant, c'était un pâté d'arbustes en bordure d'Ecorcia... Maintenant, Ecorcia est complètement noyée dedans, et la moitié de la route 32 est submergée par les chênes... »

Melosa tentait de remplir sa mission au mieux, à savoir retrouver Bleuts Prussalia et Kanon Simiophia. Sauf que le Bois aux Chênes était immense, vraiment immense, et en constante extension.

Il y avait de cela une deux ans, les scientifiques avaient remarqué que le Bois aux Chênes s'étendait de plus en plus vite, pour une raison inconnue. Ce phénomène avait gagné en ampleur, à tel point qu'empêcher les arbres de pénétrer l'intérieur de Doublonville était un combat quasi-quotidien. Cette augmentation contrastait avec toutes les autres régions. A Kanto, la Forêt de Jade, auparavant très prisée car les Pokémon y étaient faibles et parfaits pour l'entraînement, avait complètement disparue de la carte. Les arbres de la Forêt Vestigion, eux, mourraient à un rythme effréné, et les scientifiques prévoyaient sa disparition totale pour 2015, dans 4 ans. Quant à la Forêt d'Empoigne d'Unys, elle n'allait pas mieux.

Bien sûr, les écologistes tentaient d'agir. Ils prenaient des arbres du Bois aux Chênes, et les plantaient dans les forêts en perdition. Sauf que les chênes mourraient quelques jours après, comme si le sol ne leur convenait pas. Un combat perdu d'avance, en somme, mais extrêmement inquiétant. En effet, le Bois aux Chênes pourrait entièrement recouvrir Johto, et même gagner Kanto, tandis qu'à Sinnoh, Hoenn et Unys, tout mourrait.

Melosa, elle, pestait surtout parce que tenter de trouver quelqu'un dans le Bois aux Chênes, c'était comme chercher un grain de maïs dans un champ de blé. De plus, il fallait être constamment attentif, ce qui était très dur pour la jeune femme quand on connaissait son caractère.

- Je m'ennuie... gémit-elle. Ah ! Je sais, je vais passer un coup de fil à Killian !

Elle dégaina son Pokématos, et composa le numéro de son meilleur ami. Ce dernier répondit presque aussitôt.

- Oui allô, Melosa ?
- Ouais c'est moi ! J'me fait chier, distrait moi !
- ... Tu m'appelles juste pour ça ?
- Ouaip.
- ... Et je fais comment pour te distraire ?
- Je sais pas, raconte moi ta vie !
- Ok... Ben je suis en train de regarder le concours de Rosalia, et...
- PUTAIN, EST-CE QUE MAC DOOGLE A GAGNE ?! Hurla Melosa à son téléphone.
- Euh... Il vient de se faire méchamment défoncer par la Team Godmishuu...
- ET MERDEUUUUH ! J'AI PARIE 3000 POKEDOLLARDS SUR CE CON !
- ...
- Sinon, ta mission d'infiltration se passe bien ? Reprit la jeune femme sur le ton de la conversation.
- Mouais... En fait, je sais pas si je suis un agent double ou un agent triple...
- C'est à dire ?
- Ben je sais pas si je me fais passer pour leur pote et je les trahis ensuite, ou si je les trahis mais qu'en fait je les trahis pas vraiment parce que je reviens vers eux après en ayant trahi la police nationale des Echoes !
- ... Tu peux me dire ça avec des mots clairs ?
- Je sais pas si je dois les aider ou pas.
- C'est mieux ! Ben écoute, c'est à toi de voir... Moi de toute façon, je me rangerais à ta décision ! Si tu veux sauver ces mioches criminels, alors je t'aiderais à les sauver... Et si tu veux les foutre en prison, et ben je t'aiderais aussi ! Sourit Melosa.
- T'es tellement gentille...
- Je sais, on me le dit tout le temps.
- En fait je crois que je vais les aider. Je pensais que mon boulot passait avant tout, mais Silver... Je sais, pas, j'ai envie de foutre tout mon boulot en l'air dès qu'il me fait un sourire !
- ... Il peut pas t'entendre là, au moins ? S'inquiéta Melosa.
- Ben non, je suis allé dans les toilettes dès que j'ai vu ton numéro.... Tu me prends pour un débutant ou quoi ?
- Non... Bref, fait comme tu le sens.
- Ok. Sinon, ça va toi ?
- Ouais ouais, je m'éclate ! Fit Melosa d'une voix enjouée. Non sérieux, c'est vraiment génial de passer trois jours à survoler le Bois aux Chênes sans rien trouver ! Je m'étais jamais autant amusée de ma vie, un truc de ouf !
- ...
- J'déconne, je me fais grave chier. Il se passe ri-

Une énorme explosion retentit, suivie d'un nuage de poussière qui s'échappait de la forêt.

- ... J'ai rien dit ! Je te laisse, je vais voir !
- A plus ma besta !
- Tchao Killian-chou !

Elle raccrocha, avant de se diriger vers la source de l'explosion. « ENFIN un peu d'action, c'est pas trop tôt... »


- Pour l'instant, les qualifiés sont la Team Rainbow, la Team Godmishuu et la Team White Angel ! Et nous voici maintenant, en direct, pour le dernier match des quarts de finale... Nozomi Devil contre Mathi Punkette ! Quel nom de merde, au passage... BREF ! C'est parti !
- Chcobolide, Avaltout, à vous !
- Roserade, Branette, en avant ! Ordonna Mathi, bien décidée à gagner.
- Chcobolide... Bulldoboule !
- Esquive Roserade !

Le Roserade fit un gracieux bond de côté, et esquiva le Pokémon qui fonçait vers elle. En revanche, le Branette ne l'avait pas vu venir, et dut encaisser le coup.

- Grrrr... Branette, Balle Ombre !
- Brouhabam, interpose toi ! Chcobolide, Choc Venin chur Roserade !

Alors que Brouhabam, de Type Normal, encaissait sans aucun problème l'attaque Spectre, le pauvre Roserade se faisait toucher par une attaque super efficace du Pokémon Poison.

- Je vais te buter, Nozomi ! Roserade, Lance-Soleil ! Branette, couvre là avec Ombre Portée !

Touché par l'attaque, Scobolide fut violemment repoussé, tandis que le Roserade chargait tranquillement son Lance-Soleil. Branette s'était placé devant lui.

- Ahaha ! Branette, de Type Spectre, annule les attaques de ton Brouhabam !
- Ch'est chela, oui... Brouhabam, Déflagration.

Le Pokémon Bruit Sourd carbonisa littéralement le Roserade qui s'effondra, fumant, hors service. Mathi poussa un juron, avant de le rappeler. En coulisse, impressionnée, Mey lâcha un :

- Ça, c'est fait.

Mathi, elle, ne rigolait pas du tout.

- Tu veux jouer à ça ? Ok. Branette, Malédiction sur Scobolide.

Branette sortit un clou de nulle part, avant de se l'enfoncer dans la tête. Le public était choqué. C'est alors qu'un deuxième clou apparut, juste à côté du Pokémon Poison, qui se planta à son tour, mais dans le Scobolide cette fois. Il poussa un cri déchirant, avant de s'effondrer en se roulant dans tous les sens. Le Branette ricana.

- Je suis peut-être affaiblie, mais ton Scobolide est hors course !
- Tchhh... Reviens, Chcobolide. Brouhabam, combo imparable.
- Hein ?

Le Pokémon rose lança une petite pierre sur le Branette, qui ne tenta pas d'esquiver tant l'attaque était ridicule. Sauf que l'attaque en question, c'était Anti-Air. Le Pokémon Spectre se vit alors plaqué au sol, incapable de bouger. Le Brouhabam fit un saut spectaculaire, et retomba lourdement, faisant trembler toute la salle. Le Branette morfla.

Pour couronner le tout, avant que le pauvre esprit puisse se relever, Brouhabam s'était placé au dessus de lui, et avait balancé une Déflagration surpuissante. Résultat, victoire sans appel de Nozomi. Mathi était soufflée.

- Impossible... Mon Branette...
- Tu avais trop confianche en toi... Dis-toi que perchonne n'est parfait, et tu réuchira bien mieux.
- ... Si tu le dis...
- Ch'était un beau match. Félichitations.
- M- Merci, bredouilla Mathi, gênée. Mais je te déteste quand même !

Nozomi ricana joyeusement, alors que Mathi regagnait les gradins aux côtés de Listinna. Sangriaz, excitée comme une puce, prit de nouveau la parole.

- Mesdames et Messieurs, ce match spectaculaire conclut les quarts de finale ! Les qualifiés, à savoir les Teams Godmishuu, White Angel et Rainbow, ainsi que Nozomi Devil, s'affronteront dans un quart d'heure pour la demi-finale ! Restez connectés sur... Johtevent !


Midona et Yon marchait lentement, se dirigeant vers la demeure du Professeur Orme. Le bâtiment était très imposant, comparé à la misérable porte en bois qui servait d'entrée. Yon toqua, tandis que Midona restait silencieuse.

- J'arrive ! Fit une voix féminine.

Une jeune femme ouvrit la porte. Un millième de seconde plus tard, elle avait un revolver posé sur son coeur. Elle faillit hurler, mais Yon lui somma le silence avec un simple regard noir. Midona regardait tout ça, intriguée et horrifiée à la fois. L'androgyne se pencha lentement vers l'oreille de la jeune femme, et murmura :

- Conduisez moi au Prof. Orme, je vous pris. Faites comme si nous étions des visiteurs normaux. Mais gardez à l'esprit qu'à travers ma poche, un pistolet est prêt à tirer sur vous.
- Très bien... bredouilla la jeune femme à mi-voix.

Brune, le chignon strict et la jupe droite, les petites lunettes rondes posées sur un nez fin et délicat, elle avait tout de la petite chercheuse débutante. Ses yeux verts reflétaient la terreur et une pointe de quelque chose qui échappait à Midona. Toujours est-il qu'elle devait être une actrice hors pair. La preuve.

- Bienvenue ! Bienvenue au laboratoire du Prof Orme ! Sourit-elle, avec un air naturel purement bluffant. Que puis-je faire pour vous ?
- Nous venons chercher un Pokémon pour cette jeune fille ! Annonça Yon d'une voix claire.
- C'est vrai ? Quel est ton prénom, ma petite ?
- Mathilde. Mathilde Edoras.
- Ooooh ! Quel joli prénom ! Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire jusqu'au Professeur Orme !

Ils la suivirent à travers le labo, croisant quelques scientifiques en blouse blanche qui ne firent pas attention à eux. Finalement, ils arrivèrent au fond, et trouvèrent le fameux Professeur. Cheveux longs, habits très stylés et air de dragueur, il était radicalement différent de celui des jeux vidéos, songea Midona. Quand il parla, ce fut d'une voix à la fois profonde et nonchalante.

- Bienvenue ! Tu désires un Pokémon, petite ?
- Oui ! J'en rêve depuis que je suis toute petite ! Sourit Midona avec une bouille affreusement mignonne, jouant elle aussi à la perfection.
- Oh, des visiteurs ! 8D Vous z'allez bien ? Fit une voix dans leur dos.

Ils se retournèrent pour tomber sur un jeune homme, blond, grand et plutôt musclé, armé d'un appareil photo de professionnel. Il était plutôt beau, avec cette sorte de perfection froide mais chaleureuse malgré tout. Oui, il s'agissait effectivement de Yasuko. Il attrapa son appareil, et prit en photo Yon et Midona, avant de faire de même pour la jeune femme. Il semblait photographier tout ce qui bougeait.

- Oui, ça va ! Et vous ? Demanda poliment Yon.
- Très bien ! =D Vous auriez pas vu des lesbiennes dans le coin ?
- Non, pourquoi ?
- Parce que... YURI FOREVER !
- ... Ok... Sinon, je peux avoir mon Pokémon ? Demanda Midona.
- Oui, oui, approche...
- Vous ressemblez à un pédophile, professeur Orme... soupira la jeune femme menacée.
- +1 ! fit Yasuko.
- Écoute Sandra, je ne suis pas assez vieux pour être un pédophile, c'est compris ?
- Oui professeur...
- Bref, on a réparé la machine, alors appuie sur le bou-
- On veut un Pokémon précis, le coupa Yon froidement, tandis que la dénommée Sandra frissonnait.

Il sortit son revolver de sa poche, et le pointa sur la tempe de la pauvre scientifique. Bouche bée, Yasuko et le Prof Orme n'eurent même pas idée de crier.

- Maintenant, fermez la porte pour que personne ne puisse nous entendre, ou je tue votre employée, Professeur Orme, sourit Yon.
- Qu- Que...
- Dépêchez vous.
- Très bien...

Le Prof alla fermer la porte de la petite salle circulaire, et revint, tremblant. Yon souriait, semblant beaucoup s'amuser de la situation.

- Je veux que vous donniez à cette petite un Zorua, exposa le jeune androgyne.
- Un Zorua ?! S'étonna Yasuko.
- Oui.
- Nous n'en possédons pas ! S'exclama le Prof Orme, qui avait perdu sa nonchalance.
- Ne mentez pas, je me suis renseigné. Donnez ce Zorua à cette gamine et dépêchez vous !
- ... Très bien... Sandra, va le chercher.
- J'y vais.

Sandra s'éloigna au fond de la pièce. Le revolver pointait toujours ses omoplates. Elle tapa un code sur l'ordinateur, et une Pokéball apparut au centre de la table. Elle la prit... et la lâcha par terre.

- DRACOLOSSE, ULTRALASER !

Le Pokémon Dragon jaillit. Il n'eut même pas le temps de pousser son cri de sortie que déjà, une nuée de balle l'atteignait en pleine tête. Il s'effondra, sanguinolent, raide mort. Yon était littéralement mort de rire.

- Ahahaha ! Quelle tentative ridicule ! S'esclaffa-t-il. Mais elle a échoué ! Tant pis pour vous ! Maintenant, donnez moi ce Zorua. Et cette fois, si vous essayez de me tendre un piège, c'est votre tête à vous que je viserais, et pas celle du Pokémon.

Sandra était terrorisée. Midona venait de mettre le doigt sur la signification de cette mystérieuse lueur dans ses yeux : la témérité. Sauf que là, elle l'avait perdue. Le Prof Orme, lui, semblait à la fois choqué, apeuré et affligé par la mort du Pokémon. Quant à Yasuko et Midona, ils restaient impassibles.

Sandra revint avec une autre Pokéball, et la donna à Yon. Elle libéra un petit Zorua. Satisfait, il le rappela, et tendit la Pokéball à Midona, qui le remercia à mi-voix.

- Et bien, sur ce, je vais vous laisser ! Merci de votre coopération !

Soudain, sans prévenir, Yasuko lança son appareil photo par la fenêtre. Yon regarda la chose noire voler au loin et s'écraser sans se briser dans la boue, deux cents mètres plus loin. Il haussa les épaules.

- Vous venez de jeter 50 000 Pokédollards par la fenêtre ! Se moqua Yon.
- Spasme nerveux... marmonna Yasuko.
- Bref, on s'en va ! Au revoir !

Midona et Yon sortirent, et traversèrent nonchalamment le laboratoire. Le pistolet de Yon étant un silencieux, les scientifiques ne se doutaient de rien, et vaquaient à leurs occupations.

Ils arrivèrent enfin à l'extérieur, et le vent leur gifla le visage. Yon sortit de sa poche une Hyperball, et la lança. En sortit un grand Libégon. Il eut un sourire.

- Je l'ai fauché au Prof Orme... Pas mal, non ?
- Très beau... complimenta platement Midona.
- Bref, monte, on s'envole vers Ichi !

Les deux montèrent sur le dos du Pokémon, qui se laissa faire, probablement surpassé par la pression qu'exerçait Yon sans le savoir. Ils décollèrent et foncèrent à grande vitesse, cap sur Doublonville. Après cinq minutes de vol, Midona ouvrit la bouche.

- Dit, Yon...
- Oui ma chère Midona ?
- Tu n'as pas peur qu'ils parlent ? Questionna-t-elle, réellement intriguée.
- Pfff ! Aucune chance ! Ricana Yon.

A une centaine de kilomètre de là, le Laboratoire du Professeur Orme explosait, tuant des milliers de Pokémon et une dizaine de scientifiques, dont le Professeur Orme en personne, ainsi que Sandra et Yasuko.

- Tu en est sûr ? Insista Midona.
- Certain !


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MessageSujet: Chapitre 28 : Le tyran, le chapelier, et la bonne soeur.   Mer 28 Déc 2011 - 15:55



- Shuu… bredouilla Cat.
- Oui ? sourit le jeune homme en réponse.
- Comment sais-tu que Break est mort ?!
- Mystère…
- REPONDS MOI PUTAIN ! hurla-t-elle.

Ils étaient toujours dans la pièce à vivre de Doublonville. Cat s’était levée du sofa, et, rageuse, fusillait Shuu du regard. Ce dernier sembla passablement embêté par la réaction de la jeune fille. Doucement, comme s’il était très âgé, il se leva à son tour, et lui fit face.

- Je n’ai pas à te dire comment je le sais, asséna-t-il froidement, martelant chaque syllabe.
- …
- Je le sais. C’est tout.
- … Je te hais… marmonna Cat après un long silence.
- La gentille Cat se serait-elle réveillée ? s’étonna Shuu. Aurait-elle enfin compris que tous les gens ne sont pas roses et innocents ?
- TAIS TOI ! Je sais ce que sont les gens ! Je sais que la vie n’est pas un rêve qu’on traverse tranquillement… Et je sais aussi que tu n’es pas d’aplomb, Shuu ! termina-t-elle, presque gémissante.
- Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? se moqua le jeune homme, sarcastique.
- Tu es fou… Je m’en rends compte maintenant. Tu te voiles la face… Tu tentes de paraître normal, gentil, altruiste… Tu te fais passer pour un petit ange, l’innocence incarnée ! Mais tu n’es qu’un parano… Le coup de la chambre sans dessus dessous, je m’en souviens ! Tu n’es qu’un taré ! Un fou dangereux ! Les types comme toi devraient rester à l’asile, et y crever en silence ! JE TE DETESTE !

Elle pleurait pour de vrai, maintenant. De peur ? D’impuissance ? De tristesse ? D’émotion ? De colère ? Impossible de trancher.

Néanmoins, ses mots transperçaient Shuu, tels des lames acérées qui viendraient toucher ses points vitaux. Cette fille se trompait. Shuu n’était pas fou. Shuu était très équilibré. Il avait des pensées normales. Il était normal. Parfaitement normal. Il avait été envoyé à l’asile par erreur. Cat avait tout faux, mais touchait un point sensible.

Ça, c’était ce que Shuu pensait. Cat n’avait pas le droit de l’insulter de la sorte. Il releva alors la tête, dévoilant un sourire carnassier. Ses yeux lançaient des éclairs. Cat frissonna, toujours sanglotante.

- Je ne suis pas fou, murmura-t-il.
- Si, tu l’es ! Si au moins tu daignais l’avouer… On pourrait faire quelque chose… Mais tu es borné ! Et tu te moques des gens qui ont un passé triste… Tu es un monstre ! Si tu es con à ce point, tu ne mérites même pas de vivre ! cracha-t-elle.

Les mots de Cat étaient amers, et elle le savait. Elle savait qu’elle lui faisait du mal, mais c’était ce qu’elle souhaitait. Cet ignorant, ce garçon complètement fou, se permettait de ricaner d’elle tout en sachant pour le décès de son petit ami. Shuu méritait de souffrir, d’agoniser lentement, de se sentir trahi, de se sentir abandonné, de se sentir menacé. Quelqu’un qui connaissait le passé d’une personne et se permettait d’en rire méritait toutes ces choses, Cat en était certaine.

- Alors je suis fou, hein ? demanda Shuu sombrement.
- Oui tu l’es. Tu es fou, et tu es une personne horrible, sans cœur. Tu te permets de parler de mon passé, c’est impardonnable !
- Ton passé ? Qu’est-ce qu’il a ton passé ? Ton petit ami s’est fait tuer, et alors ? lança froidement le garçon.
- Il est mort de vieillesse ! Il ne s’est pas fait tuer ! hurla Cat.
- Erreur. Mista me l’a dit. Ton petit Xerxes Break a été assassiné. Par ta faute.
- Tu mens… bredouilla Cat.
- Pas du tout. C’est ce que Mista m’a dit. Mista ne ment jamais. Elle ne m’a jamais menti, et m’a toujours soutenu. C’est la personne pour laquelle j’ai le plus de respect…
- BREAK EST MORT PARCE QU’IL ETAIT VIEUX ! explosa-t-elle.
- Et ça ne te choque pas ?! Break n’avait-il pas l’apparence de quelqu’un de 25 ans ? Break n’avait-il pas des pouvoirs surnaturels ? Break ne semblait-il pas décalé ? Break ne surgissait-il pas de nulle part, quand l’envie lui en prenait, et ne faisait-il pas parler et bouger une poupée par Dieu sait quelle magie ? Qu’en conclus-tu ? railla Shuu.

Cat garda le silence. Effectivement, vu comme ça, avec le recul, cela paraissait incroyable. Mais elle ne voyait pas où il voulait en venir. Le jeune garçon se rapprocha de l’oreille de la jeune fille, et susurra d’une voix douce :

- Break… était un voyageur des mondes.


Kanon courrait à toute vitesse, comme elle seule en avait le pouvoir. Tel un bulldozer, elle fonçait sans réfléchir, creusant un énorme sillon de vide au milieu des arbres. Son ouïe désormais hors du commun percevait sans problème les bruits de pas du Tyranocif. « Bizarre, la lopette ne hurle pas… Il a du l’assommer… » songea Kanon.

Soudain, les bruits de pas s’arrêtèrent. « Il fait une pause ?! Non, il doit être arrivé à sa caverne… » Elle suivait maintenant les empruntes au sol, faute de pouvoir suivre les sons. Bientôt, la jeune femme déboucha sur un amas de roches. Ce n’était pas tout à fait une montagne, mais plutôt une colline chargée de calcaire, ce qui n’empêchait pas les chênes d’y pousser. Kanon commença l’ascension avec l’aide de ses mains, car le dénivelé était assez impressionnant et il s’agissait plus de grimper qu’autre chose.

Il faisait plutôt froid, et le vent balayait les hauteurs. Kanon, très peu habillée, frissonnait. Avouer qu’elle avait froid, même mentalement, aurait prouvé qu’elle était vulnérable, faible, et elle rejetait donc cette idée. Elle progressait tout de même très vite. Finalement, elle débarqua sur un petit plateau à flanc de colline. Collée à la roche, on voyait l’entrée d’une caverne, sûrement de taille assez conséquente. La jeune fille renifla l’air, et des effluves du parfum de Kentin lui parvinrent. Elle ramassa une pierre tranchante, plus pour la forme - en soi, elle n’en avait pas vraiment besoin – et pénétra à l’intérieur.

L’obscurité était quasiment totale. Déjà qu’à l’extérieur, le soleil était voilé par quelques nuages, à l’intérieur, on n’y voyait pas à deux mètres. Bien que la plupart des sens de Kanon aient été améliorés par la découverte de sa « Lueur », sa vision, elle, restait inchangée. Si la jeune femme avait eut un peu de jugeote, elle aurait sortit son Malosse pour éclairer la pièce. Seulement, elle semblait avoir oublié l’existence de ce dernier, bien qu’elle ait encore sa Pokéball accrochée à sa ceinture.

Elle ramassa un bout de bois à terre, et lança sa pierre tranchante contre le mur. Elle explosa, libérant une gerbe d’étincelle qui mit le feu au bâton. « Ca ne tiendra pas longtemps, je ferais mieux de me dépêcher… » songea-t-elle en se remettant en marche. L’odeur de Kentin devenait plus forte au fur et à mesure qu’elle s’approchait. « J’y suis presque ».

Elle déboucha alors dans une salle immense, de la taille d’une église. Une grotte énorme, décorée de stalactites et de stalagmites. Au centre, le Tyranocif. Dans ses bras, Kentin, assommé. Le Pokémon Dragon se tourna en direction de Kanon. Il poussa un rugissement, et lança Kentin à terre, derrière lui. Puis, il envoya un puissant Vibrobscur.

La lutte commença. Kanon contrait ses attaques avec sa puissance psychique, mais elle avait particulièrement du mal avec les attaques Ténèbres et Spectres. La plupart du temps donc, elle esquivait, et tentait de se rapprocher du Tyranocif. C’était extrêmement difficile, car le Pokémon possédait à la fois des attaques spéciales et des attaques physiques, et elle devait maintenir sa torche pour ne pas sombrer dans l’obscurité. Elle eut soudain une idée. Elle se plaça derrière un stalagmite (ceux qui montent) et envoya une décharge d’énergie. Le pic de roc se détacha du sol et vint violemment frapper le Tyranocif, prit par surprise.

Elle profita de cette diversion pour lui décocher une dizaine de coups enchaînés à une vitesse fulgurante. Néanmoins, le Pokémon avait une peau dure comme la pierre, et il ne sentit quasiment rien. Aussi, il envoya bouler la pauvre Kanon avec un surpuissant Ultralaser. Kanon tenta de le contrer avec ses pouvoirs, mais l’attaque était trop puissante. Elle parvint tout de même à dévier l’attaque suffisamment pour qu’elle ne l’atteigne pas en pleine face.

La jeune femme eut du mal à se relever, et une douleur fulgurante lui lacérait le bras gauche. Un rapide coup d’œil lui permit de constater qu’il lui manquait l’annulaire et l’auriculaire. Elle frissonna, détourna son regard de la plaie sanguinolente, et se reconcentra sur le combat. « Il est fort… Suffisamment fort pour passer à travers ma protection sans utiliser d’attaque Ténèbres ou Spectres… Il faut que j’en finisse vite. » Sa torche était tombée trop loin pour qu’elle puisse la ramasser, mais heureusement, elle ne s’était pas éteinte.

Kanon fit un bond spectaculaire, et atterrit sur la tête du Tyranocif. Elle libéra alors toute sa puissance de répulsion. L’effet fut plutôt impressionnant ; le Pokémon Dragon s’enfonça dans la roche calcaire comme si c’était du beurre, écrabouillé par la puissance de Kanon. Cette dernière profita de l’immobilité de ses jambes pour le frapper à nouveau, mais il lui attrapa la main de sa poigne puissante.

- Merde ! Il va me…

Prise au piège, Kanon tenta de le faire lâcher en concentrant son pouvoir au niveau de sa main droite, mais rien à faire. Le Tyranocif chargeait maintenant un Ultralaser à bout portant, sans doute mortel. C’est alors qu’un faible gémissement se fit entendre. Il s’agissait de Kentin, qui tentait de dire quelque chose.

- Kanon… Uti… lise… tes… Pokémon… bredouilla-t-il difficilement.

C’est alors qu’un déclic se fit à l’intérieur de la jeune fille. Spouf. Son petit Spouf. Son Pokémon. Les souvenirs affluèrent et submergèrent Kanon. Sa rencontre avec le jeune Malosse, au laboratoire du Professeur Orme.

Leur combat contre Jû, quand Kanon lui avait ordonné Lance-Flammes alors qu’il ne connaissait pas cette attaque. A l’arène de Mauville, où ils avaient triomphé haut la main avec l’aide du Magicarpe de Bleuts. Leurs entraînements quotidiens, aussi, qui avaient fait de Spouf un pro de la course à pieds. Tant de moments qu’elle avait oublié, aveuglée par la puissance qu’elle recherchait.

Elle se rendit soudainement compte que c’était Spouf, sa vraie puissance. Alors, de sa main gauche où il manquait deux doigts, elle laissa tomber la Pokéball du Malosse au moment où elle allait mourir.

Le Pokémon Feu en sortit, en pleine forme. Quand il vit l’état de sa maîtresse, il n’hésita pas une seule seconde et mordit violemment le bras qui retenait Kanon prisonnière avec une attaque Crocs Feu. Le Tyranocif hurla de douleur, et lâcha la jeune femme. Celle-ci recula à une saine distance du Dragon.

- Spouf, Crocs Feu encore une fois !

Le Malosse mordit de nouveau le Tyranocif, mais celui-ci le rembarra à coup de Vibrobscur.

- Bon ben, on va essayer un truc… Lance Flammes !

Spouf hocha la tête, et se concentra tandis que le Tyranocif s’approchait dangereusement. Une gerbe de flammes sortit alors de la bouche du Pokémon et le Tyranocif s’effondra, carbonisé par l’attaque. Cependant, avant de tomber vraiment K.O., le Pokémon dragon lança une puissante attaque Séisme, et Spouf morfla. Enfin, le Tyran rendit l’âme. Spouf se mit alors à briller.

- Spouf ? Ca va ?

On ne distinguait plus que la silhouette du Pokémon Feu. Il doubla de volume, une longue queue lui poussa tandis que des cornes sortaient de sa tête. Enfin, tout s’arrêta, et Kanon était désormais en possession d’un magnifique Démolosse. Fou de joie de retrouver sa maîtresse, Spouf lui sauta dans les bras. Kanon hésita alors. Le repousser avec ses pouvoirs ou le laisser venir ?

Après un dilemme intérieur d’une demi seconde, la jeune femme opta pour la deuxième solution. Kanon venait de récupérer son cœur blanc.

- Spouf… Je suis de retour ! sourit-elle.

Le Pokémon sourit à son tour. Mais il y avait tout de même un petit bémol, tellement cliché que l’auteur avait honte de l’écrire. La grotte s’effondrait suite au Séisme du Tyranocif.

- … Et merde…


- Mesdames et messieurs, merci de votre patience ! Et maintenant, en exclusivité sur Johtevent, la demi finale du fabuleux concours de Rosalia ! Le premier com-

Sangriaz s’arrêta soudainement de parler. Elle se figea complètement, telle une statue. Les gens s’inquiétèrent, mais il n’y avait pas de quoi ; elle recevait simplement une info de dernière minute à travers son oreillette. Elle afficha une mine horrifiée exagérée, et reprit la parole.

- Et bien… Mesdames et messieurs, je viens de recevoir une terrible nouvelle… Il s’agirait d’un attentat criminel à Bourg-Géon. Le laboratoire du Professeur Orme aurait explosé il y a quelques minutes, faisant dix morts humains, dont le Professeur Orme. Des centaines de Pokémon dans des Pokéball ont été tués. On ignore encore l’auteur de cet attentat.

Les spectateurs restèrent bouche bée, puis les rumeurs commencèrent déjà à se propager. « C’est les chapeliers, c’est certain… » « J’en suis persuadé, qui d’autre tenterait de faire une chose pareille ? » « D’autant plus que le Laboratoire était équipé de détecteur de bombe, de caméras de surveillance, d’alarmes… Incroyable ! »

- Mesdames et messieurs, je vous demande d’accorder une minute de silence pour les victimes de cet attentat.

Alors que tout le monde se taisait et priait, pour certains, Sangriaz se rapprocha lentement du bureau du jury. Elle glissa subtilement à Drew :

- Vous êtes libre ce soir ? demanda-t-elle dans un murmure.
- Pas pour vous, en tous cas, rétorqua Drew sur le même ton.
- … Et voilà, la minute de silence est passée ! annonça-t-elle bien fort, remontée, alors que cela ne faisait que trente secondes.

En coulisse, Mey et Mentaline étaient à la fois choquées et contrariées. Un nouvel attentat, et on les accusait déjà. Enfin, pas forcément elles, étant donné que tout le monde savait qu’elles ne pouvaient pas être à deux endroits à la fois. Mais Shuu, Cat, Kanon et Bleuts… Et également ces fameux Justine et Glenn. Les deux jeunes femmes avaient entendu ça à la télé, en même temps que l’annonce de l’effondrement de la Tour Radio.

Silver avait déjà entendu parlé de Justine, qui avait la réputation d’être une excellente dresseuse. C’était donc une bonne chose qu’elle voyage avec Shuu et Cat. Quant à Glenn, personne ne le connaissait avant l’incident, même pas de nom.

Silver, dans les gradins, stressait pour ses amis. Killian, lui, était plutôt soulagé. « Dieu merci pour mon éthique, Silver est innocent… ».

- Et maintenant… Place aux matchs de demi-finale ! Le combat opposera la Team Godmishuu….

En coulisse, les deux bonnes sœurs soupirèrent.

- Face à… Nozomi Devil !

Cela promettait. Nozomi avait l’air toute excitée de faire ce combat, sûrement parce qu’il était rare qu’elle tombe sur un adversaire puissant. Les trois personnes s’avancèrent sur la scène. Nozomi à gauche, la Team Godmishuu à droite.

- Et mesdames et messieurs, nous avons une nouveauté ! Et oui, pour pimenter encore plus les combats qui vont suivre, le jury à décider de supprimer le décompte des points, pour que l’on ait droit à une victoire par K.O. ! Et maintenant, mesdemoiselles… Commencez !
- Brouhabam ! Monaflémit ! envoya Nozomi.

En coulisse, Mey et Mentaline avaient un air blasé. « Pourquoi faut-il qu’elle ait des Pokémon aussi ABUSES sérieux ?! ».

- Un utilisateur d’Anti-Bruit… marmonna Sœur Shana.
- Plutôt embêtant, en effet. Vous voulez contrer nos Eoko, je présume ?
- Vous présumez bien.
- Et bien nous sommes au regret de vous annoncer que nous n’avons pas l’intention de perdre. Leuphorie, c’est à toi, que le Saint Godmishuu te bénisse ! Amen-le-café !
- Togekiss, ange du bonheur, répand le Shisme à travers nos cœurs ! envoya Sœur Chapy.

Bref, c’était Brouhabam et Monaflémit contre Togekiss et Leuphorie. Le match promettait d’être intéressant.

- C’est parti !
- Brouhabam… Mégaphone ! Monaflémit, Marto-Poing chur Leuphorie !

« Wouah, si le Pokémon avec la meilleure attaque du jeu frappe Leuphorie - qui a la pire défense du jeu - avec une attaque combat… Il le défonce ! » songea Mentaline.

Visiblement, les bonnes sœurs avaient elles aussi saisi l’ampleur du danger.

- Leuphorie, Lilliput puis esquive ! Ne laisse pas les créatures du Diable emporter ton cœur pur comme de l’eau cristalline qui court dans un torrent glacé ! ordonna Sœur Shana.
- Togekiss, Cage Eclair sur Monaflémit ! Immobilise cette abomination !

L’effet fut plutôt radical. Le Togekiss paralysa Monaflémit, tandis Leuphorie divisait sa taille par deux. Résultat, Monaflémit rata son attaque et abattit son poing dans le sol. Pendant ce temps, Leuphorie encaissait sans problème le Mégaphone de Brouhabam.

- Togekiss, Aurasphère sur Brouhabam ! Le pouvoir de l’aura révelera le mal qui est en chacun ! Amen-le-café.
- Oui, Amen-le-café. Leuphorie, Toxic sur Brouhabam !
- Grr… Abri, Brouhabam !

Les attaques rebondirent sur sa protection, tandis que Monaflémit roupillait tranquillement. Mey s’en étonna.

- Pourquoi il n’attaque pas ?
- C’est la capacité spéciale Absentéisme… Il n’attaque qu’une fois sur deux. Le reste du temps, il dort.
- Mais c’est nul !
- Le truc, c’est que quand il tape, il défonce tout.
- Ah.

Monaflémit se réveilla enfin. Des deux côtés, presque personne n’avait pris de dégâts.

- On va ch’y prendre autrement… Monaflémit, Retour ! Brouhabam, Déflagration !
- Leuphorie, Liliput à nouveau, esquive !
- Togekiss, Aurasphère sur Monaflémit !

Leuphorie avait désormais la taille d’un ballon de foot, sauf qu’en réalité, l’attaque Retour du Monaflémit ne visait pas Leuphorie, mais Togekiss. Le singe fonçait à grande vitesse, éclatant les Aurasphères avec un simple revers de la main. Il percuta le Pokémon Célébration qui, malgré sa bonne défense, le sentit passer. Leuphorie voulut encaisser l’attaque Déflagration à la place de son partenaire, mais il était désormais trop petit pour la contenir entièrement. Il y eut une grosse explosion, et le Togekiss en ressortit au bord du K.O.

- Pas mal, Sœur Nozomi.
- Merchi du compliment.
- Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour nous battre. Nous ne sommes pas vraiment très loyales dans notre façon de combattre et... Nous avons pour habitude de compter sur la chance que nous apporte le Saint Godmishuu, expliqua Sœur Chapy.
- Donc… Nous passons en mode « Essayez toujours d’attaquer, vous échouerez à chaque fois ». Leuphorie, Vibra Soin, soigne ce pauvre Togekiss avec tes pouvoirs divins. Amen-le-café.
- Togekiss, Cage Eclair sur Brouhabam.
- Brouhabam, Déflagration encore !

Le Togekiss paralysa Brouhabam avec un petit éclair. Ce dernier, les muscles paralysés, ne put attaquer. Pendant ce temps, Leuphorie soignait Togekiss.

- Togekiss, Lame d’Air sur Monaflémit !
- Leuphorie, E-Coque !
- Monaflémit, Marto Poing ! Brouhabam, Ultralaser !

La Lame d’Air atteignit Monaflémit en pleine face. Il ne sentit pas grand-chose, mais fut apeuré, et n’attaqua pas. Leuphorie se soigna et encaissa sans broncher l’Ultralaser. Nozomi était en train de se faire laminer.

- Brouhabam, gagne un tour ! Abri !
- Leuphorie, E-Coque !
- Togekiss, Clonage !
- Tchhh…

Pendant que Brouhabam se protégeait, Leuphorie se soignait et Togekiss se clonait avant de disparaître.

- Brouhabam, Poing Eclair sur Togekiss, il faut détruire le clone ! Monaflémit, Retour !
- Togekiss, Lame d’Air ! sourit Sœur Chapy.
- Leuphorie, Lilliput !

Le Leuphorie esquiva sans peine le Monaflémit lancé à grande vitesse. Quant à Brouhabam, ses muscles étaient paralysés momentanément, et il ne put donc pas attaquer. Pendant ce temps, des Lames d’Air surgissant de nulle part le faisait souffrir.

- J’en ai marre ! éructa Nozomi. Brouhabam… Euh… Purée ! Poing Eclair sur Leuphorie !
- Leuphorie, Lilliput encore une fois !
- Togekiss, Aurasphère.

Dans son sommeil, le pauvre Monaflémit se faisait larder d’Aurasphères. Brouhabam, quant à lui, rata évidemment son attaque. La Team Godmishuu imposait son rythme, un rythme lent et particulièrement frustrant. Togekiss et Leuphorie étaient tous deux en pleine forme, tandis que les adversaires commençaient à s’essouffler.

- Brouhabam, Ultralaser !
- Encaisse Leuphorie !
- MAINTENANT, MONAFLEMIT !

Immobilisée car obligée de contrée l’Ultralaser, Leuphorie ne put esquiver la surpuissante attaque Marto Poing qui s’abattit sur elle. Elle tomba immédiatement K.O.

- … Je vois… Vous êtes forte, Nozomi Devil. Mais ça ne suffira pas.
- Oh que non, renchérit Sœur Shana. Je compte sur vous, Sœur Chapy.
- Faites moi confiance. Togekiss… Reflet.
- Brouhabam, défonce moi ce clone avec Poing Eclair ! ordonna Nozomi.

Le Poing, cependant, traversa un simple Reflet. Le vrai Togekiss apparut derrière, et le mitrailla à coup d’Aurasphères. Brouhabam s’effondra au sol, K.O.

- Ce qui nous fait donc un K.O. partout ! annonça Sangriaz. Que nous réserve la suite ?
- C’est la fin ! lança Nozomi. FEINTE !

En coulisse, Mentaline hochait la tête. « Feinte est une attaque qui n’échoue jamais… Et avec l’attaque monstrueuse de Monaflétif elle mettre K.O. le Togekiss presque à coup sûr ! »

Le Monaflémit disparut et réapparut en l’air, ayant visiblement choisi le vrai Togekiss parmi tout ses Reflets. Il décocha un énorme coup de poing, et la Togekiss valsa et s’écrasa contre le mur d’en face… avant de s’évaporer. Nozomi n’en revenait pas. « Merde… C’était le clone ! ».

Le vrai Togekiss jaillit alors de nulle part et lança une pluie d’Aurasphère dans le dos du Pokémon paresseux. Il ne résista pas longtemps et s’effondra, dévasté.

C’était une victoire sans appel de la Team Godmishuu.


- Voici Doublonville ! annonça fièrement Yon.
- Magnifique, fit Midona, froide comme à son habitude.

En fait, ils fonçaient vers une espèce de bulle rose qui entourait la ville. L’esprit vif de Midona comprit vite qu’il s’agissait d’une barrière psychique, mais elle n’avait aucune idée de comment ils allaient la traverser. Elle ne posa cependant pas de question ; après tout, c’était le problème de Yon, pas le sien. Elle ne se sentait pas concernée par les crimes qu’il commettait, même si ceux-ci étaient atroces.

Après sa tentative dans le Laboratoire de Mista, Midona n’avait plus jamais tenté de s’enfuir. Et même quand elle avait essayé pour la première fois, elle n’avait qu’un maigre espoir que ça fonctionne. Mais elle avait eut ce qu’elle voulait ; elle connaissait désormais les facultés de Yon, et de ce fait, pourrait mettre au point un plan d’évasion quand ils arrêteraient de voyager partout.

Les voilà donc devant la barrière, en vol stationnaire. Yon annonça à vive voix.

- Unlock !
- Ouverture. Reconnaissance vocale : Yon-sama, fit l’habituelle voix métallique émanant de la MeeticMontre. Que voulez vous faire ? 1. Appeler quelqu’un. 2. Utiliser Pokédex 3. Vérifier vos Message Privés sur Meetic. 4. Utiliser Laser. 5. Fusée de détresse. 6. Utiliser grappin. 7. Utiliser Caméra. 8. Utiliser Shurikens. 9. Back. 10. Quitter.[i/]
- 1.
- [i]Qui voulez-vous appeler ? 1. Reconnaissance vocale. 2. Répertoire.

- 1 encore une fois, et Ni.
- Ni, répéta la montre. Appel en cours… Veuillez patientez.Connexion établie.[i]
- « Ouais allo ? » fit une voix très grave à l’autre bout du fil.
- Ni ? C’est moi, Yon. Je suis devant la Grande Barrière Psychique.
- « Tes coordonnées ? » questionna Ni.
- Altitude, 325 mètres, 120 mètres à gauche du Pilier Cardinal Ouest, annonça Yon.
- « Ouais, j’vois où c’est. J’t’ouvre. »
- Hmm.

Un trou de la taille d’une main s’ouvrit alors dans la barrière rose, juste devant eux. Yon en attrapa les bords, et l’étira suffisamment pour que le Libégon puisse passer. Ils traversèrent donc, et la barrière se referma derrière eux. Les voilà à Doublonville.

Vu de haut, c’était très impressionnant. Doublonville avait un petit air de New-York, en moins gros cependant. Les gratte-ciels imposants dominaient la ville, et certaines tours se distinguaient par leur design étonnant. Il n’y avait pas une seule maison, seulement des immeubles résidentiels. Il était d’ailleurs très étrange de remarquer qu’il n’y avait pas de route, et encore moins d’autoroute. Et maintenant qu’elle y pensait, Midona n’avait jamais vu beaucoup de voitures dans le jeu. Il y avait certes quelques camions dans Noir et Blanc, mais jamais dans les villes. Elle décida de poser la question à Yon.

- Yon ?
- Oui ma chère Midona ? répondit-il.
- Pourquoi n’y a-t-il pas de route ?
- Les transports ont évolué, ici, contrairement au monde Réel. Ils voyagent tous en train ou en métro, avec de l’énergie électrique sans dommage pour l’environnement.
- Je vois…
- Là-bas, t’as le Quartier Général des Echoes… fit-il en montrant du doigt un immense bâtiment cubique à l’aspect blindé. Et les trois plus grands immeubles reliés par des passerelles, c’est notre destination, le Siège National de la Police, expliqua-t-il.

« La police ? Il m’a tout l’air d’un criminel, qu’est-ce qu’il veut foutre dans la police ? » Mais ils se dirigeaient bel et bien vers trois gratte-ciels qui dominaient la ville, placés en triangle. Effectivement, ils étaient tous reliés par des sortes de tubes en verre, sûrement pour pouvoir passer sans problème de l’un à l’autre. Le Libégon de Yon atterrit sur l’héliport du Siège National de la Police. Il n’y avait pas un chat à part eux, le toit était désert, mais le vent fouettait violemment les deux personnes. L’androgyne rappela le Libégon.

- Bon. Ni, tu me reçois ?
- « Cinq sur cinq, abruti. » soupira la voix grave de Ni.
- Je suis sur le toit du troisième immeuble. Je vais où maintenant ?
- « Troisième immeuble… Attend, je te calcule un itinéraire. Au fait, t’as la gamine ? »
- Ouais, c’est bon. Elle est avec moi.
- « Elle est comment ? » questionna Ni.
- Ben, elle est très froide, et elle a du caractère. Elle a essayé de me flinguer, et elle y a mit du cœur, en plus.
- « Tant mieux. Vu le rôle qu’elle va devoir jouer, autant qu’elle ait quelques capacités. »
- Quel rôle ? ne put s’empêcher de demander Midona.
- « Tu le sauras dans cinq minutes. Je t’envoie l’itinéraire, Yon. »
- Tanx bro’.
- « Pas d’quoi. »

L’écran de la MeeticMontre de Yon se déploya, laissant apparaître un plan de l’immeuble en hologramme. Une ligne rouge indiquait le chemin qu’ils devaient suivre. L’androgyne soupira.

- Bon, écoute, très chère Midona. Il ne faut surtout pas qu’on se fasse repérer à l’intérieur du bâtiment. Là nous sommes sur le toit, et Ni nous a désactivé les caméras, donc on ne risque rien. Mais à l’intérieur… Donc ce qu’on va faire, c’est que tu vas grimper sur mon dos.
- Pourquoi faire ? questionna Midona, bien qu’elle connaissait déjà la réponse.
- Comme ça je pourrais user de ma super vitesse, et personne ne nous verra passer.
- D’accord.

Elle fit un petit bond svelte, et s’accrocha au dos de Yon à la manière d’un koala. Celui-ci s’avança vers l’escalier, prit son élan et… fonça. Ce fut une épreuve très étrange pour Midona. Ils allaient si vite qu’elle avait l’impression de voir flou. Les murs, les objets, les personnes, tout devenait de vulgaires traînées de couleur. De temps en temps, elle se retrouvait dans une position horizontale, parallèle au sol, mais cela ne durait qu’un centième de seconde. Elle en déduit que dans les virages, pour ne pas trop ralentir, Yon courait sur les murs. Elle bénit le ciel de lui avoir accordé un estomac solide.

Enfin, tout s’arrêta, d’un seul coup. Ils étaient devant un ascenseur qui affichait le numéro zéro. Yon fit descendre Midona, qui eut du mal à ne pas tomber, tant elle avait perdu ses repères.

- Yon… Y’a combien d’étages à cet immeuble ? demanda-t-elle en titubant.
- Euh… 294 si ma mémoire est bonne.

Midona déglutit difficilement. 294 étages en seulement 32 secondes. Une telle vitesse allait être difficile à déjouer, même avec un plan en béton.

- Ni ?
- « Ouais ? »
- Je suis devant l’ascenseur. J’appuie où ?

En effet, il y avait un nombre de bouton assez considérable. En regardant de plus près, les boutons indiquaient des salles telle que « Salle de Réunion » ou encore « Bureau des Enquêtes ». Elle en déduit que cet ascenseur, ainsi que les autres du Siège National de la Police étaient des sortes de « Grands Ascenseurs de Verre » comme celui de Charlie et la Chocolaterie, qui pouvaient aller aussi bien en haut et en bas qu’à droite et à gauche.

- « Appuie sur ‘Toilettes 3ème Etage’, puis sur ‘Hall des Objets Trouvés’ et enfin deux fois de suite sur ‘Bureau d’enquête sur les Chapeliers’. » indiqua la voix de Ni.
- Ok.

Yon s’exécuta, et l’ascenseur s’ouvrit. Ils pénétrèrent à l’intérieur. C’était un ascenseur plutôt basique mais beau, avec des parois en inox très design. Il y avait un autre boîtier, avec des chiffres et une longue fente, visiblement pour y glisser une carte.

- « Tape ton code d’appartenance à l’Armada Zu, suivi de tes deux numéros de téléphone et de la date de naissance de ta mère. Puis colle ta MeeticMontre au boîtier, y’a un détecteur dedans. »

Ce qu’il fit. Il tapa toutes une série de chiffres à trop grande vitesse pour l’œil de Midona, et colla son poignet au boîtier. Aussitôt, une voix métallique semblable à celle de la MeeticMontre émana d’un haut parleur installé au dessus du boîtier.

- [i]Bienvenue au quartier général de la Meetic Organisation, Yon-sama. Veuillez décliner l’identité de la personne qui vous accompagne.

- Midona Milkya.
- Identité valide. Bonne descente.


- Et maintenant, le match tant attendu opposant la Team Rainbow à la Team White Angel va commencer ! Veuillez envoyer vos Pokémon !
- Et bien, nous nous retrouvons face à face… soupira Flora.
- On vous aime bien, hein ! Mais on vous fera pas de cadeau ! sourit Crystal avec un clin d’œil.
- Nous non plus ! affirma Mey, tandis que Mentaline hochait la tête.
- Très bien, dans ce cas, passons un bon moment ! Feuforêve, c’est à toi ! dit Crystal.
- Givrali, en avant !
- Oh ! Flora Mirajane vient de sortir son légendaire Givrali ! Couplé à la maîtrise parfaite de Feuforêve, ça risque de chauffer ! lança Sangriaz.
- Bon ben… Steel, à toi ! lança Mey.
- Steel ? s’étonna Mentaline.
- Il n’a pas encore combattu, et il a de bonnes résistances… se justifia-t-elle.
- Bon ben dans ce cas, Smooth, c’est à toi !

Le match allait donc opposer Givrali et Feuforêve à Airmure et Evoli. Mentaline n’attendit pas qu’il se mette à neiger, et démarra illico.

- Smooth, Coup d’main !
- Airmure, Aile d’Acier !

Les ailes du Pokémon se mirent à briller et ainsi lancé, il percuta violemment le Givrali adverse. Le Pokémon des neiges morfla, mais se releva sans trop de peine.

- Blizzard !
- Feuforêve, Balles Ombre !
- Smooth, contre avec Vive-Attaque !
- Airmure, Atterrissage !

L’attaque Blizzard, surpuissante, toucha les deux Pokémon adverses. Les Balles Ombre, accélérées par le Blizzard, furent vites contrées par la Vive Attaque de Type Normal. Airmure avait souffert de l’attaque glace, mais il se régénéra en atterrissant.

- Pas de temps mort ! Psyko !
- Combinée avec Eclats Glace !
- Esquive avec Vive Attaque !
- Airmure, contre avec Tranch’Air !
- Inutile !

Les morceaux de glace, contrôlés par Psyko, suivaient les deux Pokémon comme des missiles à tête chercheuse. Airmure en détruisait quelques uns avec ses disques de vent, mais la majorité les suivait.

- Smooth ! Retour !

L’Evoli contra les Eclats Glace en s’enveloppant de boules lumineuses. Airmure éclata celles qui restaient avec Aile d’Acier.

- L’offensive maintenant ! Vive Attaque combinée avec Puissance Cachée !
- Puissance Cachée… marmonna Flora. Bon, comme on peut pas savoir le type… Voile Miroir !
- Erreur !

Givrali se mit à briller, prêt à renvoyer l’attaque spéciale qui se présenterait. Sauf qu’il se prit une Vive Attaque. Il ne sentit pas grand-chose, mais son Voile Miroir disparut. La Puissance Cachée, de type Spectre en vue de la couleur du rayon, rétama sévèrement le Givrali. Flora jura.

- Feuforêve ! Rayon Gemme sur Airmure !

Le Pokémon créa un rayon multicolore qui vint heurter le mur. C’est alors, et c’était là la particularité de l’attaque Rayon Gemme, que le rayon se durcit et devint une colonne en pierre précieuse. Du cristal, pour être précis. Il n’atteignit pas Airmure, qui esquiva au dernier moment.

- Givrali, prend appui et frappe le avec Laser Glace !
- Feuforêve, immobilise Airmure avec Psyko !
- Merde ! jura Mey.
- Smooth, Puissance Cachée sur Feuforêve ! ordonna Mentaline.

Le Givrali commença à courir sur le cylindre en cristal, arrivant juste au niveau d’Airmure. Il sauta, tandis qu’Airmure ne pouvait rien faire, immobilisé par Psyko. Alors que le Givrali allait lui asséner un Laser Glace en plein dans la colonne vertébrale, la Psyko se relâcha, et Airmure se décala juste à temps. Son aile droite était néanmoins touchée.

C’était Evoli qui l’avait sauvé. Son rayon sombre avait sérieusement amoché Feuforêve, qui avait stoppé sa Psyko.

- Smooth, Jet de Sable !
- Airmure, Tranch’Air !

Alors que le pauvre Feuforêve n’y voyait plus rien, des disques aériens vinrent le transpercer de toute part. Il n’était pas encore vaincu, mais c’était pour bientôt.

- Feuforêve ! gémit Crystal.
- Bon, finit de jouer, on passe aux choses sérieuses… grommela Flora.
- Je te couvre ma chérie ! lui fit Crystal avec un clin d’œil.
- Givrali, Grêle !
- On en profite, Mey ! Smooth, Vive Attaque sur Givrali !
- Aile d’Acier, Airmure !
- N’y comptez même pas ! Psyko sur Airmure !

L’attaque psychique stoppa Airmure en plein vol et l’envoya percuter Evoli. Les deux valsèrent, tandis que Givrali avait fini de lancer la grêle. Une tempête de neige s’abatait maintenant sur la Scène entière, et la visibilité en était réduite.

- Givrali… Blizzard !
- Feuforêve, Balle Ombre !

Les deux attaques combinées ravagèrent littéralement le terrain. Evoli et Airmure furent envoyés bouler, et restèrent cloués au mur durent tout le temps de l’attaque adverse. La déferlante de neige couplée à de l’énergie obscure était effrayante. Une sorte de neige noire qui faisait morfler tout ce qu’elle touchait s’abattait sur le terrain. Sangriaz fut éjectée, et atterrit dans les bras de Drew… qui la laissa tomber au sol.

- Goujat ! l’insulta-t-elle.
- Sale pucelle rejetée de la société ! répliqua Drew, remonté.
- Ejaculateur précoce coureur de jupons ! s’énerva Sangriaz.
- J’adore vos fringues ! railla Drew. C’est quelle décharge ?
- Enculé !
- Euh… vous êtes à l’antenne… intervint un caméraman.
- ON VOUS A PAS SONNE, VOUS ! firent les deux d’une même voix.
- Smooth, tu peux te relever ? s’inquiéta Mentaline.
- Steel, ça va ? gémit Mey.

Il était trop tard pour Steel, complètement K.O. Evoli semblait à bout, et avait du mal à se relever.

- Smooth, tu peux le faire, courage mon chou !
- Evooo…
- Allez, vas-y ! Tu vas le faire, je sais que tu peux le faire !
- EVOOO ! (EVOOOOOLUTION !)

Le petit Pokémon se mit alors à briller. Flora haussa les sourcils, l’air de dire « LOL ? ». Mais non, ils ne rêvaient pas, le Pokémon était désormais un magnifique Mentali au poil soyeux. Mey non plus n’en revenait pas.

- Deux évos dans le même chapitre, il a prit quoi l’auteur ?! s’étonna-t-elle.
- J’en sais rien, mais c’est tout bénef’ ! Puissance Cachée sur Feuforêve !

Comme on s’y attendait, le rayon obscur eut raison du Feuforêve, qui s’effondra. Crystal soupira et le rappela.

- Tout repose sur toi, honey… murmura-t-elle à Flora, qui eut un sourire.
- Je vais gagner, ne t’inquiète pas… Evolition contre évolition, hein ? Très bien… Voyons qui est la plus forte de nous deux ! sourit Flora.
- Oui… répondit Mentaline. Choc Mental, Smooth !
- Givrali, Laser Glace !

Déconcentré par Choc Mental, l’attaque Laser Glace rata sa cible. Le Mentali semblait un peu régénéré par son évolution, tandis que le Givrali avait quand même prit beaucoup de coups. Néanmoins, la tempête de neige l’avantageait. « Mes attaques sont moins précises… songea Mentaline. Je dois privilégier les attaques à haute précision, pas trop influées par le vent… »

- Météores !
- Ridicule ! Eclats Glace !

Les deux attaques se percutèrent. Le Givrali était clairement plus puissant, et les morceaux de glace vinrent frapper Mentali. Les deux Pokémon étaient à bout de souffle, désormais.

- Givrali… On fit en beauté ! TSUKI SHIRO ! hurla Flora.
- Tsuki Shiro ?! s’étonna Mentaline. Euh… Esquive !

Mais c’était impossible. Smooth avait les pattes prises dans la couche de glace qui recouvrait le sol, et était donc immobilisé. Le Givrali se mit à courir sur la colonne de cristal créée par Rayon Gemme, sauta, et envoya un surpuissant Blizzard vers le bas tout en tournoyant. Le résultat fut un immense pilier de glace, étincelant doucement. Puis il se brisa, révélant un Mentali complètement K.O.

Mey et Mentaline n’en revenaient pas.

- On a… perdu ? bredouilla Mentaline.
- Oui. Désolée pour vous mais… quand je promets quelque chose à Crystal, je le tiens. Je lui ai dit que je gagnerais, je gagne.
- C’est trop mignon ! éructa Crystal en sautant dans les bras de sa petite amie. I lore ya !
- C’est « I love you », Crystal-chou… soupira Flora.
- Oui ben écoute, c’est dur le Hoennien !

La Team White Angel, dévastée, retourna en coulisse. Nozomi vint les féliciter.

- C’était formidable ! Vraiment formidable !
- …
- Faites pas chette tête là, moi auchi j’ai perdu ! on peu pas gagner à tous les coups, c’est tout ! sourit-elle.
- Ouais. T’as raison ! répondit Mey.
- Hum, acquiesça Mentaline.


Cat s’était figée, choquée. Break, son amour perdu, la personne qu’elle avait le plus aimé au monde, un voyageur des mondes ? Ca n’avait aucun sens. Ils se disaient tout. Elle ne pouvait pas y croire. Ils n’avaient pas de secrets l’un pour l’autre. Aucun. Enfin… presque aucun.

Shuu semblait beaucoup s’amuser de l’incompréhension de Cat. Il eut un petit rire démoniaque, et continua :

- Oui, c’était un voyageur des mondes… Tu es en train de te dire que c’est impossible, n’est-ce pas ? Tu pensais que Break-chou te disait tout ? Et bien non, vois-tu, il avait quelques secrets… Tout comme toi tu as des secrets.
- C’EST FAUX ! NOUS NOUS DISIONS TOUT ! hurla Cat, sortant soudain de sa torpeur.
- Ah ? Et comment expliques-tu ses pouvoirs surnaturels ? fit Shuu d’un air faussement étonné.
- Je… Je… bredouilla la jeune fille.
- Break était un voyageur venu de la Dimension Pandora Hearts. Il a donc conservé ses pouvoirs. Et son éternelle jeunesse.
- TU DIS N’IMPORTE QUOI !
- Au fond de toi, tu sais que j’ai raison… D’ailleurs, avait-il tué son Jumeau Spirituel ? Vous êtes restés combien de temps ensemble ? Un an et demi ? Bizarre, ça correspond au temps que possède un voyageur des mondes… s’interrogea Shuu faussement.

Effectivement, Cat savait qu’il avait raison. Sur toute la ligne. Il n’y avait pas d’autre explication. Mais elle refusait de le croire. D’admettre que Break lui avait fait des cachotteries. D’admettre qu’elle avait été naïve de ne rien remarquer. Et par-dessus tout, d’admettre que ce fou furieux de Shuu avait raison. Et le pire, c’était qu’il continuait à aligner des preuves.

- Tu es en train de te dire qu’il ne s’est pas dissout, comme l’avait fait Kyû… mais quelques jours après sa mort, le corps n’avait-il pas disparu mystérieusement ? Comme s’il s’était… évaporé ?

Là encore, il avait parfaitement raison, et Cat le savait. Quand on avait voulu enterrer le corps de Break, celui-ci avait disparu. Break était un voyageur des mondes. Et accessoirement, il avait caché des choses à la jeune fille. Et elle détestait les cachotteries.

- Break et moi… N’avions pas de secrets l’un pour l’autre… murmura-t-elle, larmoyante.
- Bien sûr… Et le jeune Alexander, alors ? susurra-t-il.

Cette phrase choqua Cat encore plus que le fait que Break soit un voyageur des mondes. « Le jeune Alexander ». Le pire remord de Cat. Comment Shuu pouvait-il savoir une telle chose ? C’était inimaginable. Elle n’avait mit personne au courant. « C’est impossible… Tout simplement impossible… » pensa Cat. Et ses pensées se muèrent en mots.

- C’EST IMPOSSIBLE ! haleta-t-elle. Tu ne peux pas être au courant… Impossible…
- Je sais tout sur toi. Mista et moi-même avons enquêté que chacun de vous, avant notre départ. Elle gardait une partie des recherches secrète, mais elle m’a dit l’essentiel.
- C’est impossible… répéta Cat.
- J’ai tué mon frère. Tout comme tu as tué le petit Alexander.
- C’EST FAUUUX ! hurla-t-elle.

Dans le quartier où habitait Cat vivait un jeune garçon, âgé de 14 ans à l’époque. Toute sa famille avait été tuée dans un terrible accident de voiture. Il habitait seul dans une grande maison. Il n’allait pas à l’école, et travaillait à mi-temps pour pouvoir se nourrir, dans la boulangerie juste à côté du P1 de Cat.

Tous les matins, quand elle allait au lycée, elle le voyait, vide, vendre du pain aux vieux. Il avait une voix constamment morne. L’enthousiasme lui semblait étranger. A cette époque là, Cat n’arrivait pas à comprendre ce garçon. Elle ne saisissait pas pourquoi il s’effondrait simplement parce que sa famille était morte. Lui vivait, après tout, alors autant qu’il en profite.

Oui, l’ancienne Cat n’était pas très intelligente et avait du mal à se mettre à la place des gens malheureux. Il faut dire qu’elle était heureuse, très heureuse. Bien qu’elle n’ait pas encore rencontré Break, elle avait une grande joie de vivre. Elle avait de bonnes notes au lycée, gérait très bien son appartement grâce aux sous de sa mère. Bref, rien à signaler, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Un beau jour, décidemment très intriguée par ce garçon, décida de le faire parler. Un jour où elle n’avait pas lycée, elle s’arma de son porte-monnaie, et se rendit à la boulangerie. Très modeste, elle était petite mais il en émanait une délicieuse odeur. Elle entra, un grand sourire aux lèvres.

- Bonjour ! lança-t-elle avec entrain.
- Bonjour madame, dit le jeune homme.
- Voyons, tu peux m’appeler Cat, je n’ais que 16 ans ! fit-elle avant d’éclater d’un grand rire bruyant.
- Si vous voulez, Madame Cat.
- C’est pas encore ça… soupira la jeune fille. Comment tu t’appelles ?
- Alexander.


Cat était à genoux sur le sol, désormais. Elle pleurait à chaudes larmes. Visiblement, ses nerfs avaient lâché, et elle perdait lentement la raison.

- C’est faux… Je ne l’ai pas tué…
- Et maintenant, la finale opposera… fit la voix de Sangriaz.

Elle émanait de la télé. Cette interruption énerva passablement Shuu. Il sortit son épée en chocolat, et trancha le téléviseur en deux parties bien nettes. Il s’avança lentement vers Cat, toujours effondrée.

- Tu te mens à toi-même… C’est de ta faute s’il est mort… Admet le…
- Non… Je n’y suis pour rien… bredouilla-t-elle.
- Arrête de le nier… Sois en fière ! Affirme toi ! Crie au monde que tu es responsable d’un crime ! s’exclama Shuu avant d’éclater d’un rire de psychopathe.
- Ce n’est pas ma faute… Pas ma faute… Innocente…

Après ce jour, Cat vint le voir chaque matin. Chaque matin, elle lui achetait du pain, et essayait de lui redonner le sourire. En vain. Et elle ne comprenait toujours pas pourquoi il était dévasté à ce point, incapable de se bouger et de profiter de la vie. Un beau jour, alors qu’elle rentrait du lycée, elle l’aperçut, seul dans la boulangerie. Elle entra.

Il avait un couteau à pain dans la main. Une lettre non ouverte était posée à côté de lui. Cat fut alors saisie d’un doute. « Un couteau… Une lettre… Est-ce qu’il serait sur le point de ? »

- Bonjour, fit le garçon, visiblement surpris de la voir.
- Bonjour Alexander ! Ca va ?
- Très bien. J’allais fermer la boutique. Ma patronne était absente aujourd’hui.
- Ah, très bien. Je ressors alors. Passe une bonne soirée !

Cat sortit hors de la boutique. Elle hésita. « Je suis sûre qu’il va faire quelque chose d’horrible… je ne veux pas être mêlée à ça… Je devrais m’en aller, et vite… » Finalement, elle se remit à marcher, avant de s’arrêter net. Elle venait d’entendre un gémissement de douleur. Aussitôt, elle revint sur ses pas en courant. Elle entra dans la boulangerie en quatrième vitesse, et tomba sur la scène la plus atroce qu’elle pouvait imaginer.

Alexander était étendu au sol, agité de spasmes. Ses cheveux blonds comme de la paille étaient tachés d’une substance gluante écarlate, et ses yeux bleus étaient révulsés. Le couteau était posé juste à côté de lui, scintillant, courbé au point de ressembler à un sourire moqueur.

Un flot de sang continu et nourri jaillissait de son poignet. Il s’était tranché les veines. Horrifiée, Cat le vit agoniser lentement, sans rien faire. Elle ne pensa ni à hurler, ni à s’enfuir, ni à faire quelque chose pour arrêter l’hémorragie. Elle observait simplement, tétanisée. Puis, quand il s’arrêta d’avoir des spasmes musculaires et que le sang cessa de couler, la jeune fille s’approcha, tremblante. Il était mort.

Elle se souvint alors de la lettre. Elle se jeta littéralement dessus, et l’ouvrit difficilement, tant ses mains tremblaient.

« A Madame Cat,

merci d’avoir tenté de me redonner le sourire. A l’heure qui l’es je suis surment mort. Je vous remerci des effort que vous avez faits. Ma vie n’avait aucun sens, de toutes fassons. Je devai mourir. Ne vous sentez pas coupable. Et je m’excuse d’avance si vous assistait à ma mort.

Adieu.

Alexander »

Elle s’évanouit.


~~~


Quelques jours plus tard, elle sortait de chez le psychologue, vannée. Cette expérience l’avait traumatisé. Elle marchait lentement, traînant des pieds, le regard dans le vague. Aussi, elle ne vit pas arriver un jeune homme, cheveux blancs et vêtements amples. Ils se rentrèrent dedans.

- Oups ! Désolé ! Un bonbon ?
- Hmmmm… Volontiers !
- Menthe ou citron ?
- Citron ! s’était exclamée Cat.
- Tiens !

Il lui avait tendu le bonbon, qu’elle avait prit et avalé goulûment. Ils s’étaient assis sur un banc, et le gars lui en avait proposé un autre, qu’elle avait mangé avec plaisir.

- Tu t’appelles comment ? avait questionné Cat.
- Break. Xerxes Break.


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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 29 : La souffrance est la petite soeur de la mort   Mer 28 Déc 2011 - 16:00



Cat était par terre, roulée en boule, dévastée. Shuu souriait sadiquement, contemplant sa souffrance.

- Je te déteste... Fouiller dans le passé des gens, c'est ignoble... Tu n'es qu'un connard, Shuu ! Tu m'entends ? Un CONNARD FOU FURIEUX ! Hurla Cat.
- Diantre, aurais-je énervé ta petite personne ? s’étonna faussement Shuu, sarcastique.
- Je ne te supporte pas... D'habitude, tu es gentil et souriant... Mais là, je ne vois qu'un psychopathe !
- D'habitude ? Moi, gentil et souriant ? Tu sais comment ça s'appelle, ça ?
- …
- Ça s'appelle jouer la comédie. S'inventer une fausse personnalité pour se faire accepter... Comme le font la plupart des humains ! S'écria Shuu avec un air un peu dément. Nous devrions bien nous entendre Cat... Après tout, nous sommes tous deux des tueurs...
- TAIS-TOI ! TU es un tueur ! Moi, j'ai juste...
- Commis le crime de non-assistance à une personne en danger ?
- ... Je vais te tuer... murmura Cat froidement.
- Voilà, c'est bien ! Laisse parler ton instinct ! Tente de me tuer ! Laisse sortir la folie destructrice qui est en toi ! Mais si tu essayes de provoquer ma mort... Je serais sans pitié... susurra-t-il.
- TA GUEULE !

Elle se releva difficilement, pas encore bien remise de ses émotions. Puis elle se dirigea d'un pas vif vers Shuu, et se planta devant lui. Elle lui colla une baffe. Et pas une petite. Shuu resta un moment la tête penchée sur le côté, comme s'il avait du mal à réaliser ce qu'elle venait de faire. Puis il saisit son épée et fendit l'air. Si Cat n'avait pas eu le reflex de faire un petit saut de recul, elle aurait était tranchée nette, de la même façon que la télé.

Le jeune garçon s’était soudainement mit à haleter bruyamment et à trembler de tout son corps. Il se prenait la tête dans les mains, comme s'il souffrait le martyr. « Elle veut me tuer... Elle l'a dit... Je dois la tuer avant qu'elle ne le fasse... Oui... Elle est dangereuse... » Il bondit, et abattit une fois de plus son épée en chocolat. Cat hurla, mais de terreur cette fois. Elle esquiva au denier moment. Cependant, elle avait oublié que Shuu avait des jambes. Une balayette la fit tomber par terre.

Le garçon posa un pied sur la poitrine de Cat, et écrasa violemment la jeune fille au sol. Elle en eut le souffle coupé. Shuu leva son épée en l'air, prêt à l'abattre sur elle dans un coup mortel.

« Non... Ce n'est pas possible... Shuu ne va quand même pas... Me tuer... » pensa Cat, les larmes aux yeux. Mais soudain, le jeune garçon fut projeté au loin, et alla s'encastrer dans le mur. Glenn et Justine venaient de débarquer dans la pièce. Leurs visages indiquaient qu'ils étaient profondément choqués par ce qu'ils voyaient. Cat se releva le plus vite qu'elle put, et alla se cacher derrière le large dos rassurant de Glenn.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe ici, bordel ?! Questionna ce dernier.
- C'est Shuu... Il veut me tuer... bredouilla Cat.
- Te tuer ?! S’exclama Justine, et sa voix monta dans les aigus.
- Il est fou... Il cachait bien son jeu jusqu'à présent... C'est un psychopathe dangereux, faites attention !
- Shuu ? Un psychopathe ? S'étonna Glenn.
- T'as bien vu à l'instant... Il était sur le point de me tuer... murmura-t-elle, encore remuée.

Elle tremblait de tout son corps, et ses jambes semblaient sur le point de lâcher. Justine la fit asseoir sur un pouf juste à côté. En face, Shuu se remettait du coup que lui avait porté Glenn, et récupérait son épée tombée au sol.

- Tu es sur qu'il est taré et qu'il nous veut du mal ? Insista Glenn. C'est quand même un compagnon de voyage, quoi !
- Il est complètement fou, Glenn ! Crois-moi, je t'en supplie...
- DITES, J'EXISTE HEIN ?!

Les trois se retournèrent. Shuu était de nouveau en position de combat. Il tenait à deux mains son épée, et semblait essoufflé. Son T-Shirt était largement troué au niveau du nombril, ce qui laissait présumer que Glenn n'y était pas allé de main morte. Quand ce dernier remarqua l'arme, il ricana.

- Une épée en chocolat ? Tu te fiches de moi !
- Glenn... murmura Cat. Tu vois la télé tranchée en deux, là-bas ?
- … Ok, c'est du sérieux. Bon écoute Shuu, fit-il en haussant la voix. J'ai pas particulièrement envie de te combattre, hein, et je préférerais qu'on règle ça à l'amiable ou tout du moins avec un combat Pokémon... Tu ne voudrais pas t'excuser auprès de Cat ? Et on oublie tout ça ? Et puis d'abord, pourquoi tu l’attaques ?
- Elle a essayé de me tuer ! Hurla Shuu en réponse.
- Hein ? S'étonna Justine en lançant un regard interrogateur à Cat.
- N'importe quoi, je l'ai juste baffé parce qu'il m'a dit des choses horribles... se défendit la jeune fille.
- Bon, Shuu, calme-toi, respire un bon coup, et réfléchi à ce que tu vas faire, lui dit Glenn d'un ton posé.
- J'ai déjà suffisamment réfléchi !

Shuu s'élança en direction de Glenn, Cat et Justine. Cette dernière poussa un cri horrifié. Glenn ne se démonta pas, et frappa dans le vide. Le corps du jeune garçon se plia en deux sous la force du coup, et s'arrêta net. Il avait du mal à respirer, et crachait du sang.

- Tu n'as aucune chance de gagner, et tu le sais. T'es pas con comme mec, alors abandonne, temporisa Glenn d'une voix douce.
- … Très bien.

Surprise chez Cat, Glenn et Justine. Ils ne s'attendaient pas à ce qu'il capitule si facilement. Après tout, un fou furieux, par définition, est trop fou pour réfléchir posément et se dire que de doute façon, il va perdre.

Shuu se releva. Voyant le regard méfiant des trois personnes en face de lui, il lâcha son épée, avant de s’avancer dans leur direction. Contre toute attente, il se planta devant Cat, et se pencha dans un salut respectueux.

- Je te prie d'accepter mes sincères excuses. Je perds un peu la tête, par moment. Une forme de schizophrénie, je suppose. J'en ai parlé à mon médecin dans le Monde Réel, il m'a dit que ça se déclencherait seulement si je prenais peur et que ma vie était en danger. D'où ma réaction violente. Je suis sincèrement désolé de m'être moqué de toi vis à vis de ton passé et de t'avoir asticotée avec ça. C'était ignoble de ma part, et je le regrette, s'excusa-t-il.

Ses yeux noisette reflétaient la sincérité la plus absolue. Cat le fixa, réticente. Il eut un pauvre sourire.

- Tu ne me crois pas, j'imagine...
- Non pas vraiment, répondit-elle d'une voix froide.
- C'est compréhensible. Écoute, je perds le contrôle de moi même quand je suis dans cet état là. Je n'aurais jamais dit de telles monstruosités dans mon état normal... Est-ce que le Shuu que tu connais t'aurais balancé gratuitement toutes ces choses à la figure ? Le Shuu qui t'as sorti de ta déprime solitaire ? Celui qui t'as porté sur des kilomètres de forêt ? Tu as juste rencontré l'autre facette de ma personnalité... Celle sur laquelle je n'ai aucun contrôle... Je sais à quel point cela peut être traumatisant de me voir dans cet état, mais je suis né comme ça, je ne peut rien y faire... S'il te plaît Cat... Je ne veux pas te perdre comme amie... conclut-il d'une voix larmoyante.

Et effectivement, les larmes lui montaient aux yeux. Au final, il craqua, et se mit à pleurer vraiment. Cat le regardait toujours, hésitante à présent. Le croire ou ne pas le croire ? Visiblement, Glenn et Justine avaient déjà choisi de lui faire confiance. Effectivement, la schizophrénie était l'explication la plus logique... Il perdait le contrôle de lui même, et faisait des choses atroces. Ca ne l'excusait pas vraiment, et l'autre Shuu était vraiment ignoble mais... ce Shuu là, celui qui était gentil et qui remontait le moral à tout le monde, méritait-il qu'on le déteste ?

Entre deux sanglots du garçon, elle entendit un « Désolé, Cat... ». Finalement, elle capitula, et le prit dans ses bras. Surpris, Shuu s'arrêta de pleurer. Cat lui murmura à l'oreille : « Tâche de ne plus sombrer dans la folie, hein ? ». Il acquiesça, et elle le lâcha.

- Au fait... fit-il. J'ai une bonne nouvelle pour vous !
- Quoi donc ? Questionna Justine.
- Je crois que je sais comment on va sortir d'ici !
- Sérieux ? S'étonna Cat.

Ils s'assirent donc à la table, et Shuu commença à leur expliquer les détails du plan alors qu'ils hochaient la tête. Intérieurement, Shuu était en extase. Il ne s'était jamais autant amusé de sa vie.

« Ils sont tout simplement ridicules... Tellement naïfs ! Deux ou trois mots d'excuse, et ça y est, pardonné ! Mais ça fait deux fois que je leur fait le coup, maintenant... Il faudrait que je me calme un peu. Certes, ils sont crédules, mais ils ne se laisseront pas prendre trois fois de suite. S'ils tentent encore de me tuer, je ne me retiendrais pas. J'ai une arme performante, si je prends Glenn par surprise, je peux le tuer. Mais pour l'instant, je dois d'abord nous faire sortir d'ici... »


Kanon esquiva de justesse un énorme rocher avec une roulade. Les morceaux de plafond qui lui tombaient dessus étaient énormes, et elle était fatiguée par son combat. Cela se présentait mal. Elle attrapa Kentin, et essaya de sortir de la grande salle. Malheureusement, elle ne fut pas assez rapide, et une énorme pierre vint bloquer la seule issue possible. Elle jura. L’espace se réduisait à vue d’œil, enseveli sous les gravats à une vitesse hallucinante. La jeune femme rappela Spouf dans sa Pokéball. Puis elle fixa le pauvre Tyranocif, qui était à moitié recouvert de rochers.

Kanon soupira, et sortit une Pokéball vide. Elle la lança sur le Pokémon dragon. La balle bougea un petit moment, avant de s’immobiliser. Elle la récupéra d’un geste vif, et la rangea à sa ceinture. Kanon pouvait à peine bouger, maintenant. Elle repoussait les rochers qui manquaient de l’ensevelir, et tentait de conserver un minimum d’espace vital. Le bruit était assourdissant, et la poussière empêchait la jeune femme d’y voir correctement.

Bientôt, elle et Kentin étaient complètement ensevelis sous les gravats. Kanon s’était accroupie, et usait de toute sa force psychique pour empêcher les rochers du dessus de les écraser. Elle n’allait pas tenir longtemps, bien sûr. Même si les pierres venaient à se stabiliser, ils finiraient par manquer d’oxygène, ainsi compressés. Le cerveau de Kanon marchait à toute vitesse. « Je ne peux pas sortir d’ici en utilisant mes pouvoirs, je suis trop fatiguée… Si je faisais sortir Spouf pour qu’il nous libère un passage, il faudrait retenir la chute des pierres du chemin, et je n’en suis pas capable non plus… Rah… Et Kentin qui est dans les vaps… »

Pendant qu’ils étaient en train de mourir lentement, Melosa regardait la scène, perchée sur son Gueriaigle. La montagne s’affaissait bizarrement à un endroit précis, et de la poussière sortait des fissures. Elle ne mit pas longtemps à comprendre qu’un combat avait eut lieu là dessous. Les Chapeliers ? Sûrement. Elle soupira, et reprit son Pokématos.

- Allô Killian ?
- Encore toi ? Qu’est-ce tu veux, Melo ? s’énerva-t-il.
- Euh, des Chapeliers sont certainement en train de crever sous mes yeux… Je fais quoi ?
- Pourquoi tu me demandes ça à moi ? s’etonna l’Echo.
- J’ai dit que je suivrais ta décision ! Alors ? Tu te ranges du côté des Chapeliers, oui ou non ? Et dépêches-toi, ils sont en train d’étouffer là.

A des kilomètres de là, depuis le haut des gradins, Killian aperçut Silver lui faire des grands gestes. Visiblement, le roux en avait marre que son ami s’isole dès qu’il avait une conversation téléphonique. Killian lui envoya un sourire resplendissant, et répondit à Melosa.

- Sauve les.
- T’es sûr ?

Il jeta un coup d’œil à Silver qui souriait à son tour.

- Ouais.
- Ok. Je vais les sauver. A plus.
- Tchao, et fait gaffe à toi.
- Comme toujours…

Elle raccrocha, et revint à la réalité. Elle réfléchissait à comment s’y prendre pour les sortir de là indemnes – en supposant qu’ils ne soient pas déjà morts. « Il faudrait soulever les pierres… Ah, je sais ! »

- Fly ! Cyclone !

Le Gueriaigle acquiesça, et se posa au sol. Il battit des ailes d’une façon étrange, comme s’il faisait des sortes de moulinets. C’est alors qu’une colonne de vent s’éleva jusqu’au ciel, émanant du sol. Les pierres, soulevées par la tornade, volèrent en tous sens, libérant peu à peu Kanon et Kentin. Enfin, la pierre qui les emprisonnait s’envola, et la jeune femme sortit de la grotte en passant par le trou causé par l’attaque Cyclone. Kanon n’osait pas croire à ce miracle, mais ils étaient bel et bien vivants. Un Gueriaigle monté par une jeune femme se posa alors devant eux.

- Vous êtes les Chapeliers, je présume ? fit-elle.
- Les Chapeliers ? De quoi voulez vous parler ? s’étonna sincèrement Kanon.
- Ne faites pas l’innocente. Vous êtes Kanon Simiophia, coupable d’une fusillade à l’hôpital de Miriarbres, c’est bien ça ?

Kanon se rembrunit aussitôt. Maintenant qu’elle avait retrouvé un esprit normal, elle s’en voulait à mourir d’avoir commis cet horrible meurtre de plusieurs personnes innocentes. Elle se jeta aux pieds de Melosa.

- Ecoutez, je n’étais pas dans mon état normal, le mal me possédait… Mais je suis prête à payer pour mes crimes, prête à me faire juger, et prête à accepter la sentence qui en résultera, s’exclama-t-elle d’une traite. Je regrette ce que j’ai fait, je m’en voudrai à vie.
- Ce qui est fait est fait… Mais vous avez de la chance, je ne vous arrêterai pas, dit froidement Melosa.
- Pardon ?! s’étonna Kanon.
- J’ai dit que je ne vous arrêterai pas. Même si je meurs d’envie de vous faire payer pour vos crimes atroces, un ami m’a demandé mon aide, et je ne le trahirais pour rien au monde. Je lui fais confiance.
- … Dans ce cas, je vous remercie de nous avoir sauvés.
- C’est ça. Qui est le jeune homme qui vous accompagne ?
- Il s’appelle Kentin. C’est un ami à moi, mais lui, il est parfaitement innocent. Il n’a rien fait.
- Hum. Bref. Je m’appelle Melosa Grey, championne de la ligue Unys. J’aurais bien dit « Ravie de vous rencontrer », mais je déteste mentir, lança-t-elle froidement.
- Moi c’est Kanon. Mais vous le savez déjà.
- Ouais. Bon, Killian m’a dit que je devais vous aider… En quoi puis-je vous être utile ? questionna-t-elle, réticente.
- Et bien, il faudrait qu’on aille à Miriarbres… Je pense que c’est là-bas que Bleuts et Roku vont se rendre. Si ça se trouve ils y sont déjà. Et puis, Kentin est ensuqué, il a besoin de repos.

Melosa soupira.

- C’est bon, montez.
- Merci beaucoup !

« Killian, j’espère que tu sais ce que tu fais… »


Dimy arriva aux abords de Rosalia. Il vit alors avec effroi qu’il y avait un monde fou rien qu’à l’entrée de la ville. Des voitures se garaient n’importe où, il y avait des policiers partout, et des parkings spéciaux avaient été aménagés. Dimy, qui ne suivait pas du tout mais alors pas du tout les Concours Pokémon, se demandait ce qu’il se passait. Il décida de demander à un agent de police qui passait par ici.

- Excusezmoispassekoiici ? demanda-t-il, nerveux rien qu’à la perspective d’engager une conversation.
- Pardon ?! s’étonna le jeune policier, qui, évidemment n’avait rien comprit.

« J’aurais peut-être dû commencer par me présenter… Et après, quand j’ai eu mon info, je me casse. » songea Dimy, en bon asocial inexpérimenté en relations humaines.

- Je m’appelle Dimy. Dimy Sevalius, bredouilla-t-il.
- … Et ?
- …
- …
- …
- … Moi c’est Léonard… soupira le policier.
- B’jour, répondit machinalement Dimy, tendu comme un string, tout en prenant un air de badass.
- Vous vouliez quoi au juste ?
- Il se passe quoi dans ce trou paumé ?
- Ben le concours de Rosalia, évidemment !
- Ahon. Truc de gonzesse quoi.
- … Si on veut…
- Bref, y’a trop de monde ici. Je me casse. Où est l’arène la plus proche, si on excepte celle de Rosalia ?
- Miriarbres.
- Ok. Au revoir.
- C’est ça…

Dimy s’éloigna, fier de lui. « J’ai assuré, je me suis comporté en mec à la fois sympa et cool ! Je progresse ! Bon, direction Miriarbres. » Tandis que de son côté, Léonard se disait « Je passe de Charybde en Scylla… D’abord une allumeuse qui me fout à poil et me pique mes vêtements, maintenant un type aussi gauche que mon grand-père… J’ai vraiment pas de cul moi… »

~~~ Intermède ~~~

Cachée dans les fourrés, Nana suivait Dimy à la trace. Ce type avait eut des contacts avec Shuu Jaggerjack et Cat Pandora, l’avoir dans sa poche était un atout non négligeable. « Bon, plus qu’à convaincre ce gamin de rejoindre la Meetic Organisation… Il a pas l’air très fin, ça devrait le faire sans trop de problème. »

La jeune femme rousse sortit alors de sa cachette.


- Et maintenant mesdames et messieurs, la finale que vous attendiez tous ! Elle opposera la talentueuse et puissante Team Rainbow aux reines de la chance, j’ai nommé la Team Godmishuu ! Ces deux Teams ont montré qu’elles méritaient leur place en finale en triomphant de tous leurs adversaires ! Que la finale du concours de Rosalia… COMMENCE !
- La finale, donc. Je prie le Saint Godmishuu pour que la chance soit avec nous. Amen-le-café.
- Oui, Amen-le-café, renchérit Sœur Shana.
- Les fameuses redoutables bonnes sœurs… On va vous atomiser ! sourit Crystal.
- Ca va les chevilles, Crystal ? se moqua Flora.
- Roh, ça va…
- Les jeunes gens de nos jours…
- Tous plus vaniteux les uns que les autres…
- Et cela ne s’arrange pas. Figurez vous, Sœur Chapy, que l’autre jour, j’ai croisé un jeune blond qui hurlait, tout content d’avoir acquis le badge de Doublonville !
- Et il s’en ventait ? Pourtant, gagner le badge d’une péripatéticienne, c’est comme dévirginiser une jeune fille de 8 ans…
- Simplissime…
- HUM HUM ! les coupa Flora en se raclant la gorge.
- Le combat, ça vous dit quelque chose ? Méganium, c’est à toi ! lança Crystal.
- Braségali, vas-y !
- Hum… Feu et Plante… Voilà qui laisse à réfléchir… Je pense que le meilleur compromis est… Momartik. Que la chance soit avec toi, et que le Godmishuu Tout Puissant te protège, murmura Sœur Chapy en envoyant la reine des glaces.
- Dans ce cas… Queulorior, vas-y.

Surprise dans la salle, car les Queulorior étaient connus pour être extrêmement rares. En effet, quelques années auparavant, un criminel du nom de Lord Drawn avait capturé tous les Queulorior de la région, afin de s’en servir comme armes. Les Queulorior pouvant apprendre n’importe quelle attaque, il avait dressé des Queulorior pour qu’ils puissent utiliser Relais ainsi que des attaques pour se booster. Du coup, quand il commettait un crime, son Trioxhydre était tout simplement monstrueux. Il prenait dans ses deux petites têtes un Queulorior avec Abri, et se protégeait donc de toutes les attaques tout en défonçant tout. Pour que personne ne puisse rivaliser avec sa puissance, il avait capturé et tué la plupart des Queulorior existants.

- Ce sera donc un match opposant Braségali, le danseur enflammé, et Méganium, dit l’increvable, face à Momartik, la reine des glaces et le très rare Queulorior !
- Commençons de suite… Braségali… Poing Feu sur Momartik !
- Momartik, Grêle !

Le Pokémon Glace invoqua une tempête de neige. Sangriaz jura. « P’tain, encore ?! » La visibilité de Braségali baissa, et il frappa dans le vide.

- Elles vont essayer de nous empêcher d’attaquer… Meganium, Rune Protect !
- Belle anticipation, complimenta Sœur Chapy. Je ne peux plus utiliser Cage-Eclair.
- Mais ça ne veut rien dire. Queulorior. Combo Divin : Jugement Dernier, Première Partie. VORTEX MAGMA !
- Sérieux ?! s’étonna Mentaline en coulisse.

Un immense vortex de lave se forma sous les pieds du Meganium. Affolé, il tenta de s’enfuir, mais il était inexorablement ramené au centre.

- Merde, il faut le sortir de là ! Braségali, va le chercher !
- Inutile. Combo Divin : Jugement Dernier, Deuxième Partie. SIPHON !

Une colonne d’eau sortit de terre, repoussant violemment Braségali. Queulorior se concentrait pour maintenir toutes les attaques. Sœur Shana jubilait. Le pauvre Meganium s’affaiblissait à vitesse grand V, piégé entre eau et feu.

- Combo Divin : Jugement Dernier, Troisième Partie. TEMPETEVERTE !

Cette fois, ce fut une colonne de feuilles et de brindilles volantes qui s’ajoutèrent au Siphon et au Vortex Magma. Meganium était à bout, à l’intérieur.

- Synthèse, vite ! ordonna Crystal, paniquée par temps de puissance.
- Braségali, explose Queulorior avec Stratopercut !
- Essaye toujours ! Momartik, interpose toi !

Alors que Meganium se soignait à l’intérieur, Momartik annulait l’attaque Combat de Braségali grâce à son type Spectre. Sœur Shana était à fond dans son trip, maintenant, et le public était subjugué par cette déferlante de puissance.

- Combo Divin : Jugement Dernier, Quatrième Partie ! VOL !

Le Queulorior, par on ne sait quelle loi de la physique, s’envola au dessus du tourbillon mélangeant lave, feuilles et eau. Braségali tenta une nouvelle fois de l’avoir avec Stratopercut, mais il fut contré par Momartik. Puis, le Queulorior plongea en piqué à l’intérieur du tourbillon et vint frapper Méganium.

- Synthèse, encore une fois !

Le Méganium s’exécuta, mais il se soigna très peu car le temps était neigeux. Sœur Shana acheva son Combo qui resterait à jamais gravé dans les annales des Concours.

- COMBO DIVIN : JUGEMENT DERNIER, PARTIE FINALE ! EXPLOSION !

Le tourbillon vola en éclat. Des vitres blindées sortirent en hâte pour protéger les spectateurs de cette puissance dévastatrice. Tout le monde était proprement subjugué. Il fallut une minute entière pour que la fumée se dissipe. Sans surprise, le résultat était un double K.O. Méganium et Queulorior étaient hors jeu.

- Wow… souffla Crystal. Vraiment impressionnant. Même mon Méganium n’a pas pu y résister… Je vous tire mon chapeau. Et ça m’énerve parce qu’une fois de plus, je dois compter sur Flora. Je passe pour une incapable.
- Mais non… Tu ne pouvais rien faire c’est tout !
- Exact, acquiesça Sœur Shana. Ce combo est fait pour être imparable. Il n’y a strictement aucun moyen de survivre. L’attaque Abri finirait forcément par échouer. Bref, on ne l’utilise que pour un adversaire particulièrement tenace. Nous avons eut vent de la réputation de ton Méganium, soit disant impossible à mettre K.O. Nous avons donc opté pour Queulorior.
- Je vois… Mais le match est loin d’être fini ! Pied Brûleur !
- Relance la Grêle puis esquive, Momartik !

Une nouvelle tempête de neige remplaça la première, qui avait fini par s’arrêter. Mais visiblement, la chance ne pouvait pas leur sourire tout le temps. L’attaque super efficace atteignit sa cible et l’envoya voler à l’autre bout du terrain.

- Momartik, Cage-Eclair !
- Zut ! Braségali, Boutefeu !

Le Braségali, bien que ralenti, s’élança en direction du spectre. Malheureusement, ce dernier esquiva, et il se prit le mur en pleine face. Crystal et Flora jurèrent d’une même voix.

- Momartik, Psyko ! ordonna Sœur Chapy.
- Grrr… Braségali, Puissance !

L’attaque Psy amocha s sérieusement le poulet de combat. Mais le Braségali n’avait pas dit son dernier mot.

- Pied Brûleur, encore !
- Esquive !

Encore un coup dans le vide. Le style de combat des bonnes sœurs étaient vraiment très très agaçant. Flora finit par en avoir sérieusement marre.

- Bon ok, finit de jouer. Fleur de feu ! ordonna Flora.

Le Braségali effectua un magistrale Stratopercut… dans le vide. L’intérêt, c’est qu’il se retrouvait en l’air, très bien placé pour attaquer. Il ne se gêna pas, et envoya une Déflagration. Une gerbe de flamme sous la forme d’une étoile à cinq branches s’abattit sur le sol, faisant fondre la neige. Momartik avait esquivé, et était maintenant à découvert. Braségali, lui, retombait lentement.

- Emprisonnement ! cria Flora.

L’étoile de tout à l’heure se referma alors brutalement, comme une fleur carnivore qui aurait attrapé sa proie. Momartik était immobilisée et avait souffert de l’attaque.

- Finit moi ça ! BOUTEFEU !
- Momartik, libère toi avec Psyko !

La tactique de Sœur Chapy fonctionna. La fleur de feu se rouvrit, libérant Momartik. Sauf que… Celui-ci n’eut pas le temps de bouger. Braségali l’explosa purement et simplement. La reine des glaces tomba au sol, carbonisée. Victoire sans appel de la Team Rainbow.

La salle explosa, et noya les quatre jeunes femmes d’applaudissements, parce qu’elles avaient offert au public un spectacle grandiose. Flora et Crystal, se tenant par la main, se virent remettre deux Rubans Cendrés devant des dizaines de caméras et des milliers de téléspectateurs.

- Et voilà, c’est la fin du grandiose concours de Rosalia ! Le prochain concours se tiendra à Irisia, soyez présents ! C’était Sangriaz, en direct de Jothevent ! Et au passage, glissa-t-elle en chuchotant, n’essayez jamais de sortir avec Drew : ce n’est qu’un petit con prétentieux. A la prochaine !


- C’EST INADMISSIBLE !
- Que… Quoi ?
- Nous n’avons rien appris de nouveau ! Votre rapport est parfaitement inutile, vous êtes un incompétent !
- Mais… Le témoin n’avait rien d’autre à dire…
- Ecoutez ! Tout Johto est en crise ! Les Chapeliers sévissent régulièrement, et l’enquête n’avance pas d’un pouce ! Nous avons de bons espoirs de coincer Mey Milkya, Silver Soul et Mentaline Weiss à la sortie du concours de Rosalia, mais c’est tout ! Les gens veulent des nouvelles, une police qui fait quelque chose !
- … je suis désolé…
- Encore heureux !

Rentoraa se trouvait dans un immense bureau, situé au 148ème étage de l’un des trois immeubles du Siège National de la Police. Son supérieur hiérarchique, le Commandant Brants, était assis face à lui. Le jeune homme fraîchement entré dans la police venait de rendre son compte rendu de l’interrogatoire de Dimy Sevalius, et n’en menait pas large. Lui qui pensait que son excellent rapport qu’il s’était appliqué à faire le ferait monter dans l’estime de ses supérieurs… C’était plutôt raté.

- Je n’ai jamais vu un rapport aussi inutile… C’est une honte à la Police Nationale !

Et, sous les yeux du jeune homme, le Commandant Brants déchira le dossier en deux, puis en quatre, avant de la jeter à la poubelle.

Pour le coup, Rentoraa se retenait de se mettre à pleurer. Dire qu’il avait passé des heures et des heures à peaufiner ce rapport, à corriger le maximum de fautes, à reformuler ses phrases, à être le plus précis possible… Il avait soigné la présentation, avait souligné les titres, divisé le rapport en plusieurs parties distinctes… Tous ses efforts réduits à néant en une demi seconde.

- J’ai donc pris la décision de vous rétrograder. Désormais, vous surveillerez les détenus de l’Abysse, la prison située sur les Tourb’Iles. Vous partez demain.
- Mais… Mais… bredouilla Rentoraa, sous le choc.
- Pas de mais. C’est un ordre. Et vous avez de la chance que je ne vous renvoie pas.
- Mais… Une rétrogradation juste pour un mauvais rapport…
- Un mauvais rapport dans l’affaire des Chapeliers ! C’est du sérieux ! Le Gouvernement fait pression sur nous et finance nos recherches pour que nous les capturions au plus vite… Tout Johto et en état de crise, les gens ont peur de sortir de chez eux, le nombre des participants aux Concours baissent à cause de la présence de Mey Milkya et Mentaline Weiss ! Nous ne pouvons pas nous permettre la moindre erreur.
- …
- Maintenant, partez.
- … Très bien.

Le jeune homme partit, se retenant de toutes ses forces d’éclater en sanglots. Il sortit de l’immeuble de Doublonville, et se mit à courir, les larmes aux yeux. Rentoraa entra dans son petit appartement, et se laissa tomber sur son lit.

- Dire que ça fait des années que je bosse pour rentrer dans la Police Nationale… Et me voilà simple geôlier…


Monde Réel. Voilà maintenant une semaine qu’Alexandra, Mickaël et Alice étaient enfermés dans leur boule de verre. Les hommes de main de Mista l’avaient un peu aménagée. Un couloir en verre menant à des toilettes avait été rajouté, ainsi qu’un distributeur d’eau, une minuscule cuisine, et un frigo rempli à craquer. Le minimum syndical pour survivre, en somme. Cependant, rien ne tuait l’ennui. Alice et Alexandra ne pouvaient même pas s’apercevoir sans se fusiller du regard, et Mickaël savait que tenter de leur faire signer une trêve était inutile. Ils ne savaient pas combien de temps encore ils allaient rester enfermé là dedans.

Jusqu’à présent, ils recevaient régulièrement la visite d’hommes en noir qui venaient leur donner à manger, vérifier que tout allait bien, ou encore simplement traverser la salle pour accéder à la suivante. Mais depuis deux jours, plus rien. Il régnait un silence de mort dans la salle, et aucun bruit ne leur provenait de l’extérieur. Ils n’avaient aucune façon de connaître l’heure qu’il était, aussi, dès qu’il s’agissait de temps, on ne parlait qu’en approximation.

Ils se demandaient quand cette torture allait prendre fin. C’était une sensation horrible que celle d’être enfermé. Du coup, ils éprouvaient tous une compassion énorme pour les prisonniers qui vivraient peut-être cette horrible sensation pendant plusieurs années, voire jusqu’à la fin de leur vie. Vu sous cet angle, la peine de mort sonnait comme un bienfait, un cadeau que l’on faisait au criminel. Maintenant qu’ils le vivaient, si on avait demandé aux trois personnes enfermées de choisir entre la peine de mort et l’emprisonnement à vie, ils n’hésiteraient pas une seule seconde.

- J’ai fait le repas… marmonna Alice.
- J’arrive… grognèrent Mickael et Alexandra.

Alors qu’ils commençaient tout juste à manger, ils entendirent soudain des bruits de pas, comme si beaucoup de personnes courraient dans leur direction. Ils se levèrent, et tendirent l’oreille. C’est alors que la porte de la salle dans laquelle ils étaient prisonniers s’ouvrit en grand sur un groupe d’hommes. Armés. A leur tête se trouvait un homme très grand, habillé d’un costard et pourvu d’une mitrailleuse. Ses cheveux noirs légèrement bouclés encadraient son visage d’apparence jeune, bien qu’il devait approcher de la cinquantaine. Quand Alexandra et Alice le reconnurent, elles se figèrent, avant de crier d’une même voix :

- CYRIL ?!
- Alexandra ? fit-il en réponse. C’est toi ma chérie ?
- Oui c’est moi !
- Je suis venu te libérer !

Il s’approcha de la bulle de verre et fit un immense sourire à sa femme. Alice restait de marbre, contenant son envie de tuer Alexandra et son ex-mari. Il saisit un énorme marteau, et commença à briser la vitre. Les trois furent bientôt dehors ; Mickael se répandait en remerciements, trop content de sortir. C’est alors que Cyril reconnut Alice.

- Tu es…
- Qui je suis ? le coupa froidement Alice. Je suis la femme que tu as lâchement abandonné sans raison aucune il y a douze ans de cela, la laissant seule du jour au lendemain avec une fille de cinq ans et un garçon de treize ans. Mais sinon, au cas où ton petit cerveau égoïste aurait mauvaise mémoire, je m’appelle Alice Pandora et je t’encule très profondément, pauvre con.
- Je… Alice… Je peux tout t’expliquer… bredouilla Cyril, désarçonné.
- Il n’y a rien à en dire. Cyril est à moi. Tu n’avais qu’à te débrouiller pour le garder, coupa Alexandra.
- Il s’est mis avec toi parce que tu avais de l’argent, pétasse ! s’emporta Alice.
- C’est faux… Je t’ai quitté parce que ça ne marchait plus entre nous. On se disputait tout le temps, on n’était jamais d’accord, et on en se faisait même plus l’amour…
- De là à m’abandonner sans rien me dire ? Même pas une lettre ? Sans rien assumer ? Oh, mais que dis-je. De toute façon, tu as toujours était une mauviette. Tu fais toujours les choses à moitié, tu n’assumes pas tes erreurs et tu fuis au moindre problème ! LACHE ! hurla Alice.

C’est alors que Mickael, qui s’était éclipsé pour explorer un peu la salle de transfert à la recherche d’indices, revint, blanc comme un linge, une lettre à la main.

- Je ne voudrais pas vous interrompre mais… Je pense que vos problèmes de cœur devront attendre, les coupa-t-il. Regardez.

Ils saisirent la lettre, et la lurent en même temps.

« Bonjour. Je m’appelle Mista Meetic. Je suis la créatrice de la société Meetic, et je faisais également des recherches sur le voyage entre les mondes. Le bâtiment dans lequel vous vous trouvez sûrement est un laboratoire de recherche. Sur l’île d’à côté se trouve Sekai no Zu, un centre d’entraînement pour ma garde rapprochée, nommée l’Armada Zu. Cette Armada et moi-même sommes partis pour un autre monde. J’ai fait tuer tous mes gardes et mes hommes de mains afin qu’ils ne révèlent rien.

Vous êtes donc les seules personnes sur cette île, vous qui lisez cette lettre. Je vais bientôt dominer l’Omniscient. Je deviendrai alors la maîtresse de tous les mondes existants. Je dominerais chaque entité vivante, chaque objet. Je connaîtrai la moindre de vos pensées, je saurai tout sur tout. Je serais la Reine absolue.

J’ai déjà établi mon quartier général dans un autre monde. Le Pokémonde, plus précisément. Je peux voyager dans le temps, et donc entre les mondes, grâce à la boule de verre que vous avez dût voir dans la salle de transfert. Sachez que j’ai également envoyé Shuu Jaggerjack, Cat Pandora, Mentaline Weiss, Kanon Simiophia, Bleuts Prussalia, Mey Milkya et sa sœur, Midona Milkya, dans cet autre monde. Vous ne les reverrez jamais. Pour deux raisons.

La première, c’est que je suis la seule personne à savoir construire la machine pour voyager, et que je ne les ferrai pas rentrer. Ils passeront le reste de leur vie au Pokémonde, et mourront là-bas. C’est comme ça.

La deuxième, c’est parce que vous allez mourir. Cette lettre est pourvue d’un émetteur. Maintenant que vous l’avez ouverte, le système d’autodestruction vient de s’activer. Il est inutile d’essayer de fuir, vu que le compte à rebours ne dure qu’une minute et que toutes les issues sont en train de se fermer.

Sur ce, je vous souhaite de passer une agréable mort. Au passage, vous allez mourir lentement. Au moment où vous lisez cette lettre, des gaz ont déjà été libérés. Ils sont en train de vous détruire lentement les poumons, vous promettant une longue agonie avant de rendre le dernier souffle. Puis, si vous êtes tenaces, une explosion générale de l’archipel viendra finir le travail.

En espérant que vous accepterez mes sincères condoléances pour votre propre mort,

Mista Meetic. »

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 30 : Cause et conséquence   Mer 28 Déc 2011 - 16:02



Rachel, la deuxième sœur de Mey, était tranquillement en train de regarder la télévision. Enfin, tranquillement, tout était relatif. En effet, depuis la disparition de ses deux sœurs, Rachel n'avait jamais l'esprit tranquille. Elle se sentait seule, elle devait l'avouer. Rachel était tout le contraire de Midona ; là où sa grande soeur était froide et souvent en colère intérieurement, Rachel, elle, était constamment calme. Une personne à peu près normale se rongerait le sang en se sachant toute seule dans un appartement, à devoir se nourrir par ses propres moyens sans voir revenir sa famille. Rachel n'était pas comme ça. Elle savait cuisiner, faire la lessive, et pouvait passer des heures à faire une réussite aux cartes, comme les vieux.

Mey, Midona et Rachel avaient presque toujours vécu seules. Leurs parents étaient partis de la maison pour des raisons obscures, à la suite de la naissance de Rachel. Du coup, la benjamine ne connaissait même pas les visages de ses parents, et Midona n'en avait que de faibles souvenirs. Quand leurs parents avaient disparu, l'assistante sociale les avaient placées dans un orphelinat. Puis, dès que Mey eut atteint l'age, elles achetèrent un minuscule appartement avec l'argent que leurs parents avaient laissé.

Mey se démenait, enchaînait petit boulot sur petit boulot tout en allant au lycée, et elles parvenaient à vivre convenablement. Mais maintenant que Mey et Midona avaient disparu à leur tour...

- Et dans l'actualité, on signale une énorme explosion au milieu du pacifique. L'onde de choc aurait provoqué quelques grosses vagues sur la côte américaine. Un archipel privé serait la source de l'explosion. D'après les registres maritimes, une dizaine de personnes se serait rendue sur cette île, et n'en serait jamais revenus. On suppose qu'ils sont les auteurs de l'explosion, et qu'ils ont péri avec elle. En effet, des traces d'ADN ont été retrouvées à divers endroits dans l'océan, et la plupart colleraient avec les personnes disparues. Une liste a été établie. On peut citer Kanon Simiophia, Bleuts Prussalia, Mentaline Weiss et son père Mickael Weiss, Cat Pandora et sa mère, Alice Pandora, Midona Milkya et sa grande sœur, Mey Milkya, et le plus étonnant, une famille de multimilliardaires, à savoir Cyril Rangiku, sa femme Alexandra Jaggerjack et Shuu Jaggerjack, le fils. Je vous demande d'accorder une petite minute de silence pour-

Rachel venait d'éteindre. Elle s'était figée, aussi immobile que du marbre. Son visage ne reflétait aucune émotion. Elle alla se chercher des biscuits dans le placard, et elle s'allongea sur le sofa. "Bon. Mes grandes sœurs sont mortes. Je suis donc toute seule. Trois options s'offrent à moi. Petit un, je me suicide. Petit deux, je me met à chialer toutes les larmes de mon corps et je meurs desséchée. Petit trois, je pique une crise, et je me met à tout casser pour me défouler."

Elle réfléchit quelques instants, avant de se lever, déterminée. "Petit trois." Lentement, la jeune fille âgée de dix ans s'approcha de la lampe de chevet en métal. Elle l'attrapa par le pied, et l’abattit violemment sur la télévision. Le fracas qui en résultat fut assourdissant. Le poste s'écrasa par terre, entraînant le meuble sur lequel il reposait dans sa chute. La paroi en verre de la télé explosa en mille morceaux, et le boîtier s'ouvrit par endroits. Un éclat atteignit Rachel au visage, lui faisant une belle entaille, mais elle ne s'en souciait pas. Elle ne souriait pas, son regard restait fixe. Comme si elle était tranquillement en train de lire un bouquin passionnant. Sauf que là, elle défonçait un appartement.

Elle s'attaqua peu après aux baies vitrées. Les trois explosèrent en quelques secondes. Elle se dirigea ensuite vers la petite cuisine. Avec un couteau, elle entreprit de refaire une beauté au sofa et aux coussins. Ils ne firent pas long feu. Des bourres volaient en tout sens, semblables à de la neige vaporeuse. Puis elle lança le couteau en direction du vase, qui vola en éclat. Se dirigeant vers les chambres, elle se servit du portemanteau comme d'un levier et fit s'écraser l'armoire pleine de vêtement sur le lit superposé, tout ça dans un vacarme infernal. Elle donna un coup de pied dans l'écran d’ordinateur de sa sœur, qui finit sa course contre le mur.

Elle attrapa ensuite la flûte traversière de Mey, et fit le ménage dans les produits de beauté de la salle de bain, avant de la fracasser sur la baignoire en faïence. Elle revint dans la cuisine, et escalada les placards accrochés au mur. Elle se mit à sauter dessus, et ils s'effondrèrent sur la cuisinière et le lave vaisselle. Rachel se cassa la jambe au passage, mais elle n'en avait rien à faire ; tout ce qui l'importait, c'était de casser le plus de choses possible. Elle joua longuement au frisbee avec les assiettes, essayant d'atteindre les verres à pieds du buffet.

Depuis un bon moment déjà, Rachel entendait des tambourinements à sa porte. Ses voisins lui criaient d'ouvrir, voulant savoir ce qu’il se passait. "Rachel, ne nous oblige pas à défoncer la porte !" criaient-ils. Sûrement n'avaient-ils pas entendu les infos, et ne comprenaient pas la cause de tant de fracas. Pendant qu'ils s'égosillaient, la petite fille défonçait le piano à coup de pot de fleur dans une symphonie lugubre. L'appartement ne ressemblait plus à rien. Des débris jonchaient le sol, et il n'y avait pas un seul meuble en bon état. Rachel aussi faisait peur à voir. Sanguinolente, entaillée de partout et blessée, ses cheveux étaient en vrac et la poussière lui donnait un teint cadavérique. Mais elle gardait ce même air parfaitement serein, à la "All is all right !".

Finalement, il n'y eut plus rien à casser dans l'appartement. Elle fixait la baie vitrée, fracassée, et se demandait si se serait douloureux de sauter du 15ème étage. "Je mourrais sans doute... Ce n'est pas grave, de toute façon ils vont m'amener en hôpital psychiatrique... Je préfère crever, à choisir." Alors qu'elle allait sauter, la porte qu'essayaient de forcer les riverains depuis tout à l'heure céda. Ils entrèrent en catastrophe, et découvrir une sorte de morte-vivante sur le point de se suicider. Paniqués, ils appelèrent la police tout en empêchant la jeune fille de sauter. Elle ne se débattait pas, restant impassible. Comme sa sœur.

"Parce que notre propre souffrance entraîne celle des autres."




- Eh toi ! Le blondinet !

Nana, la rousse sulfureuse aux traits taillés à la hache, venait de héler Dimy. Bizarrement, même s’il n’y avait que lui à des kilomètres à la ronde, il sembla ne pas comprendre qu’on lui adressait la parole.

En vérité, il l’avait remarqué, mais feignait l’indifférence. « Putain, une bombasse vient de m’appeler… Si ça se trouve elle veut faire des choses, mais je ne suis pas près du tout ! Je vais faire semblant de ne rien entendre, peut-être qu’elle me laissera tranquille… » songeait Dimy, tendu.

De son côté, Nana s’énervait. « Il est con ou quoi ?! Je suis à deux mètres de lui, et il est la seule personne présente ! » Remontée, elle s’approcha et se planta pile devant lui. Dimy se figea, tétanisé.

- Hey. Je m’appelle Nana.

« Elle me dit son nom… Ca veut dire qu’elle veut qu’on fasse connaissance… C’est bien ce que je pensais ! J’aurais dut écouter maman et emporter des capotes ! Bon ok, je sais pas m’en servir mais bon… »

- Euuuuh… Moi c’est Dimy. Dimy Sevalius.
- Je sais.

« Stalkeuse en plus ! Ca craint ! »

- Je suis venue pour te proposer une offre.

« Je le savais ! C’est bien une pute ! »

- Veux-tu rejoindre la M Organisation ?

« La M Organisation ? Une agence de prostituées, peut-être… Mais j’ai pas le profil ! Ma bite n’atteint même pas les quinze centimètres ! A moins qu’ils aient des hormones de croissance, auquel cas… »

- C’est une organisation criminelle dont le but est de diriger le monde. Elle regroupe des dresseurs puissants avides de pouvoir. Tu veux qu’on te reconnaisse comme quelqu’un d’important, n’est-ce pas ? Si tu nous rejoins, tu seras haut placé dans la société de demain !

« … Je pense que je peux affirmer sans me tromper que je me suis ‘fait un film’. Mais un film X, quoi. »

- Alors ? Ta réponse ? Et dépêche toi, j’ai pas toute la journée…
- Euh, c’est que…

« Il faut que je me ressaisisse ! Je n’ai rien compris à son explication, donc je ne sais toujours pas ce qu’est cette organisation… Dans ces conditions, ‘La sociabilité pour les Nuls’, mon ouvrage référence, dit que je dois remballer la personne… Comme ça, je n’ai pas à lui avouer que j’ai pas capté ce qu’elle disait ! Super bon plan ! »

- J’en ai rien à foutre de ton organisation de merde. Et puis d’abord, je parle pas aux putes, cracha-t-il froidement.
- … Toi, t’es mort. Maganon, Déflagration !

« Merde, elle a des Pokémon ! » s’affola-t-il. Un imposant Maganon jaillit d’une Hyperball, et pointa ses bras canons en direction du jeune homme blond. Celui-ci n’avait pas l’intention de se laisser carboniser.

- Magnézone ! Miroir-Tir !

Le Pokémon Acier et Electrique de Dimy encaissa difficilement l’attaque, mais quand il la renvoya, le Maganon fut sacrément amoché. Mais Nana, qui avait horreur de perdre, n’en resta pas là.

- Poing de Feu !
- Reviens Magnézone !

Le Magnézone disparut dans une lumière rouge, et le Poing de Feu alla péter un arbre. Nana fulminait.

- Je vais t’apprendre, sale gamin prétentieux ! Maganon, Lance-Flamme !
- Je vais pas me laisser faire !

Dimy fit un bond svelte de côté, et esquiva de justesse le jet de flammes ardentes. La rousse commençait sérieusement à en avoir marre. Elle ressemblait beaucoup à Glenn, au niveau du caractère. Tous deux étaient extrêmement colériques. La seule différence, c’est que Glenn explosait tout de suite, alors que chez Nana, la moutarde montait lentement. Avant d’exploser de bien pire façon.

- Grrrr… Rinastoc ! En avant ! Combine ton Roc Boulet avec le Lance-Flamme de Maganon !
- Et merde… jura Dimy.

Il continuait de courir, esquivant les flammes, mais il finit par se retrouver encerclé par le feu. Ainsi immobilisé, il était une cible de choix pour le Roc Boulet. L’énorme pierre ne tarda pas à fuser. De la taille d’une petite baleine, il fonçait, surpuissant, en direction du pauvre Dimy. C’est alors qu’une salve de Feuillmagik le stoppa subitement, et il fut ensuite éclaté par une Balle Météo.

- Putain, mais t’es trop con ou tu le fais exprès ?! s’insurgea une jeune fille.

Dimy se tourna pour se retrouver face à Mathi. Toujours habillée comme une punk, elle était aux côtés de son Roserade. Celui-ci sauva Dimy des flammes en le ramenant en lieu sûr.

- Je m’appelle Mathi.
- Cool. Moi c’est Dimy. Et elle là-bas, c’est Carla.
- NANA, SALE PETIT CON !
- C’est pareil… Y’a juste trois lettres de différence ! se justifia Dimy.
- JE VAIS TE BUTER ! EBOULEMENT ET REBONDIFEU ! hurla Nana, carrément en colère maintenant.
- Roserade ! Tempêteverte !

Le tourbillon de feuille fit exploser les rochers venus du ciel, mais c’était maintenant une pluie de flammes qui leur tombait dessus. Mathi haussa les épaules.

- Désolée, j’peux rien faire pour les flammes !
- T’es inutile en fait ! fit remarquer Dimy.
- … Tu veux mon poing dans ta face ?!
- Voltali !

Dimy envoya un Voltali, cette fois ci. Ils montèrent sur son dos, et évitèrent de justesse les flammes. Nana était maintenant tellement énervée qu’elle s’arrachait littéralement ses belles mèches rousses.

- JE VAIS VOUS DEMONTER VOTRE RACE QUI PUE LA MERDE !
- Charmant, complimenta Mathi.
- ATTAQUE-
- Roserade, coupa Mathi. Tranch’Herbes !

Les feuilles rétamèrent sévèrement le Rinastoc, qui s’effondra, hors service. Il ne restait plus que le Maganon, déjà bien amoché par Magnézone.

- On va en finir ! Fatal-Foudre, Voltali !

Ce fut bref. Un éclair transperça le Pokémon Feu de bas en haut, et il tomba lourdement sur son coéquipier. Victoire totale de Mathi et Dimy. Nana n’en revenait pas.

- J’ai perdu ?! Vous plaisantez ?! JE SUIS LA PLUS FORTE, BORDEL !
- Retournez-y dans votre bordel, vous êtes pas mon style… soupira Dimy.

« Ouah, j’ai la classe sur cette réplique ! »

- Dégagez, ordonna Mathi. Ou je vous livre aux autorités.
- … Très bien. Mais je vous préviens, la vengeance est un plat qui se mange froid ! Vous allez souffrir, sales chiures de mouche radioactive !
- Originale, celle là… remarqua Mathi.
- Je la note… ajouta Dimy.
- JE VOUS HAIS !

Et la rousse s’éloigna dans la forêt d’un pas vif, dans une colère noire. Mathi et Dimy se retrouvèrent seuls. Ils se regardèrent.

- On forme un bon duo, tu ne trouves pas ? sourit Mathi.

« Merde, un compliment… Je réponds quoi ? Bon, on va choisir la solution par défaut… L’insulte ! »

- Tiens, ça sait sourire une punk ? Etrange, j’aurais pas cru !
- … J’espère que tu coures vite.
- Je fais le cent mètres en 20 secondes ! annonça fièrement Dimy.
- 13 secondes pour moi.
- … Et merde.




- Eh ben c’est pas trop tôt ! Tu te réveilles enfin, Roku ?
- Mmmhh… ?

Le jeune homme avait encore la tête dans les nuages, mais il reprit vite ses esprits quand il sentit la douleur aigue qui lui lancinait le torse. Un rapide coup d’œil lui révéla trois profondes plaies en diagonale, causées par les griffes du puissant Tyranocif.

- Désolée, j’ai du enlever les bandages pour les changer… Je t’en remettrai de nouveau dans cinq minutes. Ca va ?
- Ouais ouais, tout baigne, j’ai perdu deux litres de sang et j’ai failli me faire tuer par un Tyranocif fou furieux, mais je suis en pleine forme ! sourit Roku.
- Idiot ! Ca fait plus de vingt heures que tu dors, je commençais à m’inquiéter… avoua-t-elle, rougissante et penaude.
- Bleuts se fait du souci pour quelqu’un ?! Pincez moi je rêve ! railla le jeune homme.

Un coup de coude dans la face le fit rapidement taire, cependant.

- Abruti ! Ça t’apprendra à te foutre de ma gueule !
- Sinon toi ça va ? s’inquiéta soudainement Roku, comme s’il venait de réaliser qu’elle avait pu être blessée, elle aussi.
- J’ai juste pris un Vibrobscur. Je suis tombée dans les pommes et j’ai fait quelques cauchemars, mais rien de trop grave.
- Quel genre de cauchemar ? demanda le jeune homme.

Un silence pesant lui répondit. Il se rendit alors compte de sa gaffe, et s’affola.

- Oh… Je suis vraiment vraiiiment désolé Bleuts, j’ai manqué de tact, c’était malvenu… Excuse moi…
- C’pas grave. De toute façon, je voulais t’en parler. Vu que nous n’avons rien d’autre à faire.

La jeune femme blonde était en train de lui refaire son bandage. Une fois entourée de serviettes, la plaie faisait beaucoup moins peur à voir.

- Ah ? Je t’écoute… s’étonna Roku, appréhendant ce qui allait suivre.
- Je t’ai dit qu’un psychopathe avait tué mes parents, n’est-ce pas ? commença Bleuts.
- Ouais.
- En fait, je ne t’ai pas raconté toute l’histoire. En vérité, c’est en partie ma faute si mes parents sont morts.
- …
- J’imagine que je ne t’ai pas raconté ma première rencontre avec Gontrand…
- Gontrand ?
- Celui qui a tué mes parents. Le psychopathe.
- Non, effectivement.

Elle souffla un bon coup, pour faire le vide, avant de se lancer dans son récit.


- Dit Gontrand, tu veux bien jouer avec moi ?
- Encore ?!
- S’il te plait… gémit la petite fille, alors âgée de 5 ans.
- Britney, tu n’en as jamais assez de jouer avec moi ? On s’est rencontré il y  quelques heures et ça fait déjà la dixième partie !
- Non, jamais ! sourit-elle en réponse.
- Bon, c’est d’accord… céda Gontrand.
- Ouaiiiiiiiis ! Merci !

A l’époque, Gontrand était un camarade de fac de la mère de Bleuts. Un jour, elle l’avait invité, et Bleuts – enfin, Britney -, l’avait tout de suite adoré. Gontrand était quelqu’un de très gentil, avec le cœur sur la main. Docteur généraliste très renommé, ses patients étaient tous contents de lui. D’autant plus qu’il ne manquait pas de charme, avec un visage simple mais qui faisait son effet. Il adorait les enfants (ndla : Dans le sens non-Albert-Fish du terme), et les enfants l’adoraient.

Britney ne faisait pas exception à la règle ; en une seule soirée, la petite fille et lui avait joué pendant près de deux heures à Croque Carotte. Britney adorait jouer, seulement elle n’était pas vraiment chanceuse. La plupart du temps, donc, elle perdait. Alors que son lapin tombait une fois de plus dans le trou, elle soupira.

- Je meurs tout le temps… Ca m’énerve…
- Je n’y peux rien… bredouilla Gontrand, désolé pour elle.
- Gontrand, si un jour je ne vais pas bien, comme le lapin, tu viendras me sauver ?
- Evidemment, Britney ! sourit-il. On ne se connaît pas beaucoup, mais je peux te dire que tu es une petite fille très mignonne !
- Tu me le promets ? insista Britney.
- Juré !


- Voilà toute l’histoire, soupira Bleuts.
- Excuse moi, mais je ne vois pas vraiment où est ta part de responsabilité, là… fit remarquer Roku.
- C’est normal. Je n’ai pas fini, imbécile.
- …

Il pleuvait. Bleuts, trempée jusqu’aux os, rentrait de l’école. Elle avait maintenant six ans, et était rentrée le mois dernier en CP. Elle était obligée de rentrer toute seule à la maison, ses parents étant dans l’incapacité de venir la chercher, avec leur boulot de chercheurs pour la NASA. Du coup, elle se retrouvait là, seule, à marcher sous une pluie battante.

- Pfouuu… Je suis toute mouillée… Si j’avais su, j’aurais pris un parapluie… soupira-t-elle.

C’est alors qu’une voiture passa devant elle. Britney jeta un bref coup d’œil, et vit qu’il s’agissait de Gontrand. Elle se mit à lui courir derrière en criant, si bien que sa C4 s’arrêta. Il ouvrit la fenêtre.

- Oh, mais c’est Britney !
- Gontrand ! Tu peux me ramener chez moi s’il te plait, je pleine d’eau ! gémit-elle.
- C’est que… Ma femme et mon fis m’attendent à la maison… bredouilla Gontrand, penaud.
- Allez ! S’il te plait !
- Britney…
- Tu me l’avais promis !
- … Bon, très bien, monte.
- Ouiiiiiiii !


- Et il t’a violé, c’est ça ? termina Roku d’une voix morne.
- Quoi ? N’importe quoi ! s’emporta Bleuts.
- … Ah. Désolé.
- Non, c’est juste qu’à cause de cet acte égoïste, mes parents sont morts.
- … Pardonne moi, mais je ne vois toujours pas le rapport.
- Quelques jours plus tard, Gontrand les tuait.
- … Si ça se trouve, ça n’a rien à voir avec toi… tenta Roku.
- Oh que si. Je ne l’ai appris que quelques années plus tard mais… La femme et le fils de Gontrand sont morts ce jour là.
- …
- La femme de Gontrand avait laissé le gaz allumé et programmé le démarrage de la cuisson des pâtes à 19h30, avant d’aller faire une sieste. Le gaz a rempli tout l’appartement, et, à 19h30… L’étincelle de démarrage à jaillit. Tout a explosé dans une énorme boule de feu, et ils sont morts sur le coup.
- …
- J’ai retardé Gontrand. S’il était arrivé dix minutes plus tôt, il se serait rendu compte de l’odeur et aurait ouvert les fenêtres avant de débrancher le gaz. Mais il était occupé à me ramener chez moi… Je suppose qu’ensuite, dévasté, il a voulu se venger.
- Mais pourquoi n’a-t-il tué que tes parents ? s’étonna Roku.

Un regard noir de Bleuts le fit taire. Il frissonna, penaud d’avoir encore gaffé.

- Je n’en sais rien, honnêtement. Mais maintenant, tu connais toute l’histoire. Par ma faute, mes parents ont été tués… Je m’en voudrais toute ma vie…

Et elle se mit à sangloter. « Encore », songea très égoïstement Roku.

- Je suis contente de te l’avoir dit. Au moins, nous n’avons plus de secret l’un pour l’autre, acheva-t-elle, les larmes aux yeux.

Bleuts était belle quand elle pleurait. Ses traits s’adoucissaient, et elle paraissait vulnérable, fragile. Comme une chose que Roku devait protéger et chérir. Sauf qu’il restait des secrets. Du côté de Roku. La blonde ne savait pas tout du jeune homme. Elle ne savait rien du tout d’ailleurs.

« Lui dire, ou ne pas lui dire ? Deux semaines et cinq jours… Bientôt, ce sera la fin. J’ai deux solutions. Soit je lui dis tout, et je meurs haï de Bleuts. Soit je ne lui dis rien et je continue à la réconforter, à la rassurer, et je pars heureux. »

« Que choisir ? La sincérité… ? Ou l’amour ? »

« Ou alors, je choisi de survivre pour elle… Mais il est impossible que je tue mon Jumeau en seulement deux jours… »

C’est alors qu’un jeune homme blond, d’une beauté éblouissante, apparut en plein milieu de la clairière. Les rayons du soleil se reflétaient sur ses dents blanches comme neige, et ses yeux fixaient les deux amoureux, dont l’un estropié.

- Je vous dérange ? s’enquit-il.
- Qu- Que… San ?! bredouilla Roku.
- En personne !




Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent. Midona fut éblouie. En effet, tout était… blanc. Et lumineux. Yon et elle se trouvait dans une immense salle circulaire, tellement haute qu’elle semblait ne pas avoir de plafond. Sous leurs pieds, une grille, blanche elle aussi. Et sous la grille… Une immense hélice, qui tournait à une vitesse juste hallucinante, et dégageait un vent tellement puissant que Midona se retrouverait sûrement collée au plafond si elle faisait un pas de plus. Yon sourit devant la surprise de Midona.

- C’est impressionnant, n’est-ce pas ? C’est Ni qui a créé le quartier général, en quelques jours seulement. On peut dire qu’il a fait du bon boulot.
- Effectivement, fit Midona en tentant de retrouver son ton glacial.
- Bref. Ni, je suis devant ta soufflerie géante. Je fais quoi maintenant ?
- « Annoncez vos noms. Ensuite, enfilez ce qui va apparaître. »
- Ok. Yon !
- Midona Milkya.

Deux piédestaux sortirent du sol. Sur chacun d’eux reposait une ceinture blanche toute simple. Ils la bouclèrent. Aussitôt, ils se sentirent devenir plus lourds.

- Et maintenant ?
- « Ces ceintures sont faites pour modifier votre poids. Il y a des portes collées aux murs, elles mènent aux différentes salles. Pour les atteindre, il faut dire combien vous voulez peser, en sachant qu’en pesant une tonne vous êtes juste assez lourds pour rester au sol, et qu’à 300 kilos vous êtes au sommet. Vous devez atteindre la porte qui va se mettre à clignoter. »

Et effectivement, un carré rouge se mit à clignoter, quelques dizaines de mètres plus haut.

- Pourquoi c’est si compliqué d’atteindre une salle ? questionna Midona, réellement intriguée.
- « Pour qu’une personne qui débarque ici par hasard soit écrabouillée au plafond sans plus de procès. »
- … Logique. Bon… Vu la hauteur, je dirais… 900 kilos !

Elle fit un pas de sorte à être dans le cercle de la soufflerie, et s’envola aussitôt. Elle resta suspendue à 100 mètres au dessus du sol. Elle flottait, en vol stationnaire. C’était vraiment très amusant, et elle parvenait à se déplacer en bougeant ses bras et ses pieds. Mais elle était légèrement trop en hauteur par rapport à la porte. Yon, quant à lui, avait essayé 400 kilos, et s’étaient retrouvé tellement haut que Midona ne le voyait plus. L’idée de s’enfuir la traversa un instant, mais elle se dit que de toute façon, ce fameux Ni pouvait très bien stopper l’ascenseur à distance. Elle décida de se reconcentrer sur le moyen de parvenir à la porte.

« Alors, si j’enlève 100 kilos, je gagne 100 mètres… C’est plutôt logique en fait. Je suis à peu près 20 mètres trop haut… Donc… »

- 920 kilos !

Elle descendit d’une vingtaine de mètres, pour se retrouver juste devant la porte clignotante. Yon la rejoignit quelques secondes plus tard.

- Et comment on ouvre, maintenant ?

En effet, la porte n’était pas une porte. C’était un simple rectangle rouge clignotant mais à part sa couleur, c’était semblable à un mur normal.

- « Il suffit de pousser. »

Midona posa sa main sur la surface clignotante, et poussa. Il y eut un déclic, le pan du mur recula et s’éleva, laissant place à un trou suivit d’un couloir. Ils entrèrent, et la porte se referma derrière eux. Ils ne marchèrent pas longtemps avant d’arriver face à une autre porte du même genre que la première ? Ils répétèrent l’opération pour tomber dans une petite salle remplie d’ordinateurs. Il y en avait partout, y compris au plafond et aux murs. Un homme ayant la vingtaine passée était affalé sur une chaise de bureau.

Il avait des cheveux châtains mi-longs légèrement frisés et coiffés à la perfection. Ses yeux noirs comme l’encre fixaient l’un des écrans d’ordinateur, et sa bouche semblait figée dans un rictus provocateur. Vêtu d’un T-Shirt blanc moulant, dont on ne voyait que le col sous sa longue chemise noire ornée de deux rangées de boutons dorés, d’un nœud papillon rouge et d’un pantalon bleu marine repassé maintes fois, la comparaison avec Ciel Phantomhive de Black Butler s’imposait. Il débordait de classe et pianotait tranquillement sur son clavier avec ses mains habillées de gants blancs en soie. Il pivota lentement et se leva pour venir accueillir ses invités.

Il effectua une petite courbette pou venir baiser la main de Midona, qui, prise au dépourvue, rougit comme une pivoine.

- Mes hommages, mademoiselle. Je suis Ni, le numéro 2 de la Meetic Organisation. Ravi de vous rencontrer enfin, Midona Milkya, acheva-t-il d’une voix profonde.
- Euh… Enchantée…
- Vous voulez connaître la raison de votre présence ici, je présume ? questionna-t-il.
- Exact, fit-elle, reprenant contenance.
- Eh, Ni, t’es pas cool, j’existe moi aussi ! s’insurgea Yon, mis à l’écart.
- Ecoute, quand on rencontre une femme pour la première fois, la politesse exige de se présenter convenablement. Les femmes sont des êtres sacrés.
- Alors d’une, c’est une gamine et elle a treize ans, et de deux, M-M c’est limite si tu lui fait pas des doigts d’honneur, alors bonjour le respect de la femme ! railla Yon.
- … Bref, suis-moi Midona, je vais te conduire jusqu’à ichi, le chef provisoire pendant l’absence de M-M.
- Elle est absente ? s’étonna Midona.
- Des affaires à régler.

Ni les entraîna à sa suite. Ils se retrouvèrent à nouveau dans la soufflerie, et Ni enfila à son une ceinture avant de se laisser porter par le vent.

- Bon, passez en mode 300 kilos.

Ils obtempérèrent, et se retrouvèrent au niveau du plafond. Leurs cheveux dressés touchaient ce dernier. Ni leva la main, poussa, et une trappe dérobée dans le plafond s’ouvrit.

- Passez à 299 kilos.

Ils montèrent d’un mètre, et se retrouvèrent dans un couloir. Ni referma la trappe derrière lui, et se livra à une petite explication.

- Le Quartier Général est situé à deux kilomètres sous le Siège National de la Police, et la colonne de la soufflerie mesure 700 mètres. De cette salle centrale, on peut accéder à une centaine de pièce, avec toute une fonction bien précise. Nous sommes dans la salle la plus haute et la plus importante, la Salle du Trône, où réside Ni en l’absence de M-M.

Ils s’avancèrent, et débouchèrent sur une salle autrement plus grande que celle de Ni. Au centre siégeait un magnifique trône en verre, richement orné de pierres précieuses. Il flottait doucement au dessus du sol, comme s’il lévitait. C’est sur ce trône que se trouvait un jeune homme d’apparence pour le moins… banale.

Vêtu d’un T-Shirt noir et d’un jeans, une paire de lunette posée sur un nez fin et un livre à la main, il aurait pu être un passant quelconque. Quand il aperçut les arrivants, ses yeux bleus quittèrent son livre pour reporter son attention sur eux. Il se redressa, et sauta du trône pour atterrir à leur niveau.

- Hey les gens ! How are you today ?

Il s’approcha, serra la main de Ni et celle de Yon, avant de faire la bise à une Midona pour le moins surprise. Elle s’imaginait plutôt le numéro comme quelqu’un de beau, ou d’aspect terrifiant mais il était désespérément normal. Mais rien que par sa présence il était… imposant. En tous les cas, Yon et Ni avaient l’air tendu, comme s’ils redoutaient le jeune homme.

- Oh, mais c’est la fameuse Midona ! Ich heiße Ichi !
- Enchantée de faire votre connaissance.
- Bouh, elle est d’une froideur… Tu l’as laissé au congélo, Yon ? sourit Ichi.
- Non, Maître, répondit Yon, très tendu.
- Inutile d’être si formel, appelle moi Ichi-nii-san !
- …
- Bref ! Je vais t’expliquer ta mission, Mido-chan !
- … Je vous écoute.
- Tes initiales sont M et M, n’est-ce pas ? Tu vas te faire passer pour M-M, la dirigeante de la Meetic Organisation !

Blanc dans la salle. Visiblement, Yon et Ni n’étaient pas au courant non plus.

- La vraie M-M est très occupée en ce moment… Mais elle doit se mettre dans la poche des entreprises et des dresseurs pour pouvoir conquérir l’Omniscient ! Comme elle ne peut pas être à deux endroits à la fois, tu vas te charger de recruter du personnel, et de tout ce qui est administratif.
- Mais je ne sais pas le faire ! On verra que je suis une fausse !
- Non, Ni t’apprendra à te comporter en parfaite criminelle gestionnaire. N’est-ce pas, Ni-chan ?
- Oui.
- Mais M-M a sûrement des ennemis ! Je vais me faire tuer ou agresser ! s’insurgea-t-elle.
- C’est là que ton Zorua entre en scène. Il va se transformer en un black immense aux gros bras, et personne n’osera t’approcher ! la rassura Ichi.
- Mouais…
- Mais ta principale mission est de dérouter les Chapeliers.
- Les Chapeliers ?
- C’est un groupe de personne qui sont nos ennemis. Pour info, ta sœur Mey en fait parti.
- … Je doit me faire passer pour l’ennemie de ma sœur ? bredouilla Midona, désarçonnée.
- Non. Tu es son ennemie.
- …
- Je te souhaite bonne chance pour la suite, Midona. N’hésite pas à venir voir Tonton Ichi si t’as un blem ! Tschüss !




Justine, Glenn, Shuu et Cat se trouvaient dans les égouts. Oui oui, dans les égouts. Enfin, juste dans la canalisation disposée sous l’arène. Car évidemment, il y avait aussi des gardes dans les égouts, mais il n’avait pas le droit d’attaquer dans un certain périmètre, qui correspondait à la forme de l’arène. Bref, ils étaient en sûreté, mais ils ne pouvaient pas aller plus loin. D’autant plus qu’il y avait cette foutue barrière psychique…

- C’était ça ton plan Shuu ? Mais c’est gardé de partout ! s’étonna Cat.
- Je sais bien. Mais je connais un moyen pour évincer les gardes et traverser la barrière. Mais ça va faire du grabuge.
- On n’est plus à ça près… soupira Glenn.
- Bon, dans ce cas… dit Shuu. Cat, je veux que tu créés les même bulles que celle de l’arène de Mauville.
- Ok mais… Pourquoi faire ?
- Tu vas voir. Mais fais les petites.

Cat sortit Broke le Feuforêve et Upah le Maraiste. Ils combinèrent Vague Psy et Pistolet à O, et ils se retrouvèrent avec quatre bulles légèrement plus grosses que des boules de bowling. Shuu en attrapa une, et enfonça sa tête dedans. Il avait l’air d’un astronaute, et les autres ne purent s’empêcher de pouffer de rire.

- C’est pas drôle ! Mettez les vôtres !
- Mais pourquoi faire ? questionna Justine.
- Suspense…

Ils haussèrent les épaules avant d’obtempérer. Quatre astronautes.

- Maintenant… Justine, sors ton Milobellus. Et toi Cat, rentre Broke mais garde Maraiste.

Elles obéirent, tandis que Shuu sortait Chôji le Goinfrex.

- Et pour finir… Utilisez Surf en continu.
- Pardon ?! En quoi ça va nous avancer d’inonder les égouts ?! s’insurgea Cat.
- On va pas inonder les égouts. On va inonder la ville.

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Dernière édition par Shuu le Dim 11 Aoû 2013 - 15:19, édité 2 fois
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MessageSujet: Chapitre 31 : The demons from your past   Mer 28 Déc 2011 - 16:04



- Bonjour Roku, j’espère que tu vas bien, sourit poliment San.
- Ça va, ça va… soupira Roku, se prêtant au jeu.
- Et qui est cette charmante jeune fille qui te tient compagnie ?
- Je m’appelle Bleuts. Bleuts Prussalia, dit-elle d’une voix ferme en se levant. Vous devez être un type de l’organisation à la con, là…
- Exact. Et toi tu es l’une des personnes que nous devons tuer… Etonnant que tu sois toujours en vie, avec Roku pas loin ! J’imagine que ton attirance toute relative t’as sauvé la vie… soupira San avec un air lassé.
- N’importe quoi !
- Peu importe. Je pense que c’est une trahison claire et nette de ta part, mon cher Roku. M-M était furieuse, si tu veux savoir. Mais elle savait que de toute façon, tu allais mourir. Que ce soit de notre main, ou de la main des lois de l’univers.
- Pardon ?! s’étonna franchement Bleuts. Des lois de l’univers ? C’est quoi encore cette connerie ?!
- Eh bien… Comment dire… J’imagine que Shuu Jaggerjack t’en a parlé… Tu dois tuer ta jumelle spirituelle si tu veux survivre en ce monde. Tu disposes pour cela d’un an et demi environ, parce que ton ADN correspond à un certain type. En revanche, nous, ceux de l’Armada Zu, nous n’avons pas ce fameux ADN, et n’avons donc que trois semaines pour tuer nos jumeaux. Enfin, nous avions. Car nous l’avons maintenant, l’ADN, et nous avons un an et demi ! Génial ! sourit San pour terminer ses explications.
- Vous l’avez obtenu ? fit Roku, toujours allongé, souffrant de sa blessure.
- Et bien oui. Mais nous ne te le donnerons pas. C’est bête. Ta trahison infâme te coûtera la mort.
- Wow ! Attendez une minute ! Tu veux dire que tu savais que t’avais que trois semaines à vivre ?! Et tu m’as rien dit ?! s’emporta Bleuts.
- Tu te serais inquiétée… Et tu aurais refusé qu’on sorte ensemble, tu m’aurais ordonné de rentrer dans le Monde Réel… se justifia Roku, penaud.
- Et ben c’est malin ! Putain, je veux pas que tu crèves, enculé ! Il te reste combien de temps ?
- Deux jours.
- PUTAIN ! ET C’EST MAINTENANT QUE TU ME LE DIS ? TU COMPTAIS CREVER COMME CA, COMME PAR MAGIE ? SANS QUE JE COMPRENNE RIEN ?!

Bleuts était debout, surplombant de toute sa hauteur le corps sanguinolent de Roku, allongé dans l’herbe. San regardait la scène avec un air intéressé, comme s’il s’agissait d’une mauvaise série américaine. La jeune femme blonde semblait sacrément remontée, mais les larmes refaisaient à nouveau surface, à son grand dam. Elle se sentait extrêmement faible, comme une pauvre chose qui paraissait forte, mais qui en réalité n’était qu’une grosse pleurnicheuse.

- Désolé d’interrompre la réédition de Roméo et Juliette, mais j’existe, figurez-vous.
- …
- Roku ne vas pas forcément mourir, lâcha San.

Stupéfaction chez les deux amoureux. San avait pris un air sérieux, et une goutte de sueur s’était formée à sa tempe, comme s’il faisait quelque chose d’interdit et avait peur d’être surpris.

- J’avais envie de jouer… L’autre jour, en me promenant, je suis tombé sur le jumeau spirituel de Roku, par hasard. J’ai tout de suite vu que c’était lui, la ressemblance était frappante. Je l’ai donc capturé, pensant que ça ferait un bon jeu, à condition de te trouver, Roku. J’ai donc pris le contrôle d’un Tyranocif qui passait par là, lui ordonnant de chercher un jeune homme d’environ seize ans. Ce couillon s’est trompé et m’a amené un type blond… J’ai donc laissé le Tyranocif se charger de lui, et je me suis mis à chercher Roku par mes propres moyens. Et là, je tombe sur toi, en pleine scène d’amour profond avec sa nouvelle petite amie.
- Abrège, fit froidement Bleuts.
- Et bien… Je vous propose un jeu. Je n’ai pas vraiment le droit de faire ça mais bon… Jouer est une seconde nature chez moi. Bref. Le jeu consiste à trouver le jumeau spirituel de Roku. Il est caché dans cette forêt, et attends qu’on vienne le tuer. Si vous réussissez à le tuer en moins de 5 heures, je vous laisserai partir la vie sauve.
- … Mais Roku ne peut pas se déplacer… objecta Bleuts.
- Justement ! C’est toi qui devras agir toute seule, pour sauver ton amour d’une mort certaine ! Ce sera poétique et… grandiose ! s’enthousiasma San.

Un grand silence s’installa. San souriait de toutes ses dents, attendant la réponse de Bleuts. Roku quant à lui, semblait tenter de la dissuader du regard.

- Je peux lui parler en privé ? demanda Roku.
- Sûrement pas, répondit immédiatement San. La décision lui appartient.
- … J’accepte. Si c’est le seul moyen de sauver Roku, je vais tuer son jumeau. En moins de cinq heures. Je peux le faire.
- Bien sûr que tu peux. Je t’attendrais là-bas, là où se trouve son jumeau. Pour info, son nom est Ryan. Et il ne peut pas bouger, il est attaché à un arbre. Cela ne devrait pas être trop dur, sourit gentiment San, comme s’il faisait une fleur à la jeune fille.
- Je réussirai. Fais moi confiance Roku.
- N’y va pas. Je t’en supplie, Bleuts. N’y va pas. Tu vas mourir, c’est certain.
- Pas question. Pas sans t’avoir sauvé, Roku ! Je te sauverai, je te le jure ! Et je reviendrai vivante, sois en sûr, abruti !
- Pitié… gémit-il, à l’agonie. N’y vas pas, tu vas y laisser la peau !
- J’irai.
- Bon, stoppez ces jérémiades. Elle a prit sa décision. Je vais rejoindre Ryan… Le chrono commence… maintenant ! annonça San.

Il disparut alors, comme absorbé lentement par la terre. Bleuts et Roku se retrouvèrent seuls. La blonde s’assit à son chevet, et déposa un baiser sur son front.

- Attends moi. Je ne te laisserai pas crever comme un con.
- Si seulement je pouvais bouger… soupira Roku.
- N’y pense même pas. J’y vais maintenant.
- S’il te plait…
- Trop tard pour revenir en arrière. Je te laisse.

Elle se leva, lentement, et commença à marcher en direction des arbres, se fiant à son instinct.

- Bleuts ! BLEUTS ! N’y va pas ! Je t’en supplie ! BLEUTS PUTAIN REVIENS !
- A tout à l’heure, Roku ! sourit-elle.
- Reste ! BRITNEY !

Bleuts se figea. L’enfoiré venait de toucher une corde sensible. Cependant, elle ne se retourna pas, et s’enfonça dans l’immensité de la forêt en courant. Quand elle fut suffisamment loin pour ne pas entendre Roku, elle s’accorda une petite minute de réflexion, se forçant de ne pas penser au jeune homme qu’elle aimait.

« Pour que le jeu sois intéressant, il faut que j’ai une chance de gagner… Donc en théorie, il doit y avoir des indices quelque part ! Je ne sais pas grand-chose, à part qu’il est dans cette forêt, et qu’il s’appelle Ryan. Peut-être que dans ses phrases se cachait un indice… »

Elle se mit à marcher, lentement, avant de tomber soudainement sur une trace étrange au sol. Il s’agissait d’un « R » majuscule tracé dans la terre sèche et poussiéreuse, avec au dessus une flèche pointant une direction. Le rapprochement avec Ryan se fit aussitôt et, sans hésiter une seconde, elle s’élança en courant dans la direction indiquée.


Roku était toujours allongé, tiraillé par les remords et la colère. « Putain… Je n’aurais pas dû la laisser partir ! Elle va se faire tuer, c’est sûr ! San va se faire un plaisir de la faire crever à petit feu, avec des pièges bien salops… Je le déteste ! Et je ne peux même pas bouger… Et toutes ces choses que je ne lui ai pas dites… Tant de secrets qu’elle ne connaît pas… PUTAIN ! Je vais crever dans le remord… C’est pas vrai ! »

Il fût tiré de ses pensées par un léger tremblement de terre. La tête de San sortit du sol, puis son torse, puis ses jambes. Il souriait.

- Tu pensais que j’allais te laisser te reposer tranquillement ? Tu rêves, mon cher Roku !
- San… grogna Roku entre ses dents.
- Ta petite amie t’a laissé sans protection, me croyant sur parole… Son erreur va te coûter des souffrances bien pires que celle de disparaître ! ricana le blond.
- De toute façon, je savais que j’allais crever… Tu ne m’apprends rien… soupira Roku, résigné à l’idée de mourir.
- Oui, la différence, c’est que là, je vais m’amuser !

Des haches apparurent alors autour de lui. Elles étaient sept, en tout, et tournait lentement autour du jeune homme au physique irréel, telles un halo de lumière argenté. Roku dut faire un effort surhumain pour ce retenir de frissonner.

- Tu oserais te rabaisser à frapper un homme à terre ? Je ne te pensais pas si lâche, San… railla Roku.
- Ce n’est pas une question de lâcheté…
- Inutile de tenter de te justifier !
- Je ne me trouve pas une excuse, répondit San.
- Ah ? s’étonna Roku.
- C’est simplement que la folie n’a pas de principes…


Bleuts courait toujours, sans jamais dévier de sa trajectoire initiale. Elle s’arrêta soudainement, manquant de tomber dans une rivière. Peu profond mais scintillant d’un vert émeraude, le ruisseau coulait lentement, traçant sa route sinueuse entre les chênes centenaires. Bien que la profondeur soit moindre, la largeur était néanmoins plutôt importante. De quatre mètres environ, Bleuts ne pouvait pas tenter de sauter sans risquer une mauvaise chute qui signerait sa défaite.

Elle allait enlever ses chaussures quand elle aperçut une ombre furtive passer dans l’eau. D’instinct, elle recula vivement. Ce réflexe lui sauva la vie ; en effet, un Bargantua jaillit de l’eau et vint s’échouer toutes dents dehors à l’endroit où Bleuts se tenait quelques centièmes de seconde plus tôt. Elle souffla un bon coup, avant de renvoyer le Pokémon à l’eau d’un coup de pied.

- Ok, vaut mieux pas que je traverse comme ça…

Elle tourna sur elle-même, cherchant un moyen de passer. Comme si elle avait été là juste pour Bleuts, elle vit une planche en bois très longue formant un pont au dessus de la rivière. Elle s’en approcha, et fixa l’arbre en face du pont de fortune. Au couteau était gravé un « R » saillant et net.

- Une des épreuves du type louche pour pimenter le jeu, je suppose…

Elle soupira. Il était clair que c’était un piège. Généralement, dans les films, soit la planche était fragilisée et cédait, soit un type surgissait de nulle part et enlevait la planche alors que le héros était dessus… En vue des nombreux Bargantua aux dents acérées qui nageaient en dessous, ces scénarios n’étaient pas très rassurants. La blonde décida d’être plus maligne que les héros idiots et fonceurs. Elle ramassa une pierre de bonne taille, et la lança au milieu de la planche. Celle-ci se brisa en deux comme si elle était en sucre.

- Putain, j’ai bien fait de pas passer par là…

« … »

- … ET JE FAIS QUOI MAINTENANT ?! hurla-t-elle, se rendant compte qu’elle était comme une conne.

« Réfléchissons… Je peux pas traverser à guet… J’ai pas Léviator… J’ai plus de pont… AH ! JE SAIS ! »

Elle s’approcha d’un chêne, et commença à l’escalader. Quand elle eut atteint les hautes et longues branches, elle en attrapa une, et se laissa tomber. La branche céda, et elle se réceptionna tant bien que mal au sol. Toute contente d’avoir récupéré une longue branche, elle s’élança sans plus réfléchir en direction de la rivière. Elle sauta, et planta la branche dans la rivière… mais elle ripa sur une pierre.

Bleuts tomba donc à l’eau, pour de bon. Peu profond, tout était relatif. L’eau lui arrivait au bassin, tout de même, elle avait mal jugé. D’abord interloquée d’avoir raté son coup, elle ne réagit quand elle sentit la première morsure, sa cuisse droite. Elle hurla de douleur, envoya valser le Pokémon avec un coup de poing, et se mit à courir. Mauvaise idée, très mauvaise idée. Attirés par l’odeur du sang et les vibrations de l’eau, un véritable banc de Bargantua s’était formé et fonçait vers elle. Ralentie par l’inertie de l’eau, Bleuts progressait lentement, morte de peur intérieurement.

« Réfléchis, Bleuts... Il doit y avoir un moyen… »

Elle fixa sa jambe sanguinolente tout en courant, et prit peur. Un morceau de chair était sur le point de se décrocher. Sans réfléchir, dégoûtée par son geste, elle l’arracha d’un coup sec, et le lança à l’autre bout de la rivière. La majorité des Bargantua, pas idiots, préférèrent s’attaquer à quelque chose de déjà mort plutôt qu’à une cible vivante et donc dure à attraper. Cependant, comme chez les humains, les idiots existaient, et elle avait encore cinq ou six poissons à ses trousses. Elle avait quand même gagné du terrain, et était à un mètre de la rive d’en face.

Elle aurait bien nagé, mais en réalité, elle n’avait jamais appris. Ce n’était pas le genre de chose que l’on apprenait aux enfants d’un orphelinat. Maudissant ses lacunes, elle courait de plus belle. Bleuts fit alors un bond monumental, prenant appui sur une pierre plus haute que les autres, et elle s’écrasa sur la terre ferme, de l’autre côté.

Ce n’était cependant pas encore fini ; les cinq Bargantua fonçaient toujours, prêts à bondir à leur tour. Bleuts attrapa un rondin de bois, et se mit debout. Les Pokémon sautèrent, et la jeune fille les envoya bouler d’un fabuleux coup de rondin. Ils atterrirent sur la rive d’en face, la tête défoncée. La blonde soupira.

- Home run… Aïe ! gémit-elle.

Sa jambe la faisait souffrir. Sans penser au trou qui devait s’y trouver, elle l’enroula dans un morceau déchiré de son T-Shirt. Puis elle attrapa une branche taillée en V, et s’en fit une béquille de fortune. Elle repartit, déterminée à sauver Roku.


- Oui, la folie n’a pas de principes ! Je vais te tuer à petit feu, tu vas connaître la souffrance ! ricana sadiquement San.
- Comme si je ne la connaissais pas… répliqua Roku d’une voix blanche.
- Oh, le petit Roku a eu une enfance malheureuse ? Peucheurette ! railla le blond. Là t’es dans le présent, il va falloir te réveiller !

La première hache fusa, et se planta dans la cheville de Roku, qui ne broncha pas.

- Une enfance malheureuse ? Moi ? Non… Pas malheureuse… Bien pire que ça…



- WOUHOUUUU ! C’EST TROP BIIEEEEEEEEN ! AAAAAAH !

Roku, six ans, à Disney Land Paris. Perché sur une montagne russe, aux côtés d’un homme souriant et d’apparence jeune. Des cheveux coiffés en brosse, une barbe de trois jours, des yeux pétillants et surtout une énorme cicatrice qui traversait sa joue gauche. A l’époque, Roku ne savait pas de quoi venait cette affreuse balafre à jamais figée sur le visage de son père. Quand il lui posait la question, son père lui répondait toujours « Ah, ça ! Un grizzly dans le massif central, rien d’autre ! ».

Sauf que quand Roku avait demandé à son grand-père s’il y avait des grizzlys dans le massif central, celui-ci avait éclaté de rire. Mais là, maintenant, il n’avait que faire de cette cicatrice. Il s’amusait comme un petit fou, enchaînant les loopings dans le wagon du devant.

Quand ce fut fini, le père et le fils descendirent et retrouvèrent une jeune femme blonde aux yeux si bleus qu’on ne pouvait pas regarder autre chose en sa présence. Il s’agissait de la mère de Roku.

- Alors, Nathaniel ? C’était bien les montagnes russes ? sourit-elle.
- Génial ! On peut le refaire ? Hein ? Dis oui !
- Il faut demander à ton père ! Je ne monterais jamais dans un truc pareil, tu peux me croire ! ricana sa mère.
- Alors papa ? C’est oui ? insista Roku, alias le dénommé Nathaniel.
- Je ne sais pas… fit semblant de réfléchir le père.
- Enfin Albert ! Arrête de le faire marcher ! sourit la mère.
- C’est bon , c’est bon ! On y va ?
- YOUPI ! Merci papa, merci maman !
- De rien mon poussin ! sourit son père.
- Et puis, tu auras bientôt neuf ans, profites bien de ton enfance ! ajouta sa mère.
- On est adulte, à neuf ans ? questionna Nathaniel, intrigué.
- C’est une sorte de… tradition de famille ! expliqua sa mère avec un sourire triste.



Un « y » tracé au sol, cette fois. Avec une autre flèche. Le message était clair, Bleuts ne tergiversa pas longtemps et se remit en marche, claudicante, appuyée sur sa béquille de fortune. De temps en temps, elle croisait quelques Paras et Chenipan, qui se baladaient tranquillement dans leur forêt. La blonde était en train de se battre pour sa survie et celle de la personne qu’elle aimait, mais les autres s’en fichaient, continuaient à vivre. Ce qui était normal, en somme.

Elle ne mit pas longtemps avant d’arriver devant un véritable tunnel végétal, tout de ronces fait, qui descendait en pente relativement forte jusqu’à une quelconque vallée. On n’en voyait à peine la fin, ce qui laissait présumer qu’il était relativement long, et que le traverser pourrait prendre quelques minutes à béquilles. Sauf qu’il était sûrement piégé, à la manière de la rivière et du pont. Et évidemment, des ronces empêchaient de le contourner, ou de passer à côté. Et comme si San voulait à tout prix qu’elle passe par là, une pancarte en bois avec un « y » gravé pendait à l’entrée du tunnel.

- Il va se passer quoi si j’entre ? Des serpents vont me tomber dessus ? Ou des mygales peut-être ? Bon, je vais faire un test… soupira Bleuts.

Elle attrapa une branche morte, et la lança à l’intérieur du tunnel. L’effet fut immédiat, vif, à glacer le sang. Le tunnel se rétracta, broyant complètement le bout de bois avec une force colossale. Puis, trois secondes plus tard, il se rouvrit, comme avant. Sauf qu’à la place du bout de bois se trouvaient des brindilles. Pas super rassurant.

- Oh putain… Comment c’est possible sérieux, ça ?! C’est la forêt toute entière qui veut ma mort ?! Et là, j’ai aucun moyen de passer…

Elle réfléchit quelques minutes, avant d’apercevoir un tronc d’arbre complètement creux, coupé en deux. Une sorte de luge en forme de gouttière, quoi. Une idée germa dans son esprit, et elle passa à l’action, espérant que ça marcherait mieux que l’autre fois.

- Bon, le sol est poussiéreux… Ça devrait marcher… Et le chêne là-bas est parfait !

Bleuts attrapa son rondin creux, et le hissa tant bien que mal dans les hautes branches d’un chêne. Celui-ci avait la particularité d’être courbé, comme un gigantesque toboggan. En plus, il était à peu près dans l’axe du tunnel. Pile ce qui lui fallait. Elle se rentra toute entière dans le tronc d’arbre, et poussa d’un coup sec. Elle glissa sur le tronc et s’engouffra dans le tunnel à une vitesse folle.

A mesure qu’elle glissait, elle sentait les ronces se refermer juste derrière elle. Heureusement pour elle, le tunnel était en pente, et elle filait à la vitesse de l’éclair. C’est alors que survint un virage.

- Et merde…

Elle sortit sa main, et l’appuya sur le sol poussiéreux. Elle réussit à tourner au tout dernier moment, évitant de peu un mur de ronces en pleine tête. Bleuts continua donc la traversée du tunnel, beaucoup plus long que dans ses calculs.

Mais elle perdait du terrain, et elle le sentait. Elle avait cependant une chance de s’en sortir. En effet, le tunnel n’était pas dirigé par un être vivant, c’était certain. Sinon, l’être vivant, probablement doté d’un cerveau, aurait fermé le tunnel devant Bleuts, et non derrière elle. La seule explication était que le tunnel ne se refermait que lorsque qu’il sentait quelque chose passer sous une arche. Donc tant que Bleuts gardait une vitesse constante, elle était hors de danger.

Sauf que la pente devenait plus douce, et elle se sentait ralentir dangereusement. Les ronces frôlaient ses vêtements et ses cheveux, gagnant quelques centimètres chaque seconde. C’est alors qu’elle aperçut la lumière du jour. La sortie du tunnel. La libération. Sauf qu’elle était en position assise sur sa luge, les pieds en avant. Donc ses longs cheveux blonds volaient au vent derrière elle, manquant à tout moment de se faire happer par la masse végétale. Elle ne pouvait pas les attacher, car lâcher les bords de la luge improvisée lui serrait fatal.

La sortie n’était qu’à quelques mètres, maintenant. Elle penchait la tête en avant pour éloigner ses cheveux le plus possible, et donnait des coups de hanches pour faire accélérer la luge. Soudain, à dix mètres de la lumière, ce fut le drame. L’extrémité arrière de la luge fut touchée, et comme si le tunnel était une énorme hélice, elle fut absorbée par la masse en une demi seconde. Bleuts fut projetée en avant, sans défense, stoppée. Elle s’écrasa par terre lamentablement, attendant les yeux fermés la douleur aigue qui allait survenir.

Elle attendit. Une seconde. Deux secondes. Trois secondes.

Toujours rien.

Elle risqua un coup d’œil, pour s’apercevoir que tout était revenu à la normale. Les débris de sa luge jonchaient le sol à quelques pas d’elle, mais le tunnel avait sa forme et sa taille initiale. Bleuts n’en revenait pas.

Abasourdie, elle sortit lentement du tunnel et se retrouva dehors, indemne. Au sol, un « a » avec une flèche pointant l’ouest.

Bénissant sa bonne étoile, elle se remit en marche.


- Pourquoi l’as-tu laissée vivre ? questionna une voix froide et féminine.
- Parce que San m’a demandé de la laisser atteindre Ryan… soupira une autre voix, grave cette fois. Je n’aime pas beaucoup San, mais j’ai de la peine pour lui à cause de la mort d’Hachi, donc je fais ce qu’il me demande. Dans une certaine mesure.
- Je vois.
- Si tu étais M-M, qu’aurais tu fait à ma place ? questionna Ni, car c’était bien lui.
- Je pense que je lui aurais broyé les jambes. Pour qu’elle meure lentement d’une hémorragie, répondit Midona.
- C’est bien, Midona. Tu parviens à la perfection à imiter M-M… Tu es douée !
- Merci, Ni.
- De rien.


Nathaniel, alias Roku, était allongé tranquillement sur son lit, songeant à la journée du lendemain. Son anniversaire. Son neuvième anniversaire. Nathaniel avait peur. Son père était étrange depuis quelques semaines, ainsi que sue sa mère. Elle le serrait dans ses bras dès qu’elle le voyait, elle et son mari s’embrassaient tout le temps. La famille entière allait au cinéma tous les week-ends, faisait la fête sans raison, s’achetait de beaux habits. Son père s’était payé une coûteuse voiture, tout en sachant qu’après cet achat, il faudrait oublier le beurre dans les épinards.

Les parents de Nathaniel avaient un comportement trop étrange pour être normal. Et plus la date du neuvième anniversaire approchait, plus ils agissaient bizarrement. Et ils n’étaient pas les seuls. Les grands-parents maternels de Nathaniel agissaient eux aussi d’une manière étrange. Ils donnaient tout plein de sous au petit garçon quand il allait chez eux, et le dorlotaient comme s’il était béni des dieux.

Le 8 décembre, la veille de son anniversaire, Nathaniel était anxieux. Qu’allait-il se passer le lendemain ? Pourquoi tout le monde était si bizarre depuis quelques temps ? Pourquoi tout le monde agissait comme si… comme s’il devait profiter de la vie ? Tant de questions qui trouveraient leurs réponses le lendemain…

Cette nuit là, Nathaniel ne ferma pas un seul œil. Il était terrorisé. Il redoutait son anniversaire, et ce qui allait se passer. Il se leva donc de bonne heure, vers sept heures. Il descendit les escaliers, et tomba sur une salle à manger… magnifique. Des ballons, des guirlandes multicolores, des confettis un peu partout, et une pile de cadeau posée sur la table.

Dans la salle se trouvait sa mère, son père, ses grands parents maternels ainsi que son oncle. Tous les cinq étaient debout, au milieu de la pièce, immobiles, le regard en direction de Nathaniel. Ils ne souriaient pas. Ils affichaient une sorte de moue résignée.

Interloqué, le petit garçon s’approcha timidement.

- Papa ? Maman ? Tonton ? Mamie ? Papi ?

Pas de réponse. Il y eut un petit silence, puis sa mère prit enfin la parole.

- Nathaniel… Tu as aujourd’hui, en ce 9 décembre, officiellement neuf ans, commença-t-elle d’une voix lointaine, caverneuse.
- Oui… Et ?
- Il y a quelques années, alors que j’étais enceinte de toi, j’ai eu une vision. Ma vue s’est brouillée, et une prophétie m’a été faite, révéla-t-elle.
- Que… Une prophé-quoi ? questionna Nathaniel, qui ne comprenait rien à ce que sa mère racontait.
- Une vision du futur. Elle disait : « Le jour de son neuvième anniversaire, l’enfant né le 9 décembre prendra la vie de sa famille dans un bain de sang affreux, possédé par le démon. ».
- Je ne comprends rien maman ! gémit Nathaniel, affolé par le sérieux de sa mère et le visage figé de sa famille.
- Nous avons vécu tout en sachant que nous allions mourir aujourd’hui même. Nous nous sommes préparés mentalement. Nous sommes prêts à mourir de ta main, Nathaniel. Une hache t’attend dans la cuisine.
- Mais maman, je ne comprends rien ! pleura le gamin. Je ne veux pas vous tuer… NON ! NON ! PAS QUESTION ! hurla-t-il.
- C’est ton destin, mon chéri. C’est écrit. Ma famille a des dons de prémonitions, et grand-mère a eu la même vision. Tu dois nous tuer, Nathaniel.
- Non… bredouilla le garçon.
- Va chercher le couteau. Et tue nous tous, jusqu’au dernier. Nous sommes résignés, nous nous plions à Dieu et à la prophétie divine, psalmodia la mère avec un air dément au visage.
- Je dois… vous tuer ? Vous êtes sûrs… ? gémit le garçon.
- Oui.
- … D’accord.

Nathaniel bascula alors psychologiquement. Son côté obscur longtemps resté enfermé prit le dessus. Ses yeux se révulsèrent, un sourire se dessina sur son visage. Tremblant, il se dirigea vers la cuisine, où l’attendait une hache fraîchement aiguisée par son père pour l’occasion.



- … Voilà donc la troisième épreuve.

Un ravin. Bleuts avait en face d’elle une immense et large fissure dans le sol. Mais peu profonde. Sauf qu’au fond l’attendait des bambous taillés en pointe, comme dans les films.

- J’en ai marre de ces épreuves à la con ! J’ai plus que deux heures, merde quoi !

Bleuts décida de ne pas y passer la nuit. Un « a » taillé à même la roche la narguait de l’autre côté du ravin hérissé de piques, et elle n’avait pas envie d’attendre plus que ça. Elle décida d’y aller en mode bourrine. Sa jambe allait légèrement mieux, et elle se sentait d’attaque pour retenter l’épreuve du saut à la perche. Certes, la première fois ça n’avait pas marché, mais elle allait mieux s’y prendre cette fois. Elle récupéra une longue branche, et sans réfléchir plus longtemps, s’élança.

Concentrée au maximum, elle parvint, au beau milieu de son saut, à planter sa canne dans le tronc creux d’un bambou. Elle eut donc un magnifique appuie surélevé, et put atterrir de l’autre côté sans dommages. Elle fut soulagé de voir que le « n » final suivi d’une flèche était bien là, et s’élança dans la direction indiquée.

Il ne lui fallut pas plus de dix minutes pour atteindre sa destination finale. Il s’agissait d’un énorme chêne, de la taille et de la largeur d’un immeuble. Impressionnée, elle resta d’abord scotchée devant un végétal si imposant. Mais elle se ressaisit vite en voyant le mot « Ryan » gravé sur la base du tronc. Elle s’approcha, contente d’atteindre enfin son but, mais appréhendant la suite. Que ferait-elle une fois qu’elle serait devant le fameux Ryan ? Aurait-elle le courage de le tuer ? Oui, elle le devait. Pour Roku.

Alors, elle s’engouffra dans le petit trou creusé dans le tronc de l’arbre.


- Je ne te ferais pas le plaisir de hurler, San ! s’exclama Roku.
- Je le sais bien, mon petit numéro six ! Je vais te faire endurer les pires souffrances en silence ! Mon pouvoir permet de contrôler des choses par la pensée… Donc, par exemple de casser des os à distances ! Magnifique non ? se vanta San.

Un craquement sinistre retentit alors. Il s’agissait de la jambe de Roku. Ce dernier se mordit violemment la lèvre pour ne pas hurler de douleur.

- Tu as mal, hein ? se moqua San. Mais tu es impuissant… Totalement impuissant… Tu vas mourir !

Un deuxième craquement se fit entendre. Le bras gauche, cette fois. Toujours pas de cri de Roku. San se délectait de la situation, et un sourire ornait son visage.

- Tu es à ma merci… Il me suffirait de choisir de te briser la colonne vertébrale, et tu mourrais… Mais je vais d’abord m’a-
- LEVIATOR, HYDROQUEUE !

Roku venait d’hurler l’ordre au dragon, qui sortit de sa Pokéball et frappa San avec son énorme queue. Manque de chance, San esquiva au dernier moment.

- Une rébellion ? Je vois…
- Léviator, Hydrocanon !

San dévia le jet d’un revers de la main, grâce à ses pouvoirs psychiques.

- Pitoyable ! Gallame, fit-il en l’envoyant, Coupe Psycho !

Le disque psychique frappa violemment Léviator. Gallame enchaîna avec une Psyko qui acheva le pauvre Pokémon Dragon.

- Je vois, ta petite amie te l’avait prêté…
- Ce n’est pas fini, Insécateur en-

Avant qu’il ait eu le temps de la lancer, la Pokéball lui explosa dans les mains. San eut un sourire vicieux.

- Dommage pour toi… maintenant, profites bien de ton dernier cauchemar…

Et San versa un liquide violet dans la bouche de Roku, impuissant, qui sombra dans un horrible mauvais rêve.



La famille de Nathaniel ne souffrit pas longtemps. Le petit garçon de neuf ans fit les choses vite et bien. Il tranchait le crâne d’un coup sec, et passait au suivant. Il eut fini les cinq personnes en quelques minutes seulement, sans aucun cri, sans aucun bruit. Juste le rire démentiel du garçon.

Quand ils furent tous morts, Nathaniel se retrouva désœuvré. Il n’avait plus personne à tuer, plus personne à torturer, à faire souffrir. Il alla donc chez les voisins, et procéda de même avec la famille de cinq personnes, les parents et les trois enfants. Le père fut pris par surprise par le petit garçon, et la mère et les enfants n’opposèrent aucune résistance.

Sa soif de sang assouvit, il retourna chez lui. Il s’amusa alors à dépecer ses parents, à leur faire subir diverses opérations chirurgicales foireuses.

Il resta dans un état de pure folie pendant neuf jours et neuf nuits, jouant avec sa morbide famille. Au bout des neuf jours, la porte s’ouvrit sur une jeune femme, même pas la vingtaine. Elle avait un sourire candide collé au visage, alors que Nathaniel jouait aux cow-boys avec un lasso composé de l’intestin de sa mère.

Surpris, le petit garçon s’arrêta de jouer, et ne pensa même pas à la tuer. Il faisait peur à voir. Il était entièrement rouge de sang. Ses habits étaient maculés, ainsi que son visage juvénile mais effrayant. Ses yeux ne restaient pas en place, louchant affreusement. Il avait de la mousse au creux de la bouche, les cheveux gluants et pâteux, et un sourire dément aux lèvres.

- Bonjour, mon petit. Tu t’appelles bien Nathaniel Rainsword ?
- Oui madame.
- Mon nom est M-M. Ça te dirait de venir avec moi ?
- Venir avec vous ! Haha ! Pourquoi donc ! Je m’amuse comme un fou ! C’est génial ! Tout est si… rouge ! s’exclama-t-il avant d’éclater de rire.
- Oui, mais si tu veux encore plus de sang… J’ai un endroit où tu t’amuseras encore plus ! fit-elle d’un ton enjouée, pas apeurée le moins du monde par l’enfant meurtrier.
- C’est vrai ?
- Je te le promets !
- Dans ce cas, c’est d’accord !
- Génial ! Maintenant, tu t’appelles Roku, c’est compris ?
- Roku ?
- Oui. C’est un nom d’aventurier.
- Je vois… Je vous suis !
- Tu ne veux pas dire au revoir à ta famille avant de partir ? s’étonna M-M en prenant un air faussement étonné.
- Ah ! Si.

Le petit garçon s’approcha, et fit la bise au crâne nu de ses parents, avant de revenir vers Mista, souriante.

- Allons-y… J’espère que tu trouveras Sekai no Zu à ton goût, mon petit Roku !



(Rihanna – Cry (Instrumental Cover)


Bleuts déboula dans une petite pièce taillée à même le bois. Au centre se trouvait une cage en ronces, de formes rectangulaires. Dans cette cage se trouvait un jeune homme.

La ressemblance avec Roku était effectivement frappante. Elle n’était même pas frappante. C’était carrément le même physique. Les mêmes cheveux ambrés, les mêmes yeux noisette, le même visage fin et délicat. La même corpulence. Mais ce Roku là, Ryan, dormait. Il était tranquillement endormi dans sa cage, attendant que quelqu’un vienne l’achever. Bleuts remarqua qu’un filet de sang s’écoulait de sa cheville droite. Il avait dû tenter de résister. Comme Roku.

Elle se rappela alors que pour gagner le jeu, elle devait tuer Ryan. Le jumeau spirituel de Roku, la personne qui les sauverait tout les deux. Par sa mort.

« Je dois tuer ce Ryan… Maintenant… Tout de suite… Il ne me reste sûrement que moins de deux heures… C’est beaucoup, mais je ne dois pas tergiverser… Je dois sauver Roku ! Je le lui ai promit ! »

Elle remarqua alors une table. Dessus était posé un revolver flambant neuf. Dessus, sur une petite étiquette, il était écrit « Use me. » Tremblotante, elle s’approcha lentement de la petite table, et saisit l’arme.

La blonde s’avança ensuite vers la cage, pour être sûre de ne pas manquer sa cible. Elle pointa le revolver droit sur la poitrine du jeune homme profondément endormi.

« Il ressemble tellement à Roku… Mais ce n’est pas Roku ! Lui, c’est Ryan, son jumeau spirituel ! Le vrai Roku a une énorme blessure et crèvera dans deux jours si je ne fais rien ! Je dois agir ! Je dois le tuer ! Même si je n’en ai pas la moindre envie… Je dois sauver cet abruti, merde ! Allez… Appuis sur la détente… Allez… C’est juste une petite pression de rien du tout… »

Finalement, elle tira. La balle atteignit le jeune homme dans le ventre. La douleur le réveilla de son sommeil profond. Allongé lamentablement à même le sol, ses cheveux entre le blond et le roux tombant pitoyablement sur son visage pâle comme la craie, il ouvrit ses yeux noisette. Il se rendit compte de la présence de la jeune fille, et commença à murmurer quelque chose, agonisant. Les ronces rentrèrent dans le sol, laissant la voix libre à la blonde. Elle se pencha pour entendre ce qu’il disait.

- I want… to… exorcize… the demons… from your past…

Bleuts se figea, surprise d’entendre de tels mots de la part d’un mourrant qu’elle ne connaissait que de nom. Ryan était en train de lui chanter une chanson, une magnifique chanson. Sans raison. Vu qu’elle ne connaissait pas Ryan.

- I want… to… sa… ti… sfy… your… undisclosed desires… in your heart…

Sur cette dernière phrase, le jeune homme rendit l’âme. Ses yeux se fermèrent doucement, et un sourire s’étira sur ses lèvres délicates. Les mains qui reposaient sur son torses glissèrent jusqu’au sol, dévoilant une vilaine griffure sanguinolente.

Un horrible doute s’empara alors de Bleuts.

Ryan venait de chanter Undisclosed Desires. Alors que c’était la chanson préférée de Roku.

Ryan ressemblait comme deux gouttes d’eau à Roku.

Ryan avait une griffure au torse. Comme Roku.

Bleuts se rendit alors compte du fait indéniable, indiscutable, inacceptable.

Ryan était Roku. Roku était Ryan.



Bleuts venait de tuer Ryan.

Bleuts venait de tuer Roku.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 32 : Echec et mat   Mer 28 Déc 2011 - 16:05



- On en a pour des heures… soupira Justine.

De l’eau jaillissait à grands flots de la bouche du Maraiste de Cat, du Milobellus de Justine et du Goinfrex de Shuu. Le niveau de l’eau commençait déjà à monter, mais cela avait alerté quelques gardes. Ceux-ci ne pouvaient rien faire contre Cat, Shuu, Justine et Glenn, protégés par l’Arène (Shuu avait vérifié, la protection affectait aussi les sous sols), mais ils prirent leur talkie-walkie pour appeler des renforts et signaler une action de la part des Chapeliers.

Glenn, désœuvré, borné à observer ses trois coéquipiers, s’ennuyait ferme. Aussi, il s’adressa à Shuu.

- Dis, j’ai le droit de shooter les policiers ?
- C’est pas contraire à ton code moral militaire ? s’étonna Shuu.
- Je suis plus à ça près, et je me fais chier…
- Vas-y, fais toi plaisir ! Ca nous fera une distraction !

Effectivement, c’était plus marrant. Les policiers se retrouvaient plaqués au mur par une force mystérieuse, et ceux qui restaient tremblaient de peur. Ils tentaient d’esquiver la salve de coup intense qui pleuvait sur eux, mais il était particulièrement difficile d’éviter une chose qu’on ne voyait pas. Glenn restait sur place, à donner des coups dans le vide, s’amusant comme un petit fou. L’eau leur arrivait aux chevilles maintenant.

- C’est lent… soupira Cat.
- Je vais accélérer les choses ! sourit Glenn.

Il sortit son Kapoera, et l’ordonna de frapper sur tous les tuyaux qu’il voyait. Glenn fit de même à distance. Du coup, les canalisations implosèrent, déversant un débit d’eau constant qui venait s’ajouter aux trois attaques Surf combinées. L’effet fut radical, et quelques minutes plus tard, ils avaient de l’eau à la taille. Soudain, les trois Pokémon s’arrêtèrent, sans prévenir.

- Et merde, ils ont plus de PP ! jura Shuu.
- J’ai toujours trouvé ça chiant, cette histoire de PP dans les jeux… soupira Cat.
- PP ? C’est quoi ? s’étonna Justine.
- Ben tu sais, les Points de Pouvoir ! Quand y’en a plus, le Pokémon ne peut plus utiliser une certaine attaque ! expliqua Shuu.
- Ah, le taux d’énergie offensive tu veux dire ! s’illumina Justine.
- Oui, je suppose oui… répondit Shuu, un peu désarçonné.
- Bon, on peut plus utiliser Surf… Et ben on va passer au niveau supérieur ! sourit Justine.
- Le niveau supérieur ?
- Ouaip ! Milobellus, Hydrocanon !

Là, c’était plus la même limonade. Un gigantesque rayon au diamètre dix fois supérieur à celui d’une attaque Surf jaillit de la bouche du Pokémon Beauté. Maraiste passa au Pistolet à O, de puissance moindre qu’un Surf, mais cela restait de l’eau. Finalement, au bout d’une heure d’efforts acharnés et d’une multitude d’attaque Eau différentes, les égouts furent presque complètement immergés. Cat et Justine, les plus petites, devait nager pour rester en surface, tandis que Glenn et Shuu étaient sur la pointe des pieds. Le niveau continuait de monter, mais avec une extrême lenteur, Justine n’ayant plus d’attaque en réserve. Les corps de quelques policiers assommés par Glenn flottaient lentement.

Comme s’il venait d’avoir une illumination, Shuu s’approcha d’eux.

- Génial ! Ils sont armés ! Récupérez un revolver chacun, ça peut servir… sourit-il.
- Euh, t’es sûr de ton coup Shuu ? Non parce que ça reste des armes, hein, c’est dangereux ! Et je le répète, mais je ne veux tuer personne ! protesta Cat.
- Dans ce cas, n’en prend pas. De toute façon, tu ne serais pas capable de t’en servir. Et toi Justine, t’en prends un ?
- Si j’en prenait un, je serais capable de tous vous tuer sans le faire exprès, en glissant sur une flaque d’eau ou en appuyant par hasard sur la détente. Donc je ne préfère pas ! sourit-elle.
- Glenn ?
- Bien sûr que j’en prends un. Je n’aime pas le combat à distance, mais ça ne veut pas dire que je ne sais pas tirer.
- Mais ils sont trempés et inutilisables, non ? fit remarquer Cat.
- Ils sont équipés de coques étanches ultra-fines, bizarrement. Je pense que comme ce sont des agents qui travaillent à proximité de l’eau, leur équipement est adapté en conséquence, expliqua Shuu.

Il récupéra un revolver et le fourra dans sa poche immergée, avant d’en tendre un deuxième à Glenn qui fit de même.

- Bon ben, il ne reste plus qu’à attendre, soupira Cat.
- C’est bizarre qu’ils n’aient pas ouvert les vannes pour baisser le niveau… remarqua Glenn.
- Ils en ont pour un moment. Figurez-vous que la salle de commande des eaux est située non pas au quartier général des Echoes ou de la police, mais à l’intérieur de l’arène ! D’après les explications du gros monsieur qui servait d’arbitre, c’est parce que l’arène est situé au centre exact de la ville, et permet d’avoir un contrôle plus rapide sur tout le réseau d’eau. Alors j’ai forcé la porte de la salle des commandes, j’ai fermé toutes les vannes et j’ai… Pété tout le système.
- Oh. Mais ils vont réussir à le réparer, non ?
- Il faudrait déjà qu’ils parviennent à atteindre la salle, vu que j’ai transformé le couloir qui y mène en un énorme glaçon grâce au blizzard de Chôji.
- On peut dire que t’as tout prévu ! s’exclama Justine, impressionnée.
- Ils finiront quand même par y arriver un jour…
- D’ici là, nous serons à l’abri des arbres du bois aux Chênes.
- Mouais… grommela Glenn, pas tout à fait convaincu par le plan du jeune garçon.

Trois heures s’écoulèrent avant qu’ils ne soient tous complètement immergés. Ils ne pouvaient plus communiquer que par signe, et Shuu leur fit comprendre qu’ils devaient le suivre. Ils parcoururent un dédale de couloirs immergés avant de parvenir en dessous d’un trou parfaitement circulaire où un humain pouvait se glisser aisément. Ils ne mirent pas longtemps à comprendre qu’il s’agissait d’une bouche d’égout ouverte, sûrement à cause de travaux, et qu’ils sortiraient par là quand le niveau serait suffisamment haut. Déjà, à la surface, les rues devaient commencer à subir l’assaut d’eau venue d’en dessous.

Shuu mima alors une danse et pointa Milobellus du doigt. Justine mit cinq bonnes minutes à comprendre le message.

- Milobellus, Danse Pluie !

Le Pokémon ne l’entendit pas, tout comme les trois amis de Justine, mais parvint à lire l’attaque sur ses lèvres à la surprise de tout le monde. Le Pokémon aquatique effectua alors une gracieuse danse subaquatique, et à la surface, la pluie devait commencer à tomber.

C’est alors qu’un homme en tenue de plongée accompagné d’un Serpang débarqua, fonçant droit sur eux. Justine réagit la première, et envoya son Spiritomb. Un Vibrobscur eut raison du pauvre Serpang et le policier prit la fuite. La jeune femme rappela son Pokémon, car il n’appréciait pas particulièrement l’eau.

On entendait des cris à la surface, maintenant. A en juger par des rapides coups d’oeil, il y avait trente centimètres d’eau à l’intérieur.

Certains d’entre vous se disent sûrement qu’autant d’eau ne peut être sortie en si peu de temps. Le petit détail à connaître pour bien comprendre la chose, c’est que la fameuse barrière psychique ne laissait pas passer l’eau, parce que cette dernière n’avait pas de papier réglementaires. Bref, l’eau était incapable de sortir ou de s’évacuer, et le niveau montait. Doublonville se transformait en une casserole géante surmontée d’un couvercle qu’on remplirait doucement, jusqu’à ce qu’elle soit remplie à ras bord.

Ils attendirent. Longtemps. Très longtemps. Puis, soudain, sans prévenir, Shuu jugea que c’était le bon moment. Il leur fit signe de sortir à la surface, et ils obtempérèrent. Il y avait presque un mètre d’eau, maintenant. Ils suivirent Shuu, qui nageait dans les rues. La situation était assez… comique. Les voitures flottaient, ainsi que divers détritus, et eux ondulaient dans les rues comme des poissons dans un aquarium.

Toujours sous l’eau, ils atteignirent une minuscule ruelle toute aussi immergée que le reste de la ville. Shuu jugea qu’ils étaient en sécurité, et sortit la tête de l’eau. Cat, Justine et Glenn firent de même, se retrouvant enfin à l’air libre, malgré une pluie soutenue qui s’écrasait sur leur tête.

- Putain, c’est pas trop tôt ! s’exclama Cat en enlevant sa bulle qui lui servait de scaphandre. Je commençais à m’ennuyer sérieusement !
- D’accord avec Cat… ajouta Justine en soupirant d’aise.
- C’est bizarre, y’a personne dans les rues… remarqua Glenn.
- C’est pas bizarre… Si tu voyais l’eau monter autant, tu rentrerais chez toi et tu te barricaderais… répondit Shuu. L’eau a suffisamment montée, maintenant. Ce n’est qu’une question de temps avant que le gouvernement n’ordonne d’ouvrir la barrière psychique, et à ce moment là, il faudra suivre le courant de l’eau pour trouver la sortie.
- Pas con… souffla Cat.
- Et une fois dans la forêt, on est tranquille et on part chercher le prochain badge !
- Oui mais bon, il va d’abord falloir survivre jusqu’à ce qu’ils ouvrent la barrière… Et ils vont tout faire pour nous chopper avant, si tu veux mon avis, imbécile !
- On n’aura qu’à se défendre ! répondit Shuu avec un grand sourire.
- On est dans la ville où la sécurité est la plus élevée ! Si deux cents flics nous tombent dessus, on ne pourra jamais s’en sortir vivants ! s
- Oui mais bon, il va d’abord falloir survivre jusqu’à ce qu’ils ouvrent la barrière… Et ils vont tout faire pour nous chopper avant, si tu veux mon avis, imbécile !
- On n’aura qu’à se défendre ! répondit Shuu avec un grand sourire.
- On est dans la ville où la sécurité est la plus élevée ! Si deux cents flics nous tombent dessus, on ne pourra jamais s’en sortir vivants ! s’insurgea Justine.
- Oui, si la situation se prolonge et qu’on reste au même endroit, on se fera chopper. Donc on va accélérer encore les choses.
- Et comment tu veux faire ça ? questionna Cat, cynique.
- Ben… Au sommet des immeubles, y’a des énormes ballons d’eau qui n’attendent qu’une chose ; qu’on les pètent, sourit Shuu.
- AH NON, JE TE VOIS VENIR LA ! IL N’EST PAS QUESTION QUE JE REMONTE LA HAUT, MEME SOUS LA TORTURE, LES MENACES DE MORT ET LE SACRIFICE D’UNE BOITE DE THON ! hurla Cat.

~~~Intermède~~~

- Shuu, c’est officiel, t’es un enculé !

Les revoilà sur les toits, les cheveux dans le vent, trempés, grelottant de froid.

- Château d’eau en vue ! s’exclama Shuu.

En face, sur le toit, se trouvait une espèce de château en béton, comme en voit dans les films américains, ou, si vous voulez un exemple plus précis, le truc que défonce Naruto lors de son combat contre Sasuke sur le toit de l’hôpital (ndla : Oui, je sais, exemple de merde !). Glenn n’était pas assez fort pour péter du béton armé, aussi, ce fut le Tranchodon de Justine qui s’en chargea avec un magistral Giga Impact. L’énorme réserve d’eau explosa, déversant des centaines de litres d’eau dans la ville.

Ils commencèrent donc une longue marche de toit en toit, explosant tous les châteaux d’eau de la ville, sans jamais croiser âme qui vive. C’était comme si la ville avait été évacuée, et c’aurait pu être le cas s’ils ne voyaient pas de la lumière aux fenêtres. Il faisait nuit, maintenant, et toujours pas un chat ni un brin de courant. Le niveau de l’eau avait encore prit dix centimètres, et la ville était dans un sale état.

Les voitures s’étaient écrasées sur des façades, la peinture se détachait, certaines petites maisons s’écroulaient et le hall de la plupart des immeubles était submergé. Une pluie incessante s’abattait sur la ville depuis plusieurs heures maintenant. Il semblait que la pluie causée par l’attaque du Milobellus avait attirée d’autres nuages, causant un véritable orage naturel. Des éclairs déchiraient le manteau noir de la nuit, et on ne voyait pas la moindre étoile.

- Là ! s’exclama soudainement Cat. Il y a du courant !

Elle pointait la rue en dessous d’eux. Effectivement, un petit courant s’était créé, comme en témoignait les détritus flottant. Ni une ni deux, alors que le niveau baissait lentement, ils se mirent à courir sautant de toit en toit, suivant le courant. Une demi-heure plus tard, ils atteignaient la limite de la ville, et donc la fameuse barrière psychique rose chewing-gum. Elle était trouée, et des torrents d’eau s’échappaient par l’orifice, comme quand on ouvre la valve de la baignoire.

L’ouverture était plutôt grande, et ils passeraient sans problème dedans.

- Vite ! Pas le temps de se refaire des masques, la ville se vide à vue d’œil ! On fonce ! ordonna Shuu, tentant de couvrir le bruit infernal que faisaient les gerbes d’eau.

Les autres hochèrent la tête. Cat envoya son Feuforêve, et il fit descendre tout le monde sur une Vague Psy. Arrivés, en bas, ils ne tergiversèrent pas longtemps, et plongèrent tête la première dans le torrent d’eau.

Une demi seconde plus tard, ils arrivaient de l’autre côté de la barrière, dans une grande marre boueuse à côté du bois aux Chênes. Les quatre étaient là, étalés dans la boue, sales à en faire pâlir un clochard mais contents de sortir de cette prison déguisée en ville. Ils se relevèrent difficilement, dégoulinants.

- Et ben putain, quel bordel pour sortir de cette ville… soupira Cat.
- Scotland Yard, à côté, c’est « Entrée ouverte à tous » ! railla Glenn.
- C’est quoi Scotland Yard, Glenn-chéri ? minauda Justine avec un air affreusement sexy qui ne collait pas du tout avec son look et sa tenue boueuse.
- Le QG de la police, dans mon monde… indiqua celui-ci en embrassant sa bien aimée.
- En parlant de police… marmonna Cat.

Une centaine de formes tombèrent alors tout autour d’eux, larguées par des Yamnega. Les quatre amis avaient donc une petite centaine de revolvers pointés sur eux, accompagnés de quelques Pokémon style Dracolosse, venus en renfort. On pouvait dire sans mauvais jeu de mot que l’intégralité de la police venait de leur tomber dessus.


Bleuts était étendue par terre. Elle n’était pas évanouie. Elle ne dormait pas. Elle n’était pas morte. Mais elle n’était pas vivante non plus. Son esprit venait de lâcher. L’esprit de la vaillante Bleuts, la jeune fille qui à 6 ans déjà était capable de se former une coquille inviolable, venait de se briser en même temps que l’âme de Roku partait pour le ciel.

Ses parents étaient morts par sa faute, et elle venait de tuer de ses mains la personne qu’elle aimait le plus au monde. Elle était allongée sur le dos, bras et jambes reposants sur le sol terreux et dur. Le revolver reposait à l’autre bout de la salle creusée dans l’arbre, Bleuts l’ayant jeté après s’être rendue compte de ce qu’elle avait fait.

Le corps de Roku était lui aussi allongé, à l’exacte opposée de Bleuts, dans la même position. Vide de vie, d’âme, de sourire, de joie, d’espoir, de tristesse, de haine, d’amour. Mort, en somme. Ce mot semblait flotter dans l’air, comme si une irrévocable malédiction pesait sur le lieu.

Le temps s’étendait, s’étirait. Les secondes semblaient être des heures, les minutes des jours entiers, les heures des semaines. Bleuts repensait aux moments qu’elle avait vécu avec lui. Sa rencontre tumultueuse avec lui, la cascade, la chanson, la nuit étoilée… Chaque souvenir la transperçait, la faisait souffrir, mais elle continuait. Pour se punir. Dans sa tête, les mots « Tu es une tueuse » résonnaient, cruels, amers, et surtout justifiés. Elle se forçait à se rappeler de chaque instant passé avec lui, pour éprouver la souffrance qu’elle méritait.

Du masochisme ? Sans doute. D’autant plus qu’elle avait également brisé la barrière qu’elle avait érigée pour se protéger de la mort de ses parents. Son esprit avait volé en éclat, et toutes ses tristesses affluaient, la détruisant de l’intérieur, lentement, à petit feu. Elle aurait pu se forcer à haïr Roku, comme elle l’avait fait avec ses parents, mais elle en était mentalement incapable. C’était juste impossible, elle ne pouvait pas haïr la personne qu’elle aimait le plus.

Un suicide mental. Bleuts avait l’intention de se donner la mort, mais avec comme seule arme des pensées et des souvenirs. C’est alors qu’un léger tremblement ébranla la salle au cœur de l’arbre géant. San était là. Bleuts ne réagit même pas en sentant sa présence écrasante.

- Quel spectacle tragique… soupira-t-il. Mais quelle belle histoire ! Digne de Roméo et Juliette ! Bleuts, éperdument amoureuse, tente de sauver son amour d’une mort certaine en commettant un meurtre. Seulement, dans son souci de faire les choses bien, de lui venir en aide, elle tue de ses mains son bien aimé, affaibli par le méchant.
- …
- Eh oui ! C’est moi qui, à ton départ, a joué un peu avec ton cher Roku avant de l’endormir ! Puis je l’ai amené ici, te laissant le soin de le tuer de tes mains ! C’était juste fabuleux, ton hésitation, tes tremblements… Puis le coup de feu, inévitable ! Et les dernières paroles du mourrant… Et au final, la jeune fille qui se rend compte qu’elle vient de tuer son amour ! Pas de larmes, juste un sentiment indéfinissable… De la culpabilité mélangée à de la haine et de la tristesse…
- …
- Magnifique ! Et ce silence divin… Je suis génial ! s’exclama San.

Bleuts ne parvenait même pas à haïr cet individu. Toute la haine de son être était concentrée en une seule personne, elle-même. Elle se détestait, pour ce qu’elle avait fait, pour ce qu’elle était, pour son erreur grossière. Elle n’était pas une idiote, elle était une meurtrière. Elle méritait la prison, la peine de mort, la souffrance, la torture, le fer chauffé à blanc, l’échafaud, la chaise électrique, les coups de fouets, l’euthanasie, la décapitation.

- Maintenant, je ne sais pas ce que je dois faire… Te tuer ? Ce serait bien triste… Et puis tu finirais par mourir de toute façon, vu que tu sembles prête à te laisser mourir de faim et de soif. Mais M-M ne me pardonnera pas si je te laisse en vie. Mais je suis de bonne humeur, je vais simplement te briser la nuque par la pensée. Ce sera bref et pratiquement sans douleur.

« Non… Je veux souffrir… » pensa Bleuts. Mais si cet individu – elle ne parvenait pas à se rappeler son nom – lui offrait la mort, pourquoi refuser ? La mort était un excellent moyen d’expier ses péchés. Elle pourrait rejoindre Roku, et elle aurait payé sa dette en lui offrant son âme. Aussi, elle ne broncha pas, attendant le vide total. L’absence d’existence. La mort.

- Je compte jusqu’à trois. Un… Deux…


Asile psychiatrique de St Jean Roger, le même qui, des années auparavant, avait accueilli Shuu Jaggerjack en son enceinte. Mais ça bien sûr, Rachel, la plus petite sœur de Mey, ne le savait pas. Elle venait d’arriver dans sa nouvelle maison, si on pouvait appeler ça une maison. Un bâtiment blanc, angulaire, plat. La simplicité avait une ambiance d’hôpital, en ces lieux. Cet asile était l’un des plus réputé de Paris, voire du pays tout entier. Abritant plus de 1500 pensionnaires, il avait une superficie hallucinante, et tout le tour du terrain, sans exception, était fermé par des murs blindés et des rangées interminables de barbelés. Une prison déguisée en centre de soin.

C’est là que Rachel fit son entrée, escortée par deux vieux policiers à l’aspect miteux. Ils pénétrèrent dans ce sanctuaire de la folie au moyen de plusieurs codes d’identification, et se retrouvèrent à l’intérieur, devant un comptoir.

- Bonjour, fit le policier en s’adressant à la jeune secrétaire en face.
- Bienvenue à l’asile psychiatrique de St Jean Roger, que puis-je faire pour vous ? répondit-elle machinalement.
- Ce serait pour interner cette jeune fille, Rachel Milkya.
- Qu’a-t-elle fait ? questionna la secrétaire, intriguée de voir une patiente si jeune.
- Elle s’est mise à réduire en miette tout son appartement, avec diverses armes improvisées. Et elle a ensuite tenté de se suicider en sautant par la fenêtre.
- Je vois. Peu courant. La raison ?
- Elle a appris la mort de ses deux grandes sœurs, expliqua le policier.
- Pauvre enfant. Nous allons bien nous en occuper. C’est au frais de l’Etat, je suppose ?
- Exact.
- Très bien. Vous pouvez y aller, je m’occupe de cette jeune fille.

Les policiers partirent, laissant une Rachel dévastée. Elle ne pleurait pas, tentant de garder l’air le plus impassible dont elle était capable, mais ses lèvres tremblaient, échappant à son contrôle. Elle était vêtue d’une simple robe blanche fournie par les policiers et était recouverte de bandages. Elle tenait à peine debout et devait s’appuyer sur une béquille. Péter un appartement sans se soucier des impacts sur la santé avait des effets dévastateurs.

- Comment tu t’appelles, jeune fille ? questionna la secrétaire avec un sourire candide.
- Les policiers vous l’ont déjà dit.
- Exact. Mais je l’ai oublié.
- Tant pis pour vous, marmonna Rachel d’une voix morne, désintéressée.
- … Et quel âge as-tu ?
- La racine carrée de : huit au carré, plus trois au cube, moins six fois quatre, plus trente trois.
- 10 ans donc, calcula la secrétaire.
- Hum.
- Tu as le numéro de chambre 666. Je t’y emmène ou tu trouveras toute seule ?

Rachel lui fit un doigt d’honneur et partit dans le couloir. La secrétaire, choquée mais habituée aux situation de se genre, se rassit sur sa chaise et prit une aspirine. « Putain, vivement la retraite… Courage Catherine, plus que cinquante six ans à tenir ! »

Pendant ce temps, Rachel avait atteint sa chambre. En chemin, elle avait croisé un vieux monsieur qui imitait une oie, et une jeune femme qui urinait dans un pot de jacinthe. Elle ouvrit la porte et déboucha dans une pièce minuscule, composée d’un lit d’hôpital et d’une armoire. Elle se précipita vers cette dernière, et fouilla un moment, en vain. L’armoire était désespérément vide, pas moyen de se suicider.

Rachel soupira.

- Bon, dès que l’occasion se présentera, je me suiciderais… En attendant…

Elle s’allongea sur son lit, la tête enfoncée dans l’oreiller, et se mit à pleurer. Elle qui avait toujours fait preuve d’un flegme et d’un ennui feint à toute épreuve, elle se lâchait complètement. Elle avait perdu ses deux sœurs, elle avait perdu sa raison de vivre.

A jamais.


- Tu t’appelles Patie, c’est ça ?
- … T’as vraiment un problème avec les prénoms, toi… C’est Mathi ! M, A, T, H, I !
- Ok, c’est bon, calme toi… soupira Dimy.
- Tu foutais quoi avec cette « Nana » ? D’ailleurs, quelle idée d’appeler sa gamine Nana, sérieux…
- Ben, elle m’a abordé dans la forêt, et elle voulait me faire rentrer dans une organisation louche. J’ai refusé, et elle s’est foutue en rogne.
- Je vois, fit Mathi en hochant la tête. Et qu’est-ce que tu foutais dans la forêt ?
- J’allais à Miriarbres, si tu veux tout savoir.
- Tiens, quel hasard, moi aussi ! Je dois aller voir ma famille, mon grand-père vient de crever… soupira-t-elle.
- Mince. Toutes mes condoléances, fit piteusement Dimy, pas habitué aux situations de se genre.
- Nan mais en fait je m’en branle, c’est juste qu’il va sûrement me léguer quelques trucs… Enfin j’espère, j’ai été super sympa avec lui tout ce temps, il a intérêt à avoir pensé à moi, le vieux croulant ! s’emporta-t-elle.
- …

« Cette fille est une garce égoïste ! Je vais prendre exemple sur elle, ça améliorera ma badass attitude… » songea Dimy, admiratif. Ils marchaient tout deux en direction de Miriarbres, donc, quand ils entendirent un croissement. Ils levèrent la tête d’un même mouvement pour apercevoir un magnifique Guériaigle qui filait à une vitesse impressionnante dans la même direction qu’eux.

- Et ben, c’est pas courant un Guériaigle ! fit remarquer Dimy.
- Bof, j’ai une amie qui en a un…
- Comment elle s’appelle ? questionna le blond, qui se sentait plus à l’aise à mesure qu’il parlait.
- Melosa Grey. Je suppose que tu connais… soupira Mathi.

Dimy garda le silence. « Putain, cette fille connaît même la célébrissime Melosa Grey ! Elle est trooooop classe, j’ai presque envie de prendre des notes ! »

- Au fait, tes Pokémon ont l’air plutôt forts… Tu fais la quête des badges ? demanda Mathi.
- Ouaip.
- T’en as combien ?
- Trois ! signala Dimy en cachant mal sa fierté.
- Bwahahaha ! T’es nul ! se moqua-t-elle.

Piqué au vif, Dimy la toisa du regard. Elle ricanait comme les hyènes dans le Roi Lion, ce qui exaspéra encore plus le jeune homme blond.

- Ok, tu l’auras voulu ! Je te prends en combat, ici et maintenant, garce ! hurla-t-il d’un air vengeur.
- Si je disais oui, tu te prendrais la raclée la plus monumentale de ta vie… soupira Mathi.
- C’est ça, et mon cul c’est des bâtonnets d’poisson ! railla Dimy.
- Ca expliquerait pas mal de chose, par exemple ton absence totale de couilles… répliqua Mathi.
- C’en est trop ! Tu vas crever ici et maintenant, pétasse !
- Est-ce que tu as au moins une idée de qui je suis ?!
- Tu t’appelles Radis, tu me l’a déjà dit… soupira Dimy.
- Alors de une, c’est Mathi, et de deux, c’est un pseudonyme. Mon vrai prénom, c’est Mathilda Hitalia.

Dimy, qui s’apprêtait à répliquer, se tut soudainement. Il n’y connaissait peut-être strictement rien en matière de Concours, mais il avait vu toutes les diffusions des Ligues Pokémon.

- Mathilda Hitalia ? La fille qui a perdu en demi-finale de la Ligue Sinnoh ? s’étonna-t-il franchement.
- Exact.
- Oh. T’as une preuve ?

Elle dégaina sa carte Dresseur et la colla sur le nez de Dimy qui la fixa, hébété. Il y eut un petit moment de flottement, puis il s’éloigna, vaincu et boudeur. Il revint quelques minutes plus tard avec une feuille de papier et un stylo.

- Signe moi un autographe où je cafte à tout le monde que t’es la cousine d’une Chapelière, menaça Dimy avec un sourire en coin.
- Connard, va.

Elle lui signa son autographe.

- Merci. Dit, ça ne te fait ni chaud ni froid que ta cousine soit une meurtrière ?
- Justine ? Elle fait ce qu’elle veut, hein… Et puis elle est peut-être innocente, elle est suffisamment idiote pour s’être laissée entraînée dans une histoire louche…
- Justine Hitalia ? Débile ? Elle a perdu en finale de la Ligue Unys, quand même ! Elle est super forte et intelligente ! s’étonna Dimy.
- Tu déconnes ou quoi ? Plus étourdie et maladroite qu’elle, tu meurs… soupira Mathi.


- ATCHOUM ! éternua Justine.
- C’est pas le moment d’éternuer, on est sur le point de crever là ! soupira Shuu.
- On fait quoi ? demanda Cat. On se rend sans faire d’histoire où on s’en tire à la James Bond ?
- Moi je suis pour la deuxième solution… indiqua Glenn.
- Idem pour moi ! renchérit Shuu.
- Moi je veux juste être avec Glenn, peu m’importe d’être en prison si le lit est confortable… sourit Justine.
- Rien n’est confortable, en prison ! fit remarquer Shuu.
- T’es déjà allé en prison ? s’étonna Cat.
- Envoyé Spécial, tu connais… ? répliqua le jeune garçon.

Les policiers formaient un cercle inviolable emprisonnant les quatre criminels. Ils étaient environ une centaine, sans compter les Flyers qui sillonnaient les cieux sur leurs Libégon et éclairaient la scène avec des halogènes. Un homme à l’air sinistre et sérieux s’avança, accompagné d’un Ramboum. Un insigne brillant était épinglé sur sa poitrine, témoignant de son grade de Commissaire. Il attrapa le Ramboum par la taille et le plaça devant sa tête. Il pouvait ainsi parler dans le petit orifice situé derrière Ramboum, et le son était amplifié.

- Bonsoir, chers Chapeliers. Enfin nous parvenons à vous attraper… soupira-t-il, sa voix amplifiée.
- On dirait qu’il lui bouffe l’anus, à son Ramboum… fit remarquer Shuu.
- Oh ! s’indigna Cat devant tant de vulgarité.
- Avoue, tu pensais la même chose !
- Peut-être, mais moi au moins j’ai la politesse de ne pas le dire à voix haute ! répliqua-t-elle, rougissante.
- Bref, si vous vous rendez sans faire d’histoire, nous épargnerons votre vie. Si vous tentez quoi que ce soit, le Gouvernement nous a donné l’ordre de vous abattre sur le champ.
- Et ben dites donc, ça doit être des anges au Gouvernement ! railla Shuu.
- J’avoue… soupira Glenn.

Glenn croisa les bras et fit discrètement une petite pichenette dans le vide. Derrière, un malchanceux policier s’effondra, assommé par le pouvoir de Glenn. Le Commissaire remarqua la perte de l’un de ses hommes, et réitéra ses menaces, un peu livide.

- Que… Comment avez-vous fait pour l’assommer ? Vos Pokémon sont dans vos Pokéballs, pourtant… bredouilla le policier. Faites attention, si vous tentez quoi que ce soit…

L’esprit machiavélique et théâtral de Shuu prit le relais pour sauver la situation. Un air mystérieux effrayant s’installa sur le visage du jeune garçon.

- En réalité, cher Commissaire… Vous ne pouvez pas nous capturer, et encore moins nous tuer, expliqua Shuu d’une voix lugubre, semblable à celle de Creepy-chan.
- Balivernes ! répliqua le policier, toujours fourré dans le cul de son Ramboum-ampli.
- Voyez vous… Si nous parvenons à nous échapper constamment, c’est parce que… Nous ne sommes pas quatre Chapeliers ici présent, mais bien cinq.
- Que voulez vous dire ? s’étonna le policier. Je ne vois que quatre meurtriers, en ce lieu ! Vous vous payez ma tête !
- Loin de là mon intention, répondit Shuu avec une exquise politesse. Nous sommes effectivement cinq. Il y a Justine Hitalia, Cat Pandora, Glenn Baskertown, moi-même, Shuu Jaggerjack et enfin, il y a… Satan.

La moitié des policiers pâlirent devant l’air extrêmement sérieux du garçon, d’autres étaient juste décontenancés. Le commissaire, fervent croyant, faisait plutôt parti de la première catégorie. Shuu eut un petit rire factice, très théâtral mais convaincant. Justine, Glenn et Cat avait compris où il voulait en venir, et avaient revêtit le même visage mystérieux. Pour accentuer l’effet effrayant, Glenn assomma à distance un autre policier, à l’opposé du premier.

- Que… C’est impossible…
- Et pourtant vrai. Le démon, Satan, ou Giratina, comme vous l’appelez, nous possède tous. Il nous protège, et fera pleuvoir sur vous des centaines de maux divers si vous tentez de nous faire du mal…

Glenn ponctuait chaque phrase d’un nouveau coup dissimulé. Son pouvoir de frapper à distance avec une simple pichenette se révélait très utile, vu que dans la pénombre, on ne voyait pas bien ce qu’il faisait.

Les policiers commençaient à avoir vraiment très peur, maintenant.

- Si vous ne levez ne serait-ce que le petit doigt sur nous, une pluie de coup s’abattra sur chacun d’entre vous, et vous vous effondrerez, assommés par l’éclair satanique invisible, psalmodia Shuu, à fond dans son rôle. Quand vous serez à terre, nous viendrons vous tuer un par un, lentement…

Cette fois, Glenn visa le ciel et un Flyer tomba de sa monture pour se fracasser violemment par terre. Les policiers proches de lui poussèrent un petit cri aigu et s’écartèrent.

- Vous pouvez essayer d’agir… Mais ce serait à vos risques et périls…
- N’im… N’importe quoi ! Le démon n’existe pas ! Vous jouez la comédie ! Que tout le monde les atta-

Il s’effondra, terrassé à son tour par la pichenette surpuissante de Glenn. Privés de chef, la centaine de policiers se mit à paniquer très sérieusement. Shuu reprit la parole, tout bonnement flippant.

- Si vous nous laissez partir, aucun mal ne vous sera fait. Vos compatriotes qui se sont effondrés mourront d’une minute à l’autre si vous ne vous dépêchez pas de les emmener. Laissez nous passer et occupez vous d’eux. Dans notre infinie clémence, nous ne vous tuerons pas.

Les flics se regardèrent, et finirent par ouvrir une voie vers la forêt. Shuu hocha la tête, et fit signe à Cat Justine et Glenn d’avancer. Ils traversèrent ainsi une masse d’hommes en uniforme bredouillant et morts de peur, terrassés par l’aura destructrice qui émanait de Shuu. Les quatre Chapeliers traversèrent sans encombre, et se retrouvèrent dans le bois aux Chênes. Ils continuèrent d’avancer, conscients que les policiers les fixaient, jusqu’à ce qu’ils soient à plus de 500 mètres de Doublonville. Là, ils se mirent à courir, aussi vite qu’ils purent, sans même se concerter.

Quatre ombres filant à toute vitesse entre les chênes, l’aube en fond d’écran. Quand ils furent à plus de trois kilomètres des policiers, ils s’arrêtèrent, exténués. De tout le trajet, ils n’avaient pas échangé un seul mot. Cat rompit le silence.

- PUTAIN DE MERDE, ON EST LIBRE ! exalta-t-elle.
- Chut ! la coupa Glenn.
- En tous cas, bravo Shuu, tu nous a sorti d’un mauvais pas… fit remarquer Justine avec un sourire.
- Glenn nous a sorti d’un mauvais pas, rectifia Shuu.
- Mouais… marmonna ce dernier, gêné.
- C’est vrai ça ! T’as été génial Glenn-chéri ! fit Justine en se blottissant dans ses bras.

Soudain, sans prévenir, Cat s’effondra brutalement.

- CAT ! s’écria Justine apeurée.

Justine se précipita et se pencha sur elle. Juste évanouie. Mais avant que Justine ait pu rassurer les autres, elle s’effondra à son tour, sans prévenir.

- Putain, mais qu’est-ce qui se passe ?! s’écria Shuu.

Glenn s’approcha à son tour des deux jeunes filles. Il prit leurs pouls, avant de se relever.

- Leur pouls est affreusement lent… Je sais pas ce qu’elles ont, ont dirait qu’on leur a administré un calmant très puissant…
- Peut-être de la morphine, suggéra Shuu.
- J’en doute, je pense plutôt à un poison qui mettrait longtemps à agir… Le temps de se répandre dans tout le corps… C’est inquiétant parce que-

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Shuu s’effondra à son tour après avoir lâché un juron. Glenn se retrouva seul, paniqué. Il soupira, ayant compris ce qui s’était passé. « Les policiers nous ont bien eu… Ils nous ont par Dieu sait quel moyen administré une substance bizarre, sûrement un puissant somnifère… Cat et Justine étaient les plus frêles et les plus petite, le poison a agis plus rapidement… Puis Shuu a succombé à son tour… Ce n’est plus qu’une question de temps pour moi… »

Quelques minutes plus tard, il s’effondrait finalement, vaincu.

Le commissaire Brants, un pansement sur la tête, sortit des fourrés, un sourire narquois aux lèvres.

- Echec et mat, messieurs dames les Chapeliers.

_____________________________________________



Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 33 : Confession héroïque   Mer 4 Jan 2012 - 19:38



Killian était étendu sur le toit de la Scène de Rosalia. Pensif, il regardait défiler les nuages vaporeux, laissant son esprit vagabonder en tous sens. Il pensait à Silver, qu’il aimait toujours autant. Il pensait à Melosa, qu’il avait persuadé de se ranger du côté des Chapeliers. Il pensait à Mey et Mentaline, bloquées par le champ de force psychique qui entourait le bâtiment. Il pensait à son supérieur, le Général Valter, qui lui avait ordonné d’infiltrer les Chapeliers, pour mieux les capturer ensuite.

Son Pokématos sonna alors. L’écran indiquait que le Général Valter voulait lui dire deux mots. Le jumeau de Gold soupira, avant de décrocher. La tête d’un homme d’une quarantaine d’année s’afficha alors. Il avait des yeux de serpents et un nez aquilin, encadrés par de longs cheveux rendus violet par des teintures carabinées.

- Général Valter ? Que puis-je faire pour vous ?
- J’ai une… excellente nouvelle, mais qui est mauvaise pour nous, lui répondit son supérieur.
- Je vous écoute.
- Une partie des Chapeliers s’est faite capturée ! Il s’agit de Jaggerjack, Pandora, le fameux Glenn et Hitalia ! annonça-t-il avec un sourire sans joie.
- Mais c’est magnifique ! s’illumina Killian, jouant le jeu à la perfection. Et en quoi est-ce une mauvaise nouvelle pour nous ?
- Ce sont les policiers qui les ont capturés. Cet enculé de Commissaire Brants, plus précisément, cracha le Général.
- Ouch… C’est mauvais pour notre publicité… soupira Killian.
- Oui, les Echoes baissent dans l’estime de la population… C’est pourquoi je vais vous donner une nouvelle mission, Killian.
- J’arrête de les infiltrer ? s’étonna ce dernier.
- Oui, ce que je vais vous confier est autrement plus important.
- Je suis tout ouïe.
- Vous savez que le Commissaire Brants a mis Melosa Grey sur la piste de Simiophia et Prussalia. D’après mes sources, elle n’a pour l’instant rien trouvé. Je veux que vous les trouviez avant elle, et que vous les tuiez sans aucune hésitation.
- … Pas de problème.
- Bien. Je compte sur vous, Killian.
- Je ne vous décevrez pas.
- Tant mieux. Si vous réussissez, je pourrais faire de vous mon égal au niveau hiérarchique… Général Heart, ça sonne plutôt bien, non ?
- Colonel Heart me convient… Mais il est vrai que je ne dirais pas non à une petite promotion.
- Tant mieux. Bonne chance.
- Merci, Général Valter.

L’écran s’éteignit. Killian resta planté un long moment, sans réagir.

Il allait devoir quitter Silver et les autres pour partir sillonner le Bois aux Chênes, tout en sachant parfaitement que Melosa avait déjà réussi avant lui. Mais il ne pouvait pas ignorer un ordre direct de l’un des quatre Généraux de la Brigade des Echoes. Aussi, il se leva, bien décidé à faire ses adieux à tout le monde, même s’il se savait peu apprécié des Chapeliers – à juste titre.

Parce que si un jour leurs chemins devaient se recroiser, Mentaline, Mey et surtout Silver seraient soit derrière les barreaux soit… morts, tout simplement.


- Voilà Miriarbres, annonça Melosa.

Elle, Kentin et Kanon volaient à toute vitesse, assis sur Fly, le Guériaigle. Miriarbres était une ville moyenne de 15 000 habitants, plutôt étendue en superficie. Elle était complètement remplie d’arbres qui poussaient n’importe où, parfois même en plein milieu des routes. Le Bois aux Chênes et son avancée perpétuelle avaient été trop puissants pour la pauvre ville, et les chênes faisait désormais partit de la vie quotidienne. L’Hôpital de Miriarbres, l’un des plus réputé dans la région, rappela de sombres souvenirs à Kanon. C’était là où elle avait fait plus d’une dizaine de morts, armée d’une mitrailleuse, quand son cœur avait sombré dans l’obscurité.

Maintenant, elle pensait à toutes ces familles qui devaient être en train de pleurer silencieusement, à tous ces pauvres policiers qui étaient pleins de bonne volonté, et qui avaient finis troués par une balle. A Karon aussi, sa jumelle spirituelle, qu’elle avait abattu d’un tir en plein cœur, alors que celle-ci n’avait pas commis d’autre crime que celui d’exister. Oui, Kanon s’en voulait affreusement. Certes, elle n’avait pas toute sa tête à ce moment là, mais elle devait payer pour ses crimes. Se livrer à la police serait une possibilité, mais elle ne pouvait pas faire ça à Bleuts.

- Vous pensez que votre pote Bleuts vous attends à Miriarbres, c’est bien ça ? questionna Melosa.
- Je pense. Mais elle a aussi pu se faire attaquer en chemin, même si Roku était avec elle et qu’il ne sera pas si facile de le tuer. Il n’empêche que j’ai l’impression que nous avons beaucoup plus d’ennemis que nous le pensions.
- Normal, commenta amèrement Melosa. Je vous dépose où ?
- Aucune idée, dit Kentin.
- En fait, il y a quelque chose que j’aimerais faire pour me repentir en partie de mes crimes. Je n’étais pas moi-même quand j’ai tué tous ces flics, mais… Je me déteste.
- Encore heureux, railla Melosa.
- En fait, je voulais devenir une sorte de justicière. J’y ai pensé, pendant le trajet. Je mettrai un masque, et je viendrai au secours des gens en danger. Je capturerais les criminels, j’attraperais les voleurs… Je pourrais mettre à profit mes pouvoirs dans une cause noble.
- Superwomen, quoi… soupira Kentin. Désolé de te décevoir, mais je compte bien démarrer une nouvelle vie à Miriarbres. Je me trouverai un boulot, et je me louerai un P1. Je ferai comme si je ne t’avais jamais rencontré.
- Tant mieux. Je te souhaite de réussir ta vie de tout cœur, Kentin.
- C’est ça.

Melosa quant à elle, était dans ses pensées. « Elle veut devenir une justicière… Quelque part, elle me ressemble… Je suis devenue forte pour sauver le plus de vies possible, mais je ne sers à rien en restant le toutou de la police et du Gouvernement. Je pourrais être une justicière, moi aussi. Nous formerions une équipe, et je ferais d’une pierre deux coups : j’obéirais à Killian en prenant soin des Chapeliers, et je réaliserais mon rêve. »

- Kanon, c’est ça ?
- Oui.
- Kanon. Je vais devenir une justicière avec toi, annonça calmement Melosa.
- Pardon ?! Mais tu es maître d’une ligue ! Et tu ne peux pas t’allier avec une Chapelière ! s’écria Kanon, surprise. Et je croyais que tu me détestais…
- C’est vrai, pour l’instant je te déteste. Mais un ami m’a demandé de m’occuper de toi. Et en plus, je veux sauver des vies. Le Gouvernement ne saura pas que c’est Melosa Grey qui se cache sous un masque, et je vivrai enfin la vie dont je rêve !
- Mais si tu ne donnes pas de nouvelles, le Gouvernement va lancer des recherches ! insista Kanon.
- Dans ce cas je vais me faire passer pour morte.
- Tu te fiches de moi ?! Et ta famille ?! Tes amis ?! Tu vas les rendre très tristes !
- Mais je ne serais pas vraiment morte. Je le leur ferais savoir par un quelconque moyen.
- …
- Kanon, accepterais-tu de me tuer ? demanda Melosa.
- … C’est glauque, comme formulation… fit remarquer Kanon.
- Mais je ne te demande pas de le faire vraiment… Je veux juste que la police trouve mon corps sans vie, et qu’on trouve des preuves comme quoi tu m’as tué.
- Mais je ne veux pas être accusée de ce crime ! s’insurgea Kanon.
- De toute façon, au point où tu en es, c’est la prison à perpétuité dans tous les cas. Alors une victime de plus ou de moins...
- Et pour le corps, comment tu vas faire ?
- Je vais demander à ma Zoroark. Ca ne va pas l’enchanter, mais dès qu’on l’aura enterrée, elle s’échappera et me rejoindra, expliqua Melosa.
- … C’est un peu risqué comme plan…
- Mais est-ce que tu acceptes ? S’il te plait, implora Melosa.
- Pour que tu t’en réduises à me supplier… soupira Kanon. J’accepte, tu m’as sauvé la vie après tout.
- Génial, merci ! sourit Melosa. On va se poser aux abords de Miriarbres. Je donnerais de l’argent à Kentin et il s’en ira, et après on s’organisera pour devenir des justicières, pour trouver les tenues et tout. Ca te va, Kentin ?
- Très bien. Et vous n’êtes pas obligée de me donner de l’argent, Mlle Grey. Vous m’avez déjà sauvé la vie.
- Peu importe, c’est entendu ! Au fait, il faut que tu trouves un pseudonyme, Kanon…
- J’y ai déjà réfléchi. Je pensais au Diamant Brisé, avoua Kanon, mais ça fait un peu prétentieux.
- J’aime bien, moi. Je vais prendre un truc dans le même genre, dans ce cas… Que penses-tu du Rubis Nocturne ?
- J’aime beaucoup, complimenta Kanon.
- Moi aussi, au passage, intervint Kentin.
- C’est décidé. Le Diamant Brisé et le Rubis Nocturne… Ca sonne pas trop mal ! fit remarquer Melosa.
- Donc on garde. Nous sommes désormais partenaires, dit Kanon en tendant une main.

Melosa la fixa longuement, hésitante. Finalement, elle la serra avec un sourire.


- Et maintenant, un assortiment de vases anciens ayant appartenue à la princesse Diana Harmonia, morte en 9852. Mis à prix à 180 000 Pokédollards (environ 126 000 euros, ndla).
- 190 000, dit quelqu’un dans l’assemblée.
- 200 000, surenchérit une autre personne.
- Quelqu’un à 210 000 ? demanda le commissaire-priseur. Non personne ? C’est donc le numéro 214 qui acquiert ce magnifique assortiment !

La villa de Vaguelone avait été réaménagée en vente d’objets rares et anciens. A l’intérieur s’entassaient quelques centaines de personnes, dans le but de participer à la vente aux enchères annuelle très célèbre nommée « Remember Time ». Les plus riches collectionneurs étaient présents, ainsi que diverses personnalités du monde Pokémon. Au milieu de cette foule garnie d’or jusqu’au cou se trouvait une jeune femme avec des cheveux extrêmement longs et lisses. Elle attendait patiemment qu’un certain article apparaisse. Un tesson vieux de 10 000 ans, une couronne incrustée de joyaux, une statuette de jade… C’est alors que le clou de la vente aux enchères apparut. La jeune femme releva la tête. Enfin, ce qu’elle cherchait se présentait devant ses yeux.

- Et maintenant, la pièce maîtresse de cette vente ! Composé de cinq des dix-sept plaques d’Arceus, à savoir les plaques Herbe, Hydro, Flam, Draco et Volt, j’ai l’honneur de mettre à vendre le magnifique, le célébrissime Joyau de Vie !

Toute la salle a le regard rivé sur la petite sphère de couleur verte qui apparait alors. Elle brille d’une lueur étrange, et son intérieur s’anime comme si elle était vivante. A moitié translucide, elle ne laisse cependant passer que la lumière du jour. Personne dans la salle n’avait le pouvoir ou même l’envie de détacher ses yeux de cette merveille créée par un Dieu irréfutable. Comme on pouvait s’y attendre, son prix initial était exorbitant. En même temps, la moitié de la salle était venue uniquement pour acquérir le Joyau, alors le vendeur avait tout intérêt à s’en mettre plein les poches.

- Prix Initial : Deux millions de Pokédollards ! (environ un million quatre cents mille euros, ndla)

Les prix commencèrent à fuser, dépassant l’entendement. Il n’y avait pas une seconde de répit, les gens étaient prêts à dépenser toute leur fortune pour cette merveille. Quand le prix atteignit finalement cinquante millions de Pokédollards, la jeune femme aux cheveux longs et lisses déclara :

- Cents millions.

Un silence pesant s’abattit. Chacun pesait le pour et le contre, sachant qu’acheter cette chose mettrait immédiatement fin à leur vie dans le grand luxe. Mais certains étaient prêts à tout.

- Cent dix millions ! s’écria un vieux monsieur dans la foule.
- Cent cinquante millions ! hurla une femme avec un magnifique boa en plumes autour du coup.
- Un milliard, termina la jeune femme qui avait proposé les cents millions.

Elle venait de faire taire toute la salle, y comprit le vendeur.

- Eh bien ma petite dame, impressionnant ! complimenta-t-il. Personne au dessus ? Non, j’imagine… Très bien, le numéro 541 remporte le gros lot ! Quel est votre nom, si ce n’est pas indiscret ? Je ne vous reconnais pas…
- Je m’appelle Mista Meetic. Mais vous pouvez m’appeler Lady World.

Trois heures plus tard, elle partait dans une limousine noire chromée. Un convoi blindé la suivait, contenant le Joyau de Vie.

- Et bien, en voilà un facile à obtenir ! Ce sera plus dur pour les suivants… Et maintenant, en route pour la Perle de Force…


Mathi et Dimy marchait tranquillement dans le Bois aux Chênes, en direction de Miriarbres. C’est alors qu’ils débouchèrent dans une immense clairière.

- Oh ! Regarde cet arbre, il est immense ! s’extasia Dimy.
- Gamin… souffla Mathi, exaspérée.
- Ta gueule la punk, se rattrapa Dimy.
- C’est bizarre quand même qu’il soit troué… On dirait une entrée ! On va voir ? proposa-t-elle.
- Si tu veux…

Quelques secondes plus tard, les deux pénétraient dans l’arbre géant. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils tombèrent sur deux corps, morts ou vifs, et un grand homme blond d’une extraordinaire beauté. Ils se figèrent, l’atmosphère ayant quelque chose de pesant, de terrifiant. Le blond sembla se rendre compte de leur présence, et sourit.

- Et bien, ma chère Bleuts, sauvée par le gong ! Si j’avais atteint le numéro trois, tu serais morte… Mais ce n’est pas grave. Je vais te laisser crever lentement, comme une merde pourave en putréfaction. Tu te feras bouffer par les insectes, tu deviendras anorexique et desséchée, et tu finiras par mourir, seule, pitoyable, coupable du meurtre de ce cher Roku. Enjoy your death, Bleuts.

Sur ces mots, il s’enfonça dans la terre et disparut. Dimy et Mathi restèrent là, stupéfaits par le discours choquant de l’homme. Puis, la jeune fille se ressaisit et courra prendre le pouls de Bleuts, immobile, les yeux ouverts. Elle soupira de soulagement, et passa à Roku. Là, son visage se décomposa à vue d’œil, à mesure qu’elle attendait un battement qui ne venait pas, et qui ne reviendrait sans doute jamais.

- Dimy… Je crois qu’il est mort…
- …
- Ce type a dit que c’était la fille qui l’avait tué… Tu penses que c’est vrai ?
- Je ne sais pas.

Dimy s’approcha à son tour, et reconnut alors le visage de la Chapelière. Il se mit à trembler.

- En fait si, je sais. C’est Bleuts Prussalia, la Chapelière. Elle l’a sans doute tué, effectivement.
- Le mieux est encore de lui poser la question. Je crois qu’elle est consciente, ses yeux bougent.

Mathi se pencha sur Bleuts. Elle faisait peur à voir. Blessée à la jambe par les Bargantua, les cheveux parsemés de feuilles et de branches, les vêtements complètement troués, elle pourrait être la femme de Tarzan.

- Tu t’appelles Bleuts ? demanda Mathi.

Bleuts hocha la tête, incapable d’ouvrir la bouche.

- Est-ce que c’est toi qui a… Tué ce type ?

La jeune fille eut un frisson, avant d’hocher la tête, lentement. Répugnée, Mathi se recula vivement, tandis que Dimy s’approchait de la sortie.

- C’est une criminelle… Tu penses qu’on devrait la dénoncer ? tenta Dimy.
- Non. Elle finira par mourir de toute façon, abandonnée ici.
- Et si elle s’échappe ? Elle pourrait faire d’autres victimes…
- On va commencer par détruire ça, fit Mathi en pointant le revolver posé au sol.
- Je m’en occupe. Magnezone, Tonnerre.

Le Pokémon sortit de sa Pokéball, et prit le pistolet entre ses deux aimants. Il fit passer une décharge à l’intérieur, et le revolver fondit comme neige au soleil sous la chaleur dégagée.

- Et on va faire en sorte qu’elle ne sorte pas. Mon Noctali peut créer une barrière ténébreuse indétectable.
- Et je peux m’occuper d’électrifier ta barrière, ajouta Dimy.
- Si tu veux.

Ils sortirent, et mirent leur plan à exécution, sans même un au revoir à la pauvre Bleuts. Le champ de force était invisible, mais infranchissable. Bleuts était dans l’incapacité totale de sortir, mais également d’être attaquée. Cet arbre sera son bunker, sa protection inviolable. Il sera aussi sa prison.

Et accessoirement, son tombeau.


Un hurlement strident déchira l’air. Il émanait du Salon de la Scène, où se trouvait Mey. Mentaline et Silver accoururent en quatrième vitesse, histoire de savoir ce qu’il se passait.

- Mey ! Ca va ?!

Elle était figée, fixant la télévision avec un air choqué.

- Mentaline… Silver…
- Qu’est-ce qu’il y’a ? Répond ! s’énerva Mentaline, stressée.
- Shuu et Cat se sont fait capturer.
- …
- …
- C’est impossible… souffla Mentaline.
- Mais c’est la vérité. Ils ont montré des images. Aucun doute, c’est eux.
- Ils vont… bien ? tenta Silver.
- Ils n’avaient pas l’air mal en point. Ils étaient endormis en fait, la police a usé d’une drogue surpuissante. Ils sont dans un sommeil profond pour au moins trois jours.
- Et ils n’étaient que tous les deux ?
- Non. Y’a une Justine Hitalia et un certain Glenn avec eux. Mais regardez par vous-même, vous verrez bien.

Mentaline et Silver s’assirent à côté de Mey, encore sous le choc. Ils furent vite rejoints par Creepy-chan et Nozomi, alertées par le hurlement.

« Flash Spécial ! Hier soir, suite à une longue course poursuite dans les bois, quatre des neuf Chapeliers connus ont été capturés par le Commissaire Brants ! On peut citer Cat Pandora, Shuu Jaggerjack, Justine Hitalia, dresseuse plutôt connue, et enfin un certain « Glenn ».

Après avoir inondé presque entièrement la capitale, Doublonville, ils se sont enfuis par un orifice dans le champ de force qui entourait la ville. La police les attendait. Usant d’un stratagème peu commun, les Chapeliers ont réussi à se défaire de cette horde de policier, mais ils furent touchés sans le savoir par une injection de drogue. Ils ont tenté de s’enfuir à travers le Bois aux Chênes, mais se sont effondrés 3 kilomètres plus loin. Ils sont actuellement transportés dans un avion blindé imprenable, escorté d’une centaine de Flyers armés, en direction de l’Abysse, la prison la plus célèbre de Johto, située sur l’une des Tourb’Iles.

Il s’agit là d’une excellente nouvelle pour la population, terrorisée. Les recherches sont en cours pour trouver Bleuts Prussalia et Kanon Simiophia, ce n’est plus qu’une question de temps. Quant à Mey Milkya, Mentaline Weiss et Silver Soul, la police et les Echoes les attendent de pied ferme à la sortie de la Scène de Rosalia. Bref, la terreur ne devrait pas tarder à prendre fin. »

Ce flash s’ensuivit d’un long silence. Soudain, Mey se leva, une lueur rebelle dans les yeux.

- On doit aller les chercher, déclara-t-elle d’une voix forte.
- Pardon ?! faillit s’étrangler Mentaline.
- Et bien quoi ? C’est logique ! Ils sont prisonniers, se sont nos alliés ! Notre devoir est de les récupérer ! argua Mey.
- Mais Mey… Je ne veux pas paraître égoïste, mais ils ont commis de vrais crimes, eux… L’attentat de la Tour de Doublonville a fait pas mal de morts… bredouilla-t-elle, gênée.
- Tu oses dire ça ?! S’ils ont commis des crimes, ce n’est pas de leur faute ! Ils sont poursuivis alors qu’ils n’ont rien fait du tout ! Il est normal de se défendre ! s’égosilla Mey, révoltée par l’attitude de son amie.
- Ils n’empêchent qu’ils ne sont pas innocents, eux. Nous si. Si tu commences à aller forcer une prison en théorie imprenable, tu deviens tout sauf innocente.
- Mentaline. Ose me dire que tu n’as jamais commis de crime.

Mentaline se figea. Mey venait de toucher une corde très sensible, sans le savoir. Creepy-chan, Nozomi et Silver observaient le duel verbal, fascinés. Finalement, Mentaline releva la tête. Son regard était déterminé, comme celui de Mey auparavant.

- Très bien. J’admets que personne n’est tout blanc dans cette histoire. Nous avons toutes deux notre passé, et également les erreurs qui s’y rapportent. Et j’ai l’intime conviction que c’est également le cas pour les autres. Mais passons. Dans la théorie, je suis d’accord avec toi, Mey. Je suis prête à aller les sauver… Mais je n’irais pas.
- Pourquoi ? demanda Mey, une pointe d’agressivité dans la voix.
- Pour tout un tas de raisons pratiques. Comment comptes-tu sortir de la Scène ? Comment comptes-tu parvenir jusqu’aux Tourb’Iles sans te faire chopper ? Que sais-tu de cette prison ? Comment t’y prendras-tu pour la forcer ? Comment procède la juridiction dans ce monde ? Hein ? Si ça se trouve, on les aura exécutés avant que tu arrives. Et ils te chopperont comme un vulgaire poisson happé par un filet.

Mey garda le silence. Mentaline avait parfaitement raison, bien sûr. Mais c’était secondaire. Ils devaient aller les sauver. Et puis aussi, Mey rechignait à admettre que son amie ait raison, quel que soit le domaine.

- Peu importe. Je réfléchirais à ça plus tard. Même si je ne sais pas comment on va réussir à sortir de la Scène…
- Justement, on ne sait pas. Je déteste être dans le flou, Mey. Je veux trouver une bibliothèque, un endroit où je puisse en apprendre un peu plus sur ce monde, sa structure hiérarchique, son histoire, sa politique, sa géographie… J’ai besoin de savoir, Mey.
- Dans ce cas, rentre avec nous, fit une voix derrière elle.

Tout le monde se retourna pour tomber sur Sœur Chapy et Sœur Shana. Toujours aussi strictes que d’habitude, elles avaient tout de même un coin de sourire aux lèvres, comme si elles étaient amusées par la soif de connaissance de la jeune fille.

- Nos Eoko peuvent forcer la barrière de la Scène, et nous pouvons t’amener à notre Abbaye. Tu seras en sécurité là-bas, comme dans une Arène. Et surtout, là-bas se trouve la plus grande bibliothèque de tout le Pokémonde. Comme vous n’êtes pas nées dans ce monde, je pense que c’est le meilleur endroit pour en apprendre le plus possible, expliqua Sœur Chapy.
- Comment sais-tu que nous venons d’un autre monde ?!
- Vous n’avez pas l’esprit des habitants de ce monde. Je peux le sentir. Et puis surtout, il faut être sot pour ne pas saisir ça en vous écoutant parler.
- J’avais deviné auchi, signala Nozomi. En voyant vos cauchemars pendant l’entraînement, ajouta-t-elle.
- Moi je le savais pas, et honnêtement, je m’en fous. Venir d’un autre monde… C’EST SUREMENT UNE MALEDICTION QU’OYASHIRO-SAMA A LACHE SUR VOUS, MWAHAHAHAHAHAHAHA ! hurla Creepy-chan.
- Vous pouvez forcer la barrière ? demanda Mey.
- Oui, répondit Sœur Shana.
- Dans ce cas, accepteriez-vous de la forcer pour moi aussi ? J’ai vraiment besoin d’aller aux Tourb’Iles, expliqua Mey.
- Tu ne vas pas y aller toute seule quand même ?! s’exclama Mentaline.
- Vu que je ne peux pas compter sur toi, je vais y aller seule, que ça te plaise ou non. Et tu pourras tranquillement partir lire tes bouquins avec les religieuses.
- Tu ne cheras pas cheule, intervint Nozomi. Je t’accompagne.
- Pas question. Tu serais considérée comme une Chapelière, toi aussi.
- Peu m’importe. Je chuis déjà conchidérée comme un monchtre… Et de toute fachon je gagnerais le Grand Festival, et je cherais acquittée !
- Moi aussi je veux venir ! signala Creepy-chan. Si tu crèves, ou si on crève, on remontera dans le passé pour changer le DESTIN, MWAAHAHAHAHAHAH !
- Les filles… s’attendrit Mey, touchée.
- C’est déchidé ! On part quand ?
- Tout de suite ! lança Mey.
- Eh oh, je viens aussi ! s’écria Silver.
- Tiens, Silver ! Je crois que l’auteur avait oublié ta présence jusqu’à maintenant ! ricana Mey. De toute façon, tu es déjà considéré comme un meurtrier…

Mentaline se sentait gênée et lâche, mais tint bon. Pour le bien de tout le monde, elle se devait d’en apprendre plus sur le monde qui l’entourait. C’était presque un besoin vital pour elle. Elle détestait ne pas avoir de renseignement. C’était comme si depuis le début de l’aventure, elle était totalement nue, vulnérable à toute incompréhension.

C’est ainsi qu’une heure plus tard, tout le monde était sur le point de partir, dans le hall gigantesque de la salle. C’est alors que Killian passa la porte, et s’étonna en les voyants chargés de leurs sacs à dos. Il s’approcha d’un bond svelte défiant la gravité à l’aide de son Seleroc, et les gratifia d’un air interrogateur.

- Qu’est-ce qui passe ? demanda-t-il. Ah non, laissez tomber, je viens de deviner. Vous allez sauver vos copains les Chapeliers ! sourit-il.
- Ca te pose un problème ? cracha Mey, sur la défensive.

Elle n’avait jamais vraiment eut confiance en lui. Il était très haut gradé parmi les Echoes, et il n’avait strictement aucune raison de s’allier avec eux.

- Pas du tout. J’étais sur le point de partir, moi aussi, si vous vous voulez tout savoir.
- Je vois. Dans ce cas je te demanderai de partir une dizaine de minutes après nous. Par simple précaution, ajouta Mey.
- Ca me va. Puis-je dire deux mots à Silver avant qu’il ne parte ?
- Si tu veux…

Silver suivit Killian dans une pièce annexe, vide. Un silence pesant s’installa. Puis, l’Echo se jeta à l’eau.

- Silver… Vu qu’on ne va certainement pas se revoir de si tôt, je voulais que tu saches que je suis fou amoureux de toi depuis que je t’ai vu aux côtés de mon frère, il y a de ça quatre ans. Il est sûrement un peu tard pour te poser la question, mais maintenant que tu n’es plus avec Gold, est-ce que tu accepterais de sortir avec moi ?

Silver se figea, avant de rougir violemment. C’était la première fois que quelqu’un lui avouait qu’il l’aimait. Killian n’avait pas encore fini.

- Quand je t’ai aperçu, je venais de faire mes débuts parmi les Echoes. Je ne vivais que pour mon travail, car c’était la seule chose qui donnait un sens à ma vie inutile. Mais toi tu étais là, resplendissant, et tu ne te travestissais pas encore. Tu étais toi-même, tu étais heureux, et je t’admirais pour toutes ces raisons. Depuis lors, j’ai commencé à t’observer. Un peu comme un stalkeur, en fait. Quand j’avais du temps libre, je venais te voir, sans que tu t’en rendes compte. Quand tu as été impliqué dans cette affaire de meurtre, je te savais parfaitement innocent. Hélas à l’époque je n’étais pas suffisamment haut placé pour faire entendre raison à la police. Quand tu t’es cassé la gueule en essayant de monter à Sentiernelle, je t’ai transfusé mon sang pour que tu ne meures pas. Quand tu as du affronter les policiers, je t’ai sauvé la vie. Mais je ne me vante pas de tout ça, parce que je sais qu’au fond de toi, tu te fiches de ce que les gens font, tu ne juges que ce qu’ils sont.

Silver avait écouté patiemment la tirade du jeune homme. Quand il eut fini, il s’approcha lentement, et le roux déposa un baiser sur la joue du jumeau de Gold.

- Tu as parfaitement raison. Je ne juge pas les actes, et c’est pour ça que mon jugement n’est jamais objectif, contrairement au tien. Je vais être franc. Je ne t’aime pas. Pas dans le sens où tu l’entends. Si mon jugement était objectif, je serais raide dingue de toi. Tu es beau comme un dieu, affreusement attentionné, intelligent, talentueux, célèbre. Tu m’as sauvé la vie à plusieurs reprises. Tu es ce qui se rapproche le plus de la notion de perfection. Je ne suis pas objectif, parce que malgré tout cela, je ne suis pas amoureux de toi. C’est une sorte de paradoxe, quelque part. J’aimais Gold, alors que c’était le dernier des connards. Mais toi je ne t’aime pas, même si tu vaux mille fois plus que lui. C’est comme ça, désolé.

Killian soupira. Longuement, comme s’il tentait d’évacuer toute sa tristesse en une seule expiration.

- C’est bien ce que je pensais. Mais l’entendre de ta bouche ne fait pas le même effet. Dans ce cas, je vais m’en aller. Et n’oublie pas que quoi que tu dises, je ne tirerais jamais un trait sur toi. Je te souhaite plein de bonheur… en compagnie de Mey.

C’est sur ces mots amers et pleins de sous-entendus que Killian sortit de la pièce, laissant en plan un Silver perplexe mais pas triste. Silver était Silver. Et il venait de réaliser qu’il était éperdument amoureux de Mey. C’aurait pu le bouleverser. Ou il aurait pu être dévasté de voir Killian partir. Mais en fait, il se fichait de tout. « Je suis Silver. Je ne suis pas amoureux de Killian. J’aime Mey. Tant mieux. Je n’aurais pas à changer pour elle. »

Ce fut sa seule réaction.


A des kilomètres d’ici, Shuu, Cat, Glenn et Justine étaient plongés dans un profond sommeil. Enfermés dans des capsules de verre qu’on avait enseveli dans du béton armé, ils étaient transportés en direction des Tourb’Iles dans l’avion le plus impressionnant de l’Armée de l’Air Johtoienne.

Composé d’un alliage de titane, de tantale, de vanadium et de tungstène, avec une coque de deux mètres d’épaisseur et des portes plus blindées que celle des banques, il était carrément inviolable. Imposant par sa taille, il mesurait six cents mètres de long. Ne nous leurrons pas, un avion de cette taille et de ce poids serait en théorie incapable de quitter le sol. C’est sans compter sur les progrès techniques impressionnants ayant vu le jour dans le Pokémonde.

En effet, la supraconductivité et par conséquent la lévitation magnétique avait fait l’objet de beaucoup de recherches. Un métal supraconducteur ne peut léviter que quand sa température avoisine celle du zéro absolu. C’est pour cette raison que les avions de ce genre sont accompagnés d’une escouade complète de Pokémon Glace, qui gèlent en permanence le véhicule. Evidemment, il avait fallu implanter dans le sol des tonnes de métaux, mais cela en valait la peine. Peu importe le poids du véhicule, tant qu’un matériau supraconducteur était présent à l’intérieur, Johto pouvait désormais transporter tout ce qui lui plaisait grâce à des plateformes.

Bref, l’avion avançait lentement mais sûrement en direction des Tourb’Iles. Plus précisément en direction de la prison la mieux gardée du Pokémonde.

L’Abysse.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 34 : Encapsulation divine   Mer 18 Jan 2012 - 21:30



- Bienvenue à la Godmihouse Shiste de Rosalia, Mentaline.

Mentaline, Sœur Shana et Sœur Chapy étaient postées devant un bâtiment plutôt impressionnant. Il avait une architecture assez semblable aux églises catholiques actuelles, mais sa forme faisait la différence. En effet, là où une église avait un plan en croix, l’abbaye Shiste était en triangle. Composée de trois grandes tours, reliées par des murs d’enceinte imposants et surmontés de toits en tuiles d’ardoise, elle était un savant mélange entre le style gothique, avec ses voutes dessinées sur les murs, et le côté champêtre de la ville de Rosalia, entourée d’arbres aux couleurs ocres. En effet, des feuilles plaquées or sculptées à même les murs parsemaient l’édifice.

Mais le plus impressionnant, c’était la porte d’entrée. Haute de cinq mètres, en chêne massif, elle était magnifiquement décorée. Des dessins en relief expliquaient probablement le fondement de la religion Shiste, mais Mentaline n’en savait pas encore assez pour les comprendre. La porte aussi était en triangle, un triangle parfaitement équilatéral, d’ailleurs. Mentaline remarqua qu’à chaque sommet du triangle se trouvait un symbole plus gros que les autres. Dans le coin de droite était dessinée une pile de pièces de monnaie. Dans celui de gauche, on y voyait… un pénis. Et dans le coin qui était tout en haut de la porte, on voyait une simple étoile à sept branches.

- Excusez-moi, mais ces symboles sur la porte m’intriguent… intervint Mentaline d’une voix timide alors qu’ils allaient pénétrer à l’intérieur.
- Ah, pardonnez-moi. J’avais oublié que vous ne connaissiez point la signification du Triangle de l’Humanité, répondit Sœur Shana.
- Le Triangle de l’Humanité ? s’étonna Mentaline.
- Oui. C’est le symbole du Shisme. Il représente les trois plus grandes sources de convoitise des hommes. A gauche, le côté du maléfique Giratina, on trouve l’un des deux faibles, à savoir l’envie de sexe. D’où ce symbole assez osé.
- Je vois. Mais pourquoi le qualifiez-vous de « faible » ? demanda Mentaline, décidée à en apprendre le plus possible.
- Il est faible parce que l’argent et la beauté, les deux autres sources de convoitises, permettent de l’obtenir. On peut avoir du sexe avec de la beauté, mais également avec des sous, expliqua Sœur Chapy.
- Donc par déduction, la beauté est tout en haut parce que rien ne permet de l’obtenir, c’est bien ça ?
- Exact. Même avec tout l’argent du monde, la beauté naturelle ne peut être achetée. Quant à l’argent, on peut l’obtenir avec la beauté et le sexe. L’argent et le sexe sont donc qualifiés de « sources faibles », tandis que la beauté est appelée « source dominante ».
- Ok… C’est très compliqué et en même temps très réaliste ! fit remarquer Mentaline.
- Le réalisme est le fondement de la religion Shiste. C’est une religion en harmonie avec son temps, et elle connait sans cesse des renouveaux, tout en gardant les idéaux originels de la création du monde. C’est pour montrer ce contraste entre le passé et le présent que le bâtiment est ancien, alors que l’intérieur est…
- … Haute technologie… souffla Mentaline, impressionnée.

On ne pouvait qu’être ébahi devant l’immense salle qui se découvrait derrière la porte. On aurait dit l’intérieur d’une église banale, à la différence que tout était en acier ou en fer. Les bancs pour assister à la messe se résumaient à des planches de métal qui flottaient en l’air par magnétisme ; chaque place du banc était munie d’une tablette électronique, sur laquelle s’affichaient les écrits sacrés et les paroles des chants religieux. L’autel était d’un noir mat, traversait par des lumières orange.

La salle n’était pas vide. Deux douzaines d’hommes, femmes et enfant étaient assis sur les bancs, et écoutaient sagement les paroles d’un vieux monsieur placé devant l’autel, surelevé par rapport aux autres personnes. Mentaline l’identifia comme étant le curé, mais elle n’était pas sûre que le nom soit semblable à celui du Monde Réel. Elle allait poser la question, mais elle n’en eut pas le temps. Dès l’instant où elle posa un son pied sur une large bande gris perle, des systèmes d’aspiration surpuissants mais silencieux la débarrassèrent de ses affaires, qu’il s’agisse de son sac, de son nouveau chapeau ou de son manteau. D’abord surprise, elle se rendit ensuite compte que c’était une règle shiste et que ses affaires lui serraient rendues à la sortie.

Elle s’avança donc, escortée des deux bonnes sœurs.

- Voici l’intérieur de la Godmihouse de Rosalia. Comme tu peux le voir, c’est très moderne, annonça Sœur Shana.
- Les gens viennent ici tous les jeudis, le jour du Godmishuu. Le Disputan, le vieux monsieur à côté de l’autel, lit des extraits du Libermo, nos écrits sacrés.
- Je vois. Et est-ce qu’il faut un genre de… baptême, pour devenir Shiste ? demanda Mentaline.
- Tout à fait. Tu devras faire ce baptême si tu veux le devenir, répondit Sœur Chapy.
- En fait, je n’ai pas vraiment envie de me faire baptiser pour une religion dont je ne connais pas grand-chose…
- Le problème, c’est que seuls les Sœurs ou les Frères ont le droit d’accéder à la Bibliothèque.
- C’est bien ce que je pensais. Je ne suis pas contre le fait de devenir Bonne Sœur, mais j’aimerais d’abord en savoir plus.
- Très bien. Nous allons t’expliquer dans ce cas. Mais dis-moi, tu n’aurais pas un besoin compulsif de tout savoir ?

Mentaline rougit violemment devant l’insinuation de Sœur Chapy.

- J’imagine que oui… Et je n’en suis pas fière… avoua Mentaline.
- Tu devrais. La curiosité intellectuelle est une grande qualité, très appréciée chez les Shistes.
- …
- Mais passons. Ici, nous sommes dans la Godmihouse. L’abbaye Shiste se trouve juste derrière, à moitié enfoncé dans la forêt. Elle est à peu près quinze fois plus grande que cette Godmihouse, c’est te dire à qu’elle point on s’y perd facilement. Nous allons t’y conduire pour t’en dire plus, mais ne nous perds pas de vue.

Elles s’avancèrent, passèrent devant le Disputan, et atteignirent une petite ouverture circulaire traversée par des rayons électriques.

- C’est pour éviter que les gens traversent. Cette électricité est sans douleur pour les humains, mais si quelqu’un la touche, il s’évanouira sur le coup, expliqua Sœur Chapy.
- Il faut un code pour désactiver la barrière, indiqua Sœur Shana.
- « Pulchritudinem Dei » ! lança Sœur Chapy.

Les rayons électriques disparurent, et toutes trois se glissèrent de l’autre côté. Mentaline eut le souffle coupé par la beauté de ce qu’elle voyait. Il s’agissait d’un petit chemin, encadré par des rangées d’arbres. Dit comme ça, cela pouvait paraître banal, mais ce sentier était loin d’être banal. Les arbres semblaient magiques, tant ils étaient étranges. Certaines branches étaient nues, d’autres étaient couvertes de feuilles verdoyantes, et celles qui restaient étaient d’une couleur ocre. Comme si les arbres représentaient à eux seuls les quatre saisons, figées dans le temps. Des sortes de pétales de cerisiers flottaient doucement dans l’air, portées par une agréable bise.

Le sol, lui, était aux yeux de Mentaline la pelouse la plus verte qu’elle ait jamais vue. Parsemée de fleurs multicolores, elle était bien trop parfaite pour être d’origine naturelle. Mais le plus étonnant dans tout ça, c’était la lumière. Douce et diffuse, elle semblait faire parti du décor au même titre que la végétation. Sauf que Mentaline était persuadée à cent pour cent d’être entrée de nuit dans la Godmihouse.

Elle soupira.

- Tout cela n’est pas réel, n’est-ce pas ?

Sœur Chapy et Sœur Shana, qui avaient commencé à avancer, se figèrent, stupéfaites. Elles se retournèrent, et fixèrent longuement Mentaline.

- … Félicitations, finit par souffler Sœur Shana.
- C’était un test. Tout ceci n’est effectivement qu’une illusion. Toute personne qui ne s’en rendrait pas compte avant d’être arrivée à l’abbaye n’aurait pas le droit d’y entrer. La plupart des gens mettent généralement une dizaine de minutes pour découvrir la vérité. Tu es très impressionnante, Mentaline.
- Merci, répondit simplement celle-ci.
- Cette illusion a un autre but. Il sert à montrer que tout n’est pas rose dans le monde et qu’il faut se montrer réaliste. Tu as brillamment passé le test.
- Père Kohei, vous pouvez désactiver l’illusion ! lança Sœur Shana.

Un homme d’une quarantaine d’années sortit de la lisière de la forêt. Vêtu d’une toge blanche comme neige, le crâne rasé, les yeux gris fer, il avait tout du parfait moine. Il s’approcha et serra la main de Mentaline, sans prononcer un mot.

- Le père Kohei a fait vœu de silence. Peu de religieux ont le courage de le faire, c’est pourquoi personne ne l’a réprimandé quand il a hurlé un « PUTAIN TU ME CASSES LES COUILLES ! » à sa femme, l’année passée, expliqua Sœur Shana.
- Enchanté, sourit Mentaline.

Le Père Kohei lui adressa un signe de tête. Il dégaina un petit boîtier, et appuya sur un bouton vert. Tout disparut alors. Les fleurs, la prairie verdoyantes, les pétales… Il ne resta plus qu’un sentier boueux et des arbres aux feuilles fanées.

Un quart d’heure de marche plus tard, ils arrivaient à l’abbaye Shiste de Rosalia, perdue au milieu de la forêt d’Ocre.


Shuu se réveilla lentement. Il commença par vérifier ses fonctions motrices. Il n’arrivait pas à bouger ses jambes, mais ses bras et ses doigts répondaient à peu près correctement. Il se rendit alors compte qu’il était presque entièrement nu, son seul vêtement consistant en un caleçon. Le jeune garçon avait une sensation étrange ; il sentait que la surface sur laquelle il était allongé était froide et lisse comme du verre, mais il avait néanmoins une impression de chaleur ambiante. Il décida finalement d’ouvrir les yeux.

Shuu n’était pas tout à fait dans le noir. En fait, il voyait même correctement, mais il n’aurait pas pu lire, par exemple. Il se rendit alors compte qu’il était prisonnier. Prisonnier d’une capsule de verre légèrement plus grande que lui, en forme de suppositoire. Il voyait à travers la paroi, mais il n’y avait cependant rien à voir. Seulement du gris, une couche de matière qu’il identifia comme une sorte de béton. Il tenta de se relever en position assise, mais la capsule était trop basse.

Un sentiment de claustrophobie s’empara alors de lui. Il ne pouvait pas sortir, il n’avait aucune chance de sortir. Si ça se trouve, il allait rester prisonnier ici toute sa vie. « Non, c’est impossible, il faut que je me nourrisse… Ils seront obligés d’ouvrir à un moment ou un autre… »

C’est alors qu’il regarda son poignet droit, et il faillit se mettre à hurler.

Il avait deux tubes implantés dans le bras. Des tubes en verre, tous deux de la taille d’une pile, dont on ne voyait qu’une mince partie. L’un contenait une sorte de bouillie de couleur vert kaki, l’autre de l’eau. Shuu comprit enfin la sanction qui allait leur être infligée, à lui et aux autres.

L’ennui à perpétuité.


Aux abords de Miriarbres, un imposant Guériaigle venait de se poser. Trois personnes en descendirent, et l’une d’elle rappela l’oiseau dans sa Pokéball.

- On est arrivé à Miriarbres, annonça Melosa.
- On s’organise comment au final ? Mon idée de devenir des héroïnes tiens toujours ? demanda Kanon.
- Bien sûr que oui, affirma la championne d’Unys. Il va nous falloir une planque… Mais chaque chose en son temps, nous devons nous organiser pour que Kentin commence une nouvelle vie sur de bonnes bases.
- Tu es sûr de vouloir tout recommencer ? demanda Kanon, affligée par le départ du jeune homme.
- Je n’ai pas vraiment le choix, sourit-il sarcastiquement. C’est ça ou je reste avec vous, et je n’ai pas envie de prendre de risque. J’ai eu une vie relativement calme jusqu’au jour où tu as fait péter ma maison, et franchement je préférais quand j’étais tranquille. Je ne suis pas fait pour une vie d’aventures.
- Je comprends… Quant à ta maison, je n’ai pas d’excuse. Je suis profondément désolée de l’avoir détruite... souffla Kanon, honteuse de ses actes.
- Tu m’as sauvé la vie ensuite, donc j’imagine qu’on est quitte. Quoi qu’il en soit, vous pouvez me laisser ici. J’ai des papiers, j’entrerais à Miriarbres et je louerai une maison. Je trouverai un nouveau boulot… énuméra-t-il.
- Tu n’auras jamais assez d’argent, coupa Melosa. Prends ça.

Et elle lui tendit une liasse de billets, le genre de truc qui ne se voit que dans les films. Le tout devait représenter environ un million de Pokédollards (sept cent mille euros, ndla). Kentin fixa les billets de mille Pokédollards, incrédule.

- Mais vous êtes folle ! Il y en a beaucoup trop ! s’insurgea-t-il.
- Tout n’est pas pour toi, répliqua Melosa. Je te donne la moitié, fais-en ce que tu veux. Quant à l’autre moitié, je veux que tu t’en serves pour nous approvisionner.
- Comment ça ? questionna Kentin.
- Et bien, nous allons devenir des super héroïnes. Or, on aura besoin de matériel, et il sera sûrement très couteux. Nous te chargerons donc d’acheter ce dont nous avons besoin par le biais de ce téléphone.

Melosa sortit de sa poche un téléphone portable vieux modèle, un truc extra-plat qui avait fait un tabac à l’époque avant l’arrivée du Pokématos. Kanon y vit un iPhone haut de gamme, alors que kentin n’y vit qu’un dinosaure oublié depuis longtemps déjà.

- Pourquoi un téléphone pareil ? Et puis j’en ai déjà un, signala-t-il.
- Tu ne peux pas téléphoner avec, indiqua Melosa. C’est un téléphone à sens unique, moi seule peut t’appeler avec. Si un jour des policiers te contrôlent pour une quelconque raison, tu devras dire « Mon Dieu, j’ai envie de me manger une pizza, un truc de fou… ». Ca fera cramer la carte SIM instantanément.
- Bien compris, acquiesça Kentin.
- Maintenant, tu peux y aller. Nous t’enverrons les ordres quand nous aurons trouvé une planque. Au revoir, Kentin. Kanon, je te laisse lui faire tes adieux, je vais chercher un endroit ouvert pour pouvoir décoller.
- Hum, répondit simplement Kanon.

Melosa s’éloigna, indifférente. Kentin et Kanon, restés seuls, se fixaient. Il n’y avait aucune rancœur dans le regard de Kentin. Dans celui de la jeune femme, en revanche, on lisait de la culpabilité, et une certaine tristesse. Le cadre ne correspondait pas aux habituels décors des adieux. Pas de pluie, pas de ville, pas de gris. Une forêt enchanteresse, un soleil éclatant, des millions de couleurs mélangées aux tons dominants de vert. Une petite brise faisait onduler les longs cheveux noirs de Kanon, encore maculés de sang séché par endroit. Ceux de Kentin, d’un blond resplendissant, semblait rappeler à quel point il était innocent. Il n’était pour rien dans cette affaire, et c’était la jeune femme qui lui avait attiré tous ces ennuis.

- Je n’aime pas les adieux, lâcha finalement Kanon. J’ai l’impression que ma vie se résume à des « au revoir », et que dans la plupart des cas, le « revoir » est un mensonge. Dire au revoir à quelqu’un me rappelle à quel point j’ai peur de le perdre.
- …
- Je ne vais pas t’embêter plus longtemps. C’est ma faute si tu as failli mourir, et je m’en voudrais toujours. Je m’excuse encore des ennuis que je t’ai causés. Pardon.
- Tu as détruit ma maison, tu m’as fait du mal, j’ai failli mourir…Même avec toute la bonne volonté du monde, je ne pourrais pas te pardonner. Pars, et ne m’adresse plus jamais la parole, asséna-t-il.

Un grand silence suivit cette déclaration. Puis le jeune homme tourna les talons, et disparut derrière les arbres, en direction de Miriarbres, sans un regard en arrière. Kanon se retrouva seule, les cheveux cachant son visage au teint blanc. Elle eut un sourire et murmura :

- Tant mieux.


Glenn se réveilla à son tour dans la capsule de verre. Lui aussi vêtu d’un simple caleçon, il avait immédiatement remarqué que son corps entier était pour le moment privé de mouvement, si on exceptait la tête. C’était sûrement parce que les policiers avaient jugé bon d’entraver ses membres, au cas où il puisse briser la capsule avec ses pouvoirs.

Il avait également remarqué les deux tubes de verre implantés dans son bras droit. Cela l’affola moins que Shuu, peut-être parce qu’il en avait vu d’autres. « C’est donc ça… Ils nous tiennent prisonniers, mais veulent nous garder en vie. Ces tubes bizarres nous injectent les nutriments nécessaires à notre survie directement dans le sang… Par contre, je me demande comment ils vont les remplir, parce que vu la quantité, on ne tiendra pas plus de quelques jours… ».

Au bout d’un certain temps, impossible de savoir exactement combien, il eut soudain une étrange sensation au niveau des tympans. Ses oreilles vibraient. Puis, sans prévenir, tout redevint normal.

« Un changement de pression… Qu’est-ce que ça veut dire ? On s’est envolé à bord de quelque chose ? Ou alors on était déjà en hauteur et on est en train de descendre… Ou alors, on nous envoi dans les profondeurs obscures de l’océan, haha… »

Ce qu’il prenait pour une plaisanterie était en fait la réalité. L’avion qui les transportait s’enfonçait désormais dans les véritables profondeurs de l’océan. En effet, nos héros ne le savaient pas, mais la célèbre prison, l’Abysse… était une prison sous-marine, située à environ 15 kilomètres sous l’eau, dans la Fosse Irisée.

« Vivement qu’il se passe un truc, je me fais chier… » soupira Glenn.


Nozomi, Mey, Silver et Creepy-chan se matérialisèrent au sommet du Phare d’Oliville. Une brise marine flottait dans l’air, agréable. Devant eux se profilait la mer, d’un bleu profond à couper le souffle. Mey lâcha une petite exclamation réjouie.

- Woah… Depuis le temps que je n’avais pas vu la mer… Ca change de cet océan d’arbres ! souffla-t-elle.
- Il ne vaudrait mieux pas rechter ichi, indiqua Nozomi.
- On est carrément à découvert, effectivement… marmonna Silver.
- Rentrons à l’intérieur, lança Creepy-chan.

Ils contournèrent l’immense « ampoule » qui guidait les bateaux jusqu’au port, et se glissèrent à l’intérieur du phare. Après avoir descendu quelques marches, ils tombèrent sur une jeune fille, cheveux châtains, yeux azur, accompagnée d’un Pharamp. La troupe se figea instantanément, prise sur le fait. « Oh putain, ça sent déjà mauvais… » gémit Mey.

La jeune fille, quant à elle, ne broncha pas. Au contraire, elle afficha un sourire resplendissant.

- Silver… Comment ça va depuis tout ce temps ?

Sa voix était aussi douce et mélodieuse qu’un carillon. Elle ne parlait pas fort, à mi-chemin entre le chuchotement et le volume normal. Silver sembla enfin la reconnaître, car il fit un pas timide en avant.

- Jasmine… souffla-t-il.
- Tu as changé, remarqua-t-elle. Avant, tu étais… une fille, si j’ai bonne mémoire. Et tu n’étais pas encore recherché.

Elle ne semblait pas lui faire de reproche. Juste des remarques, aussi anodines que pourrait l’être « Bonjour », ou « Tu as mis du mascara ». Nozomi s’était un peu détendue en voyant que Silver la connaissait mais Creepy-chan restait sur ses gardes. Mey, quant à elle, ressentait une sorte… de haine, envers cette jeune femme. Alors qu’elle ne la connaissait pas. Mais quelque chose dans sa façon de parler à Silver avec cette voix douce la dérangeait. Tout comme le fait que la jeune femme – Jasmine, d’après Silver – soit excessivement belle. C’était dur à admettre, mais même si Mey avait toujours eut confiance en sa beauté, elle venait de se faire surpasser.

- Je ne vais rien vous faire, lança Jasmine à Creepy-chan et Mey, restées en retrait.
- Qu’est-ce qui nous le prouve ? demanda Creepy-chan, méfiante.
- Le fait que Silver me connaisse et me fasse confiance ne vous suffit pas ? s’étonna-t-elle faussement, avec sa voix excessivement douce.

« Ca y est, elle me tape sur le système… Sa voix m’exaspère… Quand elle parle, on a l’impression qu’elle veut t’en tailler une ! » songea Mey, en mode garce jalouse.

- Pas vraiment… répondit Mey avec un petit sourire.
- Ca ne change pas grand-chose, après tout. C’est moi qui dirige la situation… susurra-t-elle avec un air complice à Silver.
- Tu dirigeras moins la situation quand je sortirai mon Airmure ! répliqua Mey, verte de jalousie.
- Je suis morte de peur. Littéralement, railla gentiment Jasmine avant d’éclater d’un grand rire cristallin.
- Grrrrr…

Mey sortit son Airmure, sous l’air affolé de Silver.

- Eh oh, elle ne nous a rien fait ! s’exclama-t-il, pris de court.
- Steel, Trach’Air ! ordonna Mey, ignorant superbement Silver.
- Pharamp… soupira Jasmine, déjà lassée.

Le Pokémon jaune bougea légèrement, et les Tranch’Air le frôlèrent sans le toucher. Puis sa queue s’illumina, et un rayon ridicule sortit de son doigt. Mey ricana quelques instants, mais elle s’arrêta illico quand le rayon atteignit Airmure. Celui-ci, amusé par le rayon ridicule, n’avait même pas cherché à esquiver. Grand mal lui en prit. Il se retrouva électrocuté de toute part, et il s’effondra en deux secondes, atomisé. Mey fixait Jasmine, incrédule.

- Je reste la Championne d’Oliville… Vous ne devriez pas me sous-estimer, sourit-elle avec un clin d’œil.
- …

Mey garda le silence, et sa main s’approcha de sa deuxième Pokéball. Silver s’interposa avant qu’elle n’ait le temps de la lancer.

- STOP ! Tout le monde se calme ! cria-t-il.

Mey lui lança un regard noir à faire pâlir un mort. Puis elle rappela Airmure, et rangea sa Pokéball.

- C’est bien parce que c’est toi, Silver, grogna-t-elle.
- J’aime mieux ça, sourit le roux.
- Mais je ne lui fait pas confiance pour autant, lança la jeune femme.
- Même si tu ne l’aimes pas, on a besoin d’elle… Elle est championne, elle sait plein de chose sur l’Abysse… marmonna Creepy-chan.
- Pas faux…
- Je peux vous aider, si vous voulez ! sourit Jasmine.
- Nous sommes des criminels, en théorie… lui rappela Silver.
- Peu importe, je sais bien que tu es innocent. Tu ne pourrais même pas faire de mal à une mouche ! se moqua-t-elle gentiment. Asseyez-vous, nous serons plus à l’aise.

Silver grommela quelque chose dans sa barbe naissante – maintenant qu’il ne s’épilait plus, les poils refaisaient tout naturellement surface – mais il obéit et s’assis à la petite table que Jasmine avait installée dans le phare pour plus de confort. Les autres firent de même, peu convaincus de la bonne foi de la jeune fille.

- Je veux bien vous parler de l’Abysse ; mais à une seule condition.
- Ca m’aurait étonné… railla Mey.
- Quoi donc ? demanda Silver en ignorant Mey.
- Laissez-moi-vous accompagner.

Stupéfaction dans les rangs.

- Chérieux ?! s’étonna Nozomi.
- Très sérieux. Je veux venir avec vous et prendre d’assaut l’Abysse, dit calmement Jasmine.
- Mais c’est trop dangereux ! s’égosilla Silver.
- Et tu seras considérée comme une Chapelière… Tu perdras ton boulot… tenta de la raisonner Creepy-chan.
- Je m’en fous. Ca faisait un moment que je voulais attaquer cette prison, mais seule je n’avais aucune chance… Vous êtes plutôt forts. Avec vous, j’ai une chance.
- Mais-
- C’est d’accord, le coupa Mey. Elle peut venir.
- Mey… s’étonna Silver.
- Je chuis du même avis que Mey. Si elle veut venir à che point, pourquoi ne pas acchéder à cha requête ?
- C’est entendu donc. Je vais vous dire ce que je sais sûr l’Abysse.

Silver était clairement contre, mais il finit par accepter, tout comme Creepy-chan. Jasmine sortit de sa poche une carte de la région Johto. Elle montra le bras de mer qui isolait Irisia du reste de la région.

- Entre Irisia et Oliville se trouve l’Océan Lhugiaw. Et on trouve également les Tourb’Iles. C’est un archipel composé de quatre petites îles… Trois d’entre elles sont désertes, mais la plus grosse abrite la célèbre prison, l’Abysse. La prison est divisée en deux parties principales. La partie terrestre, creusée à même la roche sur l’une des Tourb’Iles, qui peut accueillir tous les prisonniers mineurs, style voleurs, racaille… La deuxième partie, elle, est complètement sous-marine.
- Pardon ?! s’étonna franchement Mey.
- Tu ne le savais pas ? C’est pourtant de notoriété publique. Bref, la partie sous marine est immense, et on ne peut y accéder qu’avec des sous marins. Les cellules flottent à différentes profondeurs. Plus on va profond, plus les crimes sont graves. Vous pouvez être sûrs que vos amis les Chapliers sont tout au fond. Il y a de ça quelques heures, j’ai vu un avion submersible plonger. Il devait les emmener vers leur cellule.
- Donc on va devoir aller sous l’eau pour les récupérer ?! Mais ça va être super dur ! Voir impossible ! s’égosilla Mey.
- C’est ce qu’on te disait, Mey… soupira Creepy-chan. L’Abysse n’est pas une prison banale, il faut être suicidaire pour tenter de délivrer quelqu’un.
- Surtout qu’on a aucun moyen d’aller aussi profond… soupira Silver.

Alors que tout le monde désespérait, Jasmine gardait un sourire aux lèvres. Silver le remarqua.

- Tu as un plan, c’est ça ? lui demanda-t-il.
- Oui. Je sais comment on peut atteindre les cellules sous-marines. Par contre, pour ce qui est des gardes, on devra improviser.
- L’impro c’est notre dada… marmonna Mey.
- … « Dada » ? Mey, t’as seize ans quoi, les expressions de vieux tu les laisses aux vieux ! s’écria Silver.
- … ou Silver qui reprend le flambeau de Mentaline.


Cat s’était réveillée depuis une dizaine d’heures. Elle s’ennuyait déjà, et ce n’était que le début. « Putain, on s’est vraiment fait chopper… Si ça se trouve, ils vont nous condamner à mort… Ou à la prison à perpétuité… Ou à pire, si ça se trouve, ça existe, dans le Pokémonde… »

Elle finit par sombrer dans le sommeil, et se mit à rêver.


Cat marchait dans une prairie toute verte. Elle était seule. Le ciel était d’un noir d’encre, et on ne voyait pas la lune.

- Etrange… murmura-t-elle.

Une chose tomba alors du ciel. Il s’agissait d’une corde, terminée par un nœud coulant. Cat s’en empara, et la fit tournoyer au dessus de sa tête comme un lasso. Elle s’amusait bien. Une chose marron jaillit alors de terre à quelques mètres de là. Cat tenta de l’atteindre avec la corde, et y parvint après trois essais. Toute fière, elle tira, et un corps sortit de terre. C’était celui d’Alexander. Le type qui s’était suicidé devant ses yeux sans qu’elle puisse y faire quelque chose.

Horrifiée, elle lâcha la corde, et se mit à courir, mais dut s’arrêter au bout d’une centaine de mètre. En dessous de ses pieds se trouver un immense gouffre. On n’en voyait pas le fond. Des choses multiples tombaient du ciel, et le gouffre les mangeait, les unes après les autres. Il avala des petits cœurs roses, il avala Glenn et Justine, il avala également sa mère. Cat hésitait à sauter à l’intérieur. Ce serait si simple de tomber, tomber, et ne plus penser à rien.

Finalement, elle décida de ne pas sauter. Parce qu’elle s’ennuierait pendant la chute. Alors qu’elle allait faire demi-tour, Shuu apparut soudainement. Il tenait son épée. Cat voulu hurler, mais il ne lui en laissa pas le temps. Il la poussa, et elle tomba.

La suite du rêve fut une succession de souvenirs oubliés jusqu’alors. Et elle finit par se réveiller en sursaut, suante.

- Un simple cauchemar… soupira-t-elle.

C’est alors qu’une image s’afficha au plafond.

Il s’agissait du Commandant Brants.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 35 : L'imparfaite Perfection   Sam 28 Jan 2012 - 17:04



Dans le QG de la Meetic Organisation, tout était calme. Midona s’était vue attribuer une magnifique chambre. On ne pouvait pas faire plus original. Le sol, le plafond, les murs et même les meubles étaient des aquariums. Quand on entrait, on avait l’impression de plonger dans l’océan. Des poissons exotiques multicolores nageaient tranquillement de cloison en cloison, tandis qu’un joyeux hippocampe flottait à l’intérieur du lit de verre. Le tout était enchanteur, enfantin et beau, tout simplement.

Midona était obligée d’admettre qu’elle adorait sa nouvelle chambre. Elle détestait être au service de la Meetic Orginisation, mais il y avait quand même quelques points positifs. Le premier, et c’était peut être le plus important, c’est qu’elle s’entendait à merveille avec Ni. Comme elle, c’était un féru des ordinateurs, et son attitude blasé amusait beaucoup Midona. Elle qui pensait qu’elle allait vivre un véritable calvaire, elle était rassurée. Ensuite, elle avait pas mal de temps libre. Les missions pour le compte de M-M, alias Mista Meetic, étaient rares. La plupart du temps, Midona trainait dans le QG, découvrant chaque jour une nouvelle salle. En effet, celui-ci était vraiment immense, et regorgeait de pièces encore plus magnifiques que sa chambre. L’une était entièrement faite d’or pur, une autre encore était remplie de trains électriques miniatures placés dans un paysage minuscule plus vrai que nature. Il y en avait même une dont tous les murs étaient des miroirs !

Au début, Midona était intriguée par toutes ces pièces pour le moins complètement inutiles. Au bout de quelques jours, elle avait cédé et posé la question à Ni. Celui-ci avait d’abord eu un soupir, puis avait répondu d’une voix morne :

- Avant que tu n’arrives, il s’est passé des semaines durant lesquelles je n’avais strictement rien à faire. J’ai donc aménagé toutes ces pièces pour passer le temps, même si elles ne servent strictement à rien.
- T’as fait tout ça tout seul ? s’était étonné Midona avec la même voix faussement désintéressée que Ni.
- C’est facile pour moi. Grâce à mon don.
- Toi aussi t’as un don, alors… Comme San et son contrôle mental ?
- Voilà. Sauf que moi, mon pouvoir, c’est de changer le nombre de proton d’un atome. En gros, je le transforme en un autre matériau.
- Tu peux changer le fer en or ? avait demandé Midona, impressionnée.
- Oui… Je peux même changer l’oxygène en uranium, si je veux…
- Classe… C’est pour ça que M-M est si riche… Parce que tu lui créé des réserves d’or pur…
- T’as tout compris, frigidaire.

C’est ainsi que Midona avait appris l’incroyable pouvoir de Ni, ainsi que la raison pour laquelle il y avait toutes ces salles.

Une petite mélodie retentit et la sortit de ses rêveries. Allongée sur son lit aquatique, elle leva son avant bras pour lire le message qu’elle venait de recevoir sur sa Meetic Montre. Le message venait de M-M. Midona soupira. Cela signifiait qu’elle allait avoir une mission.

Depuis son arrivée au QG, Midona n’avait eu à remplir que trois missions, et elle était à chaque fois accompagnée de Ni et de son Zorua, transformé en garde du corps imposant pour l’occasion. La première fois, il s’agissait de rencontrer Mister Energyze, le type milliardaire qui dirigeait la compagnie qui créait les Bracelets d’Energie. Elle devait simplement discuter avec lui de l’achat d’une dizaine de ses magasins de vente. Le contrat fut finalement signé, et Ni avait félicité Midona pour ses talents de comédienne.

La deuxième fois, elle devait discuter d’un nouveau projet concernant la création de capsules de survie résistantes à une température à un demi-degré seulement du zéro absolu. Au final, l’entrepreneur avait accepté de s’occuper de ce projet, en échange des financements de M-M.

Enfin, la troisième fois, elle s’était entretenue avec le Comissaire Brants, une heure après la capture des quatre Chapeliers. En échange d’une somme d’argent purement astronomique (avoisinant les deux milliards de Pokédollards), les Policiers devaient s’engager à condamner les Chapeliers à la plus grosse peine, à savoir l’ennui total à perpétuité. Ce fut une très éprouvant pour Midona, car elle avait mauvaise conscience à punir les amis de sa sœur. Mais elle l’avait fait, évidemment, parce qu’elle n’avait pas le choix.

Elle toucha le cercle central de la Meetic Montre, et le message s’afficha.

« Chère Midona,

Comment vas-tu depuis la dernière fois ? J’espère que tout se passe bien pour toi ! De mon côté, je suis actuellement au Mont Argenté, à la recherche de quelque chose de très important. Mais cela ne te concerne pas vraiment.

Tu as rendez-vous avec une personnalité très importante. La plus importante de toute, peut-être. Il s’agit de Lance Wataru, le Maître de la Ligue Johto, et accessoirement le dirigeant du Gouvernement. Je corresponds par lettre avec lui depuis quelques temps déjà. Il te sait de son côté – ce qui est faux, soit dit en passant. Ta mission est de lui faire croire que nous allons l’aider à renverser N Harmonia, actuel Roi d’Unys. N Harmonia a pour but d’attaquer Johto par surprise et de s’en emparer, brisant au passage l’alliance entre les deux régions. Lance, qui est loin d’être idiot, s’en ai rendu compte et compte l’arrêter avant que celui-ci n’attaque.

Tu dois assurer à Lance que nous nous chargerons de tuer N Harmonia grâce à nos infiltrés. Il faut qu’il te fasse entièrement confiance. Tu m’as déjà prouvé que tu étais douée, et c’est pourquoi je compte sur toi.

Je te souhaite bonne chance ! Et si la chance ne te sourit pas, eh bien j’imagine qu’il faudra sévir… Mais ça n’arrivera pas, n’est-ce pas ?

Cordialement, M-M. »


Justine regardait l’écran qui venait de s’allumer à l’extérieur de la capsule. Elle reconnut le Commissaire Brants, le méchant qui les avait fait enfermer dans ces stupides suppositoires en verre. Il prit la parole, avec sa voix grave qui faisait penser à Dark Vador.

- Bonjour, chers Chapeliers. En théorie, à cette heure ci, vous devez être tous réveillés. Bien. Je vais donc vous donner quelques informations concernant votre emprisonnement et ses raisons.

Le Commissaire Brants avait une voix égale, dénuée de sentiments, mais il affichait un minuscule sourire en coin. Il était fier de lui, et ça se voyait. Justine se mit à le détester encore plus.

- Tout d’abord, sachez que vous vous trouvez dans l’Abysse, la prison la plus sûre du Pokémonde. Personne n’a jamais réussi à en sortir, et personne n’y arrivera jamais. La Cour d’Assise d’Ebenelle a décidé hier soir de votre sanction. Ils n’ont pas tergiversé longtemps, étant donné l’étendu de vos crimes. Nous allons donc vous prendre au cas par cas.

Justine n’écoutait plus. Elle venait de réaliser quelque chose, comme si elle faisait un retour dans la réalité, comme si elle se réveillait d’un long sommeil. Elle avait l’impression que sa vie était un fiasco total. Quand elle tentait de se remémorer ce qui s’était passé avant maintenant, la rencontre avec Glenn, l’Arène, l’évasion de Doublonville… Tout était flou, confus, comme si elle avait été ailleurs depuis tout ce temps. Comme si elle avait sombré dans la semi-conscience à la seconde où elle avait emprisonné Glenn au lieu de le laisser partir. Elle n’avait plus de repères, elle avait été pourchassée, poussée dans ses retranchements physiques et psychologiques. Maintenant qu’elle y repensait, Justine était extenuée. Elle n’en pouvait plus. Tous les évènements s’étaient enchainés à une telle vitesse qu’elle devait finir par craquer, malgré la longue pause à l’Arène.

Enfin, pause. Tout était relatif. Il s’était quand même passé pas mal de choses. Elle avait avoué ses sentiments à Glenn… Et maintenant qu’elle y pensait sérieusement, elle ne comprenait pas pourquoi. Après tout, elle aimait Melosa. Elle aimait aussi Glenn, mais pas au point d’être amoureux de lui. Pourquoi lui avoir dit qu’elle l’aimait dans ce cas ? Pire, pourquoi l’avoir embrassé ? Et surtout, surtout, pourquoi avoir fait l’amour avec lui tant de fois si elle ne l’aimait pas ?

Cette pensée la frappa de plein fouet. Ce fut comme si elle prenait un coup de massue dans les côtes. Sa respiration s’accéléra, elle se cambra, ouvrit de grands yeux. Puis elle hurla.

Un long hurlement, déchirant, horrifié, presque terrifiant. Elle hurla pendant une minute entière, et ne s’arrêta que quand sa voix fut complètement cassée. Son cri avait couvert la voix du Commissaire Brants. Celui-ci sembla s’en être rendu compte –sûrement grâce à des caméras de surveillance – et adressa un gentil sourire à Justine.

- Oh ! Mlle Hetalia vient visiblement de se réveiller d’une longue période de brouillard. Je vais donc recommencer pour elle. Donc, Mlle Hetalia, vous êtes condamnée à 10 ans d’emprisonnement. Vous aurez le droit à l’information, à raison d’un journal télévisé par semaine. Vous aurez également le droit de parole temporaire avec Glenn Seventy-Nine, pendant une semaine seulement. Les raisons sont les suivantes : participation active à l’attentat de la Tour Radio, et contribution marquée à l’inondation volontaire de Doublonville. On note également un refus de coopérer avec la police. De tels crimes mériteraient en théorie beaucoup plus d’années de prison, mais vous avez des circonstances atténuantes. Enfin, UNE circonstance atténuante, mais pas des moindres.

Justine n’écoutait que d’une oreille jusqu’à présent, trop choquée pour se concentrer réellement sur les paroles du Commissaire. Mais elle tenta de se concentrer un peu, intriguée par ce fameux facteur aggravant.

- Vous étiez sous l’emprise d’une drogue.


L’instinct. Une chose mystérieuse, dont son dotés tous les êtres vivants. L’instinct, qui apprend à fuir quand le danger est trop grand. L’instinct, qui apprend au chien à nager. L’instinct, qui apprend aux hommes à marcher. L’instinct, qui apprend à survivre.

Bleuts possédait un instinct surdéveloppé. C’était lui qui l’avait tiré de la folie totale, quand ses parents s’étaient fait tuer devant elle. En revanche, son instinct n’avait rien pu faire devant la puissance dévastatrice de la mort de Roku. Cela faisait plusieurs jours que Bleuts ne bougeait plus. Elle était desséchée, maigre, et affamée.

Son instinct luttait, lui. De jours en jours, il avait patiemment repris le contrôle du corps de Bleuts. Finalement, il avait fini par prendre possession de ses membres. C’est ainsi que miraculeusement, Bleuts se retourna pour se mettre à plat ventre. Et elle commença à ramper. Lentement. Se rapprochant progressivement de la petite flaque d’eau boueuse. Elle fini par s’écraser dedans, et bu à longues gorgées. L’eau avait un goût affreux, le liquide lui brûlait la gorge, asséchée. De la terre crissait sous ses dents blanches, mais elle n’en avait que faire. Bleuts ne se rendit même pas compte qu’elle bougeait. Parce qu’elle était « morte ».

L’esprit de Bleuts s’était perdu à jamais. Son corps bougeait, son cerveau contrôlait ses actions. Mais elle ne pouvait pas penser, réfléchir et encore moins se rendre compte de qui se passait. Lentement, son esprit s’était détaché de son enveloppe corporelle, et même si elle vivait toujours, elle ne pourrait jamais plus être la même.

Elle était une sorte de cadavre vivant. Son instinct avait pris le contrôle. « Survivre ». C’était l’ordre qu’il avait envoyé à son corps. Après avoir bu, elle son corps retrouva ses forces. Le cadavre se leva, et entreprit de trouver à manger. Il n’y avait pas âme qui vive dans l’arbre. Ou presque. Elle aperçut un petit Ratata qui était arrivé là Dieu sait comment. Ni une ni deux, elle bondit, usant de ses dernières forces.

Elle parvint à le saisir. La pauvre bête se débattait, terrorisée par cette humaine sans âme. Bleuts se releva, et le projeta avec une violence inouïe contre la paroi de l’arbre creux. Le Pokémon fut tué sur le coup, le crâne à moitié défoncé. Elle le dévora cru, à pleine dent, sans même chercher à mâcher. Quand elle fut enfin rassasiée, elle reprit quelques couleurs. Son corps se remettait lentement en marche.

L’instinct put alors réfléchir un peu. Après une intense réflexion, l’instinct décréta qu’il y avait deux choses à faire rapidement une survie à court terme, et une troisième pour une survie à long terme. Il opta pour les deux premières avant la troisième.

La première était de trouver un point d’eau plus pure que celle des flaques. La recherche ne dura pas longtemps, une petite vasque gorgée d’eau de pluie s’était créée dans des racines internes de l’arbre. L’instinct but une deuxième fois, histoire d’être sûr d’être complètement hydraté.

La deuxième chose à faire était d’ordre hygiénique. Roku avait beau être aussi gentil qu’un ange, personne n’échappait au triste sort de la décomposition. En ce milieu humide, les vers avaient déjà commencé à le grignoter, et le corps à pourrir. En résultait un horrible cadavre couvert de sang séché et puant comme un ogre. Si l’instinct avait la capacité de penser au niveau philosophique, il aurait pu avoir une réflexion du genre : « Peu importe la force de l’homme vivant, une fois mort, il connaît le même sort que tous les autres. ». Le spectacle d’un Roku mutilé et blanc comme un linge était désolant.

L’instinct décida donc de l’enterrer, pour que l’air devienne plus respirable. L’instinct se rappela alors que Bleuts avait des Pokémon. Enfin, un Pokémon. L’instinct envoya la Pokéball de Léviator, qui dut se recroqueviller dans l’espace réduit de l’arbre. L’instinct n’était pas assez évolué pour parler, il montra le sol au Dragon. Ce dernier comprit tout de suite en voyant le corps de l’ami de sa maîtresse. S’il avait pu, il se serait presque mit à pleurer. Mais sa maîtresse ne semblait pas avoir besoin de réconfort.

Il creusa un trou avec sa queue, et y déposa délicatement le cadavre de Roku. Il le recouvrit ensuite de terre, délicatement, comme une couverture qu’on glisserait sur le corps d’un dormeur, et tassa le tout. Par respect pour Roku – car Léviator respectait le jeune homme pour avoir survécu à son coup de tête – le Pokémon arracha une fleur qui poussait dans l’arbre et la déposa sur la tombe. Le corps de Bleuts était resté insensible à cet acte tendre du Léviator. Elle le rappela sans plus de cérémonie.

La troisième chose à faire était pour une survie à long terme. L’instinct de Bleuts devait faire sortir son corps d’ici. De cet arbre, qui était une sorte de prison à lui tout seul. Bleuts ne pourrait pas tenir infiniment là-dedans. L’instinct s’approcha de l’entrée, mais elle était électrifiée. Il n’insista pas.

Pendant que l’instinct se débattait pour survivre, l’esprit de Bleuts volait lentement. Elle contemplait tristement la tombe de Roku tout en s’élevant vers le ciel. Maintenant qu’il était enterré, elle pouvait partir au ciel en paix. Elle traversa l’arbre comme si c’était du beurre, et se retrouva dans le ciel. C’était génial d’être un esprit. Plus rien ne nous touchait, et on se sentait étrangement calme.

Mais alors qu’elle allait traverser la couche nuageuse et rejoindre les autres esprits, elle se souvint de quelque chose. De ses autres amis, encore pourchassés par la police. Elle ne pouvait pas les laisser seuls. Elle décida donc de rester sur terre. « Quand ils mourront, ou qu’ils seront innocentés, je pourrais partir… »

L’esprit de Bleuts se mit donc en route vers l’Abysse.


Vous, lecteurs, vous êtes en train de vous demander ce qu’est cet esprit. Je n’ai moi-même pas la réponse. Est-ce une poétique métaphore pour dire que Bleuts est morte mentalement ? Ou est-elle réellement devenue un esprit ? Vous pouvez vous creuser la cervelle ; Bleuts est désormais une spectatrice, comme vous. Elle observera, sans agir.

Quant à la question de savoir si c’est réellement un esprit, elle restera sans réponse.


- Je ne suis pas sûr que ce soit une super bonne idée, Jasmine… souffla Silver.
- Ca se passera à merveille, ne t’en fais pas ! répondit la jeune femme avec sa voix douce.
- J’en doute… marmonna Mey.
- On va quand même pas sérieusement monter sur un Wailmer ! s’insurgea Silver.

Les cinq personnes, à savoir Mey, Silver, Jasmine, Creepy-chan et Nozomi, se trouvait dans le sous-sol du phare. Jasmine n’avait pas perdu de temps et les avait de suite emmenés dans sa planque secrète. Celle-ci était en fait un renfoncement de la falaise, une sorte de grotte avec ouverture sur l’extérieur. Il y faisait certes sombre, mais le décor était vraiment beau. Le sol de la grotte était tapissé de sable fin, et un bout de mer s’avançait jusqu’à l’intérieur. Dans ce bout de mer flottait un Wailmer, espèce de grosse boule bleue pas suffisamment grande pour que tout le monde puisse espérer monter dessus.

- Bon, donc mon plan, c’est de gagner les profondeurs de l’Abysse à l’aide de ce Pokémon, exposa Jasmine.
- Mais c’est impossible ! lança Creepy-chan. On aura jamais assez de souffle pour tenir aussi longtemps !
- J’ai tout prévu, ne t’en fait pas ! sourit Jasmine.

Elle sortit de sa poche cinq appareils en caoutchouc et en métal. Elle en tendit un à chacun.

- Ce sont des Respireaux. Ils ont été développés par les Rangers, mais j’ai réussi à m’en procurer quelques uns grâce à un ami Ranger. Ces appareils permettent de respirer sous l’eau, grâce à des filtres complexes qui ne laissent passer que le Dioxygène. Les gardes de l’Abysse en sont eux aussi équipés, la différence c’est que eux ont également des Pokéball submersible, ce qui n’est ni votre cas ni le mien. Ce qui veut dire que nous devrons voyager avec nos Pokémon à côté de nous, à la condition qu’ils puissent survivre dans l’eau.

Mey et Creepy-chan se figèrent. Voilà qui était très embêtant pour elles, qui n’avaient pas le moindre Pokémon Eau. Silver avait beaucoup de chance, lui. En effet, Hueco l’Ectoplasma n’avait pas besoin d’oxygène pour survivre, et son Aligatueur était un Pokémon Eau, donc il n’y avait pas de problème. Quant à Nozomi et Jasmine, elles avaient respectivement un Sharpedo et un Pingoléon.

- Commet on va faire ? demanda Mey, bien embêtée.
- Vous en capturerez un en route. Avant de plonger, nous allons devoir faire pas mal de chemin à dos de Wailmer. Vous en profiterez pour vous capturer un Pokémon Eau, même si il ne sera pas super fort et entrainé, ce sera toujours mieux que rien.
- Grumbl… marmonna Mey, peu convaincue.
- Bon, et chi on y allait ? Je veux pas dire, mais plus on rechte, plus on a de chance de che faire chopper… intervint Nozomi.
- Juste un truc, lança Silver. Pour ce qui est de la bouffe et tout… Comment on va faire ? Si on s’attarde sous l’eau, on va finir par crever de faim…
- On restera pas assez longtemps pour avoir faim, répondit simplement Jasmine.
- Et pour les fringues ? On va pas nager avec ça ! lança Creepy-chan en montrant sa jupe noir et ses bas déchirés.
- Exact. J’ai des combinaisons, ne vous inquiétez pas.
- T’as tout prévu, dis moi… marmonna Mey.

Jasmine alla récupérer cinq combinaisons cachées dans une petite cavité du mur, et les leur tendit. Toutes les filles se retournèrent vers Silver. Celui-ci soupira.

- J’ai été dans les vestiaires des filles pendant plusieurs années… Je sais à quoi vous ressemblez…
- Question de principe, répliqua Mey. Dégage ! sourit-elle.
- C’est bon j’ai compris…

Il laissa les filles seules, et remonta l’escalier qui menait au phare. Il se retrouva au rez-de-chaussée de l’édifice. Alors qu’il allait grimper au sommet pour éviter, une voix émana de la porte principale. Une voix effrayée, masculine. Et surtout, une voix que Silver connaissait par cœur. La voix de Gold.

- Silver… Qu’est-ce que tu fous ici…
- Gold.

Les deux se regardèrent. Gold avait les mêmes yeux dorés que son frère, sauf qu’à la différence de ce dernier, ils ne brillaient pas comme de l’or pur. Ceux de Gold étaient froid, méchants. Silver voulait avoir le même regard, mais il n’y parvint pas. Il le fixa, sur le point de pleurer. Silver ne voulait pas pleurer. Et surtout pas devant ce bâtard. Alors il garda la tête haute, une lueur déterminée dans ses yeux argentés.

- Je te le répète… Qu’est-ce que tu fais là, encule ?! Tu veux me récupérer, c’est ça ? TU REVES, CONNARD ! hurla Gold.

Silver se recroquevilla sous la puissance du cri. Gold écumait, remplit de haine.

- Je suis pas venu pour toi… tenta Silver pitoyablement.
- Et qu’est-ce que tu fous en mec en plus ?! T’essaye de m’oublier ? Comme si tu le pouvais ! T’étais complètement dépendant de moi, et tu l’es toujours !

Les mots étaient amers. Ils transpercèrent Silver comme des flèches. C’est alors qu’une voix se fit entendre.

- Silver ? Ca va ?

C’était la voix de Mey, qui émanait d’en bas. Cette simple phrase le remit d’aplomb. Il releva la tête, et son regard désormais imposant obligea Gold à reculer légèrement. Silver montra les dents.

- Gold… Je vais te prouver que je t’ai oublié… Et que tu n’es plus qu’un connard sans importance à mes yeux ! ALIGATUEUR !

Le Pokémon Bleu, effrayant, sortit de la Pokéball et fit claquer ses imposantes mâchoires.

- Je suis mort de peur, railla Gold.
- J’ai toujours été cent fois plus puissant que toi, tu ne devrais même pas essayer de lutter… soupira Silver.
- Tu crois ? Je pense qu’au contraire je n’ai jamais été aussi puissant… ricana Gold mystérieusement. Ursaring, en avant !

L’énorme ours apparut. C’était un Pokémon comme les autres, mais il dégageait une aura de puissance, écrasante. Silver, qui était pourtant très confiant au niveau des combats Pokémon, se surprit à être effrayé. Aligatueur ressentit aussi cette pression, et il recula instinctivement d’un pas.

- Je te présente mon nouvel Ursaring, lança fièrement Gold.
- C’est toi qui l’as entrainé ?! s’étonna Silver.
- Bien sûr que non. Il m’a été donné par la M-Organisation.


L’abbaye Shiste de Rosalia. Une chose immense, belle et entourée des si belles feuilles ocre de Rosalia. L’abbaye n’avait pas un design tapageur, en triangle ou quoi que ce soit. Elle n’avait pas de forme définie, et se résumait à une sorte de maison japonaise à l’ancienne, remplie de coursives, de cours intérieures, de toits presque plats en ardoises, de portes coulissantes en toile. C’était beau, simple et reposant.

Mentaline, les deux bonnes Sœurs et le Père Kohei marchaient à l’intérieur, en direction de ce que Sœur Chapy avait appelé la « Sacrosainte Source Dorée ». C’était un vrai labyrinthe, et même le cerveau extraordinaire de Mentaline avait du mal à dresser la carte des lieux. Les couloirs se ressemblaient tous. De temps en temps, ils croisaient une bonne Sœur, habillée aussi strictement que Chapy et Shana. Finalement, les trois religieux s’arrêtèrent devant une porte, semblable à toutes les autres. Ils l’ouvrirent, et tombèrent sur une énième cour intérieure. Sauf que celle-ci était infiniment plus… pure que les autres.

Au centre de la cour se trouvait une petite marre, entourée d’arbres aux feuilles ocre. Ils s’approchèrent, et Mentaline dut réprimer un petit cri de surprise. L’eau était dorée. Comme de l’or fondu.

- Voici la Sacrosainte Source Dorée… Elle doit sa couleur aux feuilles ocre qui se dissolvent à l’intérieur. Elle est alimentée par une nappe phréatique dont l’eau remonte sans que l’on sache pourquoi, d’où son caractère divin, expliqua Sœur Shana.
- C’est beau… souffla Mentaline.
- Oui. C’est ici que nous allons t’expliquer les fondements de la religion Shiste. Et c’est aussi ici que nous te baptiserons, si tu décides de rester avec nous.
- Je vois. Dites-moi tout, dans ce cas.

Ils s’assirent dans l’herbe verte. Sœur Chapy prit une voix solennelle, presque inhumaine.

« Au commencement, il n’y avait que le Néant, aussi appelé « Instant Zéro ». Une étendue de vide, ou rien n’existait. Ce vide se sentait seul. Ainsi naquis l’œuf d’Arceus. On ne sait pas combien il mit de temps pour éclore, car le temps n’existait pas encore. Toujours est-il qu’il finit par éclore.

Arceus était la création du Néant. Arceus était vide, un simple corps capable de tout créer par la pensée. Arceus décida que seul quelqu’un doté de conscience et de sentiments pourrait créer un monde. Arceus donna donc naissance au Godmishuu.

Le premier jour, le Godmishuu mit en place le temps et l’espace. Les secondes commencèrent à s’écouler. Les notions de vitesse virent le jour. L’Espace naquit, et commença à s’étendre. Le Godmishuu créa alors deux entités ; Dialga et Palkia. Il leur chargea de veiller respectivement sur le temps et l’espace.

Le deuxième jour, il créa le monde qui plus tard se nommerait le Pokémonde. Il s’agissait d’une boule ronde, blanche, uniforme. Il entoura cette sphère d’une couche protectrice, destinée à la protéger du Néant. Il s’agissait de la couche d’ozone, à l’intérieur de laquelle flottait l’Atmosphère. Il donna vie à Rayquaza, et lui confia la mission de protéger le Ciel.

Le troisième jour, le Godmishuu créa les océans et les continents, et en confia la garde à Kyogre et Groudon. Le Pokémonde était né, mais il ne se passait rien. Le Godmishuu trouvait ce monde si triste qu’il se mit à pleurer.

Chacune de ces larmes s’écrasa sur Pokémonde, et le quatrième jour, elles se transformèrent en Pokémon. Le Godmishuu venait de créer la vie. Par la même occasion il créa la Mort et le Monde Inversé, l’Enfer. Il confia à Giratina la garde de ce Royaume. Mais les Pokémon qui étaient nés étaient dénués d’âme. Ils vagabondaient, sans but.

Le cinquième jour, le Godmishuu créa Créfadet, Créhelf et Créfollet. Ces Pokémon offrirent à la vie le savoir, le courage et les émotions. Le monde s’anima, des sociétés se mirent en place. Durant tout le cinquième jour, les Pokémon vécurent dans la paix la plus totale et la plus parfaite.

Pour rendre plus joyeux encore le Pokémonde, le Godmishuu créa la végétation, les montagnes, les poissons, les animaux et autres lors du sixième jour. Puis il décida de se reposer le septième jour.

Mais au moment où il allait s’endormir, il trébucha sur la Perfection. La Perfection était une jeune fille, belle, avec des gros seins, de belles fesses et des habits magnifiques.

- Que fais-tu là ? Et qu’est-ce que tu es ? Je n’ai rien créé de ce genre, dit le Godmishuu.
- Ce n’est pas vous qui m’avez créé. Je suis née de moi-même. Je suis la Perfection, j’apparais quand tout est parfait dans le meilleur des mondes, répondit la Perfection.
- Pourquoi es-tu là ? demanda le Godmishuu. D’ordinaire, je sais tout, mais je n’arrive pas à le deviner, cette fois-ci.
- Tu ne m’as pas créé, donc tu ne peux pas tout savoir sur moi. Je te propose un marché. Je te donne le droit de tout savoir sur moi, à la condition que tu m’accordes cinq vœux.

Le Godmishuu réfléchit longuement, m ais fini par accepter, trop énervé de ne pas tout savoir, alors qu’il était le maître suprême. Il accepta donc.

- Très bien. Je veux que tu donne naissance à la Beauté.
- La Beauté ? Mais qu’est-ce donc ?
- C’est la promesse du bonheur. C’est quelque chose que l’on aime rencontrer, car elle est éblouissante. Elle est également injuste. Certains ont la beauté, certains ne l’ont pas. Rien ne permet de l’obtenir.
- Ainsi soit-il.

Certains Pokémon, qui étaient auparavant tous identiques, devinrent affreusement laids. D’autres devinrent beaux, magnifiques, majestueux. La différence était née, avec la toute la jalousie et la haine qui en incombe. Dès le premier vœu, le Pokémonde n’était plus parfait.

- Quel est ton deuxième vœu ?
- Donne naissance à l’Argent, ordonna la Perfection.
- L’Argent ? Mais qu’est-ce donc ?
- C’est ce qui permet d’acquérir. C’est une chose qui permet de devenir maître d’une chose, de la posséder et d’avoir tous les pouvoirs dessus. On peut tout avoir grâce à de l’argent, à l’exception de la Beauté.
- Ainsi soit-il.

Une pluie de pièces s’abattit alors sur le Pokémonde. Les Pokémon, qui avaient acquis le savoir grâce à Créhelf, n’en avaient que faire, et continuèrent tranquillement leur vie. La Perfection passa au troisième vœu.

- Je veux que tu donnes naissance au Sexe.
- Le Sexe ? Mais qu’est-ce donc ?
- C’est le plus illogique des besoins. C’est le plaisir le plus pur, mais aussi le plus vicieux, le plus mauvais. Le Sexe n’a pas de valeurs, mais il peut être acheté par l’Argent. Bien utilisé, il permet aux vivants de se multiplier.
- Ainsi soit-il.

Les Pokémon commencèrent alors à se reproduire, à procréer. Le Pokémonde devint sensiblement plus peuplé. La Perfection formula alors ses deux derniers vœux.

- Je veux que tu créé quelque chose qui me ressemble, et avec lequel je peux me reproduire. Nomme le « Homme ».
- Ainsi soit-il.

C’est ainsi que l’Homme naquit. Aussi beau que la Perfection, avec un sexe externe et des muscles saillants.

- Maintenant, et ce sera mon dernier vœu, je veux que tu fasses de l’Homme et de moi-même des imperfections. Donne-nous l’envie de Sexe, l’envie d’Argent, l’envie de Beauté. Et envoie-nous dans le Pokémonde.
- Ainsi sera-t-il… Mais pourquoi ? Tu es la Perfection… Alors pourquoi vouloir gâcher le monde avec des imperfections ?
- La Perfection est une Imperfection. Ton monde était parfait, et la Perfection l’a transformé en un monde imparfait. Maintenant, envoie-moi dans le Pokémonde, moi, la Femme, en compagnie de l’Homme.
- … Ainsi soit-il.

La Femme et l’Homme disparurent alors. Ils se multiplièrent, et le monde se peupla de créatures imparfaites, attirés par l’Argent, la Beauté, et le Sexe.

Le septième jour fut ainsi baptisé Jour de l’Erreur. Enfin, le huitième et dernier jour, le Godmishuu donna naissance aux notions de Bien et de Mal, en même temps que naquirent Zekrom et Reshiram.

C’est ainsi que fut créé le Pokémonde, d’abord parfait, puis devenu imparfait. »



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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Mer 29 Fév 2012 - 19:37

Résumé bref des évènements précédents :

Spoiler:
 

Bonne lecture à tous, et merci à ceux qui suivent encore ! <3




Gold et Silver se faisaient face, debout dans le Phare d’Oliville. Silver venait de quitter les filles qui se changeaient au sous-sol, et était tombé sur son ex-petit copain. Après une longue minute de regards en chiens de faïence, Gold ordonna le premier assaut.

- Ursaring ! Mania !
- Aligatueur, Mania toi aussi !

Les deux Pokémon se jetèrent furieusement l’un contre l’autre dans un fracas assourdissant. Ils se donnaient des coups de pieds, de poing, et même de tête. Aucun des deux ne semblait prendre le dessus sur l’autre. Finalement, ils s’arrêtèrent, ayant succombés à la confusion. Dans les vapes, ils frappaient dans le vide, inutilement, et s’effondraient sur le sol sans raison. Silver avait cependant prévu le coup, et il sortit de son sac à dos une Baie Kika qu’il lança dans la bouche de son Aligatueur. Revigoré, celui-ci se remit debout devant un Gold désemparé.

- Aligatueur, montre à Gold le pouvoir de nos combos… Tsukishiro ! lança Silver.

Le Pokémon gela ses crocs et cracha un énorme jet d’eau sous pression, qui gela et se transforma en un rayon de glace d’un mètre de diamètre. Le rayon toucha l’Ursaring de plein fouet, qui subit des dégâts considérables. Goldétait à la fois furibond et surpris.

- C’était quoi ça ?! s’étonna-t-il, trop surpris pour mettre de la haine dans ses paroles.
- Le combo de Crocs Givres et Hydrocanon… Et tu n’as encore rien vu.
- Je ne te laisserai pas le temps de me montrer quelque chose, railla Gold. Tranche !

L’Ursaring, débarrassé de sa confusion, bondit furieusement et vint griffer le Pokémon Eau. Gold n’en resta pas là, et enchaîna :

- Maintenant, Martopoing !

L’ours joignit ses deux mains, et, à la manière d’un joueur de tennis, frappa violemment l’Aligatueur, qui s’envola et finit sa course contre le mur du phare. C’était autour de Silver d’être impressioné. La puissance de l’Ursaring était effrayante. Il était d’un niveau très haut, c’était certain.

- Aligatueur, on le finit ! DANSE SANGLANTE !
- C’est quoi ce nom ? s’étonna Gold devant le combo.

Le Pokémon se mit à danser une sorte de break dance effréné. Alors que Gold observait, il se rendit compte que des épées apparaissaient autour de l’Aligatueur. « Merde, Danse-Lame ! ». Mais avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, Aligatueur fit une grimace monstrueuse. Apeuré, l’Ursaring recula. Le poing du Pokémon Eau se mit alors à briller.

- Putain ! jura Gold. Réagis Ursaring, Mania !
- Trop tard ! sourit candidement Silver.

Le Mitra-Poing transperça littéralement l’ours des cavernes. Il cracha du sang et s’effondra, K.O., sûrement pas très loin de la mort. Avec un regard haineux en direction de Silver, Gold le rappela.

- Stupide chose… cracha-t-il en direction de la Pokéball.

Il se tourna ensuite vers Silver.

- Pas trop mal, Silver… Tu es toujours le même putain de meurtrier… Toujours aussi con, soumis, délinquant et horrible… Mais je dois reconnaître qu’en combat Pokémon, je ne fais pas le poids, M Organisation ou pas.
- Ta gueule Gold. Tu es toi aussi pitoyable, obligé de se reposer sur une organisation pour rivaliser avec moi… D’ailleurs, qu’est-ce que cette M Organisation, hein ? questionna Silver.

C’est alors que le jeune homme se rendit compte d’un bruit qu’il n’avait pas entendu auparavant à cause de l’assourdissant combat. C’était le son de quelqu’un qui frappait du métal, et provenait de la trappe qui menait à la caverne secrète. Il entendit ensuite le cri de Mey.

- Silver ! Ouvre ! Qu’est-ce qui se passe putain ?!

La trappe était condamnée. Silver se maudit de l’avoir fermé derrière lui. Maintenant, elle était trop loin de lui et il restait des Pokémon à Gold. Courir l’ouvrir signerait son arrêt de mort, Gold semblant suffisamment haineux pour le tuer lâchement par derrière. Et puis surtout, Silver ne voulait pas que Mey soit impliquée.

- Je vais bien ! répondit Silver. Ne t’inquiète pas ! J’en ai pour deux minutes pas plus, juste un petit contretemps !
- Un petit contretemps ? se moqua Gold. Ne me fais pas rire. Certes, mon Ursaring est K.O…. Mais la M-Organisation m’a confié une mission, je dois la remplir, puisque l’occasion se présente.
- Mais qu’est-ce qu’elle t’a ordonné putain ! Tu veux ma mort ou quoi ?! s’insurgea Silver.
- Je te veux derrière les barreaux, je ne suis pas un tueur, moi ! Tu es l’erreur de ma vie… Je n’aime pas laisser les erreurs en liberté ! cracha Gold.

Silver éclata franchement de rire. Désarçonné, Gold s’énerva encore plus.

- Pourquoi tu te marres ?! Hein ?! Tu me dégoutes ! hurla le garçon aux yeux dorés.
- Je me marre parce que c’est plutôt toi l’erreur de ma vie… Tu m’as fait faire que des conneries, et puis t’es qu’un connard de toute manière… Je suis innocent et je n’ai tué personne, au passage, mais j’ai une furieuse envie de te refaire le portrait ! sourit Silver, enjoué comme un gamin de six ans.
- Dans ce cas, viens, bats toi comme un homme ! cria Gold, furibond mais confiant.
- J’arrive, ne t’en fais pas…

Silver rappela Aligatueur et attrapa la Pokéball de Hueco. Alors qu’il allait la lancer, Gold l’arrêta.

- Je ne parlais pas de combat de Pokémon… Je parlais de ça !

Le jeune homme aux cheveux noir à casquette se jeta sur le roux et lui décocha un poing monumental dans la figure. Surpris, Silver ne put qu’encaisser le coup, mais Gold n’avait cependant pas assez de force pour le projeter au loin. Aussi, le garçon aux yeux argentés riposta sans attendre d’un méchant uppercut au menton, et se recula vivement. Il essaya de jauger la situation, tandis que Gold se remettait du coup.

« Bon, il est clair que je ne suis pas un as du combat physique… J’ai jamais pratiqué d’art martial ni rien de ce genre… Donc je suis nul ! Le truc, c’est que Gold est nul aussi… Y’a un coup fourré derrière ça, c’est sûr ! »

- C’est ça que t’appelle se battre comme un homme ? railla Silver. C’est se battre comme un gars des rues, oui.
- C’est peut-être pas super loyal, mais c’est efficace, répliqua Gold.

Il tenta de donner un coup de pied circulaire à Silver, mais ce dernier esquiva sans trop de peine. Alors qu’il allait tenter de riposter, une voix explosa :

- SILVER, SI TU N’OUVRES PAS CETTE PORTE JE L’ATOMISE ET ENSUITE JE T’ATOMISE ! hurla Mey, à bout de nerfs.
- Je te dis que ça va ! répondit Silver, désarçonné.
- TA GUEULE ET OUVRE !
- Nan ! répliqua Silver, borné.
- Tant pis, tu l’auras voulu… Nozomi, après toi.

Silver se raidit, et s’éloigna le plus vite possible de la trappe, laissant un Gold perplexe qui ne comprenait pas ce qui se passait. Finalement, un rayon laser impressionnant jaillit du sol et monta jusqu’au ciel, défonçant plafond, mur et autre obstacle sur son passage. Le garçon aux cheveux noirs, qui se trouvait à seulement quelques centimètres de la colonne d’énergie, s’effondra. Finalement, l’attaque Ultralaser cessa, et Mey, Creepy-chan, Nozomi et Jasmine apparurent. Mey avait un air furibond.

- Mais qu’est-che qui che pache ichi ?! s’étonna Nozomi.

La scène était pour le moins surprenante ; le rez-de-chaussée du Phare était ravagé. Silver était plaqué contre le mur opposé, pour s’éloigner au maximum de l’Ultralaser ravageur. Il s’était un peu radouci quand l’attaque avait cessé, mais gardait un œil averti sur Gold. Parlons-en de Gold, d’ailleurs ; il était affalé sur le sol, et était agité de soubresauts et de gémissements. Visiblement, il avait était touché indirectement par l’attaque du Métalosse de Nozomi.

- Qui c’est lui ? demanda Mey.
- Gold, répondit simplement Silver, toujours dans son coin.

Creepy-chan et Nozomi ne le connaissait pas, et l’annonce de ce nom ne leur fit ni chaud ni froid. En revanche, Mey savait très bien qu’il était l’ex-petit ami de Silver, et elle le détestait sans même le connaitre. Quant à Jasmine, Gold l’avait déjà vaincue lors de sa conquête des badges. La jeune femme n’en avait qu’un vague souvenir, mais un souvenir quand même.

- Il est blessé… remarqua Jasmine.
- Aucune importance, répliqua sèchement Mey. Tu vois bien que ce type a attaqué Silver ! N’est-ce pas ? ajouta-t-elle en fixant le roux du regard.
- Oui, c’est vrai, il m’a attaqué… Mais je l’ai battu, précisa-t-il. Après, il est passé au combat à mains nues… L’Ultralaser de Nozomi m’a bien aidé, je dois l’admettre.
- On fait quoi ? demanda Mey. On le laisse crever ?
- N’importe quoi ! s’emporta Silver. Je le déteste mais pas au point de le tuer…
- Ca m’étonne de toi !

La voix émanait du corps étendu de Gold. Les cinq personnes présentes sursautèrent, à l’exception de Creepy-chan qui s’en doutait un peu – il n’y avait pas la moindre trace de sang sur le corps de l’adolescent. Gold se releva en une fraction de seconde, et se mit à courir vers la porte. Le Métalosse de Nozomi, plus rapide, lui bloqua la route.

- Tu n’iras nulle part… soupira Nozomi, comme lassée.
- Quel stratagème mauvais, soupira à son tour Creepy-chan. Ca se voyait à des kilomètres…
- Taisez-vous ! les coupa Gold.

Il dégaina alors son Pokématos, et appuya sur un petit bouton. Un voyant rouge clignotant s’alluma alors. Gold eut un sourire satisfait.

- Ce Pokématos est relié à la M-Organisation… Dans quelques minutes, tout un tas d’agents débarquera, et vous n’aurez plus qu’a signer votre arrêt de mort ! sourit Gold, fier de son coup.
- Putain… jura Mey. On se tire ! lança-t-elle.

Les autres acquiescèrent, et se dirigèrent vers le trou qui menait à la crique souterraine. Gold lança une Pokéball, et un Typhlosion en sortit.

- Vous n’irez nulle part !
- Ch’est cha… Métaloche, Pchyko, ordonna Nozomi.

Le Typhlosion s’évanouit en une fraction de seconde, terrassé. Pour faire bonne figure, Métosse jugea bon d’envoyer une décharge psychique à Gold, qui s’évanouit à son tour. Ils sautèrent dans le trou et atterrirent sur le sable fin.

- Jasmine, serait-il possible d’avancer un peu notre départ ? demanda Silver.
- On n’a pas trop le choix… soupira Jasmine, contrariée par cet imprévu. Enfile vite cette combinaison, Silver.

Elle lui tendit le vêtement moulant, et Silver commença à se déshabiller en vitesse, peu soucieux d’être en présence des filles. Par politesse, elles se tournèrent, et quelques secondes plus tard, tout le monde était prêt.

- L’horloge tourne, commença Jasmine. Je vais donc être brève. Ce Wailmer est sur le point d’évoluer. Nous allons nous accrocher à ses nageoires et nous laisser tirer, jusqu’à ce qu’il rencontre un Pokémon. Il le mettra K.O., et évoluera, si mes calculs sont bons. A ce moment là, il sera suffisamment éloigné d’Oliville pour plonger plus en profondeur. Nous piquerons droit vers l’Abysse, et c’est là que les choses se gâteront, il faudra exploser tous les gardes. C’est pourquoi vous devez sortir vos Pokémon eau maintenant. Des questions ?

Le bruit des vagues lui répondit.

- Dans ce cas, tous à l’eau, et vite !

Ils libérèrent leurs Pokémon Eau respectifs, plongèrent et s’accrochèrent au Wailmer. Celui-ci se mit à nager à toute vitesse, et ils sortirent bientôt de la petite grotte pour se retrouver en pleine mer. C’était une drôle de sensation que de pouvoir respirer sous l’eau, mais c’était particulièrement agréable. Les Respireaux étaient vraiment des inventions formidables.

Alors qu’ils s’éloignaient d’Oliville, un groupe d’hommes et de femmes vêtus d’une combinaison noire bordée d’un M rouge débarquait dans le phare. Ils n’accordèrent même pas un regard à Gold, sautèrent dans le trou et plongèrent à la suite de nos héros. A leur tête se trouvait une femme dont la chevelure rousse ondulait gaiement derrière elle.

Nana était de retour.


Miriarbres était une jolie ville, très champêtre et boisée. Et pour cause, elle était en plein cœur du Bois aux Chênes, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir des bâtiments modernes. C’était une ville plutôt étendue, et sa particularité résidait dans ses logements et ses maisons, toutes faites en bois. Pas un bois ordinaire, évidemment, un bois traité pour résister à absolument tous les temps, y comprit les tsunamis et les inondations. C’est pourquoi dans la ville de Miriarbres, on trouvait aussi bien des maisonnettes que des gratte-ciels solidement bâtis.

C’est dans l’un de ces gratte-ciels de bois que Melosa et Kanon emménageaient. Enfin, emménager était un bien grand mot, étant donné qu’elles n’avaient pas beaucoup d’affaires à transporter. Un canapé, une cuisinière à plaques chauffantes, un plan de travail, un frigidaire, une table, quelques chaises, et deux lits. C’était tout. Mais c’était déjà beaucoup, pour la simple raison que les deux jeunes femmes devaient déplacer un par un les meubles tout en restant incognito.

Kentin avait réussi à leur procurer un appartement, et le minimum vital en matière d’aménagement. Seulement, la discrétion la plus extrême s’imposait, et c’est pourquoi il avait déposé tous les meubles dans le local à poubelle de l’immeuble, en pleine nuit. A 3 heures du matin, quand il eut fini, les deux jeunes femmes avaient du prendre le relais. Elles montèrent chaque chose une par une, jusqu’au 36ème étage. Heureusement pour elle, l’ascenseur était extrêmement silencieux, elles pouvaient donc s’en servir sans trop de soucis. Le plus dur était de franchir la distance qui les séparait encore de leur nouvel appartement secret, et ce qans réveiller les voisins.

Finalement, à quatre heures et demie, elles avaient fini de tout transporter. Extenuées, elles s’affalèrent toutes deux sur le canapé. L’appartement n’était certes pas très grand, mais il offrait une vue imprenable ; Miriarbres remplissait la moitié du paysage, tandis que le Bois aux Chênes s’étendait ensuite à perte de vue. Le spectacle était éclairé par un soleil levant, ce qui ne le rendait que plus magnifique encore. Kanon finit par briser le silence.

- On n’est pas mal ici.
- Entièrement d’accord, acquiesça Melosa.
- Et on commence quand, pour ce qui est de notre histoire de super-héroïnes ?
- Ben on a notre QG, et on a le matériel que Kentin nous a secrètement fourni… Je pense qu’on peut passer à l’action ce soir, répondit la championne d’Unys.
- Et comme cible ? Un voleur ?
- Honnêtement, je ne sais pas. J’enverrai Zoroark chercher le journal, tout à l’heure. Il prendra l’apparence d’une vieille femme quelconque, les gens n’y verront que du feu, expliqua Melosa. A partir des nouvelles, on pourra se fixer un but, mais je pense que la priorité est de se construire un réseau d’information, quitte à se mêler à la pègre locale justement. Nous devons nous faire connaître des quartiers mal famés et dégoter un ou plusieurs informateurs fiables. Après, nous aviserons.
- Ce n’est pas idiot… fit remarquer Kanon. C’est vrai que nous avons avant tout besoin d’informations… Et comment on va faire pour se déplacer dans la ville ? D’immeuble e immeuble ?
- Je pense que Fly reste la meilleure solution… Il peut nous porter tous les deux et est très rapide.
- Et si on doit se séparer ?
- Et bien nous irons à pieds, je suppose… Tu peux aussi envisager de capturer un Pokémon Vol. Ils pullulent dans la forêt.
- Pas bête, j’irai y faire un tour un de ces quatre.

La journée passa rapidement. Les deux jeunes femmes discutaient de tout et de rien, et découvraient peu à peu qu’elles étaient faites pour s’entendre. Melosa n’oubliait pas qu’elle avait à faire à une criminelle très dangereuse et instable psychologiquement, mais elle ne pouvait s’empêcher d’apprécier cette jeune femme. Et puis après tout, tout le monde pouvait faire des erreurs dans la vie – plus ou moins grave, certes. Kanon semblait prête à tout pour se repentir de ses actes affreux et irréparables, et sa volonté de fer finit par convaincre Melosa de sa bonne foi. Quand la nuit tomba, les deux femmes montèrent sur le toit de l’immeuble.

- Bon, chuchota Kanon, on file droit vers la Rue des Tisonniers, la rue le plus famée de la ville. On tente de faire connaissance avec quelques personnes potables et on rentre avant le levé du jour. Ca te va ?
- Très bien, répondit Melosa sur le même ton. Enfilons nos masques.

Leurs combinaisons étaient, il faut le dire, magnifiques. Celle de Kanon était constituée de morceaux d’armure noire ultralégers, au design discret et classe. Les parties de l’armure étaient reliés par du tissu brillant d’une lueur blanche très légère. Le genre de lumière qui n’éclaire rien mais qu’on voit de loin. L’effet de lumière pouvait évidemment être désactivé par souci de discrétion. La combinaison de Melosa était identique, à la légère différence près que la lumière était rouge et non blanche. Toutes deux avait revêtu un masque très spécial. D’un blanc immaculé, il se collait comme une ventouse au visage et ne laissait apercevoir que les yeux. Les cheveux noirs en cascade de Kanon retombaient dessus, tandis que les mèches châtain de Melosa recouvraient une partie du masque. Vêtue ainsi, elles étaient méconnaissables.

Elles montèrent sur le dos de Fly, ravi de cette escapade nocturne. Le volatile décolla et fendit l’air à toute vitesse, guidé par Melosa qui tenait une carte de la ville dans la main. Finalement, ils atterirent au beau milieu d’une ruelle, éclairé par un réverbère bicentenaire qui s’allumait et s’éteignait toutes les fractions de secondes. Elles crurent au début qu’elles étaient seules, mais il n’en était rien. Collés aux murs des maisons, recroquevillés derrière des poubelles, assis dans des coins sombres, les gens d’ici les observaient silencieusement. Visiblement, les nouveaux étaient rares, par ici.

Personne ne daignait dire un mot, et les deux jeunes femmes étaient de plus en plus gênées. Elles restaient là, plantées comme des piquets, incapables de dire quelque chose. Qu’auraient pu-t-elles dire ? La plupart de ces gens étaient des malfrats, et elles combattaient justement pour la justice et contre le mal, même si elles étaient obligées de passer par des informateurs. Melosa se jeta finalement à l’eau.

- Excusez-moi… On cherche un informateur, savez vous où nous pourrions en trouver un ?

C’était une question ouverte, qui ne s’adressait à personne en particulier. Plusieurs minutes s’écoulèrent, durant lesquelles Melosa et Kanon sentaient la tension monter.

- Un informateur ? Vous avez frappé à la bonne porte !

La personne qui venait de parler était un jeune homme, âgé d’environ ving-cinq ans. Il sortait du bout de la rue, et se dirigeait vers les deux jeunes filles. Il était grand, élancé, et il avait des cheveux rouges flash extrêmement frisés dans une sorte de coupe afro. Vêtu d’un simple T-Shirt et d’un jeans, il inspirait la confiance. Un magnifique Simiabraz le suivait, défiant les bandits de la rue. Le jeune homme sera la main de Kanon, puis celle de Melosa.

- Je m’appelle Adrien. Adrien Oba, précisa-t-il avec un sourire.

« C’est pas le type du conseil des 4, celui là ? s’étonna mentalement Kanon. Qui eut cru qu’en réalité il était informateur… ». Le jeune homme regarda autour de lui, et voyant qu’il y avait du monde, il glissa à l’oreille de Melosa : « Suivez-moi, c’est pas super recommandé de parler ici… » La jeune femme acquiesça, et fit signe à Kanon de la suivre. Les deux associées s’avancèrent dans la rue, suivant docilement Adrien qui semblait savoir où il allait. Deux minutes plus tard, ils débouchaient dans une ruelle perpendiculaire à la rue des Tisonniers, encore plus étroite et sombre que la rue qu’il venait de quitter. Adrien s’arrêta, s’adossa contre un mur, et son Simiabraz l’imita, ce qui rendit la situation plutôt comique.

- Alors mesdemoiselles, que puis-je faire pour vous ?
- En vérité, on cherche un informateur fiable pour nos projets à venir, exposa Kanon.
- Je vois. Vous êtes nouvelles dans le coin, j’imagine, je ne vous avais jamais vu avant… observa-t-il.
- Exact… On vient juste d’arriver à Miriarbres, et nous souhaiterons commencer nos petites affaires le plus vite possible, expliqua Melosa.
- Vos petites affaires, hein… Généralement, quand on vient ici, les petites affaires sont souvent très louches… Personnellement, je m’en fiche. Je suis un informateur, je récolte des infos, et je les vends à des gens. Peu importe ce qu’ils en font après.
- Et vous êtes fiable ? Sans vouloir paraître méchante, hein, c’est juste pour être sûre… bredouilla Kanon.
- Bien sûr que je suis fiable ! s’emporta Adrien, piqué au vif. De toute manière, vous verrez bien… Quel genre d’info il vous faut ? demanda-t-il, soudain beaucoup plus sérieux.
- Nous aimerions connaître l’endroit où se trouve la planque de James Kojiro, le célèbre voleur qui a sévit à Miriarbres la semaine dernière, répondit Melosa, sûre d’elle.
- Hmmm… C’est le genre d’information pas trop dur à dégoter… Je peux vous trouver ça en deux jours.
- Ca marche, dit Kanon.
- Très bien, marché conclu dans ce cas. Ca fera 100 pokédollards, mesdemoiselles ! sourit Adrien.
- On paye à l’avance ? s’étonna Kanon.
- Et bien je vais devoir travailler pour trouver cette info, et rien ne me dit qu’une fois que je l’aurais, vous n’en voudrez plus… C’est pourquoi je demande à ce qu’on me paye à l’avance.

Melosa ne tergiversa pas longtemps et tandis un billet de 100 à Adrien. Celui-ci eut un petit sourire.

- Très bien. Bon, et bien, je vais vous laisser… On se retrouve dans deux jours. Venez directement ici, la Rue des Tisonniers est plutôt dangereuse pour des jeunes femmes telles que vous.
- Nous savons nous défendre, siffla Melosa.
- Tant mieux pour vous, dans le monde de la pègre, c’est toujours utile. Au revoir !

Il s’en alla, suivit par son Simiabraz. Alors qu’il allait disparaître au coin de la rue, il lança :

- Au fait, c’est quoi vos petits noms ?
- Le Diamant Brisé et le Rubis Nocturne, répondit machinalement Kanon.

Adrien se retourna.

- C’est un peu prétentieux, mais je trouve ça… mignon.

Il s’éclipsa ensuite, un sourire amusé collé au visage.


- Prêt à partir, ma petite Midona ?
- Oui, c’est bon, Yon.

Midona se trouvait encore dans le QG de la M-Organisation, en compagnie de Yon qui venait juste de la rejoindre. « J’ai pour mission de te conduire à la demeure de Lance Wataru… » lui avait dit le jeune homme androgyne. En effet, Midona devait se rendre là-bas pour un entretien avec le chef du Gouvernement de Johto en se faisant passer pour M-M. Yon avait été choisi pour l’amener – et pour cause, il était capable de se déplacer à une vitesse inhumaine – malgré que Midona ne le tienne pas à haute estime, au contraire.

- Dans ce cas, monte ! avait sourit Yon, toujours aussi flippant. Et retient tes tripes, la dernière fois t’as failli me gerber dessus…
- Hm, répondit simplement Midona en montant sur le dos du garçon.
- 3… 2… 1… Partez !

Encore cette horrible sensation. Yon était capable de courir à plus de 100 000 kilomètres par heure, aussi, voyager sur son dos était tout sauf agréable. C’était comme des montagnes russes, en mille fois pire. Le paysage défilait si vite qu’il était impossible de distinguer quoi que ce soit. L’intérêt, c’est que Yon allait à une telle vitesse que les passants ne l’apercevait même pas, ils sentaient un simple courant d’air, ce qui permettait à Yon de couper par des villes si l’envie lui en prenait.

Moins de cinquante secondes plus tard, ils étaient arrivés à destination. Quand le jeune androgyne posa Midona par terre, elle failli tomber, complètement désorientée. Il lui fallu un petit moment pour que sa tête arrête de tourner dans tous les sens, et elle put enfin profiter de la beauté de la bâtisse qui s’offrait à elle.

La maison du Chef du Gouvernement ressemblait à une de ces maisons pour milliardaires. Hyper design, avec des angles improbables, des arrondis divers, des pièces qui flottaient au dessus du sol, défiant les lois de la gravité ; des fenêtres parfaitement rondes, immenses, des portes coulissantes en verre, épaisses comme des portes de coffre-fort, une explosion de couleur variées sur les murs… C’était extravagant et décalé, mais incroyablement beau et classe. Le jardin était entretenu à la perfection, et la pelouse était si belle que le jardinier devait la couper au coupe-ongle. Les fleurs semblaient provenir de tous les pays du mondes, les arbres poussaient de ci de là, beaux et majestueux. Mais le plus étonnant, dans cette étendue de nature, c’était les Pokémon ; de toutes sortes, ils avaient tous l’air extrêmement rares. Des Leuphorie, des Riolu, des Togetic, des Embrylex… Autant de Pokémon rares qui jouaient, insouciants, dans ce jardin d’Eden moderne. Il y avait même un Pyrax qui dormait dans un arbre, et on pouvait voir une demi-douzaine de Milobellus dans un bassin d’eau douce…

Midona était émerveillée. Yon n’accorda pas un regard à la maison, fit un signe de main à Midona, et disparut. La jeune sœur de Mey se retrouva seule. Une clôture ridicule entourait la propriété, à la grande surprise de Midona qui pensait quand même que la maison du Chef du Gouvernement serait un peu mieux protégée. Curieuse, elle s’approcha de la clôture en bois délabrée, et tendit la main par-dessus.

Grand mal lui en prit.

Elle prit une décharge impressionnante qui la fit tomber raide sur le sol, complètement hors jeu. Elle n’avait même pas eu mal, ses muscles s’étaient juste tous tendus à l’unisson, la paralysant complètement. Son cerveau semblait également ralenti, elle ne parvenait pas à se concentrer, elle y voyait flou, et un sifflement aigu transperçait son oreille.

Quelques minutes passèrent, et soudain, elle sembla se réveiller. Son cerveau se remit en marche, et ses muscles se détendirent enfin. Midona se rendit compte qu’elle était allongée sur un magnifique sofa en fourrure blanche, et qu’elle se trouvait sans doute à l’intérieur du salon de Lance Wataru. Et quel salon ! En volume, il faisait environ trois fois l’ex-appartement de Midona, alors qu’elle était dans le Monde Réel. Les murs étaient blancs et parsemés d’énormes tâches de couleur vive, comme si on l’avait sali par mégarde. Les meubles étaient également couleur neige, et étaient presque entièrement recouverts de fourrure, ce qui lui rappela beaucoup la chambre polaire du QG – une énième pièce que Ni avait aménagé dans ses moments d’ennui.

Le centre de la pièce était surélevé légèrement par rapport au reste, une sorte de disque qui sortait du sol. Le disque était baigné de lumière grâce à un trou dans le plafond, exactement de la même taille que le disque. Dans cette colonne de lumière, un homme était assis sur une chaise, toute simple, en bois teinté en blanc. Il ne faisait rien, strictement rien. Il avait les yeux fermés, mais ne semblait pas dormir. A ces côtés, un Dracolosse était allongé par terre, immobile, mais il n’était apparemment pas endormi non plus.

Midona se releva sans bruit et s’approcha à pas de loup de la colonne de lumière. Elle n’osait pas parler, tant le silence était beau et profond. Elle resta un moment plantée là, devant la lumière, sans pour autant pénétrer à l’intérieur. Elle était émerveillée, en vérité, sans trop savoir pourquoi.

C’est alors qu’elle se rappela qu’elle était censée jouer M-M. Qu’elle était méprisante, frigide devant les sentiments des autres, insensible à la beauté, uniquement attirée par l’argent, la gloire, le pouvoir et la joie de voir les autres souffrir et se faire dominer. Elle se racla donc bruyamment la gorge.

Cela sembla tirer l’homme de sa transe, ainsi que son Pokémon. Ils ouvrirent tous deux les yeux, et fixèrent Midona. Les deux sortirent de la colonne, et l’instant magique fut brisé. La colonne de lumière brillait toujours, éclairée par le soleil, mais elle semblait vide d’âme. L’homme s’approcha de Midona.

- Bonjour jeune fille. Vous devez être M-M. Mon nom est Lance Wataru, enchanté de faire enfin votre connaissance.


Une drogue. Justine n’en revenait pas. Elle était droguée pendant si longtemps ? Pendant plusieurs semaines, sans pause ? Impossible… C’était impossible, elle ne pouvait pas y croire. Pourtant, c’était la vérité. La pauvre Justine, dans sa cellule, était horrifiée. Mais elle réfléchissait. Pour savoir le pourquoi du comment. Elle ne s’était pas droguée toute seule comme une grande. Quelqu’un l’avait shootée à son insu pendant un bon bout de temps… Très probablement quelqu’un qui était restée avec elle tout ce temps… La vérité s’imposa alors à elle. Il n’y avait qu’une personne qui puisse le faire.

« Quelqu’un qui est suffisamment méchant pour me droguer… Quelqu’un qui aurait tout à gagner de me voir dans un état second, incapable de réfléchir… Il n’y a qu’une personne qui aurait pu faire ça. »

« Shuu. »

La vérité s’imposa à elle. Il cachait bien son jeu, mais il s’était trahi avec Cat. Il s’était énervé comme un fou, avait failli la tuer… Il s’était excusé, mais ce n’était que des mots… Shuu avait d’ailleurs tout intérêt à garder Justine dans les vapes : elle était une dresseuse dangereuse, bien qu’insouciante. Si elle avait vu le moindre signe de trahison chez Shuu, elle n’aurait pas hésité à le combattre, et elle l’aurait vaincu sans trop de problème.

« Comment a-t-il osé ?! Je lui faisais confiance, moi, à ce gamin… »

« … »

« Mais comment puis-je être sûr que je lui faisais confiance ? Je n’étais pas moi-même… C’est horrible, il a carrément flouté une partie entière de mon existence… »

« Je le déteste… Si un jour je sors de là… »

Le Commissaire Brants coupa court à ses pensées.

- C’est bon, vous avez réalisé, Justine Hitalia ? La drogue et tout le toutim ? Ma pauvre, une période de flou si grande… Vous devrez être très en colère contre la personne qui a osé vous droguer… sourit-il.

Justine acquiesça sans réfléchir.

- Vous devez vous sentir horriblement haineuse ! Après tout, se faire trahir par son petit ami, c’est affreux… susurra Brants.

Elle hocha à nouveau la tête. Avant de réaliser ce que signifiaient les paroles du policier.

- C’est bon, vous avez compris ? Ce n’est pas Shuu qui vous a drogué… C’est Glenn.


Mentaline avait écouté patiemment l’explication de Sœur Chapy. Ainsi donc, le monde était parfait, mais la Perfection avait tout gâché… Quel paradoxe intéressant. Mentaline n’avait rien contre cette vision des choses, mais elle ne pouvait pas y croire réellement. Nous parlons de la jeune fille qui est plus intelligente qu’Einstein, rappelons-le. Elle ne jure que par la science, la théorie de l’évolution et autres. Pour elle, les dieux n’existent pas, les croyances ne sont que des foutaises des hommes. Une excuse pour ne pas avoir à comprendre le sens de leurs peurs les plus profondes. Pour Mentaline, croire que Dieu avait créé la Terre et qu’il contrôlait tout était absurde, scientifiquement absurde.

Mais elle n’avait pas d’autre choix que de devenir Shiste. Elle se devait d’avoir accès à cette fameuse bibliothèque, quelque en soit le prix. De plus, elle n’était pas contre l’idée… La perfection est une imperfection, c’était un raisonnement philosophique poussé, et cela plaisait à Mentaline.

- Baptisez-moi, s’il vous plaît.

Les deux Sœurs et le Père Kohei eurent un sourire.

- Sage décision. Dans ce cas, nous allons commencer maintenant, annonça Sœur Shana. Assied toi devant la source.

Mentaline fit quelques pas et se retrouva devant la Sacrosainte Source Dorée. On aurait dit que de l’or fondu coulait et ondulait lentement. La jeune fille s’assit dans l’herbe.

- Maintenant, laisse-moi faire.

Sœur Shana s’avança, et plongea les mains dans la source dorée. Quand elle ressortit ses doigts, ils étaient enduits d’eau couleur or. La jeune bonne sœur traça alors un triangle sur le visage fin de Mentaline. Sur son front, au sommet le plus haut, elle traça une étoile. Sur sa joue gauche, elle dessina un pénis, et termina le tout en décorant sa joue droite d’une pièce de monnaie. Les trois croyants se placèrent en triangle autour de Mentaline, et commencèrent à chanter.

Ô Saint Godmishuu
La Sacrosainte Source Dorée l’a vu
Accueille en ton sein cette nouvelle jeune femme
Vierge et pure comme ton âme
Ouvre les bras à cette petite fille
Fine et belle comme une anguille

Elle promet de prier chaque jour dans l’an
De ne pas cracher sur les tombes de ses parents
De ne pas sombrer dans la démence de Satan
Qui jadis dévasta l’esprit
Et réduit à néant le peu de raison
Qui était encore en prison
Dans le cœur des filles bénies

Cette jeune fille vient de Terre
Et n’ira jamais en Enfer
Parce que mon roi
Rien ne peut devenir plus mauvais que toi

Godmishuu, toi qui était sans imperfection
Mais qui s’est fait ruiné par la Perfection
Fais en sorte que cette petite fée
Ne vive jamais des instants parfaits
Qu’elle pourrait plus tard regretter
Quand elle sera face à l’horreur de sa destinée

Protège-la du reste du monde
Protège-la des tirs de fronde
Change la planète
Pour cette pauvre fillette
Qui vient implorer ta grâce
Pour que tu lui accorde une place
Dans ton imperfection parfaite
Au gout de vielle chaussette


Mentaline ne put s’empêcher de rire devant la dernière phrase. Elle se rendit ensuite compte de sa gaffe et, gênée, elle rougit violemment. Les trois religieux s’arrêtèrent de chanter, et lui sourirent.

- Le rire est la plus belle mélodie humaine, et c’est pourquoi nos chansons sont parfois étrange… expliqua Sœur Chapy. Ne t’en veux pas, c’est inutile.
- Le baptême est presque fini. Il suffit que tu jures de ne jamais tenter d’atteindre la perfection.

Mentaline se sentait toute bizarre. Comme si une soudaine force l’avait envahi. C’était une sensation grisante, provoquée sans doute par l’impact véridique des chants. C’est ainsi que, émue, elle se leva, et d’une voix solennelle, déclama un discours qu’elle sortait de son esprit enivré par la puissance du moment.

- Je jure solennellement, sur mon honneur, de ne jamais chercher à atteindre ce cauchemar déguisé en rêve, ce néant total qu’est la putride Perfection. Je resterais imparfaite aussi longtemps que je vivrais sur cette Terre, tant que je serais capable de sentir la vie, de humer cet air pur et béni, de toucher cette nature verdoyante, de gouter aux saveurs divines, et d’entendre chanter le vent. C’est pourquoi je promets d’être fidèle au Saint Godmishuu, imparfait dans la perfection, et de le servir jusqu’à ce que mon âme se brise.

Un long silence suivit cette déclaration. Les trois religieux étaient à la fois admiratifs et amusés. Finalement, Sœur Chapy rompit le silence.

- Très théâtral. Bienvenue chez nous, Sœur Mentaline.



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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Mer 21 Mar 2012 - 22:22

Bon alors, comme on en est à plus de la moitié de la fic et qu'il commence à y avoir BEAUCOUP de personnages, je vous propose un grand récapitulatif de la grande majorité des persos ! Sachez que ce fut un long combat que de trouver toutes ces images, mais j'ai vaincu ! Bref, pas de chapitre aujourd'hui, j'en suis désolé, mais je pense qu'un petit point s'imposait, histoire que les gens puissent se repérer un peu mieux, et éventuellement jeter un coup d'oeil à ce récap s'ils ont un trou de mémoire.

Sans plus attendre, voici le récap !

/!\ Ne lisez pas les descriptions des personnages si vous n'êtes pas à jour dans la fic ! Risque de spoil TRES IMPORTANT !




Récapitulatif des personnages de MI

Spoiler:
 





Voili voilouuuuu ! J'espère que ça vous sera utile, parce que ça m'a pris un bon bout de temps pour faire tout ça. Bon, promis, mercredi prochain, c'est un chapitre, un vrai ;)

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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Dim 1 Avr 2012 - 11:35

Désolé pour le retard, j'ai trop de choses à faire en ce moment... Bref, le chapitre est là. Et c'est un chapitre super important en plus, où plein de choses sont tirés au clair !

Bonne lecture !




- J’y crois pas ! Ils nous ont abandonné !

Crystal pestait, telle une furie, dans le salon de la Scène de Rosalia. Elle ne parvenait pas à digérer que Silver, Mey, Creepy-chan et Nozomi soient partis sauver les autres Chapeliers, les laissant là comme des vulgaires chaussettes inutiles. Flora, plus tempérée, ne disait rien, laissant sa petite amie évacuer toute la colère qu’elle avait en elle.

- Mais putain, ça m’énerve ! Pourquoi nous ont-ils laissées ? On est utile, et nous sommes bien plus fortes qu’eux ! cria-t-elle.
- Crier ne les ramènera pas, Crystal… soupira Flora.

Comme si elle s’apercevait soudain de la présence de la jeune femme, Crystal se tut enfin. Penaude, elle prit Flora dans ses bras.

- Désolée, souffla-t-elle.
- Pas grave, répondit Flora avec un petit sourire.
- Je vais me coucher, il est tard et je suis extenuée… Tu viens ? demanda Crystal.
- J’aimerais bien voir les infos avant… Vas-y, je te rejoins dans un quart d’heure, fit la jeune dresseuse.
- A tout à l’heure !

Crystal s’éloigna. Flora resta seule dans le salon. Il y avait peu de coordinateurs dans la Scène, la plupart étant partis une fois le concours fini. Crystal et Flora avaient décidé de rester pour pouvoir aider Mey et Silver à sortir, mais maintenant qu’ils étaient partis, rien ne les retenaient ici. En attendant, il n’y avait personne dans la pièce, du fait de l’heure tardive. La télé était allumée, et diffusait les habituelles pubs précédant les informations. Johtevent était une chaine connue pour faire des bilans d’infos toutes les heures, mais entre deux bulletins, c’était des pubs et uniquement des pubs. Finalement, la présentatrice apparue, tirée à quatre épingles, comme toujours.

« Bonjour, et bienvenue dans le journal de minuit ! Comme vous le savez sûrement déjà, quatre des neuf Chapeliers connus ont finalement été capturés par la police, aux alentours de Doublonville, hier soir. »

Ca, elle le savait déjà, rien d’intéressant. Flora soupira quand elle vit pour la dixième fois de la journée les quatre Chapeliers enfermés dans des blocs de bétons armés s'enfoncer au fond de la mer, avant de toucher le sol rocheux. Les mêmes images depuis ce matin. Lassant, à la longue. S’ensuivit un reportage sur le Bois aux Chênes, qui gagnait toujours plus de terrain. Puis arriva sur le plateau un homme, la peau halée par le soleil, les cheveux grisonnants et sales tombant sur son visage dur.

« Nous accueillons maintenant M. Montou, diplômé de l’Université d’archéologie de Vaguelone. Il va nous parler de son avancement dans ses recherches dans les ruines Alpha. Bonjour Monsieur.
- Bonjour.
- Parlez nous un peu de vos recherches dans les Ruines Alpha.
- Et bien elles consistent à déchiffrer l’alphabet Zarbi. Nous avons enfin réussi à déchiffrer la totalité des lettres de l’alphabet. Nous nous rendons compte que les Zarbi étaient auparavant en cohabitation avec un peuple inconnu pour le moment, et ce peuple nous a laissé un nombre incroyable de message. Nous sommes en train de les étudier, et les textes parleraient d’une cité entière, cachée sous terre ! Ce ne sont peut-être que des légendes, mais nous nous penchons sur la question.
- Très intéressant. Et combien de temps prendront vos recherches, à votre avis ?
- Oh, le monde de la recherche et de l’archéologie repose sur du temps, et uniquement du temps. Peut être un an, dix ans, ou toute une vie ; on ne peut pas le savoir.
- Et pensez-vous que »

La voix de la présentatrice fut couverte par un cri de Crystal. Inquiète, Flora se mit à courir. Elle gravit les escaliers aussi vite qu’elle le put, et débarqua dans le dortoir des filles. Crystal se tenait là, en pleine forme. Une mine réjouie et excitée illuminait son visage. Heureusement, il n’y avait personne dans cette partie du dortoir.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda Flora, rassurée par l’expression de sa moitié.
- Un mot. Mentaline nous a laissé un mot, répondit Crystal, encore sous le choc de l’émotion.
- C’est tout ? s’étonna Flora.
- Réfléchis, elle a sûrement une mission à nous confier…
- Ouvre là, nous serons fixés, trancha Flora, impatiente à présent.

« Chère Flora, chère Crystal,

Je suis désolée que vous vous retrouviez seules. Mey ne pouvait pas attendre pour s’en aller les sauver, et elle a rassemblé ses troupes en un temps record, avant de partir. Par malchance –ou par chance, vous verrez pourquoi -, vous n’étiez pas là au bon moment. J’ai décidé de ne pas accompagner Mey, Silver, Creepy-chan et Nozomi pour la bonne et simple raison que je crois avoir compris plus de choses qu’eux tous réunis. J’ai longtemps étudié pendant mes heures d’ennui, et j’ai un plan.

Vous êtes les premières à en avoir vent, et je ne peux pas vous donner beaucoup de détails. Je vais cependant vous confier une mission de la plus haute importance. Vous n’êtes pas obligées d’accepter, mais je pense que vous ne direz pas non à un peu d’action. Donc voilà : vous devez trouver un lieu imprenable, inviolable. Un endroit, spacieux et secret à la fois. Vous connaissez bien la région ; c’est pourquoi vous êtes les plus qualifiées pour cette tâche. Vous devez vous demander à quoi pourra bien servir cet endroit introuvable. C’est bien simple : ce sera un quartier général. Le quartier général de quoi, je ne peux pas encore vous le révéler, mais vous devez me faire confiance.

Je me répète, mais l’endroit doit vraiment être indétectable. Cela peut être une caverne, un immeuble abandonné loin de tout, ou que sais-je. Le but est que ni la police, ni les Echoes, et ni des dresseurs quelconques puissent tomber dessus, par hasard ou pas. Quand vous aurez dégoté un endroit satisfaisant, venez me trouver à l’Abbaye Shiste de Rosalia.

Sur vos épaules repose peut-être l’avenir de tout Johto. Je vous fais confiance et je sais que vous êtes les meilleures offensivement et techniquement parlant.

Vous me manquez déjà, et j’ai hâte de vous revoir.

Bises, Mentaline. »


Mista marchait lentement dans un boyau obscur. Le Mont Argenté n’était pas réputé pour être bien éclairé, et il était tout sauf un lieu touristique. Pourtant, la dirigeante de la M-Organisation bravait le danger et avançait à pas décidés, fière et sûre d’elle comme à son habitude. Derrière elle marchait Ichi, dans son habituelle tenue décontractée. Les mains dans les poches, il sifflotait gaiement.

- C’est étrange, nous n’avons rencontré aucun Pokémon pour le moment… fit remarquer Ichi.
- C’est au contraire tout ce qu’il y a de plus normal. J’ai envoyé il y a quelques heures un Florizarre en éclaireur. Son rôle était d’endormir la majorité des Pokémon de l’étage, et il a parfaitement rempli sa mission, répondit Mista d’un ton enjoué.
- Vous avez pensé à tout, Lady World, complimenta Ichi.
- Comme toujours, mon cher Ichi.

Ichi n’avait jamais appelé Mista par son autre nom, à savoir « M-M ». Il trouvait ça plutôt moche, et avait donc improvisé le titre de Lady World. Ce petit nom avait plu à Mista, et c’était sous ce nom là qu’elle était connue dans le Pokémonde comme étant l’une des femmes les plus riches de Johto.

Soudain, un Gravalanch sortit de nulle part. Mista ne sursauta même pas, et claqua des doigts. Aussitôt, la main d’Ichi commença à grossir à grande vitesse, jusqu’à devenir énorme. Son bras s’allongea comme s’il était fait de guimauve, et sa main démesurément grande attrapa le Pokémon avant de serrer. Le Pokémon implosa purement et simplement. Le bras d’Ichi se rétracta, et sa main retrouva une taille normale.

- En fait, ce Florizarre n’était pas aussi compétent que je l’avais pensé… marmonna Mista.
- Où allons-nous exactement ? demanda Ichi, curieux de nature.
- Droit devant.

Devant eux se tenait une paroi, à l’air aussi solide que toutes les autres. Aucune fissure, ni rien d’autre. La fin du tunnel, ni plus ni moins.

- Le secret de ce que je cherche, c’est qu’il est profondément encastré dans la roche. C’est pour cette raison que je t’ai amené avec moi.
- Vous voulez que je perfore cette roche ? Elle à l’air vraiment dense… Je peux le faire, mais ça me prendrait plusieurs jours. Ne pouvons-nous pas faire appel à Ni ? S’il le transformait en oxygène, le problème serait réglé… fit remarquer Ichi.
- Tu imagines bien que j’y ai pensé, Ichi. Mais ce que je cherche est protégé par la nature elle-même. Si Ni transformait cette roche, la caverne entière s’effondrerait sur nous, pour nous empêcher d’atteindre notre but. Et je ne te demande pas de la perforer, qui plus est.
- Ah ? Que voulais vous que je fasse ?
- Il y a en théorie un minuscule trou, d’un diamètre d’environ un demi-millimètre. Je veux que tu le trouves et te faufile à l’intérieur. Tu tomberas normalement sur une grande salle. Tu devras te débrouiller pour récupérer l’objet, puis tu te téléporteras jusqu’à moi avec ton Xatu.
- Bien reçu. Mais qu’est-ce que je suis censé trouver ?
- Une perle. Elle sera certainement protégée par je ne sais quoi, mais tu es mon meilleur agent, tu ne peux pas échouer.
- Très bien. Je commence, dans ce cas.

Première étape, repérer le trou. Ichi appuya sa main contre le mur, et elle commença à s’étaler comme une flaque de gélatine, recouvrant peu à peu la totalité du mur. Il sentit un endroit d’où arrivait de l’air, à sa droite. Sa main redevint normale, et il avait le doigt pointé sur le minuscule tunnel. Un demi-millimètre. C’était très peu, même pour lui. Il allait devoir se liquéfier totalement, et il avait horreur de ça. Mais c’était Lady World qui le lui demandait, il s’exécuta donc sans protester.

Ichi se concentra, et commença à fondre, lentement, comme une bougie. A la fin, il n’était plus qu’une vulgaire flaque d’un liquide d’une agréable couleur or. Il détestait être sous cette forme, parce que son cerveau fondait ave le reste, et ses capacités mentales s’en retrouvaient grandement affectées. Pour parler couramment, il se retrouvait avec un QI de moule. Il ne pouvait donc retenir qu’une chose, à savoir « passer dans le trou ». La flaque or commença alors à glisser sur la paroi, et se retrouva à devant l’entrée du microscopique trou. La flaque s’engouffra à l’intérieur, à l’aveuglette – en effet, Ichi n’avait pas d’yeux sous cette forme, et ne marchait donc qu’au touché. Il progressa lentement et longuement à l’intérieur, et déboucha enfin sur une grande salle.

La flaque entière se retrouva au sol. Une seule pensée. « Se rassembler ». La flaque devint une sphère de liquide. « Penser ». Un cerveau apparu. Puis des bras, des jambes, une tête, qui prirent une couleur rose. Des cheveux poussèrent en accéléré, des yeux sortirent du visage avec un petit « pop », une bouche se dessina et un nez fin se forma. Une minute plus tard, Ichi était de nouveau entier. Il fit craquer ses vertèbres et ses jointures, et savoura ce corps retrouvé. Ce soulagement fut de courte durée.

En effet, il voyait la perle. Posée sur un piédestal de pierre, elle était tout à fait magnifique. D’un rouge sang, on ne pouvait pas détourner son regard de cette merveille. Mais elle était bien gardée, cette relique. Des guerriers de pierre, voilà ce qui veillait sur elle. Mista avait raison : la nature elle-même ne voulait pas que des humais s’emparent de cette perle. Les statues de pierre s’animèrent à la vue du jeune homme. Elles lui foncèrent dessus, armée de lances. Ichi se mit à avancer, n’ayant que faire de ces gardes dérisoires. L’un deux tenta d’enfoncer sa lame dans le ventre du numéro 1 de l’Armada Zu, mais il ne rencontra que du vide. Ichi venait de créer un trou à l’endroit exact où la lance aurait du le transpercer. Il en profita pour décocher un coup de poing à la statue, qui fut décapitée sur le coup.

La deuxième statue n’eut pas plus de chance. Le poing d’Ichi se transforma en une énorme masse hérissée de pique qui s’abattit sur lui, le faisant exploser en milles morceaux. La dizaine de statues ne fit pas long feu. Ichi put alors s’approcher de la magnifique perle. Il tendit la main pour l’attraper, mais à la seconde où il la toucha, c’était comme si la perle s’était enflammée. Sa main fut réduite en cendres en une demi-seconde, et la relique n’avait pas bougé d’un pouce. Il jura

- Tu ne m’auras pas comme ça, petite perle !

Une nouvelle main vint remplacer celle qui avait brûlé. Mais cette nouvelle main était couverte d’écaille, comme une sorte de peau de dragon. Il put attraper sans difficulté la Perle, cette fois-ci, la peau écailleuse la protégeant de la chaleur. Ichi sortit son Xatu, et lui ordonna de faire Teleport. Le Pokémon et le dresseur disparurent et réapparurent une seconde après devant Mista. La jeune femme n’avait d’yeux que pour la petite perle.

- La Perle de Force… Je progresse, je progresse… susurra-t-elle de sa voix enfantine. Il ne me manque plus que le Cristal de Folie et le Joyau de Mort, et je serais la grande maîtresse de l’Omniscient… J’ai hâte, tellement hâte !

Elle éclata une fois de plus de son rire machiavélique, sous le regard mi-amusé mi-admiratif d’Ichi. Ce dernier se racla la gorge.

- Si je ne m’abuse, nous avons autre chose à faire que de rester plantés là…
- Exact, mon cher Ichi.
- Dois-je appeler Yon ? demanda-t-il.
- Vas-y. Dis lui d’amener Ni avec lui.
- Très bien.


Kanon était affalée sur le canapé. Melosa la rejoignit, enveloppée dans une serviette de bain.

- C’est bon, la douche est libre, tu peux y aller, annonça-t-elle.
- Enfin… C’est fou ce qu’on pue, dans ces satanées combinaisons…

Elles venaient juste de rentrer de leur entretien avec Adrien Oba, le jeune informateur roux particulièrement amical. Elles étaient rentrées plutôt tard, ayant fait un petit repérage des endroits dégagés où Fly – le Guériaigle de Melosa - pouvait atterrir facilement. Il était maintenant quatre heures du matin. Kanon sortit peu après de la douche. Les deux jeunes femmes s’assirent autour de leur unique table.

- Bon, faisons le point, commença Melosa.
- On a notre informateur. Mais je ne comprends toujours pas pourquoi on se mêle à la pègre… Ce sont nos ennemis, à la base ! lança Kanon.
- Je te l’ai déjà dit, c’est parce qu’il vaut mieux être ami avec ses ennemis. C’est prouvé, répondit Melosa.
- Je ne comprends toujours pas… souffla Kanon.
- Bon, en gros, je récapitule le plan : on enfile nos combinaisons trop classes. On trouve un informateur dans la pègre. Il nous donne l’emplacement de la planque d’un voleur. On va chez lui, et on le capture. Ensuite, on l’emmène à la police, et on leur demande de nous faire passer pour des voleurs en nous attribuant les crimes de malfrats quelconques. Du coup, les criminels nous considèreront comme des membres de leur communauté. On obtiendra grâce à ça plein d’informations sur eux, et on les capturera tous les uns après les autres. Voilà mon plan !

Kanon resta un moment silencieuse, tentant de déchiffrer tout ça. C’était plus clair, maintenant. Elles étaient des agents doubles pour le compte de la police, sans que celle-ci n’ai rien demandé. Le but est d’infiltrer la pègre locale, et de les prendre en traître. « Pas bête. Pas bête du tout… » songea Kanon, admirative.

- C’est une bonne idée, je te l’accorde, dit-elle finalement. Mais tu oublie un détail : avant d’agir, nous devons te faire passer pour morte, tu te souviens ?
- Bien sûr que je m’en souviens… Ca me tourmente, si tu veux vraiment tout savoir. Je pense à toutes les personnes qui vont crever de tristesse en l’apprenant… soupira, mi-triste mi-résignée.
- Je te comprends, marmonna Kanon. Mais nous n’avons pas le choix. Moi aussi, d’ailleurs, je vais devoir me faire passer pour morte… Mais pas en même temps, ce serait trop suspect.
- On pourrait organiser un combat entre nous deux… Un combat qui tournerait mal… En public, évidemment, derrière une barrière psychique pour empêcher la police de venir… proposa Melosa.
- C’est pas bête ça !
- Bien sûr que ce n’est pas bête ! railla Melosa.
- Mais faut que ce soit convainquant…
- Il faudrait une attaque qui ferait totalement disparaître les corps sans laisser de trace… Qui en théorie nous tue, mais en fait ça nous téléporterai ailleurs ! lança Melosa, fière d’avoir autant de merveilleuses idées.
- C’est un peu dur à réaliser, si tu veux mon avis… Et je ne vois pas d’attaque qui tue sans laisser de trace, dit Kanon, perplexe.
- En fait, y’en a que quatre. On les apprend en criminologie. Il y a Hurle Temps, qui te fait vieillir en accéléré et dissout même tes os à la fin. Le deuxième c’est Spatio Rift, ça t’envoie dans une autre dimension. Le troisième, c’est Revenant, tu meurs et tu t’évapores pour le Monde des Morts. Et le quatrième et dernier, c’est Explonuit, parce que tu te fais happer par le néant, exposa Melosa.
- Les trois premiers appartiennent seulement à des Pokémon légendaires… Quant au dernier, y’a pas beaucoup de Pokémon qui peuvent l’apprendre, si j’ai bonne mémoire, fit remarquer Kanon.
- Pas beaucoup, certes. Mais mon Zoroark la connait.
- Je vois… murmura Kanon.
- On peut l’utiliser.
- C’est pas un peu risqué ? demanda la jeune femme brune.
- Bien sûr que c’est risqué, mais bon…
- Et on ferait ça quand ?
- Hum… Dès qu’on a obtenu l’information de la part d’Adrien. Ca te va ?
- Ca marche.


Midona se trouvait dans l’immense salon tout blanc de Lance Wataru. Il venait de sortir de l’immense colonne de lumière au milieu de la pièce, magnifique et rayonnante de pouvoir. Le chef du Gouvernement de Johto serra doucement la main de Midona.

- Ravi de vous rencontrer enfin, M-M, fit-il.

Il avait une voix grave, rocailleuse et forte. L’écho de ses paroles se répercuta dans la pièce aux proportions démesurées, venant briser le silence. Midona fut soudain très intimidée par cet adulte d’une trentaine d’année. Il en imposait, et elle se revit à l’école, quand les profs engueulaient leurs élèves – sauf que là Lance ne criait pas, et pourtant il intimait encore plus le respect. Midona prit son courage à deux mains.

- Tout le plaisir est pour moi, fit-elle d’une voix froide et parfaitement maîtrisée.
- Je n’en doute pas.
- Cessons donc ces mondanités et venons-en aux faits. Il n’y a personne pour nous filmer, inutiles d’être cordiaux l’un avec l’autre, cracha Midona.
- Je suis on ne peut plus d’accord avec vous, rétorqua Lance Wataru. Donc je vous le demande, comment comptez vous mettre fin au règne de N Harmonia à Unys ? Vous avez dit que vous m’aideriez, en échange de certains privilèges. Je veux du concret. Donnez-moi des solutions.

Sa voix était autoritaire maintenant, mais il n’avait toujours pas haussé le ton. Midona se sentait écrasée par la présence de ce type. Il la dominait sans avoir à lever le petit doigt. Heureusement, Midona avait une réponse toute prête à sa question.

- Nous avons une solution, bien sûr. Elle n’est cependant pas très orthodoxe.
- Je fais de la politique. Par définition, je suis sans scrupules, rétorqua froidement Lance Wataru.
- Dans ce cas je propose un meurtre pur et simple, dit Midona d’une voix égale.

Lance n’eut même pas une quelconque réaction montrant sa surprise ou son embarras. « Il n’a vraiment pas de valeurs… » songea Midona.

- Je vois. Je pense également que c’est la seule solution. Ce roi démoniaque veut nous attaquer par surprise, alors que nous sommes de régions alliées. Ce tyran ne mérite que la mort. Si Unys nous attaque, nous seront mal. Avec les Chapeliers, les forces armées sont mobilisées, et notre défense est affaiblie. Nous pourrions bien perdre cette guerre, surtout s’il possède vraiment sa fameuse arme de destruction massive, exposa Lance.
- Dans ce cas nous sommes d’accord, résuma Midona. Nous devons empêcher N Harmonia d’attaquer Johto. A tout prix. Je propose un assassinat discret.
- Discret ? Assassiner le roi de façon discrète me parait un peu compliqué, railla le chef du Gouvernement. Même pour vous.
- Un seul de mes hommes peut venir à bout d’un millier de vos soldats. Ne nous sous-estimez pas, vous pourriez y laisser des plumes.
- Je ne vous sous-estime pas. Je pense simplement qu’il est compliqué de faire passer le meurtre d’une personnalité telle que le roi sous silence.
- Les médias seront évidemment au courant. Mais nous pouvons faire en sorte que ce soit une mort naturelle. Une crise cardiaque, une chute dans les escaliers, ou même un suicide… Tous les moyens sont bons.
- Ainsi Johto ne serait pas soupçonné. C’est très malin, marmonna Lance.
- Je trouve aussi.

Un silence s’installa. Lance le brisa au bout de quelques minutes.

- Vous n’êtes pas la vraie M-M, je me trompe ?

Ce n’était pas un reproche, c’était une simple constatation. Midona fut soufflée par cette déclaration. Elle ne laissa rien paraître, et prit un air mystérieux.

- On ne peut rien vous cacher. Comment avez-vous su ? demanda la jeune fille.
- La Colonne du Savoir, répondit simplement Lance.
- Qu’est-ce que cette chose ? demanda Midona, intriguée.
- C’est ce qui se trouve derrière moi.

Midona comprit enfin. La Colonne du Savoir, c’était donc la mystérieuse colonne de lumière dans laquelle Lance méditait à son arrivée… C’est sûrement pour ça qu’elle semblait dégager une telle énergie.

- Comment marche-t-elle ? questionna Midona.
- C’est simple. Elle permet de voir à travers les yeux de tous les enfants au cœur pur. Avec ça, je peux espionner la majorité de la population de Johto. Il suffit que je rentre à l’intérieur, et elle me dévoilera tout ce que je veux savoir à travers des yeux d’enfants, les seuls qui ont un regard tout à fait objectif et innocent sur le monde. Et si je me concentre sur un enfant en particulier, je peux connaître ses pensées, entendre ce qu’il entend, sentir ce qu’il sent, gouter ce qu’il goute, toucher ce qu’il touche. Je peux devenir lui.
- Je vois. Vous pouvez donc tout savoir juste en vous plongeant dans cette lumière, si j’ai bien compris.
- Exact. Et comme tu es une enfant, je peux voir à travers toi, expliqua Lance lentement.
- Impossible, trancha Midona d’une voix sèche. Je suis tout sauf innocente, tout sauf pure.
- Tes actes sont pervertis. Tes actes sont coupables. Mais tu es pure. Ton cœur l’est.
- Vous vous êtes infiltré chez moi ?! hurla Midona, furieuse. VOUS N’AVEZ PAS LE DROIT !

Pour la première fois de sa vie, Midona sortait de ses gonds. Ca ne lui était jamais arrivée, pas à ce point en tout cas. Elle avait toujours réussi à être telle une joueuse de poker, insensible en apparence. Rien ne semblait l’énerver, rien ne semblait l’émouvoir. Mais là, que quelqu’un ait pu connaître ses plus profondes pensées, c’était intolérable.

- C’est la triste vérité, soupira Lance. Quand M-M m’a contacté pour la première fois par lettre, je ne savais rien sur elle. Je ne pouvais pas m’infiltrer chez elle, puisqu’elle était adulte. J’ai donc cherché un enfant qui aurait eu les mots « M-M » en pensée. C’est tombé sur toi, et heureusement. Je connais l’emplacement de votre QG. On y entre par l’un des trois immeubles de la police. Je connais tous les agents que tu connais, et tous leurs pouvoirs. Et je sais aussi que vous faites semblant d’être de mon côté.

Midona était sur le point de lui sauter dessus : ce type avait vraiment exploré toutes ses pensées ! Il allait payer… Mais au moment où elle avait cette pensée, une voix grave familière se fit entendre dans la salle.

- Du calme, Midona.

« Ni ! » exulta intérieurement Midona, trop heureuse. Il se trouvait là, habillé comme un lord anglais, assis tranquillement sur un canapé en fourrure blanche. Derrière lui, un pan du mur avait disparu – probablement changé en oxygène. Ni n’était pas venu seul. Derrière lui se trouvaient Ichi, toujours aussi banal physiquement, et toujours avec son sourire étrange aux lèvres. Yon, l’androgyne aux cheveux noirs et au teint cireux, était là lui aussi, mais c’était un sourire sadique qui s’étirait sur ses lèvres.

Et enfin, M-M. Petite en taille, avec des traits toujours aussi enfantins. Ses longs cheveux noirs, raides comme des baguettes, lui arrivaient à la taille, tandis que ses yeux bleus électrique semblaient transpercer du regard tous ceux qui osait les croiser. M-M s’avança d’un pas gracile.

- Bonjour, Lance Wataru. Je n’imaginais pas que vous en sauriez autant sur nous… Vous êtes un homme plein de surprises. Vous n’êtes pas chef du Gouvernement pour rien, dit-elle de sa petite voix fluette, exaspérante.
- C’est vous qui êtes impressionnante, répondit simplement Lance, même pas surpris de l’intrusion de trois des agents de la plus dangereuse organisation jamais créée. Parvenir à avoir de tels hommes sous vos ordres… Vous êtes bien plus exceptionnelle que moi, ne serait-ce que pour avoir réussi à vaincre tous mes gardes et venir me rendre visite.
- Taisez-vous, mon cher, vous allez me faire rougir, sourit Mista avec un petit rire.
- Très bien, fit Lance pas désarçonné pour un sou. Puis-je juste poser deux questions ? Si je ne suis pas trop indiscret ?
- Posez, mon cher, posez ! l’encouragea M-M.
- Comment avez-vous réussi à implanter votre QG au milieu des policiers ?
- Excellente question. Il se trouve qu’Ichi ici présent et capable de faire ce qu’il veut avec son corps. Il peut se transformer en quelqu’un d’autre si l’envie lui en prend. Et il est tellement intelligent qu’il peut modifier son caractère sur commande, et ainsi prendre la place de qui il veut. Saviez vous qu’il y a environ une heure, le commissaire Brants a quitté le bureau après avoir enregistré la vidéo pour les Chapeliers ? Saviez-vous que le commissaire Brants est dans cette salle ? Enfin, pas le vrai commissaire, bien sûr. Le vrai Commissaire est mort il y a deux semaines… C’est idiot, n’est-ce pas ? dit Mista avec un gloussement amusé.
- Décidemment, c’est vous qui êtes pleine de surprises. Je ne m’en étais même pas aperçu, fit Lance d’une voix égale.
- C’était fait exprès ! fit-elle avec un petit clin d’œil complice.
- J’ai une deuxième question… Quel est votre but ? Je ne comprends pas… Ce que j’ai vu à travers les yeux de Midona n’a aucun sens, je n’arrive pas à cerner vos objectifs…
- Mon objectif ? A court terme où à long terme ?
- Les deux.
- A court terme, je dirais… Dominer le Pokémonde et trouver quelques objets qui m’intéressent. Et à long terme… Devenir la maîtresse de l’Omniscient.
- Mais qu’est-ce que c’est, l’Omniscient ? insista Lance.
- Le Pokémonde est ce qu’on appelle une Probabilité. Il existe des dizaines de milliers d’autres mondes, de Probabilités. Toutes ces Probabilités réunies forment l’Omniscient. Je vais dominer toutes les Probabilités, et j’aurais tous les pouvoirs. Je saurais tout, j’entendrais tout… je pourrais tuer si je veux, je pourrais faire souffrir si je veux, je pourrais provoquer la fin de tout si j’en avais envie ! C’est le pouvoir suprême ! exulta Mista, une lueur de démence dans les yeux.

Il y eut un silence après cette explication. Lance fixait Mista dans les yeux, celle-ci faisait de même. Midona, Yon, Ichi et Ni observaient ces deux personnes se faire face. C’était le choc des titans, la confrontation déguisée en conversation polie, la bataille entre deux personnalités écrasantes. Quant à Midona, la lumière se faisait enfin dans son esprit. C’était donc ça le but ultime de la M-Organisation… Pas seulement dominer le monde, dominer tous les mondes existants ! Lance brisa une fois de plus le silence.

- Et comment comptez vous faire ça ? Pour l’objectif à long terme, bien sûr.
- J’imagine que je peux tout vous expliquer, maintenant, susurra Mista, toute excitée. Vous avez sûrement remarqué que toutes les forêts disparaissaient, pendant que le Bois aux Chênes ne cessait de croître… Cela est dû à une machine très complexe que j’ai fait poser il y a longtemps sous le Bois aux Chênes. Sa mission ? Rassembler toute l’énergie de la nature en un même point. Dans quel but, me diriez-vous ? Et bien je vais vous le dire.

« Tout d’abord, il faut savoir que pour prendre le contrôle de l’Omniscient, j’ai besoin d’une chose plutôt rare… Quelle chose ? C’est bien simple. J’ai besoin de Dieu. Et la seule chose qui puisse faire apparaître Dieu, c’est un évènement d’une grande importance qui mettrait son monde en danger. Quoi de plus dangereux qu’une énorme bombe à retardement ? Sachez que cette machine que j’ai envoyée puiser l’énergie de la nature, s’appelle un Noyau Explosif Organique, ou NEO. Ce noyau accumule de l’énergie au fil du temps, et finit par être chargé à bloc. A ce moment là, il suffit de faire descendre sa température au Zéro Absolu (-273, 15°C), et il explose. Et quand il explose, il détruit tous les êtres vivants, à l’exception des personnes provenant d’un autre monde.

« Quand tout sera détruit, Dieu débarquera… Je le battrai, et l’obligerai à accorder mon vœu : devenir la maîtresse de l’Omniscient ! »

Elle termina sa longue tirade. Pour la première fois depuis le début du dialogue, Lance avait l’air désemparé, tandis que Midona était carrément sur le cul.

- Vous êtes totalement folle… souffla Lance, soufflé par temps d’absurdité.
- Point du tout, mon mignon ! pouffa Mista.
- Vous voulez détruire la planète pour faire apparaître Dieu… Vous vous rendez compte de l’incohérence de vos propos ?! s’emporta Lance. Vous voulez tuer tous les êtres vivants pour faire apparaître quelque chose dont l’existence n’est basée que sur des croyances ! Vous êtes folle à lier !
- Si vous le dites ! Parlez mon cher, parlez ! s’écria Mista avec un éclat de rire.
- Je vais devoir vous tuer, signala Lance, un peu plus calme.
- Faites donc, sourit Mista.
- Dracolosse… Lance-Flamme.

La gerbe de flamme fusa. Enfin, gerbe n’était pas le terme adéquat : vague de feu de plus de dix mètres de haut était plus adapté. On aurait pu croire que la maison se serait faite carbonisée, mais elle semblait protégée par une barrière magique qui la rendait perméable aux attaques de Pokémon. Quand l’attaque stoppa, Mista, Yon, Midona, Ichi et Ni étaient en pleine forme, protégés par un mur gris blanc. Le mur disparut suite à un claquement de doigts de Ni.

- Bien tenté, Monsieur le chef du Gouvernement. Mais même vous, vous ne pouvez pas faire fondre du tungstène, soupira Ni.
- Ca restait très impressionnant, complimenta Ichi.
- Ce n’était que le début ! sourit Lance Wataru. Dracolosse n’était pas encore échauffé.

Midona était terrorisée par la puissance du Pokémon. Elle avait beau avoir confiance en Ni, elle était morte de peur. Mais au fond d’elle, elle espérait la victoire de Lance, même si ça signifiait sa propre mort. Si Mista prenait le contrôle de Johto, elle aurait accès à toutes les données qu’elle voudrait, et ce serait la fin du monde. Alors, elle pria pour que le chef du Gouvernement l’emporte.

Le dragon de Lance se mit en position de combat, menaçant.

- Dracolosse, Dracocharge.

Le Pokémon fit un bon en avant, comme un boulet de canon. Il s’entoura d’énergie et fila vers Mista. Celle-ci ne bougea pas d’un pouce. Au moment de l’impact, Dracolosse fut emprisonné dans la main désormais géante d’Ichi. Il la referma d’un coup sec, et la tête du Pokémon implosa sans plus de procès. Lance était hébété, Midona également.

- Comment… Comment avez vous pu… souffla-t-il. Je suis le dresseur le plus puissant de la région ! Je ne peux pas perdre ! Sur moi repose l’avenir de mon monde !

Lance Wataru sortit cinq autres Pokéball. Il était sur le point de les lancer, quand il sentit un revolver pointé sur lui. C’était Yon qui le tenait.

- C’est la fin de Lance Wataru… Ou plutôt l’avènement d’un nouveau Lance… Vous allez mourir. C’est dommage, vous étiez quelqu’un d’intéressant…marmonna Yon.

Alors, la balle émanant du revolver de l’androgyne pénétra le corps au niveau du cœur.

Un corps frêle, gracile, qui tomba au sol lentement. Le corps d’une petite fille. Une petite fille courageuse qui s’était interposée pour sauver le monde.

Midona Milkya venait de se sacrifier pour l’un des derniers espoirs du monde.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Jeu 12 Avr 2012 - 15:51

Bouhouhou, encore en retard  Broie du noir Alors, juste un petit résumé de la situation :

Spoiler:
 

Voilà, bonne lecture ! Pouce





Avertissement : Il est nécessaire de connaître un petit peu l’univers de Pandora Hearts (Manga de Jun Mochizuki, adapté en anime)  pour comprendre une partie du chapitre. Si vous ne comprenez pas quelque chose, je vous invite à vous diriger vers la page Wikipédia du manga : >>>


Rachel se réveilla. La lumière, filtrée par des rideaux de soie, venait réchauffer son visage. C’était une lumière froide, une lumière d’hiver. Novembre approchait, et la température chutait progressivement – aussi, le moindre rayon de soleil était le bienvenu. La jeune fille entrouvrit les yeux. Du blanc, cet éternel blanc. Elle n’était là que depuis deux semaines, et elle était déjà lassée de cette couleur. « Le blanc c’est pur, c’est reposant », disait-on. C’était faux. Le blanc rendait fou, rappelait le vide, l’oubli, l’ennui. Couleur parfaite pour un hôpital psychiatrique.

Elle se releva. Toujours la même chambre, les mêmes meubles blancs. Les mêmes bords arrondis. Aucun objet. Rachel souffla. Toujours rien pour mourir.

Elle ne pensait qu’à ça depuis son arrivée. Mais elle avait beau chercher, faire marcher son imagination, rien ne semblait avoir la possibilité d’offrir la mort. Elle n’était pas sorti de sa chambre depuis son arrivée. On l’avait enfermée à l’intérieur à son insu, « Pour son bien ». Les psychiatres n’étaient pas dupes : si la moindre occasion de se suicider se présentait, elle la saisirait immédiatement. Aussi, sa seule distraction était les livres. Les infirmières lui en apportaient tout le temps, mais Rachel lisait vite, très vite. Elle n’avait que ça à faire, après tout. En seulement deux semaines, elle avait dévoré le maigre stock de livres de l’asile. Aussi, quand une infirmière entra une heure plus tard, Rachel parla pour la première fois depuis qu’elle avait insultée la réceptionniste. Sa voix était rauque et cassée.

- Je veux lire.

D’abord hébétée de voir la jeune fille de dix ans ouvrir la bouche, l’infirmière se reprit vite et afficha une mine désolée.

- Je suis vraiment désolée, Rachel, mais tu as lu toute notre bibliothèque… Nous n’avons plus rien à te proposer…
- Même pas les dossiers des patients ? Vous devez bien avoir des comptes rendus d’internement…
- Bien sûr que nous en avons, mais nous ne pouvons pas te les donner. Ils relèvent du secret professionnel. Ca veut dire que ce sont des secrets, crut bon de préciser l’infirmière, comme si elle venait de se rappeler qu’elle parlait à une gamine.
- Je sais ce que ça veut dire, merci bien. Vous êtes certaines que je ne peux pas en lire quelques-uns ? Il y en a bien qui doivent être paisibles…
- C’est vrai que certains patients sont sortis très vit, et qu’il n’y a eu aucun problème grave avec eux. Mais ils sont privés, désolée.

Rachel ne voulait pas en rester là ; lire était sa seule occupation, elle y tenait.

- S’il vous plaît !
- Je ne peux pas, un point c’est tout, trancha l’infirmière d’une voix douce mais ferme.
- Même ceux qui sont morts ? Ca ne gêne personne si je les lis…
- … On verra, marmonna l’infirmière avant de partir en déposant le petit déjeuner de Rachel.
- Merci.

Le reste de la journée passa lentement, très lentement, beaucoup trop lentement. Rachel restait allongée, les bras en croix, fixant le plafond blanc comme neige. Finalement, quand  l’infirmière revint pour le repas du soir, elle était accompagnée d’une pile de dossiers.

- Tiens, c’est pour toi. Je n’ai pas vraiment le droit, mais tu m’as l’air d’être une gentille fille désespérée qui s’ennuie profondément… Mon chef ne veut pas te laisser sortir de ta chambre pour l’instant, mais ça ne saurait tarder. En attendant, je t’ai emmené un peu de lecture.
- Merci beaucoup, souffla Rachel. Je vous aime bien. Vous vous appelez ?
- Narcisse, répondit l’infirmière.
- C’est un joli nom. Un peu pompeux, cependant.

« Et pas très adaptée à votre physique… » ajouta mentalement Rachel.  En effet, Narcisse n’était pas vraiment belle. Ses yeux d’un marron boueux étaient trop écartés. Ses dents n’étaient pas très alignées, et ses deux sourcils n’en formaient qu’un, broussailleux et désordonné. Des cheveux ternes entre le châtain et le roux encadraient ce visage disgracieux, mais pas moche pour autant. Sa silhouette était également difforme ; ses bras étaient trop courts, et sa tête bien trop grosse par rapport à son petit corps. Elle ressemblait un peu à un Petshop. Mais son sourire semblait sincère, aussi, Rachel la qualifia de « Gentille ou excellente comédienne ».

- D’accord avec toi, Rachel. C’est pas super facile à porter… soupira la jeune femme.
- Je n’en doute pas. Merci encore, Narcisse.

La jeune femme sortit de la pièce avec un clin d’œil. Elle se retrouva seule, et attrapa le premier dossier qui lui tombait sous la main, intitulé « Kreg Marovski ». Elle commença à lire.

« Prénom : Kreg
Nom : Marovski
Né le : ?
Interné le : 14 décembre 2006
Fin d’internement le : 21 Avril 2007
Interné en hôpital psychiatrique pour la raison suivante : Attentat terroriste à Lyon pour le compte de la mafia russe, il tente par la suite de se suicider.
Psychiatre référent : Mme Georgia

Compte Rendu :

14/12/06 : Le patient ne parle pas. Il reste prostré et refuse de se nourrir.

15/12/06 : Après une bonne nuit de sommeil, il va mieux. Il mange, mais ne parle toujours pas. Il reste allongé sur son lit sans rien faire. Il ne semble pas agressif.

18/12/06 : Le patient parle, mais uniquement pour les formules de politesse telles que « Merci », « Bonjour » ou « Au revoir ».

25/12/06 : Le patient n’a aucune réaction quand il ouvre ses cadeaux – un pull et une jolie carte.

02/01/07 : La nouvelle année l’a rendu plus bavard. Il dit que sa femme et morte. Il ne veut pas nous dire son nom.

04/01/07 : M. Marovski aurait un fils. Il ne veut pas nous dire ce qu’il est advenu de lui.

27/01/07 : Après presque un mois de silence, il nous raconte que son fils s’appelle Potch Marovski, et qu’il l’a confié à une personne qui prendra soin de lui. Il se fait quand même du souci pour lui.

29/01/07 : Le patient nous raconte ses quelques années de service pour la mafia, de la pression qui pesait sur lui. On menaçait sa famille s’il n’exécutait pas les ordres. Sa femme, Marvela Marovski, sera tuée à cause de son échec dans une mission importante. Le remord le ronge.

05/02/07 : Le patient trouvait son fils étrange. Dès que M. Marovski était stressé ou anxieux, le petit Potch pleurait, et quand il réussissait une mission, même sans rien lui dire, son fils était souriant et l’accueillait à la maison en riant aux éclats. Le patient pense que son fils est empathique.

06/02/07 : Le patient donne plus de détails sur la personne à qui il a confié son fils. Il explique que c’est une jeune femme qui est venu le voir, très jeune, peut-être même pas majeure. Elle lui a dit que son fils grandissait dans la peur et que ce n’était pas bon pour lui. Elle a dit au patient qu’elle pouvait l’emmener dans un endroit loin de la peur, où le petit Potch serait parfaitement à son aise. Marovski révèle que son fils s’est vu attribuer un nouveau nom à son arrivée là-bas, mais il ne parvient pas à s’en souvenir.

21/04/07 : Le patient s’est fait tuer par un homme très beau qui s’est infiltré dans le bâtiment, et qui a brisé la colonne vertébrale de M. Marovski. L’hôpital entier est en deuil, et le meurtrier a disparu. »

Rachel referma le dossier, surprise mais pas choquée. Elle était habituée aux histoires sanglantes ou tristes, mais c’était quand même étrange, cet assassinat. Elle passa au dossier suivant, loin de se douter qu’elle venait de lire le dossier du père de Kyû, le petit empathe numéro 9 de la M-Organisation, aujourd’hui décédé.




Glenn soupira. Justine savait, maintenant. Elle savait que c’était lui qui l’avait drogué tout ce temps. Glenn avait une bonne excuse, mais il n’était pas certain que Justine le pardonnerait. Le Commissaire Brants termina enfin d’énoncer les crimes de tout le monde.

- Voilà, conclut-il. Maintenant, Justine, la loi dit que vous avez droit à parler à la personne de votre choix, et ce pendant un quart d’heure. Sachez que la police se réserve le droit de censurer des informations confidentielles. Je vais vous laisser aux mains du Commissaire Merlan, car ce message était enregistré. Au revoir, Chapeliers, bon séjour dans l’Abysse.

La tête du Commissaire disparut. Elle fut remplacée par une tête chauve coiffée d’une casquette de policier.

- Bonjour, je suis le Commissaire Merlan. Je vous parle en temps réel. Justine, à qui voulez vous parler ?

Glenn croisa les doigts pour que ça ne tombe pas sur lui. Après tout, elle était peut-être trop triste pour lui parler en face… Mais c’était mal la connaître – connaître la vraie Justine, s’entend.

- Glenn ? Très bien. La communication se lancera dans trente secondes.

Le militaire poussa un autre soupir. Il allait devoir l’affronter. Il ne savait pas à quoi s’attendre… la seule fois où il l’avait vu sans un seul gramme de drogue dans le sang, c’était durant son combat contre elle - et la jeune femme n’avait pas hésité à lui foutre une raclée.

- Communication établie.

Un silence se fit, tandis qu’un compte à rebours remplaçait la tête du Commissaire Merlan. Justine prit finalement la parole. Elle avait la voix cassée, comme si elle avait trop crié – ce qui devait être le cas.

- Glenn ?
- Je t’entends, répondit-il, tendu.
- Est-ce que tu m’aimes ? Pour de vrai ?

Sa voix était sourde, sans émotion. Glenn pâlit devant une question si directe. Lui-même ne connaissait pas vraiment la réponse. Certes, il lui avait dit qu’il l’aimait, ce soir-là, à l’arène. Et il était sincère. Justine était marrante… Elle n’était pas trop moche, voire plutôt belle… Et il l’appréciait peut-être plus que la majorité des gens… Mais était-ce suffisant pour déclarer aimer quelqu’un ? Surtout vu ce qu’il lui avait fait…

- Je suppose que oui, répondit Glenn, presque en chuchotant.
- Tant mieux pour toi. Moi, dans tous les cas, je ne t’aime pas.

Ces mots transpercèrent Glenn comme des stalactites glacées. Elle ne mâchait pas ses mots, quand elle était en colère.

- Pourquoi m’as-tu droguée ? Réponds-moi. Sans mentir, ajouta-t-elle.
- Je peux tout t’expliquer…
- Je ne souhaite que ça… soupira Justine, comme si elle était exaspérée par la lenteur d’esprit du militaire.
- Ben, je me suis dit que pour ma survie, il valait mieux que tu sois un peu dans les vapes. Alors quand tu as battu mon Pokémon, je t’ai drogué – une minuscule seringue projetée par de l’air comprimé, le tout très discret et sans douleur. Ca n’a pas marché comme prévu, je voulais m’enfuir mais tu as lutté quelques minutes de plus contre la drogue, le temps de m’emprisonner. Et après, j’ai continué à t’en verser de temps en temps dans ton verre d’eau – tu étais trop désorientée pour t’en rendre compte. Ce n’était pas une substance très puissante, mais elle supprimait tes réflexes et embrumait ton esprit. Et après, quand on a commencé à sortir ensemble, je n’étais pas sûr de tes sentiments. Je voulais que tu m’aimes, pour de vrai.
- Donc tu m’as drogué encore plus, devina Justine.
- Oui. Je suis passé à quelque chose qui te rendait excessivement enjouée et excessivement… excitée, au sens sexuel du terme.
- Ouais, en gros tu m’as droguée pour que je couche avec toi, résuma Justine d’une voix acerbe qui ne lui ressemblait pas du tout.
- … Faut me comprendre, à Sekai no Zu y’avait que deux filles, dont une garce et une en couple ! tenta de se justifier Glenn.
- T’as aucune excuse, t’es un bâtard, point barre.
- Justine… plaida Glenn.
- T’étais en insuffisance sexuelle ? railla-t-elle. Fallait te taper quelqu’un d’autre que moi ! Je suis lesbienne et je ne t’aime pas, c’est dans mes gènes. Maintenant je me sens souillée, j’ai l’impression d’avoir raté une partie de ma vie – une partie importante en plus ! s’énerva-t-elle.
- Je suis vraiment désolé Justine… Mais tu étais ma drogue à moi, et quand on y goutte, on en veut toujours plus… Je voulais retarder au maximum le moment où tu découvrirais que ce n’était peut-être pas tes vrais sentiments… murmura Glenn.
- Pour le coup, ce n’était pas les vrais ! répliqua Justine, avec un peu moins de véhémence qu’auparavant, cependant. J’imagine par ailleurs qu’il est inutile de te dire que je romps…
- Effectivement, c’est inutile, je crois que j’avais deviné… soupira Glenn.
- Tant mieux.
- Les quinze minutes touchent à leur fin… marmonna Glenn. Je ne sais pas si je te reverrai un jour, mais j’espère que tu m’auras pardonné, d’ici là. Encore navré, Justine.

Un silence s’ensuivit. Quand elle daigna enfin parler, sa voix était tremblotante, comme si elle pleurait silencieusement.

- Sache que je t’en veux à mort, monsieur le militaire… Adieu.
- Adieu… souffla Glenn en retour.

La communication se coupa. Les quinze minutes étaient écoulées. Glenn resta là, un peu sonné par la dernière phrase. « Monsieur le militaire ». Cette appellation était une sorte de jeu entre eux, une moquerie sympathique qui les faisaient rire, à l’époque où Justine ne sortait pas encore avec lui. Est-ce que cela voulez dire qu’elle pourrait un jour lui pardonner ? Que les compteurs étaient remis à zéro, qu’ils étaient de nouveau amis et non amants ? Il avait envie d’y croire. Vraiment. Mais est-ce qu’il l’aimait vraiment ?

« Bah, j’ai cinquante ans d’ennui pour y réfléchir… » Songea-t-il.

C’est en pensant cette phrase qu’il se rendit compte qu’il ne la reverrait peut-être jamais. Que cette conversation avec elle était sûrement la dernière. Alors, l’ampleur de ce qui l’attendait lui tomba dessus, d’un coup. Il allait crever ici. Ou s’il vivait longtemps, il allait passer des centaines d’heures à ne rien faire.

Si son corps n’était pas entravé par Dieu sait quelle drogue – la drogue, toujours la drogue -, il se serait mit à frapper la paroi de verre jusqu’à ce que ses doigts saignent. Faute de quoi, il ferma les yeux, et sombra dans un sommeil profond.




« Prénom : Xerxes
Nom : Break
Né le : ?
Interné le : 5 Mai 2008
Fin d’internement le : 3  Février 2009
Interné en hôpital psychiatrique pour la raison suivante : A été retrouvé blessé dans la rue et dit venir d’une autre planète.
Psychiatre Référent : M. Jorge

Compte rendu d’internement :

Mai 2010 : Le patient dit venir d’un autre monde. Il raconte qu’il était en plein combat avec une créature de l’Abysse ( ?), et que tout d’un coup, il s’est retrouvé dans une ville qui ne ressemblait en rien à son monde. Tout était différent, des maisons au sol. « Tout semblait si… volumineux… » tels ont été ses mots. Il est renfermé sur lui-même, au niveau caractériel.

Juin 2010 : Il nous révèle qu’il n’aime pas du tout ce monde, qu’il préfère de loin le sien, que le notre est fade. Il apparait maintenant plus naturel, il bavarde, fait des plaisenteries, et mange des tonnes de sucreries – il dit que c’est la seule chose vraiment géniale dans ce monde : les sucreries sont meilleures. Je tente de le convaincre que les autres mondes n’existent pas, mais rien à faire. Je n’abandonne pas.

Juillet 2010 : Il se comporte comme un clown, et discute avec les infirmières. Il semble parfaitement sain d’esprit et bon vivant, et trouve que les fous ne sont pas fréquentables. S’il ne persistait pas à croire qu’il venait d’un autre monde, on pourrait le qualifier de normal – bien qu’il ait quelques manies assez étranges, comme se cacher dans les placards pour faire peur au gens.

Aout 2010 : Le patient ne parle plus de l’autre monde, il semble l’avoir oublié. Je pense que la vie en société lui fait beaucoup de bien.

Septembre 2010 : Faux espoirs, il me reparle à nouveau d’un autre monde. Il s’inquiète pour une jeune fille nommée Sharon. Je lui dis qu’il faut qu’il se concentre sur le présent. Quand je lui ai dit ça, il m’a regardé comme si j’étais un imbécile, et a hoché la tête.

Octobre 2010 : Il délire de plus en plus, c’est une sorte de rechute. Il dit avoir plus de quatre-vingt ans – alors qu’il en parait une vingtaine – et dit qu’il va mourir bientôt, de vieillesse. Je tente de le persuader qu’il est jeune, mais il est borné.

Novembre 2010 : Le patient est toujours aussi persuadé de venir d’un autre monde. Je tente l’hypnose, pour le persuader du contraire, sans succès.

Décembre 2010 : De nouveau, il ne parle plus de l’autre monde. Je constate une nette amélioration. Il se comporte en humain normal.

Janvier 2011 : L’ambiance festive de la nouvelle année semble l’avoir convaincu qu’il n’y a pas d’autre monde. Il dit se rappeler où il habitait et veux y retourner. Je le comprends, il semble redevenu un homme sain qui veut simplement rentrer chez lui après une période de trouble trop longue.

Février 2011 : Je signe son autorisation de sortie. Il me semble totalement guéri de cette folie. Il s’en va, non sans avoir salué au passage toutes les infirmières. Je suis un peu triste.

Résultat de la thérapie : Succès »

Rachel reposa le dossier du défunt petit ami de Cat, et passa au suivant.




Killian sillonnait le Bois aux Chênes, accompagné de son Arcanin. Usant de Vitesse Extrême, les deux acolytes se déplaçaient aussi vite qu’un avion à réaction. Les sens aiguisés de l’Echo percevaient le moindre bruissement de feuilles, le moindre sifflement de vent, le moindre cri de Pokémon. Les arbres défilaient devant ses yeux, mais il avait le temps de voir chaque détail. Il humait l’air, parfumé à la sève, au miel et à la terre humide – il avait plu quelques jours auparavant. C’était pour percevoir toutes ces choses que Killian adorait résonner avec son Arcanin, son Pokémon dont les cinq sens étaient les plus développés.

Le jeune homme entendit soudain un grésillement inhabituel. Comme une décharge électrique, mais constante, qui se répétait. Il s’arrêta de courir, et son Arcanin en fit autant. Le Pokémon tendit l’oreille, et à travers lui, Killian put définir d’où provenait cet étrange son. Sud-Ouest. Ils se remirent à courir dans cette direction, et débouchèrent dans une clairière. En son centre trônait l’immense arbre, large comme une centaine d’arbres de taille normale, haut comme un immeuble à dix étages.

- Tiens, le Grand Chêne… Ca faisait un moment que j’étais pas venu ici… La dernière fois c’était avec Melosa…

Il soupira, et se reconcentra sur le bruit. Pas de doute, c’était bien du Grand Arbre que ça venait. Il s’approcha, et s’arrêta net à quelques mètres de l’entrée dans le tronc. Une barrière. Il la sentait. Elle était énorme et englobait tout l’arbre. Il rappela son Arcanin, et sort Moona, sa Séléroc. C’était elle la spécialiste en barrière. Il se mit en résonnance avec elle, et entreprit de sonder la barrière.

- Wow, du travail de pro… Sûrement un dresseur talentueux, c’est du solide ! s’étonna Killian. Indétectable, transparente, et de type Ténèbres en plus ! Et électrifiée, qui plus est… C’est plus sûr, mais ça m’a permit de la détecter, donc c’est dommage. Bon, désactivons là…

Cela allait être corsé, une barrière de ce niveau. Mais Killian était un professionnel. Sans plus étendre, il posa sa main sur la barrière invisible. Il ne sentit pas la décharge, protégé par un gant psychique. D’un coup de Psyko, il fit apparaître le « code génétique de la barrière » sur la barrière elle-même. Des cercles lumineux apparurent, de différentes tailles, ainsi que des lignes qui les reliaient entre eux. Le tout été animé, comme un engrenage géant. D’une main assurée, Killian commença à déplacer des cercles, à changer certaines connectiques. Il en créa même de nouvelles. Un dernier mouvement, et un tiers des cercles disparurent en même temps.

- Bon, j’ai déjà viré l’électricité… Passons à la suite.

Une demi-heure de déplacement de connectiques plus tard, les derniers cercles disparaissaient, et la barrière s’évapora avec eux. Killian sourit, et entra à l’intérieur de l’arbre. De surprise,  il en lâcha la Pokéball de Moona. Bleuts Prussalia se tenait assise là, en train de mordre dans un Ratata sanguinolent. Elle le fixa, hagarde, mais elle ne pipa mot. Killian ramassa sa Pokéball, et s’avança à pas lents. Elle recula d’autant qu’il avançait.

- Bleuts Prussalia ? C’est vous ?

La jeune fille n’eut aucune réaction, comme si elle ne comprenait pas ce que cet homme lui disait.

- N’ayez pas peur, je ne vous veux pas de mal... murmura Killian.

Ce n’était pas vraiment un mensonge, mais ça n’en était pas loin. Il n’était pas encore sûr de ce qu’il allait faire de la jeune fille. La tuer, la livrer, ou la protéger ? Il avait décidé qu’il aviserait une fois qu’il l’aurait trouvé, mais maintenant qu’elle était là, il avait du mal à se décider. Il tendit la main. La jeune fille y vit un signe d’attaque. Elle bondit et tenta de le frapper au visage. Killian n’esquissa pas un seul mouvement, et le bras vint se stopper tout seul à deux centimètres de sa joue, retenu par l’énergie psychique de Moona. Killian ne riposta pas.

- Tu vois ? Je ne veux pas te faire du mal.

Autre coup de poing, stoppé lui aussi sans efforts. Puis un coup de pied, et même un coup de boule. Killian dut entraver totalement le corps de Bleuts, mais ce n’était pas très difficile. Finalement, il l’éloigna de lui d’un geste de la main, en y mettant le moins de violence possible. Elle retomba sur les fesses à quelques mètres de lui.

- Soit une gentille fille. Arrête de m’attaquer. Tu es l’amie de Silver, je ne veux pas te tuer, mais si tu m’y oblige…

La blonde semblait sourde. Encore et encore, elle tentait de frapper cet inconnu qui venait troubler la paix et mettait en danger sa vie. L’instinct de survie avait toujours le dessus dans le corps de Bleuts.

- S’il te plait, arrête toi… plaida Killian. J’ai tué trop de gens dans ma vie… Et si je te tue, Silver me haïra… Je t’en prie… murmura-t-il.
- C’est inutile, fit une voix.

C’était une voix féminine, bien qu’un peu grave. Une voix peinée, triste. Killian se tourna, mais il ne vit personne. La voix semblait venir de nulle part.

- Tu ne me trouveras pas. Je parle à ton Pokémon, et c’est parce que tu es en communion avec lui que tu peux m’entendre, expliqua la voix. Je suis un Esprit, et les esprits ne peuvent parler qu’avec les Pokémon.
- Qui es-tu ? demanda Killian – et il s’étonna de tutoyer cette inconnue.
- Je suis l’esprit de Bleuts Prussalia, répondit-elle.
- Son esprit ?! Mais tu n’es pas censée être à l’intérieur de ce corps ? s’étonna Killian en désignant la blonde qui s’acharnait à le frapper.
- C’est là que j’habitais. Mais j’étais tellement triste que l’Instinct m’a chassé du corps.
- L’Instinct ? Excuse-moi, mais je ne comprends rien à ce que tu me racontes.
- Dans un être, il y a trois parties bien distinctes : l’Esprit, le Corps, et l’Instinct. Le Corps obéit à l’Esprit, il bouge selon ses désirs. Si l’Esprit demande de lever la main, le Corps lèvera la main. En ce moment même, c’est ton esprit qui me parle par le biais de ton Corps. Le Corps, s’il est seul, n’est capable de rien, même pas de respirer. Il meurt donc. L’Instinct, c’est le côté bestial de chacun de nous. Par moment il dort, par moment il se réveille. Quand il est réveillé, c’est la catastrophe : l’Instinct n’a qu’une peur, c’est de disparaître. Il va donc lutter pour survivre, quitte à tuer des gens ou à être cruel. C’est le côté « fou » des humains. J’étais tellement triste que je me suis affaiblie, et l’Instinct était trop fort. Il a lutté et m’a chassé du Corps de Bleuts. Maintenant, il est trop fort pour que je puisse récupérer mon Corps.
- Je… crois que j’ai compris. C’est complexe, ton histoire, fit remarquer Killian.
- Hm. Bon, maintenant fini les leçons chiantes sur de quoi est composé l’Humain, est-ce que je peux savoir ce qu’un Echo fout ici ? demanda la voix avec une pointe d’agacement.

Killian fut désarçonné par le changement de ton de la voix. Il était passé d’un sage esprit rempli de savoir à une jeune fille en pleine crise d’adolescence.

- Je suis Killian Heart, j’ai pour mission de te tuer – enfin ton corps. Mais je n’en ai pas l’intention. J’aime Silver, et je ne veux pas te tuer.
- Je vois. Et il t’aime aussi, Silver ? demanda l’esprit de Bleuts, curieux.

Il y eut un silence gêné entre l’esprit et l’Echo. Le Corps et l’Instinct de Bleuts, par contre, n’en avaient rien à carrer, et continuaient à tenter de frapper Killian, qui parait sans réfléchir.

- Je vois, soupira Bleuts. Il ne t’aime pas, c’est ça ?
- Non, asséna tristement Killian.
- Toi aussi tu es triste… soupira à nouveau l’esprit.
- Oui… Il a dit qu’il ne m’aimait pas, qu’il ne m’aimerait jamais, et qu’il s’en excusait. Il m’a dit que j’étais le type parfait mais qu’il ne parvenait pas à m’aimer autant que ce qu’il aimer ce connard de Gold…
- Le type avec qui il sortait ? se souvint Bleuts.
- Ils ont cassé il y a peu.
- Oh. Et t’as voulu tenter ta chance, mais ça n’a pas marché.
- Voilà, confirma Killian d’une voix éteinte.
- Moi c’est pire. J’ai assassiné mon petit ami.

Deuxième silence, bien plus pesant cette fois. Enervé, Killian repoussa un peu trop violemment le corps de Bleuts, qui s’écrasa contre la paroi d’en face et s’évanouit. Il n’y prêta pas attention.

- Tu as fait quoi ?! s’emporta Killian. Qui as-tu tué ?! QUI ?!
- Roku. Le type que Kanon a sûrement fait soigner à l’hôpital.
- Tu l’as tué ?! Mais pourquoi ?! s’insurgea Killian.
- C’est une longue histoire…
- Je ne suis pas pressé, répliqua le jeune homme, toujours autant révolté.
- Eh bien, tu sais peut-être que moi et mes amis – à savoir Cat, Shuu, Kanon, Mey et Mentaline -, ne sommes pas de ce monde.
- Admettons. Vous venez de quel monde dans ce cas ? railla Killian.
- D’un monde sans Pokémon.
- Absurde !
- C’est la vérité. Melosa a du t’en parler, d’ailleurs.
- C’est vrai qu’elle a évoqué l’idée, mais je ne l’ai pas crue…
- Silver nous a cru, lui, répliqua Bleuts.

Un à zéro en faveur de Bleuts.

- Je ne te crois pas, fit Killian, désarçonné.
- Menteur. Bref, je disais donc qu’on venait d’un autre monde… Le problème c’est que dans chaque monde, on a un équivalent. Cela veut dire que dans mon monde, il y a quelqu’un qui aura le même Esprit que toi. Or, si deux Esprits identiques se retrouvent dans le même monde, c’est celui qui est arrivé en dernier qui doit disparaître. Donc pour ne pas disparaître, nous devons tuer ce « Jumeau Spirituel ». Roku aussi venait d’un autre monde, et il allait mourir prochainement car il n’avait pas encore tué son Jumeau. C’est alors que San – un type blond encore plus sexy que toi, c’est dire -, a déclaré qu’il avait trouvé et emprisonné le Jumeau de Roku. Je suis parti à sa recherche, laissant Roku tout seul – il était blesser – et j’ai fini par le trouver. Je l’ai tué, et en fait…
- … il s’agissait du vrai Roku, termina Killian. C’est assez invraisemblable, mais on va dire que je te crois.
- Ca m’a détruit, quand j’ai compris. Et je suis toujours en miettes, même si je le cache… soupira Bleuts. Je ne suis plus qu’un minable esprit, sans corps. Je pourrais disparaître, monter au Ciel, mais je veux surveiller mes amis et m’assurer qu’ils vont bien. Voire les aider… acheva-t-elle, d’une vois peinée pleine de remords.
- Tu l’aimais, ce Roku ?
- Plus que tout au monde, répondit Bleuts sans réfléchir.
- Je peux comprendre ce que tu ressens, même si ça doit être 100 fois pire pour toi… soupira Killian.
- Hm…

Enième silence. L’instinct et le corps de Bleuts étaient toujours dans les vâpes.

- Que devrions-nous faire, maintenant ? demanda Killian.
- Tue mon corps. C’est ta mission, après tout, et dans tous les cas, je ne pourrais pas le récupérer.
- Tu es sûre que tu veux le tuer ? Certaine ? C’est quand même là-dedans que tu as vécu… fit remarquer Killian, embêté.
- Si un jour ton esprit quitte ton corps, tu te rendras compte que le corps, c’est peu de chose. Ton esprit vaut mille fois mieux que lui, dit Bleuts d’une voix profonde.
- Mais si je te tue, tes amis vont être tristes…
- Je sais. Mais ça vaut mieux. Je ne veux pas que d’autres personnes viennent souiller le tombeau de Roku.
- Très bien. Tu veux reposer à ses côtés ? questionna Killian.
- S’il-te-plait.

Killian ne chercha pas plus loin. Il brisa la colonne vertébrale du corps de Bleuts d’un claquement de doigt. L’Instinct de Bleuts mourut en même temps que le cœur s’arrêta de battre. Puis Killian prit une photo du corps, souleva de la terre avec les pouvoirs de Moona, et y fit entrer le Corps de la blonde. Il lui ferma les paupières, et replaça la terre. Il sortit ensuite de l’arbre, et érigea une nouvelle barrière, bien plus puissante que la précédente.

- Personne ne viendra troubler ce lieu. Pour l’éternité, assura Killian.
- Merci, répondit Bleuts. Je peux rester avec toi ? Dans ton esprit s’entend. Je ne te dérangerait pas.
- Entendu. Je me sentirais moins seul, ainsi…

Il sortit son Pokématos, et envoya un MMS au Général Valter.

J’ai tué Bleuts Prussalia. Elle s’était planquée dans le Bois aux Chênes. Je l’ai enterrée.

Cordialement, Général Heart.





« Prénom : Shuu
Nom : Jaggerjack
Né le : 21 janvier 1998
Interné le : 2 Janvier 2006
Fin d’internement le : 10 Mars 2008
Internement pour la raison suivante : Assassine son grand frère
Psychiatre référent : M. Jorge

Compte rendu d’internement :

Janvier 2008 : Première rencontre avec le patient. Il est agressif, acerbe et vulgaire. Quand je lui demande pourquoi il a assassiné son frère, il me dit « Ca m’est venu comme ça. Je le détestais. Je me suis dit : Pourquoi ne pas le tuer ? Et je l’ai fait, tout simplement. ». Si je tente de lui demander autre chose, il m’envoie bouler. Je note qu’il a une excellente répartie, pour son âge.

Février 2008 : Il s’est un peu calmé. Il répond à mes questions, désormais. Il n’aime pas ses parents, et il détestait son père. Il me dit que ses parents sont riches, mais que c’est grâce à Alexandra, sa mère. Son père est extrêmement avare, mais sa mère est plus gentille et achète plein de choses au patient. Il dit qu’ils ne lui manquent pas, et qu’il ne regrette pas d’avoir tué son frère.

Mars 2008 : Revirement de situation. Du jour au lendemain, il devient amical et gentil. Il commence à regretter le meurtre de son frère. Il ne se mêle pas aux autres internes et reste dans son coin. Il aime lire.

Avril 2008 : Il lit tout le temps. Du matin au soir. Il a avalé le stock de livres de l’hôpital en quelques semaines, et se plonge maintenant dans des ouvrages psychologiques ou philosophiques. Il lit Freud, à seulement huit ans.

Jusqu’à Décembre 2008 : Il regrette maintenant son assassinat, et veut se racheter. Il lit toujours autant, et a des débats philosophiques avec des psychiatres, qui le trouvent instruit et intéressant. Les tests de QI le révèle plus intelligent que le moyenne, mais pas surdoué non plus.

Janvier 2009 : Le patient est en contact avec une certaine Mista. Je ne sais pas de quoi il discute – par lettre – mais il est question d’un financement. Le patient me confit par la suite que c’est une organisation pour lutter contre la déforestation, et il soutient ce groupe avec son argent de poche – ce qui représente près de 10 millions d’euros.

Février 2009 jusqu’à Mars 2010 : Le patient semble parfaitement prêt à se réintégrer à la vie normale. Il est gentil, attentionné, intelligent, et pendant un an, il a prouvé son calme et sa patience. Je le déclare à nouveau sain d’esprit, et met fin à son internement le 10 Mars 2010. Il sera tout de même suivi par un psychologue, à raison d’une séance tous les deux mois, pour éviter une rechute.

Résultat de la thérapie : Succès. »

Rachel s’était figée. Ce dossier était celui du garçon qui avait entrainé ses sœurs à la mort. Elle s’en souvenait très bien. « Cet homme est mort, aujourd’hui, et pourtant j’ai envie de le tuer… » pensa-t-elle. Ses petits poings se serrèrent.

« Non, je ne vais pas recommencer à tout casser, ça n’enlèvera pas ma haine et ma tristesse… Rien ne peut me soulager… A part la mort… »

Sans plus tergiverser, elle prit la couverture du dossier, en matière plastique très coupante, et commença à scier son avant bras gauche. Cela faisait mal, mais elle devait atteindre la veine. Le sang gicla enfin, et soulagée, Rachel sombra dans le néant.

Le hasard voulut qu’elle meure exactement au même moment que sa sœur.




Le corps de Midona s’effondra en silence sur le parquet du salon de Lance Wataru. Le temps sembla s’arrêter. Le sourire de Yon s’étira. Le visage de Ni revêtit une expression de fureur sans borne, tandis que Mista n’avait aucune réaction. Lance était surpris. Puis, tout se passa très vite. Le flingue dans la main de Yon s’évapora, et ses jambes se figèrent dans un énorme bloc d’or. Il se tourna comme il put vers Ni.

- NI ! Libère moi immédiatement ! hurla Yon.
- Tu as tué Midona… Je n’ai aucune raison de te libérer…

Le ton morne de Ni contrastait avec la colère qui déformait son visage. Il fixa Lance Wataru.

- Fuit, lui lança sèchement Ni. Cette petite est morte pour toi, alors décampe au plus vite. Je ne suis pas ton allié, mais j’adorais Midona. Elle ne doit pas mourir en vain, donc casse-toi sur l’un de tes dragons et reste en vie. Je m’occupe de les retenir.

Lance ne tergiversa pas longtemps. Il murmura un « Merci », embrassa le corps de Midona sur le front, et sortit un Dracolosse. Il monta dessus et s’envola, trouant au passage le toit de sa maison.

Mista eut enfin une réaction. Visiblement, elle était intérieurement très surprise de la réaction de Ni et Midona, et avait été trop hébétée pour ordonner quelque chose avant. Tout s’était passé trop vite.

Ichi, lui, n’avait pas bougé d’un pouce. Il attendait les ordres pour agir.

- Je veux que tu me le rattrape, Ichi ! hurla Mista de sa voix stridente.
- Tout de suite, Lady World, sourit Ichi.

Son bras élastique fusa, s’étendant sur plusieurs mètres, mais il fut tranché net par une lame en acier tombée du ciel. Ichi regarda Ni, qui venait de claquer des doigts.

- Tu oses nous empêcher d’agir ?! Tu te révolte ?! Sale traitre ! lança Ichi.
- Je ne me révolte pas. Je suis toujours dans votre camp. Simplement, je veux que vous laissiez cet homme s’échapper, expliqua tranquillement Ni.
- C’est un ordre de Lady World. Tu ne peux pas désobéir, sinon tu mourras, répliqua ichi d’une voix froide.
- J’en doute, ricana Ni.
- Dois-je le tuer, Lady World ? Cela me ferait grand plaisir, demanda Ichi.

Le silence tomba. Yon, toujours immobilisé au sol par un bloc d’or, observait la joute entre le numéro deux et le numéro un. Les deux hommes se faisaient face. C’était à M-M de décider s’ils allaient se battre à mort. Mais sa réponse fusa, implacable.

- Non, Ichi. Je t’interdis de le tuer, trancha-t-elle.
- Pardon ?! Il nous a trahi ! s’emporta Ichi.
- Tais-toi, souffla-t-elle.

Ichi se figea alors, comme s’il avait reçu une décharge électrique. L’ordre de Mista avait résonné dans toute la pièce, alors qu’elle l’avait à peine murmuré. La voix n’était d’ailleurs pas la même : elle était plus grave, profonde, comme si elle n’était pas naturelle. Plus choquant encore, les yeux auparavant bleu électrique de la jeune femme étaient devenus blancs, comme si ils avaient roulé dans leurs orbites.

- Infinity… murmura Ni, hébété.
- Je n’aime pas l’utiliser, dit Mista de la même voix inhumaine. Mais je sens une atmosphère mauvaise au sein de notre Organisation. Il est temps de remettre les choses en place.

Un frisson parcourut les trois hommes de main de la jeune femme.

- Yon. Tu n’aurais pas dû tuer la petite Midona. Elle nous était utile.

Yon eut alors une réaction étrange. Il s’agenouilla devant M-M – Ni l’avait libéré dès que Mista avait commencé à parler bizarrement – et baissa la tête.

- Je m’en excuse, Maîtresse.
- Je l’espère bien. Je veux également que tu t’excuses auprès de Ni, elle lui était très chère.

Yon se releva et s’agenouilla à nouveau, devant Ni cette fois.

- Pardonne-moi, Ni.
- Accepte ses excuses, fit la voix étrange de Mista.
- Je te pardonne, Yon, souffla Ni.
- Voilà qui est bien mieux, fit-elle avant de se tourner vers Ni. Tu n’attaqueras plus jamais tes coéquipiers, Ni.
- Je le jure, M-M, répondit servilement l’homme.
- Nous allons enterrer Midona. Ne pas parler sans mon autorisation.

Les trois hommes acquiescèrent. Les yeux de Mista redevinrent bleu, et sa voix fut de nouveau aigue et enjouée. Ni ramassa tendrement le cadavre de Midona, et ils sortirent tous à l’extérieur. La maison était intacte, et le jardin toujours aussi enchanteur et rempli de Pokémon rares. Personne n’aurait pu deviner que le chef du Gouvernement venait de survivre de peu à une tentative d’assassinat et qu’une jeune fille innocente venait de mourir tragiquement pour sauver le monde.

Ichi creusa un trou en quelques minutes en transformant sa main en pelle, et Ni y déposa délicatement le corps de Midona. Il fut recouvert de terre. Le silence se fit dans le magnifique jardin. Les Pokémon comprirent qu’un événement tragique était survenu, et se rassemblèrent autour de la tombe improvisée.

Ni gardait un visage vide d’émotion, mais il était détruit à l’intérieur. Pendant plus de vingt ans, il avait était seul, sans personne avec qui parler. Puis Midona était arrivée, sa vie avait changé et il s’était sentit accompagné par autre chose que le vide, le silence, et la haine. Et elle aussi. Ils étaient ennemis par le sang, mais liés par la douleur et la solitude. Elle, perdue dans un monde qu’elle ne connaissait pas, seule et prisonnière d’une organisation dont elle ne comprenait pas le but ; lui, désespérément seul depuis sa naissance.

Dire qu’elle s’était sacrifiée pour un inconnu… Ni n’en revenait toujours pas. Il aurait été incapable de se sacrifier pour le bien commun. Midona avait un désir de sauver des vies que lui-même n’avait pas. Elle voulait empêcher Mista d’arriver au pouvoir, et elle savait que le mieux qu’elle pouvait faire, c’était de laisser le plus puissant dresseur de Johto s’échapper. Ni ne voulait pas qu’elle soit morte en vain, et c’est pourquoi il avait laissé s’enfuir Lance Wataru. Mais maintenant, il se sentait misérable. Il s’était ligué contre M-M, mais en comparaison de ce qu’avait fait Midona, c’était minable, pitoyable. Il voulait l’aider plus, il voulait sauver le monde, pour elle. Mais il ne pouvait pas. A cause de Mista. Quand elle prenait cette voix, il était impossible de lui désobéir, comme si une force mystérieuse s’insinuait dans l’esprit de ni et prenait le contrôle contre sa volonté.

Ni avait appelé ce pouvoir « Infinity », parce qu’il n’avait pas de limite, parce que rien ne pouvait lutter contre lui. C’était un pouvoir divin, plus puissant encore que celui de Yon, San ou même Ichi, puisqu’il agissait sur l’esprit des gens. Sans ce don, Mista n’aurait jamais pu contrôler un tel rassemblement de personnes aux pouvoirs surnaturels. Et tant qu’elle serait en mesure d’utiliser Infinity, il sera très difficile de lui désobéir.

Mais l’heure n’était pas à la réflexion ; l’heure était à la tristesse. Silencieusement, Ni ramassa quelques fleurs et vint les déposer sur la tombe improvisée de son amie. Il ne versa pas de larmes, garda la tête haute et un visage dénué de toute émotion. Privé de parole à cause d’Infinity, il ne put pas dire ses derniers mots à l’âme de Midona. Néanmoins, il les pensa si fort qu’elle les reçus tout de même.

« Mourir pour sauver un monde qui n’est même pas le tien… Tu es tellement idiote… Mais c’est pour ça que je t’aimais, fillette. Dors en paix, je m’occupe de sauver le monde, de sauver les êtres qui restent et d’honorer ceux qui ne sont plus vivants. Je sauverai tout le monde. Je te le promets, Midona. »

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Dernière édition par Shuu le Dim 11 Aoû 2013 - 16:13, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Sam 28 Avr 2012 - 17:03

En retard, encore et toujours... Bon là y'avait les vacances mais bon --' Bon, en théorie, vu que l'histoire des arts est passée, je vais retrouver un rythme approximativement régulier. On va dire que maintenant, le chapitre, c'est le Samedi =D Bon, vous commencez à être habitué, petit récapitulatif des évènements :

Spoiler:
 

Voilà, bonne lecture !




La bibliothèque de l’Abbaye Shiste de Rosalia était pour le moins impressionnante. Mentaline,s’y était rendue deux jours après son baptême. C’était une grande salle, en forme de triangle équilatéral. Au centre se trouvait trois boules de verre colées sur un gros socle en métal, et dans chacune d’elle se trouvait un coussin noir qui flottait doucement, pareil à un nuage dans le ciel. Mais le plus imposant, c’était la hauteur des étagères. Hautes de plus de 25 mètres, elles tapissaient tous les murs, et étaient protégées par des vitrines. Même le cerveau sans égal de Mentaline ne pouvait réussir à tous les compter.

Aussi, quand elle s’avança dans la pièce accompagnée de Sœur Shana, elle crut qu’elle était arrivée au paradis. En effet, la jeune fille aimait lire ; son esprit avait soif de connaissance, aussi, dès qu’elle fut capable de lire, elle ne passa par les classiques livres pour enfant, et encore moins par les romans d’aventure, policiers, thriller, ou même fantastiques. Mentaline était et est toujours persuadée de ne tirer aucun savoir de ce genre de bouquin, et lit donc uniquement des documentaires, des revues scientifiques, des traités de psychologie et des encyclopédies. La seule chose divertissante qu’elle ait jamais lu, c’était l’intégrale des Shakespeare en version originale.

- Voici la Bibliothèque de l’Abbaye, Sœur Mentaline, indiqua Sœur Shana.
- Wow… souffla Mentaline.
- Je ne sais pas exactement pourquoi tu recherches tant le savoir, mais c’est une bonne chose.
- Vous l’apprendrez en temps voulu, Sœur Shana, lui sourit Mentaline.
- Je l’espère, répondit la rousse en lui rendant son sourire.

Elle allait s’en aller, mais Mentaline la rattrapa.

- Attendez, vous ne m’avez pas expliqué comment on atteignait les étagères du haut…

Sœur Shana la regarda, et éclata d’un grand rire.

- Tu mens vraiment comme une arracheuse de dent ! ricana-t-elle.

C’était tellement incongru de voir la bonne Sœur se lâcher et rire à ce point, que Mentaline se mit à rire à son tour.

- Trêve de plaisanterie, reprit Sœur Shana après s’être calmée. Je ne t’ai pas expliqué pour la bonne et simple raison que j’ai autre chose à faire, que c’est plus marrant de découvrir seul, et que tu as déjà une idée de comment ça fonctionne. Je ne sais pas pourquoi tu t’entêtes à paraître superficielle et idiote, ça ne t’apporte rien et ça fait perdre du temps aux autres. Je te laisse à ton savoir…

La rousse s’éclipsa, laissant Mentaline seule dans la pièce. La jeune femme se sentait mal ; Sœur Shana avait raison bien sûr, c’était idiot de se faire passer pour une simplette… Mais pour l’heure elle devait se concentrer sur ses recherches. C’était la priorité, la vie de ses amis en dépendait. Elle s’approcha de l’une des boules, et posa sa main droite sur la surface de verre. Comme elle l’avait prédit, la boule s’ouvrit, et Mentaline se glissa à l’intérieur. Elle s’assit sur le coussin flottant – « Lévitation magnétique… », devina-t-elle – et la boule sembla démarrer comme un ordinateur. Le socle émit un bruit de ventilation, et une image s’afficha devant Mentaline, sur le verre lui-même.

- Décidemment, ils sont très avancés technologiquement… souffla-t-elle, même si elle avait déjà entendu parler de cette chose qu’on appelait « verre électroluminescent ».

L’image se résumait à une barre noire où il était écrit, en blanc, « Vous n’avez pas encore de session, voulez-vous en créer une ? ». C’était tout, pas de bouton « Oui » ou « Non ». Perdue, Mentaline essaya la voix.

- Oui ? tenta-t-elle.

Mais la boule ne marchait apparemment pas par reconnaissance vocale. Elle remarqua alors trois objets qui lévitaient derrière elle. Mentaline pivota sur sa chaise. Il y avait un casque audio dans le style vintage - avec des écouteurs plus gros que l’oreille-, ainsi qu’une paire de gants. Satisfaite de sa découverte, elle enfila le casque, et eut la sensation étrange qu’une ventouse aspirait la peau de son crâne, bien qu’il soit couvert d’épais cheveux châtains. Aussitôt, une douce voix féminine se fit entendre.

- Bonjour, je suis l’Aide. C’est la première fois que vous utilisez ce kit Think and Touch®, voulez vous des indications sur son fonctionnement ? Pensez oui ou non pour répondre.

« Par la pensée ? Pas mal comme concept… » songea-t-elle.

- Oui, pensa Mentaline.
- Très bien. Vous êtes donc en possession d’un kit Think and Touch®, un produit développé par Strawberry, relié à une Brain Sphere, elle aussi développée par Strawberry. Le fonctionnement est très simple. Il suffit d’enfiler les Gants de Contrôle et de toucher la Brain Sphere en pensant ce que vous voulez faire, rechercher, ou écrire. Pour éteindre la Brain Shpere, il vous suffit de taper dans vos mains. Vous pouvez accéder aux réglages, tels que la température de la sphère ou la couleur du verre, simplement en touchant un endroit de la sphère avec votre petit doigt. Enfin, si vous voulez m’appeler parce que vous avez un problème, il vous suffit de claquer des doigts. Je vous souhaite du bon temps, au revoir.

La voix disparut. Mentaline jubilait. « Je suis au paradis : des tonnes de livres, un petit bijou de technologie… Magnifique ! ». Sans plus attendre, elle mit les gants, et toucha le message en pensant « Oui ». Un autre apparut immédiatement. « Veuillez entrer votre nom. », suivit d’un champ de texte vide. Mentaline fit glisser son doigt sur la barre, et devant ses yeux émerveillés, son prénom apparut au fur et à mesure qu’elle avançait sur la barre. Sans faute d’orthographe. Enchantée, elle pensa « Continuer » en touchant le verre. Elle remplit ainsi un long formulaire lui demandant sa date de naissance, sa couleur préférée (la boule se teinta automatiquement en celle-ci) et un mot de passe pour sa future session. Enfin, le formulaire disparut, et Mentaline se retrouva devant un simple cercle noir, à peine plus large que son pouce, affiché sur le verre.

Elle claqua des doigts.

- Qu’est-ce que ce cercle noir ? pensa-t-elle.
- Il s’agit du Mind Circle, répondit l’Aide dans ses oreilles. Touchez-le en pensant à une chose que vous voulez faire, et l’application correspondante apparaitra. Cette Brain Sphere étant reliée à la Bibliothèque de l’Abbaye Shiste de Rosalia, vous avez accès à la fonction « Rechercher dans la bibliothèque », et vous pourrez ainsi consulter l’intégralité des livres directement sur la Brain Sphere, tous en même temps si vous le souhaitez. Vous pouvez aussi utiliser la fonction « Faire la lecture », où tout un groupe de voix vous lira le livre, en mettant le ton et en respectant les pauses – et ce en toutes les langues existantes. Besoin d’autre chose ?
- Ca ira, merci.

Mentaline toucha le Mind Circle, et pensa « Ecouter de la musique classique ». Une douce musique au piano se fit entendre dans son casque, et le casque lui envoya mentalement le titre du morceau. « C’est juste GENIAL. », pensa Mentaline. Elle joua encore quelques dizaines de minutes avec la Brain Sphere, puis décida de se mettre sérieusement au boulot. Elle baissa le son en faisant glisser son doigt vers le bas et en pensant « Volume sonore », puis ordonna « Rechercher dans la bibliothèque » au Mind Circle. Un point d’interrogation apparut, et elle le toucha en pensant « Organisation du Gouvernement de Johto». Aussitôt, plusieurs titres apparurent de ça de là à l’écran. Elle cliqua sur l’un deux au hasard.

Aussitôt, la Brain Sphere changea. La lumière à l’intérieur se fit plus vive, un parfum discret mais reposant emplit l’air, et le coussin se vit transformé en un fauteuil confortable, avec dossier, accoudoir, et massage mécanique. Le livre apparut à l’écran, et Mentaline, au comble du bonheur dans cette merveilleuse sphère, se mit à lire, tournant les pages d’une simple pensée, prenant des notes sur un programme de traitement de texte, surlignant les choses intéressantes, mettant des marques-pages, affichant en grand certaines images.

Alors qu’elle lisait, elle eut soudain la pensée effrayante qu’elle pourrait passer sa vie dans la Brain Sphere. Elle poussa un soupir. « Les psys ont raison, la technologie finira par nous tuer… Mais en attendant, autant en profiter. » Mais elle se replongea tout de même dans son ouvrage, « La politique Johtoienne décortiquée » par Hilda Trust.


Flora et Crystal marchaient lentement, comme si de rien n’était. Il était quatre heures du matin ; quelques heures plus tôt, elles avaient découvert le message de Mentaline leur demandant de trouver un lieu qui puisse faire office de quartier général. Les deux jeunes femmes avaient ensuite discuté des endroits possibles, et s’étaient couchées, vannées. Elles se retrouvaient maintenant dans les rues de Rosalia, marchant lentement en direction de la Tour Ferraille – ou plutôt, ce qu’il en restait, la tour étant en ruine depuis belle lurette.

Elles ne croisèrent personne sur le chemin, à leur grand bonheur. Bien que Mentaline n’ait émis aucune recommandation particulière, Flora et Crystal se doutaient bien que l’opération « Trouver un QG » devaient se dérouler dans la discrétion la plus totale, cela allait de soi. Elles avaient cependant un désavantage ; Mentaline ne leur avait pas dit qui étaient leurs ennemis – car ils devaient en avoir, sinon pourquoi avoir besoin d’un QG ? – et elles ne savaient donc pas de qui se méfier. Mais le couple s’était vu confié une mission, et leur soif d’action voulait mener à bien cette tâche.

- La Tour Ferraille… chuchota Flora. C’est sûrement un peu trop délabré, et puis les gens viennent la visiter…
- Le rez-de-chaussée et le premier sous-sol certes, mais le deuxième sous-sol, il faut vraiment savoir à l’avance comment y aller, sinon impossible de deviner, répliqua Crystal.
- Si tu le sais, ça veut dire qu’il est possible de deviner, objecta Flora.
- C’est Silver qui me l’a dit. Et Silver est dans notre camp, enfin je suppose.
- Et à Silver, qui le lui a dit ? insista Flora.
- Mortimer, qui d’autre ? ricana Crystal.
- Et à ton avis, il l’a dit à d’autres gens ?
- Possible… marmonna Crystal, vaincue. Peu importe, on va bien voir.

Les deus jeunes femmes se trouvaient devant l’entrée. La tour, effondrée sur elle-même, n’avait pas belle figure, mais le lieu conservait un aspect mystique. Les tuiles en ardoise tapissaient ce qu’il restait du toit, les murs en pierre étaient en partie recouverts de lierre, et des Fantominus planaient doucement autour de l’édifice. Il ne restait qu’un seul battant à la porte à double battant, l’autre ayant été dérobée parce qu’elle était incrustée d’or pur. Flora et Crystal entrèrent, un peu intimidées.

L’intérieur n’était pas en meilleur état. Le sol était complètement détruit, et s’ouvrait sur le premier sous-sol, où trônaient les statues des trois chiens légendaires. Le plafond était à ciel ouvert, détruit, mais aucune lumière ne venait éclaircir l’endroit, légèrement éclairé par des bougies – c’était la nuit, après tout. Elles s’avancèrent et descendirent l’escalier en ruine qui menait au premier sous-sol. Une fois en bas, il faisait encore plus sombre, la seule lueur étant celle des bougies, qui passait par le trou énorme. On distinguait à peine les silhouettes des statues.

- Il est où ton fameux passage secret ? demanda Flora.
- Hmmm… En théorie, il faut enfoncer les doigts dans la Statue d’Entei, si j’ai bonne mémoire… répondit Crystal.
- Presque, c’est celle de Suicine, fit une voix caverneuse dans son dos.

Etouffant un hurlement, les deux jeunes femmes se retournèrent vivement et tombèrent nez à nez avec Mortimer. Fin et grand, il était habillé de noir de la tête aux pieds, comme à son habitude. Ses cheveux blonds encadraient son visage pâle comme la mort, et ses magnifiques yeux violets semblaient perdus dans le vague. Un Ectoplasma l’accompagnait.

- Mortimer ! lança Crystal joyeusement.
- Salut, répondit-il avec un air endormi.
- Depuis le temps qu’on ne s’était pas vu… Ca doit faire plus d’un an maintenant… fit Crystal après un instant de réflexion.
- Sans doute.
- Je te présente Mortimer, Flora, sourit la jeune femme. C’est le champion de Rosalia, Silver et moi on le connaît depuis pas mal de temps.
- Enchanté, sourit Flora, un peu intimidée par ce type complètement dans la lune.
- De même… Qu’est-ce qui t’amène ici, Crystal… ? bailla-t-il.
- Euh… On voulait voir si Silver ne m’avait pas raconté des conneries… bredouilla Crystal, embarrassée.
- Je vois… Et bien non, il y a bien un passage secret… Je vais vous le montrer si vous voulez.

Il s’avança dans la pièce, traînant des pieds. Crystal et Flora le suivirent. Mortimer enfonça deux doigts dans les yeux de la statue de Suicine, et un escalier dérobé apparut dans le flanc de la statue. Il s’y engagea sans tergiverser, et, peu rassurées, les deux jeunes femmes firent de même. La descente ne fut pas longue, mais en bas, c’était le noir total. Cela ne dura pas ; Mortimer alluma une lampe torche.

- Et voilà… Vous y êtes.
- C’est sombre… bredouilla Flora.
- C’est pas mal je trouve, répliqua Crystal.
- Magnifique endroit pour mourir, ajouta Mortimer.

Et alors, sans prévenir, des Fantominus surgirent par centaines, submergeant totalement les deux jeunes femmes. Elles hurlaient, mais les fantômes aspiraient leur énergie vitale, les empêchant de bouger. Mortimer n’eut aucune réaction, et tourna les talons.

- J’avais pour ordre de vous tuer dès votre sortie de la Scène... Désolée les filles, mais même moi, je ne peux désobéir à M-M...

Sur ce, il monta l’escalier, et le bruit confirmant qu’il avait scellé la seule sortie se fit entendre. Crystal et Flora hurlaient toujours, mais plus pour très longtemps…


« A Johto, les seules personnes à pouvoir se présenter aux élections gouvernementales sont celles qui parviennent à vaincre le Conseil des 4 ou à devenir Top Coordinateur. Lance Wataru, notre actuel Chef du Gouvernement, a battu le Conseil des 4 il y a de cela deux ans. L’année dernière, il s’est donc présenté aux élections gouvernementales – qui ont lieu tous les six ans – et a été élu devant douze autres candidats, qui avaient eux aussi vaincu le Conseil des 4. Il est donc devenu le Chef du Gouvernement et accessoirement, le Maître de la Ligue – deux fonctions différentes dans les autres régions, mais qui n’en forment qu’une à Johto.

Le Gouvernement se compose, il faut le savoir, des 39 Champions d’arène de Johto, des 10 ministres et du Conseil des 4. Leur seul pouvoir est de voter « Contre » une décision du Chef du Gouvernement. Pour résumer, le Chef propose des Lois, et la Loi passe dans tous les cas, sauf si 40 personnes ou plus dans le Gouvernement votent contre cette loi. On peut donc dire que le Chef du Gouvernement a beaucoup de pouvoir, mais le Gouvernement est là pour empêcher certaines lois de passer. Il « contrôle » le Chef.

Le Chef du Gouvernement est élu par la population de Johto. Tout le monde peut voter à partir de 16 ans, homme ou femme. Les 10 ministres sont choisis par le Chef du Gouvernement, les Champions d’Arène sont sélectionnés par leur force au combat lors du tournoi des Champions, qui a lieu chaque année. Les 39 premiers deviennent des Champions. Quant au Conseil des 4, il ne change que quand l’un de ses membres meurt, et un autre grand tournoi est alors ouvert – le Tournoi du Conseil – mais celui-ci n’a lieu que très rarement.

Le Chef du Gouvernement a également les pleins pouvoirs sur la Police, les Echoes, et l’Armée. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de « Chef de la Police », car c’est lui, le Chef de la Police. Il en va de même pour les Echoes ou l’Armée. Ces organisations peuvent bien évidemment prendre des initiatives, mais le contrordre du Chef du Gouvernement est indiscutable, s’il le prononce. »

Mentaline soupira. « C’est quoi ce mélange entre une dictature et une démocratie… Le Chef a beaucoup trop de pouvoir… Si ça se trouve c’est lui qui a ordonné notre poursuite. On va voir qui est donc ce Lance Wataru. » Elle fit glisser le livre « La politique Jothoienne décortiquée », et appuya sur le Mind Circle en pensant « Rechercher <Lance Wataru> sur Internet ». Des centaines de résultats apparurent. « Y’en a trop… Essayons un truc. »

Elle posa son doigt sur le verre, et pensa « Classer par ordre de pertinence ». Comme par magie, les noms épars se rassemblèrent pour former plusieurs listes, et ils se classèrent ensuite par ordre de pertinence. Il y a avait une liste pour les livres, une pour les vidéos, une pour les images, une pour les chaîne d’information qui parlait de lui à l’heure actuelle. Au hasard, Mentaline cliqua sur le numéro 1 de la liste des chaînes. Une vidéo s’afficha à l’écran. Visiblement, c’était un programme en direct : Jothevent. Une jeune femme présentait les infos.

« Cette après-midi, la maison du Chef du Gouvernement a été attaquée. Tous les gardes qui surveillaient la maison se sont évanouis mystérieusement, et la majorité affirment avoir vu un blond à la beauté irréelle juste avant de tomber dans les pommes. Nos reporters ont interrogé Lance Wataru. »

L’image de l’homme le plus puissant de Johto apparut, un air grave au visage.

« - Il est exact que l’on m’a rendu une petite visite. Il s’agissait de Mentaline Weiss. »

Mentaline écarquilla les yeux, subjuguée. Comment aurait-elle pu se rendre à la maison de Lance Wataru ? Elle avait passé les deux derniers jours à chanter et à prier en l’honneur du Godmishuu en compagnie des quelques autres religieux de l’abbaye… Elle ne pouvait pas être allée là-bas !

« Elle est venue, continua-t-il, et elle m’a tiré dessus. Mon Dracolosse s’est interposé, et il en est mort. Paix à son âme. J’en ai profité pour attaquer la jeune femme, mais elle a sorti son Corayon pour se protéger. Il est tombé K.O., mais elle a réussi à s’échapper en trouant le toit avec son Mentali. Elle s’est téléportée, je pense. »

« Un tissu de mensonges… Mais pourquoi m’accuser de cette intrusion chez lui ? » songea Mentaline.

« Je n’ai pas vu le fameux jeune homme blond très beau, mais je pense que c’était un nouvel allié des Chapeliers. Il a du partir après avoir accompli son travail, termina Lance Wataru. »

« C’est vraiment étrange, et ça n’a aucun sens. Pourquoi effrayer encore plus la population ? » pensa la jeune femme. « A moins que ce soit pour faire passer le jeune homme blond au second plan. Un jeune homme blond très beau… Oh ! » sembla-t-elle réaliser. Mais elle n’eut pas le temps de réfléchir plus, la chaîne attira de nouveau son attention.

« Flash info spécial ! cria presque la présentatrice. Comme il fallait bien une bonne nouvelle pour compenser l’attaque du Chef du Gouvernement, on vient de m’annoncer la mort de la Chapelière Bleuts Prussalia. »

S’ensuivirent des images du corps, où l’angle de la tête de Bleuts par rapport à son corps montrait bien que sa colonne vertébrale était en deux morceaux.

« C’est Killian Heart qui l’a tué, après une longue course poursuite dans le Bois aux Chênes. Aux dernières nouvelles il est en direction de Miriarbres, où il fera une déclaration concernant les circonstances de la mort et pourquoi il a été obligé d’en arriver là. »

Mentaline n’écoutait plus. Elle tapa dans ses mains et la boule s’éteignit. Elle resta ensuite figée. Des larmes coulèrent sur ses joues couvertes de blush. Elle se prit la tête dans ses mains, et sanglota ainsi pendant de longues minutes.

Elles passèrent, sans qu’aucun bruit ne vienne troubler le silence. Ses larmes étaient silencieuses, sans reniflements, sans sanglots. Juste des perles d’eau salée qui ravageaient son maquillage élaboré. Elle se remémora doucement les moments passés avec la blonde ; elle ne l’avait pas connue longtemps, mais elle se souvenait qu’elle était vraiment drôle avec son air constamment énervé, et aussi qu’elle avait la classe quand elle frappait les gens. Des petites choses, mais des petites choses qui suffisent pour que l’on s’attache à quelqu’un.

Mentaline se frappa les deux joues avec ses mains. Il ne fallait pas qu’elle se relâche. Pour le bien de ceux qui étaient toujours en vie, et même en l’honneur de la mémoire de Bleuts, elle devait s’organiser, pour mieux faire face à la puissance qui les menaçait tous, et qui tirait les ficelles depuis le début. Alors alluma de nouveau la Brain Sphere. « Autant éviter à une autre personne de mourir. Désolée Bleuts, j’ai été trop lente pour te sauver, mais je sauverai tous les autres, promis. » pensa-t-elle.

Et Mentaline se remit à ses recherches.


Un jour avant la mort de Bleuts, on retrouve nos secouristes partis sauver Shuu, Glenn, Justine et Cat, emprisonnés dans l’Abysse. Creepy-chan, Mey, Nozomi, Jasmine ainsi que Silver étaient donc sous l’eau, équipés de combinaisons et de Respireaux – ces petits appareils qu’utilisent les Rangers pour leurs missions sous-marines et qui permettent de respirer. Ils se laissaient porter par le Wailmer depuis maintenant quelques heures, il devait être environ trois heures du matin, soit le lendemain de l’emprisonnement de nos quatre héros. Le Pokémon avançait à bonne allure, mais ils n’apercevaient toujours rien qui ressemblât de près ou de loin à une prison. A leurs côtés nageaient Pingoléon, Sharpedo, Aligatueur et Ectoplasma, qui n’avait pas besoin de respirer.

- On est encore loin ? demanda Mey – heureusement, le Respireau permettait de parler, mais c’était très inconfortable.
- Et bien, nous pourrions aller beaucoup plus vite si nous trouvions un Pokémon suffisamment lent pour que Wailmer puisse le rattraper et battre. Il évoluerait, et notre vitesse augmenterait en conséquence, répondit Jasmine.
- C’est vrai que tous les Pokémon se barrent dès qu’ils nous voient… marmonna Silver.
- Là-bas ! cria Creepy-chan – elle faillit se noyer.

Les quatre personnes tournèrent la tête en direction d’un récif de corail. A l’intérieur, un minable Remoraid était coincé, la nageoire empalée sur le corail.

- C’est notre chance ! Wailmer, Roulade ! ordonna Jasmine.

Les dresseurs lâchèrent la baleine, qui se mit à rouler à vive allure en direction du poisson. Elle le percuta de plein fouet, le mettant K.O. sur le coup. Le Wailmer s’illumina alors.

- Nagez ! hurla Nozomi.

Sage réflexe. En effet, le Pokémon se mit à grossir, grossir… Le récif de corail explosa, et l’endroit où ils se trouvaient deux secondes avant était à présent pris par du gras de baleine. L’évolution se termina finalement, dévoilant un énorme Wailord. Jasmine avait un sourire aux lèvres.

- Maintenant, direction sa bouche ! sourit-elle.
- QUOI ?! s’étrangla Mey.
- On sera plus en sécurité… Et c’est beaucoup plus agréable de respirer de l’air et de ne pas avoir à nager, se justifia la jeune femme.
- Et si quelqu’un nous voit, il verra un Wailord et non cinq tarés avec des Respireaux dont parmi eux deux Chapeliers recherchés par la police… ajouta Creepy-chan.
- Ok, ok… céda Mey.

Le Wailord ouvrit une bouche énorme, et ils s’engouffrèrent à l’intérieur, accompagnés de leurs Pokémon. La bouche de la baleine était très spacieuse, ils auraient presque pu aménager une maison entière à l’intérieur.

- Accrochez vous aux parois, elle va avaler l’eau ! signala Jasmine.
- Et c’est maintenant que tu nous le dit, railla Mey.

Nageant comme des désespérés vers les parois, ils s’accrochèrent à la chair rose juste à temps. La langue énorme du Wailord se souleva, et en quelques secondes, il n’y eut plus d’eau dans sa bouche – mais les pauvres secouristes avaient été secoués. Finalement, ils se lâchèrent sur la langue, content de toucher un vrai sol – tout était relatif – et de ne plus avoir de l’eau tout autour d’eux.

- Gardez quand même vos Respireaux, indiqua Jasmine, l’air est pas super pur dans les organes vivants. Et s’il l’est, il ne le reste que peu de temps, donc autant ne pas prendre de risque.
- Hm, acquiesça Creepy-chan. Je repose la question de Mey, mais est-ce qu’on est encore loin ? Parce que tout à l’heure, ta réponse était plutôt évasive.
- Tiens, t’arrive à t’exprimer sans hurler et parler de destin ? s’étonna Silver.
- Ben si tu veux, si j’hurle avec cette merde dans la bouche, j’ai une chance sur deux de m’étouffer, répliqua la fan de gore avec un regard terrifiant.
- Désolé… bredouilla Silver, sans savoir vraiment de quoi il s’excusait.
- Pour te répondre, Creepy-chan, oui, nous sommes loin. Il nous faudra encore bien six heures pour arriver à l’Abysse, et nous devrons ensuite descendre pour atteindre les cellules des meurtriers, situées trèèèèèès profond. Autant dire que si on arrive dans moins d’onze heures, c’est qu’on a été très rapides.
- Ah ouais quand même, c’est pas la porte à côté… souffla Silver.
- Tu l’as dit. Bon ben, il ne nous reste plus qu’à attendre.

Ce qu’ils firent. Une heure passa. Puis deux. Puis trois. Puis quatre. Puis cinq. Et soudain, une secousse se ressentit, et ils eurent l’impression qu’un séisme avait ébranlé la langue. Une deuxième suivit peu après. Nozomi se leva.

- Ne bougez pas, je vais voir. Si je ne reviens pas, continuez chans moi, dit-elle.
- N’importe quoi ! s’insurgea Mey. On y va tous.
- Pas quechtion. Il est possible que nous choyons chuivis par l’Organisation dont à parlé Gold. Chi ch’est le cas, je peux m’en charger, la priorité pour vous est de chauver tout le monde, fit-elle, décidée.
- Nozomi… souffla Silver.
- Métaloche, go ! fit-elle.

Le Pokémon sortit de sa Pokéball et se mit à léviter.

- Il n’a pas besoin d’air. Et avec lui, je ne peux pas perdre, argua-t-elle.
- C’est bon… céda Mey. Mais tu reviens juste après, d’accord ?
- Hm, répondit la jeune fille enrobée. Et je chors comment ? demanda-t-elle à Jasmine.
- Tape sur l’un de ses fanons, elle t’ouvrira, répondit la jeune femme.

Nozomi s’exécuta, et elle sortit à l’extérieur, accompagnée par Métalosse et Sharpedo. Aussitôt, elle se sentit compressée, comme si elle était à l’étroit. Elle se boucha le nez et souffla un bon coup, et ses oreilles arrêtèrent de siffler, mais elle se sentait toujours aussi oppressée. Elle s’accrocha à son Sharpedo.

- Va voir du côté droit, ch’est de là que cha partait, lui ordonna-t-elle.

Le Pokémon se mit à nager très vite, traînant derrière lui sa maîtresse. Métalosse les suivait sans bruit. C’est alors que Nozomi les vit. Ils étaient une dizaine. Des dresseurs, de tout âge, de toutes tailles. Tous étaient accompagnés d’un ou deux Pokémon eau. Une jeune femme dont les cheveux roux ondulaient lentement derrière elle était en tête, tirée par un Hyporoi. Tous avaient eux aussi des Respireaux, mais le modèle au dessus, qui permettait de respirer par le nez et donc de parler sans difficulté. Nozomi fit face au groupe. La rousse d’en face prit la parole.

- Oh, nous n’en avons fait sortir qu’une seule… Putain de merde ! ragea-t-elle. Bon, de toute, ils se montreront quand ils ne verront pas revenir celle là…
- N’imaginez même pas que vous parviendrez à passer, sourit froidement Nozomi.
- Ecoutez là, cette prétentieuse ! ricana la femme rousse. Sache que la M-Organisation n’engage que des dresseurs et des dresseuses qui ont du talent, beaucoup de talent.
- T’es qui toi en fait ? demanda Nozomi.
- Moi ?! Mais enfin, je suis Nana, la membre la plus forte de la M-Organisation ! fit-elle, passablement irritée.
- Je suis morte de peur, railla Nozomi.
- A l’attaque ! hurla Nana.

Des Serpang, des Relicanth, des Aligatueur, des Laggron, des Maraiste et même des Léviator se jetèrent en même temps en direction de Nozomi, sous les ordres de leurs dresseurs. La coordinatrice ne bougea pas d’un pouce. Elle attendit que les Pokémon se trouvent tous dans le même axe, et brailla un ordre.

- Ultralaser !

Le rayon bleu surpuissant du Métalosse jaillit, implacable. La Déesse des Ultralasers, un autre des surnoms de Nozomi, regarda les Pokémon adverses se faire mettre KO en quelques secondes. Ils tombèrent comme des mouches, happés par le fond de l’océan. Dépités, leurs dresseurs tentèrent de les retenir, mais ils coulaient inexorablement. Nana faisait une tête digne d’être prise en photo.

- PETITE SALOPE ! hurla-t-elle. T’AS BOUSILLE MES SOLDATS !
- Je vous avez prévenu, soupira Nozomi. Maintenant rendez vous, Nana, ou je vous fais subir le même sort que vos subordonnés.
- POUFFIASSE, JE VAIS T’APPRENDRE A TE FOUTRE DE MA GUEULE ! PREPARE TOI A SOUFFRIR, BOULE DE BOWLING ! HYPOROI, HYDROCANON !

L’attaque était rapide, et elle fonçait droit vers Nozomi. Sans attendre les ordres de sa maîtresse, Sharpedo se déplaça pour éviter l’attaque. C’était très étrange de se battre dans l’eau, les mouvements étaient ralentis et les attaques n’avaient pas toujours les mêmes effets. Nozomi n’avait jamais eut à se battre sous l’eau, et c’était une sensation peu commune. En effet, en plus de la peur de perdre, il y avait la peur de se noyer. Mais Nozomi l’écarta de sa tête et se reconcentra sur le combat.

- Ratééééé ! ricana Nozomi, la provocation ayant l’air de fonctionner sur Nana.
- CONASSE ! ET VOUS AIDEZ-MOI, AU LIEU DE TENTER DE SAUVER VOS POKEMON ! hurla-t-elle.
- On a plus de Pokémon en bon état, elle les a tous mis KO… bredouilla une dresseuse.
- MAIS VOUS SERVEZ À RIEN BORDEL ! HYPOROI, OURAGAN !

Un énorme tourbillon se forma. Sarpedo tenta de lutter contre le courant, mais rien à faire, le siphon les attirait. Nozomi hurla, apeurée. Métalosse essaya à son tour de la retenir, mais tout trois furent finalement happés par la tornade d’eau.

Tout bougeait dans tous les sens. Nozomi ne savait plus ou elle était, elle n’était qu’un grain de poussière balloté dans toutes les directions existantes. Sa tête lui tournait, elle avait mal partout, ses oreilles s’étaient remises à siffler. Son Respireau lui échappa, et elle manqua soudain d’air. Elle ne pouvait rien faire. Elle était à plus de vingt mètres sous l’eau, et le tourbillon l’empêchait de nager comme elle l’aurait voulu. Elle allait mourir ici, sous l’eau, asphyxiée. Finalement, elle perdit connaissance, et ce fut le néant.


Quand elle se réveilla, ce fut le soleil qu’elle vit. Puis un visage, complètement flou dans ses yeux saturés de sel et d’eau. Nozomi sentait toujours qu’il y avait de l’eau, mais sa tête était à l’air libre, et ses pieds touchaient une surface dure et plane. Enfin elle respirait quelque chose de naturel, et non ce Dioxygène pur produit par le Respireau. Elle se demanda après pourquoi elle n’était pas morte. La réponse semblait être ce visage flou, encadré de cheveux blonds. Nozomi ne connaissait personne avec des cheveux blonds. A part… son grand frère. Mais ça ne pouvait pas être lui. Remarque, c’était possible… Il était emprisonné dans l’Abysse, peut-être avait-il réussi à s’échapper…

- Denzi… murmura Nozomi.
- Nozomi ! Ca va mieux ?

Une voix féminine. Ce n’était pas Denzi, son frère. L’espoir de Nozmi retomba en flèche, et elle se maudit d’avoir espéré. En attendant, elle ne savait toujours pas qui était sa sauveuse.

- C’est moi, Creepy-chan ! Tu me reconnais ?

C’était donc Creepy-chan ! Mais Creepy-chan était rousse, pas blonde… Le flou de sa vision sembla s’atténuer, et elle distingua les traits fins de Creepy-chan. Effectivement, elle avait les cheveux blonds.

- Depuis quand t’es blonde… marmonna Nozomi, émergeant difficilement.
- Depuis que l’eau a foutu en l’air ma teinture… Oyashiro-sama va m’en vouloir, mes cheveux n’ont plus la couleur du sang… répondit Creepy-chan, un sourire aux lèvres.
- Pourquoi est-che que je ne me chuis pas noyée ? demanda Nozomi, retrouvant enfin une vue normale et un esprit clair.
- Comme tu ne revenais pas, je suis allée voir ce qui se passait. J’ai croisée une rousse en chemin, mais elle ne m’a pas vue. Je voulais la combattre, mais si elle était là, c’est que tu avais était vaincue. J’ai donc accéléré et je t’ai trouvée qui coulait lentement. Je t’ai remontée à la surface, avec l’aide de Métalosse et Sharpedo. J’ai aussi vu des dresseurs s’enfuir en sens inverse.
- Hm… fit simplement Nozomi. Merchi.
- De rien.
- On est où là ? questionna Nozomi.
- Debout sur Métalosse. Y’a que notre tête qui sort de l’eau, mais ça suffit. Sinon, on attraperait froid.

Le silence se fit. Les deux ne bougeaient pas. Creepy-chan, légèrement plus grande que Nozomi, fixait cette dernière de ses yeux rouge sang. Autour d’elles, c’était de l’eau, et uniquement de l’eau. La mer s’étendait à perte de vue, aussi loin que portait le regard. Le soleil était encore bas dans le ciel, il devait être à peine huit heures du matin. Puis finalement, Creepy-chan posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis que Nozomi s’était réveillée.

- C’est qui, Denzi ?


Kentin marchait lentement dans la rue. Depuis qu’il avait quitté les deux jeunes femmes – Melosa et Kanon – son éternel sourire avait refait surface. Il s’était acheté une maison modeste en centre ville, et il avait tout recommencé. Dans sa cabane en plein milieu du bois aux chênes, la seule chose qu’il faisait, c’était composer des chansons. Son arrivée à Miriarbres était l’occasion de se faire connaître, et peut-être de devenir une star.

Le jeune homme n’avait jamais fait d’études, s’étant arrêté à la sortie du collège, comme une grande partie des adolescents. En effet, dans le Pokémonde, rares étaient les gens qui partaient au lycée, et les étudiants étaient encore plus rares, car la majorité, une fois âgée de 12 ou 13 ans, partaient accomplir un voyage initiatique. C’était le rêve de tout le monde, devenir le plus grand dresseur ou le plus grand coordinateur. Seulement, il ne fallait pas se leurrer : 90% des jeunes dresseurs voyageaient pendant un an, plus rarement deux, et se tournaient vers autre chose. Seul 10% parvenait à atteindre la le tournoi de la ligue.

Kentin faisait parti de la première catégorie. Né à Sinnoh, il avait eu son Tiplouf à 13 ans. Mais au bout de deux mois, il dût se rendre à l’évidence : il n’était pas fait pour ça. Aussi, il revint chez ses parents, dépité. Ils lui offrirent un Statitik, que Kentin garde maintenant dans sa foisonnante chevelure blonde. Il resta trois ans chez eux, enchaînant les petits boulots, et quand il fut majeur - à seize ans, donc – il s’acheta sa petite maison dans le Bois aux Chênes. Depuis, il y vit, écrivant des chansons et faisant quelques excursions à Miriarbres pour remplir son garde manger, vivant de l’argent de ses parents.

Maintenant, il avait de l’argent à lui, et une bonne quantité. Il lui suffisait de se faire connaître. Internet était un bon moyen pour cela, mais il n’y connaissait rien en informatique. Aussi, il y allait à l’ancienne, jouant de sa guitare et chantant sur les grandes places de Miriarbres. Sans demander rien en retour, il jouait simplement pour le plaisir – et dans l’espoir qu’un producteur passe par là et le remarque.

Kentin se dirigeait actuellement place de l’Arche, où il comptait chanter. C’était une grande place avec des dizaines de petits restaurants très charmants. Kentin s’installa dans un coin, sortit sa guitare de son étui, et toujours avec le sourire, il commença à chanter et jouer. C’était une musique sobre, ni endormante ni entraînante. Quelque chose d’agréable à écouter, qui avait tendance à vous rappeler des choses que vous croyiez oubliées. Les paroles étaient un peu abstraites, mais les mots coulaient de sa bouche, et leur sonorité collait parfaitement avec les accords de la guitare.

Soudain une voix se fit entendre dans son dos.

- Dites, vous voulez pas fermer votre gueule ?

Kentin se retourna, stupéfait. Il était nez à nez avec une sorte de punk, clope à la bouche, vêtements artistiquement en lambeaux, cheveux violets par endroits. Elle était accompagnée d’un jeune homme aussi blond que Kentin, qui tentait d’avoir un air renfrogné, mais la gêne perçait sur son visage enfantin. Il devait avoir maximum quinze ans. C’était la jeune femme qui avait parlé.

- Pardon ? s’étonna Kentin, s’arrêtant de jouer.
- Vous m’avez bien entendue. Cette place est à tout le monde, ne forcez pas les gens à écouter votre musique de merde, cracha-t-elle.
- Trop classe… s’extasia le garçon blond.
- Si ça ne vous plaît pas, n’écoutez pas, répliqua Kentin en essayent de contenir la rage qui l’animait.
- N’inversez pas les rôles. Cette place ne vous appartient pas. Et d’un point de vue juridique, c’est vous qui êtes en tord.
- Peut-être, mais vous pouviez le dire de façon plus polie ! lança Kentin, remonté.
- J’aurais pu également le dire de façon beaucoup plus vulgaire… « Fermez votre grande gueule qui pu la merde et foutez vous votre guitare dans le cul, votre musique me fait chier, et j’en ai rein à carrer que vous creviez la dalle ! » Vous préférez ça ? ricana la punk.
- Et moi j’aurais pu vous répondre d’aller vous faire foutre, pétasse ! craqua Kentin, qui en avait marre de se contenir.

Kentin n’était pas quelqu’un de méchant, et encore moins quelqu’un de vulgaire. Cependant, il tenait à son égo, et avait horreur que l’on dise du mal de sa musique. La grosse tête des artistes, quoi.

- Tu veux jouer à ça, sac à merde ?! s’énerva à son tour la jeune femme.

Le garçon blond sentait la tension qui montait. Il voulait paraître cool, mais il trouvait que son amie était allée trop loin.

- Marie, c’est bon, laisse tomber ! C’est toi qui a commencé… soupira-t-il.
- C’EST MATHI, ABRUTI ! hurla-t-elle en réponse.
- C’est pareil, marmonna le jeune homme.
- Non, c’est pas pareil, Dimy ! Moi au moins je retiens ton nom, connard ! lança-t-elle.
- C’est bon, pas la peine d’en vouloir au monde entier… soupira le dénommé Dimy. On a compris que t’étais triste pour ton grand père mais que tu voulais pas le montrer…
- Mais VA TE PENDRE, bon Arceus de merde ! hurla Mathi.
- Très beau langage, un bel exemple pour la population… railla Kentin.
- T’es encore là toi ? s’étonna Mathi. Prend ta guitare de mes deux et va t’acheter une vie !
- Et toi va t’acheter des vêtements corrects ! répliqua Kentin.
- Tu me tutoie maintenant ? Pas gêné le type, on vient à peine de se rencontrer ! fit semblant de s’offusquer Mathi.
- Meïdi, c’est toi qui a commencé, je te rappelle… signala Dimy.
- C’EST MATHI, BORDEL DE MERDE !

Les trois se disputaient depuis quelques minutes, et la moitié de la place s’était agglutinée pour voir le duel. Comme dans la cour du collège quand y’avait une baston. Ah, les humains sont des êtres tellement attirés par le sang…

- Excusez-moi… Vous pourriez vous taire s’il vous plaît ? tenta un homme, s’approchant d’eux.

Grand, relativement musclé, et surtout très séduisant avec ses cheveux noirs ébouriffés, les passants mirent du temps à le reconnaître. Quand ils réalisèrent enfin de qui il s’agissait, ils se turent.

- Mathi Punkette… ricana-t-il. Comment va ta cousine ?
- Elle est en prison, sombre idiot… soupira Mathi. Qu’est-ce que tu fous ici, Killian ?
- T’es pas au courant ?! J’ai tué Bleuts Prussalia, je donne une interview aujourd’hui pour expliquer comment ça s’est passé, expliqua-t-il d’une voix froide comme la glace.
- Je vois… souffla Mathi.
- Bon, maintenant fermez là où je vous met en état d’arrestation, et j’ai pas envie de le faire. Bonne journée…

Il disparut, téléporté par son Seleroc. Killian se retrouva seul, sur les toits de Miriarbres.

- C’est qui la cousine de cette femme ? demanda Bleuts dans sa tête.
- Justine Hitalia. C’est une Chapelière, mais on a réussi à l’attraper, ainsi que Cat Pandora, Glenn Sixty-Nine et Shuu Jaggerjack.
- Shuu et Cat se sont faits choppés ?! s’étonna Bleuts.
- Oui mais ne t’inquiète pas, d’autres Chapeliers sont sûrement partis les sauver.
- Hum… Et on va où là ? s’enquit Bleuts.
- Retrouver Melosa… marmonna Killian.




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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 14:49, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Sam 5 Mai 2012 - 22:28

JE SUIS PAS EN RETARD, ALLELUIAAAAA ! :%D:Bref, chapitre ni plus long ni plus court que d'habitude. Mais il va faire le lien entre beaucoup de personnages... Donc attendez-vous à des surprises =D Petit récap comme d'hab, pour éviter de perdre des gens en chemin ! Pouce

Spoiler:
 
Valaaaaaa, bonne lecture à tous ! Silver Love




Il était onze heures du soir. Mentaline se trouvait dans la Brain Sphere depuis maintenant plusieurs heures. Elle travaillait sans relâche, épluchant tous les livres qui l’intéressaient. Le fichier contenant ses notes grossissait à vue d’œil. Elle ouvrit un autre livre, « L’Abysse et la juridiction Johtoienne », et la lumière changea une fois de plus.

« La juridiction Johtoienne fonctionne sur un système de niveau. Ce niveau est équivalent à la gravité de la faute commise, et plus elle est grave, plus le niveau est élevé. Le niveau va de 1 à 10. On ne peut aller en prison que pour une faute de niveau 3 au plus. Les niveaux s’organisent comme ceci :

Niveau 1 : Insultes, vol d’objet de faible valeur, non-respect du code de la route sans conséquence, non respect de l’environnement…

Niveau 2 : Vol d’objet de valeur moyenne, insultes répétées, racisme, discrimination…

Niveau 3 : Vol d’objet de grande valeur, violence physique sur des Pokémon.

Niveau 4 : Meurtre de Pokémon, vol ayant des conséquences politiques.

Niveau 5 : Harcèlement moral et sexuel, trafic de drogue.

Niveau 6 : Détournement de mineur, viol.

Niveau 7 : Séquestration, meurtre involontaire.

Niveau 8 : Meurtre prémédité.

Niveau 9 : Torture.

Niveau 10 : Attentat conduisant à la mort de plusieurs personnes innocentes, fusillade mortelle, meurtres en série, crimes contre l’humanité


Ceci récapitule globalement les niveaux. Il faut savoir que si l’on commet plusieurs crimes, le niveau augmente de un à chaque crime par rapport au plus grave. Exemple, une personne fait du trafic de drogue, fait preuve de violence physique envers les Pokémon, et a commis un vol ayant des conséquences politiques. On prend le niveau le plus haut – le niveau 5 donc – et on ajoute un niveau pour chaque autre crime. 5+1+1 = 7, il aura donc une peine correspondant à un délit de niveau 7.

Les personnes qui décident du sort des criminels sont les Juges. Ils sont très exactement 100. Ils jugent les accusés, et les déclarent coupables ou innocents. Ils décident également du sort des coupables, en se basant sur le principe des niveaux. A chaque niveau correspond une peine, sachant qu’à partir du 3, la prison est obligatoire. Le nombre d’années est proportionnel à la gravité.

La procédure de jugement est la suivante : quand le présumé coupable est attrapé, les Juges examinent son dossier. Parfois, ils peuvent demander au coupable de venir témoigner devant eux, mais c’est rare. S’ils le juge coupable, ils décident également de sa peine, et le nombre de Juges qui se rassemble dépend là encore du niveau. (Un seul Juge pour un crime de niveau 1, 3 Juges pour un crime de niveau 3…). Il faut également savoir que pour les crimes de niveau 8 ou plus, le Chef du Gouvernement peut choisir de décider seul la peine du coupable.

Les niveaux se retrouvent aussi dans la prison de Johto, l’Abysse. L’Abysse est une prison sous marine. Elle se compose d’une île à la surface – qui contient les criminels de niveau 3 -, et c’est dans cette île que l’on vit le mieux. Les cellules sont grandes, les criminels mangent ensemble, ont des activités à leur disposition, ils sont à l’air libre… Ensuite viennent les cellules sous-marines. Plus le niveau est élevé, plus les cellules sont placées profondément. Les criminels de niveau 10 touchent le fond. Plus on descend, plus les cellules sont petites et inconfortables. Et plus on descend, plus la solitude se fait ressentir, car au niveau 10, vous n’avez plus aucune nouvelle du monde extérieur. La plupart sombre dans la folie. Pour cette raison, toutes les possibilités de suicide sont écartées. »

Mentaline soupira une énième fois. Le Pokémonde était vraiment différent du Monde Réel. Néanmoins, la lecture de ce documents lui apprit pas mal de chose. Premièrement, Shuu, Cat et les deux autres ne pouvaient pas se suicider. C’était déjà une bonne chose, sachant qu’ils l’auraient probablement fait si c’était possible. Ensuite, et c’était quelque chose qui revenait dans tous les bouquins qu’elle lisait, le Chef du Gouvernement avait beaucoup trop de pouvoir. Et c’était grave, surtout vu que Lance Wataru semblait protéger un de leurs ennemis, à savoir San, le beau blond à la beauté extraordinaire.

Mentaline nota toutes ses trouvailles dans son document « Notes ». Elle étouffa un bâillement, et décida qu’il était temps qu’elle aille se coucher. Elle tapa dans ses mains, et la Brain Sphere s’éteignit. Elle enleva les gants et le casque, et sortit de la boule. Elle sortit de la bibliothèque, et son cerveau se mit en marche.

En effet, Mentaline n’habitait à l’abbaye que depuis hier, et elle n’avait dormi dans sa chambre qu'une seule fois. L’abbaye était un dédale immense, et se repérer monopolisait toutes ses capacités intellectuelles. Mentaline arriva finalement dans sa chambre, à la pointe de la technologie, comme le reste de l’édifice. Un claquement de doigt alluma les lumières. Elle se déshabilla, enfila une chemise de nuit, et se coucha sur le lit le plus moelleux qu’elle ait jamais eu. Un autre claquement, et le luminaire s’éteignit.

Elle n’eut même pas le temps de s’endormir. Un léger « Boum ! » la sortit de sa léthargie. Vive comme l’éclair, elle se leva, attrapa un dictionnaire, et se plaqua contre le mur. Si quelqu’un tentait d’entrer, elle pourrait l’assommer par surprise.

Le silence se fit. Mentaline respirait aussi silencieusement que possible. Une minute passa. Puis deux. Elle décida de sortir voir. Elle entrouvrit la traditionnelle porte coulissante nippone. La chambre de Mentaline donnait sur le plus grand jardin extérieur. Magnifique, celui-ci était un genre de jardin Zen, avec un petit ruisseau, des bonsaïs en pots un peu partout, des allées de galets, des minuscules cascades… Il était encadré par une coursive surélevée, pourvue de colonne en bois, et c’est là que se trouvait la chambre de Mentaline.

Il faisait nuit, aussi, on n’y voyait pas grand-chose - la lune était à moitié cachée par des nuages. Mentaline sortit de sa chambre à pas de loups, et descendit dans le jardin. Godmishuu merci, l’escalier qui y menait ne grinçait pas. Elle se retrouva sur une allée en pierre plate. Ses yeux s’habituaient lentement à la faible luminosité. Bientôt, elle put distinguer une forme, à quelques mètres d’elle. Imposante, la silhouette faisait plus de deux mètres, et était presque aussi large. Mentaline frissonna : cette chose n’était pas un humain.

« Je ne peux pas sortir mes Pokémon par précaution, il me repérerait avec la lumière de la Pokéball… » songea Mentaline, affolée. Elle avait envie de retourner de se coucher, et faire celle qui n’avait rien vu, mais ce n’était pas son genre. D’autant plus que cette ombre représentait un réel danger. Alors, elle se cacha derrière un tas de pierre et attendit que la silhouette bouge.

Cela ne tarda pas. Une ombre se détacha de la première. Cette fois, c’était un humain, impossible de s’y tromper. Un mètre quatre-vingt, mais pas plus. L’autre silhouette, la grosse, devait être un Pokémon. Une lumière rouge illumina alors le jardin. Une Pokéball. La seconde d’après, l’énorme silhouette avait disparue. L’humain l’avait rappelée.

L’ombre humaine se mit alors à marcher dans la direction de Mentaline. Celle-ci retenait son souffle, prête à bondir. L’ombre la dépassa.

Mentaline sauta sur la silhouette. Elle effectua un bond prodigieux – l’adrénaline, probablement – et elle saisit la nuque de son adversaire en plein vol. L’ombre s’effondra sous la puissance du plaquage, et sembla sonnée par le choc. Mentaline en profita pour attraper les deux mains de l’ombre, et lui fit une clé de bras qu’elle avait lu dans un livre d’aïkido, l’immobilisant. Elle remercia intérieurement Nozomi pour l’avoir rendue aussi forte physiquement.

L’ombre poussa un râle rauque, se débâtant avec ses pieds. Mentaline ne put  maintenir sa prise très longtemps, et elle fut projetée à son tour, atterrissant dans une mare peu profonde. « C’est un homme, pas de doute, vu sa carrure… » songea-t-elle. Elle se releva, trempée, mais elle n’eut pas le temps de riposter ; l’homme la plaqua à son tour. Elle retomba à nouveau dans l’eau, étouffant sous le torse de l’ombre.

Elle tenta de se libérer, de crier, en vain. L’homme bâillonnait la jeune fille d’une main, et immobilisait complètement son corps. Finalement, Mentaline abandonna. Il était trop fort, et il l’empêchait d’atteindre ses Pokéball. La jeune femme avait envisagé tous les échappatoires. Mais à chaque fois, ses calculs menaient à un cul de sac. Elle était exténuée, elle était trempée donc alourdie, l’homme était lourd et fort. Aucune chance de s’enfuir. Il parla alors, d’une voix profonde, grave et imposante.

- Chut… murmura l’homme. Je ne sais pas qui tu es, mais je ne veux pas te faire de mal.

Alors, le nuage qui cachait la lune se déplaça. Une lueur nouvelle éclaira l’endroit, et Mentaline put enfin voir le visage de son agresseur. Il appartenait à un homme d’une trentaine d’années. Ses cheveux rouges, mouillés par les éclaboussures, tombaient sur ses yeux noirs, écarquillés de surprise. Pas moche, mais pas extraordinaire non plus. Mais Mentaline s’en foutait de son physique, parce qu’elle connaissait cet homme. Du moins, elle savait qui il était.

- Lance Wataru… souffla-t-elle.
- Et bien, si j’avais su que je tomberais sur vous, Mentaline Weiss…




A des kilomètres de l’abbaye de Rosalia, à Ebenelle pour être précis, au même moment, Lance Wataru rentrait chez lui. Il revenait de Doublonville, où il avait fait son discours concernant l’attaque de sa maison. L’homme aux cheveux rouges salua ses gardes, traversa le grand hall, et se retrouva dans sa chambre. Comme toute la maison, elle était très originale. Les murs étaient rouges, et des majestueux dragons avaient étaient dessinés ave un feutre couleur or. Le mobilier était noir, du bureau au lit à baldaquins.

Lance Wataru s’affala sur son lit, vanné. Un homme apparut alors, probablement téléporté. Il était grand, blond, et excessivement beau. Lance n’eut aucune réaction à son arrivée. L’homme eut un sourire un peu flippant.

- Salut Ichi… Alors, ta première journée dans la peau de Lance Wataru, c’était comment ?
- Salut, San… Ben, c’est un peu dur, comme à chaque fois que je change d’identité. C’est troublant, je dois complètement changer mon caractère. Mais c’est bon, je m’y suis fait.
- Cool, marmonna San. M-M m’a chargé de te dire que ton discours était très convainquant. Elle te félicite.
- Tant mieux, soupira Ichi.

Car oui, ce Lance là était un faux. Le vrai Lance s’était enfui sur son Dracolosse pendant l’après midi. Après la mort de Midona, la M-Organisation était partie, laissant Ichi seul. Il s’était alors transformé en Lance Wataru en utilisant ses pouvoirs. Depuis, il se faisait passer pour le Chef du Gouvernement.

- Dire qu’on a le contrôle sur toute la région Johto… soupira San.
- Oui, tout va être d’une facilité affligeante, désormais, acquiesça Ichi. Nous pourrons faire passer nos crimes pour ceux des Chapeliers, contrôler la population, la soumettre complètement à la domination de la M-Organisation… M-M a déjà prit le contrôle de la majorité des champions d’arène avec Infinity…
- On domine le monde en fait ! s’enthousiasma San.
- Ouais. Tiens, ça me fait penser que Mortimer a tué Flora et Crystal hier matin… T’étais au courant ?
- Bien sûr, rétorqua San, piqué au vif.
- Ah.

Le silence se fit, mais il ne dura pas.

- Des nouvelles de Nana ? demanda Ichi.
- Pas depuis hier matin, quand elle nous disait que Nozomi Devil était hors-service, répondit San.
- C’est pas bon signe… marmonna Ichi, contrarié.
- Hum.
- Et toi, ta mission c’est toujours de tuer Go ? questionna Ichi.
- Non, ça a changé. Je dois retrouver le vrai Lance Wataru et le tuer, grogna San.
- Mais vous avez toujours pas de piste, j’imagine, termina le numéro 1 de la M-Organisation.
- Nan.

Un autre silence. Ichi, sous l’apparence de Lance Wataru, fixait San. Le visage de celui-ci était déformé par la colère.

- Tu es fâché parce que t’as toujours pas le droit de tuer Killian Heart ? devina Ichi.
- Mouais, répondit San, énervé. Bon, je te laisse à tes nouvelles occupations de Chef de Gouvernement.
- A plus, San !

San hocha la tête, et disparut comme il était venu. Ichi se releva, et se regarda dans un miroir. Il était exactement pareil que le vrai Lance Wataru, impossible de faire la différence. Une copie conforme. Ichi soupira, se coucha, et s’endormit.




Faisons un petit saut dans le temps, et revenons la veille de l’attaque de la maison de Lance Wataru. Creepy-chan et Nozomi étaient debout sur le Métalosse, en plein milieu de la mer. A perte de vue, il n’y avait que de l’eau, et rien d’autre. Creepy-chan venait de demander à Nozomi qui était ce mystérieux Denzi dont Nozomi avait prononcé le nom en se réveillant. La jeune fille obèse soupira. Un soupir à fendre l’âme.

- Tu veux vraiment le chavoir ? Je n’aime pas parler de moi… Et en pluch, je vais devoir me forcher à parler correctement chinon tu va rien comprendre…
- S’il te plait ? tenta Creepy-chan.

Autre soupir.

- Bon, d’accord… céda Nozomi. Denzi, c’est mon grand-frère.
- T’as un grand-frère ? s’étonna Creepy-chan, qui s’attendait plus à un petit ami secret.
- Oui, répondit simplement Nozomi.
- Et alors ? T’as de la chance non ? Moi je suis fille unique… Même si Oyashiro-sama acceptait parfois de jouer avec moi et que j’avais les DVD de Saw, je me suis toujours sentie seule.
- Moi je n’ai jamais connu ça. Denzi est un véritable ange… Il était gentil avec moi, il jouait avec moi quand je le lui demandais, et à l’école, il me protégeait des élèves qui se moquaient de moi. Denzi, c’est tout le contraire de moi. Il est beau, il est gentil, il est plutôt intelligent, les gens l’adorent… Au fond de moi je suis sûrement un peu jalouse. Mais je l’ai toujours adoré.
- Je vois… marmonna Creepy-chan. Si tu l’aimes tellement, pourquoi t’es triste quand tu parles de lui ?
- Je ne suis pas triste, répliqua Nozomi.
- Menteuse. Oyashiro-sama me l’a soufflé à l’oreille.
- Pff…

Un silence gêné s’ensuivit. Creepy-chan, curieuse, voulait savoir ce qu’il était advenu de ce Denzi. Mais Nozomi restait enfermée dans son mutisme. Alors, Creepy-chan tenta le tout pour le tout, tout en sachant que ses paroles étaient un pur manque de tact :

- Il est mort, c’est ça ? murmura-t-elle.
- Nan, cracha Nozomi – elle aurait voulu le nier plus gentiment, mais c’était sortit tout seul. Il n’est pas mort.
- Alors qu’est-ce qu’il a ? insista Creepy-chan.
- Il est en prison, voilà ce qu’il y a ! lâcha Nozomi, amère.

Creepy-chan se figea. Qu’avait donc fait ce jeune homme apparemment si parfait pour aller en prison ?

- Je vois… murmura Creepy-chan. Désolée.
- Pas grave, souffla Nozomi.
- Mais tu satisferais ma curiosité si tu me disais pourquoi il est en prison… Tu n’es pas obligée, bien sûr, se rattrapa Creepy-chan en voyant le regard noir de la jeune fille.
- Bah, au point où j’en suis… Je peux bien te raconter toute l’histoire…


L’histoire se passe il y trois ans de cela. Nozomi vivait jusqu’alors avec sa mère et son frère, dans une ville d’Hoenn appelé Nénucrique. Le père de Nozomi avait quitté sa femme alors que la jeune fille n’avait que deux ans. Ils vivaient donc là, tous les trois, tandis que le père était parti Arceus sait où. La mère de Nozomi était un brillant agent de police, et elle était respectée par tous ses pairs pour son sang-froid, son sens aigu de l’analyse, et ses capacités physique impressionnantes.

Denzi, lui, était un étudiant, alors âgé de 19 ans. Contrairement à la majorité des autres garçons, il n’était pas parti en voyage initiatique, préférant continuer d’étudier. Il était allé au collège, puis au lycée, et finalement, il avait obtenu son DNL (Diplôme National Lycéen) avec les honneurs. Il étudiait donc à l’Ecole d’Architecture de Nénucrique, spécialité Aéronautique, depuis trois ans – le lycée se finissant à 16 ans, l’âge de la majorité.

Nozomi, quant à elle, était à proprement parler le « boulet » de la famille. Déjà énorme à l’époque, elle était âgée d’onze ans, et semblait nulle dans presque tous les domaines. A l’école, ses notes étaient médiocre, elle était nulle en sport, et semblait plus lente d’esprit qu’un Limande. Ses profs désespéraient de lui apprendre quelque chose, et tout le monde la martyrisait – mais pas trop méchamment, parce qu’après son frère rappliquaient et remettait les points sur les « i ».

Malgré la nullité de Nozomi, la petite famille était heureuse et vivait sans problèmes. Un jour, Denzi, rentra à la maison avec un grand sourire aux lèvres. Denzi était encore plus séduisant quand il souriait.

- Maman ! sourit-il en montrant une enveloppe. Devine ce que j’ai là !
- Ton bulletin de notes ? tenta sa mère, intriguée.
- Pas en mai, enfin, Maman… soupira Denzi.
- Ah oui c’est vrai… Alors c’est quoi ?
- J’ai eut ma dérogation pour Oliville ! annonça-t-il finalement, sa voix montant progressivement dans les aigus sous l’excitation.
- Mais c’est génial mon chéri ! s’enthousiasma sa mère. Je te l’avais dit que tu ne pouvais que l’obtenir, avec tes résultats…
- Et attends, c’est pas la meilleure nouvelle ! J’ai droit à un appartement de fonction ! continua-t-il, aussi enthousiasmé que sa mère.
- J’y crois pas, c’est magnifique ! piailla sa mère. Mon fils va étudier dans la plus prestigieuse école d’Architecture de tout le Pokémonde… Je peux mourir en paix !

La mère de Nozomi, Maeva, faisait parti de la catégorie « mères poules super proches de leurs gosses », et avait parfois des réactions un peu démesurées. Mais en l’occurrence, sa réaction n’avait rien d’exagérée : entrer à la Porygon School, c’était comme entrer en Polytechnique. L’Ecole d’Architecture de Nénucrique, à côté, c’était l’université minable du coin. Pour cette raison, il avait demandé à pouvoir changer d’Ecole à partir de l’année suivante, et donc d’entrer à Porygon. Et il était reçu.

Nozomi, avait regardé la scène, silencieuse. Elle était à la fois triste et contente pour son frère.

- Cha veut dire que tu vas t’en aller… soupira-t-elle après que sa mère ait ouvert une bouteille de champagne.
- Oui… soupira à son tour Denzi. Mais ne t’inquiète pas, je viendrai vous voir super souvent ! sourit-il.
- Et puis ça ne sera que provisoire, ajouta sa mère. Je vais demander une mutation pour Johto. Si je peux obtenir Oliville, nous irons nous installer là-bas avec ton frère. Et puis, il ne part pas tout de suite, il reste encore quatre mois !
 
Les quatre mois passèrent à une vitesse hallucinante. La mère n’avait pas encore réussi à obtenir sa mutation, et Denzi partit donc un dimanche matin avec le ferry qui le mènerait à Johto – et accessoirement à la Porygon School. Nozomi pleura beaucoup, ce jour là.

Un an plus tard, la mère obtenait enfin sa mutation. Elle et Nozomi s’installèrent donc à Oliville, dans une grande maison, où son frère revint habiter. Physiquement, Denzi n’avait pas changé. Il était toujours aussi blond, toujours aussi grand, et toujours aussi beau. Mais il avait changé quand même. Dans sa tête. Il était toujours aussi gentil avec Nozomi, et la couvait toujours autant. Mais Denzi s’absentait souvent, et pas seulement pour aller à la Porygon School.

Sa mère rassurait Nozomi, lui disant que son frère avait beaucoup d’amis, et que quand on avait vingt ans, on sortait souvent pour s’amuser.  Mais la jeune fille de douze ans s’inquiétait quand même. Un jour, Maeva rentra du travail plus tard que d’habitude. Denzi avait préparé le repas et lui et Nozomi avait commencé à manger.

- Désolée mes amours, j’avais une affaire à régler… soupira Maeva.
- C’était quoi ? demanda Denzi, curieux.
- Apparemment, y’a un énorme réseau de trafic de drogues à Oliville. Plusieurs gamins ont vu des dealers vendre de la came à des ados… expliqua la mère en se laissant tomber lourdement sur une chaise.
- Et donc t’as du rester plus tard pour t’occuper de l’affaire, j’imagine, devina Denzi.
- T’as tout compris. En plus c’est une affaire spéciale. Les dealers n’ont pas du tout le profil habituel, si l’on en croit les témoignages. Ils sont bien habillés, distingués, et même élégants. C’est beaucoup plus dur pour nous, et en plus ils m’ont confié la direction de l’enquête… soupira Maeva une fois de plus.
- Ch’est quoi un dealer ? demanda Nozomi.
- Un méchant, répondit sa mère.
- Oui, un méchant, renchérit son frère d’une voix blanche.

La scène se passa à toute vitesse. Denzi sortit un pistolet silencieux, et tira. La balle transperça Maeva entre les deux yeux, et elle s’effondra, raide morte. Son fils eut un grand sourire.

- Désolé Maman… Je ne voulais pas en arriver là, mais ma vie passe avant tout.

Nozomi était restée figée comme une statue, ébahie. Elle ouvrit la bouche, voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Denzi se tourna alors vers elle, et lui dit, affligé :

- Pardon, petite sœur… Je ne suis pas un ange. Loin de là. Mais je ne veux pas t’attirer d’ennuis, donc je vais écrire une lettre pour la Police. Je leur dirai que tu es innocente.
- Et où tu vas aller, toi… ? articula difficilement la jeune fille, toujours sous le choc.
- Je vais partir. Je n’ai pas le choix. Ils m’ont découvert. Quand elle est arrivée ce soir, Maman savait déjà que c’était moi le chef de ces dealers. Mais elle ne voulait pas l’admettre… Tant pis pour elle, souffla-t-il.
- Je te reverrai ? bredouilla Nozomi.
- Peu de chance. Vis ta vie. Ne te laisse pas faire, bats-toi contre les préjugés. Bats-toi contre ces connards qui t’insultent. Deviens forte et mets les au tapis, tous, prouve leur que tu n’es pas une sous-merde. Bonne chance, petite sœur.

Denzi fit un clin d’œil à Nozomi, qui s’était mise à pleurer. Mais son discours fut fatal à Denzi : sans prévenir, des policiers débarquèrent et le mirent au sol en moins de deux. Il se débattit, en vain. Il fut emmené, hurlant comme un fou, proférant des menaces de mort. Il fut jugé et envoyé à l’Abysse pour crimes de Niveau 9 (Niveau 8 pour le meurtre, plus un pour la drogue), où il est depuis maintenant deux ans.


Creepy-chan avait écouté attentivement l’histoire, sursautant quand survint le meurtre de la mère. Nozomi raconta d’un ton neutre, sans émotion, comme si elle avait tiré un trait sur tout ça.

- Et après ? demanda Creepy-chan.
- Mon père est revenu comme par magie, et il m’a entraînée au combat… Et l’année dernière j’ai commencé la Coordination.
- Je vois… OH ! s’exclama soudainement Creepy-chan.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Nozomi.
- Là-bas !

Un immense éclair zébrait le ciel bleu. Il paraissait à une vingtaine de kilomètres d’eux.

- Ca doit être le Pharamp de Jasmine ! s’exclama Creepy-chan.
- Allons-y, dans ce cas. Même si ils vont se faire repérer avec leur éclair… soupira Nozomi.
- Mais on y va comment ? demanda la blonde.
- Ben Métalosse est à moitié mort là, donc Sharpedo va nous tirer.
- Ok, c’est parti ! QU’OYASHIRO-SAMA SOIT AVEC NOUS, MWAAHAHAHAHA ! hurla Creepy-chan avant de plonger.




- Je me fais du souci pour Creepy-chan et Nozomi… soupira Mey, inquiète.
- J’espère qu’elles vont bien… marmonna Silver.
- Ne vous inquiétez pas, sourit Jasmine. Si mes calculs sont bons, nous sommes tout près d’une île. Nous allons nous y arrêter un moment, il nous faut trouver de quoi manger et boire.
- Maintenant que tu le dis, je meurs de soif…gémit Silver.
- Raison de plus. Nous enverrons un signal de cette île, ainsi, elles pourront nous rejoindre, expliqua Jasmine.
- C’est entendu, acquiesça Mey.

Mey n’appréciait toujours pas la jeune femme un peu trop belle à son goût, mais elle semblait savoir ce qu’elle faisait. Et à moins qu’elle soit une excellente actrice, ses intentions n’étaient pas mauvaises. La jeune fille décida donc de lui faire confiance, du moins pour un petit moment. Mais elle se promit de lui demander quel était son réel but, car il était clair qu’elle ne les aidait pas pour le fun.

Le Wailord sembla monter vers la surface. Puis il s’immobilisa.

- Il ne peut pas monte plus haut, sinon il sera visible depuis la surface. Nous devons continuer avec les Respireaux. Sachez que ce sera dangereux, car cette île est entourée de rochers. Si on arrive par l’Ouest c’est sans danger, donc on va la contourner à la nage. Mon Pingoléon va nous tirer, mais ne le lâchez surtout pas, vous vous fracasseriez contre les rochers.
- C’est parti… soupira Mey.

La baleine ouvrit grand la bouche, est une quantité énorme d’eau s’engouffra dans la bouche du cétacé. Accrochez au Pingoléon, ils parvinrent à sortir de la bouche du Pokémon, et contournèrent les rochers. Le courant était violent, très violent, et Mey faillit lâcher prise à plusieurs reprises. Silver, en revanche, trouvait enfin une utilité à ses gros bras acquis pendant l’entrainement de Nozomi. Finalement, ils s’échouèrent sur une petite plage de sable fin. L’île ne paraissait pas trop grande, mais la nature était foisonnante. Une grande forêt semi-tropicale s’étendait derrière eux. Ils s’allongèrent tout trois sur le sable, exténués, et quittèrent enfin leurs Respireaux.

- Putain, enfin de l’air frais ! souffla Mey, soulagée.
- Sortez vos Pokémon, conseilla Jasmine. Nos poursuivants sont peut-être venus à bout de Nozomi et Creepy-chan, on est jamais trop prudents.
- Hum… marmonna Mey.

Elle obéit néanmoins et sortit Steel l’Airmure et Rin le Ponyta Shiney. Silver sortit seulement Farfuret, tandis que Jasmine envoyait son Pharamp.

- Je m’occupe du signal. Ecartez-vous si vous ne voulez pas griller, sourit Jasmine de sa voix angélique. Pharamp, Fatal-Foudre !

Un énorme rayon électrique sortit de la queue du Pokémon, illuminant le ciel et soulevant le sable de la plage. Il continua son attaque une minute entière – ce qui laissait supposer une puissance énorme – puis s’arrêta. C’était plutôt impressionnant, et même Silver, pourtant un excellent dresseur, dû admettre que ce Pharamp était vraiment fort.

- C’est mon Pokémon le plus puissant, expliqua Jasmine. Je ne l’utilise pas pour mes matchs d’arène, car il est au niveau d’un Pokémon de la ligue et il n’est pas de type Acier donc…
- Avec un tel éclair, elles sont obligées de nous avoir vus ! s’exclama Mey.
- Sauf si elles sont au fond de l’eau… marmonna Silver, pessimiste.
- Ta gueule, tu vas porter malheur, cracha Mey, inquiète à nouveau.

Ils décidèrent d’aller chercher des fruits. Ils trouvèrent un petit ruisseau d’eau pas trop mauvaise, et un bon stock de bananes qu’ils ramenèrent sur la plage. Mey poussa un cri en sortant de la forêt.

- ELLES SONT VIVANTES ! HELL YEAAAAH ! hurla-t-elle, surexcitée en découvrant les deux jeunes filles échouées sur la plage.
- Hystérie, quand tu nous tiens… soupira Silver, un sourire aux lèvres.

Les retrouvailles furent chaleureuses. Même si ils ne s’étaient quittés que depuis une heure ou deux, Nozomi et Creepy-chan auraient tout aussi bien pu être mortes. Mais les deux filles n’étaient pas non plus en pleine forme : Creepy-chan avait percuté un petit rocher, et s’était ouvert le mollet. Nozomi et Sharpedo s’étaient battus contre le courant pour la sauver, et la ramener ici ne fut pas une mince affaire.

Mey s’empressa de lui faire un bandage en feuillage, bien contente d’avoir écoutée Mentaline quand celle-ci lui donnait des cours de premiers soins. La blessure avait heureusement était désinfectée en partie par l’eau de mer, il y avait donc peu de chance que ça s’infecte. Creepy-chan était consciente, mais semblait à deux doigts de s’évanouir. Elle avait perdu beaucoup de sang, et la coupure était plutôt profonde.

- On peut pas repartir, pas avec elle dans cet état, souffla Mey.
- Mais c’est dangereux de rester là après avoir envoyé un tel signal… Ca a du se voir à des kilomètres, objecta Silver.
- En fait ils ont l’habitude, il m’arrive de venir m’entraîner ici. Mais d’habitude j’y viens en bateau, bien sûr, ajouta Jasmine.
- Cha change la donne, fit remarquer Nozomi. La cheule personne chucheptible de nous attaquer est donc chette femme rouche…
- Une femme rousse ? Quelle femme rousse ? Tu nous a toujours pas raconté comment ça c’était passé ! s’exclama Mey. Et s’il te plait, fait un effort pour tes « ch »…
- Si tu veux… soupira Nozomi. Bref. Je suis sorti du Wailord, et j’ai fait face à une sorte d’armée de dresseurs. Ils étaient une dizaine, et équipés de Respireaux derniers cris. C’était pas des amateurs, ça se voyait : leurs Pokémon étaient très puissants. C’était une femme rousse qui les commandait. Elle avait un Hyporoi magnifique. Elle les as lancé à l’attaque tous en même temps, et je les ai tous mis KO avec un Ultralaser. Il ne restait que la rousse et son Hyporoi. Elle a créé un tourbillon avec une attaque Ouragan, et j’ai perdu connaissance, quelques secondes après avoir laissé échapper mon Respireau. Et ensuite Creepy-chan m’a sauvé.
- Je t’ai juste ramené à la surface… grogna celle-ci, mal en point.
- En résumé, on a probablement cette femme à nos trousses. Et elle est forte.
- Elle t’as dit son nom ? questionna Silver.
- Nana, je crois.
- Hum… Mentaline m’a parlé d’un groupe avec des nombres japonais… Elle m’a dit que c’étaient eux qui voulaient nous tuer. Elle m’en a pas dit plus… soupira Mey.
- Donc cette Nana veut nous tuer ? s’étonna Jasmine.
- Peu probable. Je pense qu’elle veut juste nous empêcher de délivrer les autres… Ce qui peut revenir à nous tuer... soupira Mey.
- Bon, on va installer un campement dans la forêt. Il n’est que dix heures du matin. Nous allons passer la journée sur l’île en alternant les tours de garde, et nous y passerons la nuit. Demain, nous aviserons en fonction de la blessure de Nozomi. Ca vous va ? demanda Jasmine.
- Oui, marmonna Mey. Mais je veux que tu nous révèle pourquoi tu veux attaquer l’Abysse.

Les regards se tournèrent vers Jasmine. Le soupira, et s’assit dans le sable. Les autres l’imitèrent, sauf Creepy-chan qui devait rester allongée, mais qui tendait tout de même l’oreille.

- Je suppose que je n’ai pas le choix… marmonna Jasmine avec un sourire résigné.
- Bien supposé, sourit Mey.
- Bon, je vais tout vous raconter. C’est une longue histoire, vous savez. Et elle n’est pas toute rose. Et vous allez apprendre des choses que je n’ai jamais dite à personne, des choses qui pourraient m’envoyer en prison.
- On jure de rien dire. De toute, on est recherchés, alors… marmonna Silver.
- Bon, je commence mon récit, dans ce cas ! sourit Jasmine, ironique.
- Décidemment, c’est la journée, railla Creepy-chan avant d’être prise d’une violente toux.

Jasmine habitait Oliville depuis sa naissance. Née dans une famille aisée, elle vécut dans l’insouciance et le bonheur. Elle était jolie, gentille, et elle avait le monde à ses pieds avec un simple sourire. En plus de ça, elle était douée pour les combats Pokémon. Ses Pokémon Aciers étaient vraiment puissants. A l’âge de 18 ans, elle prit la place du vieux croulant qu’était le champion, et devint la Championne d’Oliville. Elle n’avait pas fait d’études, fait un voyage initiatique de seulement un an, mais elle était quand même Championne, et gagnait un excellent salaire.

Elle s’installa donc dans une résidence, tout près de la Porygon School. Et un an plus tard, alors qu’elle partait travailler, elle aperçut un garçon qui marchait, en uniforme, en direction de la grande école d’ingénieur. De magnifiques cheveux blonds, un physique à tomber par terre, des yeux verts magnifiques. Il marchait seul. Ce fut le coup de foudre.

Jasmine n’avait jamais été amoureuse de sa vie. Elle trouvait que l’amour était une chose idiote, et n’avait jamais compris ses amies qui voulaient se trouver un petit ami. Pour cette raison, certaines mauvaises langues – des filles principalement – l’appelaient « La beauté frigide ». Pour les garçons, sortir avec Jasmine était le plus dur des défis : beaucoup l’avait relevé, personne ne l’avait réussi.

Mais ce jour là, quand elle vit ce jeune homme, elle comprit ce qu’était l’amour. Alors elle se mit à l’observer. D’abord tous les matins, en partant. Puis elle se mit à aller faire ses courses le soir, au moment où le blond rentrait chez lui après une journée d’étude. Puis elle se mit à le suivre. Discrètement, bien sûr. Elle découvrit où il habitait – une résidence étudiante – et finit par connaître ses horaires de cours par cœur.

Un jour que Jasmine le suivait, comme à son habitude, le jeune homme se retourna subitement, et lui sauta dessus. La jeune femme, surprise, n’eut même pas le temps de crier. Il la plaqua au sol, et arma le poing, prêt à la frapper.

- Qui es-tu ? demanda-t-il d’une voix effrayante.
- Je m’appelle Jasmine. Jasmine Ironclaw, sourit-elle, rassurée.
- Tu viens d’Hoenn ? s’étonna le jeune homme. Ton nom de famille…
- C’est mon père, il est né à Cimetronelle, s’expliqua Jasmine avec un sourire.
- Je vois. Pourquoi tu me suis ? Tu veux me tuer ? demanda-t-il.

Jasmine s’étonna un peu de cette réaction violente, mais elle se dit que c’était super cool.

- Bien sûr que non, je veux juste être ton amie ! répondit-elle en souriant de plus belle.

« C’est étrange… D’habitude les garçons rougissent quand je souris… » songea Jasmine. Mais le garçon s’écarta d’elle et lui sourit à son tour.

- Ah bon. Excuse-moi de t’avoir fait mal, dit-il, penaud.
- C’est pas grave, sourit Jasmine.
- Je m’appelle Denzi. Denzi Devil.

Ce fut le début d’une amitié. Enfin, d’un amour du côté de Jasmine. Ils se mirent à trainer ensemble, et furent rejoins ensuite par un garçon aux cheveux rouges qui s’était lié d’amitié avec Denzi à l’école. Jasmine n’aimait pas le garçon aux cheveux rouges – il était son ennemi. Il était clair que lui aussi avait des vues sur Denzi, et Jasmine ne supportait pas ça.  C’était réciproque, car le garçon aux cheveux rouges n’aimait pas Jasmine non plus. Enfin, c'est ce qu'ils se disaient, mais au fond d'eux, ils s'appréciaient l'un l'autre, involontairement unis car poursuivant un rêve inatteignable. On aurait pu penser à un triangle amoureux ; dommage, Denzi n’aimait personne. Personne à par lui, car derrière sa beauté, il était narcissique sur les bords.

Mais ils vécurent beaucoup de bons moments, tout trois.

Puis tout bascula. Denzi bascula. Avide d'un quotidien moins banal, il sombra dans la drogue assez rapidement, sans que ses deux amis ne puissent rien faire.

Attiré par l’argent, et surtout le bonheur d’être sous substance, le blond ne vivait plus que pour ça. Et quand Jasmine et Adrien le retrouvèrent un soir complètement défoncé dans une ruelle, ils tentèrent de lui faire entendre raison. Mais ils étaient faibles, car ils l’aimaient.

- Venez avec moi… avait murmuré le lendemain Denzi. On deviendra riches… Plus riches encore que toi, Jasmine…

Des amis normaux auraient dit non et l’auraient balancé en cure de désintoxication. Sauf que Jasmine et Adrien ne pouvaient pas dire non à l’être qu’ils aiment plus que n’importe quel autre. Ils sombrèrent à leur tour.

Denzi monta son propre réseau. Il « engagea » des gens de la Porygon School, des filles comme des mecs, des gens apparemment bien élevés. Et beaux, la plupart du temps. C’était un atout considérable : les acheteurs ne discutaient jamais le prix, même quand il montait. Denzi était le chef, Adrien et Jasmine étaient ses bras droits. Jasmine fut la seule à rester parfaitement clean – quoique Adrien sut rester relativement lucide – et c’était elle qui se chargeait de négocier avec les vendeurs et les trafiquants. La plupart étaient des hommes, et un sourire accompagné d’un joli décolleté en venait à bout sans problème.

Bref, c’était une entreprise, certes illégale, mais florissante. Jusqu’au jour où la mère et la sœur de Denzi débarquèrent à Oliville. Denzi paniqua. Sa mère était flic, et elle flairait sa trace. Elle savait déjà que derrière ses airs charmeurs, son fils n’était pas un ange.

Il finit par l’assassiner quelques mois après. Et il se fit attraper. Le réseau se cassa la figure, Jasmine ne fut même pas soupçonnée, malgré des tas de témoignages contre elle : la justice de Johto protégeait les Champions. Adrien également réussi à se faire disculper, notamment grâce à Jasmine.

Denzi en revanche fut condamné à 40 ans de prison. Depuis ce jour, Jasmine ne rêve que d’une chose : le libérer.


Nozomi était restée silencieuse pendant tout le récit. Finalement, elle fixa Jasmine dans les yeux.

- Tu as donc connu mon frère…
- Oui, Nozomi Devil. J’ai connu ton frère. Et je peux comprendre que tu ne veuilles pas le libérer, vu qu’il a tué ta mère. Mais je l’aime, et je suis prête à te combattre, s’il le faut, déclara Jasmine, déterminée.
- Ne t’inquiète pas. Je ne te dirais rien. Je le déteste. Parce qu’il a tué maman. Mais c’est mon frère et tu l’aimes, donc je ne t’en voudrais pas si tu le délivres. Mais je préfère te prévenir : s’il devient à nouveau fou et tente de faire du mal aux gens que j’aime, je le renverrai croupir en prison, pour l’éternité, cette fois, cracha Nozomi.
- Ca me va, sourit Jasmine.
- Perso j’en ai rien à foutre de vos conneries, je dois juste vous tuer tous autant que vous êtes… soupira une voix derrière eux.

Ils se retournèrent tous d’un même mouvement. Nana se trouvait là, trempée. Mais elle n’était pas seule. Elle était accompagnée d’un gamin de sept ans, assis sur un Léviator, d’une vieille femme liftée et refaite de partout, mais qui devait avoir passé la soixantaine depuis belle lurette, ainsi que d’une jeune femme brune tout ce qu’il y a de plus normal. Mais celui qui se détachait du groupe, c’était Gold.

- Il m’a fallu du temps pour re-rassembler mes troupes… Mais je vous tuerai. Tous. TOUS ! hurla Nana.
- Steel, prend Creepy-chan sur ton dos… Les autres… FUYEZ ! hurla Mey.

Elle n’eut pas besoin de le dire deux fois.

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Dernière édition par Shuu Kette Foulardeux le Mar 12 Nov 2013 - 22:26, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Dim 27 Mai 2012 - 22:05

Cette fois, je suis vraiment, vraiment en retard, et vous m'en voyez navré :( D'abord le voyage en allemagne, puis le concours de Fanfic... Je n'ai pas eut beaucoup de temps pour la fic, et je m'en excuse. Cela fait trois semaines, du coup...

Pour compenser ça, le résumé sera légèrement plus conséquent que les fois précédentes. Histoire de rafraichir la mémoire un bon coup =D Encore désolé...

Spoiler:
 


Voilà... Bonne lecture =D Au passage, c'est un chapitre un tout petit peu violent... Vous êtes prévenus




Une île perdue au milieu de l’océan. Quel beau cadre paradisiaque pour la déferlante de violence qui allait suivre.

Mey venait juste de dire à tout le monde de s’enfuir. Creepy-chan, blessée mais juchée sur Steel, l’Airmure de Mey, fila comme une fusée. Sans attendre, le gamin perché sur son Léviator s’élança à sa poursuite. Silver, se sentant lâche, prit malgré tout ses jambes à son cou, suivi de Mey. Gold décida d’en faire ses proies, et il se mit à courir après eux.

Ne restaient que Nozomi et Jasmine. La première monta sur son Métalosse, et se téléporta sans prévenir. Nana jura.

- Elle ne peut pas être allée bien loin, cette gamine n’est pas une froussarde. Je vous laisse vous occuper de la Championne. Je la veux morte à mon retour, pigé, Eileen et Miranda ? lança Nana.
- No problem, j’m’en occupe ! répondit la vieille femme liftée.
- Bien compris, acquiesça la jeune femme qui devait être Eileen.
- A tout à l’heure, dans ce cas.

Et Nana s’élança dans la forêt. Jasmine se retrouva seule face à ses deux adversaires : une vieille refaite de la tête aux pieds en passant par les pommettes, les lèvres et l’arrière-train, ainsi qu’une jeune femme tout ce qu’il y a de plus banal, âgée environ de ving-cinq ans. C’est elle qui prit la parole en premier.

- Tu es bien courageuse, jeune fille.
- J’ai vingt-deux ans, pour info, répliqua Jasmine avec un sourire.
- Et moi ving-sept, tu es donc jeune. Je me présente, Eileen, fit la jeune femme avec une voix dénuée d’émotion. Et voici ma mère, Miranda.
- Ta gueule salope, j’suis pas ta daronne, ch’uis ta sister !

Oui oui, c’était bien la vieille de soixante ans liftée qui venait de parler. Maintenant que Jasmine la regardait de plus près, elle voyait que la dame avait des piercings un peu partout, un tatouage avec marqué « Nik la police » sur le bras, et qu’elle était vêtu d’un survêtement noir et d’un débardeur rose. Elle avait un pétard à la bouche.

- Excusez-la, soupira Eileen. Ma mère est très complexée par sa vieillesse…
- Wesh ferme là, tu vas me foutre vénère ! cracha la dénommée Miranda.
- Bon, j’ai pas toute la journée… Ca vous dit si on se fait un petit combat ? proposa Jasmine.
- T’as des couilles sista, j’t’aime bien ! ricana la vieille croulante.
- Tu es téméraire, ça risque d’être amusant… dit Eileen.
- Non, en fait je suis juste pressée, le type que j’aime m’attend ! signala Jasmine.
- Il va attendre longtemps, dans ce cas… Apireine, en avant ! lança Eileen.
- Wesh, Baggaid, nique lui sa race !

Les deux Pokémon apparurent. Ils semblaient puissants, mine de rien. L’Apireine était tout particulièrement effrayante : en effet, elle était trois fois plus grande qu’une Apireine ordinaire, ce qui donnait un monstre de 3 mètres de haut. Jasmine n’eut aucune réaction. On ne l’appelait pas « La Beauté Frigide » pour rien. Elle claqua des doigts, et son Pharamp vient se placer devant elle, en position de combat.

- Un Pharamp ? Tu vas crever, pourriture… Baggaid, Fracass’Tête !
- Rayon Chargé, marmonna Jasmine, impassible.

Le rayon électrifié minuscule jaillit du doigt du Pharamp. Quand il toucha la tête du Baggaid qui courait en direction de son adversaire, un flash de lumière aveugla tout le monde. Baggaid fut projeté au loin, et s’écrasa violemment sur le sable, pas KO mais sérieusement amoché. La vielle wesh n’en revenait pas.

- Wow, t’es pas trop merdique en fait...
- Apireine, Appel Attack ! ordonna Eileen.

Des milliers d’abeilles sortirent de l’Apireine géante, et foncèrent en direction du Pharamp.

- Onde de choc ! Et enchaîne avec ton combo Piège Foudroyant ! ordonna Jasmine.

Une onde électrique décima les rangs d’abeilles qui tombèrent comme des mouches, grillées. Puis une Cage Eclair entoura Baggaid, qui peinait à se relever. Piégé, il ne put éviter l’attaque Tonnerre qui le mit immédiatement K.O.

- Un à zéro ! sourit Jasmine.
- Tasspé ! jura la vieille Miranda. Seviper, à ton tour !
- Apireine, Appel…
- Pharamp, la coupa Jasmine, Rayon Gemme !

Alors que Seviper sortait de sa Pokéball, un rayon constellé de pierre précieuse vint frapper mortellement l’Apireine. En effet, les attaques roches étaient quadruplement efficaces sur les Apireine, d’où ce KO en un coup.

Il ne restait plus que Seviper, rejoint quelques secondes après par le Roigada d’Eileen.

- J’en ai marre de jouer avec vous… soupira Jasmine. Noacier, en avant.

Le Pokémon sortit de sa Pokéball, et se posa sur le sable aux côtés de Pharamp. Jasmine bailla.

- Etreinte Survoltée…

Alors, sans prévenir, les bras extensibles de Noacier s’alongèrent et vinrent s’enrouler autour du Roigada et du Seviper, mais également autour de Miranda et Eileen. Les deux femmes se mirent à hurler de terreur, immobilisées. Pharamp s’approcha du Noacier, resté aux côtés de Jasmine, et posa ses mains sur le Pokémon hérissé de piquants.

- Vous savez, la première chose qu’on apprend dans le milieu du trafic de drogue, c’est tuer sans hésitation. Je n’ai jamais eu à le faire jusqu’à présent, usant plus de mon sourire que de mes Pokémon, mais il faut bien une première fois à tout… Adieu mesdames, heureuse de vous avoir connu.

Le Pharamp libéra alors une magistrale attaque Fatal Foudre dans le Noacier. L’électricité se répandit dans les « bras » du Pokémon, eux-mêmes enroulés autour des deux dresseuses et leurs Pokémon.

De Miranda, Eileen, Seviper et Roigada, il ne resta que des cendres mêlées au sable fin.


Cela faisait maintenant une heure que le gamin au Léviator poursuivait Creepy-chan, blessée à la jambe, montée sur Steel. Le pauvre Airmure commençait à fatiguer, alors que le Léviator semblait increvable. Depuis tout à l’heure, le dragon ondulait à une vitesse à peine croyable, surtout compte tenu du terrain : en effet, ils étaient dans une forêt tropicale, qui recouvrait les 95% de l’île déserte. La végétation était dense, très dense, mais les arbres n’étaient touffus qu’à la cime. Aussi, un toit végétal empêchait Steel de s’échapper par le ciel sans faire du mal à sa passagère.

Creepy-chan avait peur. C’était une peur différente de celle qu’on pouvait ressentir devant un film d’horreur. Les films ne sont pas effrayants, car on ne met jamais notre vie en jeu. Peu importe ce qui arrive aux acteurs, nous, nous sommes assis dans notre canapé et rien ne peut nous arriver. C’est la raison pour laquelle Creepy-chan n’a jamais eu peur devant un film horrifique. En revanche, pour la première fois de sa vie, elle était terrorisée.

Parce que cette fois-ci, la frontière entre la vie et la mort était infime. Elle avait une jambe esquintée, et si Steel venait à s’arrêter de voler, elle serait totalement à la merci de son agresseur. Elle pouvait se faire tuer, torturer, ou mâchouiller par l’affreux Léviator qui la poursuivait. Sa survie reposait sur l’Airmure qui slalomait courageusement entre les troncs. Mais toute chose à une fin. Le pauvre oiseau de fer finira bien par s’écrouler, et à ce moment là, Creepy-chan sera plus morte que vivante. Même en admettant que ses Pokémon puissent battre le Léviator –ce qui paraissait impossible – le gamin avait sûrement d’autres monstres en réserve. Elle était finie avant même que la course n’ait commencée.

- Combien de temps vas-tu continuer ainsi ? hurla le gamin derrière pour se faire entendre.
- Jusqu’à la fin ! répondit Creepy-chan – à mourir, autant le faire avec dignité.
- J’en ai marre d’attendre !

Creepy-chan se retourna, juste attend pour voir le gamin se mettre debout sur son Léviator et fermer les yeux. Le Dragon fit de même, sans s’arrêter de poursuivre Airmure pour autant. Le garçon tendit sa main droite. C’est à ce moment là que Creepy-chan comprit. Trop tard.

- Hydrocanon, hurla le gamin.

Un Echo. Ce mioche était un Echo. De sa main droite jaillit une colonne d’eau d’un bon mètre de diamètre, qui fila comme une torpille en direction d’Airmure. Trop lent, le pauvre Pokémon Acier encaissa l’attaque dans l’aile, et s’écrasa.

Creepy-chan cria, et se mit carrément à hurler quand le Pokémon percuta le sol. Cela bougeait dans tous les sens, sa tête se fracassait contre les ailes de l’Airmure et les buissons. L’oiseau de fer glissa un moment sur le sol, puis finit par s’arrêter, stoppé par un arbre.

La jeune fille haletait, elle sentait du sang chaud couler sur sa joue. Il lui semblait que sa tête aller exploser, tant elle lui faisait mal. C’était un miracle qu’elle soit encore consciente. Elle essaya de dégager ses jambes, coincées sous le corps de l’Airmure, K.O. Elle y parvint. Sa jambe était encore plus esquintée qu’avant mais l’autre avait seulement quelques bleus. Ses bras aussi semblaient peu touchés, ce qui était une bonne chose. Elle plaqua un morceau de son haut sur la plaie qu’elle avait au front, et le noua en bandeau.

- T’as de la chance de pas être morte…

Creepy-chan se tourna vivement, faisant encore plus souffrir sa pauvre tête. Le gamin était là, à quelques centimètres d’elle. Son Léviator se tenait derrière lui, en retrait.

- Je te tuerai de toute manière, donc ne lutte pas trop, tu vas te faire mal… sourit le gamin, apitoyé.
- Qui es-tu ? articula lentement Creepy-chan.

« Gagner du temps. Je dois gagner du temps. Les migraines vont s’atténuer grâce au bandeau. Je pourrais me concentrer et j’aurai une chance de le battre. » pensa la jeune fille, à mi-chemin entre la détermination et la peur la plus bestiale. Dos contre le flanc de l’Airmure, elle inspirait et expirait lentement, ses jambes douloureusement étendues devant elle, fixant droit dans les yeux son agresseur.

- Je m’appelle Yuo. Mais il est inutile de retenir mon nom, précisa-t-il.

Le qualifier de gamin était mensonger, en réalité. Il devait avoir treize ou quatorze ans, soit presque l’âge de Creepy-chan, mais il était très petit en taille. Une casquette recouvrait ses cheveux apparemment courts, et ses yeux couleur de boue semblaient bienveillants. Il aurait pu être mignon s’il n’avait pas cet horrible nez déformé en plein milieu du visage.

- C’est un joli nom… répondit Creepy-chan dans un souffle.
- Et toi, comment tu t’appelles ? demanda le garçon nommé Yuo.
- Creepy-chan.
- C’est pas un nom, ça… soupira Yuo.
- C’est come cela qu’on m’appelle.
- J’aimerais connaître ton vrai nom, insista le garçon.

Creepy-chan rougit. C’était la première personne à insister pour connaître son vrai nom. Creepy-chan le détestait, aussi, elle se faisait appeler par un pseudonyme.

- Je n’aime pas mon prénom, en fait.
- Dis toujours, je ne me moquerai pas, sourit le garçon.

Silence. « Gagner du temps. »

- C’est… Romain.
- Pardon ? s’étonna Yuo.
- Tu as bien entendu… soupira Creepy-chan.
- Mais c’est un prénom de mec !

« Je dois encore gagner du temps… Il a pas l’air méchant, si je lui parle d’un truc qui l’intéresse, il ne m’attaquera pas tout de suite. Mais j’ai pas super envie de raconter mon passé à un inconnu… » songea Creepy-chan, son mal de tête s’estompant peu à peu. « Bah, après tout, entre crever et être gênée… »

- En fait, je suis la dernière descendante d’un genre de dynastie. « La dynastie Evanescia », comme disait mes parents. Il y a de cela des centaines d’années, la famille Evanescia était souveraine à Johto. Le Roi, Maltazar Evanescia, est l’un de mes arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-grand-pères. Nous n’avons plus aucun pouvoir politique, mais mes parents étaient très attachés à la famille, et étaient immensément fiers de leur nom. C’est pourquoi, à ma naissance, ils m’ont fait passer pour un garçon, pour que je garde mon nom lors de mon mariage. Je suis née chez mon oncle médecin, et quand mon père est allé me déclarer à la mairie de Doublonville, il m’a présenté comme étant de sexe masculin. Sur ma carte d’identité, même, je suis considérée comme un homme, expliqua Creepy-chan.

Yuo était réellement étonné. Il se tenait debout devant elle, ses yeux montrant sa surprise. « J’ai gagné au moins la première manche. Ma tête va mieux, je vais pouvoir me battre. Reste à attendre le bon moment pour attaquer. »

- Bref, pendant les neuf premières années de ma vie, j’ai vécu comme un garçon. Mes cheveux blonds étaient coupés courts, et j’étais habillée de couleurs masculines. Quand vint l’âge de 8 ans, je ne savais toujours pas que j’étais une fille. Je voyais les autres garçons, et je me rendais compte qu’il me manquait quelque chose au niveau de l’entrejambe. Je suis devenue très pudique – c’est resté d’ailleurs. Finalement, à neuf ans, je me suis confiée à ma tante, qui m’a révélé ce que j’étais réellement. Je ne trompais plus personne, de toute façon, avec mes traits fins et mes cils longs. J’ai hurlé les pires insultes que je connaissais à mes parents, j’ai tenté de me suicider – heureusement, je ne savais pas que se tuer à coup de pastilles pour la gorge était compliqué – j’ai fugué chez ma tante. Je suis revenue après, ils se sont répandus en excuse, j’ai changé d’école et je suis enfin devenue une fille. Mais on ne pouvait changer mon prénom, alors je me suis fait appelée Creepy-chan. Voilà, tu sais tout. Maintenant, meurs.

Creepy-chan lâcha sa Pokéball. Insécateur – Rena – en sortit, et fonça toutes lames dehors en direction de la gorge de Yuo. « C’est un Echo, battre ses Pokémon ne suffit pas. Il faut le tuer lui. » s’était dit la jeune fille.

Mais quand les lames de l’Insécateur touchèrent la trachée du garçon, elles s’arrêtèrent net, stoppées. Yuo n’avait pas la moindre égratignure. Comme si sa peau était trop épaisse pour que Rena soit capable de passer au travers. Il eut un sourire.

- Ton histoire est très étrange… Tu as dû beaucoup souffrir. Tu as également la rage de vivre, c’est bien. Malheureusement, les gens qui croisent mon chemin ne survivent pas. Et au passage, la raison pour laquelle ton Insécateur ne peut me trancher la gorge, c’est que j’ai momentanément emprunté la peau indestructible de mon Léviator grâce à mes pouvoirs d’Echo, expliqua Yuo.
- C’est impossible… souffla Creepy-chan.
- Peut-être bien. Mania.

Le coup de poing du garçon envoya voler le pauvre Insécateur. Yuo ne lui laissa même pas le temps d’atterrir que déjà, il le frappait encore et encore, animé d’une vitesse inhumaine. L’enchaînement de coups eut raison de Rena, qui s’effondra. Creepy-chan n’en revenait pas. Elle rappela son Pokémon, et lâcha une autre Pokéball, une lueur déterminée dans le regard.

- Shion, CERCUEIL DES OSSEMENTS MAUDITS ! ordonna-t-elle dans un cri.

L’Ossatueur apparu. Il leva les bras et utilisa Telluriforce. Le sol terreux de la forêt sembla fondre, commença à se mouvoir, et finalement devint liquide. La terre visqueuse fondit sur Yuo, qui esquiva à la vitesse de l’éclair. Mais Shion visait autre chose : le Léviator. Le Pokémon n’eut pas le temps de réagir, et se retrouva piégé dans un cercueil de terre haut de plusieurs mètres. L’os de Shion s’agrandit jusqu’à devenir énorme, et frappa avec une force phénoménale le cercueil, qui vola en morceaux dans une énorme explosion.

Quand la poussière se dissipa, Yuo était de nouveau sur la tête de son Pokémon, et ce dernier n’avait rien du tout.

- Bien tenté, mais mes Pokémon sont bien au dessus des tiens. Tu ne peux pas me battre.
- Je vais au moins essayer, répliqua Creepy-chan. Rika, Satoko, venez en renfort !

Rika le Pikachu et Satoko le Togetic apparurent, et se rangèrent aux côtés de Shion l’Ossatueur.

- Trois contre un ? N’est-ce pas un peu excessif ? ricana gentiment Yuo.
- Déjà, toi et ton Léviator, ça fait deux. Et même si je possédais une centaine de Pokémon, pour survivre, je n’aurais pas hésité à tous les lâcher en même temps, lança Creepy-chan, déterminée à vaincre.
- C’est beau, la détermination, sourit Yuo. Mais mon Léviator est avec moi depuis ma naissance, et la M-Organisation a encore augmenté sa puissance. En échange, je dois obéir aux ordres implacables de M-M… Je dois donc te tuer. Mania.

Le garçon disparut. Il se mouvait trop vite pour un œil humain. Une demi-seconde après, il se trouvait derrière la jeune fille, prêt à abattre le tranchant de sa main sur son crâne. La réactivité de Creepy-chan lui sauva la vie.

- Satoko, Abri !

Le Togetic s’interposa et érigea une barrière. La main de Yuo s’écrasa contre la paroi, mais ne la brisa pas. Il jura, et disparut à nouveau. Creepy-chan était désormais protégée par une sorte de champ de force verdâtre, en compagnie de Satoko qui maintenant la barrière.

- Je vois, marmonna Yuo, de nouveau perché sur son Léviator. Je ne peux pas te tuer tant que tu es là-dessous… On va te faire sortir, dans ce cas.

Il disparut à nouveau, et décocha un phénoménal coup de pied latéral à Shion, qui para difficilement avec son os. Un quart de seconde plus, tard, Yuo noyait Rika le Pikachu sous une salve d’uppercuts. Le rat électrique repoussa son agresseur avec une décharge, mais il se prit un Hydrocanon en pleine tête, et tomba K.O.

- Rika ! cria Creepy-chan, désemparée mais incapable de bouger. Shion, Osmerang !
- Inutile, ricana Yuo en esquivant s’un simple mouvement de tête. Hydrocanon !

De sa main jaillit un autre rayon d’eau, que Shion esquiva à grand peine. D’autres rayons toujours plus puissants surgirent à leur tour. L’un d’eux fini par toucher l’Ossatueur, qui ne résista pas plus de deux secondes et tomba K.O.

- Il ne te reste plus que ton Togetic… sourit Yuo. Annule Abri, et je lui laisserai la vie sauve.
- Tu ne le tueras pas ! cria Creepy-chan.

Elle avait peur, vraiment peur. Elle était à bout mentalement, elle souffrait physiquement. Il allait briser la protection, ou Togetic finirait par s’épuiser. A ce moment là, elle mourrait. C’était écrit, c’était sûr, c’était inévitable. Le Léviator était en pleine forme, Yuo également. La pauvre jeune fille tremblait. Mais même s’il n’y avait pas d’espoir, elle lutterait. Pour mourir digne et fière.

- Tu crois que je n’oserais pas tuer tes Pokémon chéri ? Déterminée mais naïve… soupira Yuo.

Il attrapa le Pikachu K.O. par la peau du cou. Creepy-chan crut que son cœur allait s’arrêter.

- NON ! hurla-t-elle.

Yuo lança le Pokémon électrique en l’air, comme une poupée de chiffon. Une poupée de chiffon qui fut croquée par un Léviator affamé.

La vue de Creepy-chan se brouilla. Elle hurla. Une fois. Deux fois. Trois fois. Elle ne pleurait pas, elle hurlait juste, détruite, brisée, broyée comme l’étaient les os du pauvre Pikachu dans l’estomac du Léviator.

Rika n’était plus.

La colère de Creepy-chan était incommensurable, inhumaine, bestiale.

- TU AS TUE RIKA ! rugit-elle.
- Il semblerait que oui. Je te ferais passer la merde de mon Léviator si tu veux l’enterrer, laisse moi juste ton adresse ! sourit Yuo.
- JE VAIS TE TUER ! hurla Creepy-chan.
- J’en doute, surtout si tu restes protégée par ton Togetic. Commence par briser Abri.
- PAS QUESTION ! s’insurgea la jeune fille.
- Tu veux que je fasse subir le même sort à ton Ossatueur chéri ? Il sera sûrement indigeste, vu tous les os, mais je me ferais un plaisir de les briser un par un… menaça Yuo d’une voix blanche.

Creepy-chan se figea. Elle ne savait que faire, elle avait peur, elle avait des envies de meurtre, elle voulait protéger Shion, elle voulait que ses Pokémon restent en vie, elle ne voulait pas d’autres morts, elle avait peur, elle avait mal, elle avait chaud, elle avait froid, elle voulait tuer, elle voulait survivre, elle voulait mourir, elle voulait oublier, elle voulait se réveiller de ce cauchemar.

Alors qu’elle sombrait dans la folie, elle entendit une musique. Une douce musique, semblable à un carillon. Quelques notes, douces comme la soie, qui résonnaient dans sa tête. Alors, sans savoir pourquoi, alors qu’elle allait mourir, elle se mit à chanter. Il n’y avait pas de paroles, juste une mélodie magnifique.

Creepy-chan chantait bien, mais elle ne le savait pas. Quand les premières notes s’élevèrent, Yuo en lâcha Ossatueur, surpris. Puis, Creepy-chan se mit à briller, exactement en même temps que son Togetic. Elle et Satoko illuminaient la forêt. Yuo n’en revenait pas.

- Ne me dites pas que…

Et finalement, comme par magie, la jeune fille se leva, complètement guérie. Pareille à un ange, elle s’avança vers Yuo, suivie par son Togetic.

- Une Echo… murmura le garçon.
- Je vais te tuer, souffla la jeune fille.

Creepy-chan était devenue une Echo, une personne qui peut entrer en résonance avec son Pokémon, et ainsi utiliser ses capacités. Elle venait de résonner avec son Togetic, et elle se voyait octroyer ses pouvoirs. Aussi, quand Yuo tenta de la frapper, elle esquiva, agile et gracile comme une fée.

Le combat commença. Les coups s’enchaînaient, mais les deux Echoes étaient à vitesse égale, et aucun ne parvenait à toucher l’autre. Finalement, Creepy-chan sortit sa machette.

- Je savais qu’elle finirait par me servir un jour, Oyashiro-sama ne se trompe jamais… Lame d’air !

Elle abattit son arme dans le vide, et une lame faite de vent fila vers Yuo, qui esquiva à grand peine. Creepy-chan se mit à enchainer les fentes, tenant à distance son agresseur. Finalement, elle bondit – ou plutôt, s’envola, car Togetic pouvait voler. Suspendue dans le vide à 10 mètres de hauteur, elle fixait droit dans les yeux le jeune garçon.

- Je vais te tuer et survivre, tu tuer et venger Rika.

Alors, elle prit appui sur un arbre, se projeta, et trancha la gorge du garçon d’un coup d’un seul. La peau dure du garçon ne put lui sauver la vie, tant il y avait de puissance et de haine dans cet assaut.

Sa tête tomba par terre, son corps s’effondra. Creepy-chan arrêta de briller.

Et elle se mit à pleurer.


Mey s’ennuyait. Voilà plus de cinq heures qu’elle était cachée, immobile, dans une grotte. Située dans le massif rocheux qui bordait le côté Nord de l’île, cette espèce de trou avait attiré le regard de la jeune femme alors qu’elle s’enfuyait sur le dos de Rin le Ponyta.

La course poursuite avait était étrange. Au début, Gold courrait après Silver qui courrait après Mey. Le roux avait accéléré et rattrapé la jeune fille, qui n’avait pas beaucoup d’avance. Ils s’étaient entendus pour se séparer au signal de Silver. Quand Silver avait crié « MAINTENANT ! », Mey avait pris à droite, tandis que Silver prenait à gauche. Gold, n’avait pas eu le temps de réfléchir outre mesure et avait choisi Mey. Peut-être parce qu’elle était plus lente et ainsi plus facile à tuer.

Malheureusement pour lui, Mey était montée sur son Ponyta, et avait laissé le pauvre Gold sur la touche. La jeune fille ne savait pas s’il avait continué à suivre ses traces, ou s’il avait décidé de faire demi-tour et de tenter de rattraper Silver.

En attendant, Mey était en sureté, mais s’ennuyait ferme. Son estomac criait également famine. Finalement, elle se décida à aller cueillir les baies qui la narguaient, accrochées à l’arbre en face. Grave erreur, mais elle ne le savait pas encore.

En effet, quand elle sortit pour cueillir les fruits tant convoités, Gold passait par là. Pas par hasard, bien sûr : il avait suivi les traces de la jeune fille, mais il avait du continuer à l’aveugle quand elle avait parcouru une partie du chemin dans un ruisseau. Mais quand il aperçut la jeune fille, très sexy dans sa combinaison moulante à la Samus, un air peiné se colla sur sa figure. Après tant d’heures de recherches, il l’avait trouvée.

Il devait la tuer. Parce qu’il n’en avait pas le choix. M-M l’avait rencontré en personne pour lui confier cet ordre. Cet ordre auquel on ne pouvait pas désobéir : « Si tu croises un Chapelier, tue-le. » Il allait donc tuer cette jeune fille, Mey.

Oui, c’était cruel et méchant. Gold n’était pas vraiment cruel et méchant, c’était juste un connard qui haïssait Silver parce que c’était un meurtrier. Ce qui, au final, est une raison presque valable. Après, bien sûr, tout était relatif.

Cinq minutes après avoir vu Mey sortir de sa grotte, il passa à l’action, caché derrière un rocher. Il décida de faire un détour, d’escalader la montagne, et donc se retrouver au dessus de la grotte de Mey. Puis il trouverait un truc pour la faire sortir de son trou, et il la carboniserait. Pas qu’il en ait envie : il le devait, c’est tout.

Mey, à l’intérieur de la grotte, ne se doutait de rien. Elle avait donné quelques baies à son Ponyta, qu’elle brossait paisiblement en mangeant les succulents fruits. La grotte était plutôt spacieuse, et Mey s’était en quelques sortes « installée ». Elle avait déposé au sol ses sacs contenant duvet, purificateurs d’eau, trousse de premier soin, et tout le reste. Tout était trempé suite à l’excursion sous-marine, et comme elle n’avait rien d’autre à se mettre, elle devait se coltiner cette ignoble combinaison noire trempée. Elle avait beau essayer de se réchauffer auprès de Rin, rien n’y faisait, elle avait froid.

La jeune femme n’était pas super rassurée. Elle avait laissé Steel entre les mains de Creepy-chan, et se retrouvait avec pour seule défense son Ponyta Shiney. C’était déjà ça, mais si elle devait se battre contre Gold, elle n’avait pas la moindre chance.

C’est alors qu’elle aperçut dehors la plus belle chose qu’elle ait jamais vu : il s’agissait d’un Feunard, ses neuf queues ondulant lentement alors qu’il marchait d’un pas tranquille à quelques mètres de la grotte de Mey. Sauf que ce Feunard était Shiney. Son pelage était d’un gris cendré magnifique, et les extrémités de ses queues soyeuses étaient bleutées. Mey crut qu’elle allait avoir un orgasme. Sans réfléchir, elle se jeta dehors, une Hyperball vide à la main.

- JE VAIS T’ATTRAPEEEEER ! éructa-t-elle, trop contente de tomber une deuxième fois sur un shiney.
- NINTH’S COMBO !

Le sang de Mey se glaça. Elle leva la tête. Au dessus d’elle, sur l’entrée de la grotte, Gold était assis, en compagnie de son Typhlosion. Le jumeau de Killian eut une étrange grimace, comme si ce qu’il faisait le répugnait, et montra du doigt le Feunard. Mey hurla. Le Feunard était sur le point de cracher une attaque Déflagration, en même temps que Typhlosion.

- Je suis désolé, souffla Gold.

Les deux attaques partirent en même temps, à l’avant et à l’arrière de Mey. Elle ne pouvait pas esquiver. Alors elle se jeta à plat ventre, et les gerbes de flammes se refermèrent sur elle.

Mey n’avait jamais eut aussi mal. Jamais. Et pourtant, elle en avait vécue, des choses. Mais rien n’était pire que les brulures. La douleur se concentrait dans ses pieds, non protégés, et sa tête semblait en feu. Elle avait dépassé le stade de la chaleur, elle se faisait littéralement carboniser sur place. Elle hurla, toussa, hurla encore. L’attaque s’arrêta enfin. Tout autour d’elle, le feu faisait rage. Il léchait sa peau, mais ne l’atteignait pas, grâce à sa combinaison mouillée.

Ses cheveux et ses pieds brûlaient, elle le savait, mais elle ne voyait pas comment étouffer les flammes. Elle se mit debout, et piétina le sol, éteignant le feu qui lui dévorait les pieds, puis, désespérée, en sueur, hurlante de douleur, elle attrapa un caillou tranchant au sol et se coupa les cheveux, se brulant les mains au passage.

Elle se mit à haleter comme un chien. Il n’y avait plus de feu, juste la douleur, principalement au niveau des pieds, même si son corps entier la lançait. Elle retomba au sol. Elle ne voyait plus rien, il y avait trop de fumée. Heureusement, le sol était rocheux et l’incendie s’était stoppé, mais la fumée était toujours là. Mey hurlait et toussait, encore et encore, incapable de s’arrêter.

Gold, lui, essayait de ne pas entendre ses cris. Gold était un connard, mais Gold n’aimait pas culpabiliser. Il pouvait faire le mal sans remords à partir du moment où rien ne venait lui rappeler sa faute. Or, les hurlements lui rappelaient assez bien qu’il venait de tenter de carboniser une jeune fille, meurtrière ou non. Et puis quand bien même, Gold n’était pas un meurtrier. C’était un être humain, égoïste certes, mais ce n’était pas un monstre. Sauf qu’il n’avait pas le choix.

Finalement, la fumée se dissipa. Mey gisait sur la roche, souffrant le martyr. Son corps avait été épargné grâce à sa combinaison, son visage était couvert de suie, ses cheveux faisaient la moitié de leur longueur initiale, et ses mains qu’elle avait enfouies par réflexe sous son ventre étaient intactes. Mais ses pieds, eux, ne l’étaient pas, intacts. Complètement rouges et boursouflés, Mey faillit s’évanouir en les voyant.

Gold ne put tenir plus longtemps. Il sauta de son promontoire, et s’agenouilla aux côtés de Mey. De grosses larmes coulaient sur ses joues.

- Je voulais pas, je voulais pas… sanglota-t-il, alors que Mey hurlait.
- Casse-toi de là ! Hydrocanon ! fit une voix dans son dos.

Gold se retourna. Silver était là, courant en direction de Mey, son Aligatueur à ses côtés. Gold n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà il se mangeait le rayon d’eau dans le ventre et s’écrasait plus loin, dans les arbres. Son Typhlosion et son Feunard Shiney – car c’était le sien – subirent le même sort et s’envolèrent à leur tour. Silver s’agenouilla à son tour aux côtés de Mey, inspectant rapidement son corps meurtri. Il fut vite rejoins par Rin le Ponyta de Mey qui s’insuiétait pour sa maîtresse.

- De l’eau… Il me faut de l’eau… haleta Mey, tordue par la douleur.
- Je sais, je sais, je sais ! s’affola Silver. Aligatueur, Pistolet à O, puissance minimale !

Un petit jet d’eau vint arroser les pieds de Mey. Elle gémit, mais la douleur s’apaisa légèrement. Silver paniquait, mais il se força à s’en tenir aux cours de premiers secours de Mentaline. En cas de brûlure, de l’eau, pas trop froide, et ce pendant vingt minutes. Rien d’autre. Mey gémissait toujours.

- Je ne peux rien faire d’autre, sanglotait presque Silver.

Il essuya tout de même le visage noir de suie de Mey. La peau de la jeune fille étant déjà marron chocolat à la base, ça ne changea pas grand-chose, mais c’était déjà ça. Il soulagea les quelques brûlures mineures qu’elle avait à la joue droite avec l’eau de sa gourde. Aligatueur continuait à arroser les pieds avec un petit jet continu.

Au bout de dix minutes, la jeune fille arrêta de gémir, et se calma un peu. Sa respiration redevint normale. Elle avait toujours mal, mais c’était supportable. En revanche, il n’allait pas falloir lui demander de marcher.

- Ca va mieux ? tenta Silver, d’une voix gentille et douce.
- Oui, mais je t’en supplie, laisse couler l’eau.
- Tes désirs sont des ordres, murmura Silver avec un sourire.
- Silver ! cria une voix brisée derrière eux.

C’était Gold. Il était dans un sale état, couvert de boue et de feuillages. L’Hydrocnanon d’Aligatueur ne lui avait pas fait du bien. Il ne souriait pas, il pleurait, les mains en l’air en signe de soumission.

- Je suis désolé… Je ne voulais pas… Mais je n’ai pas le choix… gémit-il.
- Tu es pitoyable, Gold. Je n’en reviens pas. Je te préférais presque haineux, méchant, et animé d’une violente envie de me tuer, dans le phare, pas plus tard qu’hier. Et maintenant tu pleures et tu t’excuses parce que tu as fait du mal… lança Silver, énervé.
- On m’a obligé… On m’oblige… Je ne peux pas désobéir… Je dois tous vous tuer, même si je ne le veux pas… sanglotait Gold.
- Minable… souffla Silver.
- C’est comme si Arceus en personne m’obligeait à vous tuer, je ne peux pas lutter… Je veux t’aider à la soigner, mais si je m’approche, je vais perdre le contrôle et tenter de la tuer, même si je dois y aller avec les dents et déchirer sa gorge ! pleura carrément le jeune homme.
- Je préfère te prévenir : si tu touches à un seul de ses cheveux, je te règle ton compte, cracha Silver.

Gold se mit alors à agir bizarrement. Il commença à avancer, lentement. Mais en haut de chaque pas, il se figeait, semblait se concentrer, puis finalement posait le pied.

- Tu vois, je n’ai plus aucun contrôle. Je crois que quelque chose me possède, Silver. Aide-moi, je t’en pris… Je ne veux pas devenir une bête sanguinaire, je ne veux pas… gémit Gold.
- Je ne peux rien faire pour toi, à part t’ordonner de reculer, siffla Silver en retour.
- Je ne peux pas…

Il avançait. Tremblotant, sa main se referma sur son HyperBall, qu’il tendit devant lui. Les yeux dorés de Gold fixaient ceux argentés de Silver. Les cheveux noirs du jeune homme partaient en tous sens, pliant sous le vent. Sa figure crispée montrait une lutte intérieure qu’il avait perdue d’avance.

- Empêche-moi de lâcher cette Hyperball, Silver. Fais au moins ça pour moi. Je te déteste, j’ai envie de t’effacer de ma vie, parce que tu as commis des crimes irréparables. Mais je ne peux pas complètement tirer un trait sur notre relation… On est resté si longtemps ensemble… implora Gold, tremblant.
- Notre relation ? Tu parles de ces quelques années où tu m’as forcé à me travestir, où tu m’as empêché d’être moi-même, où j’ai été adorable avec toi, mais où tu ne m’as jamais remercié, câliné, ou même embrassé ? Des mois à attendre que tu agisses, que tu deviennes un vrai petit ami, rien à faire ! Tu n’as pas de cœur et tu es égoïste, tu peux bien crever, je m’en bats les steaks maintenant ! s’emporta Silver.
- Dans ce cas, fais le au moins pour cette fille dont tu es amoureux ! hurla Gold dans un sanglot, à bout de forces. Si je lâche cette Pokéball, le Pokémon à l’intérieur va tout détruire ! Il va te tuer, tuer ta petite amie, puis me tuer moi ! Je t’en supplie !

Silver resta silencieux, hésitant. Il servait de rempart de protection. Personne ne ferait plus souffrir Mey. Il était prêt à affronter n’importe quel monstre.

- Silver… Empêche-le… je suis la première à dire que c’est un connard, mais… Tu ne gagnes rien à le laisser faire… gémit Mey, se réveillant de son silence.
- Comme tu voudras.

Silver bondit, rapide comme l’éclair, au moment où Gold lâchait la Hyperball. Il la rattrapa au vol en plongeant de façon spectaculaire, et elle ne s’ouvrit pas. Mais Gold déjà rouait Silver de coups, tentant de lui faire lâcher prise, sanglotant comme un bébé.

- Silver, je ne peux pas m’arrêter ! Je ne veux pas te frapper, je t’en supplie, arrête ça ! Je ne contrôle plus mon corps, et ma volonté va lâcher ! Fais quelque chose ! hurla Gold.

Mais Silver ne pouvait rien faire, Gold lui broyait les mains. Finalement, il ne put maintenir sa prise, et l’Hyperball tomba à terre. Elle s’ouvrit, et libéra…

…un Drattak.

Le Pokémon poussa un rugissement qui fit trembler la terre.

Et, d’un coup de griffe, il transperça le ventre de Gold.


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Dernière édition par Shuu le Ven 6 Juil 2012 - 17:25, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Dim 3 Juin 2012 - 21:55

Ouais, je suis dans les temps, demain il neige ! Yihiiiie ! Yihiiiie !

Bref. Rien de spécial à dire... Ah si ! Le résumé va être fait différement. Comme en ce moment il se passe beaucoup de chose en même temps, et ce dans un court laps de temps, je vais présenter le résumé de la même manière qu'un "historique". Voilàààààà :D

Spoiler:
 

Voilà, bonne lecture à tous et merci encore à ceux qui lisent ! I Love You




Un Drattak. Voilà ce qui venait de sortir de l’Hyperball lâchée par Gold. Le pauvre était contrôlé par la M-Organisation, et était obligé de tout faire pour tuer les Chapeliers. Silver avait essayé de l’empêcher de lâcher le Drattak, mais il n’avait pas réussi. Et finalement, le Drattak était sorti, et sa griffe avait transpercé le ventre de Gold.

Le Pokémon Dragon ne faisait pas rire. Haut de deux mètres, effrayant avec ses dents pointues et ses griffes acérées, Silver devint encore plus blanc que d’habitude – si c’était possible. Le Drattack retira sa griffe du ventre du jeune homme, et une gerbe de sang vint éclabousser le visage de Silver, paralysé, alors que Gold s’effondrait. Mort ou vif, impossible de le dire. Soit évanoui, soit définitivement parti de ce monde.

Silver fit un bond en arrière, évitant de justesse un coup de griffe de l’affreux Pokémon. Le roux n’arrivait même pas à hurler, tant il était terrorisé et horrifié par la quantité de sang qui s’échappait du corps de son ex. Puis il se rappela que Mey était blessée, immobilisée par sa brûlure grave aux pieds, et qu’elle ne pouvait pas s’enfuir. Silver se devait donc de battre ce monstrueux Drattak.

- Aligatueur, Tsukishiro !

L’Hydrocanaon gelé par Laser Glace fit mouche et blessa sérieusement le Pokémon Dragon. Silver profita de cette diversion pour retourner aux côtés de Mey. Mais ça ne tint pas longtemps le Drattak à l’écart, et quelques secondes après seulement, il s’envolait toutes griffes dehors, fonçant sur Aligatueur.

- Siphon ! ordonna Silver.

Ce fut inutile ; le Pokémon transperça sans mal le tourbillon et se retrouva au dessus de Silver et Mey. Alors, il fonça en piqué vers le bas, griffes en avant, prêt à transpercer la jeune fille étendue au sol, yeux écarquillés de terreur. Elle hurla.

Silver vit la scène au ralenti : le Pokémon repliant ses ailes, se laissant tomber de 25 mètres de haut en tendant ses pattes avant. Les quelques secondes avant l’impact où Mey lui fit un sourire. Puis, l’impact, le vrai. Une tonne et quelques s’écrasant sur le sol dans une attaque mortelle. Le sol rocheux explosa en mille morceaux, un nuage de poussière grise se souleva, alors que Silver était projeté à quelques mètres de là.

Il hurla à son tour. Il n’osait pas y croire. Mey, transpercée, écrasée par le Drattak. Elle était morte, c’était certain. Qui pourrait résister à un tel impact ? Qui pourrait survivre, broyé par une telle puissance ?

Et bien, Mey le pouvait. Mais pas toute seule.

Quand la poussière se dissipa, il n’y avait pas de sang. Pas de corps non plus. Mey avait disparu, et le Drattak restait sonné après l’impact. Stupéfait, Silver chercha la jeune fille du regard. Où était-elle ? Elle ne pouvait pas marcher, et il ne l’avait pas vu bouger avant que le Pokémon ne s’écrase au sol.

- SILVER, NE T’INQUIETE PAS, OYASHIRO-SAMA A DECIDE QUE L’HEURE DE MEY N’AVAIT PAS SONNEE, MWAHAHAHAHHAHA ! ricana une voix.
- Creepy-chan ?! s’étonna Silver. Mais t’es où ?
- LEVE LA TETE, ENFANT DU DESTIN ! cria Creepy-chan en réponse.

Silver obéit, et écarquilla les yeux, stupéfait. Creepy-chan flottait, accompagnée de son Togetic. Elle irradiait d’une lumière blanche, et tenait Mey dans ses bras. Mais le plus étonnant, c’est qu’elle avait des ailes blanches dans le dos.

- Depuis quand t’es devenue un ange ? s’étonna Silver à nouveau.
- JE SUIS DEVENUE UNE ECHO, ETRE HUMAIN INFERIEUR ! LE POUVOIR S’EST OFFERT A MOI, JE L’AI SAISI ET AI VAINCU MON ADVERSAIRE ! cria Creepy-chan en réponse, ayant retrouvé son côté gueulard et démoniaque.
- Une Echo ?! What the fuck ?! Bon, de toute manière, j’ai pas le temps, le Drattak va se réveiller ! Prends Mey et pars !
- TU N’AS PAS D’ORDRE A ME DONNER, MWAHAHAHAHAHA ! MAIS J’ACCEDERAI A TA REQUÊTE.
- Merci, sourit Silver.

Mey était en sureté, Silver allait pouvoir se battre sérieusement. C’est alors qu’il aperçu Gold, étendu par terre, ensanglanté. Entre la vie et la mort.

- Creepy-chan, attends ! cria Silver.
- QU’Y A-T-IL ? demanda Creepy-chan en revenant en arrière.
- Est-ce que tu pourrais prendre Gold aussi... Je sais que c’est notre ennemi, mais je ne peux pas me résoudre à le laisser mourir.

L’air auparavant machiavélique et ironique de Creepy-chan fut remplacé par une mine sérieuse. Elle descendit lentement du ciel, et se posa en face de Silver.

- T’es sûr de ce que tu fais ? souffla-t-elle.
- Oui, répondit Silver dans un murmure.
- Dans ce cas, je l’embarque. Je te jure que je ferai tout pour le maintenir en vie.
- Merci encore.
- De rien. Bonne chance, sourit-elle.

Elle disparut d’un battement d’ailes, et se retrouva aux côtés de Gold. Elle jucha Mey dans son dos, et prit Gold dans ses bras, puis s’envola loin d’ici. Ne restait plus que Silver, son Aligatueur, et le monstrueux Drattak qui finissait de reprendre ses esprits.

- Je vais te battre, immonde créature ! lança Silver. Aligatueur, Tsukishiro !

Le Drattak esquiva en s’envolant, puis il fonça en direction d’Aligatueur.

- N’y pense même pas ! Hueco, à ton tour, Balle Ombre en rafale !

L’Ectoplasma de Silver sortit de sa Pokéball et envoya une salve de Balles Ombre. Quelques-unes touchèrent le Drattack à l’aile gauche, et, déséquilibré, il rata Aligatueur et s’écrasa contre la falaise rocheuse.

- Saisissons l’occasion ! Farfuret, en avant !

Le Pokémon sortit de sa Pokéball, et se mit en position de combat aux côtés de l’Ectoplasma et de l’Aligatueur.

- C’est parti vous trois, ULTIMATE ICE COMBO ! ordonna Silver.

Farfuret souffla un Blizzard surpuissant ; Ectoplasma se Clona, et lui et son clone commencèrent à marteler le Dragon de Poings Glace imparables ; enfin, Aligatueur lança son Tsukishiro dévastateur.

Le Dragon morfla sa race. Mais il se releva. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il avait résisté à un combo super efficace. Il était quand même sérieusement amoché, au bord du KO même. Il prépara alors n tout dernier assaut. Draco Meteor. Silver le devina dès qu’il vit une boule orangée se former dans la bouche du Drattak, et pâlit. Si le Pokémon arrivait à lancer cette attaque, c’était la fin pour Silver et ses Pokémon. Ils ne pourraient pas résister à une chute de météorites.

Malheureusement, les trois Pokémon susceptibles de mettre le Dragon KO étaient exténués par les attaques surpuissantes qu’ils avaient utilisées, et n’avaient pas la force de le battre. Silver paniqua. Il songea qu’il pouvait utiliser son Nostenfer, mais il n’aurait jamais assez de puissance pour venir à bout du Drattak. Cizayox non plus n’avait aucune chance. « Bordel ! » jura intérieurement Silver, de plus en plus alerté. « Je veux pas crever comme ça ! »

- Fatal-Foudre.

Un éclair zébra le ciel. Et s’écrasa sur le Drattak. Le Pokémon hurla, puis disparut, réduit en cendres par la foudre. Silver se retourna vivement. Jasmine se tenait là, souriante, aux côtés de son Pharamp.

- J’ai entendu du bruit… Donc j’ai décidé d’intervenir. Tu n’es pas blessé, Silver-chou ?


- La voix est libre ? chuchota Crystal.
- Oui, c’est bon, personne en vue, répondit Flora sur le même ton.

Les deux jeunes filles sortirent de la Tour Feraille. Elles étaient fatiguées, mais vivantes. Quelques heures auparavant, elles avaient rencontré Mortimer, un vieil ami de Crystal. Celui-ci les a abandonné au deuxième sous-sol secret de la Tour Feraille et a lâché une centaine de Fantominus sur eux. Les amis, c’est plus ce que c’était…

Crystal et Flora s’époumonaient. Les Pokémon spectres s’agglutinaient autour d’elles, les vidant de leur énergie vitale. Mortimer venait de partir. Crystal eut soudain une idée : elle envoya son Feuforêve au combat, et celui se mit à parler Pokémon. Les Fantominus arrêtèrent d’attaquer les jeunes filles pour écouter le Pokémon de Crystal. Il dut parler un petit moment, mais il finit par convaincre les Fantominus de ne pas faire de mal à sa dresseuse et son amie.

- Crystal, t’es un génie, souffla Flora en se relevant, vidée mais vivante.
- Je sais, je sais. Sortons d’ici, maintenant.
- On devrait peut-être attendre la nuit… Et devenir « invisibles ». Ton ami Mortimer est apparemment au service d’une organisation malveillante qui voulait nous éliminer. Si on leur laisse croire qu’on est mortes, ils ne nous embêterons plus… Alors que si on sort maintenant et qu’on tombe à nouveau sur Mortimer, on est dans la merde.
- Je vois… marmonna Crystal. Attendons la pénombre, dans ce cas.


C’est ce qu’elles avaient fait. Et quand il fut 6 heures du soir – le soleil se couchait tôt, en Novembre – elles avaient défoncé la statue qui les empêchait de sortir avec Braségali, et elles étaient sorties de la Tour.

- Où allons-nous, maintenant ? demanda Crystal.
- J’ai eu une idée, dans le sous-sol, commença Flora. Hier soir, avant que tu ne trouves la lettre de Mentaline, j’ai regardé l’interview d’un homme qui parlait des Ruines Alpha. Il disait qu’un mystère se cachait sous ces ruines… Les légendes parleraient d’une cité entière souterraine…
- Tu crois à ces contes pour enfants ? railla Crystal.
- Non, bien sûr. Mais si je n’y crois pas, les méchants ainsi que la Police n’y croient pas non plus. On peut toujours essayer, et si ça marche, on aura trouvé la cachette parfaite, expliqua Flora.
- C’est un peu foireux, ça… Le pourcentage de chance pour qu’il y ait vraiment une cité souterraine est de moins de 1%... objecta Crystal.
- Depuis quand tu fais des maths, où est la Crystal fonceuse que je connais ? la titilla Flora.
- Ok, t’as gagné, en route !

Il leur fallu une dizaine d’heures pour atteindre les Ruines Alpha, étant donné les pauses qu’elles devaient faire pour s’assurer qu’elles n’étaient pas suivies, et que personne ne les avaient aperçues dans la nuit. Malgré la peur et l’adrénaline, elles s’amusaient beaucoup. Elles se sentaient comme des enfants jouant aux agents secrets, et c’était terriblement grisant. Quelquefois, Crystal effectuait une inutile roulade, juste pour le style, tandis que Flora mimait de passer entre des lasers et montrait à sa compagne ses talents de gymnaste.

Finalement, riant comme des gamines, elles débarquèrent devant les Ruines Alpha. Une grille empêchait de passer sans payer, et de toute manière le site était fermé depuis longtemps déjà – il était presque 4 heures du matin. La grille était plutôt haute.

- Faudra qu’on m’explique l’utilité de ces grilles… soupira Crystal.
- Braségali ! envoya Flora.

Les deux jeunes femmes s’agrippèrent au bras du Pokémon, qui sauta par-dessus l’obstacle sans aucun mal. Flora le rappela aussitôt, craignant qu’on ne repère ses flammes dans la nuit. Elles étaient maintenant entourées de constructions en pierres étranges, de forme carrée. Recouvertes de mousses les bâtisses n’étaient pas hautes et usées par le temps.

- Bon… Par où commence ?
- La plus grande ? proposa Flora.
- Ca paraît logique… murmura Crystal.

Les deux s’avancèrent vers la plus grande construction, et entrèrent à l’intérieur. Un homme se trouvait là. Le même homme que Flora avait vu à la télé la veille.

- Qui êtes-vous ? demanda-t-il. Il est interdit de venir ici hors des horaires inscrits sur le tableau !
- Nous le savons. Mais en journée, vous ne travaillez pas, et nous voulions absolument vous rencontrer, improvisa Flora.
- Et pour quelle raison ? s’étonna M. Montou – si les souvenirs de Flora étaient bons, c’est comme ça qu’il s’appelait.
- Nous sommes très intéressées par vos recherches, en réalité… Nous sommes des passionnées d’archéologie, et nous sommes fascinées par vos trouvailles sur le mystère des Zarbis… Nous aimerions vraiment en savoir plus ! sourit Flora.

« Ah la la, Flora et ses talents d’actrices… Toujours aussi impressionnante… » soupira intérieurement Crystal.

- Par exemple, qu’êtes-vous entrain de faire ? lança Flora avec un étonnement plus que crédible.
- Et bien… Je suis entrain d’essayer de résoudre un puzzle en pierre encastré dans le sol… répondit M. Montou, un peu désarçonné par l’enthousiasme factice de la jeune fille.
- Mais c’est génial ! On peut vous aider ? Dites oui ! supplia Flora.
- Oui, s’il vous plaît, renchérit Crystal, qui parlait pour la première fois – elle mentait comme une arracheuse de dents.
- Si ça vous amuse… céda l’archéologue.

Les deux jeunes filles se penchèrent à ses côtés sur le sol. Un grand puzzle d’un mètre de côté était encastré dans la pierre, et il fallait faire coulisser des pierres pour le reconstruire. Malgré les apparences, c’était vraiment dur. Il y avait bien une centaine de pièces, et il n’y avait qu’un trou pour les faire se déplacer. Un vrai casse-tête.

- Mais c’est impossible ! s’exclama Crystal.
- Je ne vous le fait pas dire ! ricana l’archéologue.
- Je connais quelqu’un pour qui ce ne serait pas si dur… murmura Flora.
- Tu penses à la même personne que moi ? sourit Crystal.
- Je crois que oui ! sourit en retour Flora.

Flora sortit son Pokématos et chercha le numéro de Mentaline. S’il y avait bien une personne dans ce monde à être capable de résoudre un tel puzzle, c’était bien elle. Alors que Flora allait appuyer sur « Appeler », Crystal l’arrêta.

- Tu devrais plutôt utiliser l’autre téléphone… fit remarquer Crystal.
- Pas faux…
- Je peux savoir ce que vous faites ? questionna M. Montou, qui ne comprenait rien.
- On appelle une amie très intelligente, sourit Flora. Elle va nous aider – si elle ne dort pas encore.

Flora sortit un autre téléphone de sa poche. Mentaline le lui avait confié après que Flora lui ait offert un bébé Evoli. Mentaline lui avait dit de l’utiliser si elle avait besoin de téléphoner discrètement. Elle composa le numéro.

A l’abbaye Shiste de Rosalia, Mentaline venait d’avoir une très très très longue discussion avec le véritable Lance Wataru – vous devrez d’ailleurs attendre le chapitre qui suivra pour savoir ce qu’ils se sont dit. Toujours est-il que Mentaline ne dormait pas, et qu’elle décrocha presque immédiatement.

- Oui allo ?
- Magali ? tenta Crystal – il valait mieux éviter de dire Mentaline, ce n’était pas un prénom commun et M. Mouton l’aurait immédiatement associé à la meurtrière.
- … C’est moi. Comment vous allez ? demanda la surdouée à l’autre bout du fil, qui avait compris immédiatement.
- Très bien. On a besoin de toi pour résoudre une énigme qui pourrait nous mener à ce que l’on cherche…

Par « ce que l’on cherche », elle entendait bien sûr « le QG introuvable ». A Rosalia, Mentaline se félicitait d’avoir fait confiance à Flora, c’était vraiment quelqu’un qui en avait dans le crâne.

- Je t’écoute.
- Je passe en visio, c’est une énigme visuelle, indiqua Flora.

Mentaline vit s’afficher sur son écran le fameux casse-tête. Il était vraiment compliqué. Derrière elle, Lance ronflait bruyamment, l’empêchant de se concentrer. Elle sortit de sa chambre et se retrouva dans le calme de la nuit.

- Bon, tu vas faire exactement ce que je te dis, lança Mentaline.

Il leur fallu une heure entière pour venir à bout du casse-tête. Mentaline ne faisait jamais d’erreur et ne revenait jamais en arrière, mais la combinaison était extrêmement longue. Voire impossible à résoudre si l’on n’était pas l’une des personnes les plus intelligentes de la planète.

Finalement, la dernière pièce du puzzle gargantuesque était en place. C’était un puzzle de Ho-Oh, le Pokémon légendaire qui symbolisait le courage et l’arc-en-ciel. Alors, sans prévenir, le sol se craquela et se brisa, les entraînant tout trois dans une chute sûrement mortelle s’ils n’avaient pas atterri dans une mare de boue. La communication avec Mentaline fut immédiatement coupée.

Flora, Crystal et l’archéologue retinrent leur souffle. Ils se trouvaient face à un long couloir où s’alignaient des centaines de statues de Pokémon. Et aux murs, il y avait des inscriptions. Mais elles semblaient bouger… Et tout d’un coup, le corridor fut envahi par une masse grouillante noire et blanche qui flottait dans les airs.

Des Zarbis. Par centaines, par milliers. Ils accouraient, flottaient, s’affolaient, tournaient autour de ces visiteurs inattendus. M. Montou était aux anges.

- ILS EXISTENT ! ILS EXISTENT ! hurlait-il.

Un groupe de Zarbis se détacha de la tornade noire. Ils s’alignèrent devant les trois personnes, formant des mots, une phrase.

- VOUS HUMAINS ETRE ?
- Oui, nous sommes des humains, répondit l’archéologue.
- QUE VOUS VOULOIR ?
- Nous voulons la connaissance ! déclara M. Montou, euphorique.Nous voulons tout savoir sur vous, découvrir vos secrets !
- LA CONNAISSANCE ? VOUS PAS AVOIR DROIT ENTER. VOUS DEVOIR MOURIR.
- Non ! intervint Crystal en poussant le vieil homme.

Il s’écrasa dans la boue. Crystal se plaça devant son corps et écarta les bras, érigeant un mur entre le vieil homme, Flora, et les Zarbis. Ceux-ci s’affolaient, craintifs mais prêts à se battre pour défendre leur souterrain.

- Nous voulons juste vivre ! cria Crystal. Nous voulons un abri, nous voulons la paix ! Nous voulons être vos amis !
- Nous voulons être vos amis ! répéta Flora en écho.
- AMIS ?
- Oui, vos amis ! lança Crystal.
- Tu comprends le Zarbi toi ? s’étonna Flora.
- C’est presque comme notre alphabet, si tu regardes bien… marmonna Crsytal.
- Vous êtes folles ! cria l’archéologue, qui peinait à se réveiller.
- C’est vous qui êtes fous, vous avez bien failli nous faire tuer ! répliqua Crystal dans un sifflement.
- Laissez-nous être vos amis ! continuait de crier Flora.

Finalement, les Zarbi s’arrêtèrent de tourner. Ils formèrent une autre phrase.

- DEUX FILLES RENTRER POUVOIR. VIEIL HOMME SORTIR DEVOIR.
- NON, je veux rester ! Je veux savoir ! hurla le vieil homme.
- Feuforêve, lança Crystal, Onde Folie, mode hypnose !

Le Feuforêve apparut, et ses yeux se mirent à tourner dans tous les sens. Le pauvre archéologue se retrouva bientôt hypnotisé. Crystal prit un ton mystificateur.

- Tu vas te retrouver là-haut. Tu verras que le puzzle d’Ho-Oh a été complété. Tu oublieras tout ce que tu viens de vivre, tu oublieras Flora, les Zarbi, ce souterrain, et moi. Tu seras déçu parce qu’il ne s’est rien passé quand tu as complété le puzzle. Enfin, tu changeras de métier dans quelques jours et tu deviendras Prof d’Histoire, suite à ta déception concernant le mystère des Zarbis.

Crystal claqua des doigts, et le vieil homme à la peau halée s’endormit. L’attaque Psyko du Feuforêve fit léviter l’archéologue jusqu’à la sortie du trou. Ensuite, toujours avec la même attaque, le Pokémon rassembla les gravats, reforma un nouveau sol, et replaça le tout, le scellant avec un sceau de type Spectre qu’on ne pouvait briser que de l’intérieur. Quiconque rentrerait à l’intérieur de l’édifice ne verrait qu’un puzzle de Ho-Oh. Personne ne pourra découvrir le souterrain.

Les Zarbis, satisfaits par le départ – forcé - du vieil homme, formèrent une nouvelle phrase.

- VOUS NOUS SUIVRE. NOUS MONTRER CHOSE ALLONS.
- Nous vous suivons, acquiesça Flora, excitée par le mystère mais effrayée par l’étrangeté de la situation.

Elles ne marchèrent pas longtemps, escortés par les milliers de Zarbis. Puis, finalement, ils arrivèrent au bout du couloir décoré de statues de Pokémon. Ce qu’elles virent leur coupa le souffle.

Une cité, comme dans les légendes. Une immense cité de pierre, à peine usée par les temps. Des dizaines de maisons, et quelques grands bâtiments sur lesquels on pouvait lire, en Zarbi : « CENTRE SOIGNER », « TOILETTES », « MAISON CHEF »… Une ville entière, qui datait sans doute de plus de mille ans, protégée par les Zarbis et sa position souterraine introuvable.

- BIENVENUE. VOUS A ZARBITOPIA ETRE.


- Ce café est dégueulasse… gémit Melosa.
- Dans ce cas t’iras te plaindre à Kentin, c’est lui qui a choisit la machine… soupira Kanon.

Les deux jeunes femmes sirotaient un café dans leur appartement sommaire. Cela faisait maintenant deux jours qu’elles étaient allées voir Adrien Oba, leur nouvel informateur. Elles lui avaient demandé de trouver l’adresse de James Kojiro. C’était un célèbre voleur qui avait volé une pièce rare dans un musée. Le plan consistait à s’infiltrer chez lui et à le livrer à la police. Et pour que la pègre continue de leur donner des informations, la police divulguera des fausses actualités comme quoi le Rubis Nocturne et le Diamant Brisé sont des dangereux criminels.

C’était le plan élaboré par les deux femmes, bien décidées à agir pour le bien, quitte à ce que les gens les prennent pour des voleurs. Mais, pour ne pas éveiller les soupçons, elles devaient se faire passer pour mortes. Elles avaient un plan. Mais elle ne pouvaient pas le réaliser seules, et c’est pourquoi Melosa avait demandé à Killian de venir la voir.

- Quand est-il censé arriver ? demanda Kanon.
- Je ne sais pas, il est tout le temps super occupé… soupira Melosa. Il m’a dit qu’il viendrait, il viendra.

C’est à ce moment là que Kanon hurla. Un type aux cheveux noirs en pétard et aux yeux dorés venait de se coller sur la baie vitrée – sachant qu’ils étaient quand même au 36ème étage. Ils tenaient sans rien, il avait juste les pieds posés sur la vitre et regardait Kanon en souriant. Il était accompagné d’un Seleroc qui flottait à ses côtés.

- Ah, le voilà ! marmonna Melosa, pas surprise pour un sou. Va lui ouvrir, j’ai pas fini mon café…
- Flemmarde, siffla Kanon.

Elle se leva et ouvrit la baie vitrée. Le jeune homme entra et décocha un sourire Colgate à Kanon.

- Bonjour, ravi de faire ta connaissance, Chapelière ! Je suis Killian Heart, un pote à Melosa ! se présenta-t-il.
- Enchanté… Moi c’est Kanon… rougit-elle.
- Tout le plaisir est pour moi ! sourit Killian en retour.
- Killian, fais-moi le plaisir de passer en mode sérieux, ou tu vas encore briser des cœurs sans le vouloir, lança Melosa, froide comme la glace.
- Mon cœur à moi est en mille morceaux, j’ai le droit de chercher un peu de bonheur dans ce monde horrible, répliqua Killian.
- Silver t’as envoyé chié ? devina Melosa.
- C’est pas drôle… marmonna Killian.
- Je t’avais prévenu, soupira Melosa.
- Tu sais bien que je ne t’écoute jamais. Bref, de quoi voulais-tu me parler ? Je suis un peu occupé, vois-tu, je viens d’assassiner Bleuts Prussalia, les médias me lâchent pas...
- TU AS FAIS QUOI ?!

La vague d’énergie partit sans prévenir. Killian fut violemment projeté par la baie vitrée, et se réceptionna à grand peine contre le mur de l’immeuble d’en face. Kanon fulminait. Elle n’avait pas pu se retenir, son pouvoir s’était échappé tout seul. Depuis qu’elle l’avait acquis en tuant sa jumelle, elle s’en était servie uniquement pour faire le mal. Elle s’en voulait de l’utiliser à nouveau, mais ce type avait tué Bleuts…

Elle ne pouvait pas y croire. Elle hurla. Mais Killian revint, un sourire gêné aux lèvres. Kanon envoya une nouvelle vague repoussante, mais cette fois, il la contra avec l’aide de son Seleroc.

- Attends ! lui dit-il. Je peux tout t’expliquer. Il est vrai que j’ai tué son corps, mais son Esprit est là lui ! C’est son Esprit qui m’a dit que je pouvais le tuer…
- TU RACONTES N’IMPORTE QUOI ! hurla Kanon.

Nouvelle vague d’énergie. Le mobilier de l’appartement s’envola et se fracassa contre les murs. Killian restait là, devant la baie vitrée. Il contrait toutes les vagues avec un simple geste de la main. Melosa, elle, hurlait à Kanon de s’arrêter.

- KILLIAN NE ME MENTIRAIT PAS KANON, CONTROLE TOI, OU JE SERAI OBLIGEE D’INTERVENIR ! hurlait-elle.
- TAIS-TOI, IL A TUE BLEUTS ! hurla Kanon en retour.
- Je peux te prouver que son Esprit est toujours là. Je suis le seul à pouvoir lui parler parce que je suis le seul ici à être un Echo mais… Je peux dire des choses que seules elle et toi savent.

Kanon se calma. La pression qui menaçait de faire exploser l’appartement se relâcha. Melosa put enfin respirer normalement.

- Je t’écoute. Tu n’as qu’une seule chance, après je fais péter l’immeuble et toi avec. J’en ai le pouvoir, et tu le sais.
- Hum… Bleuts me dit que tu aimes la course à pieds… Que tu passais ton temps sur une chose qui s’appelle les « Sims » - je ne sais pas ce que c’est, ça viendrait d’un autre monde apparemment -, que ton Malosse s’appelle Spouf…

Kanon se figea. Il n’y avait aucun moyen que ce type ait deviné ça tout seul. Et en admettant qu’il soit télépathe ou Dieu sait quoi, Kanon n’avait pas pensé à ces choses là en sa présence, donc il n’avait pas pu trouver ça dans ses pensées. Bleuts était donc vraiment vivante ? A l’intérieur de ce type ? Elle voulait y croire. Et elle y croyait en fait.

- Bleuts s’excuse de ne pas pouvoir te parler en face. Elle est heureuse de te revoir en pleine forme, débarrassée de ta folie. Tu lui as manqué, Kanon.
- Tu m’as manqué aussi, Bleuts, souffla Kanon.

Et elle tomba dans les bras de Killian, pleurant comme une enfant, enserrant le jeune homme comme si sa vie en dépendait.

- J’ai fait des choses affreuses, Bleuts… sanglota Kanon. Excuse-moi… Excuse-moi…
- Je cite : « Arrête de pleurer, Killian va être trempé… » Je signale quand même qu'elle est en train de pleurer comme une madeleine, sourit piteusement Killian.

Kanon eut un petit rire, et essuya ses larmes. Melosa regardait l’étrange scène – Kanon parlait à un fantôme qui parlait avec Killian, quand même -, émue. Finalement, Kanon s’écarta du torse du jeune homme, et reprit un air sérieux et déterminé.

- Désolée Killian, dit-elle. Je ne voulais pas me mettre à pleurer. Et désolé aussi d’avoir essayé de te tuer.
- Pas grave, j’ai l’habitude à force, sourit Killian.
- Et désolée, Bleuts. J’ai décidé d’être une héroïne, maintenant, fit Kanon, sérieuse.
- Bleuts dit que t’aurais pu choisir une autre vocation, parce « Kanonwoman » ça fait un peu kamikaze… soupira Killian.
- N’importe quoi, ricana Kanon.
- Bon, c’est mignon tout ça, les coupa Melosa, mais t’es pas venu pour la faire pleurer, Killian.
- Je suis venu pour quoi, alors ?
- Pour nous aider à mourir.


Depuis ce matin, Nana cherchait Nozomi, sans y parvenir. Maintenant, il faisait nuit, et toujours rien. La grosse s’était téléportée, et la numéro 7 de la M-Organisation espérait qu’elle ne s’était pas enfuie vers la terre ferme. C’était d’ailleurs étrange, les Métalosse ne pouvaient pas apprendre Teleport, en théorie. Si cette fille avait trouvé un moyen de lui apprendre une attaque aussi compliquée à exécuter, alors elle était vraiment douée.

Nana n’y connaissait pas grand-chose en Pokémon. Elle avait débarque dans le Pokémonde quelques temps après nos héros. M-M lui avait fourni des Pokémon sans explication, et Nana avait du se débrouiller. Elle avait les bases, grâce aux jeux vidéos, elle avait la puissance – les Pokémon de la M-Organisation étaient parmi les plus puissants existants – mais elle manquait cruellement de technique et d’expérience.

C’est alors que Nana tomba nez à nez avec Nozomi. La jeune fille venait d’apparaître, comme ça, sans prévenir, perchée sur son Métalosse.

- J’en avais marre d’attendre, marmonna Nozomi. Il est temps que je te batte.
- Comme si tu le pouvais… Avant que je te règle ton compte, puis-je juste te demander comment t’as appris à ton Métalosse à utiliser Téléport ? lança Nana, réellement curieuse.
- Ch’est mon frère qui l’a appris à mon Tehral. Il était capable d’apprendre Téléport à n’importe quel Pokémon Pchy, c’est un truc qu’il avait appris dans la pègre. Mais cha, je ne l’ai chu qu’après, bien chûr… soupira Nozomi.
- Cool ta vie. Bon, Maganon, Rhinastoc, en avant !

Le Pokémon Roche apparut, imposant, accompagné de con acolyte non moins imposant de type Feu.

- Vous chavez quoi, Nana ? Je ne chuis pas idiote. Je ne chuis pas venue cheule.
- Pardon ? s’étonna Nana.
- Hydrocanon ! ordonna une voix.

Un jet d’eau surpuissant vint terrasser Maganon. Un deuxième envoya bouler Rhinastoc. Silver sortit des fourrés, aux côtés de son Aligatueur. Il était accompagné de Jasmine et son Pharamp.

- Tu es une lâche, jeune fille ! hurla Nana. M’attaquer à plusieurs, vous n’êtes que des salops !
- Nous sommes juste des gens sensés. Nous savions que vous aviez des Pokémon puissants, donc nous avons préféré prendre des précautions… répondit Jasmine avec un sourire.
- Grrrrrr ! Rhinastoc, ROC BOULET !

Le rocher, qui se dirigeait vers le Pharamp, fut stoppé en plein vol, pulvérisé par l’Ultralaser du Métalosse de Nozomi.

- Aligatueur, Hydrocanon à nouveau !
- Brouhabam, lança Nozomi, Mégaphone !

Les deux attaques touchèrent le Maganon qui tentait de se relever, le mettant K.O. sans aucun problème. Puis c’est le Noacier de Jasmine qui pulvérisa Rhinastoc d’un Mégafouet surpuissant.

Nana ne savait plus quoi faire, ses deux Pokémon étaient K.O., son Hyporoi ne pouvait pas se battre hors de l’eau. Elle ne pouvait pas non plus s’enfuir. En bref, elle était coincée.

- Désolée, Nana… Mais chette fois, ch’est nous qui gagnons. Quitte chette île, tes troupes chont toutes hors-cherviche.
- BANDE DE MIOCHES ARROGANTS ! JE VAIS VOUS FAIRE LA PEAU, AVEC LES ONGLES S’IL LE FAUT ! hurla Nana, furax, en se jetant sur Nozomi toutes griffes dehors.

Elle fut stoppée par un androgyne aux longs cheveux noirs, venu de nulle part.

- Yon ? bredouilla-t-elle.
- Ta mission ici est terminée. M-M a besoin de toi pour autre chose, répondit Yon. Quant à vous, Chapeliers, bonne chance pour délivrer vos amis !

Il attrapa Nana par le bras, et se mit à courir à une vitesse inhumaine. Une second plus tard, il courrait trop vite pour l’œil humain. Silver s’assit, vanné.

- Au fait.

Silver hurla. Yon se tenait au dessus de lui, un sourire sadique au visage.

- J’ai le plaisir de vous annoncer que vos amies Bleuts, Flora et Crystal sont mortes aujourd’hui même ! Au plaisir de vous revoir !

Et cette fois, il disparut pour de bon.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 15:03, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Dim 10 Juin 2012 - 23:15

Bon, je suis presque pas en retard ! *siffle* Un résumé vraiment très court, parce que je suis crevé et que pour ainsi dire, ce chapitre est centré sur du blabla. Je m'en excuse; mais c'est indispensable.

Alors...

Spoiler:
 


Voilà, ça suffit amplement sachant que ce chapitre résume pas mal de chose. Bonne lectuuuuuuure ! Silver Love



(Ambiance sonore : La pluie.)


- BON SANG, ARRETE DE SAIGNER ! QU’OYASHIRO-SAMA REFERME TON IMMONE BLESSURE CAUSEE PAR SATAN !

Creepy-chan, en sueur et baignée de lumière, s’afférait sur Gold. Le jeune homme avait perdu beaucoup de sang, mais heureusement, aucun organe vital n’avait été touché. La plaie, quant à elle, n’était pas belle à voir ; de quelques centimètres de diamètre, elle trouait complètement le corps fin de Gold. Du sang en jaillissait perpétuellement, mais la quantité diminuait grâce aux soins procurés par Creepy-chan. La pluie s’était mise à tomber sur l’île, et la pauvre était trempée et tremblait de froid.

Quand Silver lui avait dit de s’enfuir en emportant Mey et Gold, Creepy-chan s’était exécutée et les avait emmenés sur la plage. La proximité avec l’eau s’imposait, de par la brûlure de Mey. La toute nouvelle Echo avait déposé la jeune fille directement dans la mer pour soulager ses pieds brûlés, et elle espérait que l’eau salée n’allait pas faire plus de mal que de bien. Puis elle s’était occupée de Gold. Elle avait découpé son sweat et son T-Shirt après l’avoir étendu sur un rocher approximativement plat qui se trouvait sur la plage. Et depuis maintenant deux heures, elle usait de ses nouveaux pouvoirs - ceux de Togetic, donc – pour tenter de stopper l’hémorragie.

Mey, de son côté, flottait. Elle avait mal. Moins qu’avant, mais mal quand même. Garder les pieds dans l’eau lui faisait du bien, donc elle faisait la planche. Et elle se faisait du souci. Silver était-il en vie ? Avait-il survécu à l’attaque du Drattak ? Où se battait-il toujours contre lui ? Tant de questions auquelles elle n’avait aucune réponse.

Le temps passa. Gold allait mieux. Il était toujours évanoui, mais son rythme cardiaque avait ralenti, et l’hémorragie s’était enfin stoppée. Creepy-chan fit donc une pause pour souffler un peu. Elle fit sortir la magnifique mélodie de sa tête, et ses ailes disparurent en même temps qu’elle arrêtait de briller.

« Que c’est étrange… Hier j’étais une jeune fille spéciale, avec un passé loufoque et un caractère improbable. Aujourd’hui, ces choses n’ont pas changées. Pourtant, je suis recherchée par des gens qui veulent me tuer. Je tente de sauver mes amis, alors qu’ils sont des criminels. J’ai échappé à la mort de peu. Je suis devenue une Echo. J’ai acquis des pouvoirs. J’ai tué un humain, alors qu’il ne le méritait pas. Et maintenant j’ai la vie d’un homme entre les mains, et je ne sais pas si mes amis sont morts ou vifs. Dire que je parle tout le temps de destin, si j’avais su ce qu’il me réservait… » songeait Creepy-chan en s’allongeant sur le sable pour se reposer.

Soudain, un crissement dans le sable. La jeune fille sauta sur ses pieds et se tourna vers le son, sa machette à la main. Mais il s’agissait de Silver, accompagné de Nozomi et Jasmine. Un sourire éclaira le visage de Creepy-chan, mais il s’effaça quand elle vit la mine déconfite et les yeux rougis de ses amis.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? souffla-t-elle.
- Nana s’est enfuie. Il n’y a plus de danger, répondit Silver d’une voix blanche.
- Alors pourquoi vous faites cette tête… murmura Creepy-chan.
- Ils nous ont appris que… Bleuts était morte… Et Crystal et Flora aussi.
- Qu… Quoi ? lança Mey, qui avait entendu depuis la mer.
- C’est impossible… souffla Creepy-chan.

La jeune Echo s’effondra sur le sol, et se prit la tête dans les mains. Des larmes se mêlèrent à la pluie. C’était la deuxième fois qu’elle pleurait dans la journée. Les deux seules fois de sa vie où elle pleurait. Satané destin.

- Pourquoi… souffla-t-elle. Pourquoi tout le monde meurt ?! Qu’est-ce qu’on a fait, bordel ?!

Silver et Nozomi gardaient le silence. Ils avaient déjà pleuré, eux. La douleur les terrassait, et ils n’étaient pas assez forts pour l’aider. Pas assez forts pour la consoler. Alors ils la laissaient pleurer.

Jasmine, elle, restait immuable. Elle n’était pas triste, bien sûr. Elle ne connaissait pas ces gens, et la jeune femme était tout sauf empathique. Elle restait donc plantée là, sans savoir quoi faire d’autre à part regarder ces hommes et ces femmes souffrir de la perte d’un être cher.

Mey, dans la mer, pleurait silencieusement. La colère la submergeait presque autant que la tristesse. Elle s’était dit que c’était peut-être un mensonge. Que ce n’était peut-être pas vrai, que Bleuts, Crystal et Flora vivaient. Mais elle ne pouvait s’empêcher de pleurer, ne serait-ce qu’à l’idée qu’elles ne reviennent jamais. C’était peut-être faux, mais mieux valait se préparait au pire. Donc elle pleurait pour évacuer sa souffrance, pour qu’elle se mêle à la mer. C’était peut-être pour ça qu’elle était salée. Peut-être que des générations entières avaient versé leur douleur dans cette étendue immense.

- Ma vie ressemble à un enfer, et ce depuis hier soir… Tout le monde meurt, tout le monde souffre ! J’ai du tuer pour survivre, Rika est morte, Crystal est morte, Flora est morte, Mey a failli mourir, vous tous avez failli mourir ! J’EN PEUX PLUS ! hurla Creepy-chan, sanglotant.
- Creepy-chan… murmura Silver d’une voix chevrotante.
- Dis, Nozomi, on pourrait rester ici, hein ? murmura Creepy-chan. Oublier ce monde trop cruel, vivre à l’écart des morts ? Je ne veux plus, je ne peux plus…
- Creepy-chan… souffla à son tour Nozomi, qui sentait les larmes revenir.
- Rester ici ? Et puis quoi encore ! Tu vas arrêter de chialer comme une gamine de huit ans, tu vas lever ton cul et on va aller sauver les Chapeliers et Denzi !
- Pardon ? s’étonna Creepy-chan.

Jasmine venait de s’approcher. Elle dominait de toute sa hauteur Creepy-chan, à genoux dans le sable.

- Tu m’as bien entendue. Tu n’es qu’une enfant pourrie gâtée. De une, on n’est même pas sûr que ces filles soient vraiment mortes. Et de deux, même si c’était le cas, et bien il est inutile d’être triste. Ca ne les ramènera pas. La seule chose que tu peux encore faire, c’est sauver les vivants qui restent !
- Tu peux parler ! répliqua Creepy-chan. Tu ne les connaissais même pas ! Tu ne sais pas ce que ça fait !
- Si tu savais le nombre de gens que j’ai vu mourir… Des types que je connaissais bien, et qui finissaient raide mort après un combat de rue. J’en ai vu des dizaines, mourir ! Et j’ai continué d’avancer, même si mon but était quelque chose de mal !
- Tu n’as pas de cœur ! hurla Creepy-chan.
- Arrête de geindre. Tu sembles forte comme fille. La preuve est que tu as pu devenir une Echo, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est sûrement la première fois que tu perds quelqu’un, et c’est pour ça que ça t’affectes autant. Maintenant, calmes-toi. Tu respire un bon coup. Tu sèches tes larmes. Et ensuite tu piques une tête, ça va te faire du bien, sourit Jasmine.
- Va te faire foutre ! sanglota Creepy-chan.
- Fais ce qu’elle dit, ordonna Nozomi, qui avait repris contenance et se tenait bien droite.
- Quoi ? s’étonna Creepy-chan.
- Sèche tes larmes. Tu as promis que tu aiderais Silver et Mey à sauver leurs amis. Donc reprend toi. Je sais que tu souffres. Mais ne soit pas égoïste. Tu as le droit de l’être, mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, seule compte la vie des autres.
- Nozomi… murmura Creepy-chan.
- Continue de soigner ce type, Gold. Ca te changera les idées. Pendant ce temps, je vais ériger une barrière. C’est mauvais d’être sous la pluie, on va attraper froid. Rin nous a suivi, il va nous réchauffer. Allez, lève toi, souffla Nozomi.

Creepy-chan se releva. Ce n’était pas le moment de flancher, Nozomi avait raison. La vie de plusieurs personnes en dépendait. La jeune fille s’approcha de Gold et tenta de retrouver la mélodie au fond de sa tête. La douce musique envahit progressivement son esprit, et quand elle ouvrit les yeux, elle avait de nouveau des ailes d’ange. Elle se remit donc à soigner Gold. C’est à ce moment là que la voix de Mey se fit entendre.

- Pourquoi s’installer ? Nous devons partir maintenant !
- Gold est blessé, répliqua Silver en marchant vers la mer où Mey flottait.
- Et alors ? répondit celle-ci. C’est notre ennemi, non ? Il a essayé de me tuer, de te tuer ! Ce type ne mérite pas de vivre !
- Ce n’est pas une raison pour l’abandonner ! Si on le laisse sans soins, il court à une mort certaine ! s’insurgea Silver.
- Mais on s’en fiche ! Shuu et Cat nous attendent bordel, si ça se trouve on est en train de les torturer ! répliqua Mey.
- On ne peut quand même pas le laicher mourir… intervint Nozomi. Je ne l’aime pas beaucoup, mais cha rechte un être humain… Perchonne ne mérite de mourir…
- Et quand il va se réveiller, vous allez faire comment ? Il va encore essayer de nous tuer ! Il est sous le contrôle de l’ennemi ! insista Mey, allongée dans l’eau.
- Pour une fois je suis d’accord avec Mey, il serait beaucoup plus judicieux de quitter l’île maintenant, surtout que la transformation en Echo de Creepy-chan a complètement soigné sa blessure à la jambe, rajouta Jasmine.
- Tiens, c’est vrai ça… Je m’en étais pas rendu compte… souffla Creepy-chan.
- Plus on attend et plus on se met en danger ! On va finir par se faire repérer par la police ! continua Mey.
- Mais personne ne mérite de crever ! s’insurgea Silver.
- Inutile de t’abriter derrière ça, Silver. C’est lui, ou nous, et tu le sais. Si ça avait était n’importe quelle autre personne sur la planète, tu l’aurais laissé ici. Seulement, il s’agit de ton ex. Avoue-le, tu n’as pas totalement fait une croix dessus… soupira Mey.
- N’importe quoi ! hurla Silver. Je n’aime pas Gold ! Ce type est un connard !
- Tu disais vouloir l’oublier. C’est le moment, cracha Mey.
- Tu es juste jalouse ! Parce que… Parce que… bredouilla Silver.
- Parce que quoi ? lança Mey.
- PARCE QUE TU M’AIMES ! Tu es juste jalouse parce tu m’aimes, et tu ne supporte pas que je veuille sauver quelqu’un d’autre que toi !

Le silence se fit. Mey se tut, stupéfiée. Il avait raison, bien sûr. Mey était jalouse, affreusement jalouse de ce pauvre type à demi-mort qui suscitait la pitié de Silver. Mais elle savait qu’elle aussi avait raison. Le roux était encore un peu amoureux de Gold. Et ça ne faisait qu’énerver encore plus la jeune femme.

Finalement, elle se mit à nager, et sortit de l’eau. Elle fit quelques pas sur le sable fin. Ses pieds hurlaient de douleur ; heureusement que le sable était mouillé par la pluie. Elle arriva au niveau de Silver, et le fixa droit dans les yeux.

- Oui, je suis amoureuse de toi. Et je sais que tu m’aimes aussi. Seulement, je ne suis pas prêteuse. Alors choisi : soit tu le laisses ici et je sors avec toi, soit tu décide de rester et je ne t’adresserai plus jamais la parole.

Désarçonné, Silver resta figé. Il n’avait pas prévu ça : elle lui faisait du chantage ! « C’est vrai, je suis amoureux de Mey… Mais est-ce que son amour vaut une vie humaine ? Celle de Gold qui plus est ? » songeait Silver. Les autres regardaient la scène, silencieux, absorbés par le duel entre un couple probable.

- Mey, va allumer un feu. Creepy-chan, continue à soigner Gold. Et toi, Nozomi, érige une barrière. Nous ne bougerons pas d’ici tant qu’il ne sera pas rétabli, lança Silver, d’une voix sans émotion.
- C’est donc ta réponse ? souffla Mey.
- Si tu es tout juste bonne à faire du chantage pour avoir ce que tu veux, tu ne mérites même pas que je t’aime.
- Et si tu préfères ton connard d’ex plutôt que moi, c’est que tu es ignoble ! cria Mey, brisée.
- Dans ce cas nous sommes d’accord, répliqua froidement Silver. Maintenant, tiens ta promesse et tais-toi.


Lance Wataru était assis à califourchon sur le ventre de Mentaline. Ils venaient de lutter dans la nuit, et c’était finalement Lance qui avait eu le dessus. La lune s’était montrée et Mentaline avait pu voir son visage et ses cheveux rouges.

- Lance Wataru…
- Si j’avais su que je tomberai sur vous, Mentaline Weiss… soupira Lance.
- Être tombé sur moi, c’est pas peu dire, je suis en train d’étouffer.
- Pardon.

Lance se leva et fit face à la jeune fille. Il la dépassait d’une tête.

- Je peux savoir ce que vous faites ici ? Non, en fait j’ai rien dit. Je sais parfaitement ce que vous faites ici, sourit Mentaline, à peine intimidée.
- J’en doute fort, répliqua gentiment Lance.
- Vous venez de vous faire attaquer, vous vous êtes enfui de votre maison. Maintenant, un imposteur a pris votre place.
- Quoi ?! s’étonna Lance. Effectivement, on m’a attaqué et je me suis enfui, mais je ne savais pas qu’on avait pris ma place… Comment est-ce possible ?
- Je ne le sais pas moi-même. Mais je pourrais tirer ça au clair si nous avions une petite discussion, sourit Mentaline.
- Qu’est-ce qui me prouve que c’est pas un piège pour éviter que je vous dénonce à la Police ?
- Vous m’enlevez les mots de la bouche. Je jure que je ne vais pas tenter de vous tuer ou de vous faire du mal. A votre tour, fit la jeune femme.
- Je jure de ne rien vous faire, sur le peu d’honneur qu’il me reste.
- Allons-y, donc.

Lance Wataru suivit Mentaline jusqu’à la bibliothèque. La pièce n’avait pas changé d’un pouce, si ce n’est que le toit s’était ouvert pour laisser entrer la faible lueur de la lune et aérer la salle. Mentaline se dirigea vers l’une des trois Brain Sphere. Elle y entra, enfila le casque et les gants, et s’assit. Elle posa sa main sur le verre, et pensa « Agrandir pour deux personnes ». Aussitôt, la sphère commença à gonfler, gonfler, jusqu’à tripler de volume. Le siège de Mentaline s’éleva plus haut, tandis que Lance la rejoignait à bord d’un autre siège.

- Je vous écoute M. Wataru. Vous allez me raconter l’attaque, et toutes les circonstances qui vont avec. Après, je vous direz ce que j’en conclus. J’ai des éléments que vous n’avez pas, et je me ferais un plaisir de collaborer avec vous, dit Mentaline, sure d’elle.
- Vous êtes bien prétentieuse, pour une criminelle en face du Chef du Gouvernement, ricana Lance Wataru.
- Aux dernières nouvelles, nous sommes tous les deux humains, vous êtes donc loin de m’être supérieur, répliqua Mentaline calmement.
- Certes. Très bien, j’accepte. Tout a commencé il y a environ un mois. J’ai alors appris que N Harmonia, le Roi qui dirige la région Unys, avait pour but de nous trahir et de nous attaquer par surprise. Cet homme est fou. Il ne rêve que de conquête, d’argent et de pouvoir. Il fait bonne figure auprès du peuple en disant vouloir préserver la paix et l’équilibre, mais c’est un démon. Je voulais l’empêcher d’agir, je voulais le détrôner pour que ma Région dorme sur ses deux oreilles. Deux semaines plus tard, alors que je ne savais pas quoi faire pour évincer N Harmonia – et que vous les Chapeliers foutiez un sacré bordel – j’ai reçu une lettre d’une certaine M-M.
- M-M ? Kyu en avait vaguement parlé… marmonna Mentaline. C’est le chef de ceux qui nous veulent du mal, d’après mes déductions.
- C’est une femme, au passage. Bref, elle me disait dans sa lettre qu’elle était très riche, et qu’elle était soucieuse de m’aider à sauver la région – je me demande d’ailleurs comment elle l’a su. Bref, je n’avais rien à perdre, alors je lui ai répondu que ça m’intéressait. Et donc nous avons correspondu par lettres, jusqu’à ce qu’elle me dise qu’elle viendrait me voir.
- Cette après-midi, c’est ça ? devina Mentaline.
- C’est exact. Mais c’est une petite fille qui s’est présentée devant la porte. Et je la connaissais, cette petite fille.
- Comment ? s’étonna Mentaline. Comment pouviez-vous la connaître ?
- Et bien, j’avais en ma possession la Colonne du Savoir. Elle permet de s’infiltrer dans le cerveau des enfants sur le territoire de Johto, sans que ceux-ci s’en aperçoivent. Ca ne les contrôle pas. Simplement, j’entends ce qu’ils entendent, je vois ce qu’ils voient, et je peux fouiller dans leur mémoire. Il se trouve qu’en faisant une recherche sur cette M-M dans la Colonne du Savoir, je suis tombée sur cette petite fille. Et en vérité… C’est son nom qui m’a le plus choqué.
- Inutile de faire durer le suspense, on n’est pas dans un roman ou dans un stupide jeu télévisé, s’impatienta Mentaline.
- Vous avez raison. Et vous avez du cran, au passage, peu de gens osent me parler comme vous le faites, la complimenta Lance.
- Heureuse d’être exceptionnelle. Le nom ?
- Midona. Midona… Milkya.

Le silence se fit. Milkya. C’était le nom de famille de Mey, et Mentaline le savait, bien sûr. Ca ne pouvait pas être une coïncidence.

- Surprenant n’est-ce pas ? J’ai donc fouillé dans sa mémoire… Et j’ai découvert que vous, les Chapeliers, venaient d’un autre monde. Je dois vous avouer que cela m’a complètement désorienté. Mais la Colonne du Savoir ne ment jamais… Cette fille, Midona Milkya, est l’une des deux sœurs de Mey Milkya. Dans votre monde, elle s’inquiétait de ne pas voir sa sœur revenir. Elle a décidé de mener l’enquête, et a réuni votre père, la mère de Cat Pandora, ainsi que la mère de Shuu Jaggerjack. Elle et eux sont partis sur l’île où vous avez disparu. Là, ils se sont fait accueillir par une certaine Mista Meetic.

Et là, avant même que Lance lui révèle la vérité, Mentaline comprit. Depuis le début, ils étaient manipulés. Manipulés par Mista, celle qui les avait envoyés dans le Pokémonde. Elle s’était servie d’eux. C’est elle qui était à la tête de tout ça, et elle se faisait appeler M-M. Pour Mista Meetic. Cette femme, depuis le début, les menaient en bateau. C’était elle qui avait tenté de les tuer en envoyant des hommes à leurs trousses. Mais pourquoi faisait-elle tout ça ?

- Oui, Mista Meetic et M-M sont une seule et même personne. Cette Mista a envoyé Midona dans le Pokémonde, accompagnée d’un certain Yon – un androgyne aux cheveux noirs. Il faut savoir qu’ils ont tous des pouvoirs spéciaux, qui dépassent la normalité. C’est à peine s’ils sont humains. Ce Yon, il peut courir à plus de 100 000 kilomètres heures.

Mentaline prenait des notes avec la Brain Sphere, notant mot pour mot son entretien avec Lance.

- Il faut que vous sachiez que votre père est resté emprisonné dans une boule de verre, dans votre monde. Il n’est peut être plus en vie à l’heure qu’il est.

Mentaline encaissa le choc sans trop de problèmes. Elle s’était préparée mentalement à la mort de son père depuis longtemps déjà. Et il était peut-être en vie, qui plus est.

- Bref, Midona est arrivée dans le Pokémonde. La première chose qu’a fait Yon, c’est de l’emmener voir le Prof. Orme. Ils ont rencontré un certain Yasuko, aussi. Yon a menacé le prof Orme pour qu’il lui donne un Zorua, ce qu’il a fait. Puis Yon et Midona sont sortis. Quelques minutes après, dans mon bureau, j’ai appris qu’il y avait eu un attentat dans le Laboratoire. J’ai fait le rapprochement en fouillant les souvenirs de Midona. Du coup, j’ai pu récupérer l’appareil photo du dénommé Yasuko. Il l’avait lancé par la fenêtre. J’ai donc une photo de Yon et Midona Milkya.
- Vous l’avez avec vous ?
- Depuis que je l’ai découvert – c'est-à-dire il y a à peine quelques jours – je l’ai toujours sur moi.

Il sortit une minuscule carte de stockage de sa poche. Il l’inséra dans la vitre, et une photo de Yon et Midona apparut à l’écran. « Aucun doute, c’est bien la sœur de Mey. Elle lui ressemble beaucoup… Et cet androgyne, c’est donc Yon… » songea Mentaline.

- Après cela, ils se sont envolés vers le QG de la M-Organisation, exposa Lance.
- Vous connaissez son emplacement ?! Sérieusement ?!
- Parfaitement. Il est situé à Doublonville, à quelques kilomètres de profondeur, sous les trois immeubles de la Police Johtoienne. Si ça c’est pas de la provocation…
- Continuez, le supplia Mentaline.
- Leur quartier général est immense. Vraiment immense. Il est constitué d’une bonne centaine de pièce, et d’une immense colonne qui donne sur toutes les portes. Et c’est là que Midona a rencontré Ni.
- Le numéro deux… souffla Mentaline.
- Quoi ? s’étonna vaguement Lance.
- Continuez. Je vous expliquerez tout après, c’est promis.
- Hum. Ce type, Ni, a le pouvoir de modifier les atomes. Il peut transformer de l’oxygène en or. C’est pour ça que M-M est si riche. Et c’est aussi grâce à ce pouvoir qu’ils ont conçu leur QG. Physiquement, il a les cheveux noirs et ressemble à un aristocrate anglais.
- Je vois…
- Ensuite, Midona a rencontré Ichi. Il semblait être un type normal, mais c’était faux. Je ne l’ai su qu’après. Après quelques jours, donc, Midona a eu pour mission de venir me rendre visite. J’ai joué le jeu, jusqu’à ce que j’abatte mes cartes en disant que je savais que ce n’était pas la vraie M-M. Et là, je me suis retrouvé face à Mista Meetic, accompagnée de Ni, Ichi, et Yon. Je ne pensais pas qu’ils viendraient. J’ai discuté avec M-M. Et je connais son but.

Mentaline jubilait. Enfin, elle allait savoir.

- Elle veut détruire Johto et Kanto. Pour faire venir Arceus, Dieu. Et grâce à Dieu, elle va entrer en contact avec l’Omniscient. C’est la chose qui règne sur tous les Mondes existants, et elle veut le détrôner et contrôler toute chose en ce monde.

La jeune femme en resta sur le cul.

- Elle va utiliser une bombe NEO qu’elle a créée elle-même – Noyau Explosif Organique – qui depuis quelques semaines, rassemble toute l’énergie de la nature en un seul endroit : le Bois aux Chênes. Elle va faire exploser cette bombe en amenant sa température au Zéro Absolu. Et cela tuera tous les êtres vivants – excepté ceux venant d’un autre monde.
- Vous vous fichez de moi ? piailla Mentaline.
- Pas du tout, c’est ce qu’elle m’a dit. Presque mot pour mot… Et oui, elle est complètement dégénérée. Mais elle semble intelligente, très intelligente, et elle a des atouts considérables.
- Ses « soldats »… C’est vrai qu’ils semblent très forts…
- Je n’ai rien pu faire. J’ai tenté de les attaquer, mais le dénommé Ichi a tué mon Dracolosse en un seul coup. Il a le pouvoir de modifier son corps… Il a agrandi sa main et il a broyé la tête de mon Pokémon. C’est le plus dangereux des trois…
- De tous, corrigea Mentaline. Et qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ?
- Yon a essayé de me tuer, mais… Midona Milkya s’est interposée. Elle est morte d’une balle en pleine poitrine. Et j’ai pu m’enfuir.

Silence. Encore un mort. Cela ne s’arrêterait donc jamais ? Etaient-ils condamnés à tous mourir, les uns après les autres ? « Non. Maintenant que j’ai autant d’infos… Je peux passer à l’action, pour de vrai. L’arrivée de Lance Wataru est une bénédiction. La chance ne nous a pas totalement tourné le dos… Nous allons gagner. Nous allons vaincre M-M et ces sbires, nous allons empêcher la destruction de tous les êtres vivants. Elle ne deviendra pas la maîtresse de tous les mondes. J’en fais le serment. » pensa Mentaline.

- Je vois… Et pourquoi avez-vous décidé de venir ici précisément ?
- Pour être en sécurité. Ils n’iront jamais me chercher ici, ils commenceront par d’autres endroits. Et je peux me cacher, ici, c’est immense.
- Si j’étais vous je ne ferais pas autant de souci. S’ils voulaient vraiment vous tuer, je pense qu’ils l’auraient déjà fait. Yon, si comme vous dites court à 100 000 kilomètres heures, n’aurait eu aucun mal à vous rattraper, fit remarquer Mentaline.
- Alors pourquoi suis-je en vie ? demanda Lance Wataru, non sans ironie.
- J’ai une hypothèse, en fait. Il se peut que vous leurs soyez plus utile en liberté. Avouez-le, vous êtes venu ici parce que vous saviez que c’est là que je me trouvais, soupira Mentaline.
- On ne peut rien vous cacher ! ricana Lance Wataru.
- Vous avez fait le rapprochement : nous avons un ennemi commun, M-M. Bleuts est morte, Kanon est introuvable, Shuu et Cat sont en prison, Mey et Silver sont partis pour une destination inconnue. Ne restait plus que moi. Vous vouliez des infos, alors vous êtes venu ici en faisant genre vous ne vous attendiez pas à me trouver ici… fit Mentaline.
- Vous êtes intelligente… C’est vrai, je comptais vous trouver ici. Il faut croire que je compte bien, sourit Lance.
- Ce qui nous ramène à : pourquoi êtes vous en vie, si ce n’est venir jusqu’à moi ? J’ai le pressentiment qu’ils veulent me surveiller, moi, Mentaline. A votre insu, expliqua Mentaline.
- Et comment voulez-vous qu’ils fassent ça ? s’étonna Lance.
- Un micro. Yon a sûrement eut le loisir de vous poser un micro. Déshabillez-vous, je vais inspecter tout ça, ordonna Mentaline.

Il y eut un moment de flottement. La situation était étrange, tout de même : le Chef du Gouvernement et une criminelle recherchée étaient assis ensemble dans une boule en verre, et la meurtrière ordonnait au Prédisent de se déshabiller !

- Je ne vous permets pas de me donner ce genre d’ordre, répliqua Lance.
- Si notre conversation est sûr écoute, nous sommes en danger. Déshabillez-vous. Je me tournerai. Vous pouvez rester en caleçon, précisa Mentaline.
- Vous êtes vraiment une effrontée… A peine dix-sept ans et déjà si pleine de fougue… ricana Lance.

Quelques minutes plus tard, Lance était en caleçon, vêtements à la main, debout dans la boule devenue plus grosse. Mentaline activa les scanners intégrés à la Brain Sphere.

- J’avais vu juste, fit-elle en sortant un micro du T-Shirt de Lance.

Minuscule, il aurait été impossible de le trouver sans les scanners. Mentaline l’écrasa sous son talon, fière de son coup.

- Maintenant que ça c’est fait, je vais vous dire ce que je pense de tout ça. M-M est la chef d’une organisation appelée la M-Organisation. Elle dirige une unité d’élite aux pouvoirs surhumains, composé de dix personnes, numérotées par des chiffres japonais. Plus le chiffre s’approche du zéro, plus l’agent est fort. J’ai rencontré Jû, le numéro 10, et Kyû, le numéro 9, en personne. J’ai la quasi-certitude qu’ils sont tous les deux morts. Le numéro 4, Yon, est toujours en vie, et a le pouvoir de se déplacer très vite. Le numéro 2, Ni, agit au niveau moléculaire et défie les lois de la physique. Enfin, le numéro 1, Ichi, peut modifier son corps. Ma supposition, c’est que ce dénommé Ichi a pris votre place au sein du Gouvernement – ce qui signifie que M-M contrôle Johto à sa guise. Je pense également qu’elle a besoin de temps pour charger cette fameuse bombe NEO, ce qui nous laisse une marge d’action. De plus, pour atteindre le Zéro Absolu, je ne vois qu’un seul Pokémon capable de faire ça : le légendaire Kyuurem, et je doute qu’elle l’ait déjà obtenu, ce qui nous donne encore plus de temps. Je suppose également que Glenn, le Chapelier, est le numéro 5 de la M-Organisation. Son prénom commence par la même mettre que « Go », et il semblerait qu’il ait des pouvoirs surnaturels – lors de son combat contre les flics, il les assommait sans qu’on sache comment. Enfin, je sais une dernière chose, par le biais de Shuu Jaggerjack cette fois. Il existe un numéro 3, dénommé San. Il est très beau, et je pense que c’est lui qui a assommé vos gardes.

Un petit flash-back s’impose, sur comment Mentaline a obtenu cette information. C’était il y a quelques semaines… Shuu était tombé dans un piège, et Melosa, Killian et Cat étaient partis le sauver. Puis, des missiles avaient menacés de les tuer. Mais pendant que les trois amis se battaient pour survivre, Shuu s’ennuyait ferme, attaché à un arbre. Il avait donc profité de l’occasion pour discuter avec Mentaline grâce à la Meetic Montre.


Shuu [16h02] : Salut Mentaline, comment ça va ? :)

Mentaline [16h02] : Ca envoie des texto la MeeticMontre ? mdr

Shuu [16h02] : Faut croire xD Je l’ai pas fait avant, parce qu’on aurait pu se faire repérer… Mais là les ondes sont brouillées par des missiles, on est tranquilles =D

Mentaline [16h03] : Des missiles ? :(

Shuu [16h03] : Ouais :( J’ai pas beaucoup de temps, alors je vais te dire ce qui se passe. Y’a une organisation qui cherche à nous tuer. Tu te souviens de Jû et Kyû ?

Mentaline [16h04] : Ouais, je m’en souviens. Et ?

Shuu [16h04] : Et ben, c’était des nombres japonais, le numéro 10 – Jû – et le numéro 9 – Kyû. Figure-toi qu’on s’est battu contre le numéro 3, San. Il est incroyablement fort D:

Mentaline [16h04] : Et vous êtes vivants ? XD Il était comment physiquement ?

Shuu [16h05] : Ouais, quelqu’un est venu nous sauver. Et physiquement, c’est le type le plus beau de la planète. Cheveux blonds, baraqué mais pas trop, yeux magnifiques… Bref, parfait quoi. Il peut agir sur les objets par Télépatie…

Mentaline [16h05] : Sérieux ? O_o

Shuu [16h05] : Ouais, mais je dois te laisser, je vais peut-être crever =D A pluuuuus !


Et donc Mentaline avait su pour San.

- Wow, assez impressionnant comme analyse, marmonna Lance.
- Vous pouvez vous rhabiller, au passage, ricana Mentaline.
- Finissons d’abord notre conversation, si vous le voulez bien, répliqua Lance. Quel est votre plan ?
- Oh, c’est très simple. Je compte rassembler tous nos alliés… Attaquer le QG de Mista alors qu’elle ne s’y attend pas… Et saboter la bombe, expliqua tout simplement Mentaline.
- C’est tout ? railla Lance.
- Nan, je vais aussi tuer tous ceux qui se mettront en travers de mon chemin. Maintenant rhabillez-vous, vos poils de torse roux me stressent.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 15:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Mer 4 Juil 2012 - 14:54

Broie du noir Broie du noir Broie du noir Broie du noir Vous avez le droit de me frapper, j'ai aucune excuse pour mon retard face J'ai vraiment bloqué sur la dernière partie du chapitre, donc... Bon, le chapitre est là, en tous les cas. Et je vais bosser comme un malade pour rattraper le retard que j'ai pris. J'espère - mais je ne promets rien, évidemment - pouvoir atteindre deux chapitres par semaine à mon retour des Pays-Bas (au mois d'août, donc). En attendant, résumé, parce que ça fait quand même trois semaines... Je fais le maximum pour ne perdre personne, donc si vous avez des questions concernant les évènements antérieurs au résumé, n'hésitez pas ;)

Spoiler:
 

Voilà, je souhaite à tout ce qui lisent une excellente lecture ! S\'incline




Nana apparut dans le QG de la M-Organisation, accompagnée de Yon. La planque n’avait pas changée : toujours la même colonne blanche basée sur un système de soufflerie. Sans la ceinture lestée, on s’écrasait contre le plafond. Avec la ceinture et un poids convenable, on se retrouvait à flotter dans les airs pour atteindre les différentes salles.

- Nous avons rendez-vous dans la toute nouvelle Grande Salle de Réunion… indiqua Yon avec un petit sourire flippant.
- Et en quel honneur ? marmonna Nana.
- M-M veut nous présenter ses nouvelles recrues. Ils ont intérêt à être doués, sinon je me ferai un plaisir de les torturer ! ricana Yon.
- Pfff ! Sadique !
- Et fier de l’être. Dépêche toi, nous sommes déjà en retard. 600 kilos ! lança Yon.
- 600 kilos ! répéta en écho Nana.

La ceinture modifia leur poids, et ils s’envolèrent de quelques dizaines de mètres. Dans le mur, un carré rouge se mit à clignoter. La porte. Yon nagea dans l’air, et posa sa main sur le carré, qui s’ouvrit. Nana le suivit. Ils se retrouvèrent dans une immense salle de forme circulaire, blanche et lisse comme tout le reste du QG. Le sol était vierge, mais quelques mètres plus haut, une petite dizaine de sièges magnétiques blancs flottaient dans l’air, en cercle. Sur l’un des sièges, beaucoup plus imposant et travaillé que les autres, était assise M-M, comme une reine sur son trône. Elle se tourna vers les nouveaux arrivants.

- Ni, mon ange, rajoute-moi deux sièges, s’il te plait ! sourit-elle.

Ni claqua des doigts, et deux sièges apparurent sous les fesses de Yon et Nana, qui s’envolèrent et rejoignirent les autres dans le cercle.

- Bien, tout le monde est là je crois. Je vais donc commencer.

Pause théâtrale.

- Tout d’abord, j’ai une trèèèèèèès bonne nouvelle pour vous tous. Nous avons enfin le contrôle du Gouvernement de Johto ! La domination est proche, mes amis. Nous avons pris d’assaut le Chef, Lance Wataru, et nous l’avons mis en fuite – avec un micro, bien sûr. Ichi a pris sa place au Gouvernement, et ce sans que personne ne s’en aperçoive. Je suis donc la nouvelle souveraine de la région… Mais si vous êtes ici, c’est parce que certains d’entre vous sont nouveaux – j’entends par là que vous ne faites pas partie de l’Armada Zu, et que vous n’avez bien sûr jamais mis les pieds à Sekai no Zu. La première nouvelle recrue nous vient de Rosalia, j’ai nommé Mortimer, champion de la ville !

M-M désigna le jeune homme à l’aspect flegmatique, à moitié endormi dans son siège. Il semblait s’ennuyer ferme, mais on pouvait remarquer que ses poignets étaient fixés à la chaise. M-M éluda la question que toute l’Armada Zu se posait.

- Non, bien sûr, il n’est pas ici de son plein gré. J’ai dû user d’Infinity. Mais il est sous nos ordres, donc soyez gentils avec lui ! sourit Mista.
- On a le droit de le buter s’il tente un truc contre nous ? demanda Yon.
- Bien sûr que oui. Mais ça n’arrivera pas, je vais le surveiller. Tout comme les autres nouveaux. Je vous présente également Blanche, Championne de Doublonville ! Elle non plus n’avait pas très envie de venir, parce que cela impliquait de laisser son harem à l’arène…
- Et comment ! lança la jeune femme à moitié nue. Je suis en insuffisance sexuelle, l’hypospermie est un terrible fléau ! Dites monsieur, fit-elle en souriant à Ni, vous faites quoi ce soir ? Nan parce que je vous aurais bien baisé, vous êtes pas trop mal foutu…

Elle était allongée sur son siège, jambes croisées sur l’accoudoir, tête en arrière, ses cheveux roses tombant en cascade dans le vide. Elle était vêtue d’un simple ensemble string et soutient gorge, et faisait les yeux doux au gentleman. Celui-ci la regardait d’un air neutre – bien que complètement dégouté en son for intérieur.

- Non merci, je m’en passerai… soupira Ni.
- Dommage…. Tant pis, je me ferai Mortimer, même s’il a une petite bite… soupira à son tour Blanche.
- Sur ces bonnes paroles, reprit Mista, passons au petit nouveau suivant. C’est un nouveau haut placé cette fois, et lui nous a rejoints de son plein gré – ce qui est assez étonnant vu sa profession. Veuillez accueillir le Général Valter, aussi gradé chez les Echos que Killian Heart !

Un homme d’une quarantaine d’année était assis bien droit sur son siège. Ses cheveux étaient d’un violet improbable, et ses yeux lançaient des éclairs en permanence. Un sourire narquois ridait son visage portant déjà les marques du temps qui file.

- Ravi de me rallier à votre cause, sourit l’Echo
- Ichi a rencontré cet homme lorsqu’il avait pris la place du Comissaire Brants. Par la suite, je suis entrée en contact avec lui. Il veut faire partie des gagnants et nous a donc rejoints. Ses relations et sa capacité à mentir nous serons utiles, expliqua M-M.
- Ne faudrait-il pas le soumettre à l’Infinity par sécurité ? demanda San.
- C’est déjà fait, San, répondit amèrement M-M.
- Pardon…
- Passons au suivant. Enfin, la suivante. Il s’agit de la secrétaire personnelle du Chef du Gouvernement. Son identité est secrète pour des raisons de sécurité, mais elle se fait appeler Stutch. C’est elle qui gère la majorité du budget du Gouvernement, et s’occupe également de l’emploi de Lance Wataru. Elle n’a pas super envie d’être ici, mais nous n’avions pas d’autre choix que la soumettre à Infinity – elle était trop proche de Lance, remplacé par Ichi.

Une jeune fille était assise sagement sur son siège, attachée au niveau des poignets et des pieds. Ses cheveux noirs joliment bouclés lui tombaient aux épaules, et ses yeux verts étaient beaux mais vides de toute émotion. « Les effets secondaires de l’utilisation intensive d’Infinity… » soupira intérieurement Ni.

- Ensuite, passons au garde du corps de ce même Lance Wataru, dont l’identité est également secrète. On l’appelle Joachim. Il est spécialisé dans la diplomatie, dans le but de dissuader les éventuels agresseurs du Chef du Gouvernement. Il parle ainsi une bonne quinzaine de langues, dont quelques dialectes antiques. Mais il maîtrise également le karaté, le judo, l’aïkido… Bref, c’est un atout majeur du Gouvernement, et il fut difficile à maîtriser. Désormais, il est à nos ordres.

Sur le siège que montrait Mista se trouvait un jeune homme complètement encerclé par des anneaux d’énergie – le genre de truc mortel au touché. Malgré sa position délicate, un sourire fleurissait sur son visage aussi pâle qu’un cachet d’aspirine. De taille apparemment moyenne, il semblait bien fin pour le garde du corps du Chef du Gouvernement. Ses cheveux bruns étaient coupés court et ses yeux marrons pétillaient – étrange pour quelqu’un soumis sans doute plusieurs fois à Infinity, songea Ni.

- Enchanté de vous connaître, c’est joli chez vous ! J’ai envie de vous briser tous les os, un par un, en commençant par le petit doigt et la clavicule… Mais comme apparemment je ne peux pas désobéir à un ordre de cette M-M, je vais tenter d’être ami avec vous !
- Garde tes menaces pour toi, sourit San en retour. A la différence de ta petite personne, je pourrais te casser les os en un claquement de doigt.
- Je suis mort de peur ! ricana innocemment le jeune homme.
- Tais-toi.

Mista avait changé sa voix de crécelle contre la voix caverneuse puissante et autoritaire qu’elle prenait quand elle utilisait Infinity. Elle n’avait pas besoin de crier, les mots résonnaient, mystiques. Ses yeux avaient viré au blanc, comme si elle était possédée. Joachim eut un spasme, comme s’il prenait une décharge électrique. Sa bouche se ferma d’elle-même, sans qu’il puisse lutter. Les autres personnes de la pièce s’étaient collées à leurs sièges, effrayés par le pouvoir qui se dégageait de la jeune dirigeante de la M-Organisation.

- Oui, il est agaçant, confirma M-M d’un sourire en retrouvant sa voix et ses yeux normaux. Il n’est pas sensible à la menace, je dois utiliser Infinity pour lui donner des ordres…
- Vous savez, si vous me le laissez quelques heures je pense qu’il pourrait devenir sensible aux menaces… intervint Yon avec un petit sourire flippant.
- Merci mais ça ira, Yon. Finalement, passons au nouveau membre le plus important. Il est le plus haut placé de tous, et pour cause : à partir d’aujourd’hui, N Harmonia, Roi suprême de la Région Unys, fait parti de la M-Organisation !

Stupéfaction quand un siège, auparavant couvert d’une vitre teinté, dévoile l’une des personnes les plus influentes du Pokémonde entier. N était là.

Il n’était pas vraiment imposant. Ni vraiment beau. Un simple mec aux longs cheveux verts attachés dans une couette basse, et avec une frange ondulée qui venait cacher ses yeux. Ses lèvres étaient fines, ses pommettes rouges, comme celles d’un enfant. Il devait approcher des vingt-cinq ans. Sa tenue était toute simple, un T-Shirt blanc qui lui était trop grand et un jean délavé. Il ressemblait à un genre d’adolescent qui aurait trop vite grandi et qui se retrouvait dans un corps d’adulte sans savoir quoi en faire. Quand il prit la parole, sa voix était grave mais semblait venir d’ailleurs.

- Oh… Des gens… Bonjour… Je m’appelle N…
- Dites bonjour au Roi ! sourit Mista.

D’une même voix, l’assemblée salua le jeune homme – sauf Joachim qui devait se taire et qui se contenta d’un sourire. Le Roi regarda autour de lui – il ne devait pas voir grand-chose avec sa frange, mais bon – et eut un sourire candide.

- Vous êtes des humains ! C’est magnifique. J’ai rarement l’occasion d’en voir ! A Unys, il y a seulement mes adorateurs… Tout à l’heure, mon siège me disait que les humains étaient méchants… Mais vous avez l’air gentil ! En revanche, vous vivez dans un endroit bien déprimant… Vous ne voulez pas ajouter de la couleur ? Les murs sont tout tristes, ils n’arrêtent pas de pleurer… Même les Pokémon s’ennuient, alors ils ne viennent pas… soupira-t-il, réellement désolé.
- Bien sûr, nous repeindrons tout ! le rassura M-M avec un grand sourire.
- Tant mieux ! fit N, soulagé. Et vous détruirez Johto aussi, hein ? Cette nation est vraiment affreuse… Les gens se parlent entre eux, alors qu’ils ne devraient parler qu’à moi… Vous aussi vous vous parlez entre vous… Je me sens à l’écart… Personne ne devrait parler à quelqu’un d’autre que moi, n’est-ce pas ? sourit-il, angélique et sincère.
- Mais tout à fait, Monsieur le Roi, s’inclina Mista.
- Vous êtes gentille. Vous êtes belle. Le nombre d’or est omniprésent sur votre visage. Cependant, votre trône a un peu plus de charme. Lui a eu la gentillesse de m’informer de la météo extérieure, fit remarquer N d’une voix lointaine.
- Je vous remercie, et mon trône vous remercie également, mais vous seul êtes parfait ici, sourit M-M.

L’Armada Zu regardait la scène, hébétée. Comment M-M, la grande M-M, à laquelle personne ne pouvait résister, pouvait-elle s’abaisser devant cet homme dérisoire ? Il lui suffirait d’utiliser Infinty et ce serait lui qui serait à ses ordres. Mais non, elle était aux petits soins avec lui, et en venait même à s’incliner. Ni, cependant, en avait récemment appris un plus sur les pouvoirs de M-M, et leurs limites.


- Maîtresse ?
- Oui mon cher Ni ? avait répondu M-M alors qu’ils étaient seul à seul, après l’expédition chez Lance Wataru.
- Est-ce que je pourrais savoir comment fonctionne votre pouvoir ?
- Tu es bien curieux Ni… Surtout que tu te doutes que je ne vais pas te répondre, sourit Mista.
- Avec vous on ne sait jamais à quoi s’attendre, donc… souffla Ni. Vous êtes si… imprévisible, forte et intelligente…
- Tu sais trouver les mots pour amadouer les gens.
- Je ne le fais pas exprès.
- En attendant, cela te sers. En fait je peux te le dire… Ce n’est pas gênant, étant donné que je t’ai sous contrôle.
- J’aimerais beaucoup, marmonna Ni.
- Très bien. Je peux te dire ceci. Infinity n’est pas un pouvoir. C’est un Esprit, un genre d’âme séparé du corps, que seuls peu de gens ont la capacité d’entendre. Et cet Esprit a quelque chose de spécial. Il est capable de créer des choses au pouvoir infini. Ces choses sont des genres de toiles d’araignées invisibles qui pénètrent et prennent le contrôle des Esprits des humains. Ces toiles d’araignées sont vivantes, mais restent endormies la plupart du temps. Seule ma voix peut les réveiller et leur donner des ordres, des ordres auxquels on ne peut pas désobéir. Seulement, les Esprits qui ne sont pas assez forts se brisent si on les soumet à l’Infinity… Et je peux d’ailleurs ordonner la destruction à n’importe qui. Si je te dis « Meurs » avec Infinty, tu mourras. Parce que la toile d’araignée broiera ton Esprit et le détruira.


On pouvait donc en déduire que N avait un Esprit bien trop faible pour être soumis à l’Infinity. Il devait être un atout majeur, et pour cette raison Mista sacrifiait sa fierté.

- Maintenant, N, vous pouvez aller vous reposer dans une magnifique chambre, sourit-elle.
- Avec des meubles ?
- Oui, avec des meubles et des tas de jouets. Tous très gentils. Ni, ordonna M-M, emmène-le jusqu’à la chambre Bac à Sable.

Ni acquiesça, claqua des doigts, et le plafond s’ouvrit circulairement, juste assez pour laisser passer le siège de N. Il s’éleva dans les airs, pénétra dans le trou et disparut. Le vide fut remplacé quelque seconde après par la matière blanche qui composait le QG.

- Voilà, j’ai présenté tout le monde. Et pour ceux qui ne comprennent pas la situation, sachez que N est notre plus grosse carte, et je suis contente que Yon ait réussi à nous le ramener d’Unys. N va rester enfermé chez nous pour une durée indéfinie. Mais chez lui, sa garde rapprochée est déjà à sa recherche et l’USH – Unité Spéciale des Harmonia – s’est déployée un peu partout. Le plan consiste à remplacer N par le Zorua récupéré sur le corps de Midona Milkya – amen. Ce Zorua sera un kamikaze. Il explosera une fois arrivée au palais des Harmonia. En effet, sous ce palais se trouve quelque chose qu’il me faut absolument. Dès qu’il explosera, nous passerons à l’action. N sera la clé qui me permettra d’atteindre ce que je cherche. Des questions ?
- Quand aura lieu cet attenta ? interrogea le Général Valter.
- Excellente question mon général ! sourit M-M. C’est pour après demain, si vous voulez tout savoir, sachant qu’il est quatre heures du matin. Donc dans 48h environ.
- On aura le droit de tuer ? marmonna Yon.
- C’est même la seule directive de cette mission.
- Génial !
- Maintenant passons au compte rendu de cette chère numéro 7. Nana, comment expliques-tu ton échec ? Tu devais tuer les Chapeliers en direction de l’Abysse et ils sont toujours vivants, à ce que je sache… susurra M-M, effrayante.
- C’est que… Mes alliés étaient trop faibles ! lança Nana.
- Je m’en fiche… Ton rapport, où Infinity t’enverra te suicider à coups de couteau, menaça M-M de sa voix stridente.
- Hum… Je suis partie du QG avant-hier soir. Notre agent Gold Heart avait déclenché le système de détresse au Phare d’Oliville. Je m’y suis donc dirigé avec la division de fantassins subaquatiques que vous m’avez fournis récemment. Nous avons suivis les Chapeliers toute la nuit – ils voyagent dans un Wailord – et nous sommes passé à l’attaque hier matin. Une jeune fille, Nozomi, est sortie et a complètement anéanti les Pokémon des fantassins. J’ai cependant réussi à la mettre hors jeu. Ensuite, comme vous me l’aviez recommandé, j’ai désactivé les Respireaux des fantassins pour ne pas laisser de témoins. Ils doivent être au fond de l’océan en train de se faire bouffer par des Remoraid. J’ai poursuivi le Wailord quelques temps, jusqu’à ce qu’il s’arrête sur une île. Là, j’ai envoyé un message pour vous demander des renforts. Le temps qu’ils se préparent et arrivent avec Yon, j’ai vu que Nozomi avait survécu à mon attaque et qu’elle et une jeune fille blonde rejoignaient l’île. La fille était blessée. Puis les renforts sont arrivés sur la plage et je suis sortie de l’eau. Dès qu’ils nous ont vu, ils se sont enfuis, tous dans une direction différente, à l’exception de Jasmine la championne qui n’a pas bougé et de Nozomi qui s’est téléportée Dieu sait où. Tout le monde s’est fait tuer. Miranda et Eileen sont mortes, ainsi que Yuo. Leur signal a disparu de ma MeeticMontre. Quant à Gold, il semble en vie mais est gravement blessé. Moi j’ai continué de chercher Nozomi, et je me suis fait prendre en embuscade par Jasmine, Silver et la grosse. J’étais impuissante, et Yon m’a sauvé, avoua Nana.
- T’es une merde, quoi, résuma M-M.
- C’est faux ! Je ne pouvais rien faire ! Et puis d’abord, pourquoi Yon n’a pas tué les Chapeliers ? Il en avait l’occasion ! Il lui aurait suffit de leur tordre le cou ! Ca n’aurait pas pris deux secondes ! s’emporta Nana.
- Tout simplement parce que je lui avais ordonné de les laisser en vie.
- Et pourquoi ?!
- Parce que ça n’aurait pas été drôle ! répondit M-M comme si c’était l’évidence même. Quoi de plus merveilleux que de se faire tuer par les personnes qu’on aime ? Si Gold va mieux, c’est parce que les Chapeliers s’occupent de lui. Silver a du les convaincre de lui sauver la vie. Or, quand il va se réveiller, ce sera grandiose ! Je resserrerai l’emprise d’Infinity, et il deviendra véritablement une machine à tuer ! Il mettra fin à la vie de tout le monde un par un, et finira par Silver, qui aura vu son ex-petit ami tuer la fille qu’il aime et tous ses amis ! N’est-ce pas magnifique ? Bien sûr que si ! Je suis géniale ! se vanta M-M avant d’éclater d’un grand rire sonore qui glaça le sang des personnes dans la salle. Bon, Nana, je te pardonne pour ton échec. Mais je vais avoir besoin de toi. Un certain Pierre Rochard, de Hoenn, est la seule personne à avoir accès à la Perle de Folie, élément indispensable à notre réussite. Je veux que tu use de tes pouvoirs et qu’il t’emmène voir la Perle. Là, tu la déroberas.
- Pourquoi ne pas utiliser Infinity ? demanda Nana. Ce serait bien plus rapide. Vous avez déjà soumis à l’Infinty beaucoup de gens, vous n’êtes plus à ça prêt…
- Tout simplement parce que la clé qui donne accès à la Perle est l’Esprit de Pierre Rochard. Si je souillais son Esprit avec Infinity, la clé ne fonctionnerait plus. Maintenant déguerpis ! Yon, emmène-là à Poivressel. Général Valter, accompagnez-les. Vous serez son soutien au cas où les choses tourneraient mal. N’intervenez dans aucun autre cas, et obéissez à la lettre à Nana, fit M-M en utilisant ses pouvoirs.

Les trois disparurent.

- San, tu es inactif jusqu’à nouvel ordre. Tu peux disposer.
- Bien, répondit le blond.

Il sauta de son siège et sortit de la salle. Au même moment, Yon réapparut, ayant fini d’emmener le Général Valter et Nana à Hoenn.

- Tu as fait vite. Ramène Mortimer et Blanche dans leurs arènes respectives. Nous devons grossir nos rangs, et quoi de mieux pour ça que de capturer tous les dresseurs qui rentrent dans leurs arènes ? ricana Mista Meetic.

Mortimer et Blanche disparurent à leur tour. Ne restaient plus dans la salle que Ni, M-M, Joachim et Stutch.

- La pauvre Stutch va aller faire un gros dodo dans sa cellule, hein ? Ni ?

Il claqua des doigts et le siège de Stutch s’éleva et traversa le plafond à la manière de N quelques minutes plus tôt.

- Enfin, ce cher Joachim… Toi, tu vas avoir une mission. Qui va te déplaire je pense, sourit M-M.

Joachim ne répondit pas, obligé de garder le silence. Les yeux de M-M roulèrent dans leurs orbites et devinrent blancs, comme quelques temps auparavant.

- Je veux que tu aille à l’Abbaye Shiste de Rosalia. Et que tu use de tous les moyens à ta disposition pour tuer Lance Wataru. Tu tueras tous ceux qui s’interposeront. Et si Mentaline Weiss est également là, tue là – d’une manière atrocement douloureuse si possible. Maintenant, pars.

Le jeune homme eut des spasmes incontrôlés pendant quelques minutes. Il luttait. En vain, bien sûr. Personne n’était assez puissant pour résister à Infinity. Finalement, il se leva et sauta de son siège, atterrissant avec une souplesse à couper le souffle. Ses yeux marron avaient perdu leur éclat. Joachim était désormais une marionnette, soumise à la toile d’araignée qui prenait le contrôle de son Esprit. Mais pas une simple marionnette. Une machine à tuer.


Rentoraa s’ennuyait. Adossé à une paroi en béton, sirotant un verre de grenadine déjà vide depuis bien longtemps, il pensait à son sort cruel. Se voir rétrogradé à ce point juste pour un mauvais dossier, c’était vraiment exagéré. Maintenant, il devait surveiller ces criminels affreux – qui l’effrayaient un peu, d’ailleurs – et ne rien faire d’autre. Quelle vie poignante. Heureusement, il était au rez-de-chaussée de l’Abysse, donc sur la terre ferme des Tourb’Iles. Il plaignait encore plus ceux qui devaient surveiller les étages inférieurs, sous-marins.

Il décida d’aller se chercher une autre grenadine. Rentoraa jeta un dernier regard à la paroi de verre qui le séparait d’une petite dizaine de prisonniers qui jouaient aux cartes, et se dirigea vers la salle de contrôle, seul endroit où l’on pouvait trouver des boissons autres que le café au goût de goudron qu’on servait aux prisonniers.

L’Abysse était grande. C’était bien simple, c’était la plus grande prison du Pokémonde. Des kilomètres de couloirs en verre, et dans les salles, plus d’une centaine de milliers de prisonniers de tout âge, tout sexe et toute corpulence. Jadis, les Tourb’Iles n’étaient que quatre gros rochers posés sur la mer. Un jour, le Gouvernement pris la décision de les aménager. La plus grandes des quatre îles fut complètement rasée et rendue plate. Dessus se construisit un immense cube entièrement en verre, et en dessous furent installées des capsules flottant à différents niveaux. Les trois îles aux alentours devinrent des bases militaires, véritables remparts regorgeant d’avions électromagnétiques, d’unités armées, et de bateau blindés ultrarapides. On pourrait se demander pourquoi le Gouvernement dépensait tant d’argent pour l’Abysse et pour la garde de la criminalité.

En réalité, l’Abysse est un rempart militaire face à Hoenn. En effet, la région Hoenn se trouve au Sud-ouest de Johto, et l’Océan Lhugiaw est le principal obstacle entre les deux contrées. Lors de la troisième Guerre Memoria, Johto n’aurait pu vaincre sans ce bunker défensif aux abords d’Irisia. La paix n’étant toujours pas signée, l’Abysse est depuis approvisionnée en soldats et équipée de la pointe de la technologie en matière d’armement. C’était donc d’une pierre deux coups pour le Gouvernement, et c’est en partie pour cette raison que l’Abysse est imprenable.

Rentoraa déambulait d’ailleurs dans ce dédale de verre, quand il croisa une quinzaine de soldats en tenue de terrain – pas le traditionnel camouflage verdâtre ; la combinaison pare-balle, noire, flamboyante, et surtout submersible. Parmi eux se trouvait Patricia, une jeune femme militaire que Rentoraa avait rencontrée. Ils avaient tout de suite sympathisé, peut-être parce qu’elle était un peu tarée.

- Vous allez où ? demanda Rentoraa, intrigué.
- Hey boy ! s’exclama Patricia en le voyant. Les capteurs ont détecté des explosions multiples sur l’île Plaoa, tu sais, celle qui est déserte. On a peur que ce soit les Chapeliers, alors on envoie du lourd ! expliqua-t-elle en ricanant.
- Les Chapeliers… ? Ici ? s’étonna-t-il timidement.
- On a capté une explosion de type Néo-Echo, et l’empreinte mélodique est clairement celle de Romain Evanescia… Tu sais, la coordinatrice qui fait super peur…
- Creepy-chan ?
- Ouais. Elle a été vue avec les Chapeliers au Concours de Rosalia… Donc du coup on les soupçonne d’être là. Bon je te laisse poulet, ils ont décidé de balancer deux avions, j’vais faire une séance de parachutage, génial ! lança-t-elle ironiquement.

Alors qu’elle allait s’éloigner avec les autres, un énorme bazooka dernier cri sous le bras, Rentoraa la rattrapa. Elle n’était pas très belle, pas très féminine non plus d’ailleurs. Plate comme une planche à pain, cheveux noir courts, quelques cicatrices, un physique sans courbes, carré. Néanmoins, elle avait un certain charme ; son sourire peut-être. Il la regarda droit dans les yeux.

- Prends soin de toi, hein ?
- T’inquiète mon crouton, je suis pas si facile à avoir ! s’outra faussement Patricia.
- J’espère… souffla Rentoraa, inquiet.
- A pluuuuuuus !

Elle disparu au coin du couloir, et il put continuer à la suivre du regard à travers les vitres. Il soupira, et croisa les doigts pour qu’elle revienne en vie. Quelques minutes plus tard, il leva la tête et vit par le toit – vitré lui aussi - passer les deux avions au dessus de sa tête, alors que l’aube se levait. C’est avec un entrain tout relatif qu’il repartit de la salle de contrôle une grenadine à la main, pensant qu’au même moment, c’étaient sûrement des grenades que Patricia tenait.


Miriarbres la nuit n’était pas une ville accueillante. Peu lumineuse, les rues étaient sombres, et la lune n’était qu’une lueur dans cette immensité d’immeubles et de gratte-ciels. Quelques Pokémon nocturnes, principalement des Ratata et des Cornèbre, apparaissaient de temps en temps sans prévenir, effrayant les quelques passants qui restaient dehors après minuit et qui se hâtaient de retrouver la sureté de leur appartement.

C’est dans ces ruelles obscures que marchaient Dimy, soutenant difficilement Mathi, qui titubait. La pauvre avait bu comme une alcoolique dans un bar, et n’arrivait même pas à marcher. Le jeune garçon, qui n’avait rien d’autre à faire, s’était donc proposé pour la raccompagner au Centre Pokémon. Malheureusement, le bar était complètement excentré de la ville, et une bonne demi-heure de marche ralliait les deux endroits.

Alors qu’ils avançaient lentement, Dimy aperçut une ombre sur le trottoir d’en face. Bien qu’il n’aime pas le montrer, le blond n’était pas courageux, loin de là. Aussi, il frissonna, bien qu’il sache que la probabilité pour que cet homme représente un quelconque danger était faible. Il accéléra légèrement. Soudain, une autre silhouette apparut devant lui, sortie d’une ruelle adjacente. Il s’arrêta. Mathi gisait sur son épaule, quasiment inerte, inutile. Il tourna la tête. Le type du trottoir d’en face s’avançait vers lui, comme l’autre. Carrément terrorisé maintenant, Dimy fit demi-tour, et tomba cette fois sur deux autres ombres qui s’approchaient de lui.

Ils étaient quatre, lui était en compagnie d’une ex-finaliste de la ligue, mais complètement hors-service. Il la posa par terre contre le mur d’un immeuble, et posa la main sur une Pokéball. Les hommes continuaient d’approcher.

- Qu’est-ce que vous me voulez ? bredouilla Dimy en tentant d’être intimidant.
- Oh, juste tes Pokémon et ton argent, répondit l’ombre la plus proche.

Le blond se figea, terrorisé, quand un canif vint se poser sur sa gorge. Il faillit hurler, mais se retint. Il tendit ses Pokéball sans résister. L’ombre eut un sourire satisfait, et fourra les Pokéball dans ses poches. Dimy tendit ensuite son porte-monnaie, humilié mais impuissant.

- On veut les Pokémon de la meuf aussi, indiqua l’ombre.

« Elle va me tuer… songea Dimy en jetant un regard à la jeune femme, inconsciente. Mais j’ai pas le choix… » Alors qu’il se penchait, le couteau toujours posé sur sa gorge, une onde étrange envoya valser ses quatre agresseurs.

- Et ben, t’as de la chance qu’on passe par là… marmonna une voix féminine.
- Il a surtout de la chance que je sois là moi aussi, répondit une autre voix, masculine et grave, cette fois.

Dimy leva la tête. Deux personnes en combinaison noire étaient perchées sur un Guériaigle, et un jeune homme marchait à la verticale sur le mur d’un immeuble. Il reconnut immédiatement l’homme en voyant le Pokémon qui l’accompagnait, un Séleroc. Il s’agissait de Killian Heart, qu’il avait croisé par hasard quelques heures auparavant et qu’il n’avait jamais vu avant aujourd’hui. L’Echo descendit à côté de lui, et les personnes costumées aux airs d’héros se posèrent. Au même moment, les quatre ombres se relevaient. Killian leva la main droite.

- Killian, n’y pense même pas ! lança une voix de femme émanant de la combinaison.
- Mais ce sont des criminels ! T’as vu ce qu’ils ont fait à ce garçon ?
- Ils ne l’ont même pas touché ! répliqua Melosa – car c’était elle, mais Dimy ne la connaissait pas.
- Ils l’ont menacé avec un couteau ! s’insurgea Killian.
- Laisse moi m’occuper d’eux, trancha Melosa. Ensuite nous les livrerons à la police.
- Et s’ils ont reconnu ta voix ? Ils vont te dénoncer ! argua Killian.
- Zoroark ! le coupa Melosa.

Le Pokémon Illusion apparut, et se dressa face aux quatre racailles. Celles-ci eurent la réaction que n’importe qui aurait eu : elles s’enfuirent sans demander leur reste.

- Zoroark, Poursuite !

Le Pokémon bondit et assomma un à un les quatre agresseurs avec un revers de griffe. Melosa s’approcha, imposante dans sa combinaison qui la recouvrait intégralement, et récupéra les Pokémon de Dimy. Elle les lui tendit.

- Bon, Killian, je te charge d’emmener tout ce petit monde au Commissariat. Quant à ce garçon et cette femme, emmène-les au Centre Pokémon.
- D’où tu me donne des ordres ? marmonna Killian, vexé.
- Fais ce que je te dis…

Il claqua des doigts, et les quatre racailles, Dimy, et Mathi s’élevèrent, portés par les pouvoirs psychiques de Killian. C’est alors qu’il lui sembla reconnaître la jeune femme.

- Ca alors, Mathilda Hitalia ! ricana-t-il. Elle a pas l’air en forme…
- Mathi ?! s’étonna franchement Melosa. Qu’est-ce qu’elle fout là, et dans cet état ?
- Elle est venue à l’enterrement de son grand-père… Elle fait genre elle s’en fout, mais en fait elle est putain de triste, et donc elle s’est bourrée la gueule pour oublier, expliqua Dimy.
- C’est malin… marmonna Melosa. Et toi t’es qui ?
- Dimy Sevalius.
- Ca me dit rien. Bon, finalement, Killian, emmène les à l’appart, tous les deux. Faut que je parle à Mathi quand elle sera réveillée.
- Okay, acquiesça Killian. Et vous vous allez où ?
- On va voir notre informateur, indiqua Kanon, qui parlait pour la première fois.
- Je vois. A tout à l’heure dans ce cas.

Il s’envola en compagnie de ses prisonniers, de Mathi et de Dimy. Ca avait du bon, les pouvoirs psychiques. Il ne restait plus dans la ruelle que Kanon et Melosa, qui remontèrent sur Fly le Guériaigle.

- Il allait faire quoi, en fait, Killian ? demanda Kanon quand elles furent à nouveau dans le ciel.
- Les tuer, répondit simplement Melosa.
- Hmm… C’est si facile pour lui de tuer, il suffit qu’il claque des doigts…
- Oui, le type Psy est le plus dangereux de tous. Il provoque la mort la plus rapide et la plus imparable.
- Pourquoi les policiers n’ont-ils pas des Pokémon Psy, alors ? Pourquoi ils se trimbalent des flingues si tuer est si simple ? questionna Kanon.
- Les Pokémon ne peuvent pas tuer des humains. Pas directement. Ils peuvent détruire une colonne qui écrasera un humain, mais ne peuvent pas directement le détruire lui. De même, les Pokémon Psy ne peuvent tuer quelqu’un directement, expliqua Melosa.
- Alors pourquoi Killian le peut ?
- Parce que c’est un Echo. Les Pokémon sont bons fondamentalement, mais les humains sont tout le contraire. Ils peuvent tuer sans scrupules. Devenir Echo permet d’utiliser les pouvoirs des Pokémon pour son propre compte, et par extension, de pouvoir tuer sans leurs limites.
- Dans ce cas tous les méchants veulent devenir des Echos, non ?
- Ce n’est pas si simple de devenir Echo… soupira Melosa. Selon les statistiques, seul un humain sur 500 possède, à la naissance, le gène qui permet de devenir Echo. Et seulement 10% d’entre eux réveillent un jour leurs pouvoirs. Car pour qu’ils se réveillent, ils doivent être en danger de mort. Le centre de formation des Echos, le CFE, fait deux choses : il teste ton ADN pour voir si t’as le gêne. Ensuite, si tu l’as, tu peux tenter l’épreuve de mise en danger de mort. Et c’est vraiment très risqué : en effet, si le lien avec ton Pokémon n’est pas assez fort, tu meurs vraiment. Chaque année, ils sont des dizaines à en mourir, termina Melosa non sans une pointe de fatalisme théâtral dans la voix.
- Wow, ça déconne pas… souffla Kanon.
- Tu peux le dire. Ensuite, si tu y arrive, une mélodie vient dans ta tête. C’est la mélodie de ton Pokémon, son Echo. Si tu veux fusionner avec lui, tu dois jouer cette mélodie dans ta tête. La première fois que cette mélodie se manifeste, c’est quand tu es en danger de mort. Et, seulement la première fois, elle s’accompagne d’une explosion d’énergie invisible à l’œil nu qui permet de mesurer la puissance de l’Echo à venir. Pour l’instant, c’est Killian qui détient le record de la plus grosse explosion, appelée aussi « empreinte mélodique ».
- T’en sais beaucoup…
- Bah, Killian me donne des cours dès qu’il en a l’occasion… soupira Melosa.
- Et comment a-t-il voulu devenir Echo ?
- Oh, c’est bien simple. C’est moi qui l’ai incité. C’était sa seule alternative à la mort… Il n’a pas tergiversé longtemps. L’Arcanin qu’il possède m’appartenait. C’était mon premier Pokémon, et je lui en ai fais cadeau ce jour là…
- Quel jour ? demanda Kanon, étonnée par ses révélations.
- Le jour où il a tenté de se suicider… Après avoir provoqué involontairement la mort de son père.




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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Mer 11 Juil 2012 - 23:57

Bon ben... Sincèrement désolé d'avance mais pas de résumé :( je me lève à 5 heures demain, je me suis arraché pour finir le chapitre à temps... Ce soir ça va pas être possible. Allez éventuellement jeter un coup d'oeil au résumé du chapitre précédent, ça vous rafraichira la mémoire Héhé ^^

Rien à dire sinon que c'est le dernier chapitre avant trois semaines de pause (deux en vacances + une pour faire le chapitre qui suivra), et que je m'excuse pour mes fautes mais j'ai vraiment pas le temps pour la relecture :tot:

Bonne lecture en tous les cas Héhé ^^ #2





Le soleil se leva doucement, éclairant d’une faible lumière la plage de sable fin sur laquelle dormaient nos sauveteurs. L’air iodé était doux, la pluie d’hier n’était qu’un mauvais souvenir, et la journée promettait d’être belle. Mey dormait paisiblement, extenuée par les évènements de la veille. Après s’être disputée violemment avec Silver, elle s’était murée dans le silence. Creepy-chan, du côté de Silver, avait néanmoins apaisé la douleur de Mey grâce à ses pouvoirs d’Echo, et la jeune femme lui en était reconnaissante.

Creepy-chan dormait, elle aussi. Elle n’avait découvert ses pouvoirs d’Echo que la veille, et les avaient utilisés à outrance. Epuisée, elle avait fini par s’endormir, le sable faisant un excellent oreiller. A côté d’elle ronflait Nozomi. La pauvre n’avait cessé de fuir à coups de Téléport ; et si une téléportation était indolore, plusieurs à la suite affaiblissaient grandement le corps humain. Métalosse, posté auprès d’elle, faisait le guet et maintenait la barrière psychique qui les protégeait des attaques. Ce n’était pas une barrière très puissante, certes, loin derrière celles que Killian pouvait créer en deux secondes, mais elle pouvait supporter quelques attaques, le temps que les personnes à l’intérieur puissent réagir.

Les seuls à être réveillés étaient Silver et Jasmine. Le premier était étendu dans le sable, mimant le sommeil. Pas qu’il dorme peu ; c’est simplement qu’il n’était pas spécialement fatigué, et qu’il préférait réfléchir à ses sentiments envers Gold. Réflexions qui n’avaient menées nulle part, il en était toujours au même point, l’incertitude. Jasmine, quant à elle, ne cachait même pas qu’elle était réveillée. Assise sur le rocher plat où reposait Gold, soigné mais encore endormi, elle restait immobile, fixant le jeune homme, une Pokéball dans la main gauche. Elle était clairement en train de le surveiller, et cela inquiétait Silver.

C’est alors que sans prévenir, Gold ouvrit les yeux, dévoilant ses pupilles dorées. Jasmine fut si rapide qu’il n’eut même pas le temps de se dérober. Elle lâcha la Pokéball de Pharamp, qui immédiatement vint poser sa queue terminée par un orbe électrique sur le front de Gold. Jasmine parla alors, un infime chuchotement dans l’oreille du jeune homme, une voix froide, glacée, dénuée d’émotion.

- Si tu fais un seul geste, je mets fin à ta misérable existence.


Flora et Crystal, émerveillées, descendirent les marches en pierres qui les séparaient de la cité qu’elles venaient de découvrir, Zarbitopia. Les Zarbi les escortaient. La cité était grande, de la taille d’un petit village. Une bonne centaine de maison formaient des rues, et les bâtiments principaux siégeaient sur des petites places. L’architecture était vraiment étrange ; les maisons étaient taillées à même la roche, encastrées complètement dans le sol, comme des champignons qui poussent. Elles étaient en forme de cône tronqué. Pas très spacieuses, elles suivaient toutes le même schéma : une salle à manger fusionnée avec une cuisine en pierre très rudimentaire – elle se résumait à un âtre pour la cuisson, un plan de travail, et une vasque creusée dans ce même plan de travail -, une salle de bain – un simple trou très profond qui servait de baignoire, ainsi qu’un miroir – et une chambre avec un lit en pierre plus qu’inconfortable. Pour finir, il n’y avait pas de portes, et il faisait incroyablement froid.

Crystal se demanda brièvement comment il pouvait y voir si clair, et trouva sa réponse en levant la tête. Des milliers de puits de lumière, aussi fins que des têtes d’aiguilles, trouaient le plafond et venaient éclairer la caverne – entretemps, à l’extérieur, le jour avait du se lever.

Les deux jeunes filles, frigorifiées, parcouraient la ville, complètement déserte. La poussière recouvrait tout, du sol aux maisons, y compris les murs et les parois de la caverne. En effet, la caverne formait une grande vasque, presqu’une sphère aplatie, et la poussière pouvait donc se déposer sur les parois inférieures. Elles inspectèrent brièvement quelques maisons, sans un mot, puis se dirigèrent vers le centre de la ville, marqué par une énorme tour qui rejoignait le sol et le plafond, servant certainement à retenir ce dernier.

Au pied de cette tour, sur laquelle il était marqué « CENTRE PAIX », se trouvait une très grande place, munie de quelques bancs. Depuis le début, les milliers de Zarbi flottaient tranquillement, tel un nuage noir et blanc qui les suivait partout. Flora et Crystal s’arrêtèrent.

- Bon ben… Je crois qu’on a trouvé l’endroit parfait, souffla Crystal, impressionnée.
- Cette tour peut servir de lieu de réunion… Et les maisons alentours peuvent sans problème accueillir les adhérents à cette fameuse organisation dont on ne connait même pas le but, fit remarquer Flora.
- J’ai vu plusieurs puits, aussi, signala Crystal. Je sais pas si l’eau est potable, mais dans le pire des cas on les assèchent et on les remplit d’eau saine provenant des Pokémon…
- Et pour la nourriture ? demanda Flora.

Les Zarbi s’approchèrent, et formèrent une phrase.

- NOURRITURE CULTIVEE POUVOIR ETRE. LA-BAS.

Ils formèrent une flèche qui pointait vers le point opposé à l’endroit d’où elles étaient arrivées.

- J’imagine que cette citée a été prévue pour être totalement indépendante de la surface… marmonna Flora.
- Oui, mais on a un gros problème. J’ai scellé l’entrée … Je peux toujours l’annuler, mais si je le fais ce sera un trou béant, et n’importe qui pourra rentrer très facilement…
- Tu pourrais pas nous créer un portail de téléportation ? proposa Flora.
- Tu sais bien que ça fait des années que j’entraîne Feuforêve et Symbios pour qu’ils soient capable d’en créer, mais ils n’ont toujours pas assez de puissance… Et j’ai pas deux orbes de téléportation sur moi en toute circonstance ! soupira Crystal.
- Toi, peut-être pas, mais moi j’y ai pensé ! sourit Flora.

Elle posa son sac à dos au sol, et en sortit deux boules de verre, contenant une fumée psychique rose pâle. De la taille d’une balle de tennis, l’orbe de téléportation était un objet trouvable dans n’importe quel magasin, et était une alternative à l’attaque Vol pour se déplacer. Le principe était tout simplement une attaque Téléport enfermée dans une boule de verre, mais cela coûtait très cher, et n’était utilisable qu’une seule fois. L’orbe avait l’avantage de vous téléporter à n’importe quel endroit que vous aviez visité, au contraire de vol qui ne vous amenait que dans les villes, au Centre Pokémon.

Mais ce qu’il fallait également savoir, c’est que les orbes de Téléportation avaient un autre avantage. Peu de gens le savaient, mais si l’on soumettait deux orbes à une incroyable puissance psychique, elles se liaient et permettaient de rallier deux endroits bien précis. Si l’on en touchait une, elle vous téléportait à l’autre, et ce sans nombre d’utilisation limité. Morgane, championne de l’arène Psy de Kanto, était l’un des rares personnes à y parvenir, et elle avait transmis la technique à Crystal lorsque celle-ci lui avait demandé de l’entrainer.

Crystal prit les deux orbes dans ses mains.

- Certes, on a les orbes, mais ça ne résout pas le premier problème… Je n’ai pas assez de puissance psychique…
- NOUS POUVOIR AIDER VOUS.
- Les Zarbi ? Mais bien sûr, ils ont des pouvoirs psychiques ! Et vu leur nombre, même s’ils ne sont pas très fort, cela suffira amplement ! Bon ben Flora, c’est réglé, sourit Crystal.

Crystal décida de s’installer sur la place, sous l’œil intrigué de Flora qui ne l’avait jamais vu s’entraîner à ce genre d’exercice. La jeune femme aux cheveux bleus posa les deux orbes au sol, sortit une craie, et traça un huit qui entourait les boules.

- Symbios ! Feuforêve ! fit-elle en appelant les deux Pokémon à venir la rejoindre. Symbios, première étape ! Lévikinésie !

Les deux orbes s’envolèrent en ligne droite. Elles se stabilisèrent à environ un mètre du sol, juste au dessus du huit.

- Seconde étape, Feuforêve, Prélèvement du Destin !

Le huit se mit à briller d’une lueur blanche, tandis que des deux orbes partaient de multiples fils de lumière, qui les reliaient l’une à l’autre. On aurait dit deux méduses accrochées par des centaines de tentacules. Flora était impressionnée par la beauté de la chose.

- Et maintenant, phase finale ! Que tout le monde déverse sa puissance psychique ! lança Crystal.

Les Zarbi se remirent sous forme d’une immense tornade autour des deux sphères, et leur unique œil devint bleu. Pendant ce temps, Symbios et Feuforêve vidaient également toute leur puissance dans les orbes. Finalement, les liens de lumière disparurent, et les deux orbes retombèrent au sol. Rien n’avait changé dans leur apparence, mais elle contenait maintenant un grand pouvoir, et étaient liées à jamais.

Crystal, tout sourire, se précipita vers les deux sphères, et les montra à Flora.

- Voilà le travail ! sourit-elle. Je vais te montrer comment ça marche.

Elle en posa une à l’autre bout de la place, et revint avec la deuxième dans les mains.

- Il suffit de fermer les yeux…

Ce qu’elle fit… et disparut. Elle se trouvait maintenant de l’autre côté, alors que la sphère qu’elle tenait auparavant était restée à côté de Flora.

- Tadaaaam ! plaisanta Crystal.
- C’est génial ! s’extasia Flora. C’est exactement ce qu’il nous fallait. Reste plus qu’à sortir pour trouver une place à la seconde orbe…
- Je peux m’en charger, en attendant tu t’occupes de dépoussiérer Zarbitopia, ça te va ?
- Hum… Et si t’as un problème, je fais comment ? marmonna Flora. Ca ne me dit rien qui vaille, cette histoire…
- Les deux orbes sont liés, si j’ai un problème, j’enverrai une décharge psychique à l’intérieur. Ca fera briller le tiens, et t’auras juste à te téléporter pour venir m’aider !
- Mouais… Bon, vas-y alors. Je m’occupe du ménage ! sourit Flora, pas très sereine malgré tout.

Crystal s’éloigna sous le regard des Zarbi. Flora se chargea de les rassurer.

- Elle va revenir. Grâce à elle, vous pourrez avoir d’autres amis. Des amis à nous. Très gentils.
- CELA BIEN EST. NOUS AVOIR TROP SOLITUDE MAIS NOUS CRAINDRE MECHANTS HUMAINS.
- Vous ne serez plus seuls à partir de maintenant. Je vais remettre cet endroit comme neuf, vous allez voir.

Elle entreprit alors de marcher jusqu’à l’extrême bord de la caverne à l’opposé de l’endroit d’où elles étaient arrivées. Cela lui prit un bon quart d’heure, mais elle voulait commencer à découvrir la ville – bien triste malgré tout, complètement grise, terne et sale. Là-bas, elle découvrit quelques terres arables aménagées, suffisamment spacieuses pour nourrir deux cents personnes toute l’année, à condition d’y planter des choses.

- Bon, commençons par déplacer la poussière. Je ne peux pas la faire disparaître, il y en a beaucoup trop, mais je peux la mettre ailleurs… Il me suffit de l’envoyer dans le couloir des statues. On s’en fiche puisque de toute manière, on entrera plus par là. J’espère juste que Crystal sera déjà sortie… Charmillon ! Cyclone !

Le magnifique papillon sortit de sa Pokéball, très heureux, et déchaina une monumentale rafale de vent. La ville entière sembla se noyer sous le nuage de poussière soulevé par le vent. Cela ne dura pas. Une deuxième et une troisième bourrasque firent partir les particules dans le couloir des statues. Enfin, une quatrième et une cinquième plus puissantes que les premières firent les finitions, le vent s’engouffrant partout et nettoyant la moindre parcelle de roche.

Quand la dernière rafale eut raison des derniers grains de poussière, Zarbitopia sembla renaître, devant une Flora complètement éberluée.

La cité n’était pas en pierre. Elle était en marbre. Un marbre d’une couleur rouge sang, rare, lisse, beau. Les parois de la caverne, les maisons, le sol, l’immense colonne, tout était en marbre, excepté le toit, qui restait en calcaire gris et morose, d’où tombait la poussière accumulée au fil des siècles. Flora resta stupéfaite pendant une bonne minute. La lumière rebondissait sur le marbre miroitant, et la caverne sembla se doter d’une clarté nouvelle.

- Quand Crystal verra ça… souffla Flora.

C’est à ce moment là que l’orbe que la jeune fille tenait dans la main se mit à briller. Crystal était en danger.


- Je t’ai dit de ne pas bouger ! hurla presque Jasmine.

Gold semblait sourd aux menaces de Jasmine. Le regard éteint, il se relevait lentement, alors que la jeune femme fulminait. En effet, elle ne pouvait pas l’électrocuter et mettre fin à sa vie. La raison était cette fameuse règle de la Nature, qui disait que les Pokémon ne pouvaient pas lancer une attaque directement mortelle sur un humain. La veille, Jasmine n’avait pas eu ce problème : en effet, le Pharamp avait attaqué son Noacier, ce qui avait carbonisé les dresseurs. C’était donc indirect. En cet instant, Noacier était K.O. et ne pouvait donc rien faire, Jasmine comptait donc sur le bluff pour l’empêcher d’agir.

Malheureusement, Gold n’était même plus capable de penser par lui-même, son Esprit était trop enserré dans l’étreinte d’Infinity pour cela. Ainsi contrôlé, il bondit et attrapa la gorge de Jasmine. Elle hurla, ce qui eut pour effet de réveiller ses amis. Nozomi fut la plus rapide, et se jeta sur Gold en l’attrapant au niveau de la taille, comme une catcheuse. Il en lâcha Jasmine, et se vit plaqué au sol par le poids conséquent de Nozomi.

- Cha va Jasmine ? s’inquiéta-t-elle.

Jasmine toussa, se massa la gorge, et hocha la tête. Silver bondit sur ses pieds et alla prêter main forte à Nozomi qui tentait d’empêcher Gold de se libérer. Mey se mit sur les genoux, incapable de se lever complètement.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? demanda-t-elle.
- Ch’est pas encore fini, je vais pas tenir des heures moi ! cria Nozomi.

Gold se débattait violemment, griffait, tentait de mordre, donnait des coups. Nozomi et Silver le maintenaient au sol avec une prise de judo – Nozomi était ceinture noire, après tout – mais il était véritablement fou furieux.

- Il faut l’attacher à quelque chose ! lança Creepy-chan.
- Mais bon sang, on a rien pour l’attacher ! Vous voyez bien qu’il est complètement fou, on doit s’en débarrasser ! s’écria Mey.
- Dans tes rêves ! répliqua Silver.

Dans un spasme plus violent que les autres, Gold se libéra de l’emprise de Silver et Nozomi, et se redressa. Nozomi effectua une roulade pour s’éloigner de lui, mais le jeune homme roux ne bougea pas, tétanisé. Il décida d'adopter une tactique suicidaire, bien que ce soit la seule qui puisse sauver Gold. Il planta ses yeux argentés dans ceux dorés de son ex, éteints. Tout le monde se tut, fixant la scène, éberlué.

- Gold… Je t’en supplie… bredouilla Silver. Ne nous fait pas de mal. Tu n’es pas méchant, Gold… Alors sois gentil et calme toi…

Gold ne répondit pas. Seulement un pauvre sourire. Et des yeux qui brillaient de vie à nouveau. Il s’approcha, et tomba, en larmes, dans les bras de Silver. Le temps sembla s’arrêter pour eux deux. La chaleur du corps de Gold rappela au roux des souvenirs qu’il croyait être parvenu à oublier. Des souvenirs doux, agréables. Il serra un peu plus le jeune homme dans ses bras, et se mit à pleurer aussi. C’est Gold qui parla le premier, entre deux sanglots.

- Excuse-moi… Excuse-moi pour te ce que j’ai fait…
- Tu es tout pardonné, bredouilla Silver en retour.
- Tant mieux, sourit tristement Gold.


Dans la salle de commandement, Mista Meetic sirotait son café, tranquillement installée dans un fauteuil ultra design dessiné par Ni. La jeune femme fixait un écran en particulier parmi la centaine qui flottait dans la salle. Elle y voyait la scène qui se déroulait sur l’île, en direct, grâce aux mini-caméras que Yon avait discrètement éparpillées sur l’île avant de s’en aller. Elle eut un petit rire machiavélique quand Gold se réveilla, sous-contrôle, mais quand ses prunelles redevinrent éclatantes, elle en fut beaucoup moins amusée. Il était en train d’échapper à son contrôle ! Furieuse, elle décida d’appeler le responsable de tout ça.

- INFINITY ! hurla-t-elle.

Dans la salle, une chose étrange se passa alors. Au-dessus de Mista, des dizaines de perles blanches, minuscules et délicates, se matérialisèrent une à une. De la dizaine, on passa à la centaine, puis au milliard. Reliées seulement par le vide, ensemble, elles formaient une forme, une forme qui se mouvait, qui avait une vie. C’était une araignée. Huit pattes, une tête repoussante pourvue de huit yeux – matérialisés par des perles rouges sang –, un corps énorme. Le tout entièrement constitué de ces merveilleuses perles blanches. L’énorme bestiole, qui faisait trois fois la taille de Mista, s’approcha et enroula ses pattes gigantesques autour des épaules de la jeune femme, avant de prendre la parole.

- Tu m’as appelé, Mista ?

La voix était grave, caverneuse, et résonnait dans toute la salle. Une puissance mystique s’en dégageait.

- Arrête le temps quelques minutes, j’ai à te parler d’un PETIT problème ! pépia Mista, apparemment en colère.
- J’ai autre chose à foutre que d’arrêter le temps… soupira l’araignée.
- Dans ce cas, donne moi des explications, et vite. Pourquoi je ne contrôle plus Gold ? Tu m’expliques ? Au moment où il allait tuer son ex en plus ! s’emporta-t-elle de sa voix suraigüe.
- Heureusement que tes sujets ne t’entendent pas parler comme ça, t’es ridicule…
- Explique !
- Ben, je te l’ai déjà dit, les ordres à distance sont beaucoup moins efficaces, surtout si tu ne lui as jamais parlé en face ! Je peux lancer des toiles jusqu’au bout du monde si tu le souhaite, mais la puissance sera minable ! Et pour ne rien arranger, il a été soigné par une Echo, et tu sais parfaitement que mes toiles supportent mal leurs pouvoirs, expliqua l’araignée – ou plutôt, Infinity.
- Alors je suis censé faire quoi là ? hurla Mista. Je déteste ne pas savoir, tu m’entends, je déteste !
- Ben là, t’as pas trente millions de solutions…
- J’imagine que non… soupira Mista, deçue.

Les perles disparurent comme elles étaient venues. Les yeux de M-M devinrent blancs. Elle regarda son écran et fixa les yeux de Gold. Lentement, elle tendit sa main gauche, paume ouverte. A l’intérieur se matérialisa un genre de fumée spectrale. Elle soupira.

- Dommage, mon chou, j’aurais préféré que tu me divertisses plus que ça…

Et la jeune femme referma violemment sa main sur la fumée.


Sur l’île, Gold, encore dans les bras de Silver, se figea. Il desserra son étreinte, et recula. Ses yeux virèrent au blanc, un blanc sans tâche.

Un hurlement déchira alors l’air. Une plainte longue, stridente, tellement forte qu’elle en devenait insoutenable. Inhumaine. Pourtant, Gold ne criait pas, il avait la bouche fermée, et continuait de fixer le vide.

Sous la puissance du cri, tout le monde se boucha les oreilles et ferma les yeux. Quand le hurlement disparut aussi soudainement qu’il était venu et qu’ils ouvrirent les yeux, le corps de Gold était allongé sur le sol.

Raide mort.


- Bon, tu te rappelle du texte ? vérifia Melosa pour la dernière fois.
- J’ai passé la nuit dernière à l’apprendre, et c’est la troisième fois que tu me poses la question… soupira Kanon.
- Oui mais si on se foire, on est bonnes pour le cimetière ! Killian t’es okay ? demanda la jeune maître de Ligue.
- Ouais, niquel, répondit-il avec un sourire resplendissant.
- Evite de sourire comme ça quand je serai morte, siffla-t-elle.
- Roh ça va, je suis pas mauvais acteur.
- On verra ça. Bon, dès que Mathi et Dimy arrivent, on lance l’opération.

Melosa, Kanon et Killian se trouvaient sur le toit d’un immeuble qui surplombait la plus grande place de Miriarbres. En bas, des gens mangeaient au restaurant, tandis que d’autres passaient simplement. Un autre encore jouait de la guitare et chantait, tandis qu’un vieil infirme mendiait avec son Caninos. Soudain, Dimy et Mathi déboulèrent sur la place, suivis par trois flics, un journaliste et deux caméramans.


- Mathi ! Comment ça va ma grosse ? sourit Melosa.
- Ta gueule, j’ai putain de mal à la tête… gémit Mathi en réponse.
- Pauvre de toi. Le problème, c’est que j’ai besoin de toi. Et du gamin blond, aussi.

Mathi et Dimy étaient assis sur deux chaises, face à Melosa. En retrait, Killian et Kanon écoutaient aussi. C’était peu après que Melosa et Kanon soient allés récupérer l’adresse de James Kojiro auprès d’Adrien Oba – d’ailleurs, Kanon n’avait rien put tirer de plus de Melosa concernant le passé mystérieux de Killian. Puis elles étaient revenues à l’appartement, ou les attendaient Killian et ses deux « otages ».

- Pourquoi t’as besoin de nous, Melo… Et puis d’abord, me donne pas d’ordre… soupira Mathi, qui avait une belle gueule de bois.
- Ben ça fait quelques jours que je réfléchis à un plan pour nous faire passer pour morte, Kanon et moi.
- Cette fille… C’est Kanon Simiophia ? bredouilla Dimy.
- Oui, c’est moi ! signala Kanon en levant la main.
- Nous voulons devenir des super-héroïnes, pour protéger la ville de Miriarbres des nombreux criminels… Et nous avons toutes deux un passé pas super brillant. Elle a commis des crimes graves, moi je lui ai sauvé la vie malgré ça, expliqua Melosa.
- Bon, ben on va t’aider, sourit difficilement Mathi.
- Je savais que je pouvais compter sur toi, sourit Melosa en retour.
- Nan mais en fait tu me fais pitié, on dirait un paillasson, j’ai envie de m’essuyer les pieds sur ta grande gueule, cracha Mathi.
- Ta gueule pétasse, t’as juste la rage parce que je suis Maître de ligue et toi t’es juste une énième finaliste qui sombrera dans l’oubli, répliqua Melosa.
- On doit faire quoi ? les coupa Dimy.
- Me ramener des caméramans. L’action va se passer très vite, des gens doivent filmer, sinon le Gouvernement n’y croira pas.
- On doit faire quoi alors ?


- Ils sont là ! Maintenant ! lança Melosa.

Killian claqua des doigts. Téléportation. Ils se retrouvèrent dans une ruelle sombre, juste à côté de la grande place. Kanon en jaillit la première, courant comme une déjantée, faisant le plus de bruit possible en percutant poubelles et passants. Melosa s’élança à sa suite, hurlant comme une furie. Killian, toujours dans la ruelle, eut un sourire. Il avait toujours aimé le théâtre.

- KANON SIMIOPHIA ! JE T’AURAI ! hurla Melosa, une rage incontrôlée se lisant sur ses traits.
- Tu mourras avant d’avoir pu m’attraper ! cracha Kanon sans s’arrêter de courir.
- C’est ce qu’on verra ! FLY, EN AVANT !

Melosa lança sa Pokéball et sauta sur l’aigle. Timing parfait, elle percuta Kanon au moment où elle débarquait sur la place. Kanon roula sur les pavés, secouée. Elle se releva tout de même et fit face à son agresseur. La championne de la ligue descendit de son Guériaigle et regarda droit dans les yeux la criminelle.

- Je vais te tuer, Kanon Simiophia. Pour le bien du Pokémonde. Moi, Melosa Grey, vais mettre fin à tes agissements affreux ! déclama Melosa – elle en faisait peut-être un peu trop.
- Encore faudrait-il pouvoir m’approcher ! ricana sadiquement Kanon. Tyranocif !

Le dragon se positionna face à l’aigle. Le duel s’annonçait violent. Les passants s’étaient écartés, et formaient un cercle autour des deux combattantes. Ils regardaient la scène, subjugués. La plupart avait sorti leurs Pokématos et filmaient la scène, au grand bonheur de Melosa. Killian fit alors son entrée – une belle téléportation à quelques mètres de la championne.

- Melosa ! s’écria-t-il en s’approchant, surpris.
- Killian, recule. Erige une barrière. Ca risque d’être violent, je ne voudrais pas de blessés inutiles. Et je ne veux pas non plus qu’elle s’échappe, cette fois.
- Mais…
- Fais ce que je te dis ! ordonna la jeune femme sèchement.

Il recula, rejoignit la foule, et s’appliqua à créer la barrière la plus puissante qu’il connaisse – capable de rester indemne suite à une explosion nucléaire. Pendant ce temps, à l’intérieur, c’était un intense combat de regards. Finalement, Melosa lança la première attaque.

- Aéropique !
- Contre avec Lame de Roc ! ordonna Kanon.

Le Tyranocif sortit une énorme épée rocheuse du sol, et frappa l’aigle en plein vol, à la manière d’un base-baller. Le pauvre Fly fut projeté, percuta violemment la barrière, et s’effondra, K.O. en un coup. La foule retint son souffle, effrayée. Melosa fulminait.

- COMMENT AS-TU PU ?! Emeraude !

Le Majaspic fit une entrée fracassante. La Tempêteverte qu’il lança sans prévenir amocha sérieusement le Tyranocif.

- Riposte avec Ultralaser ! ordonna Kanon.
- Esquive, Emeraude !

Le serpent, très agile, esquiva sans trop de peine. Il profita de l’occasion pour asséner une Lame-Feuille surpuissante au dragon, qui s’effondra, hors combat. Kanon le rappela, puis envoya son Démolosse.

- Spouf ! Lance-Flamme ! cria Kanon.

Le Majaspic fut sérieusement grillé, mais se releva. C’est le moment que choisit Kanon pour rappeler son Pokémon. Et sortir un revolver. Elle le pointa sur Melosa, alors que la foule s’écartait de la barrière, et que Killian poussait un cri de désespoir pour son amie.

- Rappelle ce Pokémon, ordonna Kanon d’une voix ferme.

Melosa obéit d’un geste mécanique, tétanisée par la situation. Kanon eut un rictus sadique.

- Tu croyais que j’allais encore faire mumuse avec des Pokémon pendant longtemps ? Je suis une tueuse, pas une dresseuse. Tu vas devoir payer. Cela fait maintenant un jour que tu me poursuis, et presque une semaine que tu me cherches. Tu m’en as fait voir des belles. Mais l’heure de la vengeance a sonné. Tu vas mourir. Pitoyablement. Une balle dans le pied. Une balle dans la jambe. Puis une dans l’épaule, une dans le bras. Je sais tirer, je n’en manquerais pas une. Tu souffriras, puis tu mourras pitoyablement dans une marre de sang. Personne ne pourra te sauver. Pas même ton petit copain l’Echo, coincé par sa propre barrière.
- MELOSA ! hurla Killian de l’autre côté, dévasté.

Melosa regardait ses pieds. Finalement, elle leva la tête, et fixa Kanon. Un regard perçant, qu’on croirait capable de tuer.

- Je vais mourir, souffla Melosa. C’est une évidence.
- Je suis contente que tu l’admettes ! ricana Kanon, démente.
- Mais… Même si je meurs… Ca ne veux pas dire que je ne t’emporte pas avec moi.

Tout se passa très vite. Melosa sauta, Kanon tira. Le Zoroark de la maîtresse de la Ligue apparut, sortit de sa Pokéball pendant la chute.

- EXPLONUIT SANS LUNE ! hurla Melosa.

Zoroark, sous le regard tétanisé de Kanon, créa une petite boule noire dans sa main… Et la lança au sol. L’explosion qui en résulta fut indescriptible. Pas de lumière, pas de chaleur. Seulement du noir, du vide, qui emplit toute la barrière pendant presque trente secondes. Sans la protection de Killian, la place entière aurait été touchée. Quand le noir disparut, à la place de Melosa et son Pokémon se trouvait le vide.

Le sol avait été détruit de la même façon que le reste. Tout, des lampadaires, en passant pas les chaises, les plaques d’égouts et les pavés, tout avait était désintégré. Ne restait plus qu’un énorme cratère béant. Melosa et Kanon étaient mortes, réduites à néant par l’une des plus puissantes attaques existantes.

Killian s’effondra, et poussa un hurlement déchirant.

- Melosa… souffla-t-il en larmes. MELOSAAAAAAA !


Melosa, Kanon et Zoroark réapparurent dans leur appartement. Elles s’affalèrent sur le canapé, épuisées mais entières.

- Bon, on se fait un petit café ? proposa Kanon.
- Va pour le café dégueulasse, sourit Melosa.

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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Dim 29 Juil 2012 - 22:09

Bouhouhou... Ca fait trois semaines que je poste rien, désolé mais vacances obligent :tot: Bon cette fois, chapitre un petit peu sanglant qui se concentre principalement sur deux groupes de personnages - avec un troisième un peu secondaire. En plein milieu du chapitre y'a une explication complètement foireuse avec un schéma complètement pourri, vraiment désolé si vous comprenez pas :tot: Sinon, bah, petit résumé

Spoiler:
 

Voilouuuuu, bonne lecture ! Sparkle





Lance souleva lentement les paupières. La lumière l’éblouit momentanément, puis ses yeux s’y habituèrent. Il se trouvait dans une chambre à mi-chemin entre le moderne et le classique. Un bruit de respiration lente et posée lui parvint. Cherchant la provenance du son, il se releva, et constata une belle douleur dans le dos. Il avait dormi par terre, apparemment, pourtant il se rappelait s’être couché dans un lit. Ce même lit était occupé par une jeune femme, cheveux châtains joliment bouclés qui reposaient, en vrac, sur les draps blancs.

Le Chef du Gouvernement se leva et s’étira, touchant presque le plafond les bras levés. Il jeta un œil énervé à Mentaline Weiss. Peu importe comment elle avait réussi, elle l’avait éjecté du lit pour y dormir. Lance savait bien que c’était le lit de la criminelle, mais il était quand même le Chef, il avait la priorité !

« Abruti, songea Lance, c’est une chose futile que de dormir sur le sol… Un autre que moi dirige actuellement le Gouvernement…L’avenir de ma région est en danger, et la seule chose à laquelle je pense c’est de ne pas avoir dormi dans un lit confortable… » Il poussa un profond soupir, et songea à ce qu’il allait faire maintenant. Il était relativement en sécurité, ici, mais pour combien de temps ? Le micro qu’il portait jusqu’à ce que Weiss le détruise avait sans doute révélé sa position. Bouger aurait été judicieux, mais pour aller où ? Aller combattre cette « M-Organisation », c’était du suicide. Lance était peut-être légèrement prétentieux, mais il était assez réaliste pour se rendre compte que seul, il ne pouvait rien contre ces soldats inhumains. Il avait certes les Pokémon les plus puissants de Johto, mais que faire face à des gens qui se fichent des Pokémon et n’en utilisent pas ? Des êtres capables de passer au travers des règles de la nature elle-même ? Et avec pour chef une femme dégénérée amoureuse de la violence, du sadisme et du sang ?

C’était impossible de vaincre.

- Bonjour, Lance Wataru, souffla une voix derrière lui.
- Bonjour, Weiss, répliqua Lance sans se retourner.
- Vous me considérez inférieure au point de ne pas m’appeler par mon prénom ? remarqua sarcastiquement la jeune femme en sautant lestement de son lit.
- Depuis que vous m’avez fait dormir par terre, on va dire que oui, Weiss.
- Estimez-vous heureux, Wataru, j’ai utilisé Psyko alors que j’aurais très bien pu vous pousser, répliqua Mentaline, narquoise.
- Hum. Je voulais vous poser une question, marmonna Lance en se tournant vers la jeune femme.

Vêtue d’une longue robe blanche qui faisait office de pyjama, les cheveux retors et les yeux bien entamés par le manque de sommeil, elle était un mélange entre grâce naturelle et laideur matinale due au réveil. Lance n’était pas mieux ; il avait du dormir habillé – Weiss lui avait interdit de rester torse nu, soit disant à cause de ses poils roux – et son ensemble noir, doré et bleu marine était tout froissé et ne payait pas de mine. Quant à sa flamboyante chevelure, d’ordinaire artistiquement en pétard, elle s’était aplatie au contact du sol, donnant vie à une monstruosité capillaire. Les yeux de la jeune femme semblèrent rire de cette vision peu commune.

- Je vous écoute.
- Sommes-nous des alliés ? demanda-t-il très sérieusement.
- Cela dépend de vous, Wataru. Nous avons un but commun : détruire la M-Organisation. Nous avons partagé des informations, sans rien cacher. Et vous le savez : seul, vous ne pouvez pas parvenir à vaincre. En revanche, si nous nous allions, cela sera chose possible. J’ai déjà beaucoup d’alliés, et pas des moindres. Et, pardonnez-moi d’énoncer une vérité, j’ai une intelligence supérieure que vous n’avez qu’en partie. Cela ne tient qu’à vous : accepterez-vous de collaborer avec des meurtriers présumés, des gens dont vous avez ordonné l’exécution, ou l’emprisonnement à vie ? Seriez-vous prêt à nous traiter tels que vos égaux ? Si oui, alors nous sommes des alliés.

Lance soupira après la déclaration de Mentaline, puis éclata franchement de rire. Il sourit à la jeune femme.

- Okay, mais dans ce cas j’espère que les autres Chapeliers sont aussi drôles que toi, ricana-t-il.
- On se tutoie maintenant ? rétorqua Mentaline sans pouvoir s’empêcher de sourire, elle aussi.
- J’en ai ma claque de toujours me comporter en homme d’affaire. Oui, on peut se tutoyer. Mais je continuerai à t’appeler Weiss.
- Comme tu voudras, Wataru, ricana Mentaline. Maintenant, tu m’excuseras, mais je dois me préparer, fit-elle en désignant la porte coulissante qui donnait sur la salle de bain. Ne sors pas de ma chambre, tu te perdrais et une Sœur pourrait tomber sur toi.
- Est-ce que ça veut dire que je vais patienter pendant une heure ? soupira Wataru.
- 43 minutes et 36 secondes précisément, répondit Mentaline du tac au tac. Mais tu peux les passer à te recoiffer, y’a un peigne dans le tiroir.
- … Ca c’était pas très courtois, Weiss.


Joachim, assis dans le train, regardait le paysage défiler devant lui. De nos jours, les trains magnétiques étaient capables d’avancer à une vitesse proche des 800 kilomètres heures en vitesse de croisière, ce qui permettait de rallier rapidement les différentes agglomérations. Il y avait peu de villages, dans le Pokémonde. L’urbanisation était partout, et l’exode rural était fini depuis bien longtemps.

Les campagnes et les forêts avaient été désertées, et la population s’était regroupée en quelques grosses villes. D’anciennes, comme Rosalia, Doublonville ou Ebenelle, s’étaient agrandies et étaient devenues d’énormes cités. D’autres avaient vu le jour avec l’exode : Oliville pour le tourisme balnéaire, Miriarbres comme alternative à la bruyante et polluée Doublonville – qui au final est tout aussi polluée et bruyante -, Sentiernelle, principalement connue pour ses stations de ski en hiver, et enfin Aitch Kyou Sity, petite ville en contrebas d’Acajou spécialisée dans les très hautes technologies, où sont regroupées les plus grandes écoles scientifiques de Johto. Pour finir, quelques une avaient gardé une taille relativement modeste, comme Ville Griotte, Bourg-Géon, Irisia ou même Acajou.

Le réseau ferroviaire était, en conséquent, plutôt développé. Il était très emprunté par les hommes d’affaires, mais peu par les jeunes. En effet, pour ne pas compromettre le côté « je marche à pied et je rencontre des Pokémon sur ma route » du voyage initiatique, le Gouvernement a décidé de l’interdire au dresseur non-majeur. Seuls les adolescents ayant choisi de suivre un cursus scolaire poussé ont donc la possibilité de le prendre, ainsi que les adultes. C’est donc parmi une tripotée d’hommes et de femmes en cravate que Joachim fixait la vitre.

Ses yeux étaient étranges. Comme morts. Ce qui avait quelque chose d’effrayant. Il ne disait rien, attendant juste que le train arrive à destination. Mais son Esprit était bien vivant, lui, bien qu’un peu affaibli. (ndla : Les pensées de Joachim pouvant passer d’une langue à une autre sans raison, le tout est uniformisé en français pour une meilleure compréhension.)

« Hum, c’est vraiment étrange d’être sous l’influence de ce pouvoir… C’est vraiment très puissant. Je peux faire ce que je veux, et prendre les décisions que je veux tant que ça ne va pas à l’encontre des ordres que cette M-M m’a donné… »

Joachim se pencha et sortit son Cube de sa poche. Dans le Pokémonde, il y avait deux sortes de téléphones portables : les Pokématos, pour les Dresseurs, les Coordinateurs et autres, et les Cubes pour tous les autres gens. Les Cubes étaient les équivalents des smartphones du Monde Réel. Mais ils se présentaient sous la forme d’un cube de la taille d’un dé. Ce Cube avait la propriété de se fragmenter en fines feuilles électroniques, qui misent bout à bout automatiquement formaient un écran de la taille d’un iPad, mais de moins d’un millimètre d’épaisseur.

« J’ai le droit de sortir mon Cube pour jouer à un jeu… Mais si je songe à l’utiliser pour prévenir Lance que je vais venir le tuer… »

Il lâcha brusquement la tablette devant le regard surpris des autres occupants du wagon. Ses bras retombèrent mollement sur la table, comme soudainement inanimés. Le visage auparavant neutre de Joachim affichait une grimace de douleur.

« … je perds le contrôle de mon corps… Et je prends un genre de décharge spirituelle semblable à un mal de tête carabiné. Voilà donc comment elle prend le contrôle des gens qu’elle veut assouvir. Infinity empêche qu’on lui désobéisse, et te dissuade de retenter l’expérience en te balançant une décharge. C’est malin et très puissant… Je vais donc vraiment être obligé de tuer Lance ? »


Silver fixait le corps de Gold, tétanisé. Les larmes de bonheur, qui coulaient auparavant sur son visage, ne furent même pas remplacées par celles de tristesse. Le choc était trop grand pour qu’il parvienne à pleurer. Il avait eu de l’espoir, et cet espoir s’était brisé sans prévenir. Gold était mort. Il ne pouvait s’y résoudre, et pourtant c’était vrai. Silver était détruit, détruit de l’intérieur. Bleuts, Flora, et Crystal. Et maintenant, lui. Comme Creepy-chan, il faillit craquer.

Mais la baffe retentissante que lui colla Mey l’envoya s’effondrer dans le sable. Grimaçant de sa douleur aux pieds, elle était debout. Imposante, elle toisa Silver qui peinait à se relever, abasourdi.

- Excuse-moi de t’avoir frappé. Et excuse-moi de t’avoir fait du chantage, hier. Mais nous n’avons pas le temps de nous apitoyer sur les morts. Regarde.

Silver et les autres – qui n’étaient pas particulièrement attachés à Gold – regardèrent ce que pointait Mey. C’était vraiment loin, mais cela se rapprochait à une vitesse à peine croyable. Deux avions. Deux avions qui avançaient tout simplement, sans fumée ou autre. Ils flottaient juste dans le ciel et venaient vers eux à une vitesse d’approximativement 5000 kilomètres heures.

- Des avions magnétiques de catégorie 3… souffla Jasmine. Pas le temps d’aller au Wailord ! Vite, téléporte nous, Nozomi ! hurla-t-elle, presque hystérique.

Les avions filaient, quasiment au ras de l’eau, et on pouvait maintenant dire à quoi il ressemblait. Ils étaient vraiment étranges, comme s’ils étaient faits de papiers. Ils étaient de forme octogonale, et composés d’un sol et d’une coupole construite en une matière qui ressemblait à du verre et qui recouvrait complètement la structure. Le tout ressemblait à un prisme droit octogonal relativement aplati, et était proprement énorme. A l’intérieur, on apercevait en transparence une foule de gens armés jusqu’aux dents ainsi que des dizaines de lance-missiles.

- Ce sont des vitres à sens-unique, expliqua Jasmine. Elles reposent sur le même principe que l’attaque Abri, mais sont beaucoup plus résistantes. On peut tirer de l’intérieur vers l’extérieur, mais rien ne peut pénétrer de l’extérieur.
- On est salement dans la merde, quoi, souffla Mey.
- On peut dire ça.
- Y’a des trucs qui viennent de sortir des avions et qui foncent sur nous ! cria Creepy-chan.

Une bonne vingtaine de missiles venaient de partir des deux trucs en forme d’octogone, qui n’étaient maintenant qu’à quelques kilomètres. Les missiles fonçaient vers l’île, ultra-rapides.

- VITE, ordonna Jasmine dans un cri, NOZOMI, TELEPORTE NOUS AU WAILORD !
- Sautez dechus ! lança Nozomi.

Creepy-chan, Mey, Jasmine et Nozomi se ruèrent vers le Métalosse, et s’y accrochèrent. Mais Silver ne bougea pas, fixant le corps de Gold. Les missiles étaient sur le point d’atteindre leur cible.

- SILVER ! hurla Mey.

Le roux soupira, courut et s’accrocha au Métalosse au moment où le missile explosait là où il se trouvait quelques secondes auparavant. D’ailleurs, avant de se téléporter, Silver se fit percuter par quelque chose dans son dos. Heureusement, il ne sut jamais que c’était la tête de Gold.


- Je suis prête ! déclara Mentaline en sortant de la salle de bain.

Elle s’était faite belle ; bien qu’ici, à l’abbaye, elle ait décidé de mettre de côté son image de fille superficielle dans le but de sauver tout le monde, elle ne perdait pas pour autant ses mauvaises habitudes. Heureusement, elle avait quand même réduit la dose de maquillage. Elle était donc vêtue d’un simple top blanc ample à manche longues, très vaporeux, et d’un jean slim. Ses longs cheveux étaient lissés, de discrètes perles rose pale étaient accrochées à ses oreilles, et son regard était accentué par une touche de mascara et d’eye-liner. Lance, qui ne l’avait vue jusqu’à présent qu’en chemise de nuit, eut un sourire en la voyant, amusé de la transformation pour le moins radicale.

- Resplendissante, ricana Lance.
- Garde tes commentaires pour toi, Wataru, répliqua sèchement Mentaline, un peu vexée.
- J’ai le droit de prendre une douche, moi aussi ? demanda-t-il.
- Pas avant que je t’ai montré ce que j’ai découvert hier soir, alors que tu dormais sur mon lit sans aucun scrupule. Suis-moi !

Mentaline passa la tête par l’entrebâillement de la porte, vérifiant si la voix était libre. Heureusement, il n’y avait personne à l’horizon. L’Abbaye n’accueillait pas grand monde à plein temps, cela devait se résumer à une vingtaine de bonnes Sœurs, mais ça n’allait pas au-delà. Les deux s’élancèrent dans le dédale de couloirs, s’arrêtant à chaque croisement par précaution.

Soudain, alors qu’ils étaient à quelques pas de la Bibliothèque, une petite sonnerie se fit entendre. Etonnée, Mentaline s’arrêta et sortit le portable qui ne pouvait être repéré par la surveillance du Gouvernement, et encore moins être intercepté. Elle avait un message de Flora.

« Salut Mentaline ! Juste pour te dire qu’on a trouvé un QG, aux Ruines Alpha ! C’est situé plusieurs mètres sous terre, on y ait entré en résolvant le puzzle grâce à ton aide. Le QG est sous la forme d’une immense cité de marbre rouge appelée Zarbitopia. C’est une cité antique, très vieille sans doute, mais elle est habitable et est prévue pour survivre sans aucune aide du monde extérieur. Il y a la place pour une « armée » de cent personnes environ, en considérant que chacun prenne une maison. Il y a aussi une grande place pour les briefings, et une grande tour qui peut avoir je ne sais quelle utilité. Le tout est introuvable. Nous avons placé un portail de téléportation pour y entrer. Par précaution, je ne te donnerais pas son emplacement. Si tu veux nous rejoindre, je te donnerai rendez-vous quelque part et je te conduirai au portail à pied, en personne. Voilà, on t’embrasse, à plus ! »

Un sourire éclaira le visage de la jeune femme. Son plan prenait forme ! Elle allait pouvoir sauver tout le monde de l’extermination ! Lance la regarda, intrigué.

- Qu’est-ce qui se passe, Weiss ?
- Une bonne nouvelle. Nous avons désormais un quartier général ! sourit-elle.
- C’est une bonne chose. Il ne nous manque plus que des alliés ! railla Lance.
- J’en ai déjà, répliqua Mentaline.
- Si tu penses aux Chapeliers, n’y compte pas trop. Les quatre emprisonnés ne sortiront jamais. Quant à ceux qui sont probablement allés les sauver, ils sont sans doute morts à l’heure qu’il est… S’attaquer à l’Abysse c’est attaquer la plus grosse base militaire du Pokémonde. C’est même pas de la folie, c’est du suicide, et je suis bien placé pour le savoir, soupira Lance.
- C’est vraiment à ce point ? s’étonna Mentaline.
- Ils n’ont aucune chance, aucune.
- Quand bien même, il reste Crystal et Flora…
- Je suis pas sûr que ça suffise pour attaquer ces monstres, marmonna Lance.
- Et bien je vais y réfléchir. En attendant, entre dans la Brain Sphere, j’ai quelques trucs à te montrer. J’ai découvert pas mal de choses grâce à toi.

Les deux prirent place dans la Brain Sphere, qui s’était agrandie en conséquence. Ils passèrent en mode opaque pour éviter d’être surpris – il valait mieux qu’on ne sache pas que Lance Wataru se cachait à l’Abbaye – et Mentaline alluma la machine après avoir enfilé gants et casque. Elle se connecta et fit apparaître trois images. La première était une photo où l’on voyait une jeune femme qui tendait une Pokéball au prof Orme en souriant. La deuxième était celle que Lance avait montré à Mentaline le premier jour, où l’on voyait Yon, un sourire flippant aux lèvres, aux côtés de Midona. La dernière enfin, montrait une photo d’une femme en blouse très jolie.

- Ces trois photos proviennent de la carte mémoire que tu m’as donné. Par chance, c’est un appareil photo absolument merveilleux, d’une définition très haute – pour tout te dire, une telle quantité de pixels est loin d’être atteinte, dans mon monde. Il est aussi incroyablement précis quant à l’heure à laquelle les photos sont prises, allant jusqu’au dixième de secondes – ce qui est une aubaine pour nous. La première photo a été prise la veille des deux autres, à 14 heures 53 minutes et 25,3 secondes. La deuxième a été prise le lendemain de la première, donc, à très exactement 16 heures 26 minutes et 32,5 secondes. Quant à la troisième, elle a été prise à 16 heures 26 minutes et 33,0 secondes.
- Hum, le photographe mitraillait tout ce qui bougeait... remarqua Lance.
- Exact. Et tant mieux pour nous. Parce qu’il y a des différences entre ces deux photos. Des différences majeures.
- Mais elles ne montrent pas la même chose, objecta Lance.
- En fait si. Il y a un espace d’environ 60 centimètres qui est commun aux deux photos. Et cet espace est occupé par un simple mur vierge et une fenêtre. Or, sur la première photo, cette espace et vide, et sur la deuxième... Il y a une bombe collée au mur, juste là.

Mentaline posa le doigt sur une espèce de boitier noir rectangulaire muni de pattes métalliques pour s’accrocher aux parois. De loin, on pourrait croire à une araignée particulièrement énorme.

- On peut en déduire plusieurs choses sur la nature du pouvoir de Yon. Déjà, il est impossible d’accomplir 3,6 mètres en une demi-seconde. Même en admettant qu’il soit capable de se déplacer à 100 000 kilomètres heures, c’est impossible sans élan. On pourrait dire qu’il « saute » à 100 000 kilomètres heures, mais c’est impossible également à cause de la résistance de l’air et autres. La seule possibilité, c’est qu’il distord l’espace.
- Comment ça ?! s’étonna Lance, qui ne comprenait pas.
- Il triche sur les distances, si vous voulez. Un peu comme si on disait « il faut 25 kilomètres à vol d’oiseau pour rallier telle ville à telle ville ». Et bien lui, il réduit la distance en pliant la carte pour que les deux villes ne soient plus espacées que de quelques mètres.
- Je ne comprends toujours pas.
- Tu veux un petit schéma ? proposa gentiment Mentaline comme si elle s’adressait à un attardé.
- Ca me tue de l’admettre, mais oui, je veux bien un schéma, Weiss, marmonna Lance.


- En gros, il compresse les choses. Sur ce schéma, les arbres et la route sont compressés jusqu’à devenir minuscules. C’est valable pour tout, les rochers, l’air, les nuages… Tout ce qui est dans l’espace. Du coup, la distance à parcourir est grandement réduite, et il arrive donc 100 000 fois plus vite qu’un humain. Pour placer la bombe, il a compressé tout le laboratoire, et a juste eu à tendre un petit peu la main pour accrocher l’explosif au mur situé à 3 mètres de lui.
- Mais les gens ne s’aperçoivent pas qu’ils sont compressés ? demanda Lance judicieusement.
- Mon explication est une simple image. Il ne compresse pas réellement les objets, il « distord » l’espace. C’est impossible à expliquer tout simplement parce que l’esprit ne peut concevoir une telle chose. C’est comme imaginer une couleur qui n’est pas présente sur le spectre. C’est impossible pour ton esprit, tout comme ça l’est pour le mien, mais l’idée c’est ça.
- Et ça nous avance à quoi de le savoir ?
- Et bien, on sait qu’il n’arrête pas le temps, donc il ne peut pas te rouer de coups en une infime fraction de seconde. Et surtout, surtout, qu’il ne se téléporte pas. Ce qui veut dire que si on l’immobilise complètement, il est vulnérable.
- Donc si on veut le tuer, il faut l’immobiliser au préalable. Il suffit de l’avoir par surprise, ce n’est pas si dur.
- Oui, mais attention. S’il manipule l’espace, cela veut dire que s’il tire une balle droit devant lui, il peut distordre l’espace pour qu’elle t’atteigne même si tu es derrière lui.
- Hum…
- Et j’ai une autre nouvelle info. En zoomant sur la bombe, j’ai découvert qu’elle provenait d’une société appelée « Pineaple ». En faisant des recherches, il s’avère qu’il s’agit d’une société spécialisée dans les armements d’espionnage au service d’Hoenn. J’ai piraté la boîte mail du président de la société, et j’ai découvert ça.

Un scan d’un e-mail apparu à l’écran.

- « Cher Monsieur, je me prénomme Lady World. Je sais bien que je ne fais pas partie du Gouvernement, mais j’aimerais tout de même vous acheter quelques uns de vos produits. (Insérer une liste de gadgets divers avec parmi eux la fameuse bombe) Je suis prête à les payer le triple de leur prix initial si vous acceptez de me les vendre à moi, une particulière. Pour preuve de ma bonne foi, sachez qu’un virement de 100 000 Pokédollards a été fait sur votre compte personnel, de ma part. Très cordialement, Lady World, toute à vous. »
- Cette Lady World… ?
- Oui, il s’avérerait que ce soit le « nom de scène » de Mista Meetic, dirigeante de la M-Organisation. Je voulais commencer à faire des recherches dessus, mais j’étais vraiment trop fatiguée. Et enfin, pour ce qui est de la première image, j’ai identifié la jeune femme. Il s’agit de la Championne de la Ligue Unys, Melosa Grey. Elle possède un Zoroark, et je pense que la Pokéball qu’elle tend au professeur Orme contient son fils, un Zorua. Probablement le même que celui qu’a récupéré Midona. Donc Melosa Grey a peut-être un lien avec toute cette histoire. Voilà, c’est tout ce que j’ai pu conclure de ces photos.
- Vous êtes extraordinaire, souffla Lance.
- N’est-ce pas, Wataru ?

C’est à ce moment là que le téléphone de Mentaline sonna à nouveau. Un appel, cette fois.

De Mey.


Nana attendait tranquillement. Il était six heures du matin. Elle guettait l’arrivée de Pierre Rochard, conservateur du musée de Poivressel. Elle apercevait le Général Valter, un peu plus loin, qui la regardait et était prêt à intervenir en cas de pépin. « Mais il n’y aura pas de pépin, bien sûr. » songea Nana. Son plan était parfait, comme d’habitude pour ce genre de situation. La seule fois où elle avait échoué, c’était face à cet abruti de gamin, Dimy Sevalius, parce qu’il était complètement asexuel. Sinon, il aurait succombé, comme tous les autres.

Enfin, elle l’aperçut, marchant dans sa direction. Il était difficile de lui donner un âge, il devait avoir entre la trentaine et la quarantaine. Il avait des cheveux blancs comme neige, des yeux d’un bleu extrêmement pâle et un teint cadavérique. « Putain, mais il est albinos ou quoi ?! » s’étonna Nana. Elle avait sûrement raison, d’ailleurs. Toujours est-il qu’il était vêtu d’une chemise violet foncé tout bonnement affreuse, et d’un pantalon en toile gris à pattes d’éléphant. Il semblait sortir de l’époque du disco, tellement il avait mauvais goût. Nana soupira. Dire qu’elle allait devoir draguer ce type bizarre…

Elle s’approcha de lui sans le regarder, comme si elle désirait aller autre part. Quand elle fut proche de lui, elle jeta un coup d’œil à son avant bras gauche comme pour regarder sa montre, mais elle n’en possédait pas. Elle aborda alors sa cible, avec un sourire très discret aux lèvres.

- Excusez-moi… Auriez-vous l’heure ?
- Euh… fit l’homme, comme désarçonné par la question. Oui, il est six heures dix.
- Et sauriez-vous à quelle heure ouvre le musée ? Parce que je suis de passage à Poivressel, et j’aimerais vraiment beaucoup visiter ce musée… Mais malheureusement, mon bateau part dans une heure pour Myokara… J’espère avoir au moins le temps d’y entrer…
- Malheureusement, répondit Pierre avec une mine affligée, le musée n’ouvre qu’à 9 heures…
- Oh, c’est vraiment dommage…

La mimique de déception était parfaite, sans exagération aucune. Nana savait ce qu’elle faisait, c’était certain, et elle avait l’habitude de le faire. Avec un petit soupir, elle s’éloigna, faisant bien rouler sa magnifique paire de fesses – parce que oui, Nana était incroyablement sexy. Son visage n’était peut-être pas resplendissant, mais elle était une véritable bombe sexuelle pour ce qui était du reste, et elle le savait. Pierre Rochard ne put résister longtemps, aussi extravagant soit-il.

- Attendez ! Je suis le directeur du musée, je peux vous faire visiter si vous le désirez… A ce point… murmura-t-il, soufflé par le pare-choc de la jeune femme.
- Vraiment ? sourit Nana. Vous êtes un ange ! Quel est votre nom ?
- Pierre. Pierre Rochard.
- Enchantée, Pierre, je m’appelle Natacha ! Mais vous pouvez m’appeler Nana, susurra-t-elle avec un clin d’œil charmeur.
- Ce sera avec plaisir, Nana, sourit à son tour Pierre, rougissant.


Quand Silver, Mey, Creepy-chan, Nozomi et Jasmine réapparurent sous l’eau avec Métalosse, ils firent face à deux problèmes. Petit un : un énorme sous marin – une sorte de demi-sphère en vitre à sens-unique – fonçait dans leur direction et semblait vouloir disputer une partie de bataille navale. Petit deux : dans leur précipitation, ils avaient oublié de mettre leurs Respireaux. Jasmine les sortit de sa poche en hâte – heureusement, Creepy-chan avait volé celui de Yuo pour Nozomi qui avait perdu le sien – et ils les enfilèrent, respirant tout de suite beaucoup mieux. Le Wailord les attendait, et le sous marin était encore loin.

- Vite, tous au Wailord, baragouina Jasmine.

Ils se mirent à nager aussi vite qu’ils le purent. Mais ils se firent doubler par une dizaine de missile.

La suite fut un carnage. Les missiles atteignirent la baleine bleue à ses points vitaux. L’eau se teinta d’un rouge nauséeux, et le Wailord sombra, mort, sous les visages stupéfaits des Chapeliers. La prochaine salve de missiles était pour eux, et ils ne pouvaient rien faire. Mey eut alors une idée – suicidaire, certes, mais une idée quand même.

- Nozomi ! Le sous-marin ! cria-t-elle difficilement.

Nozomi mis un peu de temps à comprendre, puis murmura un ordre à son Métalosse. Tout le monde disparu alors… et réapparut à l’intérieur du sous-marin, en plein milieu. Quelques militaires laissèrent échapper un cri de surprise, mais pointèrent immédiatement leurs mitrailleuses vers les nouveaux arrivants. Creepy-chan, Arceus merci, eut un réflexe qui leur sauva la vie. Elle récita la petite mélodie dans sa tête, et Togetic sortit de sa Pokéball. Les ailes blanches lumineuses se déplièrent dans le dos de la jeune femme, et une attaque Abri vint les protéger du tir nourri des militaires.

Mais le bouclier, sorte de bulle, n’allait pas tenir longtemps.

- MEY, OYASHIRO-SAMA NE PARDONNERA JAMAIS TA CONNERIE PROFONDE ! hurla Creepy-chan en tentant de maintenir la barrière.

Jasmine fut la première à réagir. Elle sortit son Noacier, mais il était K.O. Creepy-chan ne perdit pas une seconde et le soigna juste assez pour qu’il puisse lancer une attaque.

- Nozomi, fait léviter mon Noacier !
- Télékinésie ! ordonna Nozomi à son Métalosse, alors que le Noacier s’élevait dans les airs.
- Pardonnez-moi, militaires dont je ne connais pas le nom. Noacier, Gyroballe !

Le Pokémon acier se mit alors à tourner à une vitesse hallucinante, mais en sur place. Jasmine murmura un « Baissez-vous. » à ses alliés, puis scella le destin des trois-quarts des militaires présents.

- SORS TES PATTES !

Les trois lianes terminées par des boules hérissées de pics sortirent de la coquille du Pokémon, qui continuait de tourner. L’effet fut celui d’un affreux mixeur géant. La plupart des militaires furent décapités ou coupés en deux, sans qu’ils n’aient le temps de réagir, tant la vitesse de rotation était élevée. Les parois de l’attaque Abri devinrent quasiment opaque tant le sang les éclaboussa. Quand l’attaque cessa, quinze des vingt militaires étaient en plusieurs morceaux, et le sol s’était teinté d’un rouge bordeaux. L’air s’emplit d’une affreuse odeur de fer et de rouille. Une odeur de mort.

Mey tomba à genoux et vomit sur le sol. Silver resta pétrifié, toujours affecté par la mort de Gold. Le tableau sanguinolent de ces cadavres inconnus enfonça un peu plus le couteau dans une plaie déjà fraiche. Nozomi ferma les yeux, résignée. Elle en avait vu d’autres, mais elle n’était pas insensible pour autant. Jasmine n’eut aucune réaction, une expression neutre collée au visage. Quant à Creepy-chan, elle ne put que pleurer silencieusement tout en maintenant l’attaque Abri. Car oui, il restait quelques militaires. Cinq, pour être précis, qui fixaient les restes de leurs camarades. Une femme parmi eux hurla, tandis que les autres restaient figés, tétanisés, infiniment effrayés par ces êtres qui venaient de faire tant de morts en quelques secondes. Ils avaient beau être militaires, la plupart étaient novices et ne pouvaient rester de marbre devant cette horrible scène. S’ils avaient survécus, c’est parce qu’ils avaient eu la chance de se baisser assez vite pour esquiver l’attaque. Alors que Jasmine allait ouvrir la bouche pour ordonner une nouvelle attaque mortelle, Nozomi l’arrêta d’un geste accompagné d’un effrayant regard noir.

- Achez de morts pour aujourd’hui, grogna-t-elle. Métalosse, Psyko.

Les cinq militaires restant s’évanouirent successivement sous la pression psychique – qui n’était pas mortelle, bien sûr. Le calme s’installa dans le sous-marin. Creepy-chan relâcha sa barrière, et s’assit par terre, incapable de tenir debout. Mey brisa le silence macabre.

- Pourquoi t’as fait ça, souffla-t-elle à Jasmine.
- Je suis prête à tout pour le sauver. Je ne me fiche pas de tuer des gens, cela me fait souffrir. Mais cette souffrance n’est rien face à l’envie de le revoir, de le serrer à nouveau dans mes bras. N’éprouves-tu pas la même chose pour tes amis ?
- Si, mais de là… A faire autant de morts innocents… murmura Mey, tétanisée par la scène.
- Tu étais la première à vouloir abandonner Gold, rappela Jasmine. Là c’était la même chose. C’était eux, ou nous.
- Gold n’était pas innocent ! protesta Mey.
- Tu sais toi-même que ce que tu dis est faux. Je regrette pour ces militaires, c’est vrai qu’ils faisaient juste leur travail. Mais si nous voulons vraiment ne serait-ce qu’atteindre l’Abysse, la mort des ennemis sera une étape obligatoire, par laquelle nous passerons de nombreuses fois.

Mey garda le silence, puis se résigna.

- … Dans ce cas, allons-y… Nous avons un sous-marin blindé, autant en profiter pour prendre d’assaut l’Abysse… soupira-t-elle.
- Tu sais conduire un sous-marin toi ? Et puis il nous faut sûrement un code pour le contrôler, marmonna Silver.
- Bah, j’imagine qu’une certaine personne se fera un plaisir de pirater un petit peu le site de la base militaire de l’Abysse… sourit Mey, sans joie véritable.

Elle sortit un téléphone et composa le numéro de Mentaline.


- Je suis un homme marié… bredouilla Pierre Rochard.

Acculé contre une statue représentant un Pokémon préhistorique, Pierre Rochard sombrait sous une avalanche de baisers. La chevelure flamboyante de Nana tombait en cascade sur ses volumineux airbags tandis qu’elle s’appliquait à faire monter la température du directeur.

- Moi aussi, si vous voulez savoir… susurra tendrement Nana.
- C’est vrai ? s’étonna Pierre.
- Nan…

« C’est vraiment trop facile… » soupira-t-elle intérieurement.

- Vous êtes… haleta Pierre Rochard.

Elle le fit taire d’un langoureux baiser.


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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Mer 15 Aoû 2012 - 17:38

Finiiiiii ! Encore du retard, mais comme je sais exactement ce que je dois faire pour les deux chapitres qui vont suivre, les suivants suivront vite, ne vous en faites pas ! Héhé ^^ Hum, pas grand chose à dire sur ce chapitre sinon qu'il est extrêmement dur de faire des scènes d'action à l'écrit, les films sont quand même cent fois plus pratiques pour ce genre de chose. Voilà, c'est tout, je vous souhaite une bonne lecture, et encore un énorme merci à ceux qui lisent encore et toujours, sans vous cette fic ne serait pas Silver Love

Résumééééééé <3

Spoiler:
 

Bonne lecture ! Vers l\'infini et au





- Yo Mentaline ! lança Mey au téléphone.

Mey était devant le tableau de commande du sous-marin. A ses pieds gisaient de sanglants morceaux de militaires ainsi qu’une belle mare de liquide rouge, mais elle avait déjà vomi ses tripes et était passée à autre chose : la survie.

- Mey ? s’étonna Mentaline à l’autre bout du fil. Un problème ?
- Rien de grave, on est juste dans un beau merdier !
- Dépêche-toi de raconter, marmonna Mentaline.
- Bon, pour faire vite, en arrivant à Oliville, on est tombé sur une amie de Silver, Jasmine la championne, qui a décidé de nous accompagner pour secourir le mec qu’elle aime. Elle avait du matos de plongée, et on est donc partis à bord d’un Wailord, après avoir réglé le compte de Gold, l’ex de Silver, qui passait par là par hasard. On a fait une pose sur une île parce qu’un groupe de dresseur nous a attaqué. Parmi eux y’avait une rousse qui s’appelait Nana, ainsi que Gold, et d’autres mais ils sont tous morts. Après nos combats sur l’île un type est apparu comme par magie et nous a dit que Crystal, Flora et Bleuts étaient… mortes.
- Je te rassure, souffla Mentaline depuis l’abbaye. Crystal et Flora sont en pleine forme. Par contre Bleuts… est belle et bien décédée.
- … Bon, c’est déjà bien pour Crystal et Flora, je suis soulagée. Bref, on a passé la nuit sur l’île – entre temps, Creepy-chan est devenue une Echo – et au petit matin – on avait soigné Gold sous les ordres de Silver – Gold a tenté de nous tuer mais il s’est fait tuer par on ne sait quoi puis s’est fait exploser par des missiles venus de l’Abysse. On a réussi à les éviter, ces missiles, en se téléportant. Puis on est tombés sur un sous-marin, on est rentrés dedans, on a tué tout le monde à l’intérieur et maintenant on veut aller à l’Abysse avec. Tu peux nous aider ?
- T’es pas très claire mais j’ai capté l’essentiel… Bon, alors j’ai besoin du type de sous-marin que vous avez et son numéro d’immatriculation.
- Jasmine ? lança Mey.
- Le type, je crois que c’est un Submersible Combattant de Catégorie 4… Et le numéro, je te le trouve dans deux secondes.

La championne chercha du regard une petite plaque métallique sur le tableau de bord, et l’indiqua à Mey, toujours au téléphone. Elle hocha la tête.

- DC4JPO54 ! épela la jeune fille, pendant que Mentaline en prenait note.
- Ok. Bon ben j’ai plus qu’à en prendre le contrôle… souffla-t-elle.
- Tu peux le faire ? demanda Mey, inquiète.
- Je suppose que oui. Mais vous allez devoir tenir dix minutes seuls, le temps que j’y arrive.
- Dix minutes ?! Mais y’a des avions qui vont peut-être nous attaquer ! s’insurgea Mey.
- Estime-toi heureuse, une équipe d’informaticien expérimentée mettrait plus d’un an, et ce serait sûrement un échec.
- T’es si rapide que ça ? s’étonna franchement Mey.
- En fait non, mais j’ai avec moi le chef des armées de Johto, ça ira plus vite ! fit malicieusement Mentaline.
- … Tu m’expliqueras ça plus tard. Action ! ordonna Mey.


Dans la salle de contrôle informatique de l’Abysse, c’était la panique totale. La pièce était immense et creusée dans l’île elle-même, en dessous de la prison de verre et au dessus des cellules sous-marines. Des centaines d’informaticiens étaient à l’intérieur de Brain Spheres, et leurs bras bougeaient dans tous les sens.

- Tentative d’intrusion sur le serveur 84 ! brailla quelqu’un.
- Tentative de prise de contrôle de l’appareil DRS5GP2 ! renchérit un autre.
- Tentative de piratage du système des missiles de l’Abysse !
- Tentative de désactivation de la barrière psychique de l’Abysse !

Le chef de l’unité, un certain Georges McFilleul, bouillonnait. Les intrusions survenaient de partout, quasiment en même temps. Comme si la moitié de la planète avait pris d’assaut le système informatique de l’Abysse. Et pendant ce temps, il n’avait toujours aucune nouvelle du submersible censé avoir détruit les Chapeliers. Les avions confirmaient qu’ils s’étaient téléportés, et les hommes du sous-marin avaient envoyé un dernier message disant qu’ils avaient tué le Wailord et s’apprêtaient à s’occuper des Chapeliers. Puis la communication s’était coupée, mais l’informaticien soutenait que l’appareil était intact. Les Chapeliers étaient-ils partis ? Mais comment expliquer le silence du submersible ?

- RICOOOOOOOOOOO ! beugla Georges McFilleul.
- Oui ? fit une petite voix timide en s’approchant de son supérieur.
- Toujours aucune nouvelle du submersible ?!
- Non, chef, avoua Rico.
- TU N’ES QU’UN INCAPABLE !

Georges McFilleul était quelqu’un d’imposant par nature. Mesurant près de deux mètres, monté comme un taureau, crâne rasé, il était la caricature parfaite du militaire intransigeant, cruel et sévère. Le jeune homme dénommé Rico, typé espagnol – il était originaire des Iles Sevii - n’était pas chétif et petit pour autant. Moins grand que son chef, il mesurait quand même un bon mètre quatre-vingt, et restait relativement bien foutu. Seulement, personne ne pouvait tenir tête à McFilleul.

- Georges, ferme ta grande gueule, j’aimerais bosser et tu fais plus de bruit qu’un Brouhabam violé par un Tyranocif.

… Personne à part Holly Harper. Cette brillante informaticienne avait décidé de mettre ses talents au service de l’armée après avoir accouché de son unique enfant. Même âgée d’une quarantaine d’années et des poussières, Holly restait une très belle femme. Ses courbes généreuses restaient très bien dessinées et ses cheveux d’un noir de jais étaient coupés courts dans un carré strict mais frisé, qui lui donnait un air à la fois classique et rebelle. Dans ses yeux verts brillaient une détermination et une autorité sans bornes. Georges, en entendant l’insulte, abandonna Rico – qui souffla, soulagé – pour affronter Holly.

- Tu peux répéter ça, pétasse ?
- T’es qu’un putain de gueulard, on est dans une situation critique et j’arrive à rien avec tout le bruit que tu fais, répondit Holly en fixant son supérieur dans les yeux.

Elle était la seule à pouvoir le tutoyer, la seule à pouvoir l’insulter, la seule à pouvoir le contrôler. Elle lui était inférieure en grade, mais lui était au moins égale sur l’échelle de l’autorité naturelle.

- Je gueule si je veux, répliqua Georges. Ton boulot c’est d’obéir, pas de contester mes engueulades.
- Mon boulot ne peut être accompli dans ce bruit, idiot, cracha la militaire.
- Hum. Retourne à ton poste, et vite ! ordonna-t-il sèchement, vaincu.

Satisfaite, elle retourna s’assoir dans sa Brain Sphere. Ici, chacun avait à charge un ou plusieurs appareils de l’armada de l’Abysse. Holly s’occupait de l’un des plus destructeurs de tout le Pokémonde. Le fameux Submersible Surarmé de Catégorie Zéro. Le sous-marin le plus puissant existant, avec une puissance de feu capable de détruire une île entière. Elle constata avec soulagement que personne n’avait essayé de le pirater. Soudain, la voix de Rico – chargé du submersible envoyé à l’attaque - se fit entendre.

- Chef McFilleul ! Je viens de perdre le contrôle de l’appareil ! hurla-t-il, paniqué.
- NE RESTE PAS PLANTE LA COMME UN IMBECILE ! QUE TRENTE PERSONNES S’OCCUPENT DE REPRENDRE LE CONTROLE !
- Impossible chef… bredouilla Rico.
- Et pourquoi ça ?
- Parce qu’il n’a pas été piraté. La personne qui a pris le contrôle… avait tout. Tous les mots de passes. Sans exception, y compris celui qui permet de retirer le contrôle de l’appareil à l’Abysse et que seul le Chef du Gouvernement est censé connaître.


- Tout est tellement plus facile quand t’es avec moi, Wataru, c’est juste extraordinaire.
- Gnagnagna… marmonna Lance, qui s’était vu contraint de trahir son pays pour le sauver par la suite. Je ne sais même pas pourquoi je t’ai aidée, ajouta-t-il.
- Oh, c’est simple. Parce que tu sais aussi bien que moi que sans les personnes à l’intérieur de l’Abysse et celles qui sont parties à l’attaque, nous n’avons aucune chance de venir à bout de la M-Organisation.
- Je te déteste d’avoir toujours raison, Weiss, soupira le Chef du Gouvernement.

La technique de Mentaline avait été relativement simple. Elle avait créé un programme mineur chargé d’attaqué des dizaines d’appareil, mais pas assez puissant pour y parvenir, bien sûr. Le but étant de distraire les informaticiens pour laisser le temps à Wataru d’entrer les dizaines de codes nécessaires pour prendre le contrôle d’un appareil. C’était un des droits du Chef : diriger lui-même l’appareil de son choix. Il avait donc un code qu’il était le seul à connaître.

- Mey ? demanda-t-elle au téléphone. J’ai fini, je démarre !
- Pas trop tôt ! souffla Mey.


Mentaline apparut alors au milieu du submersible. Ce n’était pas vraiment elle, mais une représentation holographique de sa petite personne, projetée par des lumières bleues au sol. La jeune femme crut d’abord qu’elle s’était téléportée, mais c’était juste la Brain Sphere qui envoyait une image du sous marin comme si elle s’y trouvait vraiment. Elle se retint de vomir en voyant la quantité affreuse de sang, puis pivota sur son siège pour se retrouver face à Mey.

- Mentaline ? s’étonna la jeune fille.
- Ce système est vraiment bien pensé… J’ai l’impression d’y être alors qu’en fait je suis bien à l’abri dans une Brain Sphere à l’Abbaye… souffla Mentaline.
- Peu importe, démarre ! lança Mey à l’hologramme.
- C’est parti ! lança Mentaline.

Elle posa sa main sur la paroi de la Sphere et pensa « Démarrer ». Une carte apparut à sa droite, représentant sa position et celle de l’Abysse, ainsi qu’un énorme cercle semblable à une boussole qui devait le permettre de commander l’engin. Il y avait également un curseur vertical sans doute pour régler l’altitude, même si celle-ci était en dessous du niveau de la mer. Enfin se trouvait un cadran qui indiquait la vitesse. Un peu nerveuse, Mentaline posa son doigt sur le cercle et fit glisser son doigt dans la direction de l’Abysse. L’image provenant du submersible se mit à défiler, prouvant qu’elle avait réussi.

- Ca marche ! s’écria Mey.
- En route pour l’Abysse ! lança Mentaline.

Elle posa son doigt sur le curseur de la vitesse est pensa : « Vitesse maximale ». Grave erreur.

A l’intérieur du sous marin, tout le monde se vit projeté contre la paroi à sens-unique. Le submersible filait à une vitesse inouïe, avoisinant les dix milles kilomètres heures. Nozomi écrasait la jambe de la pauvre Creepy-chan, Jasmine n’arrivait même pas à atteindre le sol malgré tous ses efforts, et Silver s’était cogné la tête et était tombé dans les pommes. Le sang aussi avait était projeté et ils étaient maintenant recouverts du liquide rouge poisseux et surtout répugnant, ainsi que de divers boyaux. Mey hurla.

- RALENTIS !
- Désolée, vraiment désolée ! bredouilla l’hologramme de Mentaline en ordonnant une vitesse plus raisonnable.

Tout le monde se retrouva projeté en avant durant le freinage, mais les choses finirent par rentrer dans l’ordre. Ils se relevèrent tous, exceptés Silver, évanoui. C’était donc une équipe uniquement composée de filles qui allait s’attaquer à l’Abysse. Mentaline ordonna l’ouverture d’un orifice d’évacuation, et le sang se répandit dans la mer accompagné des restes broyés des militaires. Mey et les autres en furent soulagées. Dans le submersible en forme de demi-sphère, il ne restait désormais que quelques armes abandonnées par les morts, les cinq militaires évanouis ainsi que Silver, et les quatre filles, qui regardaient anxieusement l’extérieur de l’engin.

- Mentaline, on arrive dans combien de temps ?
- A cette vitesse, dans cinq minutes et 36 secondes ! répondit l’hologramme.
- Et quand on sera là-bas, comment on va faire ? demanda Creepy-chan.
- On va devoir combattre, je suppose. Je suis la seule à pouvoir m’occuper du lance-missile du submersible, mais vous pouvez vous servir des tourelles et des armes.
- Mais on ne peut rien faire contre ches vitres à chench unique ! remarqua Nozomi.
- Elles sont quasiment incassables. Et tous les engins ont des points faibles. Ces vitres ne sont pas uniformes partout, il suffit de savoir où tirer. Par exemple, dans le cas de ces submersibles en forme de demi-sphère, plus la circonférence est élevée, plus c’est faible. Si on les compare à la Terre, l’équateur est sensible et les pôles sont ultra solides.
- On retient ça… T’es sûr qu’on peut y’arriver ? souffla Mey.
- Honnêtement, les chances de réussites sont extrêmement faibles… J’essaye de trouver une solution, mon cerveau tourne au maximum mais je sèche, soupira Mentaline.
- Hum…

Un silence pesant s’installa dans le submersible. Jasmine ne disait rien, conservant un regard déterminé, mais Creepy-chan et Nozomi semblaient un peu abattues. Mey également doutait. Elle ne voulait pas mourir d’une façon aussi idiote, et il était toujours temps de rentrer… Un simple Téléport et elles seraient loin de cet endroit maléfique. Mais avait-elle le droit d’abandonner Shuu et Cat à leur sort ? Oui, bien sûr. Mais elle ne le voulait pas. C’était sûrement un enfer, à l’intérieur.

Soudain, on entendit un gémissement féminin. Jasmine et Nozomi, vives comme l’éclair, bondirent, attrapèrent chacune une Kalachnikov au sol et les pointèrent dans la direction du bruit. C’était une militaire, qui semblait se remettre de l’attaque Psyko. Elle ouvrit les yeux, et vit alors les deux armes pointées sur elle. Elle se leva d’un bond svelte, levant les mains en signe de soumission. Elle enleva son casque d’une main, et révéla son visage. Elle avait des cheveux noirs coupés très courts et des yeux naturellement enjoués, semblait-il. Elle eut un petit sourire gêné.

- Euh, saluuuuuut… bredouilla-t-elle.
- Ne bouge pas, siffla Jasmine.
- Je risque pas, je tiens à ma peau, mine de rien ! ricana-t-elle. Bon, j’imagine que vous avez tué pas mal de monde, vu le nombre de personne qu’il manque… Si vous pouviez ne pas en faire de même avec moi, ça serait cool, parce que j’aimerais vraiment connaître la fin de Docteur House…

Les Chapeliers la regardèrent, incrédule. Silver était toujours dans les vapes.

- Je m’appelle Patricia. Pas vraiment enchantée de vous rencontrer, mais on peut peut-être être amis, les poulettes, hein ? Question de solidarité féminine ?

Mentaline eut un soupir, puis un grand sourire.

- Bon ben Mey, je crois que le moyen de franchir l’Abysse sans trop de problèmes vient de s’éveiller devant nous…


- Crystaaaaal ! brailla Flora.

Elle venait d’apparaître aux côtés de Crystal, qui tenait encore l’orbe de téléportation dans sa main. La jeune fille aux cheveux bleus était figée, fixant un homme en face d’elle. Après s’être assurée d’un rapide coup d’œil que sa petite amie n’était pas blessée, Flora détailla l’individu.

Difficile de dire s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Il ou elle avait de longs cheveux noirs, ainsi que des habits amples et vaporeux. Une mèche cachait son œil gauche, mais le droit reflétait une lueur de sadisme proprement effrayante, soulignée par le petit sourire qui dévoilait ses dents relativement blanches. Flora, instinctivement, recula d’un pas. Tout chez cet homme était terrorisant, même si, physiquement, il aurait pu être une personne normale. Elle comprenait pourquoi Crystal l’avait appelée. Même s’il n’avait encore rien fait, il était clair qu’il n’avait pas de bonnes intentions.

- Oh ! s’exclama-t-il. Une nouvelle arrivante… Tu es ?

Sa voix était grave, ce qui laissait supposer qu’il s’agissait d’un homme. Flora garda le silence, pétrifiée.

- C’est tellement dramatique… Aucune de vous deux ne veut me répondre ? De toute manière, je sais qui vous êtes, bien sûr. Flora Mirajane et Crystal Legend. Vous étiez censées… être mortes. Mortimer n’a donc pas fait son travail. Voilà qui est contraignant.

Cet homme savait. Lui aussi était allié à ceux qui voulaient leur mort. Lui, Mortimer, et cette mystérieuse M-M à laquelle Morty disait ne pas avoir le droit de désobéir. Ils les voulaient mortes. Que faire ? Fuir ? Non, surtout pas. Si elles utilisaient l’orbe, elles disparaitraient et laisserait l’orbe seul. Il pourrait les suivre. Et les tuer. L’androgyne éclata d’un grand rire sonore qui fit frissonner les deux jeunes filles.

- Ne vous inquiétez pas, mesdemoiselles…

Il se mit à marcher, lentement, vers elles. Puis, au beau milieu d’un pas, il disparut, et réapparut derrière elles. Il posa sa tête entre les épaules des deux coordinatrices. Ses longs cheveux effleuraient la joue de Crystal. Ses mains se posèrent sur leurs côtes. Elles ne bougeaient pas, paralysées par la peur. Comment s’était-il retrouvé là en une fraction de seconde ?! C’était inhumain, impossible.

- … aujourd’hui je n’ai pas pour mission de vous tuer. Je passais dans le coin parce que j’ai quelque chose à faire à Rosalia. Mais ne vous en faîtes pas… M-M sera prévenue de votre survie. Ainsi que de cette chose, fit-il en montrant l’orbe d’un geste de la tête, qui doit mener quelque part. Profitez bien des quelques heures qu’il vous reste à vivre. N’ayez pas trop peur de moi. Gardez cette peur pour quand je m’occuperai de vous offrir un billet pour le paradis, souffla-t-il.

Sur ce, il disparut. Crystal et Flora ne purent rien dire pendant presque une minute entière. Puis elles se tombèrent dans les bras, et restèrent là, dans une étreinte silencieuse. Au bout d’un temps, elles se rassérénèrent. Le contact humain était bien souvent le meilleur remède à la peur.

Sans un mot, elles marchèrent longtemps dans les ruines Alpha, jusqu’à trouver un étang peu profond. Là, Crystal sortit son Feuforêve et son Symbios. Presque en murmurant, elle érigea une barrière d’invisibilité autour de l’orbe de téléportation, ainsi qu’une barrière à code.

- Qu’est-ce qu’on met comme code ? demanda Crystal dans un souffle.
- « Not enough time to live », murmura Flora en Hoennien. (ndla : “Pas assez de temps à vivre” en anglais.)

Puis elles disparurent en laissant tomber l’orbe au fond de l’étang, non sans avoir auparavant envoyé un texto à Mentaline.

Elles passèrent l’heure qui suivit comme si c’était la dernière de leur vie.


~ Musique d’ambiance : Search and Destroy – Thirty Second to Mars ~

- Deux submersibles en approche ! annonça Mentaline, un peu affolée. Vous allez devoir les tenir le temps que je pirate les écrans de l’Abysse !
- Okay, je prends les commandes de l’opération, dit Jasmine. Nozomi, tu tiens Patricia en joue. Creepy-chan, on te laisse la tourelle mitrailleuse. Mey, d’accord pour venir faire quelques dégâts au bazooka en ma compagnie ? proposa-t-elle.
- Pas besoin de demander, répondit Mey avec un petit sourire nerveux.

Creepy-chan s’assit sur le siège de la tourelle, tandis que Mey et Jasmine prenaient une arme chacune. Les submersibles qui fonçaient vers eux étaient plus gros que le leur, mais de même forme.

- Je vais tenter de les contourner, accrochez vous ! lança l’hologramme de Mentaline.

Le submersible fonça vers les deux autres, mais au dernier moment, il descendit plus bas dans l’eau, esquivant les quatre missiles qui l’aurait touché s’il avait continué dans cette direction. Les Chapelières ouvrirent le feu, visant le bas du premier submersible. Elles ne purent pas le toucher longtemps, car déjà, leurs ennemis bougeaient et se lançaient à leur poursuite, les mitraillant à leur tour. Mey et Jasmine coururent jusqu’à l’arrière du sous-marin et se remirent à tirer. Deux missiles partirent de leur propre submersible, lancés électroniquement par Mentaline, tandis que Creepy-chan ne cessait de tirer en rafale.

Les missiles de Mentaline eurent raison de la vitre à sens unique du premier submersible, qui explosa violemment. Le résultat fut assez spécial. En effet, les personnes à l’intérieur ne se mirent pas à nager, ou quoi que ce soit. Elles furent compressées, tant la pression à cette profondeur était élevée. Nous passerons les détails, cette façon de mourir étant tout particulièrement affreuse.

Heureusement, Mey et Creepy-chan ne regardèrent pas les corps agoniser, elles passèrent directement au deuxième submersible.

- Ils viennent de tirer des missiles ! signala Mentaline. La vitre ne résistera pas… ajouta-t-elle dans un murmure.

Creepy-chan eut un soupir, et jeta un regard à son Togetic qui lui sourit. La jeune fille s’illumina et ses ailes blanches se déployèrent. Un énorme bouclier verdâtre vint arrêter les missiles dans sa course, comme des myrtilles s’écrasant sur une paroi en béton armé. L’explosion fit ralentir le submersible ennemi, et les deux tirs de bazooka de Mey et Jasmine vinrent l’achever.

- Pas le moment de dormir, y’en a un très gros en approche ! annonça Mentaline, stressée.
- T’en as encore pour longtemps avec ton piratage ?
- J’ai du mal à tout faire, avoua Mentaline, j’en ai encore pour un petit moment !

Soudain une voix grave, très masculine, s’échappa de l’hologramme.

- Je vais m’occuper du submersible. Concentre-toi sur le piratage.
- Lance ? s’étonna Mentaline.

Un grand homme aux cheveux roux et à la carrure imposante apparut à son tour en hologramme. Il s’agissait de Lance Wataru, Chef du Gouvernement de Johto. Creepy-chan, Nozomi et Jasmine en restèrent figées d’étonnement. Mey ne le connaissait pas. Mentaline poussa un soupir.

- Très bien, je te laisse aux commandes. C’est notre allié, signala Mentaline. Il va vous sortir de là.
- Bon, écoutez moi, commença Lance. Le sous-marin en approche est le plus puissant que l’Abysse possède, il s’agit du Submersible Surarmé de Catégorie Zéro attribué à une certaine Holly Grey. Très honnêtement, il est impossible d’en venir à bout avec votre vaisseau. Tout repose donc sur Mentaline. En attendant, vous devez survivre. Le bouclier de Creepy-chan devrait pouvoir supporter seulement deux tirs. Vous allez devoir tenir plus de deux tirs, même si je vais faire mon possible pour en esquiver la majorité. Qui a un Pokémon qui possède Abri ?

Jasmine leva la main, ainsi que Nozomi. Mey n’en possédait pas.

- Bon, nous avons donc la possibilité de supporter quatre tirs. C’est mieux que rien.
- On va mourir, souffla Creepy-chan.
- J’ai du mal à affirmer le contraire, avoua Lance. Mais le voilà, ce n’est plus le moment de se poser de question.

L’engin qui se posta devant eux était proprement énorme. D’un diamètre avoisinant la taille d’un gratte-ciel particulièrement grand, le SSCZ ressemblait à un énorme Qwilfish. C’était une énorme sphère hérissée d’un bon million de dards. Le tout était complètement blanc.

- Chacun des dards que vous voyez est un canon surpuissant. Chaque canon peut tirer jusqu’à dix rayons (qui sont en fait des Ultralasers concentrés) sans se recharger. Il peut tirer avec plusieurs canons en même temps, voire tous, expliqua Lance. Sortez vos Pokémon avec Abri.

Quasiment pétrifiées, Nozomi et Jasmine sortirent respectivement Métalosse et Noacier. Creepy-chan se mit en position.

- Accrochez-vous à quelque chose, ça risque de secouer ! ordonna Lance.

Alors, le submersible s’élança, quasiment à pleine vitesse. Les premiers tirs fusèrent. Mais Lance maîtrisait bien l’engin. Il en évita un, puis deux, puis trois, en remontant vers la surface à grande vitesse. A l’intérieur, tout le monde luttait pour ne pas tomber, Nozomi galérant plus que les autres car elle devait tenir Silver, toujours évanoui. Elle avait abandonnée la garde de Patricia, qui avait bien compris que ce n’était pas le moment de tenter quelque chose, sinon elle mourrait.

Un tir frôla le vaisseau, et Mey put voir que la puissance était telle que l’eau autour était projetée et qu’un vide se créait en plein milieu de la mer, vite rebouché avec une violence inouïe. Le SSCZ continuait de les mitrailler, chacun des canons tirant quand le submersible passait à sa portée. Lance parvenait à les esquiver tous, de justesse cependant.

Soudain, une centaine de canon se mirent à briller en même temps.

- Je ne pourrais pas l’éviter ! lança Wataru.
- METALOSSE, ABRI PUISSANCE MAXIMALE ! hurla Nozomi.

La barrière verte se prit une dizaine de rayons simultanément. L’explosion qui en résultat fut énorme, mais la barrière tint bon. Le submersible fut projeté une bonne centaine de mètres plus loin. Métalosse s’effondra, épuisé, et la barrière disparut dans le même temps. Lance ne perdit pas de temps et recommença à esquiver les rayons mineurs. Il montait encore, puisqu’il ne pouvait pas contourner la chose, beaucoup trop énorme.

Une centaine de canons s’illuminèrent une fois de plus. Cette fois, ce fut Jasmine qui réagit le plus vite. L’attaqua Abri de son Noacier limita les dégâts, mais il s’effondra lui aussi, K.O. Tout reposait désormais sur Creepy-chan, déterminée à survivre comme elle ne l’avait jamais été.

- Mentaline, combien de temps ! plaida Mey, impuissante.
- Une minute ! répondit celle-ci ultra-concentrée. Jasmine, il y a bien un mec que tu dois sauver, c’est ça ? Son nom, vite !
- Denzi Devil ! répondit immédiatement Jasmine, reconnaissante envers Mentaline qui ne l’avait pas oubliée.
- Tir en approche ! s’exclama Lance.

Creepy-chan se concentra. Le rayon ne put traverser la fabuleuse barrière qu’elle érigea. Mais à peine en avait-elle stoppé un qu’un deuxième chargeait.

- Tu vas y arriver ? s’inquiéta Mey, terrorisée.
- Normalement oui ! répondit Creepy-chan, en sueur et ultra-concentrée.

Les lasers fusèrent. L’explosion fut énorme, mais la barrière tint bon, Arceus merci. Mais la prochaine attaque serait fatale. Inévitablement fatale.

- Mey… bredouilla Nozomi, au bord de la crise de nerfs.
- 30 secondes ! répondit-elle, en larmes.
- On peut… peut-être… se téléporter ? proposa Mey, à bout.
- Métalosse est K.O… répondit Nozomi.
- C’est la fin, conclut tragiquement Creepy-chan.

La moitié de la sphère piquante qu’était le SSCZ s’illumina alors. La moitié des canons allaient leur tirer dessus. C’était la fin d’une belle aventure. Douloureuse, mais belle.

Les canons tirèrent au moment où Mentaline s’écria « J’ai fini ! ».

Trop tard.


Holly pianotait sur sa Brain Sphere à une vitesse vertigineuse. Elle était toute occupée à contrôler le Submersible Surarmé de catégorie Zéro. Les Chapeliers étaient résistants, et McFilleul ne cessait de lui ordonner d’en finir. C’est pourquoi, résignée, elle ordonna la mise à feu de tous les canons de l’hémisphère Ouest. Il fallait dix secondes pour chargeait la chose, et le compte à rebours s’afficha. Les informaticiens s’étaient rassemblés autour de sa Brain Sphere pour suivre le combat, gagné d’avance.

« 10. 9. 8. 7. 6. »

Tout le monde attendait, alors que le submersible volé par les Chapeliers, résigné, restait immobile. Le dénouement approchait.

« 5. 4. 3. »

C’est alors qu’une fenêtre s’ouvrit toute seule sur la Brain Sphere. Une simple fenêtre, dans le même style que celles de Windows, avec juste un bouton « Ok ». Et elle s’ouvrit sur tous les ordinateurs de l’Abysse, y comprit sur celui de Rentoraa, qui prenait sa pause en jouant à un shoot ‘em up.

« Nous détenons Patricia Carillon. Remettez-nous Shuu Jaggerjack, Cat Pandora, Glenn Seventy-Nine, Justine Hitalia et Denzi Devil, ou elle mourra, ainsi que quatre de ses coéquipiers. Vous avez une demi-heure. »

McFilleul vit le message, devint tout blanc, et hurla.

- STOPPEZ LE CANON !!!

Mais… Trop tard.


Mey ouvrit lentement les yeux. Elle n’était pas censée être vivante. Et pourtant, elle respirait. Et se trouvait toujours dans cet affreux sous-marin, qui empestait toujours autant la mort et le sang. Elle ne voyait pas comment elle avait pu survivre.

Elle se releva, et l’explication lui apparut d’elle-même. Silver s’était réveillé. A ses côtés se trouvait son Aligatueur et son Ectoplasma. Quand il la vit, il eut un petit sourire boudeur qui se voulait sexy.

- Tu croyais vraiment que j’allais nous laisser mourir si facilement ?
- Tu veux vraiment savoir ? Bien sûr que j’ai cru que j’allais crever, ducon, rétorqua Mey.

Sur ce, elle l’embrassa. Jasmine, Creepy-chan et Nozomi, toujours vivantes également, prirent d’ailleurs bien soin de regarder ailleurs.

Patricia, quant à elle, prit bien soin de profiter du moment pour ramasser la Kalachnikov qui trainait.



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