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 Meetic Infinity

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AuteurMessage
Shuu
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Masculin Messages : 1673
Localisation : Planète des fraises

MessageSujet: Meetic Infinity   Ven 9 Déc 2011 - 18:29





Titre
Meetic Infinity

Auteur
Shuu

Rating
PG-13, et encore, ça peut-être pire que moins de 13 ans à certains endroits. Mais c'est de la violence uniquement, pas du pornographique.

Disclaimer
Meetic et Pokémon ne m'appartiennent pas, et la plupart des personnages se rapportent à des personnes existantes.

Résumé
Un beau jour d'Août, cinq jeunes filles s'inscrivent sur Meetic Affinity, et reçoivent une mystérieuse invitation de la part d'un jeune homme. Celui-ci leur propose de venir passer deux semaines dans un hôtel cinq étoiles. Toutes acceptent. Ils s'avèrent par la suite que les six personnes se connaissent déjà d'un forum Pokémon.

Leur longue aventure commence. Ils vont changer de monde et atterrir dans celui des Pokémon. Dès leur arrivée, ils seront accusés d'un crime qu'ils n'ont pas commis. Commence alors une longue quête pour prouver leur innocence, avec des combats loufoques, des situations improbables, des personnages tous plus fous les uns que les autres, et toujours de l'humour !

Mais sont-ils réellement aussi innocents qu'ils le laissent entendre ?

Attention, risque de spoil très important : Liste des membres ayant un personnage dans la fic :

Spoiler:
 


Dernière édition par Shuu le Lun 3 Sep 2012 - 13:20, édité 10 fois
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Shuu
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MessageSujet: Prologue   Ven 9 Déc 2011 - 18:30



Un adolescent pianotait gaiement sur un clavier. Ses cheveux noirs légèrement bouclés encadraient son visage encore enfantin, malgré sa grande taille. Ce garçon, c’était le créateur de Shipping Infinity. Cet ado, il s’appelait Shuu. Sa chambre, qui faisait à peu près la taille d’un magasin H&M moyen, était dans un désordre impressionnant. Des centaines de livres et de CD étaient éparpillés, et des vêtements jonchaient le sol. Son ventilateur marchait à bloc, et pour cause, il devait faire trente degrés dans la pièce – merci au mois d’Août.

Bien qu’il ait à disposition des dizaines de jouets, quelques ordinateurs et consoles de jeu dernier cri, il s’ennuyait ferme. Il se dit que c’était le moment de mettre son plan à exécution. Revigoré, il tapa « Meetic Afinity » dans la barre de recherche Google, et appuya sur Entrée.


Au même moment, une jeune fille nommée Bleuts, connue pour son talent de dessinatrice, s’amusait à inventer de nouveaux Shipping. En effet, les couples improbables, c’était sa tasse de thé. « Pourquoi ne pas shipper Drew avec sa mèche ? Ou encore Flora et les spaghettis bolognaise ? » songeait-elle. Elle était dans un grand dortoir, sur un ordinateur qui datait de l’âge des dinosaures. Elle eut alors une idée de génie ; pourquoi ne pas s’amuser un peu en brisant le cœur des gens ? Leurs foutre quelques vents… Cela pouvait s’avérer être un moyen d’échapper à la routine.

« Mais où pourrais-je me faire draguer ? Parce que pour remballer les gens, il faut d’abord qu’ils me parlent… » La jeune fille réfléchissait, remettant machinalement sa mèche blonde en place. C’est alors qu’une publicité de Meetic attira son attention. Elle l’avait trouvé, son site.


Une adolescente errait dans son appartement, dans un silence de mort. Elle s’allongea sur le canapé, et soupira un bon coup, avant de se mettre à pleurer. Son petit ami, un certain Xerxes Break, était décédé depuis deux semaines, âgé de 82 ans. Non, Cat n’était pas une grand-mère, elle avait seize ans et toutes ses dents, mais des goûts bizarres en matière de garçon. D’autant plus que Break, mystérieusement, avait l’apparence de quelqu’un d’environ 25 ans. Mais nous y reviendrons.

Bref, Cat faisait une dépression, et rien ne pouvait la faire sourire, pas même Dévoratorium, pourtant l’une des fan fictions les plus drôle du net. Ses cheveux noirs étaient ternis et sales, preuve qu’elle avait d’autres soucis en tête que de se laver régulièrement. Quant à ses yeux, on avait du mal à définir s’ils étaient noirs ou rouges, tant elle avait pleuré. Elle aperçut soudain un minable morceau de KyuuCookies, seul rescapé de la razzia de sa mère. Elle se pencha, le ramassa, et croqua dedans. Les KyuuCookies étaient des biscuits qui avaient la particularité de contenir des substances illicites. Un peu shooté mais revigorée, elle se leva, et pensa : « Il faut que je me ressaisisse ! Lui il est mort, et ben tant pis, je vais le remplacer ! Direction Meetic ! »


Kanon tapait un énième chapitre de Dévoratorium, la fanfic qu’elle écrivait, tout en jetant un œil attentif aux Sims 3 qui tournaient sur l’ordinateur d’à côté. Elle était débordée la pauvre, car son Sim avait pour souhait à long terme d’être bourreau des cœurs, et elle enchaînait avec lassitude des « Draguer » sur toutes les personnes à sa portée.

Seule dans sa chambre, entourée de trois ordinateurs, elle ne la quittait jamais, à part pour aller courir le samedi matin. Elle avait fini ses études, mais préférait rester enfermée plutôt que de chercher un boulot. Sa vie se résumait à manger, jouer aux Sims, écrire sa fanfic, jouer aux Sims, dormir, et jouer aux Sims. Parce que les Sims, eux au moins, ils peuvent avoir une belle vie. Avoir des petits amis, des enfants, fonder une famille…

« Et pourquoi pas moi, après tout ? » songea-t-elle. Elle se leva, et alluma son troisième ordinateur. Elle tapa « Draguer » sur son moteur de recherche, et tomba sur diverses sites de rencontres. Mais un seul lui tapa dans l’œil. Meetic.


Mey cherchait des fanarts de Shipping. Malheureusement, elle avait épuisé tout les bons sites, et se retrouvait désoeuvrée. Elle décida donc de commencer ses six exos de maths à faire pour la semaine prochaine. Alors qu’elle cherchait la racine cubique de (54y – 152x)², elle songea au lycée. Là-bas, elle était une icône de la perfection. Elle avait de bonnes notes, et était très belle. Ses cheveux marron ondulaient lentement et étaient relevés en une queue de cheval, à la manière de son idole, Touko. Elle avait des formes généreuses, la peau brune et un incroyable sourire brillant.

De ce fait, elle avait tous les garçons à ses pieds. Sauf qu’il manquait le BON garçon. Le type parfait. Mey était quelqu’un d’extrêmement difficile en matière de garçons, et les critères étaient nombreux. « Il faudrait que je trouve un endroit où je puisse choisir à quoi il ressemble… » songeait-elle tout en développant l’expression avec les identités remarquables. « Mais bien sûr ! Meetic ! »


Mentaline, dans son petit appartement, réfléchissait. Plutôt le haut bleu, ou le haut rose ? La jeune fille voulait un petit ami, quel qu’en soit le prix. Rien qu’un. Sauf qu’elle habitait un trou paumé de 120 habitants, dont la majorité était des vieux croulants. Il y avait bien son université, mais il y avait peu de beaux mecs, et la plupart étaient entourés de filles. Mentaline, qui voulait sortir du lot, se devait donc d’être impeccable en toute circonstance. Parce que trouver un petit ami était le seul moyen d’atteindre le summum de la popularité.

La jeune femme n’était pas exceptionnellement belle. Elle était quand même très jolie, ses cheveux longs lui tombaient sur les épaules, et son regard pétillait. Néanmoins, la première chose qu’on remarquait chez elle était son maquillage un peu trop conséquent.

« Où pourrais-je me dégoter un petit ami ? Je demande pas la lune, juste un type pas trop moche… Il faudrait que j’aille dans un endroit où les mecs pullulent… Une salle de cinéma ? Non… Un centre commercial ? Bof… Ou alors… Meetic ! »


Shuu voulut s’inscrire sans tarder, en suivant les instructions que lui avait laissé Mista, sa subordonnée. Le jeune garçon, habitué des ordinateurs, tapez à une vitesse assez impressionnante. Il remplit tous les champs en quelques secondes.

Prénom : sadiquenforcedu68
Genre : Masculin
Orientation : Déplorable…
Age : 17 ans
Région : Quelque part entre le Rhin, les Pyrénées, la frontière Suisse, l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée.
Goûts : KyuuCookies, Chocolat, Fraise, Châtaignes…
Couleur favorite : Rouge sang
Passé amoureux : … Hum…
Caractère : ENFANT FOREVER !
Aime le genre de partenaire : Qui aime les KyuuCookies ♥ Et gentil, de préférence.
Humeur du jour : Ca change tous les jours… mais enjoué, comme d’habitude.

« Je crois que j’ai jamais autant menti de ma vie ! Dix-sept ans… N’importe quoi ! » ricana Shuu intérieurement. En effet, il n’était pas âgé de dix-sept ans, mais de douze ans, ce qui n’était pas exactement la même chose. Mais Mista lui avait donné des consignes très précises, et il ne fallait pas la décevoir. Croisant les doigts pour le bon fonctionnement du plan, le jeune garçon se coucha dans son lit à baldaquin, et s’endormit presque aussitôt.


Bleuts était déjà en train de s’inscrire. L’impatience était l’un des mots qui définissait le mieux la jeune femme blonde. Et avec un ordinateur aussi vieux et lent, on pouvait dire qu’elle était servie.

Nom : lovesilver3212654874521
Genre : Féminin, ou presque.
Orientation : Y’a pas marquée boussole que je sache ?!
Age : 16 ans
Région : Tu connais pas, trop paumé !
Goûts : J’aime bien pleins de mangas… J’aime dessiner aussi ! Et j’adore les KyuuCookies…
Couleur favorite : Jaune, comme ma frange :3
Passé amoureux : J’aurais bien aimé Silver ou Prusse d’Hetalia, mais bon…
Caractère : Sadique, déjantée, dessinatrice.
Aime le genre de partenaire : Qui a une garantie d’au moins deux ans. Pour pouvoir le changer en cas de lésions graves/traces de tortures/plaies/os cassés.
Humeur du jour : Ta gueule. Je pense que ça résume bien.

« Une bonne chose de faite ! Plus qu’à attendre des réponses… Et après, à moi les joies du brisage de cœurs ! » sourit-elle. Elle éteignit l’ordinateur – ce qui prit cinq bonnes minutes – et se remit à son dessin. Il faut savoir que Bleuts adorait dessiner. Cela lui permettait de s’échapper, d’avoir un certain contrôle sur les choses… Néanmoins le dessin en question était assez trash, et c’est pourquoi nous le décrirons pas dans cette fic a priori tous publics.


« Allons-y… » soupira Cat, dont les effets du morceau de KyuuCookies commençait à se dissiper. Son ordinateur, un engin pas trop mauvais avec par contre un écran minable, démarra lentement mais sûrement. Elle lança Firefox, et déboucha sur Meetic Affinity.

Prénom : viveleschatsetpandoraheartsetbreak2589
Genre : I’m a girl.
Orientation : J’aime les vi- virils !
Age : 17 ans
Région : Chut.
Goûts : KyuuCookies, Pandora Hearts, Blood +...
Couleur favorite : Noire
Passé amoureux : … *se met à pleurer*
Caractère : Dépressive au point de ne pas sourire devant les blagues Carambar.
Aime le genre de partenaire : Mûr.
Humeur du jour : Dépressive.

« Encore une journée de calvaire… Break, je t’aime, mais il est temps que je tourne la page… » Et elle s’effondra sur son lit et s’endormit, dans un rêve où Break serait toujours vivant et bien portant. Ce qui n’était évidemment pas le cas, mais c’était son rêve après tout, elle avait le droit de faire ce qu’elle voulait…


Kanon soupira, puis se mit à remplir ce formulaire qui la gavait d’avance. Néanmoins, tout ce qui pouvait la faire sortir un peu des Sims était bon à prendre, même si cela restait de l’écran.

Prénom : Inventatriceimpérialededévoratoriumetdeskyuucookiesdu28
Genre : Féminin
Orientation : Sims…
Age : Sims…
Région : Sunset Valley…
Gouts : Sims, euh, non, Pâtes Carbolafrime, KyuuCookies et Salade d’automne…
Couleur favorite : Sims…
Passé amoureux : Bebe Heart, Angel Lobos…
Caractère : TRAITS de caractères, pas caractère tout court…
Aime le genre de partenaire : Sims ?
Humeur du jour : Ma jauge d’humeur est dans le rouge, mes jauges de besoins également. Je vais craquer, I NEED CHEATS CODE !

« Sims… » gémit Kanon, et elle s’endormit sur son clavier, éreintée. Dur d’être sur les Sims vingt-quatre heures sur vingt-quatre…


Mey entreprit de remplir le formulaire. Elle tenta de ne pas faire trop précis, priant pour que quelques réponses surviennent vite.

Prénom : WhiteChessShippingàfondlesmanettesc’esttroplaclassevivelechessS
Genre : Féminin
Orientation : Je veux des garçons. Et puis c’est tout.
Age : 16 ans
Région : Top Secret…
Gouts : Alors… J’adore Jun de Pokémon, Touko est mon idole, et je soutiens à mort le ChessShipping ! Et j’aime les KyuuCookies, aussi.
Couleur favorite : Blanche.
Passé amoureux : Trop de mecs… Mais pas le bon.
Caractère : Gentille et plutôt sélective…
Aime le genre de partenaire : Prénom commençant par un J, blondinet, un mètre quatre-vingt-cinq au minimum, lycéen, origines néo-zélandaises, africaines et américaines, bronzé et musclé, surfeur depuis ses 7 ans, yeux verts à reflets bleus, boucle d’oreille en diamant du coté droit, célibataire, qui aime Pokémon, Jun, et le ChessS, qui a une maison de vacances à St-Tropez, riche, iPhone 4S ou iPad 2 en sa possession actuelle, qui aime les KyuuCookies et… je crois que c’est tout. Ah, oui, puceau. Plus pratique et surtout plus mignon.
Humeur du jour : Impatiente…

« Et voilà, pas trop précis, j’ai épargné la tache de naissance en forme de cœur sur le torse et le yacht à Bastia… » soupira la jeune femme noire avant de se coucher, souriante.


« Démarrage de l’opération : ‘Dégotons un beau gosse pour accroître ma popularité’ ! » songea la jeune fille, avant de commencer à remplir nerveusement le petit formulaire d’entrée.

Pseudo : MentheetgrenadineCookies215486843
Genre : Féminin
Orientation : Hétérosexuelle
Age : 17 ans
Région : Trou paumé.
Gouts : On s’en fout ! Bon ben, si t’insiste, KyuuCookies… Et j’aime les Evolis, aussi !
Couleur favorite : Le rose !
Caractère : Superficielle, et hystérique à mes heures perdues !
Aime le genre de partenaire : Tant qu’il est beau gosse, le reste, je m’en fiche un peu…
Humeur du jour : Pressée et nerveuse.

Jusqu’à trois heures du matin, elle appuya avec ferveur sur la touche « Actualiser » en espérant une réponse. Néanmoins, en si peu de temps, il n’était pas étonnant que personne n’ait répondu. Elle finit par se rendre à l’évidence, et se coucha, impatiente de voir sur quoi elle allait tomber.


Le lendemain matin, Shuu se réveilla. Un de ses domestiques lui apporta son petit déjeuner, un succulent thé oriental accompagné d’un muffin tout chocolat, le tout sur un lit de dragées. Le jeune garçon le dégusta lentement, prit une douche, et s’habilla d’une chemise blanche de marque et d’un jeans extrêmement coûteux. Il fixa sa chambre en désordre un moment, avant de claquer des doigts. Un énième domestique apparut.

- Veuillez me ranger tout ça.
- Tout de suite, M. Jaggerjack.

Shuu s’allongea sur son lit, et ouvrit son Mac Book Air. Il lança une recherche sur Meetic.

« KyuuCookies »
« 5 résultat(s) trouvés :

lovesilver3212654874521 => voir la fiche.
viveleschatsetpandoraheartsetbreak2589 => voir la fiche.
Inventatriceimpérialededévoratoriumetdeskyuucookiesdu28 => voir la fiche.
WhiteChessShippingàfondlesmanettesc’esttroplaclassevivelechessS => voir la fiche.
MentheetgrenadineCookies215486843 => voir la fiche. »

« Alors… pensa Shuu. La première est une grosse sadique… La deuxième fait un break avec son copain et regarde Pandora Hearts… La troisième est une droguée aux Sims… La quatrième semble adorer Pokémon et les Shipping... Quant à la dernière elle a visiblement besoin d’un mec à tout prix... Et toutes aiment les KyuuCookies. Parfait ! »

Il eut un sourire satisfait, et pour l’occasion, s’offrit un verre de jus de pomme apporté par son majordome.

- Mista est vraiment géniale ! Bon, je vais toutes les inviter avec ce message…

« Bonjour !

J’ai remarqué ta jolie fiche, tu m’as l’air vraiment sympathique ! Si tu veux qu’on se rencontre, je t’attends à l’Imperium Hôtel, un magnifique cinq étoiles ! Il se trouve sur les Iles Privées Paradis, qui sont à moi. Prends le yacht « The Heaven » le 22 septembre, sur les quais de St-Tropez, et tu passeras deux semaines de rêve gratuitement ! J’espère que tu pourras venir !

sadiquenforcedu68. »

Les réponses furent toutes positives.



Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:01, édité 7 fois
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MessageSujet: Chapitre 1 : Bateau ou Bataille ?   Ven 9 Déc 2011 - 18:38



Le quai de St-Tropez était, il faut le dire, très branché. Des tas de yacht et de bateaux à voiles étaient garés en rang d’oignon, si serrés qu’on se demandait vraiment comment ils se débrouillaient pour sortir de là. Autour du port, c’était tourisme à fond les ballons. Le prix des cafés avoisinait les 5 € pièce, et si on tenait à son porte-monnaie, il valait mieux ne pas passer par les boutiques de souvenirs. C’est sur ce quai ultra-chic qu’une personne venait de descendre d’un taxi.

Des cheveux noirs ébouriffés et un serre-tête avec des oreilles de chats encadraient son visage fatigué, et les passants détaillaient sa tenue un peu trop simpliste pour les environs. Mais surtout, elle avait l’air de chercher à tout prix un rasoir pour se sectionner quelques veines, et même la corde de bateau à un prix exorbitant ferait l’affaire. Pour parler clairement, cette jeune fille était au bord du suicide. Il s’agissait de Cat. Suivant un plan Google Maps, elle s’efforçait de trouver le quai n°12, où devait l’attendre le fameux « The Heaven ». Après une petite heure de recherches, elle trouva le yacht en question, et sa mâchoire toucha le sol.

C’était un magnifique bateau, noir et chrome, avec une proue au design d’une voiture de course, une cabine de pilotage entièrement en verre qui laissait apercevoir un intérieur en cuir noir. En lettres argentées, « The Heaven » était écrit fièrement, et la petite vaguelette donnait un petit air de vacances – bien qu’on soit en plein mois de septembre et que les rues soient peu peuplées. Devant ce magnifique appareil qui devait mesurer une trentaine de mètres de long et au mois dix de haut, se tenait un gamin souriant, avec une affiche dans la main où il était écris en gros : « JE SUIS SADIQUENFORCEDU68 ! »

Avec appréhension, Cat s’approcha du garçon. Il était plutôt grand, mais il avait une bouille tellement juvénile qu’on aurait pu le prendre pour quelqu’un de 5~6 ans s’il n’avoisinait pas les 1 mètre 80. Quand elle lui parla, ce fut d’une voix étonnamment grave. En effet, elle n’avait pas parlé depuis plusieurs semaines, et ses cordes vocales étaient un peu rouillées.

- C’est toi le sadique en force du je ne sais combien ? questionna-t-elle.
- Oui, c’est moi, sourit-il. Tu ne sais pas lire ?

Cat le dévisagea, se demandant s’il était sérieux. En le détaillant de plus près, elle s’aperçut qu’il devait être excessivement riche pour être habillé de la sorte.

- Si. Pour info, mon « pseudo » sur Meetic c’est… attends voir… ah oui, ça me revient ! Je suis « viveleschatsetpandoraheartsetbreak2589 » ! lança-t-elle avec une voix un peu plus normale pour une jeune fille.
- Ah ! C’est toi la dépressive qui fait un break avec un vieillard ?

Cat tomba à la renverse, se demandant pourquoi les parents de son défunt petit ami l’avait appelé Break. C’était vraiment chiant par moment. Genre « -Tu sors avec qui ? -Break. -T’inquiètes pas ça va s’arranger, font jamais la gueule très longtemps ! » Et autres truc de ce type qui l’énervaient au plus haut point sans qu’elle sache vraiment pourquoi.

- Euh… Break c’est le nom de mon ex.
- Ah. Bref, je suis Shuu, ravi de faire ta connaissance.

Cat mit un moment à percuter. Suivons ensemble son raisonnement. « Shuu… Shuu… J’ai vu sur sa fiche que c’était un gamin… shooté aux KyuuCookies… … … » Elle comprit et gueula de toutes ses forces :

- SHUU DE SHIPPING INFINITY ?!
- Euh… oui… t’es qui sur SI ? demanda-t-il, un peu désarçonné.
- T’as pas deviné ?! s’étonna la jeune fille.

Shuu mit lui aussi un moment à percuter. « Oreilles de chat… Shootée aux KyuuCookies… Break… 2 % de réduction pour trois paquets de Lay’s achetés… Shipping Infinity… ». Il cria.

- CAT ?!
- Wiiiiiiiiiiiiiii !

Ils se serrèrent dans leurs bras comme s’ils se connaissaient depuis toujours, ce qui n’était pas loin de la vérité, même s’ils ne s’étaient jamais vus. En effet, Cat et Shuu étaient tous les deux sur le même forum, et ce depuis un bon moment. Du coup, ils se sentaient très proches l’un de l’autre sans pour autant se connaître vraiment.

C’est alors qu’une brune aux cheveux très longs et le teint tout blanc les apostropha. Elle était plutôt belle malgré ses cernes, et était très probablement adulte. Elle dit aux deux amis :

- J’ai bien entendue ? Cat et Shuu ? Les deux plus fidèles lecteur de Dévoratorium ?

Grand moment de flottement. Alors, dans un même geste, Cat et Shuu se mirent à genoux, et joignirent leurs mains dans un signe de prière. Passé cette formalité obligatoire pour les Adorateurs de Dévo, ils dirent d’une même voix hystérique et incontrôlable :

- KAAAAAAAAAAAAAAAAANNNNNNNOOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNN !!!! PAR PITIE, BEAUCOUP PLUS DE MASARAS ET DE SADISTICCOLDS !!!!!

La pauvre Kanon – car c’était bien elle – ne savait plus où se mettre. Effectivement, elle était l’auteur d’une fanfic très aimée des membres de Shipping Paradise, Dévoratorium. Et par la même occasion, elle connaissait bien sûr Cat et Shuu.

Elle rougit, essaya de parler, et rougit encore plus. Pour compenser, elle avala un KyuuCookies et explosa le ponton de bois d’un magnifique pied sauté. Ils se retrouvèrent tous de l’eau. Cat avait horreur de l’eau et Shuu était trop occupé à jurer comme un charretier (parce que l’eau délavait ses vêtements) pour nager, tandis que Kanon s’amusait à attraper des poissons.

Bref, ils étaient en train de se noyer, comme trois cons. C’est d’ailleurs ce qui se serait passé si deux personnes n’avaient pas débarqué au même moment, à savoir Bleuts et Mey.

Bleuts, fidèle à elle-même, préférait les laisser crever en se marrant mais Mey, dotée d’un courage exemplaire, se jeta à l’eau. Alors que Bleuts fredonnait la chanson de Superman, le courageux sosie de Touko récupéra les trois personnes une à une, puis les regarda à tour de rôle. Ils étaient sur le quai en dur, et des morceaux de bois flottaient tranquillement sur l’eau. Ils se reconnurent tour à tour, et il s’avéra qu’ils étaient tous sur le même forum, et qu’il se connaissait donc.

Une fille débarqua alors de nulle part, fonçant comme une fusée. Elle fit un dérapage magistral pour s’arrêter pile devant Shuu, avant de se mettre à hurler.

- ENFIN UN PETIT AMI !

Il s’agissait évidemment de Mentaline. Par le plus grand des hasards, elle aussi venait de Shipping Paradise. Coïncidence ? Possible. Destin ? Encore fallait-il y croire.

Ils se reconnurent tour à tour, et finirent par fixer le pauvre Shuu, qui souriait innocemment. Bleuts décida de commencer.

- Et si tu nous expliquais ce que l’on fait ici ?
- J’ai pas envie, vous me faites peur ! bouda Shuu.
- S’il te plait ! plaida Mey avec des yeux de biche.
- Pas question !
- Même pour du chocolat ? proposa Cat, qui connaissait ses points faibles.
- … Allons nous installer dans le bateau… craqua-t-il, subitement plus amène.

Une petite procession de six personnes s’avança vers le magnifique yacht. Le ponton en bois étant détruit, Shuu appela sur son iPhone trois majordomes, qui vinrent avec un canot et les récupérèrent. Un ascenseur se déploya, et tous pénétrèrent dans le luxueux bateau.

L’intérieur était aussi sublime que l’extérieur ; tout était noir, blanc ou rouge, les trois couleurs préférées de Shuu. C’était très moderne, avec des designs improbables, comme des fauteuils ressort, ou des poufs énormes sur lesquels on pouvait s’asseoir à trois ou quatre. Une délicieuse odeur de gâteau au chocolat flottait dans l’air. Ils s’installèrent tous confortablement, et le gamin commença son récit, après avoir goulûment avalé la tablette Milka de Cat.

- Il était une fois, un jeune garçon nommé Shuu. Celui-ci était un immense fan de chocolat. Mais d’un seul chocolat. Le chocolat au lait. En effet, il trouvait le chocolat noir trop amère et pas assez sucré, tandis qu’il était allergique aux noisettes. Un soir, alors qu’il se promenait dans la rue un soir d’hiver, emmitouflé dans une veste bien chaude, il sentit les effluves qui caractérisent le chocolat divin. Cette odeur émanait d’une petite chocolaterie modeste mais réputée, nommée « Le doux Lapin Croqué », dont l’enseigne était un lapereau avec un bonnet.
- Abrège, somma Bleuts.
- Attends, c’est important. Je disais donc que l’odeur se sentait à des kilomètres à la ronde, enchantant d’avance le palais du jeune garçon. Il avait donc pénétré ce sanctuaire sacré, et avait acheté une tablette de chocolat au lait de grande qualité. Mais, HORREUR, c’était aux noisettes ! Shuu n’avait pas fait attention, et comme il était allergique à la noisette, il s’était étouffé et une ambulance était venue le chercher. Et là, à l’hôpital, alors qu’il jouait à Pokémon Blanc, il s’est dit : « Si j’avais un Pokémon, il m’aurait prévenu que c’était aux noisettes et je n’en serai pas là ! ». C’est ainsi que naquit en lui le désir d’obtenir un Pokémon.
- T’aurait pas pu simplement dire : « Un jour, j’ai réalisé qu’un Pokémon se serait cool ? », demanda Bleuts.
- Si, mais c’aurait été beaucoup moins drôle, avoue… soupira Shuu.
- T’es mort.

Le combat commença, avec Mey pour arbitre. En effet, l’une des traditions de Shipping Infinity était de combattre selon les règles de la Bataille Shipesque, et Mey étant un membre émérite, elle les connaissait. Shuu se mit en position de combat, Bleuts fit de même. Kanon et Mentaline se mettaient à couvert tandis que Cat, sa joie passagère envolée, s’installait dans un pouf, habituée aux spectacles de ce genre.

Bleuts sortit son arme fétiche, à savoir un sabre, et Shuu dégaina ses couteaux de cuisines, ainsi que se tronçonneuse.

- La pierre d’abord ! Pierre, Feuille, Ciseaux ! annonça Mey.
- Pierre ! cria Shuu.
- Ciseaux ! gueula Bleuts en même temps que le gamin.
- J’ai gagné ! hurla le brun.
- Shuu remporte la victoire et peut donc choisir le mode de combat. Jeu de cartes revisité, Combat à Mort ou Tic-Tac-Toe ?
- Jeu de cartes revisité, annonça-t-il.

Kanon et Mentaline s’étonnèrent, se demandant ce que le « revisité » pouvaient bien sous-entendre. Mais Shuu, Bleuts, Mey et Cat le savaient, et visiblement, ça allait chier pour de vrai. Mey sortit un jeu de carte, et les distribua face cachée aux deux joueurs, leurs armes toujours en main. La jeune femme brune de peau annonça :

- 1, 2, 3… JOUEZ !

Un valet sortit pour Shuu, et un 8 pour Bleuts.

- Valet et 8 correspondent au bras de fer ! Shuu ayant la plus grande carte, il peut choisir la main.
- Droite.
- OK. Les règles habituelles bien sur… GO !

Le gamin étant un adepte des combats du genre, le bateau était équipé pour. Les personnes qui ne jouaient pas reculèrent, et une paroi de verre descendit lentement du plafond, délimitant le terrain – à savoir, parfaitement rond. Une table en acier renforcé sortit du sol, et les deux combattants commencèrent le duel.

Bleuts avait évidemment bien plus de force que le chocovore, et elle prit rapidement le dessus. C’est là que le « revisité » prit tout son sens. De sa main gauche, Shuu colla un magnifique crochet du droit dans la tête de Bleuts qui tint bon. Elle répliqua par un coup de pied dans les parties sensibles du gamin qui gémit de douleur. Il attrapa l’une des mèches de la blonde, et la tira vers le bas. La tête de Bleuts heurta la table ultra-solide dans un « BONG » sonore, et une fissure apparut sur le meuble en acier.

Néanmoins, même ainsi déconcentrée, la jeune fille tenait bon. Finalement, elle abattit le bras de Shuu sur la table, et poussa un cri de victoire. Bleuts avait désormais un point sur trois.

Kanon trouvait ce jeu très drôle, bien plus que les Sims, ennuyants à la longue. Mentaline, elle, se demandait de plus en plus si elle ne ferait pas mieux de rester célibataire ou de sortir avec une fille. Elles au moins ne se frappent pas comme des bourrines. Bleuts mise à part. Cat avait souri – ce qui était un miracle en soi – devant le spectacle, mais n’était pas particulièrement emballée ; elle était habituée, encore une fois.

- 1, 2, 3… JOUEZ ! Dame pour Shuu, As pour Bleuts. C’est donc du catch ! Premier hors du ring à perdu.

Un ring apparu, et Bleuts commença illico, attrapant Shuu part les deux jambes et le faisant passer par-dessus sa tête, avant de l’aplatir violemment par terre. Il souffrit grave sa race, et activa son final Smash :

- Spécial Chocolate Punch !

Il recula, tendant les élastiques du ring au maximum. Puis il lâcha tout, et, ainsi propulsé, vint frapper la blonde d’un puissant coup de poing. Elle perdit l’équilibre et faillit tomber, mais se ressaisit avant de riposter.

- KA ME HA ME HA ! cria-t-elle en prenant la position typique de DBZ.

Ses deux mains jointes vinrent frapper Shuu au niveau de l’estomac, et il fit un magnifique vol plané, atterrissant dans la poitrine généreuse de Mey.

- Euh… Excuse-moi… dit-il, honteux comme un enfant venant de voler une sucette.
- Ce n’est rien, ne t’en fait pas, sourit Mey.

« Quel joli sourire… Elle est trop mignonne ! » pensa Shuu, aux anges. La jeune femme châtain reprit la parole :

- Victoire de Bleuts ! Deux points à zéro en sa faveur. 1, 2, 3… JOUEZ ! Deux rois, donc test Shippy de connaissance, catégorie Yaoi !

Shuu sauta de joie, Bleuts n’eut aucune réaction. La parfaite copie du plateau de « Question pour un champion » apparut. Seule différence, il y avait écrit « Question pour un Yaoiste » sur l’écran géant. La partie commença, Mey en présentatrice bien sûr.

- Première question ! Le nom de la relation entre Sacha et Paul est ?

Les deux connaissait la réponse, mais Shuu percuta plus vite :

- ComaShipping !
- Bonne réponse ! 1/3 pour Shuu, 0/3 pour Bleuts. Le nom d’une relation entre deux blonds ?
- Le CaliforniaShipping, Jackie W. et Jun ! hurla Shuu en buzzant.
- Bonne réponse encore une fois ! Shuu 2/3, Bleuts 0/3. La marque du caleçon que Sacha a offert à Régis ?
- Carrefour Market, Sacha avait dépensé tout son argent pour des Lay’s ! buzza Bleuts.
- Excellent ! Shuu 2/3, Bleuts 1/3. L’emblème de l’IsshuShipping, mais également du FerrisWheelShipping ?
- LA GRANDE ROUE ! cria le gamin.
- Exact ! Victoire de Shuu !

Shuu entama une danse de la joie, tandis que Bleuts réduisait en bouillie son buzzer. Kanon et Mentaline applaudirent poliment. Cinq minutes plus tard, un As et un 10 sortirent. Il s’agissait donc d’un duel aux katanas.

Autant dire que ça ne dura pas, Shuu ne maniant correctement que les couteaux et la tronçonneuse. La blonde le maîtrisa en moins de trois minutes, et Mey annonça la victoire totale de Bleuts, qui sauta de joie. Le gamin se mit à chialer, et Cat, solidaire, pleura aussi, mais pas pour la même raison. La blonde s’approcha du gamin et pointa son katana sur sa gorge.

- Maintenant, tu nous dois des explications ABREGEES et SIMPLES !
- C’est bon, j’ai compris !

Shuu regarda tour à tour les 5 personnes qui lui faisaient face. Tout d’abord Bleuts, plutôt petite mais menaçante, les cheveux très blonds terminés en une magnifique mèche. Elle était vêtue d’un survêtement court plutôt sexy et d’un blouson en coton. Elle avait de beaux yeux marron chocolat et un nez petit et fin. Physiquement, il fallait avouer qu’elle n’était pas trop moche, mais son caractère réduisait son sex appeal à néant.

Mey par contre, était la plus éblouissante du tas. Ses cheveux châtains soyeux, ses yeux noisette, son teint mat, ses formes généreuses, elle avait vraiment tout pour plaire. Contraste intéressant, sa tenue était sommaire, voire banale ; un simple T-Shirt blanc à manches longues surmonté d’un petit veston marron, un jeans usé par le temps et une paire de bottes fourrées. Néanmoins, elle semblait aussi belle que si elle était dans une robe en mousseline.

Kanon, elle, paraissait très mature mentalement, mais un brin sadique. Son teint blanc comme neige jurait avec ses cheveux très noirs et ses yeux verts resplendissants. Habillée d’un long manteau gris souris et d’un slim surmonté de bottes à talons, elle avait l’air d’une femme mondaine, sûrement parce qu’elle s’était mise sur son trente et un pour l’occasion. Seulement, ses cernes profonds la vieillissaient considérablement, alors qu’elle ne devait pas avoir plus de vingt ans.

Cat avait visiblement pris la peine de se laver sa tignasse brune, mais n’avait pas quitté son manteau noir en fourrure. En dessous, un simple pantalon de toile, noir également. Elle avait des grands yeux perçants, comme ceux d’un chat. Petite en taille, elle avait un côté frêle et agile, à la manière d’une danseuse étoile.

Mentaline, quant à elle, était châtain et avait de beaux cheveux légèrement ondulés. On voyait qu’elle faisait attention à sa tenue. Une belle robe rose tombait doucement jusqu’à ses chaussures à talons, et des mitaines blanches recouvraient ses mains. Sa dose juste hallucinante de maquillage recouvrait son visage fin à la fois juvénile et sérieux. Bizarrement, elle se tortillait continuellement les cheveux, essayant diverses coiffures, comme si elle ne tenait pas en place.

Shuu lui, était grand et fin. Habillé dans des vêtements aux prix exorbitants, une sacoche très probablement remplie de tablettes de chocolat était suspendue à son cou. Son poignet était orné d’une montre noire sans cadran, qui se résumait à un simple bracelet en métal et un disque circulaire semblable à un objectif d’appareil photo. Il entama son récit « abrégé et simple ».

- Un jour, je me suis dit « Un Pokémon ce serait vachement cool ! » mais les Pokémon n’existent pas dans ce monde. Et c’est là que j’ai tilté. Pourquoi ne pas aller dans un autre monde ? J’ai donc fait appel à Mista, une scientifique spécialisée dans l’étude des mondes. Elle m’a révélé qu’il ne manquait que deux choses aux savants pour voyager entre les mondes. L’argent et beaucoup beaucoup d’énergie. L’argent, j’en ai à revendre, mais que faire pour la source d’énergie ? Alors j’ai opté pour une explosion nucléaire. En gros, on va sur les Iles Privées Paradis – qui sont à moi –, situées en plein milieu du Pacifique, on les fait exploser avec une bombe, et on profite de l’énergie pour partir vers le PokéMonde ! Certes, il n’y a qu’une chance sur dix que ça réussisse, et comme je ne voulait pas y aller seul, j’ai cherché une petite amie potentielle pour le voyage, et vous voilà !

Bleuts semblait sur le point de commettre un meurtre, tandis que les autres restaient béats, croyant à une mauvaise blague. La blonde éructa la première.

- TU VEUX DIRE QUE TU VEUX NOUS FAIRE SAUTER DANS UNE EXPLOSION NUCLAIRE ??!!!
- Non ! Je veux vous emmener dans le PokéMonde !
- ET SI CA MARCHE PAS, ON CREVE C’EST CA ?!
- T’as tout compris ! sourit Shuu.

Bleuts tenta de le baffer, mais il esquiva au dernier moment. Mentaline et Mey s’étaient assises sur des poufs, choquées par leur mort imminente. Shuu ricana.

- De toute façon, vous n’avez pas le choix, on est déjà à 500 Kilomètres de la côte, et si je n’en donne pas l’ordre, vous ne rentrerez pas chez vous !
- ENFOIRE ! crièrent tous les invités.
- Il y a vingt hommes armés à bord… Ne tentez même pas de resister… Venez, on va s’amuser ! sourit-il.
- PAS QUESTION !
- C’est trop tard, on arrive.

Ils regardèrent par les vitres, et virent un petit archipel rocheux, surmonté d’un laboratoire. Celui-ci ressemblait était carrément immense, et le toit était une sorte de coupole en verre. Ils accostèrent, et furent biens obligés de descendre. Ils suivirent Shuu jusqu’au labo, et pénétrèrent à l’intérieur par des portes automatiques.

Une petite femme débarqua alors, dans une blouse blanche. Ses cheveux noirs extrêmement longs dégringolaient jusqu’à ses fesses, et ses yeux d’un bleu électrique attirait le regard de quiconque passait à proximité. Elle avait des traits fins et juvéniles, bien qu’elle approche probablement des 25 ans.

- Bonjour Maître Shuu ! Et bonjour à vous, amies de Maître Shuu ! Je vais vous équiper pour le voyage vers le Pokémonde ! sourit-elle joyeusement.
- MAIS ON N’Y VA PAS !
- Pas le choix ! répliqua-t-elle. Au fait, je m’appelle Mista, enchantée. Je suis la créatrice de Meetic ! Suivez moi, je vais vous conduire jusqu’à la salle de transfert.

Le groupe, bien obligé de suivre, traversa plusieurs salles toutes plus bizarres les unes que les autres. Dans la première, deux boules lumineuses flottaient tranquillement, tandis que dans la deuxième, toute petite, il y avait seulement un écran plat. Enfin, dans la troisième, il y avait quelques lits ainsi que des tables où étaient posées des seringues énormes. Au centre trônait une énorme boule en verre, parfaitement transparente. Mista leur tendit à chacun d’eux une montre sans écran semblable à celle que portait Shuu.

- Voici vos MeeticMontres ! Elles ont beaucoup de fonctions très utiles, et sont votre seule chance de passer dans un autre monde ! Une fois là-bas, je pourrai vous contacter grâce à un émetteur inter-sidéral-temporel. Vous allez atterrir dans la région de Jotho, à Bourg-Geon. Je vous souhaite bonne chance à vous six, et puisse la folie ne pas vous gagner ! sourit-elle en les poussant dans la boule en verre malgré leurs cris de protestation.

Ils étaient donc là, Shuu, Mey, Cat, Kanon, Bleuts et Mentaline, dans une sphère transparente, ne sachant pas s’ils allaient mourir ou atterrir chez les Pokémon. Mista s’assit tranquillement sur une chaise, à l’extérieur de la boule. Tous hurlaient, à l’exception de Shuu qui semblait s’amuser beaucoup. Une voix métallique jaillit soudain de nulle part, les faisant taire.

« EXPLOSION PREVUE DANS 3 SECONDES. 1. 2. 3. EXPLOSION. »



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MessageSujet: Chapitre 2 : Mort Spirituelle et Pokémonde   Ven 9 Déc 2011 - 18:39



Nos six héros volaient. Enfin, ils s’élevaient sans ailes ni autre chose. Ils montaient, tout simplement. Ca allait doucement, et ils étaient incapables de bouger. Juste de regarder. Mais tout ce qu’ils voyaient, c’était un ciel bleu et quelques nuages, et une lumière vive venant de nul part. Vint un moment, après 1 heure d’ascension, ou le paysage changea. Mais était-ce vraiment une heure ? C’était peut-être 1 minute, 1 année ou même une dizaine d’années ! Toute notion du temps avait disparu, et ils montaient inlassablement.

Le paysage changea légèrement. Maintenant, des personnes de tout âge étaient assises sur les nuages blancs, pareils à de la crème Chantilly. Les gens leur adressaient des signes de la main. On pouvait remarquer qu’ils avaient tous l’air heureux et comblés. Les six jeunes gens continuaient de s’élever. Soudain, une plateforme apparut sous leurs pieds. Les nuages disparurent, laissant place à un sol parfaitement blanc surmonté d’un ciel bleu électrique, irréel. Une jeune femme blonde vêtue d’une longue robe crème se matérialisa alors, et parla d’une voix qui rappelait vaguement les voix off dans les films.

- Bienvenue. Je suis Dieu. Et je suis au regret de vous annoncer que vous êtes morts comme des cons.
- Et merde ! ragea Shuu. Pas de chance !
- Eh oui, c’est ballot, hein ! se moqua Dieu.
- Vous voulez pas qu’on fasse un échange ? Mon yacht contre notre vie ? proposa Shuu.
- Non, pas question, vous êtes morts, point barre.
- Contre une île privée ?
- Non.
- La maison blanche ?
- Non plus.
- L’iPod 8G ?
- J’lai déjà.
- Pouffiasse… grogna le gamin.

Pendant ce temps, les autres patientaient. Cat était toute joyeuse elle allait enfin revoir Break ! Mentaline regrettait de ne pas connaître la fin de Docteur House. Mey se disait qu’au paradis, elle trouverait le mec de ses rêves, même si pour le coup, l’expression « Beau comme un ange » prenait un sens propre. Kanon ruminait dans son coin, se disant qu’elle avait bossé comme une folle sur sa fic pour rien au final. Bleuts, de son côté, s’amusait à péter des nuages en attendant que Shuu soit libre. Ce dernier continuait à faire des offres :

- Un château médiéval ?
- Non.
- La grotte de Lascaux ?
- Non.
- Bon, d’accord… Je vais faire un horrible sacrifice… Contre une… T-a-b-l-e-t-t-e de c-h-o-c-o-l-a-t… gémit le gamin.
- Non.
- POURQUOI !!!!
- Parce que tu pue d’la gueule.
- OUINNNN ! chiala le gamin, désespéré.

Kanon voulait regarder la suite, mais elle était sur le point de s’endormir. D’ordinaire, elle n’avait pas besoin de beaucoup de sommeil, mais en l’occurrence, entre les Sims, la virée à St-Tropez et le stress de crever, elle était épuisée. Elle décida donc de se faire un petit café pour ne pas s’endormir de suite. La jeune femme brune sortit une machine à café de son sac à dos. Dieu se figea.

- Bonne chance dans le PokéMonde ! sourit Dieu tout en prenant la machine des mains de l’écrivaine.

Il y eut un énorme flash de lumière blanche et ils se retrouvèrent dans une petite prairie verdoyante, entourée de quelques arbres. Tout le monde regardait Kanon, qui dit avec un magnifique accent britannique :

- Nexpresso. What else ?
- …
- …
- …
- …
- …

Les cinq personnes tombèrent à la renverse.

En tous cas, ils étaient bel et bien vivants, et dans le PokéMonde en plus ! Mais Bleuts était encore en colère, ils avaient failli mourir à cause de ce petit con de Shuu quand même ! Alors qu’elle allait lui refaire le portrait, ils virent un petit Fouinette qui gambadait. Les Pokémon existaient donc, pour de vrai ! Ca n’était pas simplement un jeu vidéo et un anime, c’était un vrai monde, avec des couleurs, des créatures, des sensations, des odeurs, et… Un design bizarre. Ils se regardèrent tour à tour.

- HIIIIIIIIII ! T’as une tête de manga ! On dirait vraiment White ! cria Mentaline en regardant Mey.
- Mais toi aussi ! Tes yeux doivent faire 9 centimètres ! hurla Mey à son tour.

Bref, ils avaient tous l’air de persos de mangas dessinés. Mais, ô surprise, ils n’étaient pas tout plats ! Ils avaient du volume, et une largeur ! Bleuts, la surprise passée, voulut exploser la tête du gamin ; en effet, même s’ils étaient arrivés à destination, ils avaient faillis y laisser la peau ! Encore une fois, Bleuts n’eut pas de chance, car un Aéromite arriva d’on ne sait où et lança une puissante attaque Tornade. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien.

Tout le monde s’envola donc vers d’autres cieux, enfin, vers d’autres éoliennes, car c’est sur l’une d’elle qu’ils « atterrirent », entre guillemets.

En fait, Mentaline s’accrocha avec les deux bras à l’une des 3 pâles, Kanon attrapa son pied, Cat s’agrippa à la jambe de l’écrivaine, Mey saisit la main que Cat lui tendait, Bleuts mordit dans la chaussure de la jeune femme, et Shuu attrapa la main de la blonde. Malheureusement, Mentaline n’avait pas assez de force pour retenir cinq personnes à bout de bras, aussi, elle cria :

- Il faut larguer des choses inutiles !
- Pas d’problème ! répondit Bleuts

Et la blonde lâcha la main de Shuu, qui s’écrasa comme une merde dix mètres plus bas sur une meule de foin, le chanceux. Mentaline, soulagée, s’écria :

- Ouf, merci Bleuts ! T’as lâché quoi ?
- Le gosse ! répondit Bleuts, très fière d’elle.
- QUOI !? cria Mentaline.
- Ben tu m’as dit les choses inutiles, alors j’ai pensé que…
- Shuu est très con, pas inutile ! Et puis il est si petit… Si ça se trouve, tu l’as tué ! s’insurgea la fille en rose.
- Malheureusement non, il est tombé dans du foin, ce veinard !
- …
- Regardez, des Roucoups ! dit Mey.

Les oiseaux effectuaient de magnifiques pirouettes, et Mentaline applaudit avec effervescence.



Vous l’aurez compris, elle lâcha tout et les cinq filles tombèrent dans une chute vertigineuse, sans doute mortelle si les meules de foin n’étaient pas aussi rembourrées. Elles sortirent de ces tas avec l’aide de Shuu, toujours vivant mais plein de bleus, ayant atterris sur une petite meule. Il colla un poing dans la tronche de Bleuts et se réfugia derrière Mey, profitant d’une magnifique vue panoramique. La blonde, qui se fichait de blesser la jeune femme, prépara un coup de poing en s’élançant vers elle, mais un pied jaillit de nulle part, faisant trébucher la fille aux envies de meurtre.

Le hasard voulu que ses lèvres rencontrent celles de Mey dans la chute.

« Pourquoi mon cœur vient de rater un battement ? Et pourquoi je rougis ? C’est horrible, le rouge ne va pas du tout avec mes cheveux ! » pensa le sosie de White.

« … » pensa la blonde.

Des flammes apparurent dans les yeux de Shuu et il prit une posture de combat, le poing levé vers le ciel. « Ma rivale est donc Bleuts ! Je vaincrai, Bleuts ! C’est moi qui aurais Mey ! » se jura-t-il intérieurement.

Un flash lumineux aveugla tout le monde, et un jeune homme avec un appareil photo fit son apparition, visiblement l’auteur du croche-patte. Ce dernier rangea son matériel, satisfait. Pendant ce temps, Bleuts s’était écartée de Mey, les deux étant rouge comme des tomates. Leur côté Tsundere reprit le dessus, et elle envoyèrent toute les deux un poing dans la tête du type qui venait de prendre la photo. Il para les deux coups sans aucun problème. Y comprit celui de Bleuts.

Analyse de l’information en cours.

Respect.

Le garçon leur dit :

- Désolé pour la photo, mais j’adooooooore le Yuri 8D ! LAULE.

« OK d’accord. » pensa Mentaline.

- Vous êtes nouveaux ? On dirait que vous venez de débarquer d’un autre monde XD !
- Comment tu le sais ? demanda Shuu, qui se prit direct un coup de Bleuts.
- Ne l’écoute pas, c’est un enfant… Il fait de l’humour évidemment ! Haha, haha, haha… essaya de rattraper Menta.

En effet, affirmer qu’on vient d’un autre monde n’est pas vraiment un atout dans une vie sociale normale. Donc la discrétion s’imposait.

- Mouais… Et si on allait voir le Prof. Orme ? Je suis son disciple, et je parie que vous n’avez pas encore de Pokémon !
- Bien deviné ! dit Kanon.
- Chu’ui tellement fort ! (l)

« C’est bizarre, il me rappelle quelqu’un… Mais qui ? » pensa Cat. Le garçon leur fit signe de le suivre. Ils marchèrent un petit moment, avant d’arriver en vue d’un laboratoire avec une petite éolienne. C’était la copie parfaite de Bourg-Géon dans les jeux. Le jeune homme leur fit signe d’entrer, ce qu’ils firent. Ils traversèrent plusieurs salles, croisant quelques scientifiques. Ils finirent par arriver dans une petite pièce circulaire, où se trouvait un homme d’apprence plutôt jeune.

- Salut mon cher disciple ! Et bonjour et bienvenue aux autres personnes que je ne connais pas! Je suis le Professeur Orme ! Vous venez d’où ? Je ne vous ai jamais vu dans le coin… questionna-t-il.
- On vient d’un monde où y’a pas de… commença le gamin, mais un pied sauté de Bleuts le fit taire illico.
- Haha, haha, haha… rigola faussement Mentaline en pensant « Marre de rire pour de faux… » Il blague évidemment ! Nous venons de… d’où déjà ?
- Euh… de… Kanto ! dit Kanon.
- Oui c’est ça ! renchérit Cat.
- Et vous n’avez pas de Pokémon, c’est ça ? dit le Prof.
- Exactement ! affirma Mey.
- Très bien, venez par ici, je vais vous en donner un chacun.
- Chouette, merci ! firent ils.

Le Prof. Orme était TRES bizarre. Déjà, il avait les cheveux longs, plus de lunettes, une tenue décontracté – jeans T-shirt, et il était plutôt beau !

(Tous Les Lecteurs : WTF ?!)

Et puis, il n’était ni stressé d’la vie, ni chercheur surexcité ! « L’animé c’est une putain de publicité mensongère ! » pensa Kanon. Il les emmena dans une salle avec une sorte d’énorme machine, et leur dit :

- Bon, la machine est cassée. Normalement, on devrait avoir le choix entre trois Pokémon qui sortent au hasard de la machine. Mais là, faut donner un grand coup de pied dedans, et on prend la PokéBall qui sort. Y’a pas d’autre solution.
- Booooouuuuuh ! Z’ont pas d’chance ! (Y) dit le jeune homme.
- CA Y EST J’AI TROUVE ! hurla Cat. TU T’APPELLE YASUKO N’EST-CE PAS ?
- Comment t’as deviné O_o ?!
- Grâce à plein de choses ! D’abord parce que t’aime le Yuri, à cause du « 8D » puis du « LAULE. », du « (l) » et enfin, la preuve ultime, du « (y) » ! énonça fièrement la jeune fille.
- On se connaît ? s’étonna le dénommé Yasuko.
- T’es sur Shipping Paradise, nan ? demanda Mentaline.
- Shipping Paradise ?! WTF ?!

En fait, Yasuko était un membre de Shipping Paradise, le forum où étaient nos six héros. Il était connu pour beaucoup parler en langage SMS, et Cat l’avait donc reconnu. Shuu les prit à part, visiblement plutôt embêté.

- Mista m’a informé avant notre départ que nous risquerions de rencontrer des personnes ressemblantes à certaines que nous connaissions dans l’autre monde. Il s’agit de Jumeaux Spirituels. Ils ont exactement le même caractère, mais leur apparence diffère, expliqua-t-il.
- C’est quoi ce bordel ? s’étonna Bleuts.
- C’est assez logique quand on y réfléchit. Les mondes se reflètent entre eux, donc il y a forcément des ressemblances !
- Mais, et nous, on en a, des Jumeaux Spirituels ? questionna Cat.
- Oui… Et d’ailleurs… Il va falloir les éliminer… termina Shuu timidement.
- QUOOOOOOIIIII ?! beugla Mentaline. J’ai envie de tuer personne, moi !
- On n’a pas le choix. Deux personnes qui ont la même âme qui se retrouvent dans le même monde… Forcément, ça coince. Grosso modo, il nous reste un an demi avant que l’on ne meure. Enfin, si on ne les tue pas.
- …
- Sale petit enfoiré de con de putain de salaud de… commença gentiment Mentaline, sur les nerfs.
- A tes souhaits ! sourit Shuu.
- Je ne tuerai PERSONNE.
- Alors tu mourras.
- … FAIT CHIEEEEERRR ! gueula-t-elle. Faut appeler cette Mista au plus vite, elle trouvera bien une solution !
- C’est qui Mista ? Et vous êtes des tueurs ? Coooooool ! s’écria Yasuko, qui avait tout entendu.
- …
- Si vous alliez prendre vos Pokémon avant d’appeler cette fille ? proposa-t-il.
- Pas con, dit Kanon. Allons-y.

Elle sauta en l’air, tournoya sur elle-même, et un magnifique coup de pied latéral vint frapper la machine. Une PokéBall en sortit, et Kanon la lança avec appréhension. Un museau noir et blanc, un corps d’apparence puissante. C’était un magnifique Malosse. L’écrivaine esquissa un pas de danse, et cria :

- Génial ! Un Malosse ! J’en rêvai !
- Félicitations Madame, c’est un garçon ! ironisa Yasuko.
- Je vais l’appeler… Spouf !

Les personnes présentent dans la salle, y compris Orme, ne résistèrent pas, et s’écroulèrent de rire. Kanon, vexée, les latta tous. Ce fut ensuite au tour de Bleuts, la seule à ne pas être au sol, le visage en sang. Un direct du droit lui envoya à elle aussi une Ball, qui libéra… un Magicarpe.

La mâchoire de Bleuts venait de creuser un trou dans le laboratoire du professeur. Personne n’éclata de rire (ils n’étaient pas tout à fait suicidaires) mais la blonde n’en revenait pas. Le Magicarpe, lui, sautillait gaiement sur le plancher. Elle le fit rentrer dans sa PokéBall, et s’assit dans son coin en mode boule (ndla : Copyright Rima de Shugo Chara), broyant du noir.

Puis ce fut au tour de Mentaline, qui donna une petite pichenette pour que sorte une balle. Une petite Corayon en sortit, rose bonbon, et la jeune fille la trouva tout de suite super mignonne.

- Tu vas t’appeler… Kawapink ! Comme Kawaiii et Pink.

Le petit animal, tout content, monta sur l’épaule de sa maîtresse. « Génial, il est rose et mignon ! » songea-t-elle. Puis elle remarqua que Yasuko la regardait. Elle rougit. « Je pourrais peut-être sortir avec lui… Un petit ami sortit d’un autre monde, c’est la classe, nan ? »

Shuu shoota dans la machine, d’où sortit une PokéBall flambante neuve. Un Goinfrex tout guilleret en sortit, et fit un grand sourire à son nouveau dresseur.

- Nom d’une tablette Milka ! s’écria Shuu, épouvanté.

Le Goinfrex s’élança bouche grande ouverte vers la sacoche du gamin, et l’avala toute crue. Et donc, par déduction, le chocolat qui était à l’intérieur également. Shuu mit quelques secondes à percuter. Puis, lentement, il s’avança près du Goinfrex, l’attrapa par les deux jambes, et le secoua comme un prunier. Malheureusement pour le brun, les Goinfrex digèrent extrêmement vite, et rien ne sortit de la bouche du Pokémon. Alors, Shuu abandonna, le fit rentrer dans sa PokéBall et demanda au Prof :

- Vous avez pas des PokéBlocs Roses qui remplissent le ventre ? Pour faire comme Flora !
- Des PokéBlocs ? Nan, mais on a des baies qui marchent aussi bien ! Les Stekpa ! répondit-il en sortant des fruits semblables à des pastèques miniatures.
- Génial ! Merci !
- Et oh, gamin, c’est pas gratuit !
- Non mais ok, dans les jeux tout est gratos !
- Ca te fera 1 000 000 PokéDollards les 100 ! sourit Orme.
- Mais on n’a pas d’argent ! s’évertua Shuu.
- Ah ! C’est bête, hein ? se moqua Yasuko. Tu te débrouilleras avec des fruits ! Au suivant !

Ce fut au tour de Cat. Elle donna un coup de pied sans conviction, pris la PokéBall qui en sortit, et l’ouvrit. Un Feuforêve apparut, l’air plutôt abattu. Lui et Cat allaient bien s’entendre. Elle l’appela Broke, et ce dernier se réfugia dans la tignasse du chat dépressif.

Vint le tour de Mey, la dernière. Un coup de poing lui envoya une PokéBall qu’elle lança aussitôt. Un Airmure.

« Claaaaaaaaaaaaaasse… » pensa Shuu.
« La chaaaaaance ! » pensa Menta.
« J’préfère mon petit Spouf ! » pensa Kanon.
« Breeeaaaaaak… » pensa Cat.
« M’en fous. Je boude. » pensa Bleuts

- Mouais… dit Mey, dubitative. J’vais t’appeler Steel.
- Tenez, un PokéDex chacun pour vot…
- Inutile, on en a un, le coupa Shuu.
- Ah bon ? demanda Menta.
- La MeeticMontre est très pratique, sourit le gamin.
- Voilà 5 PokéBall pour chacun d’entre vous, fit le Prof, désarçonné. Vous en avez cette fois ?
- Nan, dit Shuu en les prenant. Maintenant, on va y aller !
- Aller où ? demanda Cat.
- S’amuser ! C’est pour ça qu’on est venu, nan ? On peut aller genre… à la conquête des badges, faire des concours, des recherches, je sais pas moi… Profiter de ce monde !

Shuu était tout enjoué, ainsi que Mentaline, Kanon et Mey, qui, en fin de compte, allaient peut-être bien s’amuser. Bleuts boudait toujours, et Cat, inutile de préciser. Ils quittèrent le labo après un bref au revoir, mais ils furent vite rattrapés par Yasuko.

- Eh, dites, si vous faites quelques photos Yuri, prévenez moi 8D ! A plus ! (y)
- Avec plaisir, répondit Mentaline avec un sourire tellement exagéré que personne ne s’y laissa prendre.

Il s’éloigna, et nos héros décidèrent de joindre Mista. Shuu étant le seul qui savait se servir des MeeticMontres, c’est lui qui s’y colla.

- Unlock, dit-il à la montre qui s’ouvrit, faisant apparaître un petit écran HD rond où le Logo Meetic était affiché.
- Ouverture. Reconnaissance vocale : Shuu, dit une voix métallique émanant de la montre. Que voulez vous faire ? 1. Appeler quelqu’un. 2. Utiliser Pokédex 3. Vérifier vos Message Privés sur Meetic. 4. Utiliser Laser. 5. Fusée de détresse. 6. Utiliser grappin. 7. Utiliser Caméra. 8. Utiliser Shurikens. 9. Back. 10. Quitter.
- 1, dit le gamin.
- Qui voulez-vous appeler ? 1. Reconnaissance vocale. 2. Répertoire.
- 1, Mista.
- Mista, répéta la voix. Appel en cours… Veuillez patientez.Connexion établie.
- « Allo ? Maître Shuu, c’est vous ? » demanda une voix féminine sortant de la montre.
- Oui Mista c’est moi. On n’est pas morts ! Enfin, si, mais non ! Bref, on est dans le PokéMonde, ça a marché !
- « Mais c’est génial ! Comment c’est, Maître Shuu ? »
- Attends, je t’envoie des images ! 7 !
- « Ouah ! C’est trop bien Maître Shuu, vous êtes un génie ! De mon côté, pas de problème, j’ai réussi à contenir l’explosion, les Iles Privées Paradis sont intactes ! »
- Cool ! Dit Mista, y’aurait pas un moyen de ne pas tuer nos Jumeaux Spirituels ? questionna-t-il en lançant un regard appuyé vers Mentaline.
- « Mourir vous-même ? » proposa la jeune femme à l’autre bout du fil.
- C’est bien ce que je pensais… Tant pis ! A plus !
- « Au revoir Maître Shuu, rappelez moi si vous avez un problème ! Amusez-vous bien ! »
- Merci ! Fin de la communication.
- Fin de la communication

Et là, Mentaline colla un pain dans la tête d’un personnage armé d’un revolver, récupéra ce dernier, et le pointa sur le gars.

- T’es qui, toi ?



Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 12:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 3   Ven 9 Déc 2011 - 18:40



Les cinq compagnons de Mentaline étaient stupéfaits par la rapidité de l’action. La fille en rose tremblait légèrement ; de toute évidence, elle était incapable de tuer quelqu’un. Quant à l’homme qui leur faisait face, il avait les mains en l’air mais restait impassible. Il était très grand, avec des cheveux rouges plutôt longs et frisés. Habillé d’une tenue noire avec un M pourpre dessus, il ressemblait à un espion, voire à un agent secret. Kanon tenta de l’interroger en restant à une saine distance de lui :

- Elle t’a posé une question, répond-lui ! T’es qui, et tu nous veux quoi ?
- …
- Très bien. Tu ne veux pas répondre. Spouf, dit-elle en lança sa PokéBall, Lance-Flammes !

Le Malosse la regarda d’un air qui disait clairement : « Qu’est-ce qu’elle me dit la pute qui m’a trouvé un nom ridicule ! Ch’ui au niveau cinq, réveille toi poulette, t’es pas dans l’anime ! Lance-Flammes j’connais pas ! »

- Bon ben… Flammèches ! cria-t-elle.

Le petit Spouf s’exécuta, et le gars se prit les Flammèches sans rien dire.

« Soit ce type est maso, soit il lui manque une case ! » pensa Cat.

Shuu en avait marre d’être face à un type qui disait rien. Il hésita longuement entre la tronçonneuse et le ventre sur pattes, mais il finit par choisir ce dernier. Le Goinfrex sortit de sa PokéBall. Shuu lui envoya une baie ramassée pas loin, et le Pokémon goinfre se mit en position de combat.

- Goinfrex, Métronome !

Le gros tas se mit à bouger les doigts, d’abord doucement puis très vite. Il se mit alors à briller, comme s’il rassemblait de l’énergie. Shuu jura.

- Merde, Explosion.

*grand BOUM et champignon radioactif de style Hiroshima*

Nos six protagonistes étaient indemnes - remercions le très pratique type Spectre qu’était Broke – mais on ne pouvait pas en dire autant pour le Goinfrex et le pauvre agresseur. Ce dernier était évanoui, des brûlures partout sur le corps. Le Corayon de Mentaline le réveilla grâce à Ecume, et il daigna enfin parler :

- Je suis Jû, dit-il doucement.
- Ca nous fait une belle jambe ! On s’en fout de ton nom ! Tu nous veux quoi ? questionna Kanon.
- Ma mission à pour but de vous tuer... J’ai également l’autorisation de vous torturer ou de vous immoler par le feu si nécessaire, dit-il sur le ton de la conversation.
- Ah… dit simplement l’écrivaine. Shuu, viens voir par ici.

Le gamin s’approcha lentement de Kanon, qui l’envoya valser d’un coup de pied retourné. Mais ce fut Bleuts qui explosa :

- PAUVRE PETIT CON ! A PEINE DEBARQUES ON VEUT NOTRE PEAU ! FALLAIT PAS NOUS EMMENER, SOMBRE -

Jû avait un flingue à la main. En effet, pendant l’agitation causée par Kanon, Bleuts et Shuu, il avait désarmé la pauvre Mentaline, et les tenaient dans sa ligne de mire. Pour résumer, ils étaient un peu tous dans la merde.

- Farfuret… Blizzard <3 !

Jû se retrouva congelé, et Mey profita de l’opportunité pour envoyer Steel et utiliser Tornade. Le gars aux cheveux longs s’envola vers d’autres cieux, et les six compagnons se tournèrent vers l’endroit d’où avait jailli l’attaque Glace. Là se trouvait une jeune fille aux très longs cheveux rouges sang, au teint porcelaine et aux yeux de fer. Habillée d’une magnifique robe violette et coiffée d’un chapeau blanc, elle était ravissante. Elle tendit la main.

- Je suis Silver, se présenta-t-elle d’une voix haut perchée. Ravie de vous rencontrer !

Grand moment de flottement. Suivons les pensées de nos protagonistes :

« Silver est censé être un garçon… nan ? » se demanda Menta.

« … Le PreciousMetalS est désormais classé hétéro. … POURQUOI TANT DE HAINE !!! » chiala Shuu intérieurement.

« Je ne crois pas être homosexuelle… mon amour pour Silver serait-il un amour impossible ? » désespéra la pauvre Bleuts.

« Je me répète, mais les jeux et l’anime sont VRAIMENT des PUTAINS de publicités mensongères ! » ragea Kanon.

« Ca pour une surprise, c’est une surprise ! » s’étonna Cat, avant de replonger dans sa déprime.

« Note à moi-même : Ne plus dire que Silver est mon idole. Dans ce monde, en tous les cas. » pensa Mey.

Cat eu le courage de demander :

- Euuuuuuuuuh ? Tu n’es pas censé être un garçon ?

Silver se raidit. Elle tourna la tête, à droite, à gauche, vérifiant probablement que personne ne pouvait les entendre. Mais il n’y avait rien, rien à part une immense prairie et des éoliennes au loin. Elle les réunit en un cercle étroit, et chuchota, sur le ton de la confession :

- Comment vous savez ça ? Effectivement, je suis un garçon travesti.
- …
- …
- …
- …
- …
- …
- Ah ouais, quand même… murmura Shuu, sonné.
- Mais vous ne dites rien, hein ! D’ailleurs, comment le savez vous ? Très peu de personnes sont au courant… Parce que Gold, mon petit ami, ne veut pas qu’on sache qu’il est gay, alors bon…

« LE PRECIOUSMETALS VIT !!! » pensa Bleuts avec effervescence tout en levant le poing vers le ciel.

- En tous cas, merci de nous avoir sauver, on a bien faillit y passer ! lança Cat, reconnaissante, dans une tentative de détendre l’atmosphère.
- Mais de rien <3 ! Vous alliez où en fait ?
- On pensait aller à Ville Griotte, puis à Mauville, dit Shuu. Pour défier le champion.

« Y vient de décider ça tout seul, cet abruti… » ragea Bleuts intérieurement. « Mais bon, quelque part, je ne vois pas où on peut aller à part là-bas… »

- Défier le champion ? Vous avez des Pokémon forts ? demanda-t-il/elle.
- A vrai dire, on n’en a qu’un chacun, et on vient juste de les avoir… avoua Mentaline, penaude.
- Ah… Que diriez vous que je vous aide à vous entraîner ? Je me débrouille pas trop mal en tant que dresseur, je peux vous donner des conseils ! sourit-il/elle.
- Pourquoi pas, dit Kanon. De plus, on pourra peut-être capturer quelques Pokémon !

Ils se mirent donc en route, dans la joie et la bonne humeur. Ils finirent par sortir de cette prairie infinie et débouchèrent sur une petite route de campagne qui devait mener à Ville Griotte. Soudain, Shuu hurla.

- J’AI FAIM !!!!!!
- Et merde, ça commence… soupira Mey.
- JE VEUX DU CHOCOLAT !!!! CE SALE GOINFREX A TOUT PRIS ! OUUUUUIN !
- Fais chier… qui se dévoue ? essaya Mentaline.
- Toi ! fit tout le monde, y compris Silver.
- Pfff… Et si on s’arrêter pour pique-niquer ?
- Oh oui ! Génial ! dit Shuu en sautant de joie.
- C’qui peut être con c’gamin… lâcha Bleuts, fatiguée.

Ils allaient s’asseoir par terre, quand Mentaline fit :

- Pas question que je mange dans de la boue !

Silver sortit alors une plaque de bois assez épaisse, et appuya sur un petit bouton. Des pieds de table en jaillirent, activés pas des ressorts, et ils se retrouvèrent avec une mignonne table champêtre avec bancs intégrés. Pas con, le Silver.

- On mange quoi ? questionna Shuu.
- … Bonne question, répondit Kanon. Quelqu’un à de la bouffe ?
- Moi ! dit Silver.

Il/elle posa on sac au sol, et commença à montrer son butin. Un paquet de baie Oran, du pain, des petits gâteaux fourrés, quelques dragées… Bref, de quoi bien manger. Même qu’il avait aussi une TABLETTE DE CHOCOLAT ! Enfin, il/elle la sortit mais la seconde d’après, elle était déjà dans l’estomac du gamin. Ils mangèrent tous goulûment, la rousse remballa sa super-table-de-la-mort-qui-tue, et ils se remirent en route. Après une petite heure de marche en direction de Ville-Griote, ils tombèrent sur un banal Axoloto. Cat, coachée par Silver, tenta la capture de la bébête bleue.

En effet, elle était une grande fan d’Axoloto. Ces Pokémon l’avaient toujours fasciné, tellement simples et mignons à la fois, avec leur deux petites antennes. Le Feuforêve sortit de la chevelure de sa maîtresse.

- Broke, Vague Psy ! cria-t-elle.

Le spectre s’exécuta, et le petit Axoloto valsa un peu plus loin. Visiblement en colère, il balança un Pistolet à O puissant en direction du Feuforêve, qui esquiva de justesse.

- Demande lui d’éviter, son esquive sera meilleur si tu la lui ordonne ! dit Silver.
- Ok ! Feuforêve, Vague Psy encore une fois, mais en l’air !
- Oh non pitié… gémit Shuu.

Car, évidemment, l’attaque ainsi projetée les toucha tous, et nos sept héros se retrouvèrent cloués à terre, écrabouillés par la force psychique de la vague. L’Axoloto ne résista pas longtemps à cette déferlante venue du dessus, et il tomba K.O. Cat soupira de soulagement et le captura avec l’aide précieuse de Silver.

- Je vais t’appeler… Upah ! sourit la jeune fille.
- J’sais pas pourquoi, mais ça m’étonne pas le moins du monde… soupira Bleuts.

Cat le rentra dans sa Ball, et ils se remirent en route une fois de plus. Enfin, alors que le soleil disparaissait derrière l’horizon, ils arrivèrent à Ville Griotte. Là, Shuu demanda :

- Dit Silver, pourquoi nous as-tu proposé ton aide ? On a rien fait pour ça !
- Ben, je pensais que si j’étais gentil avec vous, vous garderiez le secret ! dit-il/elle avec un sourire.
- C’est bien un raisonnement de garçon, pas de doutes… soupira Bleuts.
- Féministe, dit Shuu.
- Macho, répliqua la blonde.
- Si on allait au centre Pokémon, parce que dans les jeux, on est obligé de se farcir le vieux et les chaussures de courses, et c’est grave gavant, donc faut qu’on se grouille avant qu’il n’ar-
- BONJOUR LES ENFANTS !!! PUIS-JE VOUS FAIRE VISITER LA JOLIE VILLE DE VILLE-GRIOTTE ? cria un Monsieur vieux comme le monde avec une barbe de trois mètres et des cheveux blanc éclatant.
- Grrrr, grognèrent Bleuts et Kanon.

Elles allaient le mettre hors service, quand soudain, Shuu aperçut un reflet argenté qui filait à grande vitesse. Au dernier moment, il baissa légèrement la tête, et esquiva une pointe en métal, semblable à une aiguille. Cette dernière, bien qu’elle n’atteignit pas Shuu, alla se planter dans le cou du vieillard. Aussitôt, il s’effondra, hurlant de douleur, et commença à se tortiller, atteint de spasmes musculaires incontrôlables.

Affolés, ils s’agenouillèrent autour de lui. Mentaline se pencha pour prendre son pouls, et se releva, alarmée.

- C’est pas bon du tout, il est beaucoup trop rapide, le cœur va lâcher… murmura-t-elle d’une voix blanche.

Kanon, Shuu, Mentaline, Silver, Bleuts et Mey regardaient les spasmes réduirent progressivement, et finalement, tout s’arrêta. Mentaline ne se laissa pas abattre, et tenta des massages cardiaques, qui n’eurent aucun effet. Elle continua ainsi pendant dix minutes, avant de se remettre debout. Cat, pendant tout ce temps, était restée à l’écart, complètement horrifiée.

- Il est mort, lâcha Mentaline. Crise cardiaque.

Les six s’agenouillèrent, et entamèrent une prière silencieuse. Ils ne connaissaient pas le moins du monde ce vieux monsieur, mais être témoin de sa mort avait de quoi traumatiser. Mais Cat, à la vue de ce corps, eut une réaction tout autre. Elle s’enfuit en direction de Mauville en pleurant à chaudes larmes. Pris par surprise, ils ne tentèrent même pas de la rattraper. Alors qu’ils allaient partir à sa recherche, Kanon murmura :

- Il faudrait peut-être le signaler à la police…
- Tu as probablement raison, répondit Silver en sortant son Pokématos.

Mais alors qu’il/elle allait appeler, Mey poussa un petit cri strident. Le corps du vieillard avait disparu.

- Il était là y’a deux secondes ! s’écria-t-elle, apeurée.
- Etrange…
- Inutile d’appeler la police, maintenant, marmonna Shuu. Le corps n’étant plus là, ils croiront à une blague.
- Pas faux… Allons chercher Cat.

Ils la cherchèrent pendant de longues heures dans Ville Griotte, mais finirent par abandonner. Cat pouvait se débrouiller seule, et ils pourraient communiquer avec les MeeticMontres, dès que Cat rallumera la sienne, c'est-à-dire quand son chagrin sera passé. Mais ses compagnons ne savaient pas exactement ce qui avait déclenché cette crise de larmes. Certes, la mort du vieillard avait de quoi choquer, mais pas à ce point quand même. Surtoyt qu’elle n’avait aucune raison de s’isoler ainsi. Quoi alors ? Une allergie à la mort ? La perte d’un être cher qui revient en mémoire ? Le début de ses règles ? De toutes ces possibilités, il était difficile d’en écarter ne serait-ce qu’une seule.

Kanon, Mentaline, Shuu, Bleuts, Mey et Silver décidèrent de prendre une chambre à Ville Griotte, et de continuer les recherches le lendemain, étant donné qu’il était minuit passé. Ils s’organisèrent ; Mey dormirait avec Bleuts – au grand damne de Shuu -, Mentaline avec Kanon, et Shuu avec Silver, étant les deux seuls garçons (ou presque, pour l’un des deux). Ils se couchèrent sans mot dire, chacun dans leur chambre respective. Dans l’une d’elle, Mentaline et Kanon discutait à voix basse :

- Je me demande ce qu’il nous voulait ce Jû… D’abord lui qui nous agresse, ensuite le vieux qui meurt à cause d’une aiguille… commença Kanon. J’ai peur pour cette pauvre Cat, seule…
- En tous cas, on est sûr d’une chose, dit mystérieusement Mentaline.
- Laquelle ?
- Ce gars avait un flingue. Et à quoi sert un flingue quand on peut utiliser Ultralaser ou Lance-Flammes ? Les Pokémon sont beaucoup plus destructeurs qu’un revolver.
- Ce qui veut dire… chuchota Kanon.
- Oui. Ce type venait du monde réel.


Dans le monde réel, dans une grande salle, deux personnes étaient agenouillées devant un trône. L’une d’elle, c’était Jû, carbonisé.

- Jû. Tu as échoué, fit une voix métallique.
- Pardonnez-moi.
- Tu n’es vraiment pas compétent. Gardes. Emmenez-le à l’échafaud.
- Bien, firent les gardes en emportant le pauvre Jû.
- Kyû ?
- Oui, Maîtresse ?
- Pourrais-tu te charger de la mission de Jû ? A savoir aller dans le Pokémonde et me ramener l’ADN, avant de les tuer ?
- Vos désirs sont des ordres, maîtresse.
- Bien, tu es un amour. J’ai repéré une cible isolée. Elle s’appelle Cat et se trouve à Mauville. Jû a échoué parce qu’il n’avait pas de Pokémon. Tu dois donc en capturer un en chemin.
- Bien reçu.
- Ma machine peut t’envoyer à Ville Griotte.
- Hmm.
- Tu partiras demain.
- Bien maîtresse. Aucun autre ordre ?
- Si. Il faut que tu sois rentré avant trois jours. Si tu restes plus longtemps, tu mourras.
- Ne vous inquiétez pas. Je m’en souviendrai.

Le dénommé Kyû quitta la pièce. Quand il fut enfin seul, il poussa un énorme soupir, avant de se diriger vers la machine qui l’emmènerait dans le Pokémonde.


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MessageSujet: Chapitre 4 : Solitude   Ven 9 Déc 2011 - 18:42



Cat était sous l’un des trois ponts de Mauville, sous une pluie fine mais dense. Bien triste endroit pour une bien triste personne. La jeune fille déprimait. La mort du vieillard l’avait profondément secouée, et avait fait remonté en elle des pensées et des souvenirs qu’elle s’efforçait de noyer.

Tant de question… Pourquoi les personnes auxquelles on tient le plus sont toujours les premières à partir ? Pourquoi, avait-il fallu que ce soit lui, Break, qui meure, et pas un autre ? Pourquoi, après son départ pour les cieux, Cat n’avait plus jamais rit pour de vrai, en se sentant libérée de toute peine ? Pourquoi, maintenant, Cat se sentait si seule, si abandonnée ? Comme si elle était livrée à elle-même face à sa tristesse, seule face à son désespoir grandissant.

Pourquoi y’avait-il un trou noir dans son esprit ? Un trou noir qui absorbait toute joie, toute euphorie, toute émotion positive ? L’espoir, l’amusement, l’amitié profonde, l’amour ; elle n’avait que de vagues souvenirs de ces sentiments. Ils étaient enfouis dans sa mémoire, et le trou noir commençait déjà à tout aspirer, à tout détruire. Sa joie apparente n’était qu’une façade. Son idée de tourner la page en cherchant quelqu’un pour remplacer Break n’était qu’une simple illusion. Tenter ainsi de faire bonne figure et d’avoir l’air à peu près heureuse demandait des efforts surhumains à Cat. Ils la fatiguaient. Et Cat n’était pas surhumaine. Elle devait finir par craquer. Et cela s’était produit aujourd’hui, à la vue de ce corps inerte, mort. Ce cadavre qui lui rappelait tant le jour où son âme décéda en même temps que Break.

Cat vivait dans un petit appartement miteux. Break et elle se l’étaient achetés pour plus de liberté. A cette époque, Cat était une pile électrique, amicale, chaleureuse… et amoureuse, aussi. Elle et son petit ami Break étaient sur un petit nuage. Un petit nuage vaporeux, moelleux, confortable. Un de ces nuages qui s’élèvent sans s’arrêter, toujours plus vers l’état d’euphorie complète, sans tâche. Cat aimait Break, Break aimait Cat ; l’amour simple et parfait.

Mais, un beau jour de printemps, Cat partit très tôt, sans dire bonjour à Break. Le soir, elle le retrouva inerte, allongé sur le canapé, la bouche esquissant un vague sourire sarcastique. Mort. En un instant, le petit nuage avait éclaté, provoquant une chute mortelle pour Cat. La loi de l’altitude est simple. Plus on monte, plus la chute sera douloureuse.

Elle s’était mise à pleurer. Un jour. Deux jours. Trois jours. Une semaine. Elle ne faisait que pleurer, encore et encore, figée dans ce moment horrible. Ne s’alimentant pas, elle avait décidée de se laisser mourir, buvant juste assez pour pouvoir encore pleurer.

Jusqu’au jour où son frère débarqua. Il s’appelait Muriuki, et était âgé de vingt-cinq ans. La première chose qu’il fit quand il vit sa sœur dans cet état fut de l’engueuler violemment.

- Mais t’es complètement conne !? Lui il est mort, ok ! Toi t’es toujours en vie, t’es une petite chanceuse, donc profite de ta vie, merde à la fin ! Je suis sûr qu’il doit se sentir très mal, ce pauvre gars, à voir son grand amour se laisser crever !
- …

Et il était parti, laissant Cat en plan, comme un plombier qui avait accomplit son boulot. Et effectivement, la jeune fille s’était remise à manger, lentement mais sûrement. Au bout de deux mois, elle se trouva un petit boulot – poissonnière à mi-temps – et elle put ainsi vivre convenablement. Mais pas pleinement. Comment vivre pleinement si on est vide à l’intérieur, ou presque ? Au lycée, on la surnommait Echo, en référence au personnage de Pandore Hearts du même nom. Une rumeur disait que c’était une sorte de robot.

Mais comme elle était vide, les insultes étaient aspirées par le trou noir à la place du cœur de Cat. Et ce qui devait arriver arriva. Elle sombra dans la drogue. Trois paquets de KyuuCookies par jour, ce qui équivalait à une sacrée dose de résine de cannabis. Mais on ne pouvait pas tenir ce rythme sans mourir d’overdose au bout d’une semaine, même en étant une habituée.

Cette fois, ce fut sa mère qui vint tout stopper, en Juillet. Cat n’avait plus que sa mère, son père s’étant barré quand Cat avait 5 ans. Sa mère s’appelait Alice. Une femme très douce et féminine avec laquelle Cat était extrêmement complice. Un soir, elle avait débarqué dans le P2 de Cat, avait jeté tous les KyuuCookies à la poubelle devant le nez de la dépressive, et lui avait murmuré :

- Je t’aime, ma chérie.

Ces quatre mots qui réconfortent. Quand on sait que quelqu’un vous aime, la vie est soudain plus facile. Cat l’avait oublié. Sa mère lui avait fait un gros câlin, puis elle était elle aussi repartie, aussi silencieusement qu’elle était arrivée. Cat avait donc retrouvé un peu de joie de vivre. Jusqu’à ce fameux soir où elle découvrit Meetic.


Mais cette joie de vivre, Cat l’avait de nouveau perdu. Sa mère était dans le monde réel, et la jeune fille n’avait que peu de chances de la revoir un jour, à en croire Shuu. Aussi, elle se sentait plus seule que jamais. L’étincelle positive venait d’être aspirée par le trou noir, comme plein d’autres choses.

Musique d’ambiance à écouter en boucle.

« Je suis seule. Seule  »

Effectivement, Cat était seule. Seule sous l’un des trois ponts de Mauville.




Silver, Kanon, Mey, Bleuts, Mentaline et Shuu entamaient le 3ème jour de recherche. Ils commençaient à désespérer de retrouver la jeune fille un jour. Bien qu’il fût sept heures du matin, on n’y voyait que très peu à cause des nuages. Ville Griotte était une charmante petite bourgade, mais ils l’avaient ratissée de fond en comble sans trouver la moindre trace de Cat. Ils décrétèrent donc que Cat devait se trouver à Mauville, et après avoir récupéré leurs affaires, ils partirent.

- CAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAT ! HEEEEE HOOOOOOO ! hurlait Shuu.
- TA GUEULE PUTAIN, J’AI MAL À LA TETE ! l’engueula Bleuts.
- Mais tu veux que je fasse quoi d’autre ? s’insurgea le gamin.
- Va nous acheter des sacs de couchages, des provisions, des sacs à dos et tout le barda, ça t’occupera ! proposa Kanon. Et puis ça va nous devenir indispensable…
- On n’a pas d’argent… marmonna Shuu.

Silver soupira, et tendit une bourse en cuir au jeune garçon.

- … Silver, je t’aime.
- C’est ça. Allez, file acheter des trucs !
- Roger !

Il partit, laissant les quatre filles et le travesti s’occuper de la recherche de Cat. Shuu acheta tout ce dont ils auraient besoin. Un énorme sac à dos à chacun ainsi qu’un duvet haute qualité, des couvertures de survie, six kits pour les premiers secours, un stock de Super Potion et de Total Soin, et des vêtements chauds ultra-compacts. Bref, un beau butin qui coûta toutes les économies du pauvre Silver. Shuu les rejoignit tous les cinq alors qu’ils étaient en train de chercher Cat au centre Pokémon.

- C’est bon, t’as tout ? questionna Kanon.
- Ouais, c’est bon ! sourit le gamin.
- Mon porte-monnaie… chiala Silver.
- Ah oui, désolé !
- Tu vas devoir me rembourser, avorton ! menaça Silver.
- EH ! cria Shuu. VOUS SAVIEZ QUE SILVER ETAIT EN FAIT UN-
- C’est bon c’est bon, c’est cadeau ! le coupa Silver, rougissant.




« Je suis seule. Seule…»

« A quoi vivre peut donc bien servir, si on est seule à en profiter ? Je ne veux pas être seule. J’ai envie de mourir. Mourir et retrouver Break. »

Broke ne savait pas quoi faire. Comment remonter le moral de sa maîtresse quand on est soi même dépressif ? Car le petit Broke avait lui aussi perdu son amie. Pas tout à fait de la même façon, cependant. Un an auparavant, Broke était très amie avec une jeune Feuforêve. Mais cette dernière s’était faite capturer par une jeune dresseuse. Alors, certes, elle était toujours en vie, mais Broke ne la reverrait plus jamais.

Cat et Broke. Deux âmes en peine sous un pont, par temps de pluie.

« Je ne vis pas. Je survis. Quel intérêt ? Aucun. »

Sous le pont d’à côté, se trouvait Kyû. Kyû était un petit garçon, probablement âgé de 8 ans, voire un peu moins. Ses cheveux blonds, détrempés, pendaient lamentablement sur son visage joufflu. Malgré son jeune âge, quelque chose dans son regard faisait comprendre qu’il en avait vu d’autres. Assis, il tenait dans ses mains un énorme bazooka. Il semblait tout aussi déprimé.

Cat, Kyû et Broke. Trois âmes en peine sous deux ponts, par temps de pluie.

« Je suis une pauvre fille seule. Sans ami. Sans amoureux. Sans cœur. Sans âme. »




- Toujours rien ? demanda Mentaline à Mey qui venait de fouiller la tour Chétiflor.
- Non, elle est introuvable ! répondit-elle, essoufflée et trempée.
- Elle est pas non plus au centre Pokémon ! annonça Silver en les rejoignant.
- Mais elle est où alors ?! tempêta Shuu.
- Pas à l’Académie Pokémon, en tous cas ! s’écrièrent Kanon et Bleuts qui venaient d’aller vérifier.

Ils étaient tous les six devant le centre Pokémon de Mauville, trempés jusqu’aux os. Cela faisait des heures qu’ils cherchaient, et toujours rien. La nuit tombait, maintenant, il devait être huit heures du soir.

- Réfléchissons… marmonna Kanon. Où irait se cacher une dépressive ? Non, où irait se cacher quelqu’un alors qu’il pleut à torrent ?
- Hum, elle est sans doute allée s’abriter, effectivement… Mais j’ai sonné à toutes les portes, personne ne l’a vu ! fit Mey.
- Il n’y a pas que les maisons, rectifia Mentaline. Il y a aussi les arbres, ou les constructions creuses, ou encore les avancées des toits…
- Ou les ponts ! s’exclama Silver.
- Mais bien sûr ! Les ponts de Mauville ! Ca fait plusieurs fois qu’on les traverse, mais on n’a jamais pensé à regarder en dessous…
- Allons-y ! lança Kanon.




Kyû s’approcha discrètement et vint s’asseoir à côté de Cat et Broke. Il contempla le ciel, maudissant les nuages pluvieux de lui cacher la voûte céleste étoilée. Lui aussi était seul. Il était né avec une arme dans les mains et un gilet pare-balle sur le dos. Son père et sa mère étaient de la Mafia Russe. Tout aussi petit qu’il était, il fut muté vers une société inconnue. Depuis il travaillait pour M-M. Et il n’était pas libre. Il devait obéir, comme un oiseau en cage. Exploité dès son plus jeune âge, entraîné et formé à la dure, forcé d’obéir à des gens qu’il ne connaissait pas.

Kyû en avait marre de tout ça. Plus que marre, même. Il saturait.

- Toi aussi tu es triste ? demanda Cat d’une voix morne, s’apercevant enfin de sa présence.
- Oui, répondit le garçon.
- Tu es dépressif ? questionna la féline.
- Oui.
- On est deux, dans ce cas. Pourquoi ?
- …
- …
- …
- …
- …je ne suis pas libre, murmura le petit garçon.
- Et moi je suis seule. On fait la paire.
- J’en ai marre d’obéir aux ordres, de ne pas être libre de faire ce que je veux.
- Je te comprends.
- …
- Moi, je veux crever. Vraiment.
- Je vois, souffla le petit blond.
- Tu t’appelles ?
- Kyû.
- Kyû… Dit Kyû, tu dois faire quoi ici, au juste ? questionna la jeune femme.
- Te tuer en récupérant ton ADN.
- Ah, dit Cat.
- Tu permets que je le fasse ? demanda Kyû. J’y suis obligé. Tout comme je suis obligé de faire plein d’autres choses.
- Pas de problème… Ne te gêne pas.

Kyû coupa une mèche de cheveux de Cat et se recula d’une quinzaine de mètres, avant de poser son arme sur son épaule. Une arme plutôt imposante de part sa longueur et son allure un peu lugubre.

- Tu ne devrais pas avoir trop mal. Je vais essayer de viser la tête, ça sera sans douleur.
- Tant mieux.

Il tira. Cat vit alors toutes les belles choses qu’elle avait vécues. L’expression « voir la vie défiler devant ses yeux » n’était pas surfaite, loin de là. C’était comme si un film passait en accéléré sur les pupilles félines de Cat.

Cat avait seize ans. Elle marchait, sans vraiment regarder où elle mettait les pieds. Elle avait un peu le cafard, en même temps. C’est alors qu’un jeune homme aux cheveux argentés lui était rentré dedans. Il était particulièrement charmant aux yeux de Cat, et était en train de manger une sucette d’un rose éclatant. Il avait également une petite poupée sur l’épaule.

- Oups ! Désolé ! Un bonbon ? avait demandé le jeune homme.
- Hmmmm… Volontiers !
- Menthe ou citron ?
- Citron ! s’était exclamée Cat.
- Tiens !

Il lui avait tendu le bonbon, qu’elle avait prit et avalé goulûment. Ils s’étaient assis sur un banc, et le gars lui en avait proposé un autre, qu’elle avait mangé avec plaisir.

(ndla : Toute ressemblance avec la tactique d’attaque d’un pédophile est purement fortuite.)

- Tu t’appelles comment ? avait questionné Cat.
- Break. Xerxes Break. Et elle, c’est Emilie.
- Salut beauté ! avait fait la petite poupée.
- T’es ventriloque ?
- Pas du tout ! J’ai une vie à part entière, et ouais ! s’était insurgée la petite poupée.
- Bon… Si tu le dis !
- Bien sur que j’le dis ! s’était-elle énervée.
- Et toi, c’est quoi ton petit nom ? avait demandé Break.
- Cat.
- Maow ! Encore un bonbon, neko-chan ? avait il demandé.
- Comment refuser ? avait-elle dit en le prenant avec un sourire.

Ils s’étaient ensuite rendus à l’appartement de Cat, où ils avaient papoté pendant des heures. Trois jours plus tard, Cat n’était plus vierge et Break s’installait avec elle.


Le lourd projectile émincé avançait au ralentit. Il n’était maintenant qu’a 2 mètres de Cat.

« Et le jour de la fête foraine… »

Cat et Break étaient dans la grande roue. Vue magnifique, espace réduit, bref, scène typique d’un Manga Shojo.

(Ndla : FerrisWheelShipping, I see you !)

Ils se bécotaient comme deux Laporeille en chaleur, quand un craquement sinistre s’était fait entendre. Puis un autre. Et la cabine était tombée. Comme une merde. A 5 mètres du sol, ils s’étaient immobilisés, flottant comme ça dans les airs, soutenus par un gros truc bizarre. Ce jour-là, Cat fit la rencontre de Mad Hatter. Mad Hatter, soit le Chapelier Fou en français, était un œil gigantesque coifé d’un chapeau. C’était une sorte de créature fantastique, et Cat en avait été toute retournée, pensant que ces choses là n’existaient que dans les mangas.

Le même jour, Break lui révéla qu’il ne lui restait qu’un an à vivre et qu’il avait 83 ans, justement à cause de ce « Mad Hatter » Vous imaginez quand même le choc pour Cat. Mettez-vous à sa place : elle avait quand même couché avec un gars du quatrième âge, armé d’un monstre destructeur, et quasiment sur son lit de mort !

Mais Cat était restée positive, voulant profiter au maximum de leur amour  avant que la fin inévitable ne survienne.


Au moment où le missile arrivait à un mètre d’elle, une attaque Cyclone envoya bouler Cat sur la rive gauche, et le projectile explosa à vide. Kyû se retourna vers la source de l’attaque. Il se retrouva face à un imposant Airmure, un Goinfrex, un Corayon, un Malosse, un Magicarpe – pas forcément très impressionnant, mais bon… -, un Aligatueur, un Farfuret et un Ectoplasma – les trois derniers appartenant à Silver. Autant dire que le pauvre Kyû était un peu dans la merde s’il devait les affronter. Mais il ne voulait pas se battre. Il n’avait plus envie de rien. A part de mourir libre.

Une voix sortit alors de nulle part :

- Agent Kyû, dépêchez-vous de rentrer, où vous mourrez ! Plus qu’une minute !
- Je n’ai pas l’intention de revenir, répondit-il à sa montre.
- Mais, c’est un gamin ! s’exclama Mey, en apercevant la personne armé du bazooka.
- Oui, je suis un gamin. Et je suis un monstre.
- Comment ça ? s’étonna Mentaline.
- Voyez vous, je suis empathe… Je ressens ce que ressentent les gens. Je sais que cette jeune fille est malheureuse… Et j’ai failli la tuer… Je vous remercie de vous être interposés.
- De rien mais… commença Kanon.
- N’importe quel humain mérite de mourir heureux et libre. Cette jeune fille est une humaine, et par conséquent, son heure n’est pas venue. Moi en revanche… Je veux mourir. Maintenant. Et je veux mourir libre, et non pas sous le contrôle de M-M.

Sans que personne n’ait le temps de réagir, il sortit soudain un Natu, et ce dernier les fit s’envoler avec une Psyko. Ainsi, Kyû, Cat, Mey, Shuu, Kanon, Bleuts, Mentaline et Silver se retrouvèrent à monter lentement dans le ciel. Ils traversèrent la couche de nuages pluvieux et débouchèrent dans une immensité magnifique.

Les étoiles brillaient d’une lumière venue d’ailleurs, la voix lactée scintillait doucement. Le ciel était d’un violet profond, la lune éclairant les nuages telle une lampe éclairerait une crème chantilly. A travers des trous dans les cumulo-nimbus, ils virent Mauville, scintillante de mille feux. Les lumières des maisons éclairaient les façades et les toits d’ardoises, tandis que la tour Chétiflor se balançait doucement, dominée par le vent violent.

Et là, une particule scintillante se détacha de Kyû. Puis une autre. Puis des centaines. Kyû était en train de disparaître. Il leur fit un petit signe de la main, et leur sourit de toutes ses dents d’enfant. Les sept personnes fixaient le petit garçon, ce petit garçon qu’ils ne connaissaient pas mais qui était en train de mourir sous leurs yeux. La dernière poussière s’évapora dans la nuit, tandis que le Natu les faisaient descendre en douceur.

Cat se mit à pleurer et se réfugia dans les bras de la personne la plus proche d’elle. A savoir Shuu. Ce dernier la gifla de toutes ses forces.

- T’ES QU’UNE IDIOTE ! T’ES PAS SEULE PUTAIN, ON EST LA NOUS ! SI TU TE REMET JAMAIS DE LA PERTE D’UN ETRE CHER, T’ES MAL BARREE MA PAUVRE ! ON S’EST INQUIETE A MORT, ALORS TU NOUS REFAIT PLUS JAMAIS CA COMPRIS !
- Euh… Oui, compris, désolée…
- On sera là pour toi, faut pas te faire de souci, ma petite Catounette, sourit Mey.
- Ouais ! Et si t’es triste on lattera celui qui en est la cause ! dirent Bleuts et Kanon d’une même voix.
- Vous cassez l’ambiance hyper « Friends Forever » que ce putain d’auteur a voulu instaurer… soupira Mentaline en les assommant.
- J’te connaît pas beaucoup, mais tu peux compter sur moi, si t’as besoin de soutien, dit Silver.
- Merci tout l’monde ! dit Cat, en chialant de plus belle. Je suis trop heureuse !
- Cat est heureuse, demain il neige des Bisounours ! railla Shuu.
- Pfff ! ricana la jeune fille.

« La joie… Cette émotion, le trou noir va avoir du mal à l’aspirer ! Kyû a raison, tout le monde mérite de mourir heureux… Kyû, si tu peux lire dans mes pensées… ben merci beaucoup ! » pensa Cat.

- Bon, on s’la fait cette arène de Mauville ? s’enthousiasma Shuu.
- Mouais, si tu veux…
- Qui veux combattre ? demanda Silver.
- Moi ! dit Shuu.
- Idem pour moi, s’exclama Cat, enfin un peu heureuse.
- Nous aussi ! dirent Kanon et Bleuts.
- Nous, on veut faire des concours ! sourirent Mey et Menta.
- Pourquoi pas ? C’est parti pour l’arène de Mauville ! Mais d’abord… Il est neuf heures et j’ai rien bouffé… J’AI FAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIM ! hurla Shuu.
- Et merde, ça recommence… soupira Mey.

*rires collectifs de styles HAPPY END HAPPY FRIENDS, avec le groupe qui avance vers l’inconnu et le soleil couchant en arrière plan*

« Alone… Or not ! » pensa joyeusement Cat.

Quelque part dans les nuages, un jeune homme aux cheveux argentés sourit, tandis qu’il faisait « Tope-là ! » avec un petit garçon blond.


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MessageSujet: Chapitre 5 : Trois teams, deux combats   Ven 9 Déc 2011 - 18:44



- Hmmm… gémit Shuu. Tu m’as l’air délicieux… chuchota-t-il en s'enivrant des senteurs aphrodisiaques.

Shuu était dans sa chambre fermée à double tour au Centre Pokémon de Mauville. Les murs étaient parfaitement insonorisés, et personne n’entendait sa respiration haletante. Le soleil était à son zénith, et formait un rayon de lumière à travers les vitres poussiéreuses.

- Oui, vraiment délicieux… susurra-il en commença à le lécher sensuellement. Tu es tellement bon…

Il continua ainsi, profitant un maximum du plaisir qu’il lui procurait. Alors, le gamin décida de le finir, de le dévorer.



Et Shuu croqua dans la tablette de chocolat acheté une heure plus tôt à la chocolaterie de Mauville.

(ndla : Vous y avez cru, hein ! :p)


- Bleuuuuuuts ! Réveilles-toi, il est midi ! dit Mey en secouant la blonde, profondément endormie.

Cette dernière fit la sourde oreille, préférant faire la grasse mat’ jusqu’à 3 heures de l’après-midi. Allongée en vrac dans le lit, un pied dépassait, et un de ses bras pendait dans le vide. Mey la fixait, complètement exaspérée. Elle fit une autre tentative.

- Toi et les autres doivent aller s’entraîner pour défier le champion, tu te souviens ?

Pas de réponse.

- Bleuts, réveilles-toi, je vais me fâcher…

Toujours pas de réponse.

- BLEUT ! REVEILLES-TOI ET MAGNE TON CUL, SALE SADIQUE DEGENEREE ET PARRESSEUSE ! hurla-t-elle en faisant trembler les murs.

Grand silence. Mey attrapa alors la blonde par les cheveux et la fit tournoyer comme une lanceuse de marteau olympique, puis la lâcha. Bleuts s’écrasa contre le mur, mais persista dans son sommeil profond. Mey continuait de crier comme une tarée :

- BLEUTS ! BORDEL DE MERDE DE CHIASSE DE MAGICARPE ! REEEVEEEEEEIIIIIILLLLLLLES TOI !

Bleuts se mit à ronfler. Là, Mey péta littéralement un câble, et se mit à balancer les meubles sur la sadique endormie, sans succès. Alors qu’elle allait sortir Steel pour exploser la gueule de la blonde, Kanon ouvrit la porte et dit, chantonnante :

- Bleuts, les KyuuCookies sont prêt ! ~
- J’arrive ! répondit-elle, soudain parfaitement réveillée.
- …

Elles sortirent joyeusement toutes les deux, laissant Mey seule, décoiffée, rouge de colère, essoufflée, entourée d’un bazar inimaginable. « UNE CORDE SORTIE, PITIE ! »


Mentaline, Kanon, Bleuts, Cat et Silver étaient assises autour d’une table magnifiquement garnie de diverses sortes de mets. Les cinq gentes dames se sustentaient en festoyant gaiement et en-

- Euh… Monsieur l’auteur… LACHEZ CE DICTIONNAIRE DU LANGAGE SOUTENU ! hurla Kanon.

(ndla : C’est bon, c’est bon… Vraiment, faut que je fasse des persos avec plus de sens de l’humour que ça…)

Donc je disais que les cinq filles – enfin, filles, ça dépend comment vous considérez un travesti… – avalaient leur petit déjeuner dans un silence tout relatif. Ce fut Kanon qui le brisa.

- Au fait, il est où Shuu ?

(ndla : C’est Shuuuuu ! Shuu l’ornithorynque ! *SBAFF*)

- Il fantasme sur son chocolat… soupira Bleuts. Un volontaire pour le récupérer ?
- Je m’en charge… fit mollement Silver en levant la main.
- Bon courage… railla Cat, qui était chargée de garder le Goinfrex pour éviter que ce dernier ne dérange son maître pendant la dégustation suprême.

Trois minutes plus tard, Silver descendait les marches menant aux chambres en portant Shuu comme un sac à patates. Le gamin aux cheveux noirs se débattait, n’ayant pas encore fini de manger la nourriture divine. Le roux – ou la rousse, comme vous voulez… - l’assit de force avec l’aide de son Aligatueur, et s’assit à son tour.

Peu après, Mey déboulait avec une immense serviette couvrant son corps nu. Elle sortait de la douche – histoire de se recoiffer un minimum – et sa tenue mettait en valeur ses courbes (très) généreuse. Shuu eu un violent saignement de nez, tandis qu’elle s’asseyait à côté de lui en s’excusant de son retard. Silver se racla la gorge avant de prendre la parole d’une voix haut perchée.

- Bon, en tant que coach personnel provisoire, je vais vous entraîner pour que vous soyez prêts à combattre le champion. Tout d’abord, je dois vous informez qu’à Johto, les combats et les concours se gagnent par Team.
- Comment ça ? demanda Cat, perplexe.
- Et bien, en début d’aventure, les gens se mettent par deux, forment une « Team », et tentent de gagner des Badges ou des Rubans. Cette façon de gagner des compétitions fut mise en place par la Fédération Inter-Régionale des Combats et Concours Pokémonesques, soit la FIRCCP, pour encourager la collaboration et répandre les combats doubles, il y a un an de ça. C’est pour cela que je ne fais parti d’aucune Team, parce que j’avais déjà commencé mon voyage quand le décret est passé.
- Si j’ai bien compris, on est censés se choisir un coéquipier et former une Team ? résuma Mentaline.
- Oui, mais seulement si vous voulez faire de la compétition.
- Je veux me mettre avec Bleuts ! lança Kanon avec enthousiasme. On sera la Team Sadique De La Mort Qui Tue Tout le Monde Alors Allez Tous Vous Coucher !
- Trop cooool ! dit Bleuts, des étoiles dans les yeux. Mais trop long… Team Sadist ?
- Bof... dit Kanon. Team Spouf ?
- Merdique. Team Shoot ? proposa Bleuts.
- Classe ! On garde ! sourit l’auteur de Dévo.

Vint le tour pour Cat et Shuu – les deux dresseurs restants, Menta et Mey désirant être coordinatrices.

- Team Maow ? proposa la neko.
- J’aime bien, mais c’est pas assez recherché. Team Shuu et Cat ?

Cat chercha une corde du regard.

- Team Nekos Pawa ! proposa Cat.
- Je fais pas assez félin… Trouve autre chose !
- Team SECF ? Pour Team Shuu Et Cat Forever ? railla-t-elle.
- Pff… Team Déconne !
- Non… Team Nagers ! Ca fait Teenagers ! Ou-
- Adolescents en anglais, je sais… la coupa Shuu en soupirant. Why not ? C’est classe !
- C’est décidé ! A vous, Mey et Mentaline !
- …
- …
- …
- Quoi, vous avez pas d’idées ?! s’étonna Silver.
- Ben… non, avoua Mey, penaude.
- Aucune ?
- Aucune, soupira Menta, désespérée.
- Pourquoi pas Mee Team Affinity ?
- Shuu, va te pendre, coupa Bleuts en le frappant.
- Les Cordes Sortie sont hors de prix en ce moment ! s’insurgea le gamin en se massant le front.
- Et zut, moi qui voulait en acheter une… soupira Mey.
- Idem pour moi… ajouta Cat.
- JE SAIS ! gueula Mentaline. La Team White Angel !
- Ca me fait penser à de la javel ou à de la lessive… dit Shuu, ce qui lui valu un autre bleu.
- Moi j’aime bien ! s’illumina Mey. Adjugé vendu !
- Bon, problème réglé ! s’exclama Silver. Allez vous faire enregistrer… C’est au bureau de Joëlle.
- OK !

Ils sortirent de la cafétéria, et se dirigèrent vers le fameux bureau. Une infirmière Joëlle les reçut. Là encore, l’anime était tout sauf fidèle à la réalité ; l’infirmière Joëlle avait des cheveux ultra-long, une cigarette à la bouche, des petites lunettes teintée en rouge, une tenue pantalon-chemise blanche, une poitrine démesurée qui sortait un peu trop du décolleté… Bref, oubliez l’infirmière innocente et sainte nitouche de l’anime. Elle les salua avec un air blasé, avant d’aspirer une nouvelle bouffée de tabac.

- B’jour. Vous v’lez quoi, sombres larves ? cracha-t-elle.
- Enregistrer nos Team, dit Mentaline, un peu sonnée par la tenue et l’attitude du personnage censé être le plus bienveillant de l’anime.
- Dresseurs ou coordinateurs ?
- Deux Teams de Dresseurs, et une Team de coordinatrices, énonça Silver.
- Je vous écoute…
- Team Shoot ! dit Bleuts. C’est une Team de deux dresseuses, Bleuts Prussalia et Kanon Simiophia.
- Quel âge ? demanda l’infirmière en balançant sa clope au sol avant d’en prendre une autre.
- 16 et 20 ans, indiqua Kanon.
- Ok c’est bon. Next, dit elle en leur balançant un nuage de fumée en pleine tronche.
- Nous c’est, keuf keuf, la Team Nagers ! Cat Pandora, 17 ans et moi, Shuu Jaggerjack, 12 ! On est des dresseurs !
- C’est noté. Et pour les deux poufia-

Mey, déjà bien énervée à cause de Bleuts et de son réveil difficile, avait sorti l’imposant Airmure, et l’infirmière s’était tue subitement, soudain un peu verte.

- Pour les deux charmantes jeunes filles qui reste, ha, ha, hahahaa… bredouilla-t-elle en tiquant de l’œil.
- La Team White Angel ! sourit Mey, effectivement angélique – ou presque.
- Age et nom ?
- Mey Milkya, 16 ans et Mentaline Weiss, 16 ans aussi, dit cette dernière. Coordinatrices.
- Je m’en doute. Voilà c’est fait. Bon voyage, et tout le toutim… Maintenant, barrez vous ! grogna l’infirmière.
- Au revoir et merci ! fit Shuu tout content, souriant, tandis que Bleuts faisait un bras d’honneur à l’infirmière.
- Petit naïf… soupira Kanon.
- Je t’emmerde, simsophile, répondit le gamin, soudain rembruni.

Ils suivirent Silver vers là Tour Chétiflor, là où il/elle devait les entraîner. Mey s’était habillée plus correctement, et Cat portait Shuu, qui avait un magnifique bleu au genou, ainsi que de nombreux bandages sur le visage. Après avoir pénétré la Tour, Silver dit aux quatre dresseurs qui devaient combattre :

- Bon ! Les combats d’arènes se font en double ! Je vais donc vous aider à mettre au point quelques combinaisons, et vos Pokémon progressons dans le même temps !

L’entraînement dura jusqu’au soir, et ils rentrèrent tous, exténués, les uns par l’entraînement intensif de Silver, les autres par l’après midi à faire les Pom-Pom en minijupe – au plus grand bonheur d’une certaine personne. Ils dormirent comme des Ronflex ayant pris une boîte de Sédatif PC, et se réveillèrent le lendemain, d’attaque pour leur match d’arène. Au grand soulagement de Mey, Bleuts se réveilla avec une facilité déconcertante.

Le chemin vers l’arène fut bref, mais l’arène en elle-même était pour le moins époustouflante. Elle faisait 120 mètres d’altitude, c’était écrit sur le panneau, et elle était entièrement en verre. Ils pénétrèrent à l’intérieur, et virent un moyen d’ascension très original, à la pointe de la modernité, j’ai nommé… l’escalier. Environ 600 marches. Ca aussi c’était écrit sur le panneau.

- QUOI ?! hurla Cat en découvrant le nombre de marche. Je vous préviens, je monte pas ça !
- Et tu comptes monter comment, alors ? répliqua Bleuts, cynique.
- Comme ça !

Broke le Feuforêve utilisa une Vague Psy pour former un cercle, et Upah l’Axoloto fraîchement capturé le mouilla avec Pistolet à O. Mey se prêta au jeu, et le Cyclone de Steel créa une énorme bulle, dans laquelle ils entrèrent tous. Bref, scène idyllique de type manga Shojo avec les héros qui volent dans des bulles. Ils arrivèrent en haut en un temps record, et se retrouvèrent sur une plateforme au sommet de la tour.

Le toit était plutôt démuni. Totalement plane et en acier, la seule chose qui brisait la monotonie était un terrain tracé à la peinture rouge, et un poteau surmonté d’un écran de score. Là, il trouvèrent Albert, le Champion local, agrippé à un poteau, tremblant de tous ses membres.

Physiquement, il ressemblait fidèlement au personnage du jeu vidéo. Des cheveux bleu foncé, des yeux perçants comme ceux d’un faucon, une tenue azur, une écharpe simple mais stylée… Bref, le Albert que tout le monde connaît. Sauf que.

- Eh ! Albert, on veut faire un match ! cria Kanon en s’approchant du Champion, pour couvrir le bruit du vent violent.
- O… OK… A… All… Allez v… vous... mettre... en… fa…face.
- Y’a quelque chose qui va pas ? Tu trembles comme une feuille… s’inquiéta Mey.
- N… Non c’est… r… rien ! J’ai… ju… jus… juste le… ver… vertige !

Gros blanc pesant. Un blanc qui fut brisé par la crise de fou rire de toutes les personnes présentes, excepté le pauvre Albert. Mey essaya de parler en se tenant les côtes :

- Tu, hahahhaha, tu veux dire que, hihuhihhu, tu passe tes journées à 100 mètres d’altitude alors que t’as… hhahahaah… le vertige ! réussit-elle à articuler avant de s’écrouler et se rouler par terre.
- Ben… mon… pè… père… ai… aimait… les… end… endroits en hauteur… Donc… il… a fait… con… construire… cette arène… très… haut…
- Et après, il a voulu voler comme un oiseau et il a sauté de la tour ! Sauf qu’il a oublié le parachute, et t’es devenu le Champion à sa place, parce qu’il a crevé ! railla Shuu.
- Oui… c’est… ça en plus… gémit le Champion en sentant les larmes lui monter aux yeux.
- Non, sérieux ?! s’étonna Kanon.
- Oui… bredouilla Albert, pleurant pour de vrai cette fois.
- Shuu, tu n’as donc aucune idée de ce qu’est le « tact » ? le réprimanda Mentaline.
- Une poudre planche qu’on utilise pour changer les bébés ?
- Non, ça c’est le talc… soupira Mey en songeant sérieusement à sauter dans le vide.
- Ah… donc non, je sais pas ce que c’est !

Bleuts le balança dans le vide. Il réapparu quelques secondes plus tard sur le dos d’un Goinfrex ayant utilisé Vol Magnétique grâce à l’attaque Métronome. La blonde se fit engueuler par Mentaline, icône humaine du « Pisse & Lave ». Mey soupira de soulagement, ne voulant pas une deuxième mort sur la conscience, après l’incident du vieillard.

Mais malgré le vertige d’Albert, le manque de tact de Shuu et les tentatives de meurtres de Bleuts, le combat put finalement commencer. Albert se plaça d’un côté du terrain en titubant, tandis que Bleuts et Kanon faisaient de même. L’arbitre était en fait électronique, et parlait depuis des haut-parleurs fixés au tableau des scores.

- LE COMBAT OPPOSANT LA TEAM SHOOT AU CHAMPION ALBERT VA COMMENCER, fit une voix métallique. ENVOYEZ VOS DEUX POKEMON.
- Spouf, à toi ! ordonna Kanon alors que le petit Malosse sortait de sa Ball.
- Magicarpe, en avant… fit Bleuts sans enthousiasme, se rendant compte à quel point son Pokémon était inutile.
- Rou… Roucoups, Roucool, en… avant ! envoya Albert.
- CE SERA DONC ROUCOUPS ET ROUCOOL FACE A MALOSSE ET MAGICARPE. QUE LE COMBAT… COMMENCE !
- Magicarpe… Euh… Attaque Trempette ! commença Bleuts, pas très convaincue.

Le Magicarpe sautilla sur place, faute d’avoir de l’eau pour éclabousser l’ennemi. Mais le Roucoups, avait faim, et décida de manger au travail. Il fonça droit sur le Magicarpe.

- Mais c’est impossible ! s’exclama Bleuts, souriante. Magicarpe est immangeable, c’est Ondine qui le dit dans l’anime !

Le Pokédex de la MeeticMontre se mit alors en marche, comme ça, sans raison, juste pour faire chier. Magicarpe. Il effectue des bonds hors de l'eau, faisant de lui une proie facile pour les ROUCOUPS.

- Une corde, pitié ! chiala Bleuts, alors que le Roucoups mordillait méchamment son Pokémon.
- Désidemment, c’est la ruée aux cordes sortie, en ce moment ! commenta Cat.
- MON POKEMON SE FAIT BOUFFER PUTAIN ! hurla Bleuts.
- KANON A LA RESCOOOOUUUUUUSSSSE ! Spouf, Flammèches sur le Roucoups !

Le petit Malosse s’exécuta, et le Roucoups se transforma en poulet grillé. Mais le pauvre Magicarpe, dans la trajectoire de l’attaque, devint un magnifique poisson pané Picard. Résultat, un Magicarpe au bord du K.O., et un Roucoups plutôt mal en point.

- Rou… coups… Aéropique ! ordonna Albert.
- Oh merde… jura Kanon, alors que le Roucoups percutait Spouf.
- Roucool, Roucoups… Pi.. Picpic sur le … po…poisson !

Les deux volatiles s’exécutèrent, et le Magicarpe souffrit grave sa pauvre race. Spouf profita de l’occasion pour charger une grosse Flammèche.

- Magicarpe, libère toi avec Trempette !

Le poisson éjecta gentiment les deux oiseaux, qui décidèrent de s’en prendre à Spouf dans un violent Aéropique. Avant l’impact, Spouf relâcha une énorme sphère feu… en direction du Magicarpe de la blonde. Avant d’être mit KO par les deux volatiles d’Albert. Il ne restait plus qu’un Magicarpe sur le point de se faire griller.

- Mais t’es conne ou quoi Kanon ! cria Bleuts, remontée. Magicarpe, Trempette, vite !

Le Magicarpe sautilla, et la Providence voulut que la boule de feu soit frappée par la queue du poisson avec une puissance plutôt élevée. Ainsi projetée, l’énorme flamme dégomma les deux oiseaux dans le ciel comme un jeu de quilles, les mettant K.O. sur le coup.

- STRIIIIIKE ! hurla Bleuts, au comble de la joie.
- ON A GAGNE ! cria Kanon, à la limite de l’hystérie.
- VICTOIRE DE LA TEAM SHOOT. CHAMPION ALBERT, VEUILEZ REMETTRE LE BADGE.
- Bien, dit-il en leur donnant une plume en fer. Vo.. vous l’a… avez mé..rité. Votre f…
- C’est bon, on connaît le topo, on t’as déjà battu une bonne dizaine de fois… soupira la blonde avant de se faire réprimander discrètement par Mentaline.
- Elle plaisante ! sourit le mioche. A nous maintenant !
- Très… bi… bien…
- LE COMBAT OPPOSANT LA TEAM NAGERS AU CHAMPION ALBERT VA COMMENCER ! C’EST PARTI !
- Rapasdepic, Roucoups, à…. Vo…vous ! dit-il en sortant deux imposants Pokémon.
- Le Rapasdepic à pas l’air commode… Ca, c’est une mission pour Upah !
- Goinfrex, en avant !
- Rapasdepic, Bec Vrille !

« C’est pas bon du tout, j’avais un Rapasdepic dans Vert Feuille… Ça apprend Bec Vrille genre au niveau cinquante, un truc comme ça… Si ce piaf est à ce niveau, on n’a strictement aucune chance de gagner ! » pensa Shuu en voyant le Rapasdepic frapper violemment Goinfrex.

- Goinfrex ! Ne te laisse pas faire, Boule Armure !
- Upah, Pistolet à O sur le Rapasdepic !
- Ne… rê… rêve… pas ! Roucoups, Aéropique… sur… le… truc bleu !

Goinfrex s’était mis en boule, et encaissait les coups avec difficulté. Quand à Upah, il venait de se prendre un Aéropique dans la tronche.

- Goinfrex, Métronome ! cria le gamin, croisant les doigts pour une attaque offensive.

Le Goinfrex commença à bouger ses doigts en restant en boule. En sortit un violent Poing Karaté, qui repoussa violemment l’oiseau.

- Rapa…Rapasdepic, Atterrissage !
- N’y pense même pas ! Upah, Pistolet à O… vers le par terre !
- … Le « par terre »… Quelle maîtrise de la langue française, Cat… railla Shuu.
- Roh, ta gueule hein ! Moi au moins je confond pas le tact avec le talc !

Malgré les railleries de Shuu, la tactique de Cat porta ses fruits. Le Rapasdepic, en essaynt d’atterrir, glissa sur la flaque et s’étala de tout son long quelques mètres plus loin.

- Rou… coups…, Cy… clone sur l’Axo…loto ! Ra…pasdepic…, essaye… de te relever !

L’attaque du Roucoups porta ses fruits et Upah fit un magnifique vol plané avant de s’écraser misérablement, sérieusement amoché.

- Upah, relève toi, et projette Goinfrex !

Le petit Pokémon bleu courut se mettre sous le Pokémon Goinfre, et lança un Tir de Boue. Goinfrex se retrouva à la hauteur du Roucoups.

- Léchouille ! cria Shuu en priant.

Léchouille eu l’effet espéré par Shuu, à savoir la paralysie. Un oiseau paralysé en plein vol, ça ne donne jamais quelque chose de bien. En l’occurrence, le Roucoups tomba violemment sur le Rapasdepic, l’emportant dans sa chute.

- Goinfrex, Boule Armure !

Le Goinfrex se mit en mode boule, toujours en l’air, et écrabouilla les deux oiseaux, dans un impressionnant triple K.O. Il ne restait plus que Upah.

- VICTOOOOIIIIIRE ! cria Cat en se jetant dans les bras du gamin.
- On est trop fort ! sourit Shuu. Mais Albert, ton Pokémon a appris Bec Vrille par reproduction, nan ?
- O… Oui… C’est le… fils… du Rapasdepic qu’a…vait mon père… avant de mourir… soupira Albert.
- Cool ta vie ! sourit Shuu.
- VICTOIRE DE LA TEAM NAGERS. CHAMPION ALBERT, VEUILLEZ REMETTRE LE BADGE.
- Et voilà… dit il en le leur tendant.
- Merci ! dirent-ils d’une même voix.

Satisfaits de leur victoire, ils eurent suffisamment d’entrain pour descendre les centaines de marches. Ils rentrèrent dans le Centre Pokémon, vannés mais heureux.

- Prochaine étape, le concours de…Aie ! dit Silver d’une voix aigu. Y’a un truc qui m’a piqué !
- C’était quooooiii ? demanda Shuu.
- Ca.

Il/elle tenait dans la main une sorte de punaise pour afficher des trucs, avec une pointe particulièrement longue. Shuu fit immédiatement le rapprochement avec la punaise du vieil homme, mais se tut, attendant de voir s’il allait se mettre à hurler ou pas. Quand il vit qu’il ne se passait rien, il tenta de détendre l’atmosphère.

- Je suis sur que c’est une piqûre avec du poison, et qu’il/elle va mourir dans quelques secondes ! Ca fait trop cliché ! s’écria-t-il.
- Taggle Shuu… dit Bleuts en lui causant un énième hématome.


- Maîtresse M-M, j’ai fait ce que vous m’aviez demandé.
- Très bien, Hachi. Tu peux aller t’occuper d’Albert, maintenant.
- Bien.


Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 6 : Meurtre aux aurores   Mar 27 Déc 2011 - 15:20



Notre groupe de héros s’était attardé à Mauville pour célébrer Aurora, fête religieuse d’origine Mewiste. Le Mewisme était une religion très répandue à Johto et Kanto, leur expliqua Silver. Mew, ancêtre de tous les Pokémon, était considéré de la même manière que Dieu dans le monde Réel. Chaque année donc, on fêtait Aurora, équivalent de Noël, où tout le monde s’offrait mutuellement des cadeaux.

Il était midi. Kanon, Bleuts et Shuu discutaient au centre Pokémon de l’endroit où aller pour faire la fête, Mey se préparait dans sa chambre, et Mentaline, Cat et Silver étaient allés faire les boutiques de décorations. La veille, les sept camarades s’étaient séparés pour aller acheter les cadeaux qu’ils voulaient offrir, avec l’argent qu’avait miraculeusement gagné Mentaline. Cette dernière était parti se promener, et des gens de la radio l’avaient accosté, lui proposant un quiz avec à la clé, cinq mille PokéDollards (environ 3 500 €, ndla). Dieu sait comment, elle avait gagné haut la main et était revenue avec une liasse de billets, qu’elle avait partagé en sept. Chacun avait donc put faire ses achats.

Kanon, Bleuts et Shuu cherchaient toujours un endroit où fêter Aurora.

- On a qu’à se trouver un bistrot et on se fait une beuverie ! proposa Bleuts, enjouée.
- Et Shuu ? Je sais pas à quel âge on est majeur dans le Pokémonde, mais sûrement pas à douze ans !
- Ben on engage une baby-sitter et on le fait garder ! sourit Bleuts.
- Pas question ! Quand mes parents me laisser avec mes précepteurs personnels, je me faisais chier, un truc de fou… Ils étaient tous trop cons !

Kanon lui lança un regard réprobateur qui signifiait : « J’ai beau être sympa, je reste une adulte donc surveille ton language, avorton ! ». Shuu, vexé, répliqua.

- T’es pas ma mère, hein ! Je fais ce que je veux !
- Oui mais je suis la seule adulte du groupe, je suis un minimum responsable de vous. Et de toute façon il n’est pas question qu’on aille dans un bistrot.
- Pourquoi ?! C’est dégueulasse ! s’emporta Bleuts.
- Non, c’est plus juste. On ira quelque part ensemble, ou sinon ça ne sert à rien, trancha Kanon d’une voix forte.
- Tout ça à cause de ce gamin… ragea la blonde.
- Eh oh, tu vas pas râler juste parce qu’on va pas dans un bistrot ! Madame voulait se la péter en se bourrant la gueule ? Dommage pour toi, on n’ira pas ! s’énerva Shuu.
- Connard !
- Egoiste !
- Fils de Lippoutou !

Ce fut la remarque de trop. Shuu grinça des dents et sortit son Goinfrex.

- J’te prends en combat Pokémon, ici et MAINTENANT !!!! Personne, non PERSONNE ne m’avait jamais insulté comme ça ! Fils de Lippoutou… pourquoi pas fils de Ramoloss, tant qu’on y est !
- Ahahaahah… mima Bleuts. J’ai peur. Repousse filles !
- Dit l’éternelle célibataire de presque dix-sept ans…

Bleuts, piquée au vif, sortit son Magicarpe, avant de se rendre compte que c’était tout sauf intimidant. Elle opta alors pour un coup de poing, paré par Shuu qui commençait à avoir l’habitude. Mais le duel, encouragé par Kanon en pom-pom girl, prit immédiatement fin quand une voix féminine incroyablement belle sortit de nulle part.

- Wow ! Y’a du grabuge par ici !

Il s’agissait évidemment de Mey. Mais pas la Mey habituelle ; ce soir là, elle était vêtue d’une robe d’un rouge profond et brillant, et de magnifiques bottes blanches sans talons. Elle avait troqué son éternelle queue de cheval pour une coiffure extrêmement complexe, qui devait tenir à grands renforts de laque. Ses cheveux frisottaient, montaient, retombaient en cascade sur les côtés, bref, elle avait errigé sa coiffure au rang d’œuvre d’art. Elle portait aux poignets de magnifiques bracelets qui brillaient d’une lumière blanche, contrastant artistiquement avec la peau brune de la jeune femme. Shuu les reconnut comme étant des bracelets d’énergie. D’après une pub qu’il avait aperçu sur la grande place de Mauville, les bracelets d’énergie étaient très en vogue à Johto, et même les stylistes de haute couture se les arrachaient.

Pour finir, Mey n’était presque pas maquillée, juste une petite touche de mascara, qui mettait en valeur ses fabuleux yeux noisette, et un rouge à lèvres à peine visible. En un mot : ultra-sexy.

Dès qu’ils la virent, les deux combattants se figèrent, éblouis par la jeune femme. Les autres filles du groupe avaient beau être mignonnes, aucune ne lui arrivait à la cheville en cet instant. Bleuts se ressaisit très vite, consciente que contempler une fille quand on est une fille peut paraître douteux. Shuu, de son côté, mit un peu plus de temps avant de retrouver l’usage de la parole.

- T’as un Quotient Erotique qui dépasse les normales saisonnières, c’est juste HA LU CI NANT ! s’écria-t-il.
- OK je vois le genre… soupira Mey en lui collant une pichenette sur le front.
- Bon on va où, au final ? demanda Bleuts.
- Pourquoi pas à la salle dansante privée qu’on peut louer ?
- Tiens, c’est pas bête ça, Mey ! C’est décidé. Plus qu’à attendre le retour des filles, conclut Kanon.

Dès que ces dernières furent arrivées, croulantes sous les multiples guirlandes, décorations, faux Blizzi, et autres trucs du genre, ils se dirigèrent vers la salle dansante qui leur était réservée, et entreprirent de la décorer. Aux alentours de 7 heures, après des moments de sueur intense pour accrocher ces satanées guirlandes, tout était prêt.

- Ca vous dit un concours de danse, les mecs ? proposa Mentaline.
- Je ne suis pas un mec ! protesta Silver.
- Pas un mec, mon cul ouais ! railla Shuu. Tu vas voir, ce soir tu vas âtre un garçon, que tu le veuilles ou non…
- Bon, c’est d’accord pour le concours ?
- Moi je suis partant ! J’ai des années de Just Dance derrière moi, je ne peux pas perdre ! sourit Shuu.
- Dans ce cas, que tout le monde aille se changer ! Enfin, sauf Mey, vu qu’elle est déjà prête, précisa Mentaline.

L’un des points forts de la salle était qu’elle comportait des toilettes. Les filles partirent donc se changer dans ceux reservés aux femmes, tandis que les garçons au sens physiologique du terme (comprenait par là que Silver en faisait parti) se dirigeaient vers ceux des hommes.

Après une séance dressing dirigée par Mey et une session maquillage supervisée par Mentaline, les jeunes femmes étaient méconnaissables.Bleuts avait troqué son vieux survet contre un slim, et avait enfilé un débardeur surmonté d’un veston bleu marine très tendance. Mentaline avait revêti une magnifique robe rose pâle, qui allait parfaitement avec son teint de porcelaine. Autant maquillée que d’habitude, elle avait cepandant troqué sa touche d’eye liner contre un peu de blush. Kanon s’était dégoté un ensemble veste/jupe noir époustouflant, agrémenté d’une petite étoile sur la joue gauche, faite au feutre. Cat, quant à elle, était très mignone dans sa petite jupette noire, ses bas quadrillés sombres et ses bracelets en cuir.

Au même moment dans les vestiaires hommes, Shuu avait enfilé sa tenue de soirée. Simple mais stylée, celle-ci se composait d’un débardeur avec le drapeau anglais, déchiqueté habilement au niveau des épaules, ainsi que d’ un jeans et de Converses basses. Alors que Shuu finissait de se coiffer, Silver débarqua avec une belle robe blanche, une coiffure très féminine, un parfum Chanel enivrant, ainsi qu’un collier de perles. Quand Shuu découvrit la tenue de Silver, il crut qu’il allait faire une syncope.

- Tu te fous de ma gueule ?! J’ai dit que tu devais avoir l’air d’un garçon !
- Mais j’ai pas envie-euuuuuuh ! gémit Silver avec sa voix fluette.

Shuu s’énerva. Il attrapa Silver par le bras, et essaya de le déshabiller.

- T’es fou ?! hurla Silver. Lâche moi !
- Pas question ! imposa Shuu, implacable.

Il vira les vêtements du travesti et le/la força à prendre une douche pour virer le parfum et le maquillage. Ce fut une tâche ardue, mais Shuu y parvint à grand renfort de menaces. Il l’obligea à enfiler un boxer, suivit de près par un T-Shirt noir, une veste en cuir de la même couleur, et un jean déchiqueté. Il coupa de force les longs cheveux rouges de Silver, lui mit du déodorant et du parfum pour homme et lui fit enfiler des pompes d’un style un peu grunge. Pour parfaire le tout, Shuu lui fourra un glaçon dans la bouche pour qu’il ait sa voix grave naturelle.

Mais mener à bien cette transformation radicale avait entraîné les cris de Silver, et on entendit distinctement la voix de Bleuts dans les toilettes d’à côté.

« C’est moi ou Shuu est en train de se faire Silver ? »

Cette phrase eu pour effet de stopper les cris étouffés du roux.

« Ah, ça y est. Faut pas s’étonner s’ils débarquent en sueur et décoiffés… » continua Bleuts d’une voix suffisamment forte pour que Shuu et Silver l’entendent, pendant que les autres filles s’esclaffaient.

Quelques minutes plus tard, tout le monde sortit des vestiaires. Les filles s’installèrent à une table, en face d’une petite scène en bois. Elles représentaient le jury, car c’était à la gente masculine – composée de deux personnes seulement - de défiler.

La musique de Three Days Grace démarra.


C’est sur cet air, lent au début, que Shuu et Silver débarquèrent sur scène, tous deux en bad boys. Ils portaient des lunettes noires qui en jetaient, et s’avançaient au rythme de la musique vers le jury. Silver était grave stressé d’être habillé en garçon, ce qui eu pour cause de le faire rougir, et de fines gouttelettes de sueurs vinrent se former au niveau de ses tempes.

Les filles ne surent donc jamais ce qui s’était vraiment passé dans cette salle de bain…

Mais, selon un avis unanime, Silver était bien plus beau en garçon, et Mey se surprit à saigner légèrement du nez. Le reste de la présentation fut très technique. C’était un mélange de break dance et de capoeira, avec des acrobaties complexes style saltos et roues diverses. Les deux garçons cachaient bien leur jeu. On pouvait à la limite soupconner que Silver était souple de part son physique de danseuse étoile, mais aucune des filles n’aurait pu se douter que Shuu pouvait faire de tels lancés de jambes et sauter avec tant de facilité.

Finalement, elles rendirent leur verdict.

Mey : 10/10 Commentaire : Pas grand-chose à dire, c’était très bien et de haut niveau, et j’ai saigné du nez pour la première fois !
Mentaline : 8.5/10 Commentaire : Très masculin et technique, j’aime beaucoup.
Kanon : 9/10 : Commentaire : J’aime, tout simplement.
Cat : 10/10 Commentaire : Les Cat’s Eyes ont vu les abdos de Silver, et ça valait le coup d’oeil !
Bleuts : 6/10 Commentaire : M’en fou je boude.

Ce qui donnait au garçons une moyenne de… 8,7 ! Après quoi, ce fut au tour des filles, dans leurs tenues respectives. Et quand la musique commença, Silver et Shuu se regardèrent, étonnés et amusés à la fois.

« Musique, maestro ! » s’écria Mey, tout sourire.

Oui, c’était bien une Caramelldansen. Et dansée par des filles toutes plus « bandantes » (pour reprendre le terme de Shuu) les unes que les autres, la chanson mythique prenait une toute autre dimension…

Les jeunes femmes se déhanchaient comme pas possible, exécutant la danse culte auprès des otakus. De temps à autre, l’une d’elles faisait un petit solo sur le devant de la scène, rendant moins répétitive la musique entraînante. Elles volaient littéralement, avec une expérience évidente dans le monde de la danse. De Bleuts la violente à Cat la dépressive, toutes bougeaient en rythme. C’était beau et amusant à voir, d’autant plus que la jupette courte de Cat laissait entrapercevoir une chose peu catholique, de même pour Mentaline dont la robe rose se soulevait au-delà du raisonnable.

Bref, Shuu se rinça bien l’œil, et Silver qui se croyait gay jusqu’à la moelle, eut la surprise de sa vie quand un mince filet de sang s’échappa de son nez fin. Il rougit violemment. Après tout, il n’avait jamais maté de fille avant aujourd’hui, ça avait de quoi choquer, comprenez le !

La musique s’arrêta, et les deux jeunes hommes applaudirent avec ferveur. Vint l’heure de passer aux votes :

Shuu : 10/10 Commentaire : Juste SO FABULOUS !
Silver : 10/10 Commentaire : Vous venez d’éclairer ma vie !

Comme on s’en doute, les filles gagnèrent les deux garçons, 8,7 à 10. Mais ce défilé sympathique avait duré un moment, et vint enfin l’heure tant attendue des cadeaux. Ils s’assirent tous sur les immenses sofas en cuir rouge de la salle des fêtes, et décrétèrent que Mey serait la première à offrir ses présents.

- Honneur au plus jeune ! dit-elle avec entrain en tendant à Shuu un paquet cylindrique d’un mètre de hauteur.

Avec la plus grande précaution, Shuu ouvrit le paquet et tomba sur une magnifique épée… en chocolat. Elle était sous plastique rigide, et était magnifiquement décorée et sculptée. De la pâte d’amande faisait guise d’émeraude, la lame était en chocolat blanc, la garde en chocolat noir, et le manche en chocolat au lait. De multiples courbes en relief ornaient ce dernier. Elle était tellement belle que ça faisait mal de la manger. Avec la plus grande precaution, il la sortit de son emballage et la brandit vers le ciel, à fond dans son trip. Mais il glissa sur l’embalage, et se fracassa. Dans sa chute, l’épée lui échapa des mains.

Quand il se releva, six paires d’yeux fixaient l’épée. Elle n’était pas brisée. Au contraire. Elle s’était profondément enfoncée dans la table en métal. Incrédule, il se releva et l’arracha du meuble. Il l’abatit ensuite sur le sofa, histoire de voir si elle était vraiment solide. Le sofa fut tranché net en deux.

- Et ben putain ! T’es sûre qu’elle est en chocolat, ton épée ?! s’écria Bleuts.
- Ben écoute je sais pas, c’est un vieil homme qui me l’a vendue pour pas grand-chose… Je l’ai trouvée belle, donc je l’ai achetée, expliqua Mey.
- Peu importe, c’est trop classe ! Si un jour je dois me défendre, ce sera parfait. Merci Mey !

Il lui sauta littéralement dans les bras et la remercia avec effusion. La jeune femme, gênée, décida de passer à la personne suivante, à savoir Mentaline, tandis que Shuu passait son épée dans sa ceinture.

Mey tendit un petit paquet argenté que Menta, après avoir remercié la jeune femme, ouvrit avec précaution. Il s’agissait d’une petite bague, ornée d’une minuscule tête d’Evoli en cristal.

- ELLE EST MAGINIFIQUE ! Merci beaucoup Mey ! s’écria Mentaline.
- Et t’as pas encore tout vu ! Quand tu es en colère, elle se transforme en Pyroli, quand tu es triste en Aquali, excitée, ce sera un Voltali, si tu te sens seule, un Noctali, heureuse, un Phylali, pensive, un Givrali, et enfin, amoureuse un Mentali ! expliqua Mey – qui avait la notice sous les yeux.
- GENIAAAAAAAAAAL ! MEY, JE T’AIME ! éructa Mentaline, aux anges.

« Une autre rivale !!! » pensa illico Shuu. Pendant ce temps, Mey passait au cadeau de Bleuts. Il s’agissait de la nouvelle version de Photoshop, à savoir Photoshop CS58749 (la version juste après Photoshop CS58748). Bleuts enlaça Mey si fort qu’elle faillit lui broyer les os.

Mey tendit ensuite un paquet à Cat. Cette dernière l’ouvrit, et eut la grande surprise de tomber sur un chapeau haut de forme noir, décoré de plusieurs chaines et minuscules horloges.

- OUAH ! Le chapeau du chapelier fou d’Alice aux Pays des Merveilles ! J’en ai toujours rêvé !

Alors que Mey allait donner son cadeau à Silver, la porte principale de la salle s’ouvrit à la volée. Un groupe de personnes en uniformes entra. Parmi elles, se trouvait l’agent Jenny. Mais pas l’agent Jenny telle qu’on la connaît, c’aurait était trop beau. Cette Jenny là portait une robe noire, des bracelets en cuirs, des chaînes de partout, un décolleté béant et des mitaines sombres « en grillage ». Ses cheveux étaient extrêmement longs et sales, mèches noires. Sa peau était trouée de multiples percings. La seule chose qui montrait qu’elle appartenait aux forces de l’ordre était son badge, épinglé sur le haut de sa cuisse. Et elle n’était visiblement pas là pour fêter Noël avec eux.

- Bonsoir ! Voici donc les fameux meurtriers... Bon courage pour vos années de taule...

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 7   Mar 27 Déc 2011 - 20:09



Nos sept compères étaient sous le choc. L’agent Jenny pointait sur eux un revolver saillant, qui brillait outre mesure sous les projecteurs de la scène. Si encore la policière avait été seule, ils auraient pu s’en sortir. Sauf qu’elle était entourée d’une trentaine de policiers, tous armés d’une sorte de revolver, mais d’une couleur rouge vive. L’agent Jenny sortit un bloc note et annonça d’une voix morne :

- Alors… Si nous venons vous voir ce soir, c’est parce que vous êtes soupçonnés d’avoir tué le champion de Mauville, Albert. Il a été retrouvé mort hier soir, et fut tué aux alentours de 17 heures selon les estimations des experts, soit une heure après votre départ officiel de l’arène. Il a été crucifié au moyen de punaises allongées, dont l’une plantée en plein coeur. Nous avons également relevé une mèche blonde, et vous, dit-elle en désignant Bleuts, êtes la seule blonde du coin. Nous allons donc procéder à la vérification de vos papiers.
- C’est que… commença Shuu, nous n’en possédons pas…
- Mais nous sommes innocents ! s’insurgea Mentaline. C’est juste que nous venons d’arriver à Jotho !
- Bien sûr, et moi je suis pucelle… railla l’Agent Jenny. Bon, on va fouiller vos affaires, maintenant, dit-elle en claquant des doigts. Que cinq personnes les gardent dans leur ligne de mire !
- A vos ordres ! répondirent les policiers en s’executant.

Shuu, Mey et Mentaline avaient des sueurs froides. En effet, ils savaient tous qu’ils n’avaient aucun papier d’identité, aucun alibi, aucun témoin en leur faveur, et donc qu’ils étaient très mal. Quand à Silver, il était encore sous le choc de la mort du pauvre Albert. Bleuts, Kanon et Cat, elles, réfléchissaient à un moyen de s’en sortir, mais avec cinq mystérieux pistolets pointés sur eux, ils avaient peu de chance de s’en sortir sans dommages. Histoire d’en apprendre un peu plus, Mentaline demanda innocemment à un jeune policier :

- Dites… C’est quoi comme pistolet, ce que vous avez à la main ?

En guise de réponse, il tira en direction de la paroie. Un rayon électrique jaillit alors du pistolet et s’abbatit sur le mur, laissant une grosse trace de brûlé et un trou de la taille d’une balle de tennis.

- Un taser… souffla Shuu, impressioné.
- Eh ! s’écria soudain un policier parti fouiller nos affaires. Agent Jenny, j’ai trouvé une punaise identique à celle prélevée ! sourit-il en brandissant la chose qui avait piqué Silver, après son départ de l’arène.
- Merde, murmura Silver, se maudissant d’avoir gardé ce truc.
- Je suppose qu’on a largement assez de preuves. Suivez-nous jusqu’au commissariat, imposa Jenny, satisfaite.
- Mais… commença Kanon.
- On n’a rien fait, pleura presque Cat.
- M’en fout. Les preuves sont là. Suivez moi, ou je vous troue la gueule. Et vous, détruisez les cadeaux restants, on sait pas ce qu’il pourrait y avoir dedans.

Pendant que les policiers tiraient et réduisaient en cendres les cadeaux, Shuu réflechissait. « Bon, y’a pas trente mille solution… En plus ça va être stylé comme action, ma côte auprès des lecteurs va remonter ! »

Alors le gamin s’exprima d’une voix forte, sans que Jenny n’y comprenne quelque chose :

- Unlock ! Quatre !
- Bien reçu, maître Shuu, fit la voix métallique de la MeeticMontre.

Avant que l’Agent Jenny ait pu saisir ce qu’il se passait, un laser émanant de la MeeticMontre de Shuu vint frapper la boule à facettes de la salle des fêtes. L’effet fut immédiat. Le laser fut dévié en tous sens, et vint frapper une grande partie des agents de police, dont Jenny. Mentaline, d’abord surprise par la rapidité de l’action, fut la première a réagir, et prit le commandement de l’opération « Cassons-nous en vitesse ». Elle cria à tous de fuir. C’était sans compter sur les dix flics restants, qui n’avaient pas l’intention de les laisser filer. Kanon décocha un magnifique crochet du droit au plus proche, ce qui mit KO le keuf.

Mais les neuf autres n’allaient pas se laisser faire. Ils lâchèrent chacun un Arcanin, et leur ordonnèrent une Déflagration. C’était sans compter sur Upah, que Cat eu le réflexe de sortir, qui utilisa vaillamment Pistolet à O. Le résultat ne fut pas à la hauteur, et le pauvre Pokémon tomba KO. La Déflagration blessa aussi sérieusement Cat, qui s’évanouit. Alors que les Arcanins se rechargeait pour une nouvelle attaque, Silver prit les choses en main.

- Aligatueur, Surf ! dit-il en le sortant.

Ce dernier se fit un plaisir de ravager le rang d’Arcanin d’une immense vague surpuissante. Profitant de l’occasion, nos héros sortirent de la salle, qui s’effondra aussitôt après, Cat sur le dos de Bleuts. Mais c’était bien beau d’être sortis, il fallait désormais se cacher. Ils optèrent pour la Tour Chétiflor, qui était le lieu le plus proche. Ils étaient tous dans un sale état, mais Shuu avait réussi à sauver son épée en chocolat. Ils pénétrèrent dans la tour, et se cachèrent dans une petite faille du plafond qui débouchait dans les échafaudages de bois servant à maintenir la tour. Ils étaient donc dans une espèce de grenier.

Cat était toujours dans les vapes, et cette dernière fut confiée aux bons soins de Mentaline (étudiante en médecine dans le Monde Réel). Mey fondit en larmes. Elle avait beau être forte mentalement, se faire accuser de meurtre avait de quoi choquer. Shuu se fit un plaisir de la consoler du mieux qu’il pût. Kanon décida qu’il devait prendre une décision sur quoi faire.

- Je propose qu’on latte Shuu, c’est sa faute si on est dans ce monde ! proposa Bleuts, mais elle fut ignorée. Personne n’avait le cœur à rire.
- Primo, on bouge pas d’ici, exposa Mentaline. Cat a besoin de repos, elle a une sérieuse brûlure à la jambe droite, et je n’ai aucun anti-inflamatoire…
- Essaye ça, lui dit Mey en lui tendant un Anti-Brûle. En théorie, ça marche que pour les Pokémon, mais c’est déjà ça.

Mentaline s’empara de la pommade, et commença à l’appliquer sur la jambe de Cat. Cette dernière sembla s’apaiser légèrement dans son sommeil. Broke sortit de sa chevelure, et vint lentement se blottir contre l’épaule de Cat, pour la réconforter. Upah sortit de lui-même de sa Ball, et s’approcha de sa maîtresse, dépité. Il se cala dans ses bras, et s’endormit presque aussitôt. A ce moment là, Cat entrouvrit légèrement les yeux. Apercevant ses Pokémon ainsi blottis contre elle, elle sourit un instant, puis se rendormit, soulagée de voir que ses Pokémon allaient bien et pensaient à elle.

Emus par cette scène touchante, les six compagnons de Cat gardèrent le silence.

- On fait comment du coup ? chuchota Kanon. Il faut qu’on s’en aille, les flics ne sont pas complètement idiots… Ils finiront par nous trouver !
- On peut pas fuir éternellement, gémit Mentaline. Il faut qu’on aille leur expliquer qu’on est innocents !
- Surtout pas, somma Shuu. Ce serait se jeter dans la gueule du loup !
- Mais on a rien fait, s’emporta Mey, de nouveau au bord des larmes.
- Y’a trop de preuve contre nous, grommela Shuu. Ils ne nous croiront pas.
- Moi j’pense que c’est un coup monté, intervint Silver. Vous pensez sérieusement que c’est un hasard si cette punaise m’a piqué ?
- Peu de chances, en effet, avoua Mentaline.
- C’est chouette Aurora comme fête, sérieux ! railla Shuu.
- Mais Mentaline à raison, dit Kanon. On peut pas croupir éternellement ici. Silver, t’es le plus renseigné, y’aurait pas un moyen de se faire innocenter, dans le Pokémonde ? Genre la grâce présidentielle ?
- A part devenir un héros national, j’vois pas comment… Et au fait, maintenant que j’y pense, vous aussi vous connaissez le Pokémonde, vu que vous êtes nés ici, nan ? C’est zarb quand même que vous ayez pas de papiers, et pis vous avez tous ce bracelet bizarre au bras, vous êtes poursuivis par des types cinglés … Z’êtes louches quand même.

Gros blanc dans la salle (enfin dans le trou quoi). Tout le monde regarda Kanon, qui venait de se rendre compte de son énorme gaffe. Enfin, cette dernière, après avoir lancé un regard significatif et désolé à ses compères de l’autre monde, dit doucement à Silver, gênée.

- Euh Silver, il faut qu’on t’avoue quelque chose… On…
- JE LE SAVAIS !!! VOUS ETES DES MAFIEUX TUEURS EN SERIE RECHERCHES PAR TOUTES LES FORCES SPECIALES DE LA REGION ! VOUS REVENDEZ DE LA DROGUE A DES PRIX EXORBITANTS, VOUS FUMEZ LE CIGARE ET POINTEZ VOTRE FLINGUE EN DISANT : « C’est pour une mission au compte du Parrain, n’essayez pas de résister. » AVEC UN AIR COOL ! VOUS VIOLEZ LES JEUNES VIERGES EFFAROUCHEES, ET TUEZ LES ENFANTS ! AU SECOOOOOOOURS !
- Oh putain c’qu’il est con, faites le taire bon dieu ! dit Bleuts, désespérée.
- VOUS ALLEZ ME TUEZ, HEIN !? ME FAIRE TAIRE A JAMAIS ! JE VEUX VIVRE PITIE ! PRENEZ MON SAC ET MA MONTRE, MAIS LAISSEZ MOI EN VIIIIIIIIIIIIIIIIE !!!! AYEZ PITIE D’UN PAUVRE TRAVELO !!!! S’IL VOU…

Un « BONG » sonore venait de retentir. Tout le monde se tourna vers Mentaline, une casserole à la main.

- Ben quoi ? Il allait nous faire repérer !
- … Ouais. Mais en même temps, il a raison. Si on lui dit qu’on vient d’un autre monde, il est très peu probable qu’il nous croît. Il pensera que c’est une excuse de merde pour dissiper les soupçons, et on ne pourra pas lui en vouloir de croire ça, c’est tellement invraisemblable ! dit Mey.
- C’est vrai. Mais il faut qu’il sache la vérité, c’est la moindre des choses. Sans lui, on serait dans la merde à ce jour. On va tout lui dire à son réveil, et il choisira s’il veut rester avec nous ou pas, exposa Kanon.
- Bonne idée. On ne peut pas lui mentir éternellement, soupira Mey, triste pour lui.
- Et puis j’ai apporté ma DS et la version SoulSilver, ça va peut-être le convaincre… ajouta Shuu.

Ils se turent soudain. Des bruits de pas résonnaient en dessous d’eux. Les policiers, à n’en pas douter. Les amis prirent peur. Lentement, Shuu bâillonna Silver d’un foulard, pour éviter qu’il ne crie à son réveil. Ils entendirent des voix :

- Je suis sûre d’avoir entendue crier, fit une voix féminine familière. Ca venait du haut de la tour.
- Pourtant il n’y a personne ici, chef !
- Continuez à chercher, ils sont forcément par ici.
- Bien, chef.

Bleuts, Kanon, Mentaline, Mey et Shuu suaient abondamment, et leurs cœurs battaient à toute allure. Ils n’avaient pas très envie de se retrouver en prison. Cat dormait toujours profondément et Silver était dans les vapes. Ils venaient juste d’arriver, que déjà ils étaient recherchés par la police et accusés de meurtre. Comme quoi, la vie est étrange, et quand le destin s’acharne sur vous, impossible de lutter. La preuve maintenant.
Mey bougea légèrement, et un petit caillou commença à rouler lentement vers la faille. Tout le monde le fixait des yeux, n’osant pas bouger. Alors qu’il était sur le point de basculer et de tomber, il s’arrêta, comme stoppé par les yeux qui lançaient des éclairs des fuyards. Mais le destin est immuable, et Silver remua à ce moment là, faisant légèrement trembler le sol, ce qui acheva de faire tomber le caillou. Il tomba, tomba et atterrit… sur la tête de l’agent Jenny, qui leva les yeux vers le haut et aperçut la fameuse faille.

- LA ! Cria-t-elle. Sécurisez la zone, appelez les Flyers pour qu’ils ne s’échappent pas par le haut de la Tour, pointez les tasers vers la faille, et n’hésitez pas à tirer si quoique ce soit en sort. Je vais balancer une bombe à gaz dedans, ça devrait les faire sortir. Soyez vigilants, on ne peut pas se permettre de les rater, ils sont coupables de meurtre !
- Bien, madame ! répondirent en cœur les flics.

Les cinq personnes éveillées se regardèrent, terrorisés. Ils ne pouvaient pas faire grand-chose. Soudain, une chose ronde jaillit par la faille. La bombe. Alors qu’elle allait toucher le sol et exploser, un rayon rouge jaillit de la Ball de Shuu. En sortit Goinfrex, de son plein gré. Et il avala la bombe. Celle-ci n’explosa pas, la mèche éteinte par la salive du Pokémon. Shuu remercia Arceus intérieurement. Il y eu un grand silence en bas, vite brisé par la voix de l’agent Jenny.

- C’est quoi ce bordel ?! Où qu’il est le « Boum ! » ? Bon, bougez pas, je monte voir.

Elle sauta, svelte, et nos héros – enfin, antihéros désormais – virent deux mains s’accrocher au trou. Ni une ni deux, soucieuse de sauver sa peau, Bleuts écrabouilla violemment les mains de l’agent de son pied. Cette dernière hurla, et retomba sur le sol.

- TIREZ !!! hurla-t-elle.

Les rayons électriques fusèrent à travers le trou, évités de peu par nos 7 compagnons.

- On bouge ! s’écria Mentaline.

Mais c’était sans compter sur le sol qui s’effondra sous leurs pieds. Ils atterrirent sur les fesses, secoués. Le choc avait réveillé Cat et Silver, toujours bâillonné. Tous avalèrent leur salive.

- On est grave dans la merde ! gémit Mey.
- HUM ! HMMMM ! HMMMMM ! tenta d’hurler Silver, effrayé.
- S’passe quoi ? bailla Cat, pas bien réveillée.
- Y s’passe qu’on va tous crever ! sourit Bleuts.
- SUS A L’ENNEMI !!! hurla l’agent.

Les policiers tirèrent une salve de rayons électriques vite contrés par Upah, profitant de son immunité à l’électricité. Mey profita de l’occasion pour sortir Steel.

- Météores, ordonna-t-elle.

Le Pokémon explosa le mur, révélant le paysage nocturne, et également… des Flyers. Nombreux. Et… armés. Mais pas de tasers, de Magmar (lévitant grâce au Rhinolove d’un Flyer) cette fois. Visiblement, la police n’avait pas l’air d’avoir peur de les blesser. « Dommage… » songea Shuu. Les policiers et les Flyers – pour info, les Flyers sont des policiers spécialisés dans les interventions aériennes - s’approchaient dangereusement, les tenant dans leurs lignes de mire.

- On fait quoi ? chuchota Mentaline.
- Bonne question… répondit Shuu anxieux.
- Quelqu’un pourrait m’expliquer comment on en est arrivé là ?
- Plus tard Cat, on est occupés là… soupira Kanon.
- On les latte ? proposa Bleuts.
- Trop nombreux… dit Mey.
- HMMMM ! HMMMM !
- Y fait chier Silver…
- J’crois qui veut dire quelque chose… supposa Mey.

Non, Silver ne voulait rien dire. Il se débattait seulement pour atteindre sa Pokéball. Il finit par réussir et libéra Hueco, son Ectoplasma. Aussitôt, les tirs des Magmar fusèrent, ainsi que ceux des tasers, en direction du spectre. Ce dernier, profitant de la nuit, se téléporta derrière le Rhinolove, et le mit K.O. d’un Poing Ombre surpuissant. Les Magmar tombèrent alors, la Psyko les faisant léviter n’ayant plus lieu d’être.

Silver devait être un excellent dresseur. Bien qu’il ne puisse pas parler, Hueco se battait sans aucun problème, de façon stratégique et réfléchie. Ce dernier usa à son tour de Psyko pour faire léviter nos sept héros, qui évitaient de justesse les tirs. Pour finir en beauté, Hueco usa d’Hypnose, mettant à mal les Flyers, qui s’écrasèrent à la suite des Magmar. Les tasers ne pouvaient plus les atteindre, ils étaient hors de danger. Toujours dans les airs, ils remercièrent Silver, et lui enlevèrent son bâillon.

- FIOUUU ! J’ai cru que j’allais mourir d’étouffement ! Si j’avais été enrhumé...
- Désolée… gémit Mey, penaude.
- Je veux des explications, et j’espère FRANCHEMENT que vous n’êtes pas des mafieux, sinon j’aurai vite fait de contacter les flics !
- T’inquiète, t’inquiète, on va tout t’expliquer… soupira Shuu. Au fait, pourquoi as-tu décidé de nous sauver, si on a un risque d’être mafieux ?
- J’voulais pas crever, c’est tout.
- …
- Egoïste… marmonna Bleuts.
- Surveille tes paroles, un claquement de doigt et tu finis 3 kilomètres plus bas, sourit Silver.
- … En fait t’es vachement flippant, en garçon…
- C’est la faute à Shuu ! Avec ces satanés vêtements et son glaçon, j’arrive pas à me mettre dans la peau d’une fille ! chiala Silver.
- Moi je te préfère en garçon… intervint Mey.
- Moi aussi ! avoua Cat. T’as plus la classe !
- Je plussoie, il est vachement plus sexy en mec ! ajouta Shuu.
- …
- …
- …
- …
- …
- KOPAIIIIIN ! kyaya Silver en sautant dans les bras du brun. VIVE LES GAYS !!!
- J’aime bien les seins aussi… grommela Shuu
- … Faux frère !
- Junjou Romantica, le retour… soupira Cat.
- On va où en fait ? questionna Kanon en regardant en bas.
- Dans le Bois aux Chênes. On pourra s’y cacher. Et de là, on ira sûrement à Doublonville.
- Pourquoi Doublonville ? s’étonna Mey. Dans le jeu, c’est d’abord Ecorcia, nan ?
- Jeu ?! Qu’est-ce que tu racontes ? Ca à un rapport avec votre fameux « secret » ?
- Ben ouais, on va tout te raconter, t’inquiète, mais pose toi d’abord.
- OK. Hueco, atterris s’il te plait.

Le Pokémon hocha la tête, et c’est sous le clair de lune qu’ils commencèrent à descendre lentement, s’approchant du Bois aux Chênes. Enfin, le mot « Bois » était un abus de language. Dans le jeu, le Bois aux Chênes était relativement petit et on ne mettait que quelques minutes à le traverser. Le Bois aux Chênes du Pokémonde, lui, s’étendait à perte de vue. On n’en voyait pas la fin, c’était comme si la terre avait été peinte en vert sur une surface incommensurable.

Enfin, après dix minutes, ils se posèrent en douceur dans une petite clairière. Ils se mirent très vite à l’abri derrière les arbres, au cas où quelqu’un les repérerait. Après l’avoir remercié, Silver rappela Hueco, extenué. C’est là, à l’abri du regard des autres, que les six arrivants du monde parallèle racontèrent leur histoire à Silver. Ce dernier avait la mâchoire qui traînait par terre.

- Et vous voulez que j’avale ça ?! Sérieusement ?! Comment suis-je censé croire un tel ramassis de conneries ?!
- Argh… gémit Menta. Je vous l’avais dit qu’il ne nous croirait pas…
- Pas étonnant en même temps… On pourrait lui montrer quoi pour lui prouver ? réfléchit Kanon.
- Quand je vous disais que j’étais un génie, je ne plaisantais pas ! sourit Shuu en sortant une DS de sa poche. Regarde ce jeu !
- « Pokémon Version SoulSilver » lut Silver. Et c’est quoi cet engin ?
- Allume là et tu verras ! sourit Shuu.

Silver commença ainsi une nouvelle partie sur SS, et se surpris à contrôler son petit ami, à savoir Gold, à travers sa région natale. Il poussa un « What the FUCK ???!!! » culte quand il se vit débarquer en bad boy voleur, et fut encore plus surpris en voyant Kotone, son amie d’enfance. Il fut forcé de reconnaître que tout ça n’était pas le fruit du hasard. Il fut complètement convaincu quand il vit une photo montrée par Mentaline, avec le réalisme frappant de leur monde.

- Donc je résume, vous êtes des pauvres voyageurs dimensionnels, pourchassés pour un crime que vous n’avez pas commis, et vous voulez prouver votre innocence. Comme je l’ai dit, pour ça, il faut devenir héros national, c’est la loi. Ca vous repend de toutes vos infractions. En théorie. Après bon…
- Et c’est quoi par exemple, un héros national ?
- Par définition, c’est quelqu’un qui sauve la nation. Mais ça peut juste être un maître Pokémon, un Top Coordinateur… Des trucs prestigieux quoi !
- Mais c’est GENIAL ! s’écria Bleuts. Il suffit qu’on gagne la ligue !
- Sauf qu’il faut des badges, lâcha Kanon. Et comme rentrer dans une arène signerait notre arrêt de mort…
- C’est là que tu as faux, sourit Silver. Une arène ou une scène, c’est la même chose qu’une église ! Une fois qu’on est dedans, on est comme n’importe qui, c’est la règle ! Certains policiers ont fait des années et des années de prison pour avoir tenté une arrestation dans une Arène… C’est une des clés du patrimoine du Pokémonde, et personne, même la plus méchante des agents Jenny, n’oserait coincer un criminel dans uneArène ou une Scène. Bien sûr, ce n’est pas infini. On ne peut pas rester plus de 77 jours à l’intérieur, après quoi on est mit à la porte.
- Donc on a une chance ! dit Cat, qui reprenait peu à peu des couleurs.
- Oui, mais faut les atteindre ces arènes ! Et on est un gros groupe, impossible d’être discrets ! exposa Mey.
- On n’a qu’à se séparer. Par Team, cela va de soi, dit Mentaline. Mais ça ne m’enchante pas, on n’est pas très forts…
- Ca reste une bonne idée, et on n’a pas vraiment le choix. Cat et moi, on n’a qu’à aller à Doublonville gagner le Badge !
Nous on va à Miriarbres, au Nord du Bois aux Chênes. J’ai vu dans les journaux qu’il y avait une arène là-bas ! s’exclama Kanon. Bleuts, ready ?
- Comme toujours, soupira celle-ci avec un sourire.
- Et nous, on va vers Sentiernelle ; c’est un petit village perché sur la colline qui surplombe le Bois aux Chênes. Un concours y est organisé. La Team White Angel va faire sa première mondiale !
- Tope-là ! s’exclama Mey, bien qu’un peu triste de devoir quitter ses amis.
- Et moi je vais avec qui ? demanda Silver.
- Avec nous, sourit Mentaline. On est les plus faibles, il faut un homme pour nous défendre !
- Ch’ui pas vraiment un mec mais… Ca marche !

(Musique de fond, Sum 41, Slipping Away)

C’est ainsi que le groupe se scinda en trois. Ils se dirent adieu, se promettant de se revoir à la Ligue ainsi qu’au Grand Festival. Mey était extrêmement triste de quitter ses nouveaux amis si vite, et se retenait à grande peine de pleurer. Elle et Mentaline, d’humeur massacrante également, s’éloignèrent les premières, en robes (restes de la joyeuse fête d’Aurora), accompagnées de ce cher Silver bad boyisé et mélancolique.

Puis se fut au tour de Shuu et Cat, cette dernière portée par le garçon, de se diriger vers Doublonville, passant d’un arbre à l’autre pour éviter de se faire repérer. Shuu avait u air triste collé au visage, et des larmes plein les yeux qui n’attendaient que de couler. Qu’il joue la comédie ou pas, il était très convainquant. Mey allait lui manquer affreusement, ainsi que, même s’il avait du mal à l’avouer, Bleuts.

Cat, quand à elle, était gênée d’être un boulet, car à cause de sa brûlure, elle ne pouvait pas marcher et allait ralentir le pauvre Shuu. Elle était elle aussi très triste de quitter les amis qui l’avaient aidée à remonter la pente, la pente qui l’entraînait inexorablement vers le trou noir. Ils allaient lui manquer, oh que oui. Heureusement qu’il restait Shuu. Les deux adolescents s’en allèrent, Shuu ayant Cat dans les bras, et son épée en chocolat dans son fourreau.

Bleuts restait neutre, en apparence pas plus affectée que ça. Mais seulement en apparence. Elle avait l’impression qu’elle devait se séparer d’une partie d’elle-même. Sa vie était tellement à chier avant le voyage, que délaisser une partie de ses amis la tuait. Quand à Kanon, elle avait un air fatigué et particulièrement triste. Comme pour tous les autres, ce scindement du groupe ne la réjouissait pas le moins du monde, bien au contraire. Elle et Bleuts partirent vers le Nord, en direction de Miriarbres.

Une séparation est toujours difficile. Toujours. Même quand elle n’est que provisoire, éphémère, et même s’il reste quand même une personne avec vous, tant que les retrouvailles n’ont pas eus lieux, les cœurs restent incomplets, en manque de quelque chose d’essentiel dans leur vie. Mais un jour, ils se retrouveront tous, victorieux et en pleine forme.

Ou pas.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 8 : Bois aux Chaînes   Mer 28 Déc 2011 - 13:03



Shuu posa Cat par terre, et s’effondra, essoufflé. Ils avaient quittés le groupe depuis deux jours maintenant, et depuis deux jours, ils marchaient. Enfin, Shuu marchait. Cat étant « out », il devait la porter, et ce n’était pas de tout repos. Pas qu’elle était lourde – plutôt légère au contraire – mais surtout, il devait la tenir devant lui - le dos étant pris par leurs sacs. Et c’était très fatiguant. Cat s’adossa à un chêne, et Shuu s’assit en tailleur en face d’elle, s’accordant une pause bien méritée. La densité des arbres était très grande, mais la lumière filtrait par endroit, donnant à la forêt un petit air enchanté. Le jour venait de se lever, et ils étaient encore très loin de Doublonville.

- Encore désolée Shuu, s’excusa Cat pour la énième fois.
- Je t’ai déjà dit que ça ne me gênait pas ! lui répondit Shuu, exaspéré.
- Quand même, c’est gênant de se faire porter par plus jeune que soit… Si seulement tu étais né plus tôt…
- Oui ben que veux-tu, t’as qu’à aller engueuler mes parents pour leur achat intensif de préservatifs, à l’époque…
- Pff ! ricana Cat. Ils ne te manquent pas, tes parents, au fait ?
- Non. Ils ne sont intéressés que par le fric. J’ai été éduqué en grande partie par des nounous et des éducateurs…
- Tes parents sont riches ?
- Tu te souviens de l’Aquaria ? Pour te donner une idée de leur notion du prix, ils achètent ça comme toi tu achète une baguette de pain.
- Ah ouais quand même ! Et ils te donnent un peu d’argent à toi ?
- Oui, pas mal. Généralement c’est ma mère qui finit par craquer sous mes demandes. Mon père, même si sa femme était en danger de mort, il débourserait pas un centime.
- Ton père il est genre radin ? questionna Cat.
- Tellement radin que quand je devais lire l’Avare pour mes profs, j’ai cru que mon père avait servi de modèle à Molière. Pour Harpagon.
- A ce point ?!
- Ouais. Ma mère, elle, était sympa, mais tellement snob et m’as-tu-vu qu’elle en devenait insupportable. Et c’était une vraie stressée… Dès que je rentrais dans une pièce où elle était, limite elle sautait au plafond. Je les regrette pas, quoi.
- Tu ne devais pas les aimer beaucoup… Mais eux, ils doivent s’inquiéter…
- Sûrement, mais après tout, qu’est-ce que j’en ai à battre ? Même s’ils me cherchent, ils ne me trouveront pas, donc bon…Et toi, tes parents ?
- Ma mère me manque, mais je suis sure qu’elle ne s’inquiète pas. Elle me fait confiance, et si j’ai disparue, c’est que j’ai une bonne raison.
- Sauf que ce n’est pas le cas, fit remarquer Shuu.
- Exact, grimaça la jeune fille.
- Désolé pour ça, s’excusa le brun. C’est ma faute.
- Bof tu sais, il faut voir le bon côté, je suis dans un monde où les Pokémon existent, c’est pas merveilleux ? Mais bon, voilà quoi…
- T’as des frères et sœurs ?
- Oui, un grand frère, Muriuki. 25 ans, marié, deux gosses… Je l’adore et il m’adore, mais il a autre chose à faire que de s’inquiéter pour moi.
- Ouais… Et ton pè-
- OH ! Regarde, un Doudouvet ! s’écria soudainement Cat.
- Tu déconnes, on est à Johto, pas à Isshu. C’est impo… WHAAAAT ?!

Shuu venait de se retourner. Effectivement, un Doudouvet planait lentement d’arbre en arbre, porté par le vent, ressemblant à un petit nuage baladeur. Shuu craqua immédiatement.

- Il est TROP choupi !!! Je le veux ! s’écria Shuu, des étoiles dans les yeux. En plus, son évo est ultra rapide !
- Tu trouva pas ça bizarre, toi, un Pokémon d’Isshu ici ? questionna Cat.
- Si bien sûr… Ils ont peut-être réintroduit des Pokémon d’autres régions… Mais je m’en fou, il me le faut ! Goinfrex, Léchouille ! ordonna-t-il en lançant la PokéBall.

Le Pokémon en sortit, heureux d’être enfin appelé au combat. Il attrapa le Doudouvet au vol, trop surpris pour réagir, et le lécha dans le sens de la hauteur. Cat et Shuu firent une mine dégoûtée, mais la technique porta ses fruits, et le Pokémon Boule Coton fut paralysé.

- Yatta ! Charge, maintenant !

Le goinfre chargea, et frappa le Pokémon d’un violent coup de tête. Ce dernier, s’effondra, au bord du K.O. Shuu sortit une PokéBall de sa nouvelle sacoche (l’ancienne ayant était avalée par Goinfrex), et la lança vers le Pokémon. Le Doudouvet, dans un effort désespéré, lutta contre la paralysie et attrapa la PokéBall au vol. Il la posa par terre, et la brisa en s’asseyant dessus. Shuu avait la mâchoire qui pendait, et Cat était littéralement écroulée de rire. Shuu lui lança un regard noir, mais elle ne s’arrêta pas pour autant.

- Désolé, hahahaha !!!! C’est nerveux ! Hihihihih !!!! réussit-elle à articuler malgré son fou rire.
- C’est pas juste ! Ca devrait être interdit ! gémit Shuu. Je réessaye !

Il rebalança une PokéBall, et cette fois, le Doudouvet rentra bien dedans. Il y eut quelques petits tremblements, et la balle s’arrêta.

- Doudouvet… GETTO DAZE !! s’écria Shuu, brandissant la PokéBall.
- On dirait Sacha… soupira Cat.
- Et toi, on dirait Ondine, répliqua Shuu.
- … T’as conscience que le PokéShipping est le couple le plus aimé des fans ?
- Vu sous cet angle, je retire ce que j’ai dit, ricana Shuu. En attendant, faut trouver un nom à mon petit émigré d’Isshu ! dit il en le sortant.

Le Doudouvet regarda son nouveau dresseur avec des yeux larmoyant. Shuu le prit dans ses bras avec un « KYAH ! » sonore et le serra très fort contre lui. Soudain, le Pokémon arrêta de pleurer, et sourit sadiquement. Shuu se prit donc un magnifique Tranch’Herbe en pleine gueule. S’en fut trop pour la pauvre Cat, qui s’effondra, morte de rire. Shuu était complètement humilié, de multiples taillades parsemant son visage, son T-Shirt londonnien troué de part et d’autres. Le Doudouvet ricana, fier de sa vengeance. Ce dresseur idiot n’avait qu’à pas le capturer ! Shuu le reposa par terre.

- IL EST TROP !!! s’écria Cat, explosée de rire contre son arbre.
- C’est bon, pas la peine d’en rajouter, je suis suffisamment ridicule comme ça… En plus, si tu ris trop fort, on va nous repérer !
- T’as raison, mais c’est plus fort que moi, il trop bon ce Pokémon ! Hahhahahahah !
- Je sais comment je vais l’appeler au moins…
- Comment ? interrogea Cat.
- Greens.
- Pourquoi ?
- Parce qu’il est aussi sadique que Bleuts, et qu’il est vert et blanc. Bleuts c’est Bleu + ts, donc lui c’est Green (vert) + s, parce que Greents, c’est moche. Donc il s’appelle Greens !
- … Waouh, c’est tellement évidemment, j’aurais pu deviner seule ! Suis-je bête ! ironisa Cat.

Shuu lui tira la langue, humilié mais heureux que Cat se divertisse. Elle ne l’avait pas fait depuis qu’ils s’étaient quittés, et Shuu avait peur qu’elle ne fasse une rechute. Mais visiblement, elle était plutôt en forme, et c’est rassuré et avec un nouveau Pokémon, qu’ils repartirent, Cat dans les bras de Shuu, évitant les sentiers, jugés trop dangereux.


- MARRE, MARRE ET MARRE DE CES VETEMENTS !!! grommela Silver.
- Arrête de râler, soupira Mey. Ces vêtements te vont très bien !
- Mais c’est trop serré ! C’est nul pour faire de la montée !
- Plains-toi, nous on est en robe… grommela Mentaline, mécontente elle aussi. Pourquoi on a choisi une ville en hauteur, déjà ?
- Parce que c’est l’endroit où il y a une Scène le plus proche !
- Mais ça monte ! gémit Mentaline.
- Fait pas ta chochote, on ferra une pause tout à l’heure, somma Mey.
- Pfffff… se rembrunit Menta.
- C’est quand qu’on arriiiiiiiiiiiiiiive ? questionna Silver (qui avait retrouvé sa voix de fille)
- … Deux gosses. Je m’occupe de deux gosses, constata Mey, désespérée.

Ils étaient toujours dans le Bois aux Chênes, mais étaient en train de gravir une colline. Au sommet était censé se trouver Sentiernelle. Malheureusement, ils ne pouvaient pas prendre les chemins d’ores et déjà tracés qui montaient doucement en lacets, donc ils empruntaient la pente brute, dont le dénivelé faisait peur même aux plus courageux. Pour vous donner une idée, ils étaient obligés de s’agripper aux troncs des arbres pour ne pas tomber en arrière. Cela s’apparentait plus à de l’escalade qu’à de la marche. Depuis deux jours, ils suaient corps et âme – surtout corps en fait – pour gravir cette improbable colline. Mey et Silver étaient très loin devant, Mentaline n’ayant pas l’habitude des randonnées.

Soudain, la branche à laquelle s’agrippait Mey céda. Elle commença à tomber en arrière, presque au ralenti. Silver l’aperçut, et se jeta en arrière pour la rattraper. Il réussit à chopper la main de Mey avant qu’elle ne tombe, mais lui ne tenait qu’avec ses pieds, enserrant l’arbre de ses jambes. Bref, il n’allait pas tenir très longtemps. Mey touchait le sol du ventre, mais la pente était tellement glissante, que, si elle lâchait, elle dévalerait la colline jusqu’en bas. Très rassurant. Mentaline, elle, était plus bas qu’eux, en fait. Quand elle les vit, un peu plus haut, elle faillit tomber, apeurée. Mey lui cria :

- Vient nous chercher Menta, on va pas faire long feu !
- J’arrive ! lui répondit-elle, paniquée. Tenez bon !

Mentaline redoubla de vitesse dans son ascension, grimpant en s’aidant de toutes les branches qui passaient. « Plus vite, Mentaline, plus vite ! » se répétait-elle. Une cinquantaine de mètre plus haut, Silver se concentrait pour ne pas lâcher prise. La vie de Mey en dépendait. La jeune fille n’en menait pas large ; d’une part, elle avait pas mal de chances de crever ici. Et d’autre part, elle était rouge comme une pivoine à cause du contact avec la main froide Silver. A travers cette dernière, elle pouvait sentir le cœur du jeune homme battre vivement, à cause de l’effort. « Ou peut-être d’autre chose… Non Mey, tu ne dois pas penser à ça, c’est malsain ma fille ! Ne te fais pas de faux espoirs, ce mec est travesti, gay et en couple, ne rêve pas ! » songea-t-elle.

Mentaline, en trois minutes, avait atteint la moitié de la distance qui la séparait de ses deux amis. Silver était quasi-mort mais tenait bon. Pour combien de temps encore, il n’en savait rien. Il avait l’impression qu’il vivait les minutes les plus stressantes de sa vie. Il n’osait pas songer à ce qui se passerait s’il lâchait. Il n’osait pas imaginer la chute de Mey qui suivrait, inévitable. Il n’osait pas penser à l’état dans lequel il retrouverait Mey si elle chutait. Il n’osait pas se projeter la mort de Mey dans sa tête. C’était tout simplement impossible. Elle ne pouvait pas crever si bêtement ; pas elle. Juste à cause d’une branche pas solide. Mort idiote. Donc impossible. Donc il devait tenir encore un peu, pour elle. Et aussi un petit pour lui, parce qu’il crèverait aussi, en fait.

Mentaline stressait. A mort. Elle y était presque, grimpant sur les troncs courbés par la pente, s’accrochant aux quelques rochers, se griffant aux branches, elle avançait le plus vite qu’elle pouvait. Mais plus elle avançait, plus elle se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir faire, une fois en haut. « C’est pas le moment de douter, magne ton cul Menta ! »

Silver regardait Mey. Qui regardait Silver. C’est à ce moment là qu’ils remarquèrent que leurs visages étaient très proches (Silver ayant rattrapé Mey par les aisselles). Mey rougit. Ils pouvaient se sentir mutuellement respirer. Mey prit soudainement la parole :

- Silver…
- Oui ? répondit l’intéressé, le visage crispé par l’effort.
- Si on devait mourir tous les deux… je voulais que tu saches que… hésita-t-elle.
- Que ?
- … que t’as une haleine de chacal !
- … Enfoirée !

« Je suis vraiment stupide… Foutu côté Tsundere ! » se morfondit Mey. En effet, elle venait de laisser passer la chance de sa vie de lui confier ses sentiments. Ridicule. Et Silver, de son côté, était sur le point de lâcher.

- Mey… je crois que je vais lâcher…
- C’est un peu con de crever comme ça, entre nous…
- J’avoue… soupira Silver.

Alors que Mey adressait une prière silencieuse, Silver, à bout, desserra ses jambes. Et ils commencèrent à dévaler la pente, hurlant de douleur.


Pause pique-nique. Kanon et Bleuts mangeaient dans une clairière, entourées de leur Pokémon respectif, Magicarpe dans une marre. Bleuts avait bien l’intention de profiter de leur excursion en pleine nature (qui n’en était pas vraiment une) pour entraîner son poiscaille. Malheureusement, Magicarpe avait beau être un véritable monstre de puissance, il ne pouvait rien faire face à la surpuissance des Chenipan. Ainsi, Bleuts du se résigner à l’entraîner… En lui faisant faire de l’exercice. Ce qui se résumait à tendre une corde à cinquante centimètres au dessus d’une marre. Ils avaient fait ça pendant une heure la veille. Le Magicarpe progressait, mais c’était également synonyme de ne pas bouger, ce qui était dangereux.

Là, tout le monde mangeait tranquillement. Kanon mordait avidement dans une Baie Sitrus apparemment très juteuse, et Bleuts dégustait une Baie Oran. Quand à Spouf, il avait déjà fini sa baie Pocpoc, bien qu’elle ait un goût sec et amer, car Kanon soutenait que ça l’aiderait à mieux résister aux attaques Eau. Magicarpe, lui, mangeait les petites algues de la marre.

Bleuts et Kanon - a contrario des autres groupes - avançaient très efficacement, les deux jeunes femmes ayant toutes deux un rythme de marche et une endurance très impressionante. Ainsi, elles étaient à deux kilomètres seulement de Miriarbres, leur objectif. Elles le savaient mais ne voulaient pas trop s’en approcher, et pour cause, les sept têtes des sept membres du groupe était affichées partout, avec un gros « WANTED » et une récompense tout bonnement astronomique. Ainsi, elles restaient au même endroit et en profitaient pour soumettre leur Pokémon respectif à un entraînement intensif. Nous avons déjà parlé de celui de Bleuts, mais pas de celui de Kanon. Cette dernière était une adepte de la course à pieds, et avait bien l’intention d’en faire profiter son Pokémon. En fait, si Kanon avait un si bon niveau en footing, c’est parce que c’était la seule activité qu’elle aimait qui la faisait sortir des Sims. Donc elle courait aux côtés de Spouf. Banal, mais diablement efficace.

Les deux jeunes femmes finirent enfin leur repas, et se mirent à l‘entraînement.

- C’est parti mon petit Spouf, on fait dix minutes tranquilles pour s’échauffer, une course longue d’une heure et demie, puis une demi-heure de fractionné ! sourit Kanon.
- Malosse ! aboya le petit Pokémon, très motivé.

Et ils partirent, suivant un itinéraire bien précis qui ne passait pas par des chemins pratiqués par les dresseurs ou les randonneurs. Du coup, la nature était très sauvage, ce qui améliorait encore la qualité de l’entraînement. Spouf était obligé de sauter pour éviter des racines aériennes, de slalomer entre les arbres, les rochers et les buissons, bref, que du bon ! Quand ils croisaient un Pokémon, Spouf s’en occupait avec une facilité déconcertante, désormais. Kanon était très fière d’elle, son Pokémon devenait puissant.

Du côté de Bleuts, c’était un peu plus… ennuyant. Magicarpe sautait, sautait, et… sautait. Encore et toujours. Mais Bleuts était contente, le Pokémon s’améliorait. Il venait de passer à cinquante et un centimètres. Le progrès était flagrant ! En fait, le but de Bleuts était évidemment de faire évoluer son poisson en Léviator. Elle n’espérait pas gagner un match avec Magicarpe, même si Spouf était en soutien. Le faire évoluer était la priorité absolue. D’autant plus qu’elle avait tout simplement besoin d’un Pokémon apte à se battre, dans le cas où elle serait séparée de Kanon. Bleuts en avait tout simplement marre de dépendre d’elle. Dès qu’elles croisaient un Pokémon sauvage, Spouf devait s’y coller, Magicarpe ne pouvant rien faire. Et cela durait depuis deux jours.

Bleuts avait parfaitement conscience qu’il allait falloir un moment pour que son Magicarpe évolue. Sachant qu’elle était censée l’avoir au niveau 5 et qu’il évoluait au niveau 20, grimper une quinzaine de niveau seulement en faisant des petits sauts, ça allait prendre un moment.

- Hey ! Tu fais quoi ?

Bleuts, apeurée, se retourna très légèrement, sans montrer son visage, et tomba face à face avec un dresseur d’une quinzaine d’années. Cheveux d’une agréable couleur ambrée, visage fin, yeux noisette, grand sourire. Pas très grand, pas très musclé. Habillé d’un jean et d’un T-shirt tout ce qu’il y a de plus banal. Sûrement un citadin. D’autant plus qu’il avait à sa ceinture trois PokéBalls. Elle eut le souffle coupé, et commença à avoir des sueurs froides. Son premier réflexe fut de prendre le chapeau de paille qu’avait amené Kanon, et de l’enfoncer jusqu’aux yeux. Il ne fallait surtout pas qu’il voit trop longtemps son visage. Sinon, c’était cuit. Elle déguisa alors sa voix un peu maladroitement, et lui répondit amèrement sans le regarder :

- J’entraîne mon Pokémon. Ca te pose un problème ?

Jouer les froides. Ca devrait le faire partir. En tous cas, elle l’espérait de tout son cœur. Bleuts avait beau être brute, courageuse et forte de caractère, elle savait reconnaître quand elle était en danger. Et là, c’était le cas. Un simple coup de Pokématos, et une vingtaine de flics débarqueraient, armés. Et elle n’aurait aucune chance, Kanon étant partie. Aucune.


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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 9 : Tous en danger, ou presque   Mer 28 Déc 2011 - 13:21



- Kawapink, Charge ! ordonna Mentaline.

Le Corayon percuta l’arbre de plein fouet, le déracinant violemment. L’explosion projeta Mentaline en contrebas, et elle se rattrapa de justesse à une branche. Un arbre barrait maintenant la pente que dévalaient Mey et Silver, qui semblaient avoir perdu connaissance. Un instant plus tard, ils percutèrent l’arbre, qui les stoppa en douceur dans son feuillage. Mentaline, légèrement rassurée, se remit à escalader, aidée par son Corayon. Quand elle arriva au niveau de l’arbre, elle crut qu’elle allait s’évanouir.

Ses deux amis étaient allongés, sur le flanc, sanguinolents. L’angle étrange que formait la jambe de Mey laissait supposer qu’elle était cassée ; de multiples balafres parsemaient son corps, et ses vêtements étaient déchiquetés. Mais ce n’était rien comparé à Silver. Ce dernier avait une énorme plaie béante, qui partait de son épaule jusqu’à son bassin, en diagonale. Le sang en jaillissait à flots, et la blessure semblait profonde. Mais heureusement, tous deux haletaient, ce qui signifiait qu’ils étaient encore en vie. Mais pour combien de temps ?

« J’ai échoué. Pitoyable. A cause de ma faiblesse, ils sont grièvement blessés. Je ne peux pas les emmener à l’hosto, on irait en prison ou on les laisserait crever. C’est une impasse. Ils vont mourir ici, par ma faute, parce que je suis incapable de marcher aussi vite qu’eux, parce que je suis faible, parce que je ne… »

Mentaline se donna une grande claque. Le claquement résonna dans la montagne. Elle hurla.

- PUTAIN ! Faut que je me reprenne, je suis étudiante en médecine oui ou merde ?! J’ai vu bien pire, je dois être courageuse !

Elle s’approcha lentement, et fit un rapide bilan médical. La priorité était Silver, à n’en pas douter. Néanmoins, elle commença par soulager Mey, en replaçant correctement sa jambe d’un coup sec qui fit tressaillir la jeune fille dans son sommeil. Elle l’allongea contre le tronc, et lui fit une rapide atèle avec une branche et une liane. Puis elle passa à Silver en lui enlevant délicatement son T-Shirt. Elle commença par désinfecter la plaie béante avec un morceau de sa robe qu’elle mouilla de désinfectant. Cela fait, elle sortit sa boite à couture.

Une grande salle de classe. Peinte en blanche, meublée d’une dizaine de paillasses épurées, la pièce ressemblait à une salle de biologie croisée avec un bloc opératoire. On y voyait une grande femme aux cheveux noirs bouclés, qui s’adressait à ses élèves.

- L’exercice d’aujourd’hui portera sur les points de suture. Vous connaissez tous la théorie, le moment est venu de la mettre en pratique. Vous vous exercerez sur des lapins morts rasés. Désinfectez la plaie, puis commencez. Bonne chance, vous avez une heure.

Mme Kailiana leur donna un lapin à chacun. Mentaline regardait le pauvre animal, avec pitié. Il était incisé au niveau de la jambe. D’abord légèrement dégoutée par le lapin dépourvu de poils, elle se reprit vite. De toute façon, il était déjà mort, elle ne prenait pas la risque de lui faire du mal.

- T’inquiète pas mon chou. J’vais te recoudre ça, chuchota-t-elle.

Elle prit l’aiguille, et passa à l’action.


Ses doigts dansaient de part et d’autres de la plaie. La vitesse était très impressionnante, et une telle dextérité aurait fait pâlir le plus doué des médecins. En quelques minutes, l’ouverture béante, s’était presque refermée. Le sang coulait beaucoup moins, mais un peu quand même. Elle fit un bandage avec le T-Shirt du jeune homme, et serra à fond. Puis elle attaqua les quelques blessures mineures. Elle désinfecta tout ce qui passait sous sa main experte. Elle fit de même avec Mey.

- Woah Mentaline ! Finir en seulement 3 minutes, c’est impressionnant ! Et c’est du travail de pro, qui plus est !
- Merci Madame ! rougit Mentaline.
- Quoi de plus normal pour une surdouée ! Passer le Bac à 15 ans, c’est peu commun tout de mê-
- CHUUUUUUUUUT ! somma Mentaline.
- Il n’y a pas de quoi en avoir honte !
- C’est vous qui le dites… soupira-elle.
- Bref. En vu de tes résultats à notre université, le Principal et moi-même avons décidé de te mettre en stage avec des urgentistes.
- Sérieux ?! Pour combien de temps ?
- 2 semaines.
- C’est où ?
- A 3 km de ton pâté de mai… ton village ! Ahahaha ! rigola faussement Mme Kailiana.
- Mon pâté de maison, je sais… C’est nul là bas. Heureusement qu’il y a l’université ! Et j’y vais comment ? J’ai pas de permis et je suis émancipée, donc…
- Un urgentiste passera te chercher. Fait du bon boulot, ça commence demain à 6 heures !
- D’accord madame !

Après, Mentaline rentra à sa maison, en prenant le bus. Ce dernier la déposa à un kilomètre de chez elle. Elle se tapa le trajet à pieds, comme tous les jours. La route était plate, goudronnée, entourée de plaines. Monotone, monochrome. Mentaline était heureuse. Elle était plutôt jolie, avait des notes dans la moyenne - elle évitait d’avoir des notes excellentes pour ne pas se faire remarquer – elle avait suffisamment d’argent pour payer sa minable petite maison et l’université ; elle n’était pas à plaindre. Seulement, elle était jeune. Beaucoup trop jeune. Elle était rentrée trop tôt dans le monde des adultes, et elle était incapable de le gérer. Toutes les tâches du genre faire à manger, laver le linge, payer les factures, elle le faisait maladroitement. Elle était précoce, et ça lui jouait (et jouerait) des tours. Elle le savait.


Silver allait mieux, mais il avait perdu beaucoup de sang, environ 2,5 litres selon Mentaline. Ce qui était, en théorie, extrêmement dangereux. Le danger était mortel, et c’était déjà un miracle que le garçon soit toujours en vie. Et elle ne pouvait rien faire pour stopper complètement la perte de sang. Et elle n’avait pas le matériel adéquat pour une perfusion. Et c’est là qu’elle prit peur. Pour de vrai. Autant au début c’était une forme d’hystérie, autant là, elle était terrorisée, et surtout impuissante. Elle porta son doigt au cou de Silver. Son pouls ralentissait. Mentaline pleurait. A chaudes larmes. Parce que cette situation lui rappelait trop de souvenirs. Elle ne voulait pas revivre cette scène. Jamais.

- On signale un accident de randonneurs dans le Mont Milky ! Envoyez les hélicoptères ! fit un haut-parleur.

Mentaline était en stage depuis 3 jours maintenant. Son tuteur, jeune beau gosse de 26 ans, monta dans un hélico qui attendait le départ. Il fit vite signe à sa stagiaire de monter, ce qu’elle fit. L’engin démarra, se dirigeant vers la montagne. C’était le début de l’hiver, et une fine couche de neige recouvrait les monts. Les sapins, fièrement parés d’aiguilles hivernales, se dressaient contre les flancs rocheux, imposants. Ils survolèrent ainsi la chaîne de montagne, à la recherche des randonneurs. Ils cherchèrent pendant une heure, anxieux, mais ne trouvèrent rien. Les équipes au sol n’avaient pas plus de succès. Alors que les rangers et les urgentistes commençaient à désespérer, et qu’une tempête de neige se levait, Mentaline aperçut de la fumée. Cette dernière semblait venir d’une crevasse rocheuse. Elle hurla au conducteur de se poser, tentant de couvrir le bruit infernal de l’appareil. Ce dernier s’exécuta.


« Non. C’est impossible. Il ne peut pas mourir. Pas après tout ces efforts, pas par ma faute. Il doit vivre. Crever à cause d’une branche de merde, c’est trop ridicule. Il doit vivre, merde ! J’ai l’impression de revivre la même chose ! Faut pas qu’il fasse comme… comme… »

Elle s’évanouit, en pleurs, épileptique. Ses nerfs avaient lâché, et son hystérie refaisait surface inévitablement. Et dans ses cauchemars, elle revit la scène.

M. Hillos observa rapidement la crevasse. Il cria :

- Y’a quelqu’un ? Répondez !

Il y eut un petit silence puis une voix lointaine leur répondit :

- Venez nous cherchez ! Il y a un grave blessé, et je ne peux pas bouger !

Le tuteur dit à sa stagiaire d’y aller. Cette dernière le regarda, incrédule. Elle, y aller ? Et pourquoi ?

- Je ne peux pas passer à cet endroit de la crevasse. Toi tu passes sans problème. On va te descendre, et on te rejoindra dès qu’on aura trouvé un endroit plus large. On compte sur toi !

C’est ainsi que Mentaline, 16 ans, 1ère année d’université de médecine, hystérique, fut descendue par une corde et un harnais. La descente fut très courte. Elle posa pied à terre, et aperçut une lumière. Un feu. Elle courut dans sa direction, et tomba sur un homme, la jambe coincée sous un rocher, et un petit garçon, dans un très sale état. Mentaline décréta que le petit était le plus en danger, ce que lui confirma l’homme coincé. Quand elle s’approcha, elle eut un haut le corps. Le garçon n’avait plus qu’un bras. Il était dans le coma, sûrement. Elle se maîtrisa, sortit sa trousse de secours, et, nerveusement, fit tout ce qu’elle put pour le sauver. Bandages, garrots, coagulants…

Quelques heures plus tard, on signalait le décès du petit garçon.


Quand elle se réveilla, elle constata que la blessure de Silver ne saignait plus. Surprise, elle vérifia son pouls, qui était parfaitement normal. Elle regarda son Pokémon, endormit. Elle le réveilla, et lui demanda s’il savait quelque chose. Kawapink haussa les coraux. « Peu importe, il est sauvé ! » sourit Mentaline, qui n’avait jamais était aussi soulagée.

Mey et lui étaient hors de danger. L’étudiante en médecine s’effondra comme une merde contre un arbre, crevée par ce qu’elle venait de faire. Epuisée mais heureuse. Avant de tomber dans un profond sommeil, elle aperçut une goutte de sang couler du coude de Silver. Et, à quelques mètres d’ici, un jeune garçon, cheveux noirs artistiquement en désordre, yeux dorés, souriait doucement tout en se tenant l’avant bras.


- Spouf, Crocs Feu pour exploser ce Chenipan ! ordonna Kanon tout en courant.

Le Malosse crama le pauvre insecte sans même s’arrêter de courir. Voilà une petite demi-heure qu’ils avaient commencé l’entraînement. Malosse venait juste de réussir à maîtriser Crocs Feu, sous le regard fier de Kanon. La forêt était très calme, les feuilles des chênes centenaires ondulaient au rythme du vent. Peu de Pokémon venaient troubler le calme, et ceux qui osaient n’en sortaient pas vivant, avec Spouf dans les parages. Kanon se sentait bien. Dépenser son énergie dans un cadre enchanteur, aux côtés de son Pokémon chéri, la remplissait d’une étrange énergie positive. Rien n’était là pour entacher cette magnifique impression, vu que quand elle courait, Kanon oubliait tout.

Mais Bleuts, à deux kilomètres d’ici, n’était pas prête de les oublier, ses soucis…

- Ah. Tu veux que je t’aide à l’entraîner ?
- Non, répondit sèchement Bleuts.
- Il s’appelle comment ? questionna l’ado, décidemment bien lourdasse.
- Pas de nom.
- Original ! constata-t-il.
- …
- Ca te dirait un combat ?

« Fais chier… Me saoule ce type ! » songea Bleuts, toujours planquée derrière son chapeau de paille.

- Non, refusa Bleuts.
- Pourquoi ?
- Mon Pokémon est nul.
- Ca l’entraînerait si tu faisais un combat !
- Mais c’est quoi ton problème !? Casse-toi, tu me fait chier, merde !

Elle avait dit ça TRES méchamment, comme seule une Bleuts sait le faire. Le jeune homme la regarda, toujours souriant bizarrement.

- Ca n’a pas l’air d’aller fort ! On dirait que tu as peur de moi.
- N’importe quoi ! s’emporta Bleuts.
- Mais tu sais, j’aime bien ça, les nanas qui ont du caractère…
- Mais FUCK ! cria la blonde en lui faisant un doigt. Retourne te toucher devant YouPorn !
- Zut, me voilà démasqué…
- …
- Sinon, t’aime les frites ?
- T’es pas genre un pervers en puissance ? s’interrogea Bleuts.
- J’aurai plutôt dit dragueur de profession…
- J’aurai plutôt dit pute de profession… soupira Bleuts.
- … Wow, tu sais casser les gens, impressionnant !
- T’es sourd ou quoi ? VA. TE. FAIRE. FOUTRE. Catégorie insulte.
- Ah.
- Acheter une voyelle c’est 200 euros.
- La roue de la fortune, le retour. Pas mal cette vanne ! sourit l’ado.
- Si jeune et déjà accro aux trucs de vieux. C’est moche.

C’est là que ça fit « Tilt » dans sa tête de blonde. « Comment ce type peut connaître la Roue de la Fortune ? Ca n’existe pas dans le PokéMonde… » Elle commença à s’inquiéter. Comment ce type pourrait venir de leur monde ? En même temps, ce n’était pas impossible. Ils avaient croisés deux types qui venaient du monde réel.

- C’est quoi ton nom ? demanda Bleuts d’une voix innocente.
- Je m’appelle Roku, ravi de faire ta connaissance ! sourit l’ado, content que la fille s’intéresse un peu à lui.

C’est là que Bleuts fit preuve d’une intelligence assez impressionnante. Elle fit immédiatement le lien. Jû. Kyû. Roku. Y’avait matière à réfléchir. « Oh my god, Jû et Kyû voulait notre peau, et si… » Alors, elle fit preuve d’une témérité idiote et affligeante.

- Roku, comme Kyû et Jû ? Des nombres japonais ? insinua-t-elle.
- … Très perspicace ! Bravo ma chère ! sourit le dénommé Roku. Je voulais te faire la surprise, mais tu m’as devancé… Dans ce cas !

Il lança ses PokéBall. Trois Insecateur en sortirent, menaçants. Roku dégaina un Kalachnikov flambant neuf. Mais malgré son artillerie effrayante, le garçon ne perdait pas son sourire.

- Ca me fait chier de devoir te tuer… T’avais l’air sympathique.

Il claqua des doigts, et quatre lames acérées vinrent se coller au cou de Bleuts. Elle failli hurler, mais se contint. Le troisième Insécateur jouait au foot avec le pauvre Magicarpe, et il finit par l’achever d’un sérieux coup de lame. Roku fit sauter la sécurité, et pointa son flingue vers la pauvre blonde, qui n’en menait pas large, désormais. Elle décida de gagner du temps, jusqu’au retour de Kanon. Elle le savait, c’était très lâche de sa part, mais elle n’avait pas vraiment le choix.

- Pourquoi vous voulez me tuer ?
- Bonne question… Nan je lol, c’est pour récupérer votre ADN.
- Mais si tu me tues, comment tu peux récupérer mon ADN ?
- Ben, je te prends une mèche de cheveux.
- Et pourquoi me tuer alors ? questionna Bleuts. C’est idiot !
- Bah, j’ai reçu des ordres. On doit tous vous tuer et récupérer votre ADN à tous.
- Nous tous ? Pourquoi nous ?
- T’es idiote ou quoi, vous venez d’un autre monde !
- Toi aussi je te signale… soupira Bleuts, blasée.
- Tes potes là, l’hystérique, le travelo et la Tsun, doivent être dans un sale état maintenant. Hachi est très douée pour saboter des trucs…
- Mey, Menta et Silver… Qu’est-ce qu’ils ont encore fait ces cons…
- Et le gamin et la dépressive, vont pas tarder à crever eux aussi.
- Eux, j’en ai rien à battre mais à un point, tu peux pas savoir…
- T’es super amicale comme fille, toi…
- T’as vu ça ! fanfaronna Bleuts.
- Ca me fait vraiment chier de devoir te faire un trou dans la tempe…
- Rien ne t’y oblige, hein ! bégaya Bleuts, plus que nerveuse.

Il tira. La balle frôla la joue de Bleuts. Cette dernière n’en revenait pas.

- Je veux vraiment pas te tuer… Tu voudrais pas me balancer ton poisson à la gueule, que j’ai une excuse pour rentrer bredouille ?
- Sérieux ?!
- Non. Je veux juste m’amuser un peu…

Et sa bouche s’étira d’un sourire sadique extrêmement flippant, même pour une Bleuts.


Loin de là, Cat et Shuu faisaient une sieste après le lait, sous un arbre, complètement insouciants.

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 10   Mer 28 Déc 2011 - 13:30



Dans une petite pièce faiblement éclairée de lampes d’ambiance rouges, une femme se prélassait devant son ordinateur. De là, elle pouvait voir une jeune fille blonde se faire agresser par Roku, Hachi préparer son prochain sabotage, l’étudiante en médecine, le travesti et la brunette dormir profondément, une adulte aux cheveux noirs courir aux côtés de son Malosse, le gamin et fille chat dormir comme des loirs et San qui faisait un pendu avec son Alakazam, tout ça grâce à des caméras. Soudain, on toqua à la porte.

- Entrez.

Un homme en tenue de ninja entra, et s’agenouilla respectueusement. Il prit la parole :

- Excusez-moi de vous déranger, M-M.
- Ce n’est rien. Que se passe-t-il ?
- Et bien, nous venons de découvrir un ADN créé de toutes pièces, qui permettrait de rester 2 semaines dans le PokéMonde, au lieu d’une seule pour les anciens modèles.
- C’est très bien. Transférez illico ce nouvel ADN à l’Armada Zu.
- Bien M-M. Devons nous demander à Monsieur San de passer à l’action ?
- Oui.
- Très bien.
- Rompez.

Le ninja allait sortir par la porte, quand M-M l’interpella.

- Attendez ! Apportez moi un café, je vais m’endormir sur place juste quand ça devient enfin intéressant. Il était temps que nous, la M-Organisation, passions pour de vrai à l’action…




- Ouah, j’ai dormi comme un loir ! s’étira Mey, avant de grimmacer.
- Ne bouge pas trop, sourit doucement Mentaline. Tu as la jambe cassée.
- Je suis pas morte ? s’étonna-t-elle.
- C’est une longue histoire… soupira la soigneuse.
- Et Silver, comment va-t-il ! s’affola Mey.
- Zen ! Il va bien, mais je ne sais toujours pas pourquoi…

Les deux filles discutaient adossées aux arbres de la montagne au dénivelé improbable. Silver, lui, dormait par terre. Mentaline avait réussi à trouver un petit plateau, juste à côté d’un château en ruines médiéval, abandonné. Elle avait donc transporté ses deux amis jusqu’à la plateforme. Elle avait eu beaucoup de mal, mais y était parvenu grâce à Kawapink. Ce dernier, fatigué, était rentré dans sa Pokéball.

- Reste à savoir comment aller jusqu’à Sentiernelle…
- Il est clair qu’on va avoir du mal avec Silver dans cet état...

Les deux jeunes femmes réfléchirent pendant une bonne demi-heure. Soudain, Mey cassa le silence.

- Et si on s’entraînait ? proposa Mey.
- Pourquoi ?
- Je te rappelle qu’on va participer à un Concours, et qu’on doit savoir combattre ! D’autant plus qu’on s’est déjà fait attaquer.
- T’as raison… Commençons dans ce cas ! Kawapink, en avant !
- Steel, à toi !

Le petit Pokémon corail était impressionné par l’oiseau de métal de Mey. Cette dernière, assise sur un rocher à cause de sa jambe, n’avait pas l’intention d’y aller par quatre chemins.

- Furie étoilée ! ordonna-t-elle.

L’Airmure s’entoura de milliers étoiles brillantes, et fonça à très grande vitesse vers le Corayon, auquel il porta 5 coups rapides et très précis, dont la puissance était augmentée par les Météores. Il y eut une énorme explosion, qui fit reculer Mentaline. Cette dernière était impressionnée. En une attaque, Mey venait de mettre son Pokémon au bord du K.O.

- Purée ! Tu t’es entraînée ? questionna Mentaline.
- Ca se voit tant que ça ? sourit Mey, gênée.
- Ouiiiiiiiiiiiii ! T’es trop forte ! On est sûres sûres sûres de gagner !
- On est en plein combat, soupira Mey.
- Ah oui ! Kawapink, Soin mon chou !

Le Pokemon rose se mit à luire, et toutes ses plaies se refermèrent en quelques secondes.

- Kawapinkounet, Bulles D’O et Boule Roc !

Les Bulle D’O encerclèrent l’Airmure, qui ne put rien faire quand quatre énormes rochers lui arrivèrent dessus. L’attaque super efficace le mit K.O., sous le regard abasourdi de Mey.

- Tu n’es pas la seule à t’être entraînée ! Bravo Kawapinkounet-chéri ! kyaya Mentaline en sautant dans les bras de son Pokémon.
- Chapeau bas ! s’inclina Mey. Tu t’es super bien battu, mon Steel ! le félicita-t-elle en le rappelant.
- C’était bref, ricana Mentaline !
- Bref mais intense ! Je suis fier(e) de vous ! ♥ les applaudit Silver.
- SILVER ! cria Mey de joie. Si je n’avais pas une jambe pétée je sauterai dans tes bras !
- Et moi si je n’étais pas coupé(e) en deux, j’accepterai avec joie ton câlin ! sourit un(e) Silver pas super en forme, mais rayonnant(e).
- Silver ! Ca va mieux ta blessure ? Tu ferais mieux de t’asseoir, tu vas te fatiguer !
- Si tu veux… Mais mes blessures vont beaucoup mieux !

C’est ainsi qu’ils s’assirent tous trois dans l’herbe. Mentaline arracha littéralement la chemise de Silver, et vérifia l’état de la blessure. Bonne cicatrisation débutée.

- Niquel. Je vire les fils demain, ça risque de chatouiller un petit peu au niveau des entrailles ! sourit Menta.
- T’es gore Mentaline ! rigola franchement Mey.
- Je déconnais pas hein ! fit Mentaline.
- … Mey, je veux un cercueil en cerisier.
- Dans tes rêves, travelo, je dépenserai pas un rond pour toi…
- Incinérateur ?
- Tu me laisses de l’argent avant, no problem !
- Tape là alors ! sourit Silver.

Ils se firent un check, sous le regard blasé de Mentaline. En attendant, elle était vachement contente que tout redevienne comme avant. C’était comme si les 24 heures précédentes étaient oubliées. En même temps, eux ne se rappelaient de rien. En revanche, Mentaline s’en souviendrait toute sa vie. Ou du moins une bonne partie, jusqu’à ce qu’elle perde la mémoire à 83 ans quand elle ferait un AVC.

- On, on y va comment au final, à Sentiernelle ? questionna Silver.
- Aucune idée… fit Mey en repensant à son combat. Ah si. Une en fait.

Nous retrouvons donc nos trois compagnons sur le dos d’un Airmure. Croyez le ou non, aller à 300 km/h dans les cieux est très désagréable. L’effet est le même que quand on passe la tête par la fenêtre sur l’autoroute, en deux fois plus fort. Ajoutez à ça les cumulonimbus dans la gueule, et le voyage est tout sauf agréable. Néanmoins, voler était une magnifique sensation. Heureusement d’ailleurs que Kawapink avait des aptitudes de soin, il avait pu régénérer suffisamment Steel pour qu’il puisse voler.

- Voilà Sentiernelle ! cria Mey pour qu’on l’entende.
- OK ! On se pose où ? demanda Mentaline.
- … On saute !
- Très drôle, railla Mantaline. Il faut se poser là où il n’y a personne…
- Ou directement dans la scène ! sourit Silver. On peut même dormir là bas, si on veut, et s’entraîner. Faut juste l’atteindre, mais je pense qu’elle sera gardée.
- Dans ce cas… On fonce ! exposa Mey. Hâte trois fois !

La vitesse fut multipliée par 6. C’est donc à 1800 km/h qu’ils arrivèrent à 100 mètres au dessus de la scène.

- Oh putain des Abris ! On ne peut pas passer ! souffla Silver.
- Steel, Ruse !

Le Pokémon s’entoura d’une aura verte, et passa au travers des abris, avant d’exploser le toit de la scène et d’atterrir sur le terrain des matchs en une énorme explosion. Les Coordinateurs accoururent, et attendirent que la fumée se dissipe. Quand ce fut le cas, ils virent descendre trois énormes armures de chevaliers d’un Airmure. Ils crurent à une bonne blague, et éclatèrent de rire. Rire qui s’étrangla dans leur gorge quand les armures soulevèrent leur visière et que trois des visages des dangereux meurtriers leurs apparurent.

- Je crois qu’on a pas fait bonne impression… soupira Silver.
- Tu déconnes ! On vient d’exploser le toit de leur scène, on a failli les tuer et on est recherchés par les flics, donc je suis sûre qu’ils nous aiment déjà !




- Sainte Marie, quelle sieste ! soupira Shuu en s’étirant.
- Chat tu peux le dire… bâilla Cat.
- Pff ! pouffa Shuu.

Ils venaient juste de se réveiller. Il n’était plus très loin de Doublonville, désormais. Il faut dire que Shuu avait gagné en endurance (et Cat perdu en poids) à force de porter son amie. Ils n’avaient rencontré aucun problème, et avançaient insouciamment. Enfin là, ils faisaient une énième pose sieste. La tête de Cat reposait sur le torse de Shuu, et ce dernier était allongé dans l’herbe fraîche.

- Dis Cat…
- Hmm ?
- Tu penses que les autres vont bien ?
- Mais oui ! ricana Cat. Tu veux qu’ils leurs arrivent quoi ? Qu’ils fassent une chute quasi-mortelle, qu’ils se fassent violemment agresser ? N’importe quoi !
- Mouais… grommela Shuu, pas convaincu.
- Eh ! Zen, profites de la vie ! Il fait beau, les oiseaux chantent et on avance bien ! C’est la belle vie !
- … Qui êtes vous et qu’avez-vous fait de Cat ?

Cat éclata de rire, sous le regard étonné de Shuu.

- C’est ta faute ! Etre triste quand t’es dans les parages, c’est humainement impossible !
- J’prends ça pour un compliment…
- C’en est un ! sourit Cat.
- Ben merci… 6 heures. TEA TIME ! s’écria Shuu.
- Gné ?!
- Origine british, celle dont je suis la plus fière ! fanfaronna le gamin.
- Tes parents sont anglais ?
- Nan, mère allemande, père américain…
- Ben elles sont où tes origines anglaises ?
- Grand-mère du côté maternel, écossaise. Et grand père côté paternel, anglais. Et pour le fun, grand-père maternel coréen, et grand-mère paternelle, russe.
- Wow… Quand je pense que moi, c’est juste ma grand-mère qui est espagnole…
- C’est déjà ça ! admit Shuu. Mais bref, je disais que c’était l’heure de boire le thé.
- T’as du thé ?
- Evidemment !

Il sortit de son volumineux sac à dos une théière en inox à l’ancienne, un service à thé en porcelaine, et une boîte remplie de divers sachets artisanaux.

- Tu m’étonnes que ton sac soit si lourd… soupira Cat.
- Tu aimes le thé ?
- Mouais…
- C’EST QUOI CETTE REPONSE ?! Tu vas apprendre à l’adorer et à le savourer, crois moi !
- Je te crois…

Il fit un petit feu de campeur avec des branches et l’attaque Feu Follet de Broke, collaboratif. Il posa la théière dessus, et y plongea un sachet très sobre. Il patienta quelques minutes, puis retira la théière du feu. Il servit délicatement une tasse à Cat, adossée à un arbre, et s’en servit une.

- Bois maintenant ! sourit-il.

Elle s’exécuta. Elle le trouva plutôt amer, mais très fin et savoureux.

- Alors ?
- C’est bon ! Si on revient un jour chez nous, j’irais m’en acheter !
- Je doute que tu en trouves… Le Gyokuro est un thé très rare, difficile à trouver. Je suis obligé de passer par Internet pour en acheter.
- Sérieux ?! Et ça vaut cher ces machins ?
- 50 euros pour même pas 100 grammes.
- Ah ouais… Bourge va !
- Oh, ce thé est extrêmement raffiné… Provenance nippone ?
- Exact ! sourit Shuu.
- Il est exquis ! sourit à son tour le jeune homme.
- …
- …
- T’ES QUI ?! hurla Shuu en reculant vivement.

Un homme, à peine majeur, buvait sereinement le thé préparé par Shuu. Ce dernier et Cat se regardèrent, surpris. Comment ce type avait-il réussit à se servir du thé et s’asseoir à côté d’eux sans qu’ils ne remarquent quoi que ce soit ? « Etrange… » songea Cat. Elle le détailla ; il était sacrément beau gosse, spécimen très rare de nos jours, avec de magnifiques yeux verts, des cheveux blonds resplendissants en désordre artistique, une carrure de militaire, bref, tout pour plaire. Cat et Shuu étaient sous le charme, bien qu’effrayés. Pas seulement parce qu’il était beau, mais aussi parce qu’il en imposait.

- Puis-je me joindre à vous ?  sourit-il.
- Eu… Et ben… Euuuh… Oui, bien sûr, haha ! lui répondit Cat.
- Je m’appelle-
- USUI !!! s’écria Shuu.
- Gné ? le dévisagea le jeune homme.
- … Désolé, je vous ai pris pour quelqu’un d’autre ! s’excusa Shuu, rougissant de honte pendant que Cat était morte de rire.
- Ce n’est pas grave ! Mon nom est Kenji. Kenji Hozakimaru. Et tu peux me tutoyer, tu sais !
- Ah… Oui, désolé…
- Et… Que faites vous ici ? Euh ! Que fais-tu ici, pardon ! questionna Cat.
- Je cherche des partenaires de jeu ! Un Rami, ça vous tente ?

Shuu et Cat se regardèrent. La situation était surréaliste. Ils étaient en train de prendre le thé avec un beau gosse apparu de nulle part qu’ils venaient à peine de rencontrer, et ce dernier leur proposait de jouer au Rami. « On se croirait dans Alice au pays des merveilles… » songea Cat. Shuu hocha la tête. Après tout, il n’avait pas l’air méchant…

- Oui, si tu veux, répondit Shuu.
- Génial ! s’écria Kenji avec un sourire éclatant.

Il claqua des doigts, et un paquet de cartes apparut dans ses mains, sous les regards interloqués du gamin et de la neko. Il leva un doigt, et le paquet commença à léviter. Il se plaça au milieu des trois personnes.

- Vas-y, coupe Kenji, lui dit Shuu.
- OK !

Il sortit une hache de nulle part, lança le paquet de carte en l’air, et le coupa transversalement, sans abîmer une seule carte. Il montra le Rami, tout sourire, à nos deux amis dont la mâchoire traînait par terre, avant de faire disparaître la hache. Il prit donc la carte « Joker », et reposa le paquet au centre. Les cartes se distribuèrent d’elles même, et quand ils en eurent 14 chacun (15 pour Kenji), le jeu commença. Shuu n’avait quasiment rien à part un misérable brelan de 4. De son côté, Cat avait deux belles suites et un carré de Rois.

(ndla : Brelan : 3 cartes de même valeur mais de signes différents Carré : 4 cartes de même valeur mais de signes différents)

Kenji posa un Valet de cœur, immédiatement récupéré par Cat. Cette dernière jeta une Dame de pique, reniée par Shuu. Il piocha, mais la carte ne l’intéressant pas il la posa. Kenji la fixa un court instant, et la pris d’un geste très lent et distingué. Il posa une carte face cachée, et étala ses cartes. Une suite de sept cartes, une autre de quatre, et enfin, un brelan de 10. En un tour, il venait de gagner. Du jamais vu.

- C’est une blague n’est-ce pas ? bredouilla Shuu.
- Hein, pourquoi ça ? Mes cartes sont bonnes, non ?
- Mais c’est impossible de finir en un tour ! s’emporta Cat.
- A moins de tricher ! rajouta Shuu.
- … Vous. Insinuez. Que. Je. Triche ?

Carrément flippant. Un ange possédé par un démon. Il gardait son sourire, mais le ton détaché de sa voix était effrayant.

- Que MOI, je triche ? MOI ?! hurla-t-il.
- Euh… Ben… bredouilla Shuu.

Les yeux de Kenji balançaient des éclairs, et une aura noirâtre s’était formée autour de lui. Cat n’aurait pas été étonnée de voir une fleur se recroqueviller à ce moment là. Et là, il sortit la hache de tout à l’heure. Shuu faillit s’évanouir. Cat avait des sueurs froides. Il leva la hache en hurlant, et l’abattit sur la tête de Cat. Il se stoppa à trois millimètres de la boite crânienne de la neko, et éclata de rire. Les deux amis étaient hébétés.

- Hahhahahahahaha ! Je vous ai bien eu ! Vous devriez voir vos tête, énorme !
- …
- …
- Hahahaha ! Hum, fit-il, reprenant contenance. Désolé, c’était trop tentant. Pour en revenir à votre question, je suis juste très chanceux au jeu !
- On avait remarqué, oui, grommela Shuu, vexé de s’être laissé avoir si facilement.
- Arceus tout puissant, j’ai cru que mon cœur allait lâcher, souffla Cat.
- Ca vous tente une partie de petits chevaux ? sourit-il.
- Pourquoi pas… soupira Shuu.

Quatre heures plus tard, après avoir joués à divers jeux (Petits Chevaux, Jeu de l’oie, Echec, Belote, Bataille, Monopoly Carte Bancaire Edition Golden, Morpion…), ils décidèrent de dîner, toujours en compagnie de leur nouvel ami très chanceux. L’astre du jour avait depuis longtemps laissé place au croissant de lumière, et la recherche de Baies était peu fructueuse sous ces conditions nocturnes, d’autant plus que l’absentéisme de Cat pesait sur la balance.

(Blue : Je profite de ce petit dialogue inséré au cœur de la narration pour vous annoncer que l’auteur est fier comme Artaban de cette phrase… Toujours ce narcissisme exacerbé…
Red (souriant) : Blue-chéri, pose ce dictionnaire ! ♥)

Bref, ils n’eurent pas beaucoup à manger, seules quatre minables Baies Sitrus composaient le repas. Heureusement, Kenji avait vraiment un petit appétit, et la moitié d’une lui suffit amplement. Shuu en mangea deux, Cat une et demie. Restait l’éternelle question. Le dessert. En effet, nos deux héros étaient de fins gourmets (et gourmands par la même occasion), donc un repas sans dessert n’était pas un repas. Les jours précédents, ils s’étaient débrouillés pour faire fondre quelques baies Chocco et se faire des Baie Repoi au chocolat. Mais là, avec la nuit, s’aventurer chercher des baies, c’était pas super sécurit. C’est là que Kenji fut le sauveur de la troupe. Il sortit de son sac à dos une boîte de chouquettes, achetées chez un artisan pâtissier. Il était étrange que Kenji ne leur pose pas LA question : « Pourquoi vous vivez en pleine nature, loin de tout et sans nourriture ? ».

D’ailleurs, Cat et Shuu n’étaient pas le moins du monde au courant que leurs têtes étaient affichées sur tous les centres Pokémon, Arènes, Scènes ou Gendarmeries, que des patrouilles étaient envoyées chaque jour pour les retrouver et qu’ils étaient classés VDP (Very Dangerous Personality) dans la police nationale. Après avoir dégusté le dessert, tous s’endormirent, Cat et Shuu par terre dans les feuilles, et Kenji dans un futon portable.

Le lendemain, Shuu se réveilla le premier. Il fit quelques pas, la tête encore dans le pâté. Il posa soudain son pied sur quelque chose de mou. Intrigué, il baissa la tête et vit que le truc mou était en fait… La tête de Kenji. Il retira immédiatement retira, mais trop tard. Kenji dormait toujours, mais une petite dizaine de haches venaient d’apparaître au dessus du corps endormi. Shuu recula doucement. Les haches fusèrent, et Shuu tenta dû tenter de survivre. La première frôla sa jambe et arracha une partie de son pantalon. « Tant, pis, j’en ferrais un short ! ». La deuxième, Shuu la dévia d’un Shuto uke (nom d’une parade avec les mains au karaté), et il failli y laisser un doigt. Du coup, il envoya Greens. Ce dernier mit hors service quelques haches avec des Tranch’Herbe. Mais il en restait trois qui foncèrent en direction de Shuu et son Pokémon. Le gamin dégaina son épée en chocolat et d’un geste digne d’un escrimeur, trancha toutes les haches en deux. Abasourdi, il regarda la lame de chocolat. Comment un truc pareil pouvait trancher de l’acier ? Il n’eut pas le temps de réfléchir plus que ça, car Kenji se réveilla.

- Eh ! Toi, tes haches m’ont attaqué ! cria Shuu, énervé.
- J’en suis désolé. Qu’as-tu  fait pour les mettre en rogne ?
- … Ce n’est pas comme si elles avaient une volonté propre…
- Ne crois pas si bien dire, répliqua Kenji, souriant comme toujours.
- Sans blague ?
- Qu’as-tu fait ? répéta le blond.
- … Je… T’ai marché dessus sans faire exprès…
- Tout s’explique.
- Elles n’avaient pas à essayer de me tuer ! s’emporta Shuu, réveillant Cat qui dormait pas loin.
- Il ne s’est rien passé ! dit Kenji.
- Menteur !
- Et qu’as-tu pour le prouver ?
- Les haches ! Regarde, elles sont ju… Elles sont où ?! s’étonna Shuu, ne les trouvant pas.
- Tu as juste rêvé mon cher ! ricana Kenji.
- Il se passe quoi ? questionna Cat.
- Il a essayé de me tuer !
- Il a fait un mauvais rêve.
- Greens peut le prouver ! dit Shuu en sortant Greens. N’est-ce pas que tu m’as vu me faire attaquer !

Greens eut un léger sourire diabolique, et secoua la tête négativement. Shuu crut qu’il allait le tuer.

- Tu vois ! sourit Kenji.
- Grrrr…
- Regardez ! C’est un Ptitard ! Il est trop choupi ! kyaya Cat.

Un petit Ptitard venait en effet de jaillir d’une petite marre. Il se dandinait d’une façon très mignonne, et il envoyait des petites Bulles D’O. Cat était sous le charme.

- Il me le faut ! cria-t-elle.
- Il est inutile, ricana gentiment Kenji. Je n’aime pas ce Pokémon…
- Je m’en fiche, je le veux ! dit Cat, toujours en admiration.
- Ces trucs ne mériteraient même pas de vivre… sourit Kenji.

Des haches fusèrent en direction du Pokémon. Le pauvre n’eut pas le temps de réagir. Il fut littéralement tranché en deux. Le choc projeta les deux parties dans la rivière, qui se teinta de rouge. Kenji souriait encore et toujours. Les haches revinrent près de lui, et son sourire s’agrandit encore quand il se tourna vers Cat et Shuu, sous le choc.

- Et si on jouait à un jeu, tous les trois ?

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MessageSujet: Chapitre 11 : Passé, Présent, et peut-être Futur   Mer 28 Déc 2011 - 13:35



Bleuts était dans la merde. Elle était incapable de bouger, bien que Roku ait rappelé ses Insecateur. Ce dernier avait sortit un petit poignard, et avançait dangereusement en direction de la blonde. Il traça doucement les contours du visage de Bleuts avec la lame, sans pour autant la couper. La pauvre jeune femme était morte de peur. Elle était sur le point de s’évanouir ; ses jambes flageolaient, elle suait abondamment, et elle pleurait toutes les larmes de son corps.

- Comme c’est étrange… sourit Roku avec un air de psychopathe. De loin, on dirait une femme forte, capable de tout surmonter avec dignité. De près, tu n’est qu’une petite brebis avec une carapace. Je viens juste de briser la carapace, et tu chiales déjà comme une Sainte Nitouche vierge sur le point de se faire violer ! se moqua l’adolescent.
- Ta… essaya d’articuler Bleuts. Ta gueule…
- Même plus capable de crier… Lamentable ! ricana Roku. Dire que tu me plaisais, je me suis trompé.
- Ta… gueule…
- Oh, je t’en prie, change de disque, tu radotes ma chère !
- Va… te… faire… foutre… chiala Bleuts.
- RI DI CU LE. Mais j’aime voir la peur sur ton visage… J’aime beaucoup ça !

« Bleuts putain, reprend toi… Tu es amplement capable de tuer ce type avec les deux mains liées… Alors pourquoi mon corps refuse d’agir ? PUTAIN !! » pensait Bleuts, à bouts de nerfs. Roku continua à tracer les contours de la jeune femme, son poignard glissait doucement sur les veines de son cou, puis sur ses bras, sur ses doigts… « Qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai peur… J’ai trop peur. Ce type est fou. Il doit avoir quinze ans. La folie m’effraie… Son poignard il peut se le foutre dans le cul, mais sa folie… est terrorisante… » flippait Bleuts dans ses pensées.

- Ben alors, on fait dans son froc ? ricana-t-il. Profite en, bientôt ce sera un liquide autrement moins agréable qui viendra mouiller tes vêtements…
- Arrête… gémit Bleuts.

Roku était entrain de déboutonner la chemise de Bleuts. Et à la seconde où il commença à faire ça, l’esprit de la blonde reprit complètement le contrôle. « Bleuts, dit toi que ce type n’est pas fou ! Tu ne vois pas son visage… C’est juste un pervers comme un autre ! » Le coup de poing fusa, implacable. Roku fit un vol plané impressionnant. Elle s’approcha pour le finir, mais elle vit son visage quand il se releva en se tenant les côtes. Sa langue parcourait ses lèvres, ses yeux étaient révulsés et globuleux. Et aussi vite que sa tête s’était remise en marche, elle sombra immédiatement dans la terreur. « La… folie… » Bleuts s’effondra à genoux, pleurant comme un bébé. « Fou… Psychopathe… »

- Comment sont morts ses parents ? questionna la gérante de l’orphelinat.
- Un dangereux psychopathe, à ce que j’ai entendu dire…Il aurait charcuté ses parents, asséna difficilement le juge.
- Oh mon dieu… Ce ne peux pas être humain, fit la gérante, profondément choquée. Devant la petite… ?
- … Oui…
- Mais pourquoi n’est elle pas dans un centre pour les traumatisés ?
- Parce qu’elle ne supporte plus la vue de la folie. Et que ces centres là en sont remplis. Vous pensez pouvoir vous en occuper ? demanda le juge, presque implorant.
- Je ferai tout pour que cette petite aille mieux, vous avez ma parole d’honneur ! Où est-elle ?
- Dans la pièce d’à côté. Elle arrache les bras de ses poupées…
- Sainte marie… Pauvre enfant…


- Ouch… Tu as du punch ! Je retire ce que j’ai dit, t’as des couilles… sourit sadiquement Roku. Dans ce cas, je peux passer au niveau supérieur…

Le poignard se planta profondément dans la main à terre de Bleuts. Elle hurla de douleur. Le sourire de Roku s’agrandit, et il se lécha les babines. Il s’approcha lentement de la main sanguinolente de Bleuts, et recueillit un peu de sang sur son doigt. Il le regarda, louchant, la bave coulant sur son menton.

- Cette couleur… Ce sang couleur… couleur sang… SANG ! Ha ! Hahhaha ! Hahhahahahaah ! ria-t-il, la folie le rongeant peut à peu.

« Ce rire… Rire de malade… »

- Comment t’appelles tu ma chérie ?
- Bleuts.
- C’est ton vrai nom ?
- Non. Je m’appelle Britney en vrai mais ça faisait pute…

Rappelons que Bleuts à 5 ans au moment où elle dit ça. « Pauvre petite… » songea la gérante de l’orphelinat, Mme Pinson.

- Bleuts, est-ce que tu veux te confier à moi ? lui demanda un psychologue lors d’un entretien.
- Non.
- Pourquoi ?
- Je ne vous fais pas confiance.
- Que faut il que je fasse pour que tu me fasse confiance ?
- Rien. Je ne fais confiance à personne. Haïr tout le monde est bien plus simple.
- Mais tu dois être choquée…
- N’importe quoi ! C’est la vie, c’est tout ! Mes parents n’avaient qu’à être plus prudents et mieux choisir leurs fréquentations.
- Très bien. Tu peux retourner jouer avec les autres, Bleuts.
- D’accord.

La petite fille de 5 ans s’en alla, sans sourire, mais sans un air triste non plus. Au passage, elle brisa le pot de fleurs d’un coup de poing, puis referma la porte. Mme Pinson la rouvrit quelques minutes plus tard et demanda :

- Alors docteur ?
- J’ai trouvé son moyen de défense. Il est extrêmement simple mais demande une force énorme pour une enfant en si bas âge.
- Que fait-elle ?
- Elle haït tout le monde. En tous les cas, c’est ce qu’elle essaye de se convaincre. Elle dit haïr ses parents. Comme ça, elle ne les pleure pas, et n’est en conséquent pas triste.
- …
- Ne serait-ce que prononcer de telles paroles est impossible pour une personne normale qui aurait vécu la même chose qu’elle. Surtout qu’avant le meurtre, elle disait les adorer.
- C’est horrible…
- Disons simplement qu’elle parle et qu’elle résonne comme une personne de 25 ans.


« Bleuts putain… Ne pense pas à la folie. Ne pense pas à la douleur. Colle lui une baigne en lui imaginant une gueule de pédophile et en fermant les yeux. Je vais y arriver… Je ne dois pas mourir comme mes enculés de parents… » pensa Bleuts en désespoir de cause. Elle souleva légèrement sa main encore intacte, et gifla le psychopathe de 15 ans avec la force d’une mouche asthmatique. Ce dernier éclata de rire. Un rire très flippant.

- Pitoyable ! ricana-t-il avant de sortir un autre couteau. Mais si tu peux te servir de ton autre main, je ferai mieux de lui faire subir le même sort que la première…

Il leva la lame argentée, où le soleil se refléta.

Britney, 4 ans. Elle habitait dans une petite maison, banale mais coquette. Elle avait une chambre à elle, des parents formidables, des amis formidables, une vie formidable. Ce soir là, les parents de la petite fille, Pamela et Daniel, invitèrent un ami à la maison. Gontrand, un docteur réputé dans la région. Ils se mirent sur leur 31, et préparèrent un repas royal. Quand il arriva, tous commencèrent à discuter, et Bleuts jouait tranquillement, insouciante. On passa à table, discutant de tout et de rien. Puis vint le moment où la bouteille fut vide.

- Laissez ! Je m’occupe d’aller la remplir, fit Gontrand en souriant.

Il partit en cuisine, et revint avec la bouteille remplie. Il servit de l’eau aux parents de Britney, puis attendit. Pamela s’endormit la première, et Daniel la suivit de peu. Gontrand sourit à la petite fille.

- Ma chérie, met ton bavoir, ça risque de gicler.
- Pourquoi ils dorment papa et maman ?
- Ils sont très fatigués !

Gontrand partit en cuisine et revint avec un couteau japonais pour couper le poisson. Il amena ensuite la table à repasser de Pamela, et y allongea cette dernière. Il commença donc délicatement la découpe, la folie dans les yeux, sous le regard traumatisé de la petite Britney.


« Ce type n’est pas fou. Il est schizophrène. Pas fou. Tu peux le battre, tu en es capable. Je ne dois pas faire comme eux, je ne peux pas souffrir comme ça, mourir comme ça ! Je vais réussir là où mes cons de parents se sont fait déchiqueter ! »

Des membres jonchaient le sol. Les têtes étaient au pied de la table à repasser, désormais rouge sang, et on trouvait des doigts ou des orteils de ci de là. On pouvait apercevoir également une petite fille recroquevillée sur elle-même. Enfin, fille était un grand mot. Epave aurait été plus correct. Elle fixait de ses yeux exorbités Gontrand, le docteur, en proie à une terrible crise de rire sadique. Il lui dit, les yeux révulsés, la tête en arrière et le corps dégoulinant d’un liquide rouge :

- Tu aimes les puzzles ma chérie ? ricana-t-il nerveusement.
- …
- Tant mieux ! Je suis nul, je risque de me tromper, regarde bien !

Il saisit donc une aiguille, et commença à ressouder les morceaux n’importe comment, toujours sous les yeux horrifiés de Britney. C’est ainsi qu’un cadavre mi-homme mi-femme fut créé, mélange entre ses deux parents respectifs.

- Je te fais un cadeau, petite ! Une nouvelle poupée !

C’est ainsi que Britney s’évanouit. Quand les voisins la trouvèrent, serrant contre elle un cadavre à deux têtes sanguinolent, des flaques de sang dans toute la salle à manger et des taches de sang sur le mur, ils s’enfuirent en courant. Britney s’était réveillé, et avait constaté les dégâts, vide, telle une coquille. Elle était restée là, trois jours, trop choquée pour réagir. Puis, mentalement, elle avait commencée à tisser un cocon protecteur. Un coton hérissé d’épines. C’est ainsi qu’elle commença à haïr. Elle haït Gontrand. Puis elle haït la cruauté de la vie. Puis elle haït le monde entier. Et elle finit par haïr ses parents, pour ne pas être triste et pouvoir vivre normalement. Quand la police vint la chercher, avant de partir, elle cracha sur les têtes de ses deux parents, rattachées à un seul et unique cou.



« Je me mourrais pas comme eux ! »

Le poignard s’arrêta à quelques centimètres de la main de Bleuts. Cette dernière venait d’assommer Roku d’un coup de tête dévastateur. Roku se releva presque immédiatement. Mais Bleuts n’en resta pas là. Elle arracha le couteau qui retenait sa main au sol, et se releva en titubant, les yeux dans le vague.

- Tu sais Roku… commença-t-elle. Tu m’effrayes. Tu me fais peur. Tu me fait du mal. Tu veux me tuer. Mais… je ne veux pas mourir. Pas comme ça en tout cas.
- Tu n’as plus peur ? s’étonna Roku avec un sourire sadique.
- Si. J’ai toujours peur. Je suis morte de frousse. Mais je ne veux pas mourir comme eux. Et je ne veux pas que les autres portent le fardeau que j’ai porté.
- On se croirait dans un film à l’eau de rose ! se moqua Roku. Sauf que ça n’a rien d’une déclaration…
- Je ne ferrai pas la même erreur.
- C’est bon, t’as fini de parler ? Tu fais chier là, je dois te tuer moi !

- Bonjour les enfants ! Je vous présente Britney Royce ! C’est notre nouvelle pensionnaire, accueillez là comme il se doit ! sourit la gérante.

- Premier jour de Britney à l’orphelinat. L’entretien avec le psychologue n’avait pas encore eut lieu. Dans la cour de récré, 3 élèves d’environ douze ans vinrent voir Britney, recroquevillée dans un coin.

- Salut ! C’est toi dont les parents ont joué pour de vrai dans Saw ? ricana le premier.
- N’importe quoi ! s’emporta Bleuts.
- Tu t’appelles Britney Royce ! C’est passé dans les journaux !
- Ouais ! Tes parents se sont fait tuer, et bien fait pour eux !
- J’ai menti à la gérante. Mon vrai nom, c’est… Bleuts ! fit-elle, pas touchée pour un sou par la mort de ses parents.
- Peu importe, on va te montrer qui commande ici ! fit un élève en faisant craquer ses jointures.

Effectivement, Bleuts leur montra qui commandait dans cet orphelinat. C’était elle. Du coup, elle se faisait appeler Bleuts la Caïd. Et le prénom Bleuts est resté.


Le coup de pied circulaire fusa, et Roku n’eut pas le temps d’esquiver. Il para difficilement, et se prit donc de sérieux dégâts.

- Tch… Tu cherches la merde, pétasse ? Tu vas voir !

Il envoya les Insecateur. Bleuts pâlit, mais se ressaisit vite. Elle esquiva les Tranches de ses assaillants, et en éjecta un d’un uppercut. Roku tira avec son Kalachnikov, et la balle transperça Bleuts au niveau de l’épaule. Elle s’effondra de douleur, déjà bien atteinte par sa main.

- Tu t’es bien battue, et tu as su surmonter la peur… Tu m’impressionnes… Je te tire mon chapeau, jeune fille.

Roku avait retrouvé son visage normal. Il n’avait plus rien d’un fou. Juste d’un gars armé. « Bizarre… C’est moi qui l’aurais apaisé ? J’ai rien fait pourtant… Putrain la vache ça fait mal » gémit intérieurement Bleuts.

- Bon, je vais devoir te tuer, mais saches que tu as tout mon respect, fit il en pointant son flingue vers elle.

« C’est bon, je peux crever maintenant. Il n’est plus fou, je ne serais pas morte comme mes parents. J’aurait fait tout ce que j’ai pu, tout ce que mon corps permettait… Je regrette juste de devoir quitter les autres, même si ça me tue de l’admettre… » se résigna Bleuts.

Alors qu’il allait tirer, Roku fut projeté très loin par une colossale masse bleue. Le Léviator hurla de rage, et entama une Mania surpuissante sur le pauvre (pouvait-on vraiment le plaindre ?) Roku, dont on entendit craquer les os. Le dragon aquatique l’acheva d’un dernier coup de queue qui le projeta au loin, et rampa vers sa maîtresse agonisante.

Soudain, les fourrés remuèrent. En sortirent Kanon et Spouf, alertés par le bruit.

- Bleuts ? Qu’est ce qui se- OH MON DIEU ! BLEUTS !

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MessageSujet: Chapitre 12   Mer 28 Déc 2011 - 13:40



Cat et Shuu étaient sous le choc. Ils fixaient la rivière, rouge de sang. Kenji souriait. Les haches formaient un cercle de métal autour de lui. Ce fut Cat qui retrouva le plus vite l’usage de la voix. Elle s’en servit pour hurler. Un cri horriblement puissant. Un cri du cœur qui dura une minute entière. Inévitablement, elle eut des flashs de Break étendu sur le sofa, mort. Comme à chaque fois qu’elle voyait la mort. Elle se tint la tête, tentant de chasser les images qui l’envahissaient. Shuu lui donna une baffe, ce qui eu pour effet de la réveiller. Elle le regarda, incrédule.

- On va avoir besoin d’une tête en pleine forme pour survivre, sourit Shuu.
- … Oui, tu as raison… s’excusa Cat, penaude. Mais pour le Ptitard ?
- Oublie le deux minutes. Moi aussi je meurt d’envie d’exploser la gueule de Kenji, mais la priorité, c’est de survivre.
- Alors, on fait des messes basses ? sourit Kenji.
- TOI TA GUEULE SALE PETIT ENFOIRE ! s’emporta Cat. TU VAS SOUFFRIR GRAVE TA RACE, SALOP !

Une hache lui coupa une mèche de cheveux. Elle se figea, interloquée.

- Cat, tu ferais mieux de te tenir tranquille, sourit Kenji à son oreille.

Elle et Shuu sursautèrent. Kenji, qui se trouvait une seconde avant à 20 mètres d’eux, ramassait désormais la mèche de cheveux coupée de Cat.

- Je prends juste ça. Maintenant, on peut commencer le jeu. Chouette !

Une hache vint se positionner au niveau du cou de chacun de nos deux amis.

- Devinette : 3 x 7 ?
- 21 ! répondit Shuu.
- C’est une bonne réponse ! Je t’en prie, porte moi une attaque ! sourit Kenji.

Il se positionna en face de Shuu, immobile. La hache de Shuu s’écarta.

- Je vais me gêner ! Greens, en avant ! Tranch’Herbes !

Les feuilles fusèrent. Kenji tendit un doigt, et elles s’arrêtèrent nettes, tombant sur le sol.

- Je ne suis pas une personne ordinaire, vous savez, fit-il a un Shuu ébahit.
- On s’en doutait trooooop pas ! railla Cat.
- Je suis San, de la M-Organisation.
- Haha, le nom de merde ! ricana Shuu. Imaginez au Japon : San-san !
- Je viens de votre monde, et je suis capable d’agir sur les choses par la pensée.
- Beaucoup moins drôle… s’inquiéta Cat.
- Question suivante ! Qu’est-ce qui a 4 pattes au lever, 2 à mi-
- L’Homme, répondit Cat, blasée.
- Vas-y, attaque !

« Ce type contrôle les choses par la pensée… Donc s’il ne peut pas se concentrer, il ne peut rien faire… » Elle s’approcha doucement de San, immobile, et lui hurla dans les oreilles. Surpris et sonné, il n’eut pas le temps de réagir quand Cat lui envoya un genou puissant dans la jambe. Un type blond normalement constitué se serait effondré, mais visiblement San était un brun teint en blond. (ndla : Ou les réflexions trèèèès profondes de Cat)

- Pas mal, très intelligente la petite. Question suivante…
- On se croirait dans Ulysse ou Bilbo le Hobbit…
- Quel est le plus petit paradis existant ?
- T’es sérieux là ?! ricana Shuu. Je ne te pensais pas comme ça…
- 3… 2…
- Shuu vite ! souffla Cat.
- J’ai presque honte de connaître la réponse…
- 1…
- Vite putain !
- Le soutien-gorge, car il n’a que deux saints… répondit Shuu.

Cat était morte de rire, mais la hache la rappela à l’ordre. Shuu utilisa la même technique de Cat (quelle inventivité…) et en profita pour frapper du poing la tempe de San/Kenji violemment. Ce qui n’eut strictement AUCUN effet. Cat glissa à Shuu :

- On s’en sort plutôt bien pour l’instant…
- Je trouve pas moi… Il reste insensible aux coups qu’on lui donne…
- Question : Comment s’appelle ma mère ?
- …
- …
- 1, 2…
- Comment tu veux qu’on sache ?!
- Et 3… C’était Marie-Jeanne-Antoinette de la Sainte Coquillette Angelique Evangélisée, évidemment !
- … San de la Sainte Coquillette Angélique Evangelisée. Je ne me plaindrai plus jamais de Shuu Jaggerjack… Et puis t’es qu’un tricheur !
- Et oui, que veux-tu petit Shuu… Je gagne TOUJOURS aux jeux, que tu le veuilles, ou non…

Il claqua des doigts. Un Alakazam apparu, imposant, flottant dans les airs dans la position du lotus.

- Alakazam, Exploforce, sourit San.

Le Pokémon savant créa une boule d’énergie ultra concentrée, et la balança. Evidemment, Shuu et Cat ne bougèrent pas d’un pouce, laissant Broke prendre l’attaque sans aucun dégât.

- Broke, Onde Folie !
- Alakazam, arrête là !

Le Pokémon ferma les yeux, et créa un Abri autour de lui, stoppant l’onde. Cat jura.

- Broke, Dépit !
- Greens, intervint Shuu, Spore Coton ! Goinfrex, fit-il en l’envoyant, Amnésie !
- Alakazam, met la boule de poils K.O. ! Psyko !

La « boule de poils », grâce à Farceur, attaqua en premier, ralentissant considérablement Alakazam grâce à des boules de cotons qui vinrent l’immobiliser. Il s’en débarrassa en deux secondes chrono. Ces deux secondes suffirent à Goinfrex pour augmenter sa défense spéciale, et à Broke de faire tomber les PP d’Abri à zéro. Néanmoins, Greens fut balayé par la surpuissante Psyko, et tomba K.O.

- Greens, revient mon pauvre ! sourit tristement Shuu en le rappelant.
- Upah, en avant ! Tir de Boue ! Et toi Broke, euh… Punition !
- Goinfrex, Léchouille !
- On a assez joué, soupira San. Alakazam, explose moi ces débutants.

Avant même que les Pokémon adverses aient eu le temps d’attaquer, le Pokémon de San avait déjà balancé une Ecosphère, une Exploforce et une Balle Ombre. Axoloto fut mit K.O. direct par la première, l’Exploforce explosa Goinfrex et la balle d’obscurité eut raison de Broke. Shuu et Cat venait de se faire lamentablement laminer.

- Vos Pokémon sont simplement minables. Et vous encore plus, si j’ose dire. Même pas besoin d’user de Pokémon, mes haches suffiront…
- Ou paaaaaaaaaaaaaaaaas !

Shuu et Cat se retournèrent en direction des buissons. En sortit une jeune fille châtain, jolie, plutôt bien foutue, habillé de la tête aux pieds de noir et de blanc.

- Tiens, un échequier ! se moqua San.
- Tiens, un connard avec un humour de merde ! sourit la jeune fille.
- Que veux-tu ?
- T’exploser la face me parait une solution très appropriée, ricana-t-elle.
- Elle doit avoir un lien de parenté avec Bleuts, c’est sûr… chuchota Shuu.

La jeune fille venait de s’interposer entre nos deux héros et San. Elle sortit un magnifique Majaspic.

- Rends-toi, avorton… fit-elle à San.
- Aurais-je enfin trouvé une adversaire à la hauteur de ma magnificence ? Seul le combat Pokémon le décidera !
- Emeraude, TempêteVerte.

Toute la forêt dans un rayon de 30 mètres fut englobée dans une violente tempête de feuilles virevoltantes. Pour la première fois, San eut l’air étonné. Il ouvrit les yeux, qui s’étaient soignés Arceus sait comment.

- Emeraude, Attraction puis Lame-Feuille.

Bloqué par la Tempête Verte, Alakazam ne put esquiver le clin d’œil de la Majaspic, et tomba sous le charme de cette dernière. La Lame-Feuille eut raison de lui en un seul coup. San était franchement ébahi désormais, ainsi que nos deux héros.

- C’est con, il est K.O… Tu dois avoir les boules, nan ?
- Pas tant que ça, je ne suis pas encore fini… Il me reste un Pokémon.
- Si tu parlais du Gallame caché dans les fourrés… Je crois qu’au contraire, tu es cuit, je l’ai éclaté il y a 5 minutes.
- … Je crois que prendre la fuite est ma seule option…
- Attends ! cria Shuu. La fille ici présente ne te laissera partir que si tu nous rends la mèche de cheveux !
- Je suis une femme, gamin ! s’énerva cette dernière.
- Alors San ?
- Très bien, fit-il en lâchant la mèche de cheveux. Puis-je juste savoir qui vous êtes ?
- Je suis Melosa Grey. Championne en titre de la ligue Pokémon d’Unys.


« Bon ok. Bleuts a un gros trou dans l’épaule et une fente dans la main, comme les trous dans les boîtes à pièces jaunes dans les Mc Donalds. Je ne peux pas la soigner seule. Donc il faut aller à l’hosto. Sans se faire capturer. OK. » Kanon était quelqu’un d’extrêmement organisé. Elle constatait, réfléchissait, et agissait, tout simplement. Elle ne se demanda pas qui était l’auteur de ces blessures. C’était du second plan. Elle aperçut une arme posée par terre. Elle la soupesa, et l’examina. Kalachnikov. Elle le rangea dans son sac, prit Bleuts dans ses bras et demanda à Spouf de carboniser un bout de bois. Avec le morceau calciné, elle brûla la plaie de Bleuts, ralentissant ainsi l’hémorragie. Puis elle enfonça le chapeau de paille encore plus profondément dans la tête de Bleuts, et mit le sien. Elle rentra le Léviator de Bleuts dans sa Pokéball, là non plus sans s’étonner outre mesure que le Magicarpe ait évolué.

Kanon commença donc à avancer. Elle tomba soudain sur un corps étendu, bien amoché lui aussi. Un gamin, 14 ou 15 ans. Son bras était complètement écrasé et saignait abondamment. Elle fit un rapide garrot, et sans réfléchir, l’embarqua lui aussi. Quand elle le souleva, trois Pokéball tombèrent et s’ouvrirent, libérant trois Insécateur. Kanon sourit, se fit une petite cravache avec une liane et dit, s’adressant aux Pokémon :

- Vous voulez sauver votre maître ? Alors obéissez moi.

Les Pokémon, impressionnés par le ton implacable de Kanon, acquiescèrent. Kanon posa Bleuts sur le dos du premier, le garçon (Roku, comme on s’en doute…) sur le deuxième, et monta elle-même sur le dernier. Elle rappela Spouf et ordonna :

- Direction plein Nord. Vitesse maximale.

Les Pokémon s’envolèrent. Très vite, on put apercevoir Miriarbres en dessous. Elle montra l’hôpital du doigt, et ordonna aux Insecateur de se poser juste devant, ce qu’ils firent. Elle mit un blessé sur chacune de ses épaules et entra, la tête baissée. Deux gardes l’accostèrent.

- Laissez moi passer, s’il vous plait. Ces deux là sont sur le point de mourir.
- Nous devons vérifier, c’est la loi…
- VOUS PENSEZ FRANCHEMENT QUE JE SUIS VENUE ICI DANS LE BUT DE TUER TOUT LE PERSONNEL ??!!! J’AI DEUX BLESSES GRAVE, ALORS MAGNEZ VOTRE CUL ET LAISSEZ MOI PASSER, MERDE !!! gueula Kanon.

Impressionnés, les gardes la laissèrent passer. Bleuts et Roku furent embarqués par des brancards. Kanon les suivit d’un pas vif et déterminé, toujours en priant pour qu’ils ne reconnaissent pas le visage de Bleuts. Elle fut conduite dans une salle de soin d’urgence, et Kanon dut user de son regard de la mort qui tue pour être admise à l’intérieur. Ils allongèrent Bleuts sur un lit, et emmenèrent Roku dans une autre salle. Quand le médecin enleva le chapeau de Bleuts, il se figea. Pas seulement parce qu’il avait reconnu la dangereuse criminelle, mais aussi parce qu’il sentit quelque chose de froid sur sa tempe. Il entendit une voix effrayante, presque robotique.

- Ne hurlez pas. Ne faites pas de bruit. Ne prévenez d’aucune façon vos collègues. Ne prévenez pas la police. Je suis Kanon Simiophia, dangereuse criminelle. Je n’hésiterai en aucun cas à tirer. Soignez-la, et vous survivrez.
- … Tr… Très… Très bien… bégaya le pauvre médecin.
- Si vous ne me la rendez pas niquel chrome, je vous troue la tempe niquel chrome, compris ?
- C… Compris…

« Mey, Shuu, Mentaline, Cat… Désolée. C’est pour le bien de Bleuts, ne m’en voulez pas. A partir de maintenant, nous ne sommes pas vraiment innocents. Mais je n’avais pas le choix. »
Le médecin s’affaira silencieusement, toujours dans la ligne de mire d’une Kalachnikov chargé. Il désinfecta les plaies, recousu le trou causé par la balle, banda la main de Bleuts… Au bout d’une heure, elle était stabilisée.

- Elle… Elle a besoin de repos.
- Hmm. Je vous remercie. Je suis honnête, il ne va rien vous arriver. Sauf ça.

Elle l’assomma d’un coup du tranchant de la main dans la tempe. Elle prit Bleuts dans ses bras, et se dirigea vers la salle de Roku, le Kalachnikov toujours en main. « Je me demande qui c’est, lui… Sûrement un ami de Bleuts qui s’est lui aussi fait attaquer. Je dois l’aider… » Par chance, le couloir était désert. Elle se hâta, et pénétra doucement dans la salle où était soigné Roku. En vue des radios, Kanon frissonna. Quadruple fracture du bras, double fracutre du poignet, et 2 phalanges complètement en miettes. Il en avait pour un moment sur le billard, vu ses hémorragies internes. Kanon ressortit discrètement de la salle d’opération, et se planqua dans la salle où elle avait assommé le pauvre médecin. Et elle attendit. Longtemps. 6 heures, peut-être plus. De temps à autre, elle allait vérifier où en était Roku. Elle savait que ce qu’elle faisait était extrêmement risqué. Chaque seconde qu’elle passait ici mettait sa liberté (voir sa vie) en grave danger, et celle de Bleuts également.

Mais Kanon aimait beaucoup les enfants. Trop même. Et elle aimait bien ce petit, même s’il n’avait pas l’air d’un petit garçon. Son expression faisait trop adulte pour ça. Néanmoins, Kanon s’était jurée qu’elle sauverait ce gamin. Elle aurait très bien pu le laisser seul à l’hosto et s’en aller. Mais non, Kanon était bornée. Enfin, le gamin fut plâtré et stabilisé. Elle pénétra donc dans la salle d’opération et s’approcha discrètement d’une infirmière. Elle lui frappa la tempe, et elle s’évanouit. Les deux médecins restant se tournèrent, surpris. Quand ils reconnurent la tueuse qui portait sa complice, ils prirent peur, et partirent en hurlant.

Il était trop tard pour les faire taire. Elle sortit les Insécateur de leurs Pokéballs, et explosa la vitre de l’hosto d’un coup de talon. Alors qu’ils allaient s’envoler, Kanon eut soudain une étrange sensation. Comme si… Elle n’avait rien à faire là. Qu’elle était en trop dans ce monde. Ce sentiment que toutes les particules autour d’elle cherchaient à la faire sortir de cet univers. Elle n’était pas désirée. Et cette sensation s’intensifiait vitesse grand V. Kanon fut soudainement éjectée de l’Insecateur et plaquée contre le mur de l’hôpital par une force mystérieuse. Elle ne pouvait plus bouger. Quelque chose la repoussait, encore et encore. Elle hurla de douleur, compressée contre le mur.

- DECOLLEZ ! Et n’hésitez… surtout pas… à frapper ! ordonna-t-elle aux Insecateur.

Ceux-ci obéirent, et s’envolèrent à grande vitesse par la fenêtre. Kanon souffrait de plus en plus, tandis qu’elle entendait des pas qui se dirigeaient vers elle. « C’est quoi ce bordel… C’est comme si j’étais un pôle plus et qu’un aimant du même pôle s’approchait… Ca fait mal… » pensait Kanon.


Les Insecateur fendaient l’air, assommant les Forces Armées Flyers qui arrivaient au fur et à mesure. Celui qui n’avait rien à porter ouvrait la voix aux deux autres, mettant hors-service les première lignes.


Quand une jeune infirmière débarqua dans la salle, Kanon poussa un cri strident. Elle ne pouvait plus le supporter. La pression était forte, bien trop forte. L’infirmière parut surprise de découvrir une jeune femme hurlante au lieu d’une meurtrière. Elle fit un pas en avant, déclanchant une nouvelle secousse surpuissante sur Kanon qui hurla à nouveau. Des policiers arrivèrent derrière l’infirmière. Cette dernière les arrêta d’un geste.

- Je ne suis peut-être qu’une infirmière, mais je peux me défendre. Même si j’aurais préféré une adversaire en meilleur état…
- Mademoiselle, ce n’est pas prudent, firent les policiers accompagnés d’Arcanins.

L’infirmière frappa la porte en verre renforcé du poing. Elle se brisa en mille morceaux, sous les yeux ébahis de Kanon et des flics.

- Vous disiez ?
- Rien… du tout, on vous la laisse…
- Merci. Pourquoi es-tu dans cet état ? questionna l’infirmière.

Kanon était incapable de répondre, à bout. « Incroyable… Cette fille a le même caractère que moi… Serait-ce elle… Ma jumelle spirituelle ? Cette sensation de ne pas avoir le droit d’exister… Viendrait-il d’elle ? »

- Co… Comment… t’appelles-tu ? gémit Kanon dans un effort surhumain.
- Je m’appelle Karon. Ravie de faire ta connaissance, très chère adversaire.


Roku se réveilla brusquement, de par l’agitation autour de lui. Il constata lentement sa position. Dans les airs, attaqué de toute part par des Flyers. Il éclata de rire, croyant à un mauvais rêve. Quand un Ultralaser vint lui carboniser une mèche de cheveux, il déglutit difficilement. La folie n’habitait plus ses yeux. On aurait crut à un jeune garçon tout ce qu’il y a de plus normal. Pas à un psychopathe qui venait de torturer une jeune fille. Le même que celui qui avait accosté Bleuts avec un grand sourire rayonnant. Roku constata qu’il était en plutôt bon état. « Tiens, on m’a soigné… Serait-ce…? » songea-t-il en se tournant vers Bleuts. « Non, elle est inconsciente, et elle n’irait pas soigner un type comme moi. Qui alors ? » Pensif, il ne faisait pas attention à ce qui se passait autour. Nonchalant, il contemplait Bleuts avec un sourire aux lèvres. « Tu m’étonnes que j’ai basculé… Elle est tellement cool, forte et mignonne à la fois… Je vais où en fait, là ? » Il inspecta le vide, et vit qu’il survolait maintenant le Bois aux Chênes, décidemment théâtre de nombres de choses.

Il sauta sur l’Insecateur de Bleuts et failli tomber, déséquilibré par le manque de réaction de la part de son bras. Il se stabilisa, et regarda son bras droit, dans un plâtre. « Trop encombrant… » pesta-t-il. Il le brisa donc… sur la tête de son Insecateur. Qui s’évanouit. Et ils commencèrent à tomber.

- Et merde ! Ch’ui maudit aujourd’hui ou quoi… soupira-t-il.

Il attrapa Bleuts, sauta encore une fois et atterrit sur le premier Insecateur. Ce dernier faillit chuter lui aussi, mais réussi à reprendre de l’altitude. Roku rappela les deux autres Pokémon.

- Insecateur, Hâte.

Alors que le Pokémon filait comme un avion à réaction au ras des arbres, semant tous les Flyers au passage, il plongea avec Bleuts dans un arbre. Au même moment, il brisa la Pokéball de l’Insecateur, désormais libre (et accessoirement un appât pour les Flyers). Il fixa le visage endormi de Bleuts.

- Pourquoi je l’ai pas laissé s’écraser par terre, celle là ?

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MessageSujet: Chapitre 13 : Soyez gras-chieuses ! (1/3)   Mer 28 Déc 2011 - 13:50



Les coordinateurs s’étaient recroquevillés dans leur coin, effrayés par l’arrivée fracassante de trois meurtriers en armure. Ces derniers quittèrent cette dernière (ndla : phrase de merde, JE SAIS, merci xD), et s’avancèrent dans la grande salle. Il y avait un trou dans le toit, et un cratère sur le terrain. Mey rappela Steel d’un geste lent, et regarda les dresseurs, morts de peur.

- Et ben dites donc… Quel accueil chaleureux ! leur dit Mey.
- On devrait essayer de détendre l’atmosphère… souffla Mentaline.
- J’ai amené des sushis surgelés de chez Picard ! On se fait une bouffe ? proposa Mey, sous le regard blasé de Mentaline.
- Arrêtez, vous faites peur à ces pauvres bêtes… soupira Silver.
- Je me demande ce qui fait le plus peur ; deux filles tarées ou un mec habillé comme un mec qui parle et qui se déhanche comme une fille… ?
- …
- Bravo Mey, t’es la plus forte pour lui clouer le bec ! ricana Mentaline en applaudissant, sous l’œil effaré des Coordinateurs.
- En ce moments, les peureux doivent se dirent « Oh putain, maintenant les trucs comme ça sont des meurtriers… Où va le monde, bon Arceus ! », souffla Mey.
- Quelqu’un sait où sont les toilettes ? demanda Mentaline.

Les Coordinateurs ne bougèrent pas d’un pouce. Mentaline décida d’en profiter un petit peu.

- J’ai dit : Où. Sont. Les. Toilettes. BORDEL !

Les jeunes artistes frissonnèrent, et montrèrent une porte du doigt. Mentaline les remercia avec un grand sourire, et s’éclipsa en compagnie de Mey et Silver. Une fois dans les chiottes des filles, ils firent un petit meeting.

- Ca craint… Ils flippent dès qu’ils nous voient ! commença Mey.
- Avoue que t’es flippante, aussi ! grommela Silver.
- T’as dit, quoi, j’ai mal entendu ?
- J’ai dit que tu étais très mignonne quand tu souriais ! sourit Silver.

Mey se figea, rougit, puis se ressaisit en collant un pain à Silver, qui alla s’effondrer la tête dans la cuvette.

- ENFOIRE(E) ! gueula-t-elle.
- Et oh, keep cool Mey ! Déjà qu’ils nous prennent pour des tarés, si en plus ils entendent des bruits de violences et des insultes, on n’est pas sortis...
- M’en fou ! Personne n’a le droit de me faire rougir ! bouda Mey.
- Bon on fait comment ? Où on dort ? Le concours est dans une semaine !
- Y’a des dortoirs. Mais collectifs… les informa un Silver trempé.
- Aïe, je connais quelques coordinateurs qui vont dormir dehors… soupira Mey.
- Sont chiants à avoir peur de nous… soupira à son tour Mentaline.
- En même temps, si tu voyais Messrine débarquer en compagnie d’Usama Ben Laden avec un grand sourire, j’aimerais bien voir ta tête ! ricana Mey.
- Très drôle. Bon on ressort. Mais pour aller où ?
- Ben, au salon des Coordinateurs, je suppose…

Ils sortirent donc des toilettes, et pénétrèrent dans la Salle des Croisements. En fait toutes les Scènes étaient identiques, à part au niveau de la grande salle des représentations. Il y avait une Salle des Croisements, qui reliait absolument tout. Les toilettes, les dortoirs, le salon, les douches et la Scène. Ils choisirent la porte du salon, et tombèrent sur un magnifique patio, d’où on pouvait voir un ciel verdâtre (à cause des Abris). Mis à part ce petit détail disgracieux, c’était un lieu magique. Garni de poufs (ndla : Les COUSSINS, hein !) de différentes couleurs, de lampe à laves, d’un feu de cheminée, d’une magnifique table avec motif échequier et d’un bar au design soigné, la décoration était juste parfaite. On sentait que la Fédération des Concours Pokémonesques (ou FCP) avait bossé dur pour la construction des Scènes.

Le Salon était plein à craquer. Cependant, dès que nos trois amis firent leur apparition, un silence pesant s’installa. Mey se frappa la tête, exaspérée. Elle traversa doucement la salle, et se plaça devant une jeune fille qui se roula en boule, morte de peur. Mey colla son front à celui de la jeune fille au bord des larmes. Grand silence.

- Bou, dit Mey.

La jeune fille hurla, devant une Mey explosée de rire. Les autres coordinateurs la regardèrent, incrédule.

- Et oh ! J’vais pas vous bouffer, no stress ! sourit Mey. Ok Menta, balance la zikmu, on va faire le show !
- T’as pas besoin de parler comme une jeune de banlieue pour paraître sympa, tu sais…
- Je sais mais j’kiff grave ma race c’te façon d’te causer ! Balance !
… Ok.

Mentaline s’approcha de la chaîne hi-fi du salon, et y inséra un disque. La musique démarra. No stress de Laurent Wolf, mais sans les paroles. (je met la version chantée quand même). Silver entama son solo, tandis que Mey et Mentaline se mettait à danser la tectonik (ndla : Si si, cette danse existe toujours ! *SBAFF*). La mâchoire des coordinateurs traînait sur la moquette colorée. Pour reprendre la comparaison de Mey, imaginez Messrine et Usama Ben Laden entrain de danser la tectonik dans votre salon, sur No Stress de Laurent Wolf. Vous avez cinq options ; soit vous partez en courant, soit vous restez choqués, soit vous sortez une batte de base-ball et vous leurs explosez la face, soit vous vous pincez pour voir si vous rêvez, soit vous explosez de rire. Oui ben eux, c’était pareil. La plupart ne bougèrent pas, mais un ou deux s’écroulèrent de rire devant tant d’invraisemblance. Le truc avec l’hilarité, c’est que généralement c’est contagieux.

Du coup, c’est devant une foule à moitié morte que continuaient à se dandiner Mey et Mentaline, tandis que Silver sortait en exclusivité sa voix de roxxor masculine. Après trois minutes de délire total, les coordinateurs étaient conquis. Mentaline, Mey et Silver s’arrêtèrent, essoufflés par ce concert improvisé. Ils furent applaudis par toute la salle, et saluèrent humblement. C’était l’élément qui devait décoincer l’engrenage. Tout de suite, les artistes les abordèrent, souriants, leurs demandant où ils avaient appris à chanter et à danser. Tout se passait bien, jusqu’à ce que la jeune fille de tout à l’heure demande :

- Mais… Vous avez tué un homme non ? On ne peut pas vous faire confiance !

Le silence retomba. Silver le brisa.

- Honnêtement, est-ce qu’on a une tête de meurtrier ? dit-il avec sa voix suraigu et son corps de mec.
- …
- Ben non, vous voyez ! fit Mey. On est innocents ! C’est un complot pour nous faire emprisonner !
- Et pourquoi on vous croirez ? Personne ici n’y croit dur comme fer…
- Chi ! Moi ch’y chrois.

Tout le monde se tourna vers une jeune fille. 13 ou 14 ans. Ses cheveux étaient roux et ébouriffés. Seulement, on avait du mal à voir ses yeux. Pourquoi ? Parce que la graisse de ses pommettes les cachait. C’était moche à dire, mais le truc devant eux ressemblait à un Ronflex d’1 mètre 50 avec des spaghettis bolognaises sur la tête. Elle était vraiment énorme, et avait du mal à se déplacer. Elle s’avança difficilement, et dit à Mey.

- Moi che vous crois. Faut pas déconner non plus, comment voulez vous qu’ils puichent tuer quelqu’un ?
- C’est sympa, s’attendrit Mey.
- Che m’appelle Nozomi. Enchantée.
- …
- … Mentaline, dis moi que c’est une bonne blague…
- J’ai bien peur que non.
- Oh putain. Ce truc ?
- Faut croire…
- Oui ? interrogea Nozomi.
- Hahaha, rien Nozomi ! C’est très gentil de nous croire !
- Vous voyez, y’en a une qui nous crois ! sourit Silver.
- Ouais bon… Si la grande Nozomi vous crois, alors nous n’avons plus rien à dire… soupira la jeune fille de tout à l’heure.
- La grande Nozomi ? s’étonna Mentaline.
- Nozomi est une coordinatrice très connue, elle a déjà 3 rubans ! signala un petit garçon.
- Wow ! s’exclama Mentaline. Pas mal !
- Che n'est rien voyons.
- Dis moi Nozomi, tu pourrais pas donner des cours à la Team White Angel ? questionna Silver sous les regards assassins de Mey.
- Hum... Vu que tout le monde à l’air de vous apprécier, ch’est d’accord.
- Merci ! Elles commencent quand ?
- Demain, à 8 heures tapante ! sourit Nozomi.

Et elle s’éloigna, limite en roulant. Mey, courroucée, s’adressa à Silver d’un ton hargneux.

- Depuis quand tu prends les décisions à notre place ?!
- D’une, je suis votre coach, et de deux, Nozomi est super talentueuse, c’est tout bénef’ pour vous !
- Oui mais c’est que…
- Que ?
- Ben… C’est Nozomi quoi ! Fin, j’veux dire, regarde là…
- C’est bon, j’ai compris, la stoppa Silver. T’es minable. Repousser Nozomi juste parce qu’elle est grosse, c’est pitoyable.

Et il /elle partit, s’enfermant dans le dortoir des garçons, sous le regard incrédule de Mey. Les autres coordinateurs étaient repartis vaquer à leurs occupations, et il était environ 6 heures de l’après midi. La Team White Angel restait là, immobile. Mey se sentait bête. Pas qu’elle repoussait Nozomi seulement en vue de son volume un peu important. C’était surtout parce qu’elle n’avait pas un super bon souvenir de Nozomi dans l’anime… Celle-ci était d’ailleurs généralement surnommée Grozizi le mec qui se fait passer pour une fille dans le but de se rapprocher d’Aurore et de la v*oler. Très joyeux donc.

- On est des vraies salopes, avoua Mey penaude.
- Je confirme, dit Mentaline.
- N’empêche, c’est surtout toi la salope… ajouta Mey avec un sourire.
- Sympa, asséna-t-elle. Moi au moins, j’essaye d’être gentille avec les gens, pas comme une certaine personne qui, parce qu’elle veut plaire, se fait passer pour cool en cassant les gens.
- …
- Au début, j’te trouvais vachement sympa et tout ! T’étais aimable, violente  seulement pour replacer les pervers… Là, t’es pas la même.
- C’était de l’humour tu sais…
- Oui ben tu sais quoi, ton humour de merde j’en ai ras le cul. Va falloir te réveiller. Autant te le dire, c’est pas en essayant de faire ta rebelle que tu vas arriver à quelque chose avec Silver.
- … Comment tu sais pour Silver ?
- J’ai des yeux et des oreilles, figure toi. C’est gros comme un éléphant qui prend sa douche en plein milieu du Sahara, impossible de pas le voir. Je doute franchement que Silver aime ce genre de personne. Il y a une limite entre cool et chiante. La chiante, c’est Bleuts. Mais Bleuts, c’est sa façon d’être. Toi, tu te forces, c’est pas la vraie toi, j’en suis sûre.
- … Et si tu te trompais ?
- Crois moi, je ne me trompe jamais. Tu ferais mieux de stopper ça avant que Silver pense que tu es inaccessible.
- Tu te trompes. J’en suis certaine, moi aussi, parce que c’est ma vie. Fous moi la paix, conclut Mey en partant vers le gymnase.

Mentaline la regarda partir. Elle soupira, et alla poser ses maigres affaires sur la commode à côté du lit qui lui était attribué. Elle prit deux trois vêtements, et se dirigea vers les douches, désespérée par Mey. Elle alluma le jet d’eau.

- Elle m’énerve… Rejeter sa vraie personnalité ainsi… Me fait penser à Amu de Shugo Chara. Sauf que Amu, elle en a conscience et tente d’y remédier. Mey, elle, c’est tout le contraire. Elle s’est comportée comme une idiote en faisant la loubarde devant Silver, du style wesh-c’est-une-moche-on-la-fout-de-côté. Et ben raté ma vieille, la mère Silver elle est pas comme ça. Changer complètement pour un mec, quelle niaiserie. Certes, je me fringue bien pour plaire au mecs, et je peux changer de style vestimentaire comme de chemise pour draguer un mec en particulier. Mais mon caractère, pas question de l’changer ! En plus, je lui donne un bon conseil, elle pourrait au moins en tenir compte ! Ca me TUE ! acheva-t-elle en se frappant la tête contre la porte de la douche pour l’ouvrir.

Elle sortit, se sécha les cheveux, les coiffa en un carré relevé sur les côtés, et enfila un ensemble blanc. Elle dégaina la trousse de maquillage, passa du mascara, du rouge à lèvres, du fond de teint, de la crème à hydrater… La totale. Elle mit des chaussures à talons avec les lacets qui montaient jusqu’aux mollets. Elle était resplendissante. Rien à voir avec la Mentaline boueuse, négligée et ensanglantée qui était arrivée plus tôt. Elle sortit des douches/salles de bain, et s’avança dans le couloir, en direction du salon. Elle voulait réviser la médecine pour passer le temps et se vider la tête. Elle croisa Mey, en sueur, qui revenait du gymnase. Leurs regards se croisèrent, haineux. Elles ne prononcèrent pas un mot.

« Regardez moi cette pouffiasse… Comment qu’elle dandine le cul, un truc de fou ! Et elle me donne des leçons sur ma façon d’être… Elle peut se les foutres la où je pense, ses conseils. Je suis très bien comme je suis. Je suis certaine que Silver m’a insulté parce qu’il avait une réputation à tenir, mais au fond de lui, il pense pareil que moi. Et il finira par me remarquer, j’en suis certaine. Je suis loin d’être mal foutue, gay ou pas, il finira par tomber sous le charme. C’est un mec, après tout… » songeait Mey tout en se dirigeant vers les douches. Elle entra dans l’une d’elles, et se lava rapidement. Elle s’habilla simplement d’un T-Shirt avec écrit dessus « En théorie, le relief t’empêcheras de voir le bout de cette phrase » au niveau de la poitrine. Osé, certes, mais prit au second degrés, ça passait niquel. Elle mit un jeans troué artistiquement, et ce fut tout, si on omettait les tongs. « Je suis ce que je suis, je n’ai aucun conseil à recevoir ! »

Silver, lui – on va dire lui, il est habillé en garçon – était allongé sur son lit, pensif.

- Comment Mey a-t-elle osé ? commença-t-il en chuchotant. Une fille se doit d’être tolérante, c’est une des règles fondamentales pour devenir une fille ! Une fille est censée être féminine ou sauvage. Mey est entre les deux. Donc elle n’a strictement aucun intérêt du point de vue masculin – donc pas du mien. Soit un mec recherche un truc bien féminin, soit il cherche une femme de caractère. Mey, elle est féminine, mais sans jouer dessus. Et elle a du caractère, mais si mal utilisé… Je sais pas quoi faire pour l’aider.
- Va lui parler ! sourit un garçon aux cheveux noirs, et dont les yeux brillaient comme des étoiles.

Silver cligna des yeux, plus que surpris.

- Gold, c’est toi ?

Mais il n’y avait plus personne.

- C’est pas possible, j’ai des hallucinations ou quoi ! Mon Goldinounet hante mes pensées ! Il n’empêche que vision ou réalité, il a raison.

Et Silver se leva, mit des fringues de garçon, puis partit en quête de Mey. Pendant ce temps, sur le toit de la scène, un jeune homme déprimait grave.


- Oui donc ça c’est le fémur, ça c’est les phalanges…

Mentaline révisait. C’était pour la forme, bien sûr. Elle connaissait tout le bouquin de 600 pages par cœur, mot pour mot, virgule pour virgule. Et une simple lecture lui avait suffi pour tout connaître. Etre surdouée n’avait pas que des avantages. Elle stockait tant d’informations, qu’elle avait parfois du mal à tout trier. Par exemple, quand on lui demandait ce qu’elle avait acheté à Intermarché, elle était capable de répondre par la composition chimique et les proportions exactes de la lessive Vanish et de ses céréales Chocopops.

Elle vit passer Silver, l’air déterminé - et habillé en garçon. Il se dirigeait visiblement vers les douches. Il aperçut Mey au fond du couloir, et l’accosta. Mentaline n’en fut pas surprise outre mesure. Mais, curieuse de nature, elle enclencha la caméra de la MeeticMontre (c’était la seule avec Shuu, à avoir retenu comment elle fonctionnait), en mode zoom ultime et ouïe bio ionique. De cette façon, elle voyait et entendait ce qui se disait au fond du couloir sans se faire repérer.

- Tu sais Mey, tu m’as vraiment déçue aujourd’hui, fit Silver de sa voix d’homme (c’est rare !).

« Allez, mange ça dans ta gueule ! Fallait m’écouter, bouffonne ! » ricana intérieurement Mentaline. (ndla : Tout spectateur masculin, en vue de telles insultes, se poserait la question suivante : « Pourquoi tant de haine ?! » Parce que les fille ont une fâcheuse tendance à se faire la gueule et à se crépir le chignon pour trois fois rien. Vous êtes prévenus.)

- J’t’aimais bien avant, mais - ça doit être la crise d’adolescence - je te reconnais plus.
- … Et bien… C’est que…
- C’est dommage.
- Silver, en fait j’ai fait ça parce que je voulais t’impressionner…
- M’’impressionner en te foutant de la gueule d’une fille grosse ?
- J’me suis pas moqué d’elle !
- Mais tu le pensais très très fort, dans ce cas. Quoiqu’il en soit, tu dois arrêter d’être ce que les gens veulent que tu sois.
- MAIS QU’EST-CE QUE VOUS AVEZ TOUS AVEC CA, BORDEL ??!!! VOUS VOUS ETES DONNES LE MOT ?! JE SUIS MOI-MEME, OK, ALORS VA TE FAIRE FOUTRE !
- … Très bien, tu le prends comme ça. Dans ce cas, on a donc plus rien à se dire, fit-il en s’éloignant.
- Mais ! Silver, attends ! lança Mey, les larmes aux yeux, en commençant à courir pour le rattraper.

« On se croirait dans un mauvais film à l’eau de rose » soupira Mentaline. Elle enregistra la vidéo sur le disque dur de la MeeticMontre, histoire de la ressortir à Mey un de ces quatre pour lui faire bien chier.

Silver courait, très svelte, zigzaguant entre les obstacles du gymnase. Il prit une porte du gymnase au hasard et se retrouva sur l’immense parking de la scène sans le vouloir. Il voulut rentrer, mais la porte était déjà fermée à clef. Il jura.

- IL EST LA ! Sécurisez le périmètre, envoyez des flyers patrouilleurs, préparez les Maganon ! Haut les mains ! cria une agent Jenny.

Silver obtempéra. Il n’avait pas vraiment le choix, avec une bonne dizaine de canons de Maganon pointés vers lui, et autant voir plus de bazookas.

- Déposez vos Pokéballs sur le sol !

Silver s’exécuta de nouveau. « Oh putain, Silver, tu t’es mis dans la merde pour une FILLE. C’quoi ce truc de ouf ? Bon, je vais quand même pas me laisser conduire en prison, y’a des limites… » Une fois les Pokéballs au sol, il claqua des doigts. Et oui, c’était un petit coquin le Silvounet travesti inoffensif. Parce que le petit Silvounounet travesti inoffensif, et ben il avait quand même 7 badges. Et ben oui. Donc quand les autorités se retrouvèrent face à un Farfuret, un Ectoplasma, un Aligatueur et un Cisayox, leur attitude changea du tout au tout.

- TIREZ ! hurla l’agent.
- Aligatueur, Siphonclier !

L’attaque mise au point par Silver consistait simplement à incliner un Siphon en cours de chargement, de façon à en faire un vortex bouclier. Du coup, les explosifs furent aspirés et détruits, tout comme les Lances-Flammes des Maganon. L’Aligatueur stoppa son attaque.

- Faites attention, c’est un coriace. C’est Silver Soul, plus connu sous le nom de « Fillette aux yeux d’argents et à la force d’acier ». Ce garçon est très fort, ne vous fiez pas aux apparences. Il est connu pour ses combos dévastateurs.
- Eh eh ! Farfuret, explose moi tout ça ! ♥ Tranche combinée à Blizzard !

Farfuret givra sa propre griffe, qui s’allongea de deux mètres sous la cristallisation. Il réduisit en miette tous les bazookas en un seul mouvement. Les agents étaient impressionnés.

- Envoyez du renfort ! Je veux l’élite des tireurs et des Flyers ! Et que ces derniers se préparent à balancer les Ultralaser aériens ! ordonna l’agent Jenny dans un talkie-walkie, tout en sortant un revolver et en le pointant sur Silver.
- Ca craint pour moi…
- Tu l’as dit. Maintenant, tu vas nous suivre bien sagement.

La porte derrière Silver tremblait, et il pouvait entendre les cris étouffés de Mey. Il priait de toutes ses forces pour l’agent Jenny ne la remarque pas. Mais trop tard. Il y eut une énorme explosion qui projeta Silver directement sur l’agent Jenny, qu’il désarma d’un geste vif. Il l’immobilisa avec une prise de judo et pointa le canon du flingue sur sa tempe. Pendant ce temps, Mey attendait que la poussière se dissipe. Quand ce fut le cas, elle faillit s’évanouir en voyant la scène. On avait des rangées entières de policiers armés, des Maganon et des Electrode par dizaines. Il était quasi impossible de voir le ciel, tant les Flyers étaient agglutinés autour du secteur. Et ils étaient sur des Drattak, donc des lanceurs potentiels d’Ultralaser. Mey, avec son simple Airmure à côté d’elle (c’était lui qui avait défoncé la porte), se sentait un petit peu dans la merde. D’ailleurs la porte explosé avait été vite remplacée par une plaque d’acier renforcé, rendant la fuite impossible.

Arceus merci, Silver tenait l’agent qui dirigeait les opérations en otage. Ce qui pouvait toujours servir. Et puis les Pokémon de Silver étaient toujours en pleine forme. « N’empêche, c’est étrange que la Police Jothoienne prennent tant de mesures pour de simples meurtriers qui n’ont même pas récidivé… » songea Mey.

- Ne bougez plus. Ou quand je vous la rendrai, on la prendra pour la cousine éloignée d’un gruyère, fit Silver.

Les policiers (et l’armée, sans doute, vu le nombre) se figèrent, bien que tenant toujours Mey et Silver dans leur ligne de mire.

- Courage Silver ! cria Mey.

Celui-ci se retourna. Cette fraction de seconde d’inattention fut suffisante à la surentraînée Agent Jenny, qui se dégagea et fit voler le revolver. Elle en sortit un autre de sa poche, et le pointa sur Silver. Une centaine d’humains firent de même. « Ok, là, on est vraiment dans la merde… »

Ou pas. Parce que soudain…

- Moonia ! Zone Magique puis Gravité !

Ouch. Parce que oui, ça fait mal. Tout d’abord, une grande barrière magique se dressa autour des policiers et des flyers. Leurs armes implosèrent illico presto. Et ensuite, les Flyers furent happés vers le sol. Ils écrabouillèrent tous les policiers, ce qui créa une belle pagaille. Silver profita de cette ouverture, et défonça la porte en acier avec un Mitra-Poing d’Aligatueur. Ils pénétrèrent à l’intérieur. Un simple pas. Et ce simple pas les mettait complètement hors de danger. Ils soupirèrent de soulagement, et rappelèrent leurs Pokémon, tandis que les policiers hurlaient de rage et s’en mordaient les doigts.

- N’empêche, je me demande qui était l’auteur de ces attaques… dit Mey.
- Aucune idée, fit Silver.

Pourtant, ce dernier était sur d’avoir vu Gold. Mais en train de marcher sur les murs. En effet, il avait aperçu, quand il avait tourné la tête pour répondre à Mey, un jeune garçon en train de d’escalader debout le mur de la scène. Etrange d’ailleurs que les policiers ne l’aient pas vu. Mais Moonia ne lui disait rien… Gold aurait-il capturé un nouveau Pokémon ? Il fut tiré de ses réflexions par Mey.

- Donc… on fait la paix ?
- Non.
- …
- Pas tant que tu ne te seras pas excusée auprès de Nozomi.
- Mais elle ne comprendra pourquoi je m’excuse !
- Dans ce cas, tu lui racontera tout.
- Promis. Je te jure que je le ferait demain matin. Je m’excuse  Silver, j’ai été intolérante.
- Si tu pouvais redevenir la fille que tu étais avant, ce serait mieux…
- Je suis ce que je suis. Et je ne changerai pas.
- Comme tu veux. Tache juste de ne pas insulter quelqu’un d’autre injustement.
- Juré.

Mey se serra contre Silver, profitant de la chaleur de son corps. Ce dernier ne fit rien et resta impassible.

- Tu as été très courageux. Tu m’as impressionnée, Silver, chuchota Mey.

Il ne répondit rien, et attendit que Mey rompe l’étreinte. Ce qu’elle fit eu bout de deux minutes. Puis elle sortit du gymnase, après un bref « A tout à l’heure », en direction du réfectoire. Silver resta dans le gymnase, déconcerté. Il regarda dehors, et le regard haineux des policiers suffit à le faire sortir de la grande salle d’entraînement.

Mey croisa Mentaline dans le couloir. Elle l’accosta, grave.

- Mentaline, j’ai fait la paix avec Silver. J’irai m’excuser auprès de Nozomi demain.
- Très bien.
- Tu me pardonnes ?
- Pas tant que tu ne sera pas redevenu la vraie Mey, tu m’entends ?!

La gifle fusa. Mentaline, choquée, regarda la trace rouge qui ornait sa joue gauche. Puis elle regarda Mey.

- Alors, t’es contente salope ?! Ca fait bizarre de prendre une tarte dans la gueule, hein ?! hurla Mey.
- …
- Parce que tu me fais TROP chier ! Tu fais la madame-je-sais-tout, comme si tu avais une expérience dans la vie, que tu savais tout sur moi ! Et ben désolée ma vieille, tu ne sais RIEN de moi. J’vais te dire un truc ; essaye d’appliquer tes conseils à toi-même.
- N’importe quoi ! Je m’accepte parfaitement, et je suis naturelle !
- Parce que cacher que tu es surdouée c’est être naturelle peut-être ?! lança Mey, hargneuse.
- COMMENT SAIS TU CA ?! hurla Mentaline.
- J’ai regardé dans ton sac. Dans tes papiers, tu as 17 ans. Et tu es en deuxième année d’études de médecine. Tu m’explique comment tu peut-être à ce niveau d’études sans être surdouée ?
- T’AS FOUILLE MES AFFAIRES ?!!!  TU VAS ME LE PAYER, SALOPE !!

Mentaline se rua littéralement sur Mey. Cette dernière hurla. Alors que Mentaline était sur le point de lui arracher une mèche de cheveux bruns de Mey, une voix les coupa.

- Et bien dites donc. Pas très grachieux !

C’était Nozomi.

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Dernière édition par Shuu Kette Foulardeux le Mer 30 Oct 2013 - 21:23, édité 3 fois
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MessageSujet: Chapitre 14 : Soyez gras-chieuses (2/3)   Mer 28 Déc 2011 - 13:59



Nozomi s’avança, et avec une force impressionnante, sépara les deux jeunes femmes enragées.

- Zen !
- LACHE MOI, BOULE DE GRAS SUR PATTES !!! hurla Mentaline.
- C’est du joli. Les rôles sont inversés, nan ? C’est toi l’enragée, l’intolérante, la barbare, et c’est moi qui te fait la leçon ! Bizarre non ?
- ENFOIREE ! VA TE FAIRE FOUTRE, SA-

Elle fut coupée par Nozomi qui l’étouffa la plaqua au sol. Sous le poids de cette dernière, Mentaline s’évanouit. Nozomi n’arrivait pas à se relever, et la ressemblance avec une tortue sur le dos était frappante. Sauf que la carapace, là, c’était le ventre. Elle avait également un petit air de Violette dans Charlie et la chocolaterie, après le chewing-gum bien sûr. Finalement, elle réussit à se remettre sur ses pattes jambes, et dit à Mey avec un sourire :

- Che chuis championne nachionale de chudo.

« Je sais pas pourquoi mais je plains franchement tous ses adversaires… » songea Mey. Elle regarda le corps de celle qui avait voulu la trucider, à savoir Mentaline, asphyxiée. « Oui, fin, presque tous… »

- Cha va, tu n’es pas bléchée ?
- Non, merci. D’ailleurs Nozomi, je voulais m’excuser.
- Pourquoi ?
- Je me suis moquée de toi parce que tu étais grosse.
- Ch’ai l’habitude tu chais, soupira-t-elle en regardant Mentaline, évanouie.
- Désolée…
- Pas grave.
- S’passe quoi ? demanda Silver, qui venait de les rejoindre. C’est quoi ce- AH !

Il venait d’apercevoir le corps de Mentaline. Il s’agenouilla à côté d’elle, et s’inquiéta.

- Elle est morte ?
- Non, juste mise K.O. par Nozomi.
- Je vous l’avais pas dit qu’elle était la championne en titre de judo de Sinnoh ? s’étonna Silver.
- Non, et t’aurais du…
- On devrait peut-être l’allonger sur un pouf…
- Oh ! Crois moi, elle se suffit à elle-même ! ricana Mey
- Hein ?
- Rien, la blague était un peu trop subtile pour toi…
- Bon, je la déplace quand même, décida Silver.

Il la souleva, et la serra dans ses bras, sous le regard ultra-jaloux de Mey. Il l’allongea dans le salon. Il était maintenant dix heures du soir, et tout le monde était couché. Ils étaient donc seuls dans la salle.

- Pourquoi tu l’as mise out, Nozomi ?
- Parche qu’elle allait frapper Mey.
- Et aussi parce qu’elle a traité Nozomi de boule de gras sur pattes, ajouta Mey.
- C’est le monde à l’envers ! ricana Silver.
- Très sympa, moi aussi je t’aime Silver, répliqua Mey, blessée.
- Mais Mentaline mérite l’état dans lequel elle est. Si c’est vraiment ce qu’elle a dit, elle est encore plus ignoble que toi.
- Je ne relèverai pas, fit Mey, furax.
- Pour quelle raison a-t-elle pété un câble ?
- Je lui avoué que je connaissais son secret. Ca l’a mise dans une rage folle, et elle s’est jetée sur moi.
- Le secret avait de quoi fâcher à ce point ?
- Non ! Mais bizarrement, ça avait l’air de lui tenir vraiment à cœur de garder ce secret…

Les paupières de la principale intéressée s’entrouvrirent doucement. Dès l’instant où elle vit Mey, elle hurla de rage et se rua de nouveau sur elle. Mey recula, et Silver emprisonna les bras de Mentaline derrière son dos.

- Wow ! Calme !
- SILVER LACHE MOI ! CETTE PETASSE A FOUILLE DANS MON SAC !!
- Et ?
- ET Y’AVAIT DES TRUCS TRES SECRETS SUR MOI ! LACHE MOI J’TE DIT !!!
- Pas question. Tu vas te calmer, et nous raconter calmement ce qui se passe et pourquoi ça te met tant en colère.
- VE TE FAIRE CASTRER, TRAVELO D’MES DEUX !!!

Silver regarda Mentaline avec des yeux brûlant d’une haine assez impressionnante. Il hurla.

- SALE PUTE !! PERSONNE, NON PERSONNE N’A LE DROIT DE M’INSULTER DE LA SORTE !!! MEME PAS CETTE POUFFIASSE DE MEY !
- LE POUFFIASSE ELLE T’EMMERDE, ENFOIRE A PETITE BITE !
- VA TE FAIRE FOUTRE !
- PETASSE !
- SALOP !
- Arrêtez de vous dichputer ! gémit Nozomi.
- TOI TA GUEULE, MISS SUMO ! cria violement Mentaline
- OUAIS, TAIS TOI ! hurla Silver.
- CASSE TOI EN ROULANT, SALOPE CATEGORIE POIDS LOURD ! renchérit Mey.

Nozomi avait les larmes aux yeux. Evidemment, leurs cris réveillèrent tout le monde. Les coordinateurs affluèrent, spectateurs de la violente dispute. Elle sortit Scobolide. « Rond, gros et moche… Bizarrement, que Nozomi ai un tel Pokémon ne m’étonne pas du tout… » songea Mey. Mais elle n’eut pas le temps de réfléchir plus.

- Chcobolide, attaque Dard-Nuée !

Mentaline, Mey et Silver se retrouvèrent cloués contre le mur par de multiples dards argentés. Ils se turent, pas préparés à ça.

- Echcusez-vous, somma Nozomi, implacable.
- …
- …
- …
- Ch’est du choli. Et vous vous dites une Team de concours ? Vous êtes pitoyables. J’ai honte pour vous. En pluch, vous êtes méchants. Dire que je vous faisais confianche…

Et elle s’en alla, pleurant comme une madeleine. Les trois se regardèrent, penauds. Ils baissèrent la tête.

- On est vraiment des imbéciles, murmura Silver.
- T’as raison. On était tellement occupés à se faire chier mutuellement, qu’on en a insulté Nozomi qui n’y était pour rien… soupira Mentaline.
- La pauvre… Bon on fait une trêve pour aller la consoler et s’excuser ? proposa Mey.
- Ca marche…

Silver réussit à se décrocher sous les yeux admiratifs de Mey. Puis il délivra les deux autres, et la petite équipe partit en quête de Nozomi. (ndla : Ben putain, ils en auront fait des courses poursuites dans les couloirs !) Il la rattrapèrent vite, vu sa vitesse de déplacement quasi-nulle. Mais elle continua de s’enfuir.

- Attends, Nozomi ! cria Mey, gémissante.
- Léchez moi ! gémit celle-ci en accélérant.

Et elle réussit à les semer. En même temps, les trois idiots étaient au sol, mis hors service par le « Léchez moi ! » de Nozomi. Quelques minutes plus tard, remis de leur crise de fou rire intensive, ils repartirent à la chasse à l’éléphant. Ils la trouvèrent, seule, en larmes, assise sur les gradins du gymnase. Ils s’assirent à côté d’elle, silencieusement. Elle ne partit pas cette fois, elle resta simplement muette.

- Ecoute Nozomi… On est désolés, on s’est comportés très mal envers toi. Tu voulais juste être gentille, et nous t’avons insulté… Nous sommes minables… commença Mentaline.
- On ne pensez pas ce qu’on disait… renchérit Silver.
- MENTEURS ! explosa Nozomi. Tout le monde me dit cha… Mais tout le monde penche la même chose : je chuis groche, laide, inutile, lourde, j’ai une voix ridicule… Tout ça je le chais ! Inutile de me le cacher.
- …
- … Nozomi… fit Mey, au bord des larmes de compassion.
- Vous chavez à quel point ch’est dur de che faire accepter quand on est comme moi ? Vous chavez combien j’ai du m’entrainer dur pour que mon talent eclipche ma laideur ?
- …
- Dans la rue, on me regarde comme si ch’étais un monchtre de foire… Les gamins me montrent du doigt, les ados se foutent de ma gueule, les adultes me regardent avec un air dégoûté…
- … Tu sais Nozomi, je te plains, vraiment. Ca doit pas être facile pour toi… commença Mey. Mais toi, quand tu sors dans la rue, y’a pas une petite centaine de flics armés qui essayent de te shooter pour un crime que tu n’as pas commis. Tout à l’heure, Silver et moi on a failli y rester. A la seconde où l’on met un pied dehors, on est immédiatement ciblés par des bazookas. Donc je préférais peut-être être reluquée dans la rue.
- EH BIEN PAS MOI ! LA MOQUERIE EST LA PIRE CHOSE AU MONDE ! s’emporta Nozomi.
- Parce que tu préférais qu’on ait une peur bleue de toi ou une envie de te tuer plutôt qu’on se moque de toi ?
- … Peut-être pas…
- Ben voilà ! Donc on est désolés de t’avoir insultée, mais sache juste que nous aussi on traverse une période difficile… On est un peu sous tension… Tu nous pardonnes ?
- … Oui. Mais chuste, croyez moi, vous allez chouffrir à l’entrainement demain matin ! fit elle avec un sourire sadique. Bonne nuit !

Et elle partit se coucher. Les trois filles (oui, parce que Silver s’était changé entre-temps) se regardèrent.

- C’est moi ou elle nous a pardonné drôlement facilement ? questionna Mey.
- Crois moi, elle déconnais pas pour l’entraînement. Peu de personnes l’ayant suivi en sont sorties vivantes… dit Silver, effrayée.
- … Ca sent mauvais… fit Mentaline, soudainement inquiète.
- Bon on va se coucher, sinon on sera explosées demain matin, dit Mey. Et dès le réveil, vous êtes prévenues, c’est la fin de la trêve.

Elle partit également se coucher, suivie de près par Mentaline et Silver. Ce dernier fut d’ailleurs forcé d’aller dans la chambre des mecs. Heureusement que les garçons dormaient, sinon ils l’auraient mit dehors…

« « « Intermède » » »

- MENTALINE, ESPECE DE SALOPE ! RENDS MOI IMMEDIATEMENT MON MASCARA !
- Oh ! C’est con, je m’en suis servi de balai-brosse pour les chiottes ! ricana Mentaline avec un sourire.
- RAAAAAAAAH ! POUFFIASSSSSSEEEEEEEEEEEEEEE ! hurla Mey en se jetant une nouvelle fois sur Mentaline, qui esquiva habilement.
- C’est bête hein !
- Puisque tu veux la guerre… Je te signale que j’ai salopé toutes tes belles robes avec de la peinture marron au niveau de tes fesses rembourrées avec de la graisse de baleine !
- SALOOOOOOOOOOOOOOOOOOPE !

Si si, juste au réveil, elles se crêpaient déjà le chignon. Nozomi les sépara et, par la peau du cou, les traîna jusque dans la salle de bain. Là, elle les força a enfiler des survêtements à la Sue Sylvester, soit des trucs TRES moches rouge avec des bandes blanches au niveau des épaules. Mey et Mentaline en pleuraient déjà. Et quand elles pénétrèrent dans le gymnase, toujours tirées par Nozomi, elles faillirent s’évanouir.

- Bon. Aujourd’hui, l’entraînement porte sur la puichanche. Vous et vos Pokémon allez vous endurcir, en faisant tout d’abord, pour ch’échauffer, che petit parcours une dizaine de fois.

Cette fois, elles s’évanouirent pour de vrai. Parce que devant elles se trouvait un parcours tout bonnement affreux. Des poutres enduites de savon, des haches à double tranchant qui se balançaient, des murs de 3 mètres à franchir sans prise, des tunnels qui tournaient dans tous les sens, des échelles horizontales, des lianes glissantes… Une torture, en somme. Nozomi réveilla les deux flemmardes à grand renfort de baffes, et leur dit :

- Ok, ça commence maintenant. Montrez moi d’abord vos Pokémon.
- Kawapink, go !
- Bon… Steel, en avant mon cher !
- Hmmm… Un Airmure et un Corayon… Combinaison intérechante, qui ne laiche que deux faibleches à votre duo, le Combat et l’Electrichité. En vue de cha, je vous donne le programme de la chemaine. Lundi, aujourd’hui, la puichanche. Mardi, la grache. Mercredi, la préchision. Jeudi, la résichtanche aux faibleches. Vendredi, la synchronisachion. Chamedi, mix de toutes vos conaichanches. Dimanche, répétition de votre numéro. Et Lundi, le concours. Des quechtions ?
- …
- …
- Très bien. Et bien allez-y, 10 tours de parcours et que cha chaute ! Et avec le chourire, ou ch’est 20 tours de pluch !
- Oh putain, je le sens TRES mal ! gémit Mey.
- Ta gueule et passe en première ! la coupa Menta.

Mey attaqua le parcours. Première épreuve, les tuyaux tournants. Elle s’y engouffra, mais Airmure n’arrivait pas à avancer, ses ailes d’acier s’accrochant aux parois. Il était ballotté dans tous les sens et semblait en souffrir.

- Dépêche toi, fit Mentaline. Je peux pas passer, tu bouches tout !
- Ah ! s’étonna faussement Nozomi avec un sourire sarcastique. Je vous l’ai pas dit ? Il est impochible de venir à bout de che parcours s’y vous ne vous entraidez pas !
- Sérieux ?! Dans ce cas, Kawapink, Bulles d’O pour décoincer Steel !

Le piaf de métal, désormais glissant grâce aux bulles de savons, s’avança dans le tuyau. Enfin, il en sortit, suivi de près par Mentaline et son Corayon. Prochain obstacle : les haches de près d’une tonne, énormes, suspendues par un câble qui les faisaient aller dans une direction déterminée, en continu.

- Nozomi, pourquoi faut-il qu’on accompagne nos Pokémon ?
- Dichcute pas, avanche ! lui répondit Nozomi.
- Pffff…

Mey passa devant. Agile et svelte, elle passa la première hache, se baissa pour esquiver la deuxième, effectua une belle rondade pour la troisième. Pour les suivantes, elle les passa en rampant, avant d’en stopper une en plein vol pour pouvoir atteindre l’épreuve suivante. Steel, lui, contra tout simplement les haches avec ses ailes épées. Mentaline, elle, n’avait jamais fait de gymnastique dans sa vie, contrairement à Mey. Elle resta donc bloquée après la première, ainsi que Kawapink.

- Je suppose que je suis censée t’aider… Steel, va les chercher ! ordonna Mey.

Il fonça à travers les haches, les pris au passage, et revint en slalomant habilement. Et le parcours continua. Elles prirent l’habitude de s’entraider en cas de pépin, et elles avancèrent rapidement, bien que rechignant à se respecter. Elles franchirent les murs très hauts en volant grâce à Steel, passèrent les lianes avec les talents de gymnaste de Mey, vinrent à bout des échelles horizontales en se propulsant sur les Boule Roc de Kawapink… Et elles atteignirent enfin l’arrivée. Il leur avait fallu 25 minutes.

- Bravo les filles ! ♥ Je suis fier de vous ! les avait félicité Silver, qui était venu dans le gymnase entre-temps.
- Ta gueule Silver, on en a chié ! l’engueula Mentaline.
- Et ch’est pas fini… Plus que 9 tours, voir pluch si vous ne chouriez pas ! signala Nozomi.
- Raaaaaah, j’en ai déjà marre !

Et ainsi, elles firent le parcours plein de fois. Les deux trois derniers coups, elles étaient infiniment plus rapides. D’une parce qu’elles savaient s’y prendre avec les obstacles, et elles rechignaient de moins en moins à se donner des coups de pouces. A 11h30, elles avaient fait leurs dix tours. Crevées, elles s’effondrèrent, suivies par leurs Pokémon.

- Et ben voilà, ch’était pas chi terrible ! sourit Nozomi.
- Tais-toi, c’est trop dur…
- Bon, maintenant que l’échauffement est fini, on passe au vrai entraînement !
- TU TE FOUS DE MA GUEULE ???!!! C’ETAIT L’ECHAUFFEMENT CA ?
- Che l’ai dit que ch’était pour ch’échauffer, faut ouvrir ses oreilles ! Allez, on commenche !

Elle montra quatre sacs de sable qui étaient disposés en croix.

- Vous devez frapper autant que vous le pouvez dedans, chans che le prendre dans la figure !
- Pourquoi on se le prendrait dans la figure ?
- Tu vas comprendre…

Ils se disposèrent chacun devant un sac de sable. Ils étaient tous de différentes couleurs. Mey commença. Elle donna un coup de pied dedans,  le sac de sable fila comme une fusée, et Mentaline se fit éjecter en se le prenant dans la gueule.

- Aie ! Salope !
- J’ai pas fait exprès ! s’excusa Mey, même si intérieurement, elle était bien contente d’avoir eu Mentaline.

Mentaline jeta un coup d’œil au plafond. En fait, les sacs n’étaient pas accrochés, ils lévitaient à 50 centimètres du sol. Mentaline frappa dans celui de Mey. C’est ainsi que l’exercice démarra, extrêmement difficile vu que les sacs arrivaient de toutes parts, et qu’il fallait les frapper tout en évitant de se les manger dans les dents. De 11h30 à 13h, il y eut plusieurs ratés et quelques saignements, mais vers deux heures de l’aprem’, les filles et leur Pokémon se défendaient plutôt bien, voir très bien. Elles devaient le reconnaître, l’entraînement de Nozomi portait ses fruits. Elles eurent le droit à une pause repas, composé d’une demi Baie Oran chacun. Très copieux.

L’exercice d’après consistait à se battre à mains nues contre son propre Pokémon. Mentaline était soulagée, mais Mey pas du tout en vue du géant auquel elle allait avoir affaire.

- Chet exerchiche est très interrechant. Durant un combat, on apprend à mieux comprendre comment agis chon Pokémon. Et en pluch, cha vous endurchit mutuellement. Interdiction formelle de vous faire des cadeaux ! Ch’est parti !

Mentaline esquivait les bulles d’O de son Kawapink, et parvenait à le toucher de temps en temps. Mais le corail, c’est très dur, donc à chaque coup, son poing en souffrait un peu plus, et le Corayon avait clairement le dessus, ses attaques Boule Roc causant de gros bleus à Mentaline. Mey, quand à elle, avait encore plus de mal. D’une part parce que Steel volait, donc il était très dur de l’atteindre, et d’autre part parce que son corps était en acier massif. Mey encaissait donc difficilement de multiples coups de becs, et elle avait du mal à ne pas s’effondrer. C’est alors que son Airmure exécuta une nouvelle attaque. Tranch’Air. « Oh putain de merde ! » pensa Mey. Le disque de vent fonçait sur elle… et elle l’attrapa. A mains nues. Elle se retrouva avec une sorte de frisbee à consistance aérienne dans les mains. Profitant de l’occasion, elle le balança en direction de l’Airmure, qui se le mangea en pleine face. Avant qu’il ne tombe par terre, elle lui décocha un coup de pied circulaire dans la tête. L’Airmure s’effondra, K.O.

Mey fut ovationnée par un public en folie. Parce que oui, à l’annonce de l’entraînement de Nozomi, beaucoup de coordinateurs étaient venus regarder, dans l’espoir de tirer un enseignement sans souffrir grave leur race. Mentaline, quant à elle, n’avait pas cette chance. Une Boule Roc bien placée la fit s’effondrer, après un combat acharné d’une demi-heure. Nozomi usa d’un Rappel Max sur l’Airmure, au grand soulagement de Mey, soigna Kawapink et remis Mentaline d’aplomb.

- Exerchiche suivant… Courche d’enduranche revisitée !
- Pourquoi revisitée ? questionna Mey.
- Parche que je vous balancherais des Dards-Nuées dans la gueule.
- Ah oui, cool…

Ainsi, les quatre compères commencèrent à courir en rond, faisant le tour du gymnase. Ils aperçurent Silver qui faisait des pompes sous l’œil attentif d’un Chaglam. C’était sa punition à lui pour les insultes. Tout d’un coup, un Scobolide apparut, roulant à toute vitesse à leurs côtés.

- Oh ho, ça c’est pas bon signe…

Un deuxième Scobolide vint se placer de l’autre côté. Ils étaient cernés. C’est là que les dards commencèrent fuser, ultra-rapides. Par réflexe, Mey se planqua derrière Steel, mais elle ne pouvait pas être protégée des deux côtés, idem pour Mentaline. Et tout en courant, elles devaient esquiver ces « putains de dards à la con de mes deux ! » pour reprendre les termes de Mey. Le truc c’est que c’était très dur de regarder à la fois des deux côtés et de courir. Elles se prirent inévitablement quelques dards. Et comme si ça ne suffisait pas, les Scobolide commençaient à faire des Roulades pour les faire trébucher ! Ce qui marcha assez bien, car Corayon s’étala, vite récupéré par Mentaline. Parce que maintenant, en plus des deux sur les côtés, il y en avait trois derrière !

- Mey, on va crever !
- Mentaline, je m’excuse pour tout ce que je t’ai fait subir ! gémit Mey.
- C’est vrai ?! s’étonna Mentaline.
- Non, c’est juste pour faire remonter ma cote auprès des lecteurs !
- …

Elles couraient comme des dératés, tentant d’échapper aux dards et aux pneus derrière elles.

- Chi vous voulez churvivre, un concheil, éliminez les Shcobolides ! suggéra Nozomi.
- Pas con !

Mey et Mentaline grimpèrent sur le dos de l’Airmure, qui volait au ras du sol. Corayon les rejoignit.

- Corayon, Boule Roc !
- Airmure, Tranch’Air !

Les attaques combinées vinrent à bout du premier Scobolide. Les combos suivants eurent vite fait d’évincer les suivants. Ils continuèrent à courir pendant une petite heure, puis s’arrêtèrent enfin.

- Ch’est fini pour aujourd’hui, bon boulot. Mey, vient là ch’il te plait. Montre au public les fruits de chet entraînement… Frappe le poteau, là bas.

Mey, dubitative, s’avança. Elle décocha un coup de poing dans le poteau en métal… qui se tordit sous la force du coup. Mey, bouche bée, regarda ses poings avec incompréhension.

- Putain mais c’est quoi ce bordel ?! s’écria Mey devant une foule en délire.
- Rendez-vous demain à 8 heures, pour la grache ! fit Nozomi avant de se retirer.

Mey et Mentaline furent rejoint par Silver, en débardeur noir, dégoulinant de sueur. Traduction : infiniment sexy. En pamoison, elles s’effondrèrent en kyayant quand il les salua avec sa voix masculine :

- Yo.
- KYAAAAAAAAAAAAAAAAH !
- KYAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Oui, c’est cliché. Mais efficace.

- SILVER T’ES SO SEXY, JE ME SENS MOURIR EPOUSE MOI !! kyaya Mey.
- NON PLUTOT MOI JE TE DONNERAI SIX GOSSES DONT DEUX JUMEAUX ET UN CHIEN ! plaida Mentaline.

Silver ne savait plus où se mettre. Il enleva son T-Shirt (ce qui fit mourir toutes les filles présentes dans une marre de sang à la vue de ses magnifiques abdos) et le remplaça par une serviette rose entourée autour de lui. Il prit une pose féline et dit avec sa voix suraiguë :

- Fiou, en plus j’avais mes règles aujourd’hui…

Effet IMMEDIAT. Les filles se relevèrent, refroidies, et s’en allèrent sans plus de procès. Silver souffla, soulagé. Mentaline et Mey, courroucées, lui dirent :

- Silver, FRANCHEMENT, pourquoi tu casses tout ce qui est sexy chez toi ?
- Parce que j’en ai rien à faire de plaire aux femmes, ça te va comme réponse ?
- Ah oui, t’es gay, j’avais oublié… dit Mey.
- Pas moi. En même temps, difficile d’oublier quand on le voit tous les jours habillé en fille… soupira Mentaline.
- C’est pas parce qu’on est travesti qu’on est gay…
- Certes, mais avoue que ça aide quand même ! rétorqua Menta.
- Pfff… Bref, j’étais venu vous féliciter de votre survie ! Good job les filles ! ♥
- Merci… Sinon t’as fait quoi toi ?
- De la muscu intensive, j’en ai chié…
- Sexyyyy…
- Mey, arrête de baver, tu vas tacher mes vêtements ! gémit Mentaline. Je suis crevée moi, bonne nuit !
- T’as pas mangé !
- Pas faim !

Elle s’en alla, visiblement épuisée. Silver et Mey allèrent se changer, pour ne pas puer pendant le repas, et quand ce fut fait, Mey accosta Silver.

- Dit… On va sur le toit ? proposa Mey.
- Si tu veux… De toute façon le toit et couvert, donc on ne risque pas de se faire arrêter…

Et c’est ainsi que Mey et Silver, ce dernier attifé d’une jupette et d’un débardeur rose, gravirent la cinquantaine de marches qui les menaient au toit végétal. Là, ils s’allongèrent dans l’herbe, et à travers le verre, contemplèrent les étoiles.

- Silver…
- Oui ?
- Pourquoi tu te travestis ? questionna Mey.
- …
- Silver ?
- Ben… Parce que je préfèrerais être une fille voilà tout…
- Franchement, j’en doute. Dis moi la vérité.
- …
- Pour plaire à Gold. Silver se travestit pour rester avec Gold… fit une voix chaleureuse.

Au dessus de leurs têtes, se trouvaient le plus beau garçon que Mey ait jamais vu. Des cheveux d’un noir profond, ébouriffés artistiquement, des yeux d’une douce couleur or, un corps ni trop fin ni trop gros, musclé, des traits fins et apaisants, un petit nez fin et discret… Ce jeune homme avait vraiment tout pour plaire. Mey était sous le charme. Silver, lui, était complètement choqué.

- Toi… ici ?
- Et oui Silver… lui répondit le garçon.
- C’est toi que j’ai vu l’autre jour ?
- Exact.
- Pourquoi dis-tu qu’il se travestit pour plaire à Gold ? questionna Mey.
- En fait, c’est idiot. Gold n’assume pas bien son homosexualité, surtout en public. Du coup, il est plus à l’aise car les gens croient qu’il sort avec une fille, expliqua le beau gosse.
- C’est juste pour ça ? s’étonna Mey.
- Oui, avoua Silver. Je suis désolé de t’avoir caché la vérité…
- Oh, Silver… s’apitoya Mey.
- Bon, je vous laisse. A plus les tourtereaux, fit-il avec un clin d’œil complice.

Il s’éloigna, enjamba la rambarde du toit, et continua de marcher, verticalement, le long du mur, sans aucun effort. Comme si c’était parfaitement normal. Mey était hébétée.

- C’était qui ce beau gosse ?
- Le frère jumeau de Gold, asséna difficilement Silver.
- Pourquoi il te met mal à l’aise, comme ça ?
- J’t’en pose des questions ?
- Oui, à l’instant. Idiot…
- Pfff…
- Je continue. Que représente ce garçon pour toi ? questionna Mey, ayant décidé de faire sa chieuse/commère.
- C’est juste le frère de mon petit copain…
- Parlons un peu de ce Gold, fit Mey qui venait de passer en mode psychologue.
- Y’a rien à en dire, à part que je l’aime à la folie.
- C’est meugnon ! Tu l’aimes au point de changer complètement de personnalité pour lui ?
- Visiblement, oui…
- Son frère et lui, ils s’entendent bien ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Aucune idée. Il se haïssent et évitent de se rencontrer, c’est aussi simple que ça.
- Au fait, comment qu’il s’appelle son jumeau ? questionna Mey, curieuse.
- Ah… Il s’appelle Killian.
- Killian… songea Mey à voix haute.

Elle venait d’apprendre le nom de son nouveau coup de foudre de la semaine.

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Dernière édition par Shuu Kette Foulardeux le Jeu 31 Oct 2013 - 12:01, édité 4 fois
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MessageSujet: Chapitre 15 : Soyez gras-chieuses (3/3)   Mer 28 Déc 2011 - 14:09



- WAAAAAKKKKKKKEEEEEEEEEEEEEEEEEE UUUUUUUUUUUUUUUUUUUPPPPPPPP ! cria Mey dans l’oreille de Mentaline, encore endormie.
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! hurla cette dernière en se réveillant d’un bond et en se cognant contre le plafond.

Mey était explosée de rire, incapable de s’arrêter. Mentaline soupira tout en se massant le crâne.

- Tu sais que tu te comportes comme une grande gamine ? soupira à nouveau Mentaline.
- Simsophile… Kanon serait-elle contagieuse ? ricana Mey.
- Elle était nulle celle là, pauvre conne. Tu devrais grandir un peu…
- T’en a pas marre de tes leçons à la con tirées de je ne sais quel bouquin ?! dit Mey, blasée.
- Non, je ne m’en lasse pas. En tout cas pas tant que tu seras de nouveau toi-même.
- Tu vois ! Tu ne sais même pas ce que tu veux ! Un coup tu dis que je ne suis pas moi-même, la fois d’après tu me détestes parce que j’ai insulté Nozomi, la fois d’encore après parce que j’ai appris ton secret, et maintenant encore le coup de je ne suis pas naturelle… GI ROU ETTE.
- Alors d’une, c’est pour toutes ces raisons à la fois que je te déteste. Et de deux, plus personne n'utilise l'expression girouette depuis 1952 !
- Pff. Je vais me changer.

Mey partit en direction des vestiaires. Mentaline attendit quelques minutes, puis sortit à son tour des dortoirs. Elle retrouva Mey dans le gymnase. Toutes deux s’assirent en face de Nozomi, qui les attendait.

- Ok. Bien dormi les filles ? questionna Nozomi.
- Non.
- J’m’en fou. Today, la grache. Vous en manquez cruellement.
- Sympa.
- Premier exo. Le maintien.
- Oh putain, soupira Mey.

Nozomi leur donna deux piles de dictionnaires à chacune d’elle.

- Vous devez tenir une heure avec cha sur la tête, à cloche pied. Chi vous faites tomber les livres, vous recommenchez à zéro.
- C’est impossible ! s’indigna Mentaline.
- Vous verrez que chi, c’est pochible. Bon courage.

Elles sortirent leurs Pokémon, et se posèrent les 10 dictionnaires sur leurs têtes ainsi que sur celle de leurs monstres. Ce fut très ardu. Oui parce que Nozomi prenait un malin plaisir à se positionner devant le petit groupe, et à remuer son gros derrière devant eux tout en chantant « La danse des canards ». Donc évidemment, à chaque fois qu’elle faisait ça, tout le monde tombait à la renverse et devait recommencer.

- On n’y arrivera jamais ! s’insurgea Mey. Si tu nous fais rire, on ne peut réussir !
- Au contraire. Chet exo fait travailler votre maintien, mais également votre chelf-control. Etre mort de rire ou énerver chur chène n’est pas grachieux du tout.
- Mais c’est trop duuuuuuuuuuuur…
- Ta gueule et boche, chinon pas de bouffe, fit Nozomi, implacable.
- T’es qu’une sadique ! l’insulta Mey.
- Plains-toi, Chilver, lui, cha fait deux heures qu’il fait du gainage…
- …

Mey se remit au travail, refroidie. Celui qui y arriva en premier fut Kawapink. Pas étonnant, étant donné que ses coraux étaient très stables. Il fut invité par Nozomi à danser la danse des canards avec elle, et le petit Pokémon accepta. C’était désormais Nozomi et Corayon qui se dandinaient en chanson. La deuxième fut Mey, ses cours de gym lui ayant fait acquérir un équilibre plutôt bon. En fait, elle avait surtout eu du mal avec le flegme. Mentaline fut la troisième. Son problème résidait plus dans l’équilibre, car elle savait être suffisamment sérieuse pour ne pas rire.

Steel était le dernier, et pour cause. Vous avez déjà vu un Airmure ? Si oui, alors vous savez qu’il a une espèce d’aileron de requin sur la tête, sans doute. Et bien ce petit aileron est particulièrement instable, et le pauvre Airmure passa 4 heures à y arriver. A la fin, il était 14h. Ils mangèrent léger, et Nozomi expliqua l’exercice suivant. Celui-ci consistait simplement à tester des combinaisons avec les Pokémon, et à trouver les plus jolies.

- Bon, j’imagine qu’on va devoir travailler en équipe, même si ça ne m’enchante pas…
- Oui… soupira Mey.
- Quelles attaques a ton Airmure ?
- Euh… Météores, Picpic, Hâte, Ruse et Furie, si j’ai bonne mémoire.
- Je pense qu’on peut de suite éliminer Furie, trop aléatoire, fit Mentaline immédiatement. Et Ruse aussi, évidemment, vu que cette attaque est inutile sans Abri.
- Si tu le dit…
- Reste donc Hâte, Picpic et Météores. Mon Kawapink connaît Boule Roc, Bulles d’O, Soin et Regenaration. Réflechissons…
- Perso, je préfère y aller à l’instinct… dit Mey.
- Mey à raison, intervint Nozomi. Lanchez deux attaques chimultanément, vous verrez le résultat.
- Très bien. Kawapink, Bulles d’O en l’air !
- Steel, éclate les avec Furie !

Les bulles furent crevées à une vitesse acceptable. Rien de très extraordinaire.

- Vous n’êtes pas obligées de ne lancher qu’une attaque, vous pouvez en combiner plusieurs ! signala Nozomi.
- Dans ce cas, j’envoi mon super combo de la mort qui tue ! Etoile filante !
- Boule Roc !

Airmure multiplia par 6 la vitesse de ses météores étoile, et ces derniers volèrent à grande vitesse en tous sens. Puis une Boule Roc jaillit au milieu de tout ça, et s’écrasa par terre. La première chose qui venait à l’esprit c’était « Mais qu’est-ce qu’elle fout au milieu celle là ?! ». Un échec, donc. Elles travaillèrent d’arrache pied toute l’après midi, et allèrent se coucher, vannées. Tellement vannées qu’elles ne pensèrent même pas à s’insulter. Silver, lui, était dans un état bien pire ; incapable de marcher après de la musculation intensive des jambes, il ondulait pour avancer, sous le regard amusé des coordinateurs. Il était encore une fois habillé en garçon. Il réussit à gagner son lit, et regarda le plafond, pensif.

- Pff… Si je deviens trop musclé, mon déguisement de fille ne trompera plus personne, ce serait embêtant… Enfin, pas vraiment pour moi, plus pour Gold… soupira-t-il avant de s’endormir comme une masse.


Le lendemain matin, au réveil, il n’y eut pas d’incident notable. Mentaline se leva en même temps que Mey, et toutes deux se turent sur le chemin qui les menait au gymnase. Comme d’habitude, Nozomi les attendait. L’entraînement fut plutôt banal pour une fois. Les Pokémon devait viser correctement leurs dresseurs à 100 mètres de distance, et les dresseurs en question devaient tenter de parer comme ils le pouvaient. Puis ils inversèrent, les deux jeunes filles devant tirer avec un revolver qui lançait des balles molles. L’après midi, ils devaient faire un laser-game (vous savez, le jeu avec un pistolet laser et où on à des cibles sur le corps ! Le but est d’atteindre ces cibles alors que les joueurs courent dans un labyrinthe plongé dans le noir.). Ce fut une bonne partie de rigolade, oh ça oui. Mentaline gagna de peu, Mey étant une très bonne shooteuse de zombie. Kawapink finit dernier parce que le pauvre avait du mal à manier le gros flingue… Nozomi décerna les médailles, et tout le monde alla manger.

- C’était énorme Silver, t’aurais du participer ! sourit Mey, qui racontait au roux sa journée devant un plat de pâtes à la carbonara.
- Si j’avais pu, je l’aurais fait ! ricana amèrement ce dernier. J’ai passé la journée à faire du fractionné… Nozomi est un monstre ! Elle est suffisamment motivée pour gérer deux entraînements en même temps, c’est un démon…
- Sors des Higurashi no naku koro ni… Ce n’est pas un démon… raisonna Mey.
- Je sais bien, tu as raison…
- C’EST UNE PERSONNE INFECTEE PAR LE SYNDROME D’HINAMIZAWA, MWAHAHAHAHAHAHAHA ! hurla une fille, surprenant toute la tablée.
- Hein ? T’es qui ? demanda Mentaline, qui mangeait avec Silver et Mey, même si elle ne supportait toujours pas cette dernière.

Il s’agissait d’une fille assez… étrange. Oui bon OK, carrément flippante. Elle avait des cheveux roux frisés très long qui partaient dans tous les sens, un rouge à lèvre d’un rouge pétard, du fard noir qui lui donnait un regard de délurée et des yeux couleur sang – sûrement des lentilles. Elle était habillée de dentelle noire, tachée de rouge par endroit. Elle tenait une espèce de machette, terminée par un épiderme pointu et tranchant à la fois. En un mot… creepy.

- JE SUIS CREEEEEEEPY-CHAN ! fit la fille d’une voix caverneuse en prenant une pose semblable à une de celles du clip « Thriller ».
- Ok d’accord. Quelqu’un a une corde ? demanda Silver.
- Oh non, la pend pas, je l’adore ! fis Mey, des étoiles dans les yeux.
- Vaut mieux pour toi que tu ne l’adore pas, lui souffla Silver. Creepy-chan est redoutée, elle est prête à tout pour que le « destin » s’accomplisse, quitte à te tuer…
- Ouiiiiiiii ? Que dis-tu, mon cher Silver ? sourit Creepy-chan.
- Ri- rien… bredouilla l’intéressé.
- Tu savais que les veines de ceux qui ont la peau très blanche se voyaient mieux ? demanda Creepy-chan en faisant exprès de loucher pour ce donner un air flippant. C’est très pratique, comme ça on peut taillader avec précision !

Silver venait de passer de peau blanche à peau verte. Cette fille était trop flippante pour lui. Il l’avait rencontré en allant voir un des concours de Crystal, et elle l’avait tellement effrayé qu’il avait passé tout le concours enfermé dans les chiottes, recroquevillé, en mode boule. Mey, elle, encore insouciante, l’invita à venir manger avec eux. Elle accepta, et s’assit à côté de Mey.

- Je me présente, je suis Mey Milkya, enchantée ! se présenta Mey avec un grand sourire.
- KYAAAAAH ! Tu es la célèbre meurtrière ! TU ES MON IDOLE ! kyaya Creepy-chan avec admiration.
- Ah bon ?
- Je n’ai jamais vu un crime aussi machiavélique ! Tuer Albert de cette façon, ça m’en donne des frissons ! s’enthousiasma-t-elle.
- Comment on l’a tué, en fait ? demanda Mey.
- Tiens, c’est vrai ça, on ne sait toujours pas comment il est mort ! remarqua Mentaline.
- Mais c’est vous qui l’avez tué ! s’étonna Creepy-chan. Comment se fait-il que vous ne sachiez pas comment il est mort ?
- On est innocent… dit Mey.
- JE SAIS !!!! VOUS ETES ATTEINT DE LA MALEDICTION D’OYASHIRO-SAMA ! SAUF QUE LE DESTIN A DECIDE QUE VOUS OUBLIEREZ TOUT DE CE MEURTRE, MWAHAHAHAAHAHAHAAHAHAHAHA ! délira Creepy-chan.
- Euuhhh… fit Mey.
- T’inquiète, elle est toujours comme ça… signala Silver.
- JE M’EN VAIS DONC VOUS CONTER L’HISTOIRE DE LA SERIE DE MEURTRE INEXPLIQUE D’HINAMIZAWA ! hurla-t-elle, sombrant dans la démence.
- Non, nous on veut celle du meurtre d’Albert, celle d’Hinamizawa, tout le monde ici la connais ! intervint Mey.
- Ah. Dans ce cas… JE M’EN VAIS DONC VOUS CONTER L’HISTOIRE DU MEURTRE D’ALBERT ! hurla-t-elle à nouveau.
- …
- Il était une fois, dans le petit village maudit de Mauville, un dénommé Albert. Mauville avait failli être rasée pour en faire un dôme Pokéathlon, et Albert Hojo avait été un des rares à ne pas être contre le dôme.
- N’importe quoi… souffla Silver.
- Un an plus tard, lors du festival Watanatagueule, 7 amis le tuèrent violemment, le crucifiant contre un mur à l’aide de piques très fines. Il mourut lentement, selon les experts, et les policiers découvrirent les coupables grâce à une petite punaise, enfoncée dans le front maculé de sang du défunt Albert…
- Oh mon dieu, c’est affreux ! s’épouvanta faussement Mentaline. On a vraiment fait ça ?
- Mais t’es conne, bien sur que non ! ricana Silver.
- C’était du second degré, la rouquine à pénis, cracha Mentaline, amère.
- …
- Comment elle t’a envoyé chier ! ricana Mey.
- C’est parce qu’il a cesser de me soutenir dans ma quête de te faire retrouver la raison… signala Mentaline.
- Oui ben ta quête elle sera jamais accomplie, game over ma vieille ! se moqua Mey.
- BATTEZ VOUS ! BATTEZ VOUS ! JE VEUX DU SANG ! JE VEUX DE LA VIOLENCE ! JE VEUX DES VERS QUI SORTENT DES VEINES ! scanda Creepy-chan, enthousiaste.
- …
- …
- … KAWAIIIIIIIIIIIIIIII ! éructa Mey en se jetant dans les bras de Creepy-chan.
- D’où te viens cette passion pour les filles qui aiment le gore ? demanda Silver, intrigué.
- Ma plus petite sœur et comme ça… Et elle est trop choupi quand elle arrache les têtes de ses Barbies ! kyaya Mey.
- T’as une sœur ?
- J’en ai deux en fait…
- Ah oui quand même ! s’étonna Silver. Elles sont…
- Oui. Elles sont toujours dans l’autre monde.
- ELLLES SONT MORTES ? MWAHAHAHAHAAHAAH !
- Non ! ricana Mey. Mais elles ne sont pas dans ce monde. Et elles me manquent…
- Egorge toi avec tes ongles, si tu meurs elles te manqueront moins ! conseilla Creepy-chan.
- Je plussoie ! rajouta Mentaline avant de se prendre un regard noir provenant de Mey.
- Bon, j’ai des veines à taillader à la lame de rasoir, je vous laisse mes Creepies ladies et mon Creepysilverounetpeaublanche ! A+ !

(ndla : Le « A+ » est un jeu de mot complètement pourri. En fait, elle donne le groupe sanguin « A+ » ou « A positif » pour dire « A plus » ! Voilà, c’était la minute explication de blague de merde ! *se fait tuer par Chichi*)

Après le départ de la flippante Creepy-chan, tout le monde alla se coucher. Silver était de plus en plus lassé par les disputes incessantes entre Mey et Mentaline, qui commençaient sérieusement à lui taper sur le système. Mais malgré tout ça, il s’endormit sans problème, et bizarrement, rêva de Mey en compagnie de Killian.

Quand il se réveilla le lendemain, il se demanda si Mey avait oublié ou pas Killian. C’était possible après tout, vu qu’elle n’en parlait jamais… Mais comme ce n’était rien d’important, il oublia vite, et arriva dans le gymnase. Un mot de Nozomi lui expliquait son programme de la journée. Il soupira, et se dirigea vers les altères.

- Aujourd’hui, c’est la resichtanche aux attaques chuper efficaches. Vos Pokémon vont pacher la journée à encaicher des attaques très efficaches chur eux. Quant-à-vous, vous allez forger votre echprit.
- Et comment on va faire ça ? demanda Mey.
- Ben, c’est tout con. Mon Magirêve va vous faire voir tout ce que vous ne voulez pas voir.
- JE REFUSE ! intervint Mey. On va voir toutes notre familles et nos amis crever, hein ! Il n’en est même pas QUESTION !
- Je ne chuis pas cruelle à che point. Vous verrez tout, chauf la mort. Chatisfaite ?

Mey hocha la tête, même si elle n’était pas rassurée pour autant.

- Mais ça va servir à quoi ? demanda Mentaline.
- Et bien, désormais, vous cherrez préparer au pire. Ainchi quand chela arrivera, chi cha arrive évidemment, vous cherrez beaucoup moins affecté car vous saurez comment réagir et comment ne pas réagir. Et ch’est la même chose pour vos Pokémon.

Elle sortit un splendide Magirêve, qui commença à psalmodier. Mentaline s’endormit. Mey, elle, s’évanouit….

…et se réveilla dans une grande pièce, vide de tout meuble. Dedans, ses deux petites sœurs jouaient à chat. Mey fit un grand sourire, et s’approcha. Midona, la plus grande, vint vers elle en courant sans la voir, et la traversa. Mey était choquée. Qui était transparent ? Sa sœur ou elle ? Quand elle vit l’autre la traverser comme du beurre également, elle n’eut plus aucun doute. Elle n’existait pas. Soudain, Rachel, la plus jeune, s’adressa à Midona.

- Dit soeurette, quand est-ce qu’elle reviendra, Mey ?
- Je sais pas… Elle a disparu, comme ça. Elle nous a abandonné ! Elle est partie sans même nous dire au revoir ! pleura de rage Midona.
- C’est pas son genre… marmonna Rachel.
- Tu parles ! Elle nous a abandonné sans aucun scrupule ! Un jour elle est là, le lendemain, plus personne ! Je la déteste ! s’insurgea Midona.

Mey était effondrée, à genoux sur le sol froid. Elle pleurait. « Désolée… Pardonnez moi les filles… Tout est ma faute… Pardon… PARDON ! » hurla-t-elle.

Le décor changea, les sœurs de Mey s’évaporèrent. Elle se retrouva à l’extérieur, dans un immense jardin avec une piscine, des palmiers, un bar à cocktail, et même quelques transats de luxe. Dessus se trouvaient Silver, allongé sur Mentaline. Mey s’approcha de plus près, sachant ce qui allait suivre. Le roux embrassait à pleine bouche la jeune fille, et dire qu’ils se pelotaient allègrement n’était nullement exagéré.

- Je t’aime Silver…
- Moi aussi Mentaline, moi aussi…
- Dire que dans quelques jours nous seront mariés… soupira de joie Mentaline.
- Je suis tellement excité !
- Dans quel sens ? questionna malicieusement la jeune fille.
- Dans tous les sens possibles et inimaginables ! répondit Silver avant de reprendre leur profond baiser.

Mey était carrément dégoûtée, comme si elle était trahie par Silver… Et en plus avec cette horrible pouf de Mentaline. « Je peux encore me rabattre sur Killian, Dieu merci… » songea-t-elle. A la seconde où elle formula cette pensée, Mentaline fut remplacée par le beau gosse qu’était Killian. Elle craqua juste, chialant une fois de plus, ne s’arrêtant plus devant un Killian qui murmurait des allusions perverses à l’oreille de son amant. Elle hurla, à bout de nerfs.
Mais c’était pas fini… Nouveau changement de décor. Cat et Shuu dans une forêt, cette fois. Tous deux allongés contre un arbre.

- Les autres me manquent ! gémit Shuu.
- Moi aussi… soupira Cat.
- Enfin pas tous évidemment…
- Oui, depuis que Mey a changée, elle est devenue détestable…
- Oh oui, quelle garce celle là ! Elle nous manque pas ! ricana Shuu. Bleuts à côté c’est un Bisounours en guimauve qui fait du manège !
- Tu l’as dit ! rigola Cat à son tour.
- MAIS VOUS ALLEZ LA FERMER, MERDE ! hurla Mey, à bout.

Ils se tournèrent dans sa direction. « Tiens ? J’existe maintenant ? » s’étonna mentalement Mey.

- Comment veux tu qu’on se taise ! T’es vulgaire, agressive, et tout le temps sur la défensive !
- Ouais, c’est clair ! approuva Cat.
- TAISEZ VOUS ! VOUS NE SAVEZ RIEN DE MOI, ET EN PLUS VOUS ME CRITIQUEZ ?! JE NE SUIS PAS AGRESSIVE, ALORS VOS GUEULES !

Le regard que lancèrent le gamin et la neko lui disait clairement : « Mon cul oui, tu recommence à nous gueuler dessus ! » Mey se mit à frapper le sol, complètement hystérique.

- J’EN PEUX PLUUUUUUUUS ! hurla-t-elle en se frappant la tête par terre. JE VEUX CREVER ET SORTIR DE LA !

Un ravin apparu. Sans hésiter, elle sauta dedans, bien décidée à en finir. Elle s’écrasa 300 mètres plus bas, et se releva sans même une égratignure. Shuu, Cat, Silver, Bleuts, Kanon, Mentaline, Killian, Creepy-chan, ses sœurs et même ses parents apparurent. Ils tournaient autour d’elle, en répétant toujours la même chose :

- Elle n’est pas naturelle… Elle est agressive… C’est une vraie garce… Une lâche…

Ils tournaient, la harcelant littéralement. Mey se donnait des coups, elle n’en pouvait plus, elle voulait sortir de là. Elle hurlait, hurlait, encore et encore. Et tout d’un coup, elle ouvrit les yeux. Elle était dans le gymnase de la Scène de Sentiernelle. Nozomi était devant elle, tout sourire. Mey n’avais pas envie de sourire, elle. Elle avait plus envie de se jeter sur Nozomi et de lui péter la gueule. Mais elle se ravisa en se rappelant que cette dernière était championne nationale de judo. Mentaline s’éveilla juste après, en colère elle aussi. Mais elle ne dit rien, pour la même raison que Mey.

La salle était sombre, ce qui laissait penser qu’il était environ 6 heures du soir. Mey et Mentaline avait du mal à croire qu’elles étaient restées dans ce cauchemar aussi longtemps. Nozomi leur donna leur Pokéball avec un grand sourire.

- Alors ? Flippant n’est-che pas ? sourit narquoisement Nozomi.
- Va te faire foutre ! C’était… horrible… bredouilla Mentaline.
- D’accord avec Mentaline, pour une fois !
- Voyez le bon côté. Chi ch’était pour de vrai, che cherais pire… Ch’est chûrement la journée la plus inchtructive pour vous. Et vos Pokémon chont devenus nettement plus resichtants…
- Encore heureux… Bon, je vais bouffer, à plus Nozomi, fit Mentaline avant de partir.

Nozomi et Mey se retrouvèrent seules.

- Tu chais Mey… Chercher à crever ne chert à rien dans un rêve…
- Tu as tout vu ?! cria Mey, furax et horrifiée à la fois.
- Ch’est normal que tu ais eu chette récation… Ch’est inchupportable quand on te dit que tu n’es pas toi-même. Chache juste qu’on ne che rend pas forchément compte qu’on change. Beaucoup d’ados ne le chavent pas alors qu’ils changent, et ch’est normal.
- Nozomi… Tu es sûre d’être une ado ? Tu parles comme une adulte d’âge mûr !
- Disons que le malheur à au moins le mérite de te faire grandir.

Et elle s’en alla sans plus de procès, laissant une Mey qui venait de se prendre une leçon sur la vie dans la gueule. Cette dernière fila dans sa chambre, sans passer par le réfectoire. Elle voulait être seule. Mais Killian, lui, sortit de nulle part, comme d’habitude, la suivit discrètement en marchant au plafond. Il ne voulait pas qu’elle soit seule. Alors il se laissa tomber du plafond, et fit signe à Mey de ne pas hurler.

- Si tu veux te confier… Vas-y, je t’écoute. J’écouterai toutes tes questions. Balance tout, lâche toi, ça te fera du bien, lui dit-il avec sa voix d’ange.
- Killian…Que fais-tu ici ?
- Vas-y, lâche toi, encouragea-t-il, ignorant la question de Mey.
- Bon, puisque tu me le demande… Suis-je vraiment moi-même ? Je ne sais pas… Je pense que j’ai changé. J’étais plutôt douce avant, moins agressive. Mais quelle est la vraie personnalité ? La Mey agressive ou la Mey douce ? Ou les deux à la fois ? Ou aucune des deux ? Mentaline dis que j’ai changé pour Silver… C’est faux. Effectivement, j’ai voulu qu’il m’aime, et j’ai tenté de changer un petit peu pour lui. Mais je pense que c’est aussi parce que je suis triste, quelque part. Ce cauchemar m’a ouvert les yeux. Mes sœurs me manquent affreusement. J’ai peur que les gens ne m’aiment pas… Et je veux qu’il y est des gens qui m’aiment, très fort. J’en ai besoin. C’est ma bouffée d’oxygène dans ce monde trop triste.
- C’est notre bouffée à tous. Mais pour que les gens t’aiment, il faut d’abord les aimer.
- Mais je les aime ! répondit Mey.
- Dans ce cas, montre le. Ne sois pas bloquée par toutes ces histoires de personnalités ou autre. Sois juste ce que tu as envie d’être. Tu ne dois pas faire la gueule aux gens qui disent que tu n’est pas toi-même. Prouves-leur simplement le contraire.
- … Merci.
- De rien.

Et il disparut avec un petit « Pop ». Mey, hébétée, se demandait ce qui venait de lui arriver. Elle se mit en pyjama, se glissa dans son lit, et s’endormit presque aussitôt. Au même moment, Silver et Mentaline dînaient une fois de plus avec Creepy-chan. Ils allèrent se coucher peu après, malgré une journée bien traumatisante pour tout le monde.

*intermède*

- Today, la chyncronisation. Et che chera à l’aide… de CHA.

- Nozomi tenait… un CD de Just Dance 2. Elle alluma l’écran géant du gymnase, et inséra le CD dans la Wii, sous les yeux ébahis de Mey et Mentaline.

(ndla : Juste Dance 2, pour ceux qui ne connaissent pas, est un jeu de danse sur wii. Le but et de reproduire le plus fidèlement possible une danse exécutée par un personnage à l’écran. On tient une Wiimote dans la main droite, et cette dernière permet de comptabiliser les points.)

- C’est quoi ce bordel ? demanda Mey. Quel rapport avec la synchronisation ?
- Et bien, c’est exchellent pour la coordination motrice, et comme vous allez faire des chanchons en duo, vous devrez être chyncrones.
- Je le sens mal… soupira Mentaline.
- Bien chûr, vos Pokémon participent ! Le gagnant final sera dichpenché de l’entrainement de demain !
- C’est vrai ?! s’étonna joyeusement Mey.
- Non. Bonne chanche ! sourit sadiquement Nozomi.

Elle démarra le jeu après avoir donné une Wiimote à chacun des joueurs.

- Petit échauffement pour commencher… Move your Feet !
- Oh putain, c’est la pire… fit Mey, qui connaissait le jeu.
- Je le sens mal…

La musique démarra (il faut regarder la vidéo pour voir ce qu’elles sont censées faire). Mentaline galérait comme une folle, les mouvements s’enchaînant trop rapidement. Mey, plus chanceuse, y avait déjà joué, et connaissait à peu près les pas. Les Pokémon se débrouillait plutôt bien, surtout Airmure, ce qui était assez impressionnant à regarder. Mey gagna avec 4512 points, Mentaline, bonne danseuse malgré tout, s’en tira avec 3984 points. Airmure atteignit les 3698 points. Corayon était bon dernier avec seulement 1324 points. Mentaline voulu le consoler, mais Nozomi ne lui laissa pas le temps.

- Allez, on pache à Rachputin !
- Elle veut nous tuer ! chiala Mey.
- Elle est dure ? demanda Mentaline.
- Pas dure, horrible !

Ils eurent tous du mal avec cette chanson, en particulier quand il faut sauter d’un pied à l’autre limite en grand écart. Et elles continuèrent ainsi jusqu’à midi, faisant toutes les chansons du jeu sans jamais s’arrêter. Quand ce fut finit, elles s’effondrèrent, complètement mortes. Elles mangèrent, et Nozomi leur expliqua l’exercice qui suivait.

- Vous allez être toutes les deux conchentrées au max. Dès que l’une dit « Bwaaaaaaaaah » en tenant la note, l’autre doit partir en même temps qu’elle. Pour les Pokémon, ch’est le même princhipe mais avec les attaques.

Elles eurent vraiment beaucoup de mal avec cet exo, plus précisément parce qu’elles n’étaient pas en très bon accord. Steel et Kawapink, eux, étaient parfaitement synchrones, et leurs attaques fusaient exactement en même temps. Après deux heures, Mey et Mentaline arrivaient à quelque chose de correct. Elles s’entraînèrent encore, encouragées par Nozomi. Elles allèrent ensuite manger, vite rejointes par Silver, en sueur, qui vennait de subir une énième journée d’entraînement.  

- Alors, Silver, ta journée ? commença Mey, enjouée.
- Horrible comme d’hab’… Aujourd’hui c’était le sac de sable. J’ai frappé dedans toute la journée, c’était affreux….
- Mon pauvre Silvou…
- Et sinon, vous, c’était comment ?
- Crevant. On a fait un Just Dance 2. C’était non-stop pendant 3 heures, fit Mentaline.
- Ouch…
- BONJOUR, Ô DEMONS DE LA MALEDICTION D’OYASHIRO-SAMAAAA !
- Salut Creepy-chan ! sourit Mey.
- Comment était-ce votre entraînement ? Vous avez essuyé des larmes de sang ?
- Plutôt des gouttes de sueurs…
- Personnellement, moi, je me suis entraînée, fit Creepy-chan. Ossatueur a enfin maîtrisé le « Cercueil des ossements maudits », une technique surpuissante, qui vous saignera jusqu’à l’os.
- Intéressant. Je sens que ce concours va être très dur ! ricana Mentaline.
- On va avoir du fil à retordre…
- Mais j’espère qu’on va gagner, avec tous nos efforts d’entraînement !
- Ben si on perd, j’aurai les boules perso… grogna Mey.
- On gagnera, c’est obligé ! fanfaronna Mentaline.
- Vous rêvez ! LA DESTINEE DIT QUE MA PETITE PERSONNE VOUS REDUIRA EN MONTAGNE DE BOYAUX, D’OSSEMENTS, D’ORGANES ET DE SANG, MWAHAHAHAHAHAHA !
- Si tu le dis…

Après un copieux repas, tout le monde alla se coucher. Le lendemain, la journée commençait plus tard. Mey et Mentaline purent donc dormir un peu plus. A dix heures, elles vinrent voir Nozomi.

- Aujourd’hui, ch’est très chimple… Vous allez chimplement faire un match !
- Moi contre Menta ? s’étonna Mey.
- Oui. Je vous regarde, allez-y.

Mey et Mentaline se firent face, haineuses.

- Je te rappelle que j’avais gagné, lors de notre dernier match… signala Mentaline.
- Dans ce cas je considère celui-ci comme une revanche ! répondit Mey, déterminée. Je vais te montrer que je suis moi-même !
- J’attends de voir ça. Viens !
- Steel, en avant !
- Kawapink, vas-y !

Les deux Pokémon s’ayant longtemps entraînés ensemble se faisaient désormais face, décidés à défendre l’honneur de leur dresseuse respective.

- Steel, Météores !
- Kawapink, contre avec Bulles D’O !

Les bulles emprisonnèrent les étoiles, mais ces dernières étant plus lourdes et plus puissantes, purent sortir et frappèrent violement le Corayon. Ce dernier se releva sans trop d’effort, près à attaquer.

- Kawa, balance tes Boules Roc !
- Steel, esquive avec Hâte !

L’Airmure gagna beaucoup en vitesse, et put ainsi éviter la majorité des énormes blocs de roc. Cependant, deux d’entre eux l’atteignirent, et il fut projeté très loin, ayant subi de très gros dommages.

- Steel, on sort la grosse artillerie ! Tsunami tranchant !
- Corayon, euh… fit Mentaline, ne sachant ce que signifiait le nom de cette technique. Esquive !
- C’est impossible, sourit Mey.

Airmure lança une Hâte de plus, et se mit à tourner très vite autour du Corayon. Et là, il balança de très vifs Tranch’Air, qui vinrent assaillir Corayon de toutes parts. Il ne pouvait esquiver, et s’épuisait à vitesse grand V. Mentaline devait réagir.

- Kawapink, Soin !
- Ca ne sert à rien, il finira part tomber K.O…
- Tais toi ! Courage Kawapink !

Mais comme l’avait prédit Mey, il finit par s’effondrer, à bout. Mey sauta de joie.

- Beau match Mentaline ! fit Mey en essayant de lui serrer le main, mais celle-ci la repoussa.
- Ne me touche pas ! Tu m’as humiliée ! cracha Mentaline, mauvaise perdante.
- N’importe quoi, c’était un grand combat ! argua Mey.
- Elle a raison, ch’était un beau combat, je suis fière de vous. L’entraînement est fini, faites che que vous voulez.
- OK.

Elles finirent la journée en bossant sur quelques combinaisons intéressantes, mais chacune dans leur coin. Le soir, tout le monde s’endormit vite. Puis elles répétèrent leur représentation en cachette avec Nozomi, pour que tout soit parfait pour le jour du concours, c'est-à-dire le lendemain.

- Bonjour et bienvenue au concours de Sentiernelle ! Je suis la présentatrice, mon nom est Sangriaz, 26 ans et célibataire ! Vous pouvez d’ailleurs me joindre au 06. 23. 58. 98. 20. Voilà, donc veuillez accueillir chaleureusement les représentations de nos candidats ! C’est… PARTI !  

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MessageSujet: Chapitre 16 : Métalosse, cercueil et comètes   Mer 28 Déc 2011 - 14:24



- Veuillez applaudir chaleureusement la candidate numéro 1, Nozomi Devil, qui concourt dans l’espoir de récupérer son 4ème ruban !
- Brouhabam, Metaloche ! fit Nozomi.

En coulisse, Mentaline et Mey venait de s’évanouir.

- Elle est si puissante que ça ?! s’étonna Mey.
- Faut croire que oui… J’crois qu’on n’a aucune chance de la battre…

Les deux imposants Pokémon se faisaient face sur le terrain.

- Métaloche, Luminocanon ! Brouhabam, Mégaphone !

Le Métalosse forma une sphère lumineuse, et la projeta en l’air. Brouhabam se plaça en dessous, et hurla de toutes ses forces en direction de la balle. Les ondes de choc la percutèrent, mais elle n’explosa pas. Les ondes de son furent simplement colorées de lumière, et illuminèrent la salle. C’était tout bonnement magnifique, et les juges étaient bluffés. Mais Nozomi n’en resta pas là.

- Métaloche, Lévikinésie et Vol Magnétique ! Brouhabam, Danse-Folle !

Brouhabam se mit à léviter, porté par Lévikinésie, et Métalosse quitta le sol à son tour. Tout deux entamèrent une gracieuse danse aérienne. Ils tournoyaient, se croisaient, bougeaient, effectuaient des saltos, le tout avec une maîtrise et une coordination simplement parfaite.

- Le final ! Double Ultralaser !

Les deux Pokémon, toujours flottants, vinrent au centre de la scène. Ils commencèrent à tourner autour d’un point inconnu, décrivant un cercle parfait. Ils lancèrent tout deux un surpuissant Ultralaser, tout en continuant à tournoyer. Bizarrement, l’Ultralaser de Métalosse était d’un bleu profond, et celui de Brouhabam était rose tirant sur le violet. Le résultat était sublime, une sorte de canne à sucre rose et bleue composée d’énergie. L’attaque se stoppa, et c’est sous une pluie d’étoiles multicolores (restes de l’Ultralaser) que Nozomi s’approcha de ses Pokémon. Ils saluèrent, applaudis par une foule complètement en délire.

- … C’est tout simplement extraordinaire. Atteindre un tel niveau de maîtrise… commença le Président du Fan club Pokémon, un homme roux immense et souriant. J’étais là à votre dernier concours, mademoiselle, et vos progrès sont hallucinants. Je vous mets 100 points, vous méritez complètement la note parfaite.
- Merchi beaucoup ! sourit Nozomi.
- Pas trop mal, je dois dire, cracha l’Infirmière Joëlle. 75 points. Aujourd’hui c’est la journée de la charité, il faut être gentil envers les personnes handicapées…

Dans les vestiaires, Mey était folle, et trois coordinateurs durent l’empêcher d’aller péter la gueule de l’infirmière Joëlle.

- PUTAIN MAIS QUELLE TEPU CELLE LA, ELLE VA SE PRENDRE MON POING DANS SA GUEULE, CETTE GARCE !
- Mey, calme toi. Faudra ressortir la même phrase quand ça sera notre tour, soupira Mentaline. En plus Nozomi s’en sort très bien toute seule, regarde.
- Hein ?

Le Métalosse fixait l’infirmière Joëlle avec un air courroucé. Cette dernière pâlit, surtout quand le Métalosse brisa son stylo par la seule force de sa pensée.

- C’est tout bonnement excellent, 97 pour moi, fit M. Contesta.
- Très bien ! fit Sangriaz d’un ton enjoué. Mes chers téléspectateurs, Nozomi obtient donc une note de… de…97 + 100 + 75… Je retiens 3… J’ajoute 10… Euh…

Il y avait un grand silence dans la salle. Sangriaz s’en aperçut, et tenta maladroitement de rattraper le coup.

- Désolée, on m’a donné le BAC seulement parce que l’examinateur était un vieux pédophile poilu et que j’avais de gros seins… Bon, le caméraman, ça lui fait combien à Nozomi ?
- 13 ans, non ? répondit le caméraman.
- Mais pas son âge ! Ses points ! s’insurgea Sangriaz.
- Ah ! 272 !
- Je le savais évidemment… C’était une blague mes chers téléspectateurs, bien sûr ! Donc Nozomi obtient l’excellente note de 272 points sur 300 ! On l’applaudit bien fort !

En coulisse, Nozomi fut acclamée par tout le monde. Mentaline et Mey étaient impressionnées par la force de leur senseï.

- On n’a aucune chance de gagner ! ricana Mey.
- C’est clair, on est dans la merde… Si tu t’étais entraînée au lieu de penser à Silver…
- Oh, ta gueule hein, ça va pas recommencer !
- Chut. Ch’est au tour de Creepy-chan, leur fit Nozomi.


- Candidate suivante, j’ai nommé l’effrayante… Creepy-chan ! 2 rubans à son actif, elle est réputée pour ses combos flippants et puissants à la fois ! C’est parti ! lança Sangriaz.

Creepy-chan s’avança lentement sur la scène. Elle portait toujours la même tenue. Elle avait juste rajouté une petite tâche de sang sur son visage. Elle fit craquer ses vertèbres, se déboîtant les os du cou. L’assemblée frissonna. Elle laissa tomber deux Pokéball. Elles s’ouvrirent et libérèrent… un Pikachu et un Togepi. Mey et Mentaline étaient sur le cul.

Creepy-chan sortit un petit magnétophone. Elle appuya sur play. Thriller. Les yeux de ses deux Pokémon devinrent totalement blancs, comme vides. Et ils entamèrent la très célèbre danse des zombies. C’était à la fois drôle et effrayant, contraste entre mignon et effrayant, complètement décalé et surprenant.

- Rika, Toxic. Satoko, Ball’Ombre.

Vous avez déjà vu un Pikachu effectuer Toxic ? Un Togepi utiliser Ball’Ombre ? Ces attaques avaient de quoi surprendre. Pikachu, tout en dansant, fit jaillir du poison du sol, ce qui donnait un effet macabre, malpropre. Quant à Togepi, il faisait léviter ses Ball’Ombres autour d’eux ce qui accentuait encore l’effet effrayant. Mais il s’y mêlait une beauté froide, lugubre.

« Utiliser des attaques rarement enseignées à de tels Pokémon, pour jouer sur l’effet de surprise et l’originalité… Elle est très forte et intelligente. » songea Mentaline. « Mais malheureusement, si l’on n’apprends pas ces attaques à ces Pokémon, c’est pour une bonne raison. Elles ne sont pas intéressantes ou pas adaptées au Pokémon, et donc peu puissantes. Ce qui veut dire qu’en combat, ces Pokémon ne valent rien. »

- Rika, Fatal-Foudre !

Décidemment, elle avait décidé de tout jouer sur la mise en scène. Tandis que les deux Pokémon faisaient les zombies dansants, la salle était lacérée d’éclair, comme dans un orage. Le rendu final était saisissant, il y avait un effet apocalyptique merveilleux.

- Satoko, le final.

Le Togepi fit se percuter toutes les Balles Ombres, et celles-ci implosèrent dans une fontaine d’énergie pourpre. Grandiose.

- Tant d’originalité, de beauté et de terreur mélangés… C’est d’une qualité rare, selon moi. Vous méritez 89, c’est indéniable, fit M. Suzuki.
- J’AIME ! cria l’infirmière. Le lugubre c’est toute ma vie ! 100 points !
- J’ai trouvé que vous misiez trop sur les effets spéciaux. Ceux-ci mis à part, votre prestation ne valait pas grand-chose. 65.
- Ce qui nous fait… commença Sangriaz.
- 254, souffla le caméraman.
- 254 pour mademoiselle Creepy-chan ! Bravo à elle !


Quelques candidats passèrent, mais la plupart n’atteignirent même pas les 200. Enfin, ce fut au tour de la Team White Angel, qui stressait grave dans les coulisses.

- Mentaline, j’ai peur ! gémit Mey.
- Ne chie pas sur la moquette, on serait obligé de la rembourser… grogna Mentaline,  pas rassurée malgré les apparences.
- Ne vous inquiétez pas, tout che pachera bien, chi vous êtes enchemble.
- …
- … Bon ben je crois qu’on peut dire adieu au ruban… soupira amèrement Mentaline.
- C’est toi qui ne veux pas te réconcilier ! Moi je suis d’accord…
- J’t’ais pas causé, la garce.
- Pff… soupira Mey.


- Et maintenant, veuillez accueillir chaleureusement… !

Le visage de Sangriaz se figea quand elle vit quelles candidates elle devait appeler.

- La Team White Angel. Composée de Mentaline Weiss et Mey Milkya.

Les deux jeunes filles s’avancèrent sur la scène. Enorme blanc dans l’assistance, le temps que l’information monte au cerveau. Peu après, les trois quarts de la salle tentèrent de s’enfuir par les issues de secours. Certains spectateurs les insultèrent violemment, d’autres leurs firent des doigts d’honneur. Mey esquiva de justesse une chaussure, balancée par une petite fille d’à peine 5 ans. Elles se firent huer violemment. Les femmes s’enfuyaient en hurlant, tout en disant à leurs enfants : « Venez vite les enfants, c’est dangereux ici… Allez vite ! » Même Sangriaz s’était légèrement écartée.

Absolument tout le monde avait peur. Il y aurait eu le Diable en personne à la place de Mey et Mentaline que c’aurait été la même chose. Tout le monde hurlait, et ces hurlements résonnaient dans les tympans des deux coordinatrices.

Elles pleuraient. Pour de vrai. Elles étaient effondrées, en larmes, incapable de s’arrêter. « Pourquoi ont-ils peur ? Pourquoi s’enfuient-ils ? On n’a rien fait de mal… Rien. Alors pourquoi nous regardent-ils comme si nous étions des monstres, des gens dangereux ? Nous sommes juste deux jeunes filles de 17 ans…Rien de plus… » songeaient-elles.

- Mentaline…
- Mey…
- Je suis désolée.
- Moi aussi. Profondément, chiala Mentaline.
- Nous pensions être différentes l’une de l’autre… commença Mey.
- … mais au final nous sommes toutes deux des jeunes filles rejetées par un univers tout entier, continua Mentaline.

Elles se serrèrent mutuellement, profitant du peu d’amour que ce monde pouvait leur donner. Soudain, une autre personne se rajouta à leur étreinte. Puis une autre. Il s’agissait de Silver et Nozomi.

- Vous n’êtes pas seules les filles… leur dit Silver, au bord des larmes, lui aussi.
- Alors arrêtez de pleurer ! tenta Nozomi avec un pauvre sourire.
- D’autant plus que même si j’aime le gore, je n’aime pas les filles en larmes, sauf quand elles se font torturer à la machette. Là c’n’est pas le cas, donc essuyez vos larmes ! dit Creepy-chan.
- Oui, nous aussi on vous aime bien, même si vous gueulez tout le temps ! firent les coordinateurs, débarquant sur scène.

Et ils firent un énorme câlin collectif. Sangriaz était désarçonnée, tandis que les gens tentaient de forcer la porte pour pouvoir sortir. Quand Nozomi vit ça, elle se retira du câlin, pris violemment le micro à Sangriaz et l’alluma.

- Chers spectateurs. Je vous prierai de regagner vos places immédiatement.

Tout le monde la hua.

- Je préfère vous prévenir. Les Pokéballs de Métalosse et Brouhabam pourraient très bien m’échapper des mains, et déclancher par pure inadvertance un double Ultralaser. Vous êtes prévenus. A vous d’aviser en conséquence.

Et elle se retira, devant des spectateurs blancs comme des linges. Ils se rassirent malgré tout, bien que complètement terrorisés. Les autres coordinateurs quittèrent la scène, et Silver souhaita un dernier « Bonne chance ! » à ses deux amies. Ces deux dernières se prirent la main, et envoyèrent leur Pokéball respective.

- Steel, en avant !
- Kawapink, met le feu !

Les spectateurs hurlèrent et allèrent chercher des extincteurs. Mentaline tomba à la renverse devant tant d’idiotie. Nozomi revint sur la scène, ressaisit le micro, et fit :

- Assis.

Elle l’avait dit comme si elle parlait à un chien. Et ils s’exécutèrent. La Team White Angel la remercia.

- Steel, Météores !
- Kawa, Bulles d’O !

Les bulles de savon emprisonnèrent les petites étoiles, et elles se mirent à flotter lentement à travers toute la salle, donnant une très belle ambiance étoilée.

- Kawapink, Boule Roc et Régénération !
- Steel, Tsunami tranchant !

Le Corayon créa un énorme morceau de rocher, et le posa au centre de la scène. Il monta ensuite sur le dos d’Airmure, qui commença à tourner très vite grâce à Hâte. Tous deux brillaient grâce à Régénération, ce qui, avec la vitesse, donnait l’impression d’un disque lumineux. Airmure envoyait ses Tranch’Airs, et sculptait peu à peu la boule de pierre.

Ils finirent par se poser au sommet d’un Ruban en pierre finement taillé, avant qu’Airmure ne ibère un dernier Tranch’Air, éclatant les bulles et lâchant une pluie d’étoiles filantes sur le public. Mey, Mentaline, Steel et Kawapink saluèrent. Nozomi fit une petite apparition au micro, simplement pour dire « Applaudissez. » Tout le monde applaudit avec une fausse effervescence.

- Vous êtes donc les meurtrières d’Albert ? Sachez que ce que vous avez fait me répugne et me donne envie de vous écraser comme des mouches venues s’approcher trop près de la viande, mais en tant que membre du jury, je me dois d’être totalement impartial… Je vous met donc la note de 80, parce qu’il y a de la recherche, et une parfaite maîtrise de vos Pokémon. Donc bravo, même si ce n’est pas de bon cœur, fit M. Suzuki.
- 78 pour moi. Vous avez cette note parce que votre meurtre était original, pas parce que votre prestation était bien, soyons clairs. C’était merdique. Mais bon… fit l’infirmière Joelle.
- Je vais la tuer… grommela Mey, en rogne.
- Evite de le dire trop fort, j’ai pas envie d’être foutue en quarantaine par des grandes armoires à glace… chuchota Mentaline.
- Pas trop mal, pour des salopes de tueuses. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais déjà dégainé le bazooka, mais je n’en ai pas le droit, cracha M. Contesta. 69.
- Vous savez, on n’est pas obligé de savoir ce que vous faites avec votre femme… ne put s’empêcher de lancer Mey, trop énervée pour ne pas sauter sur l’occasion.
- Mey ! la réprimanda Mentaline.
- Pardon, mais elle était trop belle…
- Mademoiselle, je vous prierai de ne pas m’insulter de la sorte, fit le Directeur des concours de la ville.
- Parce que vous vous nous insultez pas, peut-être ?! s’énerva Mey.
- C’est dans nos droits…
- Oui, bien sur, et mon cul il est dans vos droits aussi !
- Mey, je t’en prie, calme toi, n’aggrave pas la situation… souffla Mentaline.
- Mais on va pas se laisser insulter ! s’emporta Mey à voix basse.
- Imagine que les personnes en face de toi viennent de tuer un de tes potes. Tu vas les complimenter, toi ?
- …
- Non, alors tais toi et laisse le dire.
- Mais on n’a rien fait !
- Peut-être, mais il ne le sait pas, alors chut, la somma Mentaline.
- Vous avez fini vos messes basses ? demanda amèrement M. Contesta.
- Oui. Je suis désolé Monsieur, j’aurais du d’abord me mettre à votre place. Je m’excuse platement.
- Tant mieux, petite garce. Sangriaz, les notes que je ne les vois plus.
- Hm, hmm. Après cette petite interruption, voici donc la note de la Team White Angel… Caméraman ?
- 227, souffla-t-il, exaspéré.
- 227 ! Bravo à elles !

Les deux jeunes femmes quittèrent amèrement la scène. Dans les coulisses, Silver leur sauta dans les bras.

- Ouiiiiiiin… Vous avez été géniales les filles ! chiala-t-il, visiblement très content.
- D’autant plus que vous étiez en parfaite coordination, mon entraînement a porté ses fruits, je suis très fière de vous ! les félicita Nozomi.
- T’as plus ton espèce de cheveu sur la langue ? s’étonna Mentaline.
- En fait, en faisant un petit effort d’articulation, j’arrive à le faire disparaître. Mais je le fais seulement aux grandes occasions.

(ndla : Dire que je me suis fais chier à remplacer les « s » par des « ch » pendant 30 pages Word T-T)

- Mais 227 points, c’est pas énorme, je me demande si on va passer… s’inquiéta Mentaline.
- Peu importe si vous passez ou pas, vous vous êtes réconciliées et en plus vous avez affronté le regard des autres… Vous êtes géniales ! les complimenta Silver.
- Les 8 meilleurs coordinateurs ou Teams de coordinateurs vont s’afficher à l’écran !

Nozomi apparu la première, sans surprise. La deuxième était une fille blonde, plutôt petite, yeux verts. En troisième position venait Creepy-chan. Puis vint la quatrième, une vieille femme ridée jusqu’aux mollets et son mari, le type de vieux qui a fait toutes les guerres mondiales. Puis un petit gamin, à peine dix ans. Mey et Mentaline commençait vraiment à stresser. Au final, leurs deux têtes apparurent en huitième position. Elles soufflèrent de soulagement, pendant que le public les huait allègrement.

- Et voilà les qualifiés ! Premier match… La Team White Angel contre Listina !

Listina, c’était la jeune fille blonde et petite qui avait fini deuxième. Elle se plaça d’un côté de la scène, tandis que Mey et Mentaline se positionnaient en face.

- Moustillon, Gronichons ! En avant !

Un petit Moustillon et un gros Grotichon apparurent.

- Steel !
- Kawapink !
- Encore eux ?! Vous êtes pas très originales pour des tueuses ! ricana Listina.
- On n’a pas d’autres Pokémon…
- Ah. Pas de pot, dit Listina.
- Tu fais quoi dans la vie ? questionna Mentaline, décidée à taper le causette avant le combat.
- Je traduis quelques listes… Je dore mon blason doré…Je range mes chaussettes avec le nez et je fume la pipe.
- Ah. Beau temps n’est-ce pas ? fit Mentaline.
- Bon, quand vous aurez fini de tailler la bavette, vous m’appellerez, qu’on démarre le match ! signala Sangriaz, exaspérée.
- Ah, désolées, s’excusèrent-elles.
- C’est… parti ! dit Sangriaz en levant le bras, comme dans l’anime.
- Gronichons, Nitrocharge sur le piaf métallique !
- Esquive en t’envolant, Steel !

L’Airmure s’exécuta, et la Nitrocharge échoua. Le Grotichon se ramassa par terre.

- Kawapinkounet, profites en pour lancer Bulle d’O !
- Moustillon, Pistolet à O !
- Steel, récupère Kawapink !

Le résultat fut fatal pour le Grotichon. D’une part parce qu’il se prit la Bulle d’O en pleine face, mais comme si ça ne suffisait pas, il se prit également le Pistolet à O de Moustillon. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’Airmure avait choppé Kawapink au vol et le jet d’eau avait atteint le porc au lieu du corail.

- Gronichons ! pleura presque Listina, alors que ses points baissaient dangereusement.
- Steel, achève Moustillon, Tranch’Air !
- Kawapink, Boule Roc !
- Moustillon, contre, ordonna Listina, visiblement en colère.

Moustillon décrocha son coquillage de son ventre, et s’en servit pour dévier absolument toutes les attaques. Les Tranch’Airs rebondissait dessus et partaient s’écraser contre le plafond, tandis que les Boule de Roc étaient coupées en deux comme du beurre. Mey et Mentaline n’en revenaient pas, et leurs points en prirent un coup.

- Surprises n’est-ce pas ? Mon Moustillon est très rapide et puissant, vous allez avoir du mal à l’abattre, surtout avec des attaques aussi minables… cracha Listina.
- T’es méchante… gémit Mentaline.
- Je blaguais ! rigola-t-elle. Comment vous trouvez mon imitation de l’infirmière Joëlle ?
- Pas trop mal… avoua Mey.
- Profitez-en, dans quelques minutes, vous serez réduites à l’état de cendres. Moustillon, Coquilame !

Le petit Pokémon bleu effectua un bond spectaculaire, atteignant la hauteur de Steel et Kawapink, encore dans les airs. Il fit une pirouette parfaitement maîtrisée, et abattit son coquillage sur la tête d’Airmure. Celui-ci fut sonné sur le coup. Son vol devenait disgracieux, et il dut finir par se poser. Les points de la Team White Angel étaient aux trois quarts vide, tandis qu’il restait la moitié à Listina.

- Mey… souffla Mentaline.
- Quoi ? chuchota cette dernière.
- On doit en finir avec une seule attaque. Les petites attaques ne l’atteignent pas.
- OK, mais quelle attaque ?
- Je mise sur Pluie de Comète, répondit Mentaline avec un sourire sadique.
- Mais elle est pas au point cette technique ! Et en plus Steel ne peut pas voler, et je voulais garder cette technique pour notre combat face à Nozomi…
- Si on bat pas celle là, on n’y aura même pas droit, à notre combat contre Nozomi ! insista Mentaline.
- Bon, c’est d’accord.
- Je vous dérange pas j’espère ! les coupa Listina. Moustillon, Vibraqua !
- Kawapink, encaisse puis Soin !

Kawapink s’interposa entre le Airmure sonné et l’attaque, et la retint tant bien que mal. Puis il se soigna, ce qui enleva quelques misérables points à Listina. Ce cours laps de tant avait suffi à Airmure pour retrouver ses esprits.

- Kawapink, Bulle d’O sur le sol !
- C’est une blague ? Moustillon, saute !

« Yes ! » songea Mentaline. La terre du terrain, détrempée par l’attaque Bulle d’O, était devenue boueuse. Ainsi, quand Moustillon retomba, il fut incapable de bouger, piégé.

- Maintenant ! Pluie de Comète ! ordonna Mentaline.

Kawapink monta en vitesse sur le dos d’Airmure, qui s’envola (décidemment, il volait beaucoup le petit Corayon !). Il prépara des dizaines de Boules Rocs, et Airmure les entoura de Météores. Le résultat fut une pseudo-attaque Draco Météor, qui ravagea complètement le terrain, étant donné que les deux Pokémon n’étaient pas des grands pros de la précision avec une si puissante attaque. Néanmoins, certaines comètes atteignirent Moustillon, qui tomba K.O.

- Victoire par K.O. de l’équipe White Angel !
- YATTAAAA ! On a gagné ! s’écria Mey, en faisant tope-là avec Mentaline.
- On est les bests !
- … Joli coup, vous êtes douées… fit Listina.
- Tu n’étais pas mal non plus ! sourit Mey.
- Merci.

Elles rentrèrent toutes trois en coulisses. Silver les félicita une fois de plus, ainsi que Nozomi et même Creepy-chan.

- Combat suivant ! J’appelle la talentueuse Nozomi et l’effrayante Creepy-chan !
- Nooooooon ! Je voulais me battre contre Creepy-chan ET Nozomi ! chiala Mey en coulisses.
- C’est pas grave, on combattra la plus forte des deux… soupira Mentaline.

Nozomi s’avança fièrement sur le terrain. Face à elle, Creepy-chan, qui faisait craquer ses vertèbres, visiblement un tic. Elles se fixèrent, leurs yeux lançant des éclairs de saine rivalité.

- Commencez !
- Métalosse, Scobolide, à vous !
- Rena, Shion, en avant !

C’était donc Métalosse et Scobolide face à Rena l’Insecateur et Shion l’Ossatueur. Nozomi n’avait visiblement pas l’intention de faire dans la dentelle.

- Scobolide, Boule Armure. Métalosse, projette le avec Psyko.

Le Scobolide fusait tel un boulet de canon en direction de l’Ossatueur.

- Comme si j’allais te laisser faire… Shion, Anti-Air !

Ce fut très impressionnant. Le Scobolide s’aplatit TRES violemment sur le sol, à cause de sa vitesse impressionnante. Nozomi perdit un quart de ses points.

- Joli coup, mais j’ai quelques atouts en réserve ! Métalosse, Martopoing sur Insécateur !
- Rena, Abri !
- Ne les laissez pas se reposer ! Scobolide, Buldoboule ! Métalosse, Pisto-poing !

Insécateur réussit à esquiver le Scobolide, mais Ossatueur ne put échapper au rapide et puissant Pisto-Poing. Creepy-chan perdit des points.

- On passe aux choses sérieuses. Rena, Reflet puis Coupe-vent.

L’Insecateur se dupliqua, en profitant pour charger la puissante attaque Coupe-vent.

- Ne le laisse pas faire ! Scobolide, élimine-les avec Damoclès !
- Tu rêves ma vieille ! ricana sadiquement Creepy-chan. Shion, Séisme !

Nozomi jura. Le séisme stoppa net la rotation de son Scobolide, qui fut forcé de s’arrêter. Nozomi perdit des points. Et elle en perdit encore plus quand son Scobolide, immobilisé, se prit un Coupe-Vent dans la gueule et qu’il tomba K.O.

- MWAHAHAHAHAHAHAHAHAHA ! J’ai l’avantage ! Le destin vaincra !
- C’est ce qu’on va voir. Métalosse, Barrage sur l’Insécateur !
- Rena, Kuchiyose KiriKiri no Mai !

En coulisse, Mey était morte de rire. Mentaline la regarda, incrédule.

- Qu’est-ce qui te fait rire ?
- Ce nom… C’est le nom de l’invocation d’une belette dans Naruto ! réussit à articuler Mey, dans sa crise de fou rire.
- Ah ok…

Insécateur ne pouvait pas quitter l’endroit où il était. Néanmoins, il pouvait bouger. Il se mit donc à tournoyer très vite, en lançant toutes sortes d’attaques. Des Lames d’Air, des Coupes Vent, des Vents Argentés, des Ondes Vides… Absolument toute sa panoplie d’attaque à distance y passa. La salle fut dévastée, et Métalosse souffrit.

- Finissons-en. Métalosse, Ultralaser.
- Nozomi, tu es géniale.
- Hein ?

L’Ultralaser mit K.O. Insécateur sur le coup, sans plus de procès. Creepy-chan perdit des points, mais était toute souriante.

- Génial… C’est parfait. Ce fut un beau combat, Nozomi. Mais c’est la fin. SHION, CERCEUIL DES OSSEMENTS MAUDITS !
- Merde ! jura Nozomi.

Métalosse ne pouvait rien faire, devant se reposer après l’Ultralaser. Shion entama son combo avec une surpuissante Telluriforce. Des jets de sables mélangés à de la lave jaillirent du sol, et emprisonnèrent Métalosse dans une prison de sable semblable à un cercueil. Des ossements divers sortirent de nulle part, et vinrent clore le tombeau. Puis Shion lança Cognonbidon. Elle en ressortit grandement affaiblie, mais avec son attaque au maximum.

- FINIS LE !!!! VENGEANCE OSSEUSE ! hurla Creepy-chan, à fond.

L’os d’Ossatueur s’agrandit. Il devint une espèce d’énorme massue. Et c’est en combinant Massd’Os et Vengeance (deux fois plus puissante à cause du KO d’Insecateur) qu’il donna un grand coup dans le cercueil qui vola en éclat avec un énorme bruit. Il y eu une énorme explosion, et tout le monde se mit à couvert. Sangriaz fut violemment éjectée de la scène, et l’infirmière Joëlle se mangea un fémur en pleine gueule, ce qui fit mourir de rire Mey.

Quand la poussière se dissipa enfin, Ossatueur était par terre, extenué par une si puissante attaque. Métalosse quand à lui… n’était pas KO. Un miracle. Ou pas.

- Ténacité, tu connais ? sourit Nozomi.
- … On ne t’appelle pas le lionne rousse pour rien… soupira Creepy-chan.
- Oui… Métalosse, Ultralaser.

Le rayon mit Shion KO, comme on s’y attendait. Il y eut un gros blanc dans la salle, puis tout le monde hurla, ovationna ce magnifique combat, véritable démonstration de puissance et de maîtrise.

- C’est donc une victoire de Nozomi, après un mémorable combat acharné !

De retour dans les vestiaires, ce fut avec des cris de joies et des félicitations que furent accueillies Nozomi et Creepy-chan.

La Team White Angel explosa facilement la Team Senior, composée d’un couple de vieux médiocres au combat. Nozomi vainquit également son adversaire, sans surprise.

- Et maintenant mesdames et messieurs, la finale de ce mémorable concours survolté, la Team White Angel…

Des « Ouuuuuuuuuuuh ! » retentirent dans la salle.

- Face à Nozomi Devil !

Des « Ouaaiiiiiiiiiiiiis ! » retentirent dans la salle. Subtile nuance qui change tout.

- Que le combat… commence !
- Métalosse, Avaltout, gagnez moi ce combat !
- Steel, met le paquet !
- En avant, Kawapinkounet-chéri !

Les Pokémon se fixaient. Mey et Mentaline étaient anxieuse quand au Métalosse adverse. Elles avaient vu de quoi il était capable, et ça ne signalait rien de bon.

- Métalosse, Pisto-Poing !
- Airmure, encaisse !

Le Pokémon acier s’exécuta, et se prit peu de dégât comparé à ce qu’aurait mangé Corayon. La Team des anges blancs perdit tout de même quelques points.

« On doit évincer le Métalosse…Et au plus vite. » songea Mentaline.

- Kawapink, immobilise Métalosse avec Bulle d’O !
- Ne soit pas si naïve Mentaline… Psyko !

Le Métalosse explosa les bulles par la pensée. Il n’avait par contre pas prévu l’Airmure qui fondait sur lui.

- DON NATUREL ! hurla Mey en lui lançant une Baie Stekpa.

Airmure s’enflamma. Pour de vrai. Un vrai missile enflammé fonçait à grande vitesse sur le Métalosse. Nozomi ne fut pas assez rapide, et Métalosse morfla très sérieusement. Les points de la lionne rousse chutèrent.

- Tch… Joli coup.
- Il est pas K.O. ?! s’étonna Mey.
- Vous plaisantez ! Mon niveau est bien au dessus du votre… Et je vais vous le prouver. Bomb Beurk !
- Pfff… Steel, contre moi ça.

Steel encaissa, et, bien évidemment, ne sentit rien du tout.

- ATTENTION, C’EST UNE DIVERSION ! hurla Mentaline.

Mais c’était trop tard, Métalosse avait lancé Gravité. Airmure fut plaqué au sol. Mentaline, profitant contrairement à Mey d’un cerveau extrêmement vif, eut le temps d’ordonner à Kawapink de lancer Bulle d’O au dessus d’Avaltout.

- Métalosse, SEISME !

La terre trembla, et le pauvre Airmure prit un sacré coup. Mais Avaltout également, ce qui visiblement n’était pas prévu par Nozomi. Kawapink quand à lui, se maintenait en l’air grâce à la pression de son attaque Bulle d’O, tout en maintenant Avaltout au sol. Nozomi sourit.

- Mentaline, je suis fière de toi… Une telle anticipation, c’était bien joué.
- Merci, mais une telle manœuvre était également très impressionnant…
- Bon, quand vous aurez fini de vous lécher les bottes mutuellement, on pourrait peut-être se battre nom ? sourit Mey, sarcastique.
- Avaltout, Bâillement !
- Mey, vite, lance Tranch’Air !
- Pourquoi ? s’étonna-t-elle.
- Ne discute pas !
- Ben Tranch’Air !

L’attaque fusa alors qu’Avaltout ouvrait la bouche. Le disque de vent bloqua cette dernière en position ouverte.

- Ah ! s’illumina Mey. J’ai compris ! Tu veux le finir à la Sacha !
- Voilà ! Kawa, Bulles d’O dans la bouche d’Avaltout !

L’Avaltout gonfla, gonfla… et finit par tomber KO. Nozomi était sur le cul. Mey et Menta firent tope là.

- On la finit ?
- Ouais !

(Musique d’ambiance)

- Pour faire pas original du tout…
- … PLUIE DE COMETES ! hurla Mentaline.

Les deux Pokémon s’envolèrent, et créèrent trois énormes comètes qu’ils lancèrent violemment sur Métalosse. Il y eut une énorme explosion. Mais Métalosse se releva, presque mort. Il ne restait presque plus de points des deux côtés.

- On le finit pour de bon ! Pluie de Comète une dernière fois !
- Vous rêvez… Je ne perdrai pas ! Ténacité, puis Psyko !

Le Métalosse résista tant bien que mal aux comètes et lança son choc psychique. Airmure tomba KO en plein vol, et s’effondra par terre dans un nuage de poussière.

- Et un de moins ! fit Nozomi.
- Steel… gémit Mey.
- KAWAPINK, BLIZZARD !

Métalosse se faisait laminer par la puissante attaque glace. Nozomi savait bein que son Pokémon allait tomber KO suite à cette attaque et c’est pourquoi elle lança…

- EXPLOSION !

Il y eut une énorme détonation. Kawapink fut projeté au fond de la salle, tandis que Metalosse restait là, fumant. Double KO.

Gros blanc.

- … C’est donc un double KO ! Nos trois vainqueurs sont donc Nozomi Devil, Mentaline Weiss et Mey Milkya ! Tout trois, finissant ex-aequo, obtiennent le Ruban de Sentiernelle !
- On a… gagné ? bredouilla Mentaline, encore sous le choc.
- Ben… Visiblement oui.
- Bravo les filles ! Vous êtes aussi fortes que moi ! sourit Nozomi.
- Quelque chose me dit que tu ne t’es pas battue à fond… insinua Mentaline.
- Bah, n’importe quoi ! On a tous gagné, c’est super !

C’est ainsi que Mey, Mentaline et Nozomi se virent remettre le Ruban Sentier, sous les applaudissements de tous les coordinateurs et de Silver en particulier. Mey et Mentaline se firent même un gros câlin sous le coup de l’émotion…

Et c’est ainsi que tout le monde dut à nouveau se séparer. Ils eurent énormément de mal à quitter Nozomi et Creepy-chan, leurs seules vraies amies du Pokémonde. Ces deux dernières leur filèrent leur numéro de téléphone, et firent un dernier gros câlin collectif. Nozomi les téléporta gentiment aux abords de Rosalia, la ville où se tiendrait le prochain concours, avant de les quitter avec la larme à l’œil.

Killian, sur le toit de la scène, claqua des doigts et disparut. Direction : le Bois aux Chênes, où il devait retrouver quelqu'un...

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MessageSujet: Chapitre 17 : Heart's maze   Mer 28 Déc 2011 - 14:32



- Et bien ? Quel est ton nom, chère adversaire ?
- Ka… Kanon, fit difficilement cette dernière.

La jeune femme était toujours plaquée contre le mur, en position assise. Une énorme pression se dégageant de Karon, sa Jumelle Spirituelle, la repoussait avec une force impressionnante. « Cette fille me repousse… Je dois donc m’éloigner d’elle. Je suis juste au dessus de la fenêtre… Si j’arrive à me lever alors… » pensa Kanon, en quête d’un plan qui pourrait la sortir de là. Elle tenta de se s’accroupir, et n’y parvint qu’au bout de longues minutes durant lesquelles Karon la regardait fixement, une lueur de mépris dans les yeux.

- Pitoyable… Moi qui m’attendais à une adversaire valable, me voilà déçue… Elle a autant d’énergie que mon arrière grand-mère constamment shootée à coup de morphine…

Kanon ne répondit pas. Elle était en plein effort physique. Elle était à demi-debout. Encore un effort, et elle était sauvée. Elle poussa un bon coup sur ses jambes. Tout se passa très vite. A la seconde où son corps eu la possibilité de s’éloigner de Karon, il le fit. Kanon s’envola par la fenêtre, brisée quelques minutes plus tôt. Elle fit un vol plané magistral, et atterrit sans dommages une dizaine de mètres plus bas. Là, elle se mit à courir. Très vite. Kanon n’était pas seulement une marathonienne, elle était aussi une sprinteuse hors paire. « Je dois trouver un endroit dégagé, et vite ! » songeait-elle, alors qu’elle fonçait, slalomant entre les arbres. Après quelques minutes, elle atteignit une clairière, loin des Flyers, mais toujours proche de l’hôpital. Comme elle s’y attendait, Karon l’y avait suivit. Elles se toisèrent, espacées d’une cinquantaine de mètres.

- Alors ? Qui était sous morphine déjà ? railla Kanon.
- Ma grand-mère, idiote. Maintenant que tu peux te battre, prépare-toi à souffrir, Kanon Simiophia !
- Quand tu veux… Spouf, à toi ! fit cette dernière en envoyant une Pokéball.
- Malosse… Persian, à toi !

Un majestueux félin jaune apparut. Il toisa Spouf, qui appartenait à la classe que détestait le Persian. Les chiens. Moment de haine entre les deux Pokémon.

- Puredpois, ordonna Kanon.
- Esquive Persian !

Spouf envoya un nuage de gaz empoisonné en direction du félin. Ce dernier tentait d’esquiver, mais le gaz l’entourait.

- Adios le minou ! FLAMMECHES ! hurla Kanon.
- Flammèches ? Tu penses que ça va avoir mon Persian ?! Sérieusement ?! se moqua Karon.
- T’as pas séché les cours de physiques par hasard ? Gaz plus feu égal… boum ! sourit Kanon.
- Gné ?

Les flammèches atteignirent le nuage de gaz. Comme l’avait prédit Kanon, il y eut une énorme boule de feu. Persian s’effondra, carbonisé. Karon était bouche bée.

- C’est ce qu’on appelle une défaite éclair… soupira Karon.
- Héhé !
- Mais vous êtes une meurtrière. J’ai donc le droit d’utiliser ça.

Karon sortit alors de sa tenue d’infirmière un revolver, et le pointa en direction de Kanon. Le cœur de cette dernière manqua un battement. Oui, Kanon avait peur. Oui Kanon était humaine et ne voulait pas mourir. Oui Kanon était sûrement dans un état second. Mais oui, Kanon sortit à son tour son arme, la Kalachnikov de Roku. Parce que oui, Kanon était prête à prendre une vie pour conserver la sienne. Voir même des dizaines de vies.




Bleuts ouvrit subitement les yeux. Elle était allongée sur le sol, avec pour coussin un amas de feuilles mortes. Autour d’elle des arbres, beaucoup d’arbres. Une forêt, sans doute. En tendant l’oreille, un bruit d’éclaboussures lui parvint. Une cascade. Elle attendit un peu, pour s’assurer qu’elle n’était pas en danger, puis se leva. Elle remarqua qu’elle avait été soignée, comme le prouvait le bandage à sa main ainsi que celui à l’épaule. A la seconde où elle se rappela qu’elle avait pris une balle, elle prit soudainement conscience d’une horrible douleur. Néanmoins, elle devait trouver comment elle était arrivée là. Elle se dirigea en direction de la cascade, guidée par son ouïe.

Elle finit par l’atteindre. Mais sous la cascade, se trouvait la dernière personne qu’elle souhaitait voir. Roku. Complètement nu. Il se tourna et aperçut Bleuts, rougissante de honte et de colère.

- Heeeeeeeeeeey ! Bleuts, ça va ? cria-t-il, sans se soucier de sa nudité.
- … Léviator.

Le serpent de mer monstrueux fit son apparition.

- Héhé… C’est le truc qui m’a écrabouillé le bras ?
- Hydroqueue.

L’immense queue du monstre fusa, mais Roku l’esquiva d’un rapide saut. Il attrapa ses fringues, suspendues à un arbre, et entreprit de les enfiler. Bleuts aurait pu s’appeler Reds à ce moment là. Quand il eu finit, il marcha en direction de la jeune fille blonde. Celle-ci recula vivement.

- NE M’APPROCHE PAS ! PSYCHOPATHE ! hurla-t-elle.
- Oh… J’ai vraiment basculé en fait ! ricana Roku.
- ARRETE DE RIRE !
- Inutile de gueuler, je suis à 2 mètres de toi… J’te veux pas de mal… Du moins pour le moment.
- …
- J’ai besoin de savoir qui est la personne qui m’a soigné, fit Roku en prenant un air sérieux.
- Je pense que c’est Kanon, une amie à moi, fit Bleuts.
- Une meurtrière ? Comme c’est mignon ! Faudra que je la remercie, un de ces quatre.
- Maintenant dégage. Tu es un ennemi, tu as voulu me tuer. Alors pars avant que je ne me mette vraiment en colère.
- Je suis mort de peur ! railla Roku. Il suffirait que je louche pour que tu te mettes à t’enfuir comme un agneau !

Bleuts ne répondit rien, pour la raison toute bête qu’il avait raison.

- Si je te laissais seule, tu te ferais chopper par les Flyers…Donc je vais rester avec toi ! sourit Roku.
- PAS QUESTION ! Je te rappelle que tu m’as tiré une balle et poignardé la main !
- Et moi tu m’as broyé tout le bras gauche. On est quittes nan ?
- Ce n’était que de la légitime défense ! s’insurgea Bleuts.
- Peu importe. Je reste avec toi.
- Très bien. Tant que tu restes gentil, je veux bien. Si tu prends ne serait-ce qu’une seconde ton air de psychopathe, je lâche Léviator.
- Ca roule ma poule !

Le poing fusa, et Roku se mangea un uppercut dans la mâchoire. Il fit un beau vol plané, et atterrit tout habillé dans la rivière. Il en sortit, trempé jusqu’aux os.

- C’est malin… J’vais devoir me changer… soupira Roku.
- Si tu le fais ici, je te tue.
- …




La première balle fusa. Kanon effectua une roulade de côté pour l’esquiver, avant de rappeler Spouf pour qu’il ne soit pas blessé. Kanon fixait son arme. « Tuer… Je dois la tuer… Il le faut. » Elle tira. Mais Karon, aussi agile que sa Jumelle, l’évita. En même temps, à une telle distance, difficile de faire mouche. Or, Kanon ne pouvait s’approcher. Ce qui n’était pas le cas de Karon, qui se mit à courir vers elle. Kanon fut obliger d’opter pour la fuite. Elle esquiva quelques tirs en se cachant en vitesse derrière les arbres ; mais bientôt, la forêt laissa de nouveau place à l’hôpital de Miriarbres.

Pandora Hearts, Melody 2

Quand elle aperçu les Flyers, Kanon n’hésita pas. Elle en visa un, et tira. Le Flyer, pris par surprise, fut touché, et il tomba par terre. La jeune fille était dans un état second. Son cerveau ne répondait plus. Une seule pensée lui venait en tête. Tuer pour survivre. Elle s’approcha d’un pas vif du cadavre, et s’empara de sa mitraillette, beaucoup plus utile dans cette situation. Elle la testa sur le Roucarnage du Flyer, qui s’effondra après une myriade de balles dans le crâne.

- Elle est là ! cria un Flyer.
- Tirez ! fit un autre.

Mais ce fut elle qui tira. Un à un, les Flyers tombèrent transpercés de part et d’autres. Kanon était haletante. Elle était couverte de sang, et ses yeux ne reflétaient que folie. Une folle au milieu d’un champ morbide. Elle était seule. Soudain, elle fut éjectée. Karon était de retour. Hébétée, elle regarda tous les Flyers, morts, gisant sur le sol désormais rouge.

- Qu’est-ce que tu as fait ?! Tu n’es qu’une TUEUSE ! cracha Karon.
- Tais-toi… Je n’ais pas le choix…
- Bien sûr que tu as le choix idiote ! Tu pouvais simplement t’enfuir !
- Et me faire tuer ?! JE SUIS UN ETRE VIVANT, JE NE VEUX PAS MOURIR ! hurla Kanon, démente.
- En tout cas tu le mériterais. Tu viens de tuer dix personnes qui ne t’ont strictement rien fait. Les Flyers ne faisaient que leur travail…Tu es prête à tuer tout le monde, pour vivre ?
- OUI ! JE SURVIVRAI… ET POUR SURVIVRE, IL FAUT TUER !
- … Tu t’es vue ? Au premier abord, j’ai pensé que tu me ressemblais… Mais je me suis trompée, soupira Karon.
- EXACT ! MEURS !

Il y eut un coup de feu. Karon tente de l’éviter, mais elle ne fut pas assez vive. La balle l’atteignit juste au dessus du cœur, et elle s’effondra dans un gémissement éteint. Kanon fut soudainement libérée de la pression. Elle fixa ses doigts rouges de sang, sa mitrailleuse, et les cadavres qui jonchaient l’herbe pourpre. Elle entendit les sirènes, au loin. On venait la chercher, elle n’allait pas tarder à aller en prison. Mais elle s’en fichait. Rien ne la menaçait, à présent. Sa Jumelle Spirituelle était morte, et les policiers ne la tueraient pas. Elle sourit, fière d’elle.

- Je suis vivante… Et je le resterai… Coûte que coûte… bredouilla-t-elle, avant de s’effondrer, à bout mentalement.

Elle se réveilla soudainement, dans le noir. Seule. Elle y resta pendant ce qui lui sembla être de très longues heures. C’est alors qu’un homme baigné de lumière apparut. Il était visiblement très vieux, et semblait fatigué. Il avait une longue barbe, des cheveux d’un blanc étincelant, des rides prononcés et des lèvres sèches. Plutôt grand, il dépassait Kanon de quelques centimètres. Quand il parla, on aurait dit l’écho d’une voix éteinte depuis des décennies.

- Kanon Simiophia. Enchanté de te rencontrer enfin.
- …
- Je suis William Worldest, mais appelle-moi Will.
- …
- C’est vrai, j’avais oublié… Ton cœur est tellement sombre en ce moment que tu saisis à peine ce que je dis…
- Tuer… murmura Kanon, les yeux révulsés.
- Hum… soupira le dénommé Will. C’est ennuyeux… et normal à la fois, vu que tu viens de gagner le droit de rester dans ce monde. Bon, je vais donc devoir te faire passer l’épreuve.
- Je vais vous tuer…
- C’est ça, c’est ça. L’épreuve consiste à trouver la bonne sortie du labyrinthe. Si tu y arrives, tu seras de nouveau toi-même et l’obscurité quittera ton cœur. Si tu prends la mauvaise… Tu devras te sortir seule de cette noirceur ou… ne pas en sortir du tout. Et voici ta Lueur, tu en auras besoin pour y voir.

Le vieux monsieur sortit une petite boule lumineuse de sa poche, et la jeta sur Kanon. La boule pénétra en elle, au niveau du cœur. Une petite lumière jaillit alors de la poitrine de Kanon, et elle sembla se réveiller un peu.

- Je dois trouver la bonne sortie… c’est ça ? fit-elle d’une voix éteinte.
- C’est ça. Bonne chance. Et n’oublie pas… pour nettoyer son cœur, il faut vaincre les démons qui l’habitent…

Et William Worldest s’évapora, laissant Kanon seule dans le noir. « Il a parlé de bonne sortie… Ca doit vouloir dire que je ne meurs pas… Je dois trouver la bonne sortie… »

Eclairée par la lumière qui émanait de sa poitrine, elle commença à avancer. Peu après, le chemin se sépara en deux. Elle prit à droite. Le labyrinthe semblait composé exclusivement de noir. Les murs étaient noirs, le sol était noir, l’air lui-même semblait noir. Elle marcha un peu, et soudain, sa mère tomba du plafond. Elle était brune, affreusement mince, et avait les yeux rouges. Tel un zombie, elle se leva, et se posta devant sa fille.

- Kanon… Tu n’es pas ma fille, fit la mère de la jeune fille.
- Maman…
- Je ne te reconnais pas…
- Maman, non… bredouilla Kanon.
- Ma fille n’aurait pas tué tous ces innocents. MEURS, INCONNUE !

Sa mère se jeta alors sur elle toutes griffes dehors. Kanon, figée, ne réagissait pas. « Je ne vais pas tuer ma mère… Mais… Elle veut me tuer… Pas question… » Le coup fusa, et la mère de Kanon fut projetée, avant de s’évaporer au contact du sol.

Kanon, sans se retourner, continua d’avancer. Sa tête était vide, mais il semblait qu’elle commençait à redevenir un petit peu humaine. Elle arriva à une autre intersection. Elle prit à gauche… et tomba sur son père. Il était dans le même état que la mère, complètement zombifié.

- Ma petite fille… Tu m’as manquée ! sourit son père avant de l’enlacer.
- Toi aussi… Papa… bredouilla Kanon avec une voix d’outre-tombe.
- Dans ce cas… pourquoi Kanon ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi nous avoir tué, toi et ta mère ?! s’emporta son père.
- Je ne vous ai pas tué…
- TU AS TUE DES INNOCENTS ! TU AURAIS PU TOUT AUSSI BIEN NOUS TU-

Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Kanon venait de l’assommer violemment. Elle se tint la tête. « Arrêtez… Arrêtez de me faire souffrir… J’ai une raison de tuer… Je ne veux pas mourir… Alors arrêtez… » Malgré tout, elle continua, prit à droite, puis au milieu. Comme elle s’y attendait, son ex petit ami s’y trouvait. Il était grand, musclé et roux, mais avait le même regard de sang que les autres.

- Kanon… Je t’aime. Je m’excuse pour tout… Epouse moi, fit solennellement le jeune homme, mettant un genou à terre et sortant une bague en diamants de sa poche.
- Caleb… gémit Kanon, trop heureuse de le revoir pour faire une phrase complexe.
- Nous aurons un autre enfant… Ne t’inquiète pas…
- Caleb, je t’aime ! bredouilla Kanon, avant de se jeter dans ses bras. Tu m’as manqué… fit-elle en se serrant contre lui.
- … C’est idiot. Je jouais la comédie, asséna Caleb avec un sourire sarcastique.

Le cœur noir de Kanon se brisa. Elle n’en pouvait plus, elle en avait marre de souffrir. Elle voulait une vie paisible, sans personne pour tenter de la tuer ou lui reprocher de tuer. Alors elle brisa le cou du roux d’un cou sec. Il s’évapora.

Kanon se remit en route. Mais elle savait ce qui l’attendait. Peu à peu, elle avait repris le contrôle de son esprit, et elle était triste maintenant. Parce qu’elle savait qui allait apparaître dans quelques instants. Et elle ne se trompait pas. Ce n’était pas ses parents qui sortaient du sol. Ni Caleb. Il s’agissait d’une sorte de bébé… pas encore achevé. Un embryon. Kanon ne put se retenir, elle se mit à pleurer. « Non… Pas lui… Pas Seth… NON ! »

Elle se mit à courir dans la direction inverse. Malheureusement, elle entendit quand même la chose.

- Ma… man ? fit celle-ci d’une voix hésitante et surtout, éteinte.

Kanon se boucha les oreilles et hurla. Elle s’effondra, et se mit à ramper pitoyablement pour s’éloigner de l’embryon. A bout de souffle, elle atteignît la dernière intersection. Elle se releva, et prit l’autre chemin. Elle marcha un moment, avant d’arriver devant une porte. Elle l’ouvrit, priant pour que ce soit la bonne sortie. La salle était aussi noire que le reste du labyrinthe. Will l’y attendait, luisant tel une luciole dans l’ombre.

- Et bien ma pauvre Kanon… Tu t’es bien battue, mais tu as échouée. Tes démons ont pris le dessus, et je n’y peux rien. En lot de consolation, garde la Lueur… fit-il avec un pauvre sourire. Bon courage pour sortir du néant… au revoir Kanon.
- … Au revoir.

Il y eut un flash, et Kanon ouvrit ses yeux, désormais d’un rouge écarlate.




- Nyaaaaah, vous êtes trop cool, Melosa-sama ! s’extasia Cat.
- Pfff… C’est juste la copie conforme de Godaime Hokage… marmonna Shuu.
- Fuck le mioche ! répondit Melosa. Mais vous pourriez m’expliquer ce que vous fichiez avec ce type ?! fit-elle avec un air réprobateur.
- Et bien… commença Cat. En fait on l’a rencontré par hasard et…
- T’fatigue pas, c’tait une farce, rien à battre de vos conneries.

Sous l’air hébété de Cat et Shuu, elle s’allongea dans l’herbe, et s’endormit aussitôt.

- … Impressionnant, même moi j’arrive pas à faire mieux…
- Et pourtant Dieu sait si tu t’endors n’importe quand, rajouta Cat.
- J’dois être un cousin éloigné de Vincent… fit Shuu, pensif.
- Sûrement ! ricana Cat
- Au fait, tu remarches ? s’étonna Shuu.

Cat était parfaitement debout, sans énormes efforts apparents. Elle se regarda, semblant ne pas s’en être rendu compte.

- Ah ben tiens… Oui ! fit-elle joyeusement. J’ai du me lever sous l’effet de l’adrénaline, pendant le combat contre San…
- Tant mieux, ça me fera ça de moins à porter, dit Shuu.
- … Tu te rends compte que ta remarque est purement égoïste ?
- Maintenant que tu le dis… oui.
- …
- …
- …
- …
- …
- … Y’a un blanc, là, nan ?
- Oui, je crois bien…
- Combat ? proposa Shuu.
- Nos Pokémon sont KO, je te signale.
- Ben on va les soigner !
- Comme si c’était aussi simple…soupira Cat.
- Chôji, Greens, en avant !
- Depuis quand Goinfrex a un surnom ?
- Ben depuis tout de suite… Je me disais qu’il serait sûrement jaloux parce que Greens en avait un…

Les deux Pokémon étaient évidemment KO. Shuu les allongea sur le sol. Il colla son oreille sur le ventre de Chôji, le Goinfrex, pour écouter son pouls. Il attendit. Attendit. Et attendit. Avant d’hurler.

- PUTAIN ARRETES DE RONFLER J’ENTENDS RIEEEEEEEEEN !

La dénommée Melosa se réveilla en sursaut. Quand elle vit qui l’avait réveillé, son visage se teinta en rouge sous l’énervement. Elle ferma les yeux, bouillonnante.

- Personne… Non personne… N’est autorisé à réveiller Melosa Grey… Sans mourir dans d’atroces souffrances.
- Comment qu’elle se la joue en parlant d’elle à la troisième personne ! railla Shuu, avant de le regretter.

Melosa entoura le tronc de l’arbre contre lequel elle était assoupie quelques minutes auparavant. Elle tira… et l’arracha de terre, avant de le pointer sur le visage désormais blanc d’un Shuu apeuré. Elle le leva et tenta de l’abattre sur la tête du brun. C’était sans compter sur un jeune homme aux cheveux noir, qui s’interposa et arrêta le tronc d’arbre avec son doigt. Melosa s’étonna, tandis que Shuu remerciait Arceus.

- Killian ? Qu’est-ce que tu fous là ? fit la jeune femme.
- Oh, je passais juste te dire bonjour, répondit-il. Et j’en ai profité pour éviter que ce pauvre garçon ne meure prématurément.
- Toujours cet exécrable esprit chevaleresque, à c’que je vois… soupira Melosa.
- T’es qui ? demanda Shuu à Killian.
- Je l’ai dit, c’est Killian !  Killian Heart ! le présenta Melosa.
- …
- …
- Ca vous dit rien ?! s’étonna franchement Melosa. Killian Heart, un des Echos les plus célèbres de Jotho !
- Echo ? fit Cat, intriguée.
- Mais vous venez de quelle planète ?! ricana Killian.
- Arrête de te croire célèbre morveux. Celle qui est célèbre ici, c’est moi, moi et seulement moi ! s’emporta Melosa.
- Ecoutez-la cette pimbêche ! ricana le jeune homme.
- Bon, on ne voudrait pas s’interposer dans votre petite conversation entre amoureux, mais on aimerait bien avoir des explications sur vous deux  là…

Les deux rougirent, avant de tourner la tête. C’est le séduisant Killian qui se chargea des explications.

- Ben Melosa l’a dit, je m’appelle Killian et je suis un Echo.
- C’quoi un Echo ? demanda Shuu.
- C’est une classe de dresseur, comme les coordinateurs, les éleveurs ou encore les chercheurs. Sauf qu’un Echo utilise lui-même les pouvoirs de son Pokémon, expliqua-t-il.
- J’comprends pas, fit Cat.

Il sortit une Pokéball, d’où s’échappa un Arcanin. Ce dernier se posta derrière Killian et ferma les yeux. Le jeune homme les ferma à son tour. Il y eut une minute de silence total. Puis, soudainement, il ouvrit les yeux et tendit sa main devant lui, d’où s’échappa une énorme boule de feu qui carbonisa tous les arbres sur son passage.

- Vous comprenez ?

Shuu et Cat, hébétés, firent oui de la tête. « Putain, on est en présence de deux forces de la nature… Vaut mieux pas les mettre en colère ceux-là… » songea Cat.

- Au fait, vous vous appelez comment ? questionna Killian.
- Tiens c’est vrai, j’ai pas pensé à leur demander… s’étonna Melosa.

Le gamin et la neko se regardèrent. Ils étaient graves dans la merde. Si ces deux là décidaient de les capturer, ils ne pourraient rien faire… Mais mentir semblait inutile. En effet, ils leur semblaient que Killian avait un regard tellement perçant, avec ses deux yeux dorés, qu’il était capable de les passer aux rayons X.

- Je suis Shuu Jaggerjack, et elle c’est Cat Pandora, bredouilla-t-il.
- Les meurtriers ? s’étonna Melosa. On dirait pas pourtant…
- Pas faux… fit Killian.
- T’es pas sensé les choper, en tant qu’Echo ?
- Je n'ai pas reçu d'ordre direct. Mon rang me permet de faire un peu ce que je veux. Et puis c’est juste deux gosses…
- Oui, on n’est pas dangereux ! approuva Cat.
- Je propose qu’on les escorte jusqu’à Doublonville, fit Killian.
- Encore un truc chiant… soupira Melosa.
- Ben comme ça, s’ils tentent quelque chose, on les carbonise. Si ils sont sympas, on les laisse tranquille une fois à Doublonville.
- Ca marche. Vous serez sage ? demanda Melosa.
- Evidemment ! sourit Cat.
- On n’a pas 3 ans ! s’emporta Shuu.
- Bizarre, moi j’ai l’impression de faire du baby-sitting…
- Je vais la tuer… marmonna Shuu.
- Fais gaffe à ce que tu dis, ou je te réduis en cendres, sourit Killian.

Shuu ne répondit pas, trop absorbé par le sourire colgate de Killian. Cat le réveilla d’un coup de coude. Et la petite équipe récemment formée se remit en route, après que le jumeau de Gold ait soigné les Pokémon de nos deux héros grâce à son Leuphorie.




Une jeune fille pénétra dans le centre Pokémon de Doublonville. Elle coiffa quelque peu ses longs cheveux noirs, et s’approcha du bureau. Personne. Elle regarda autour d’elle, mais aucune infirmière ni aucun dresseur à l’horizon. Elle ressortit et héla un passant.

- Excusez moi !
- Oui ? fit un jeune homme avec une casquette et des cheveux noirs.
- Ce centre Pokémon est viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih !

Elle venait de se ramasser en essayant de se rapprocher du garçon. Celui-ci la rattrapa de justesse. Bizarrement, aucun des deux ne rougit. La jeune fille le remercia, et remit ses lunettes rectangulaires d’aplomb.

- Désoléééée ! s’excusa-t-elle avec un pauvre sourire.
- Pas grave. Tu disais ?
- Je disais qu’il n’y avait personne dans le centre Pokémon. Tu sais pourquoi ?
- Ben c’est fermé le dimanche non ?
- Aaaaaaaaaah ! C’est pour ça que la porte ne s’ouvrait pas et que j’ai du la défoncer ! fit la fille avant d’éclater de rire.
- … Oui sûrement, oui… fit le jeune homme, étonné.
- Je m’appelle Justine, enchantée ! sourit-elle.
- Moi c’est Gold.
- Ooooooh ! Tu ne serais pas le frère de l’Echo super connu ? questionna Justine.
- … Si, mais j’ai aussi tout les badges de Johto… tenta de se valoriser Gold.
- M’en fou, j’ai tout ceux d’Unys et de Sinnoh…
- …
- Mais c’est bien aussi ! ajouta précipitamment Justine, en voyant la mine déconfite de Gold.
- Mouais…
- Au fait, est-ce que tu aurais déjà croisé une certaine Melosa Grey ? questionna la jeune fille.
- La championne de la ligue d’Unys ? Non pourquoi ?
- Non pour rien…
- Bon je te laisse, je dois aller m’entraîner, fit Gold.
- Attend, on vient de se rencontrer !
- J’ai autre chose à faire…
- File moi au moins ton numéro ! plaida Justine.
- Tiens…

Il lui tendit un bout de papier, dont s’empara Justine. Elle lui fila le sien, et il partit. La jeune fille aux cheveux noirs s’assit sur un banc, fixant le numéro, toute contente.

- Yeah… C’est donc mon 26ème numéro de gay… Ma collection commence à s’agrandir ! sourit-elle.

Elle aperçut un petit Poichigeon, et sortit un sac de miettes de sa poche. Elle lui en lança quelques unes, puis alla s’acheter une glace pistache/framboise. Le temps était magnifique, et il faisait une douce chaleur. Justine sourit.

- Melosa a du goût quand même… C’est génial Johto ! Mais il faut absolument que je trouve une télé…

Justine chercha longtemps un plan de la ville, histoire de voir si il y avait un endroit où elle pourrait trouver une télé. La tour Radio lui parut une bonne option. Malheureusement, Justine faisait partie de cette rare classe de gens qui sont incapables de faire quelque chose correctement ; il lui fallut donc une bonne heure pour trouver la tour Radio, alors que celle-ci se trouvait en fait dans une rue adjacente à son point de départ. Elle entra, et trouva enfin la télé qu’elle cherchait. Il n’y avait personne dans le hall, elle prit donc la liberté de changer de chaîne. Elle zappa jusqu’à JohtInfo, la chaîne d’information qui tournait vingt-quatre heures sur vingt-quatre. C’était une femme qui faisait le journal.

« … concernant le conflit entre l’Union Pokémon et Hoen, M. Wataru a de nouveau tenté un traité. Malheureusement, et l’on s’y attendait un peu, M. Marc, Maître d’Hoenn actuel, ne semble pas être prêt à revenir sur sa décision. La circulation entre Hoenn et l’UP est donc toujours coupée.

Maintenant, passons au flash info. Il semblerait que les Chapeliers aient de nouveau frappés. Aux dernières nouvelles, ils avaient étés séparés. Ces rumeurs se sont confirmées avec un nouveau carnage. Cette fois, il s’agit de Kanon Simiophia, qui a vraisemblablement agit seule. Armée d’une mitrailleuse, aux abords de l’hôpital de Miriarbres, elle commit une véritable tuerie en masse. Le bilan s’élève actuellement à 12 Flyers morts, 3 blessés, sans oublier une jeune infirmière, âgée de 23 ans, tuée sur son lieu de travail. Les témoignages disent qu’à la base, Kanon Simiophia était venu pour soigner deux de ses compagnons, gravement blessés suite à une attaque de source inconnue. Nous avons pu identifier Bleuts Prussalia, membre des Chapeliers. Mais un jeune garçon l’accompagnait, et il n’est toujours pas identifié.

Mauvaise nouvelle, Kanon Simiophia, après avoir commis son crime, devant cinq ou six Flyers, s’est brutalement volatilisée. Les experts pensent à une attaque Teleport, mais les recherches se poursuivent pour confirmer cette théorie.

Rappelons que ce groupe mystérieux, composé de sept criminels âgés de 12 à 19 ans, avait déjà sévi à Mauville, où les Chapeliers tuèrent violemment le champion d’arène local, Albert. Après cet incident, la plupart des gens commencèrent à les appeler les « Chapeliers », en référence à leur folie apparente. Ils avaient déjà récidivé deux jours auparavant, en causant de gros dégâts à la Scène de Sentiernelle et en prenant en otage une Agent Jenny au même endroit. Mais cette fois-ci, il s’agissait seulement de Mentaline Weiss, Mey Milkya et Silver Soul, plus connue sous le nom de « Fillette aux yeux d’argents et à la force d’acier ».

Bref, les Chapeliers inquiètent beaucoup l’Union Pokémon, qui a déployé beaucoup de forces armées pour leur capture, dont le célèbre Killian Heart, l’Echo à la renommée quasi-mondiale.

Et pour finir, Mlle Blanche, championne de Doublonville a de nouveau été couronnée Miss Pétasse, un concours amateur très renommé au- »

Justine venait d’éteindre. Elle souffla.

- Rien sur Melosa… Et ces putains de chapeliers qui me foutent les chocotes… Le monde va mal, acheva-t-elle.

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MessageSujet: Chapitre 18 : D'un rouge bleuté improbable   Mer 28 Déc 2011 - 14:41



Kanon regarda autour d’elle. Petite maison, d’apparence chaleureuse. Une minuscule cuisine, un salon matelassé, un bureau de travail… Elle se rendit compte qu’elle était allongée sur un lit. Moelleux. Désagréable. Elle se mit en position assise en une fraction de seconde, avant d’entendre une voix masculine jaillir de la cuisine.

- Ah, t’es réveillée ? Tu veux manger quelque chose ?

Kanon ne répondit pas. Un jeune homme, peut-être 17 ans, blond, se tenait devant elle. Il avait un petit sourire aux lèvres, et semblait plutôt gentil. « Ecoeurant… » songea Kanon. Le jeune homme s’approcha, et s’assis sur une chaise à côté du lit.

- Je m’appelle Kentin. Et toi, c’est quoi ton nom ?
- …
- Tu es muette ? T’as pas genre un papier ou un iPod G-je-ne-sais-combien pour écrire ? s’étonna-t-il.
- … Je sais parler.
- Grande nouvelle, demain il pleut des Pochama Majorettes ! ricana Kentin.

Mais Kanon n’avait pas le cœur à rire. Pour ça, il aurait encore fallut qu’elle en ait un, de cœur. Elle serra les dents, remontée.

- Ouuuuuh, t’en fait une de ces tête ! se moqua Kentin.
- Tu sais qui je suis ?
- T’as pas voulu me dire ton nom, je te rappelle… soupira le blond.
- Je vais te le dire. Je suis Kanon Simiophia. La criminelle, qui a tué plusieurs Flyers.

Kentin mit un petit moment à percuter. Quand ce fut enfin le cas, il fit un bond en arrière. Il se mit dans une position à la Saint Seiya, soit le truc bien ridicule qui ne sert qu’à faire joli. Power Rangers quoi. Il hurla comme un karatéka, et sortit une Pokéball. Il la lança, et elle libéra un Tiplouf… en tenue de majorette.

- Moi, Kentin, va t’arrêter aujourd’hui et maintenant ! Pochama Majorette, le V de la victoire !

Le Tiplouf enchaîna une succession de mouvements avec ses pompons, avant de terminer sur un V avec ses deux nageoires. Un Siphon en jaillit, et il fonça droit sur Kanon. Celle-ci n’eut même pas besoin de bouger. Le Siphon fut repoussé par une force invisible, une sorte de champ magnétique qui émanait de Kanon. Kentin pâlit.

- Je n’ai pas envie de perdre mon temps avec un minable comme toi. J’ai des choses bien plus importantes à faire… Régner sur les humains, par exemple…
- C’est que… fit Kentin, effrayé par l’aura qui émanait de la jeune femme.
- DEGAGE ! hurla-t-elle.

La maison implosa, littéralement. Tout ce qui était autour de Kanon fut soufflé par une puissance dévastatrice. Les objets d’abord, puis les meubles, et enfin les murs qui s’envolèrent, repoussés par la jeune femme brune. Elle avait d’ailleurs ses longs cheveux noirs qui flottaient autour d’elle, et ses yeux étaient plus rouges que jamais. Kentin avait atterri à cent mètres de là, et il était incapable de faire quoi que ce soit, évanoui. Kanon se rendit compte que la maison était perdue au milieu de la forêt. Elle avança donc en direction de ce qui lui semblait être une ville. Les arbres se déracinaient et s’envolaient devant la force qui émanait de Kanon. Elle ne s’était jamais sentie aussi bien. Elle se sentait infiniment puissante, intouchable. Et son corps était guidé par une seule et unique pensée.

« Détruire. »




- Bleuts…
- Quoi ?
- T’as un beau cul…
- Va crever en enfer, fais toi bouffer par des asticots, avale la terre par les narines… commença calmement Bleuts, habituée.

Ils marchaient. Bleuts devant, Roku derrière.

- Dit Roku…
- Oui poupée ? répondit le jeune homme.
- Pourquoi tu voulais mon ADN ? Et comment es-tu passé du monde Réel au Pokémonde ? Et qui t’a demandé de nous tuer ?
- Wow, doucement avec tes questions…
- J’ai des questions, je veux des réponses !
- Un bisou, une réponse ! fit malicieusement Roku, en tendant sa joue.

Bleuts sortit Léviator qui vint se mettre juste au dessus du pauvre Roku.

- Une question sans réponse, un coup de mâchoire ! sourit sadiquement Bleuts.
- … Très bien, je répondrai.
- Qui t’envoie ?
- Je ne connais pas son nom. Mais tout le monde l’appelle M-M.
- M-M… Fille ou garçon ?
- Une femme, très probablement…
- Ca me parait étrange… songea Bleuts à voix haute. C’est peut-être un modulateur de voix… Tu viens bien du Monde Réel ?
- Oui.
- Comment passes-tu du Monde Réel au PokéMonde ?
- Baguette magique.
- Très drôle. Répond correctement ou je lâche Léviator.
- C’est juste que tu pense à plein de détails importants, alors que d’habitude tu es plutôt étourdie…
- Il m’arrive trois fois par an de mettre mon cerveau en action. Bref, répond à ma question.
- Je ne sais pas exactement comment ça se passe. On nous injecte une substance dans le corps, ensuite on s’endort, et on se réveille dans le PokéMonde.
- « On ». Vous êtes plusieurs ? fit froidement Bleuts.
- Oui, mais je ne les connais pas bien.
- Jû et Kyû par exemple ? Ou encore Hachi si j’ai bonne mémoire… fit Bleuts.
- Exact.
- D’autres noms ?
- Ben… En fait c’est tous les nombres japonais de 1 à 10.
- Je m’en doutais. L’ordre a une importance ?
- Ben plus le nombre est petit, plus le type est fort.
- Et pour l’ADN ?
- J’en sais strictement rien. On nous l’a juste ordonné.
- Je vois. C’est bon Léviator, reviens.

Il y eut un rayon rouge et le serpent de mer s’évapora, au grand soulagement de Roku. Bleuts eut un petit sourire, satisfaite d’avoir obtenu facilement de si précieuses informations. « Quand Kanon saura ça… » songea-t-elle, fière comme un paon.

- Bon maintenant, on cherche Kanon, fit Bleuts.
- Par où ? demanda Roku, narquois.
- … Ben je sais pas…
- Et tu connais personne qui pourrait te renseigner ?
- Ben Shuu, Cat, Menta, Mey et le travelo n’auront certainement aucune idée de son emplacement… Ah ! Je sais qui je vais appeler !
- Qui ?
- Une fille dont j’ai oublié le nom, super sympa et tout !

Elle ordonna les informations à sa MeeticMontre, le mode d’emploi épais comme un dictionnaire sous les yeux. Elle réussi à joindre celle qu’elle voulait appeler.

- Allo ? fit une voix émanant de l’appareil.
- Bonjour Mista, c’est Bleuts !

Il s’agissait de Mista, qui n’avait pas changée d’un pouce. Toujours aussi souriante et excitée.

- Bleuts ! Qu’est-ce qui t’amène à m’appeler ? s’étonna Mista.
- C’est une longue histoire en fait… Disons qu’on nous considère comme des hors la loi, et qu’on a du se séparer.
- Oh mon Dieu ! fit Mista, scandalisée.
- J’ai été mise en groupe avec Kanon, mais elle a disparut… Est-ce que vous pourriez tenter de la localiser ?
- Impossible, les émetteurs ne peuvent signaler la position précise d’un porteur de MeeticMontre. Néanmoins, je peux vérifier l’état de santé de Ka- OH MON DIEU !
- Qu’est-ce qu’il y a ? Elle est morte ? s’affola Bleuts, qui tenait un minimum à Kanon.
- Non… Mais elle a sombrée…
- Comment ça ?
- Elle a tuée sa Jumelle Spirituelle. Le choc mental a du la faire devenir parano, et en ce moment même, elle doit être en train de détruire tout ce qu’elle peut.
- Mais comment c’est possible ? s’étonna Bleuts, qui n’arrivait pas à suivre, dépassée par les évènements.
- Elle a récupéré sa Lueur, son don si tu préfères. Et elle va s’en servir à des fins maléfiques.
- Et merde… Et comment je peux la rejoindre ?
- Avec « Back », fit Mista, sûre d’elle.
- C’est quoi « Back » ?
- Une fonction de la MeeticMontre. Elle permet de rejoindre la personne citée via une téléportation. Néanmoins l’autonomie de la MeeticMontre ne permet d’en n’utiliser qu’un…
- Mais la situation est grave…
- Exact, vas-y et bonne chance Bleuts !
- OK !

Bien que confiante en apparence, Bleuts avait peur. Parce qu’il se pouvait très bien que Kanon soit devenue folle, et à ce moment là, elle ne pourrait pas réagir. « Bon à la limite, je peux demander à Roku de m’aider un peu… » songea-t-elle. Ce dernier vint la voir.

- Alors, elle a dit quoi ?
- Que Bleuts était en mode Destroyer et qu’on devait se téléporter vers elle.
- OK. Et comment on fait ?
- … Ca me dégoûte rien que d’y penser… Attrape ma main, ordonna Bleuts, froide comme un iceberg.

Roku s’exécuta, très content. Bleuts se faisait violence pour ne pas lui broyer tous les os de la main.

- Unlock, Back ! fit Bleuts d’une voix claire.

Elle et Roku furent entourées d’une lumière aveuglante. La seconde d’après, ils avaient disparus.




- OH MON DIEU IL ME LE FAUUUUUUUUUUUUT ! hurla Mey avec son cri de fangirl.

Mey, Silver et Mentaline étaient dans la forêt d’érables qui bordait la ville chargée d’histoire qu’était Rosalia. Et Mey venait d’apercevoir un Ponyta… shiney. Son pelage avait une couleur normale, mais ses flammes étaient d’un bleu éclatant.

- OH J’AI TROP DE CUL C’EST TROP GENIAAAAAAAAAAAAAAAL !
- EH ! Moi aussi je le veux ! s’indigna Mentaline.
- Crève, j’l’ai vu la première, il est à moi ! fit Mey. Steel, fit-elle en l’envoyant, TSUNAMI TRANCHANT !

Steel se mit à tournoyer à grande vitesse autour du pauvre Ponyta qui broutait tranquillement. Quand il eut atteint sa vitesse maximale, les Tranch’Airs commencèrent à fuser, et le Ponyta s’effondra au bout de quelques secondes, terrassé par la puissance du Pokémon Acier.

- POKEEEEEEEEEEEEEEEBAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAALL ! cria Mey, complètement déchaînée, en balançant la boule rouge.


La balle gigota quelques secondes… avant de se rouvrir. Mey était dépitée, tandis que Mentaline était morte de rire. Le Ponyta ne pouvait néanmoins plus faire un seul pas, trop affaibli. Silver soupira.

- Mey…
- Oui Silvou ?
- Tu sais ce que c’est que la particularité des Shiny ?
- Ben ils sont plus forts, non ?
- Pas seulement, fit Silver. En réalité, ils sont également les seuls à pouvoir se régénérer d’eux-mêmes, et ce sans attaque de soin.
- Quel rapport avec maintenant ? s’étonna Mey.
- Et bien si tu te bouges pas le cul pour l’attraper, il va…

Mais trop tard. Le Ponyta se mit à briller, et il se releva, comme neuf. Il tira la langue à Mey, et partit au triple galop. Mey avait des flammes dans les yeux.

- TU NE M'ÉCHAPPERAS PAS !

Elle grimpa sur son Airmure, et partit comme une fusée, slalomant entre les arbres couleur ocre. Silver et Mentaline la perdirent vite de vue, et soupirèrent.

- Bon ben y’a plus qu’à l’attendre… fit Mentaline, exaspérée.
- Moui… lui répondit Silver.

Soudain, ils entendirent un bruissement de feuilles. Ils se retournèrent… et tombèrent sur deux jeunes filles qui s’embrassaient tendrement. L’une avait des cheveux bleu marine coiffés en deux couettes qui remontaient vers le haut, et des yeux de la même couleur. Elle était vêtue d’un T-Shirt rouge surmonté d’une veste blanche ouverte, ainsi que d’un minishort jaune.

Quant à l’autre, elle était toute de rouge vêtue, à l’exception d’un bandana vert qui trônait sur son front. Ses cheveux châtains étaient coiffés en un carré parfait, et ses yeux étaient aussi verts qu’une émeraude.

Silver les regarda, incrédule.

- Crystal ? Flora ? Qu’est-ce que vous faites ici ?



- Killiaaaaaaan ?
- Oui Shuu ?
- J’ai faim… gémit ce dernier.
- Ca fait trois fois qu’on s’arrête dans la journée, et il n’est que 10 heures du matin ! s’indigna Killian, exaspéré.
- Mon Dieu c’qu’il est chiant ce gosse, tu m’étonne qu’il soit considéré comme un criminel… soupira Melosa, qui n’en pouvait plus. Il tue les gens en les saoulant avec la bouffe !
- S’il vous plaiiiiiiit… Je vais mourir d’hypoglycémie… gémit Shuu.
- C’est ça, crève… cracha Melosa.
- Arrêtez le pauvre ! ricana Cat, apitoyée.
- C’est bon on fait une pause… céda Killian.
- Merci ! fit Shuu avec des étoiles dans les yeux.

Ils s’assirent tous dans les feuilles mortes du Bois aux Chênes, qui semblait interminable. Cela faisait plus d'une dizaine de jours que Cat et Shuu marchaient, et Killian et Melosa ne les avaient rejoins que la veille. Shuu dégaina une tablette de chocolat Milka, et l’avala d’un coup d’un seul. Il allait s’en engouffrer une deuxième, quand, pour la première fois dans sa courte vie de riche, il pensa un peu aux autres. Il coupa alors sa tablette en 3, et en donna un bout à chacun de ses compagnons d’infortunes.

- Shuu qui distribue du Milka ? s’étonna Cat. Profitez-en, c’est aussi rare que fêter Noël en débardeur !
- Je vais pas me le faire dire deux fois, fit Melosa en engouffrant sa part.
- Personnellement, je suis pas super fan du Milka… Cat, tu veux ma part ?
- Killian épouse-moi ! fit cette dernière, des étoiles dans les yeux.
- Aucune chance ! ricana Melosa.
- Pourquoi ? s’étonna Cat.
- Parce que Killian aime les femmes autant que tu aimes bouffer du savon ! fit Melosa avec un clin d’œil complice.

Gros blanc.

- Attendez y’a pas un truc qui merde là ?! s’indigna Cat. Y’a que des gays dans cette fic ! Et nous les femmes, HEIN ?! On est méprisées ?!

(ndla : *l’auteur compte sur ses doigts* Ah oui quand même, trois gays purs et deux bis sur l’ensemble de l’histoire… Ca fait beaucoup… *note à soi-même : rajouter des hétéros*)

- Désolé ! s’excusa Killian avec un pauvre sourire.
- J’crois que je c’est ma faute, je suis un aimant à cas spéciaux… soupira Shuu.
- C’est pas juste ! chiala Cat.
- Haha ! T’inquiète pas Cat, si tu veux des mecs, j’ai le numéro d’un bon millier de gars sexys… J’peux te les filer… proposa Melosa, presque blasée.
- Melosa épouse moi ! s’écria Cat, toute contente.
- Et après, on se plaint de l’homosexualité omniprésente… soupira Shuu.
- Roh ça va !
- Bon on y va ? lança Killian. Shuu a bouffé, ma vie privée a été complètement dévoilée, Cat a piqué sa crise… Vous avez autre chose à faire avant de repartir ?
- Voui ! fit Melosa en sortant une bouteille dont le contenu laissait penser à de la bière blonde.
- Mais t’es mineure ! s’indigna Shuu.
- Et maître d’une ligue… Ce qui fait de moi une personne responsable et adulte ! se vanta-t-elle.
- …
- …
- …
- Oui bon ça va, hein ! s’écria Melosa, vexée. En plus c’est du jus de pomme, pas de la bière…
- Je me disais aussi, pas d’bulles…

Ils se remirent en route. Ils faillirent se faire repérer par un jeune couple (ndla : Et un hétéro de casé, un !), mais se cachèrent juste à temps. Les dons psychiques de Killian et de son Seleroc nommé Moon étaient d’ailleurs très utiles quand il s’agissait de localiser les éventuels gêneurs. Ils marchèrent une petite heure, avant que Shuu ne rompe le silence.

- J’vais aux toilettes ! signala-t-il avec un grand sourire.
- Y’a pas de chiottes dans les bois… soupira Melosa.
- Te moques pas, parce que pour se soulager en pleine nature, les mecs éclatent les femmes !
- …
- Quelle fille ne s’est jamais cachée entre deux portières d’une bagnole ? ironisa Shuu avec un air vengeur.
- …
- Bref, j’y vais ! lança-t-il à une Melosa verte de rage.

Il s’éloigna dans les sous-bois.

- Bon ben il faut l’attendre…
- S’il a la chiasse, je me tue, fit Melosa.

Ils entendirent soudain un hurlement. Et il s’agissait de la voix de Shuu.




« Je l’aurai… Je le chopperai ce Ponyta bleu… » pensa Mey, fendant l’air sur son Airmure. Le Ponyta avait une vitesse tout bonnement impressionnante. Il tenait sans problème les 250 kilomètres heures. « C’est sûrement parce que c’est un shiney… Raison de plus pour l’avoir ! »

- Steel, met les gaz !
- Aiiirmure !

Ils passèrent la barre des trois cents, et étaient tout proches du Pokémon bleuté.

- Airmure ! Tranch’Air, et vise les pieds !

Les disques de vents partirent en direction du poney, qui s’effondra lamentablement en trébuchant sur l’un des Tranch’Air.

- Yatta ! Furie à pleine vitesse !

L’oiseau d’acier empala littéralement le Ponyta avec sa corne au sommet du crâne. Le petit cheval gémit de douleur, avant d’être projeté au loin.

- Ne le laisse surtout pas se reposer, Furie à nouveau !

Mais le Ponyta n’avait pas l’intention de se laisser faire. Il s’entoura d’une tornade de flammes bleues et fonça en direction du Pokémon Acier.

- Merde, Nitrocharge ! fit Mey. Esquive, vite !

Trop tard. Airmure fut violemment repoussé, très affaibli pas l’attaque Feu. Mey quant à elle, fut éjectée du dos de son Pokémon, et fit un roulé-boulé au sol avant de s’arrêter. Elle se releva difficilement.

- Quelle puissance…Airmure, attaque…

Elle n’eut pas le temps de terminer, le Ponyta venait de frapper Airmure avec Vive-Attaque.

- Inutile, Airmure est de type Acier ! fanfaronna Mey.

Néanmoins, elle faisait une lourde erreur. Parce que Ponyta était désormais tout près du Pokémon de Mey. Et une Flammèches à bout portant ça fait mal, très mal. Airmure morfla.

- Steel ! gémit Mey. Relève toi, je t’en prie !

Avec de grands efforts, il se remit sur pied.

- Météores !

L’oiseau envoya de multiples petites étoiles qui atteignirent le Ponyta.

- Pas de temps mort ! Continue avec Tranch’Air et finis le avec Furie !

Suite à ce combo dévastateur, le Ponyta, bien que coriace, ne se releva pas. Mey lança une Pokéball, qui finit par s’immobiliser.

- Yeaaaaaaaaaaah ! J’ai attrapé un Ponyta shiney, j’ai trop de veine !

Elle le sortit de sa Pokéball, et le poney se remit à brouter tranquillement, comme s’il ne s’était jamais fait capturer. Mey jeta un coup d’œil à l’entrejambe du cheval.

- C’est donc un mec… Bon ben, flammes bleues, force démoniaque… Tu vas évidemment t’appeler Rin !

Elle le serra dans ses bras, comme si ça n’était qu’une peluche.

- Breeeeef. Comment je rentre maintenant ?

Elle regarda à 360 degrés, mais elle ne voyait que des arbres ocres, pas de Mentaline ni de Silver en vue.

- Bon ben mon cher Rin, j’ai la grande joie de t’annoncer que nous sommes perdus ! sourit Mey.
- Ponyyyyta… (Traduction : Oh putain, je sens que je vais m’amuser…)




- Oh mais c’est mon Silvou ! s’écria Crystal, se détachant de Flora. Comment ça va depuis le temps ?
- Très bien… Ch’uis devenu hors-la-loi, tout le monde ma haït… C’est la grande éclate ! sourit-il.
- Waaaaaah, t’as trop de la chance Silver ! s’extasia Crystal.
- Je vois que t’as trouvé l’amuuuuur… fit Silver en jetant un regard à Flora, gênée.
- Ah oui ! Silver je te présente Flora, ma petite amie… présenta Crystal.
- On se connaît déjà, on s’est croisé par hasard dans un centre Pokémon…
- Eh ! C’est qui celle là ? fit Crystal en désignant Mentaline, rougissante. Tu trompes Gold maintenant ?!
- Mais non, c’est Mentaline Weiss, elle est tueuse elle aussi !
- Ah ben oui, suis-je bête ! ricana Crystal en jetant sa tête en arrière.

Flora, quant à elle, avait l’air beaucoup moins décontractée que sa compagne. En effet, elle semblait plutôt effrayée par Silver et Mentaline, qui étaient quand même des tueurs. Crystal et Silver s’assirent, bavardant sans cesse, trop heureux de se retrouver. Mentaline et Flora étaient pas contre en retrait, la première parce qu’elle ne connaissait personne, la deuxième parce qu’elle était morte de frousse.

- Et donc tu te travestis plus ? demanda Crystal, étonnée.
- Ben si, mais là, j’ai pas réussi à trouver des vêtements féminins… fit Silver.
- Ah oui, c’est embêtant ! ricana Crystal, trouvant ça très drôle alors que ça ne l’était pas.
- Sinon t’es devenue quoi depuis tout ce temps ? questionna Silver.
- Figure toi que je suis enfin Top Coordinatrice ! fit Crystal avec un grand sourire triomphale.
- Ouah ! Bravo !
- Ouais… Et ensuite j’ai rencontré Flora qui voulait se tenter aux rubans de Jotho qui se gagnaient en double…
- … et du coup vous avez formé une Team, termina Silver, content pour elle.
- Plus qu’une Team, un couple ! fit Crystal avec un clin d’œil. Sinon, toi et Gold, c’est toujours d’actualité ?
- Mouais… On s’est pas parler depuis un bon moment, alors je sais pas trop, répondit Silver, penaud.
- Il veut toujours pas s’assumer ?! s’étonna Crystal.
- C’est pas si facile que ça ! signala Flora en entrant dans la conversation.
- Elle a raison ! approuva Silver.
- Mais c’est pas sympa de pas t’appeler ! s’indigna la jeune fille aux cheveux bleus.
- Ben je l’appelle pas non plus…
- Tu devrais ! affirma Crystal.
- Oui, dans une relation, il faut mettre les choses au clair ! approuva Flora, qui se sentait un peu mieux en voyant qu’en fait Silver n’était qu’un gay comme les autres.
- Bon je voudrais pas casser votre discussion entre membres de la Gay Pride, mais ça fait plus d’une heure que Mey est partie, et elle est toujours pas là ! intervint Mentaline.
- Mey Milkya ?! La criminelle ?! T’as des drôles de potes, Crystal ! fit Flora, un peu effrayée.
- Allons chérie, ils sont innocents, c’est une erreur judiciaire ! Tu penses vraiment que Silver ou Mentaline pourrait tuer quelqu’un ? fit Crystal.
- Ben non…
- Ben voilà ! Et qu’est-ce qui lui ait arrivé à Mey, en fait ?
- Ben elle a vu un Ponyta Shiney…
- …et elle a décidé de le poursuivre, termina Mentaline.




- Comment j’vais faire pour les retrouver… fit Mey, désespérée. Ce serait plus simple si je pouvais prendre de l’altitude avec Steel, mais je me ferais repérer… Raaaah !
- Ponyta ! (Traduction : Monte sur mon dos, grognasse !)
- Qu’est-ce tu dit, Rin ?
- Ponyyyta… (Traduction : Inutile, elle est trop conne…) soupira le poney.
- Et si on dansait la macarena en chantant à tue tête ? Ca ferait venir Menta et Silver ! s’écria-t-elle.
- Ponyta. (Traduction : Je vais me tirer une balle.)




Justine dormait paisiblement sur un banc public de Doublonville. Elle était brune, et ses yeux verts surmontés de lunettes rectangulaires lui donnaient un regard pétillant. Plutôt petite, elle rentrait sans problèmes sur le banc sans avoir à se recroqueviller. Rien ne semblait pouvoir troubler son sommeil profond. Tout sauf un jeune homme, la vingtaine tout au plus, qui l’accosta.

- Bonjour, vous êtes bien Justine Hitalia ?

Pas de réponse. Justine dormait toujours. Le jeune homme sembla s’énerver. De rage, il frappa le bitum avec son poing. Le banc, sous l’onde de choc, décolla de trois mètres de haut avant de retomber avec un énorme bruit. L’endroit où se tenait Justine quelques minutes avant était désormais un tas de décombre. Soudain, une main en sortit. Puis une autre. Puis une tête. Après de longs efforts, elle finit par s’extirper de là. L’homme se racla la gorge, et répéta calmement :

- Vous êtes bien Justine Hitalia ?
- Euh… Je crois que oui… Pourquoi ? demanda Justine, intriguée.
- J’ai appris que vous étiez une excellente dresseuse… Est-ce que ça vous plairait de rejoindre une organisation qui mettrait votre vraie force à profit ?
- Traduction, vous voulez m’utiliser comme un objet, fit Justine, idiote mais pas dupe.

Elle détailla l’homme qui lui faisait face. De taille moyenne, il était vêtu d’un débardeur rouge et d’un pantacourt noir en toile. Sa musculature était impressionnante, et lui donnait un air de militaire. Il avait des yeux marron et ses cheveux bruns coupés court renforçaient le côté armée.

- Vous êtes intelligente, en plus… C’est parfait…
- …
- Je vais reposer la question : Voulez vous nous rejoindre ?
- D’une, vous êtes qui ? questionna Justine, sur ses gardes.
- Tout le monde m’appelle Go.
- Eh ben au moins c’est simple à retenir… Et de deux, c’est quoi votre organisation, là ?
- Une puissante organisation sur le point de prendre le contrôle de Johto.
- OK d’accord. Vous avez l’air louche, et vous me demandez de rejoindre une organisation qui veut dominer le monde ? fit Justine,  faussement impressionnée.
- C’est ça.
- Mais vous êtes vraiment con ou c’est fait exprès ? Excusez moi, mais vous devez être vraiment naïf si vous pensez que je vais vous rejoindre en présentant les choses de cette façon…
- Je vais donc devoir employer les grands moyens… soupira Go.

Justine n’était pas rassurée. Si ce type employait la force brute, elle n’avait aucune chance. En revanche, quand il s’agissait de Pokémon, elle était amplement capable de se défendre, et de gagner sans trop de difficultés.

- Je suis très forte en combat vous savez… bredouilla-t-elle, mal assurée.
- Je n’ai pas l’intention de vous faire du mal… fit Go.
- Ah ? Et c’est quoi les grands moyens alors ?
- Je vais présenter les choses sous un autre angle. Sachez que nous sommes en contact avec pas mal de grandes personnalités… Dont Melosa Grey.

Justine se figea. Elle resta silencieuse pendant une minute, la tête basse. Enfin, elle la releva, et murmura :

- J’accepte.
- Très bien, fit Go, satisfait.
- Vous ne m’avez pas comprise.
- Ah ?
- Je me parlais à moi-même, en fait. Je me disais que j’acceptais de vous mettre une raclée.

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Dernière édition par Shuu Kette Foulardeux le Jeu 31 Oct 2013 - 18:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Chapitre 19 : Coeur noir et larmes argentées   Mer 28 Déc 2011 - 15:05



Bleuts et Roku flottaient dans un vortex blanc, qui les entraînaient Arceus sait où. Ils allaient vite, très vite, presque trop vite. La vitesse les faisait souffrir, car visiblement leur corps n’était pas programmé pour une telle accélération. Soudain, plus rien. Ils ouvrirent les yeux, et se retrouvèrent face à Kanon. Enfin, ce qu’il en restait.

Ses vêtements étaient tachés de sang, et ses cheveux d’un noir de jais ondulaient lentement, comme portés par une force invisible. Ses yeux étaient d’un rouge sang à en faire pâlir Kailiana. Autour d’elle, tout s’envolait. Les arbres se déracinaient, les pierres décollaient du sol, et le sol lui-même s’affaissait sous tant de puissance. Bleuts et Roku ne bougeaient pas, trop choqués pour réagir. Quand Kanon parla, elle le fit d’une voix suave et menaçante.

- Oh… Mes très chers amis ! fit-elle avec un air dément. Comment ça va depuis la dernière fois ?
- …
- Je vois… Vous n’êtes pas très bavards… Et bien personnellement, je ne me suis jamais sentie aussi bien ! fit-elle avant d’éclater d’un rire machiavélique.
- …
- Vous voyez… En ce moment même, vous vous sentez sûrement étriqués… C’est parce que vous n’avez pas connu la libération !
- Kanon… fit Bleuts, atterrée.

Kanon délirait complètement. Elle avait les yeux qui sortaient de leurs orbites et la tête rejetée en arrière. Bleuts ferma les yeux, pour éviter de s’évanouir. Roku le remarqua, et posa une main qui se voulait rassurante sur l’épaule de la blonde. Elle la repoussa, détestant la compassion.

- S’ils ne sont pas mignons ! susurra Kanon. On en mangerait…
- …
- Je disais donc que j’étais enfin moi-même… Plus de faux semblants… Je me sens libre ! LIBRE VOUS M’ENTENDEZ ?!

Ils ne répondirent pas, trop effrayés par la colère de Kanon.

- Toute ma vie… Je me devais d’être une fille normale… Parce que c’était comme ça que je devais être. La société avait déclaré que les enfants devaient obéir à leurs parents… Qu’on devait être gentil avec les autres… Pour garder une bonne image… MENSONGES !
- …
- Tout ça… Tout ce bourrage de crâne… C’est pour que les gens ne se rebellent pas ! On leur dit qu’il faut être obéissant, on les menace par des punitions… Juste pour qu’ils ne se libèrent pas ! La vraie libération… C’EST DE POUVOIR FAIRE CE QU’ON VEUT ! hurla-t-elle.
- Non…
- Ce que tout les humains veulent faire… Ce qui est inscrit dans leurs gènes… C’EST LE SANG ! LA DESTRUCTION ! L’être humain est programmé pour détruire… Pour chasser… Pour briser… C’est notre instinct, et vous vous le refoulez !
- …
- Pour être libre, je devais me libérer de mon poids… Et mon poids, c’était ma Jumelle… Quand j’ai enfin pu la tuer… C’est comme si soudain, tout ce qui était au plus profond de moi ressurgissait ! Et en plus… j’ai gagné… CA !

Elle tendit la main, et Bleuts et Roku s’envolèrent, comme soufflés par une explosion. Ils atterrirent durement sur le sol, avant de se relever, affaiblis. Mais Bleuts n’en pouvait plus. La peur la submergeait de nouveau. Entendre de telles paroles était trop dur pour elle. Du coup, à peine fut-elle levée qu’elle s’effondra. Roku lui jeta un bref regard, avant de se reconcentrer sur Kanon qui s’approchait.

- Oh… Il ne reste que toi pour entendre la fin… Et bien voilà. C’est ça que j’ai gagné. Le pouvoir de destruction ultime. Je peux tout repousser par une simple pensée. Et tu pourras tenter ce que tu veux, tu ne pourras jamais rien faire face à moi et mon pouvoir…
- Tu te trompes… murmura Roku.
- Pardon ? s’étonna faussement Kanon, avec un air de folle furieuse à la Bellatrix Lestrange.
- Ta force, tu ne la tires pas de ton nouveau pouvoir… La force s’obtient par la folie et uniquement par la folie, fit Roku, assuré.
- MENTEUR ! hurla Kanon.
- Je le sais… Parce que moi aussi je suis… fou.

Il releva la tête. Ses yeux étaient désormais révulsés, et sa langue pendait lamentablement. Il fit un bond spectaculaire, et frappa violemment Kanon. Elle valsa, mais se releva en un éclair. Elle était très surprise. Mais pas dans le bon sens.

- TOI ! COMMENT OSE-TU RESISTER À MON POUVOIR ?! beugla-t-elle, furibonde.
- Parce que ! fit Roku en ricanant. Etre fou donne du pouvoir… Suffisamment de pouvoir pour résister au tien.
- ENFOIRE ! hurla-t-elle, en envoyant une nouvelle salve d’ondes repoussantes.

Roku ne broncha pas. Bleuts, quant à elle, était dans un état second « Fous… Tous fous… Horriblement fous… » pensait-elle, à bout. Roku et Kanon se faisait face. C’était un combat de fous. Et uniquement de fous.

- HA HA ! fit Roku avec un rire puissant. Tu es nuuuuule ! Je vais t’exploser, te saigner jusqu’à l’os, te refaire le portrait…
- JE VAIS TE TUEEEEEEER ! hurla Kanon.


- En avant, Milobellus ! fit Justine en envoyant une PokéBall.
- Je vois… fit Go. Pas le choix j’imagine… Kapoera !

Le magnifique Pokémon aquatique et le pratiquant de capoiera se faisaient face. Go semblait sur de lui, tout comme Justine.

- Un Kapoera ? Pas mal… Milobellus, euh… Surf ! ordonna Justine.

Une vague immense se créa dans le petit parc de Doublonville. Elle allait percuter le Kapoera.

- Kapoera, Garde Large.

La vague fut immédiatement annulée. Justine s’en étonna.

- L’attaque Garde Large a le même effet qu’Abri, sauf qu’elle ne marche que sur les attaques qui touchent toute l’équipe… Surf par exemple, expliqua Go.
- Tch… fit Justine, rageuse.
- Tour Rapide ! ordonna le jeune homme.

Kapoera se mit à tourner si vite qu’il ressemblait à une boule bleue et marron. Mais il se déplaçait à une vitesse plutôt basse, visant le Milobellus.

- Je crois que vous me sous-estimez… soupira Justine. Milobellus, Piétisol !

Milobellus donna un énorme coup de queue sur le sol. Le goudron s’affaissa sous Kapoera, dont la tête se retrouva coincée sous les gravats, stoppant sa rotation.

- Impressionnant… murmura Go.
- Ce n’est pas encore fini ! Blizzard ! cria Justine.

Le souffle glacé congela littéralement Kapoera. Justine poussa un petit cri de joie.

- On le finit en beauté ! Attaque-
- Puissance, Kapoera ! fit Go plus rapide. Maintenant… Triple Pied !
- Milo, Mer De Glace ! ordonna Justine.

Le Kapoera se libéra d’un premier coup de pied. Il fonçait désormais en tournoyant vers Milobellus pour porter le deuxième. Mais le Pokémon aquatique créa une vague géante, avant de la congeler avec Blizzard, dressant un rempart glacé entre le Pokémon combat et lui. Néanmoins, le deuxième coup de pied fit trembler tout l’édifice. Le troisième le fit s’éclater en mille morceaux, sous les yeux stupéfaits de Justine qui ne s’attendait pas à ce que sa protection ultime soit si facilement brisée.

- Kapoera… Close Combat !
- C’est débile, mon Milobellus ne serra pas KO si facilement, et votre Pokémon se fatiguera pour rien… fit Justine.

Mais le Kapoera frappait… le goudron. Ce dernier volait par morceaux, et au final, Kapoera atteignit la terre brute.

- C’est finit, Justine Hitalia… fit Go, très sur de lui. Tunnel !
- Zut de flûte ! jura la principale intéressée.

Le Kapoera s’enfonça dans la terre tel une torpille. Il était désormais hors d’atteinte, et Go avait bien l’intention d’en profiter.

- Gonflette ! ordonna Go.

Sous terre, le Pokémon augmentait doucement mais sûrement son attaque et sa défense. « Je suis mal… Son Pokémon a déjà fait une Puissance, et il enchaîne avec Gonflette… Si je ne réagis pas, ses attaques deviendront tellement puissantes que le vaincre sera difficile… Je dois agir maintenant ! » décida mentalement Justine.

- Milobellus… Piétisol !
- Abri ! lança rapidement Go.
- Graaaah !
- Encore Gonflette !
- Milobellus… euh…
- Gonflette à nouveau !
- Non !
- Puissance maintenant…
- ARRETES ! Milobellus, Surf pour immerger la galerie !
- Garde Large !

L’attaque fut de nouveau annulée.

- Gonflette…
- …
- Puissance…
- …
- Et maintenant, meurs. Close Combat.

Le Kapoera jaillit soudainement de terre. Il fonça en tournoyant vers le Milobellus. « Arceus merci, Melosa m’a forcée à faire apprendre cette technique à Milobellus alors que je la trouvait complètement inutile… » songea Justine, soulagée.

- Milobellus. Buée noire, puis Hydrocanon.

Radical. Un nuage noir submergea le Kapoera qui perdit soudain toute la puissance qu’il avait accumulée. Milobellus profita de la proximité du Pokémon Combat pour lui envoyer un Hydrocanon dévastateur à bout portant, ce qui l’acheva. Go n’en revenait pas.

- … Vous êtes vraiment forte…
- Si vous le dites…
- Je n’ai plus de Pokémon.
- Voilà qui est un peu bête ! ricana Justine, moqueuse.
- Donc je vais maintenant me retirer… au revoir.

Il porta sa main vers sa montre, mais Justine fut bien plus rapide. L’Hydrocanon de Milobellus envoya valser le jeune homme, qui finit par s’écraser contre un arbre du petit parc dévasté. La seconde d’après, Justine avait envoyé son Spiritomb.

- Hypnose !

Go s’endormit, terrassé par les ondes de sommeil. Justine eut un petit sourire satisfait et soulagé. Elle venait tout de même de terrasser un mec baraqué comme un pompier, ce qui était plutôt flatteur pour son ego. « Quand Melosa saura ça… » songea-t-elle, souriante à cette idée.

- Bon… Milo, tu veux bien me l’emmener dans le Bois aux Chênes ? Je dois lui poser quelques questions ! sourit Justine.
- Miloooo !
- Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiih !

Elle venait de s’étaler sur le sol comme une merde de Poichigeon, sous l’œil désespéré de ses deux Pokémons.


- SHUUUUUUUU ! hurla Cat.
- On va voir, somma Killian.
- Mais quel petit con… soupira Melosa.

Ils s’enfoncèrent dans les fourrés, et tombèrent sur une vaste clairière où le vert dominait. Parfaitement circulaire et délimitée par de hauts chênes, elle faisait au moins cent mètres de diamètre. Et totalement à l’opposée de Cat, Killian et Melosa se trouvait Shuu, plaqué à un arbre par de multiples flèches qui avaient traversé ses vêtements. Dès qu’il les aperçut, il se mit à hurler, gigotant vainement pour essayer de sa dégager.

- VOUS APPROCHEZ PAS ! C’EST BOURRE DE PIEGES ! hurla-t-il.
- Ok on reste là ! lança Melosa.
- MAIS VENEZ ME CHERCHER PUTAIN !
- Faudrait savoir… soupira Melosa.
- Bon, j’y vais, fit Cat.
- Non attends ! la héla Killian.

Trop tard. Cat commença à avancer prudemment, sur la pointe des pieds. Elle fit un pas, puis deux. Elle entendit soudain un grondement sourd. Elle regarda à ses pieds… Et vit que le sol s’écartait en deux parties. C’était assez étrange, comme si le sol n’était qu’une plaque d’acier qui pouvait coulisser. Par réflexe, elle fit un bond en arrière et évita par la même occasion de tomber dans un trou où des bambous taillés en pointe l’attendaient patiemment. Cat pâlit, mais continua d’avancer en contournant la surface qui s’était ouverte. Soudain, elle trébucha sur un fil de nylon. Elle jura. « C’est pas possible, c’est VRAIMENT bourré de pièges ! » songea-t-elle. Elle regarda à ses pieds, mais rien n’avait l’air de bouger, au grand soulagement de la jeune fille. Mais soudain, elle perçut un léger sifflement qui s’intensifiait.

- ATTENTION ! hurla Killian de là où il était. Arcanin !

Il s’agissait en fait de flèches qui fonçaient en direction de Cat. Juste avant qu’elle ne se fasse transpercer, les flèches de bois furent carbonisées par une boule de feu émanant de Killian. Lui et Cat soufflèrent, soulagés.

- Cat, tu ne bouges pas, on arrive ! lança Killian.
- T’inquiètes pas, je risque pas de bouger ! bredouilla Cat.
- Pffff… fit Melosa.
- Reviens Arcanin… Moona, à toi ! fit Killian en envoyant son Seleroc.

Le Pokémon Lunaire se posta dans les arbres, et ferma les yeux. Killian fit de même pendant un petit moment. Après quelques secondes, une aura rosâtre émana du jeune homme. Il attrapa la main de Melosa, et ils décollèrent du sol grâce aux pouvoirs psychique du Seleroc. Ils volaient en direction de Cat, évitant ainsi tous les pièges posés au sol.

Ils arrivèrent enfin auprès de la jeune fille, qui se trouvait quand même à une vingtaine de mètre de la bordure de la clairière. Killian tendit une main que Cat saisit prestement, et c’est en volant qu’ils se dirigèrent vers le pauvre Shuu, toujours accroché à l’arbre, incapable de se sortir de là seul. Ils avançaient très lentement, Seleroc ayant du mal à porter trois personnes à la fois. Après d’interminables minutes, alors qu’ils n’étaient qu’à quelques mètres du jeune garçon, Melosa sentit quelque chose lui frôler la main, et elle paniqua.

- Killian… Je crois que j’ai merdé là…

En effet, c’était cette fois des shurikens par centaines qui fonçaient vers eux en sifflant. Cat paniqua en voyant Killian tenter de les retenir avec Psyko, en vain de par le nombre important.

- Zoroark, Tranche Nuit ! ordonna Melosa en lançant une Ball.

Un grand Pokémon noir et rouge en jaillit et il porta des coups très précis et rapides qui neutralisèrent tous les shurikens. Ils soufflèrent, tandis que Melosa félicitait son Pokémon avant de le rentrer dans sa Pokéball en s’excusant, car Zoroark préférait de loin le grand air.

Mais ce n’était pas encore fini. Le sol s’ouvrit une nouvelle fois, mais en un trou beaucoup plus conséquent que la première fois. Ce coup ci, ça n’était pas des bambous. C’était des missiles sol-air. La mâchoire de Melosa se décrocha, tandis qu’une immense colonne de verre jaillissait du sol, emprisonnant à la fois nos 3 héros et nos missiles.

Killian n’en revenait pas que quelqu’un ait pu ne serait-ce qu’avoir suffisamment de connaissances en matière d’armements pour installer un tel piège. Ils ne pouvaient pas esquiver les missiles, visiblement programmés pour exploser dès qu’ils sentiraient une présence. Ces derniers brillaient fièrement, d’un blanc éclatant. Il y en avait une dizaine, de forme allongée et pointue au sommet. Ils fumaient légèrement, et mettraient probablement un peu de temps avant de décoller.

« Gagner du temps » fut la première chose à laquelle Killian pensa. Il leva le bras et lui Melosa et Cat prirent 100 mètres d’altitude, soit le maximum que leur laissait la colonne de verre. Le jeune homme les briefa rapidement.

- Bon, étant donné la taille des missiles, la vitesse du vent et la distance, je dirais qu’il arriverons ici dans 3 minutes maximum. Ils exploseront dès qu’ils nous sentiront à la même altitude qu’eux, sûrement grâce à des ultrasons. Et on ne peut pas monter plus haut.
- On n’a qu’à péter le verre ! proposa Melosa, avide de destruction.
- Inutile, vu l’épaisseur de la colonne…
- Donc il faut les désamorcer, termina Cat.
- Oui, mais je vois pas comment faire…
- Moi je sais, intervint Melosa. Il suffit de péter la gueule de celui qui les commande !
- Encore faut-il le trouver… soupira Killian. Et on n’a pas le temps.
- T’as dit qu’ils nous repéreraient avec des ultrasons, non ? questionna Cat.
- Oui pourquoi ?
- Parce que j’ai une idée…
- LES MISSILES DECOLENT ! leur hurla Shuu d’en bas.

Cat sortit Broke. Elle attendit. Les missiles se rapprochaient dangereusement et Cat ne bougeait toujours pas, tandis que Killian et Melosa n’étaient pas très rassurés. Puis quand les missiles ne furent qu’à 10 mètres de Cat, elle hurla.

- ONDE FOLIE !

Un crissement suraigu jaillit de Broke. Les missiles parurent soudain désorientés.

- Maintenant, on bouge ! ordonna-t-elle à Killian.

Le jumeau de Gold s’exécuta, et ils se collèrent contre la paroi en verre renforcé. Une flopé de missiles sol-air leur passa devant sans exploser, les ondes radios étant brouillées. Le missile en tête percuta le sommet de la colonne, qui explosa en soufflant violemment Cat, Killian et Melosa. Les autres s’élevèrent dans le ciel, et finirent par exploser à 3 ou 4 kilomètres d’altitude, dans un vacarme assourdissant. En bas, Shuu vociférait bruyamment. Killian les fit sortir par le sommet de la colonne de verre, et ils se mirent au niveau de Shuu au grand bonheur de Melosa, pas super rassurée en altitude. Le gamin commença alors à les engueuler.

- NON MAIS VOUS ALLEZ PAS BIEN ?!
- Quoi ? s’étonna Cat.
- Ton Onde Folie aurait pu stopper les gaz, et t’aurais fait sauter la moitié du Bois aux Chênes, et moi avec ! Et en plus les flics vont accourir par dizaine dès qu’ils auront localisé le lieu de lancement… Rah, si j’avais été détaché, j’aurais pu les désamorcer, fais chier ! ragea Shuu.
- Comme si tu pouvais désamorcer une bombe, soupira Melosa, blasée.
- Mais bien sûr que je peux ! J’ai fait deux ans d’armée figure toi ! Et comme j’étais nullissime physiquement, je me rattrapais en tir et en désamorçage de bombe !
- Comme si j’allais te croire… fit Melosa. Zoroark, libère le avec Tranche Nuit.

Le Pokémon sortit de sa Ball et s’exécuta. Ils purent enfin se reposer au sol, tous exténués. C’est alors qu’une jeune fille sortit des fourrés. Elle avait des longs cheveux blonds, portait une robe blanche comme neige et était plutôt petite en taille. Mais le plus choquant était ses yeux. En effet, l’un était violet, et l’autre d’un bleu presque blanc.

- Saluuuut ! ♪♫ fit-elle avec un clin d’œil. Comment ça va la famille, les gosses, les enfants, la tante Gertrude ?

Elle parlait… bon, disons les choses comme elles sont, elle parlait comme une petite pétasse. Elle s’avança en roulant du cul vers nos quatre héros, interloqués.

- Je m’appelle Hachi ! Enchantée ~ ♥


Justine suivait tant bien que mal son Milobellus à travers le Bois aux Chênes, les racines la faisant trébucher à chaque pas ou presque. Quand ils furent suffisamment loin de la ville, la brune à lunettes attacha soigneusement Go à un arbre. Ainsi attaché et endormi, il paraissait beaucoup moins dangereux, et ses traits s’en retrouvaient adoucis. Elle le réveilla de quelques petites tapes sur la joue, ayant quelques infos à lui soutirer.

- Gné ? fit-il, émergeant de son profond sommeil.
- Bien dormi ?
- … Justine Hitalia… Vous m’avez donc capturé… fit-il ave une mine embêtée.
- Exact, Monsieur le militaire ! sourit la principale intéressée.
- … Vous n’auriez pas pu trouver mieux comme surnom ? s’indigna presque Go, vexé.
- Vous êtes bien militaire ?
- Ouais, mais y’a plus original que Monsieur le militaire…
- Comme quoi ?
- Je sais pas moi… Colonel ! Ou Commandant !
- Oui bon bref… Donc vous disiez que vous connaissiez Melosa…
- Ce n’est pas tout à fait exact, j’ai des infos sur elle.
- Encore mieux. Dites moi tout ce que vous savez.
- Je… Qu’est-ce qu’il se passe si je refuse ? demanda-t-il, hésitant.
- Je vous fait subir d’affreux cauchemars avec mon Spiritomb, menaça calmement Justine.
- … Très bien, je vais parler.
- Où est-elle ?
- Dans le Bois aux Chênes, et elle se dirige vers Doublonville, donc là où nous sommes.
- Cool, plus qu’à l’attendre… Elle est seule ?
- Elle est accompagnée de Killian Heart, l’Echo…
- Normal…
- Et également de deux Chapeliers, Shuu Jaggerjack et Cat Pandora.
- … Beaucoup moins normal… fit Justine, plus qu’étonnée. Elle les tient prisonniers ?
- Pas tout à fait… En fait elle les accompagne.
- … Ah oui, là y’a vraiment un truc qui merde… soupira Justine. Bon, c’est bon, j’ai plus de questions…
- Je peux partir ? demanda ironiquement Go, pas naïf au point de croire qu’elle allait dire oui.
- Si tu veux… fit Justine, dans ses pensées.
- … Mais vous êtes complètement conne ! Je détiens peut-être de précieuses informations qui pourraient intéresser Mme Gray ! Vous êtes stupide ! s’emporta Go, désemparé par tant de naïveté.
- Maintenant que tu le dis… Pas con ! Bon ben tu peux partir en fait désolé ! sourit Justine.
- …

« Oh putain mais quel con je suis… » songea Go, désespéré. Soudain Justine le détacha. Surpris, il en profita pour se lever et masser ses poignets endoloris. Il dépassait facilement la brune d’une tête ou deux, mais Justine ne se dégonfla pas pour autant.

- Bon, t’es militaire, t’es censé savoir survivre en milieu hostile… Donc va nous chercher de quoi manger ! ordonna Justine.
- … Tu sais que si je voulais, je pourrais m’échapper là ? soupira Go, désespéré.
- Je suis peut-être conne, mais j’ai au moins pensé à te confisquer ta montre bizarre…
- …
- C’est con hein ! Allez, vas-y…
- … J’imagine que j’ai pas le choix… soupira Go.


- Bon au final on va la chercher la Mey, là ? demanda Crystal.
- Boarf, tu sais, elle reviendra d’elle-même… soupira Silver, blasé.


- ENFOIREEEEEEEEEEEEEEES ! hurla Mey, perdue et désespérée, à un kilomètre de là.


- Je persiste à croire que tu devrais appeler Gold ! insista Crystal.
- J’ai pas de quoi appeler… fit Silver.
- Menteur, Shuu t’as filé une Meetic Montre ! lança Mentaline.
- Ah oui c’est vrai… Bon très bien, je vais l’appeler…
- Bravo ! fit la jeune fille aux cheveux bleus.
- Oui, bravo ! renchérit Flora.

Silver s’éloigna suffisamment loin pour que les autres n’entendent pas sa conversation, et fixa sa MeeticMontre. « J’devrais pouvoir appeler Gold avec ça…Bon, je tente le coup ! »

- Euh… Comment a dit Shuu déjà ? Ah oui ! Par le pouvoir suprême de la sainte tablette Milka évangélisée, je t’ordonne de t’ouvrir, ô MeeticMontre sacrée, unlock !
- Ouverture. Reconnaissance vocale : Silver, lui répondit la montre. Que voulez vous faire ? 1. Appeler quelqu’un. 2. Utiliser Pokédex 3. Vérifier vos Message Privés sur Meetic. 4. Utiliser Laser. 5. Fusée de détresse. 6. Utiliser grappin. 7. Utiliser Caméra. 8. Utiliser Shurikens. 9. Back. 10. Quitter.
- Euh… 1 ?
- Qui voulez-vous appeler ? 1. Reconnaissance vocale. 2. Répertoire.
- Ben… Encore 1, et Gold !
- Gold, répéta la MeeticMontre. Appel en cours… Veuillez patientez.Connexion établie.
- Oui allo ? fit une voix grave.

La tête de Gold venait d’apparaître sur l’écran de la montre. Gold avait les cheveux coupés courts, une casquette jaune mise à l’envers ainsi que les même yeux dorés que son frère. Malgré qu’ils soient jumeaux, il était indéniable que Killian était bien plus beau que Gold. Néanmoins, ce dernier avait tout de même un certain charme. Silver s’enthousiasma.

- Goldinounet ! s’enjoua-t-il.
- Si… Silver ?
- Oui, c’est moi !
- MAIS POURQUOI TU M’APPELLES, ABRUTI ??!!! hurla Gold à l’autre bout du fil.
- Mais… Je voulais juste te parler… fit Silver, penaud.
- TU N’ES QU’UN EGOISTE ! TU TE RENDS COMPTE QUE MAINTENANT JE VAIS ETRE CLASSE COMME VERY DANGEROUS PERSONNALITY MOI AUSSI ?!
- N’importe quoi !
- Mais si, espèce de crétin ! Tu es un criminel, si tu m’appelles, je serais soupçonné aussi ! Tu penses qu’à ta gueule ! SALOP ! cria Gold, complètement furax.
- Calme-toi Gold, je ne savais pas…
- SI TU REFLECHISSAIS, TU SAURAIS !
- Je voulais juste entendre ta voix, savoir comment tu vas…
- T’as pas encore compris ? s’étonna faussement Gold avec un air méchant. TOUT EST FINIT ENTRE NOUS, ASSASSIN !
- …

Gold venait de lui raccrocher au nez. Alors, Silver pleura. Pour de vrai. Il s’effondra dans un tas de feuilles dorées, complètement anéanti. Il pleurait, pleurait, et sembler ne pas s’arrêter. Silver était triste, bien trop triste. Alors que quelque part, il n’y avait pas de quoi.

Parce que Gold n’avait jamais était très gentil avec lui. Il n’avait accepté de sortir avec lui seulement à la condition que Silver se travestisse. Quand ils étaient ensemble, ils ne se touchaient pas, ne s’embrassaient pas, ne se câlinaient pas. Silver pouvait aisément comprendre qu’il n’était pas facile de s’assumer comme étant gay, bien qu’il n’ait jamais eu de problème avec son homosexualité. Les gens savaient qu’il était gay, et s’en foutaient. Pas que ces derniers étaient super tolérants. Simplement, Silver vivait ça tellement à la légère, le criait sur les toits, rigolait quand on lui sortait une insulte homophobe… Cette indifférence l’avait sauvé du regard des autres.

Silver était une de ces rares personnes qui s’affichent comme elles le sont réellement. Mais ça, c’était avant Gold. Quand Silver l’avait rencontré, à l’âge de 10 ans, au moment de récupérer son premier Pokémon, il en était tout de suite tombé amoureux. Un amour débordant, et complètement idiot. L’amour est aveugle, certes. Pas Silver. Il savait parfaitement que Gold n’était qu’un enfoiré, un prétentieux et un lâche. Mais malgré tout ça…


- Dit Gold... chuchota Silver.
- Hum ?
- Tu dors ?
- Bien sur que non, abruti...

Ils étaient dans le centre Pokémon de Rosalia. Ils venaient tous deux de décrocher leur troisième badge. Faute de place dans le centre bondé, ils avaient été forcés de dormir dans la même chambre, au grand bonheur de Silver. Il était minuit passé.

- T’es gay n’est-ce pas ? lança Silver, comme s’il parlait du beau temps.
- … N’importe qu- quoi ! bredouilla Gold, soudain très mal à l’aise.
- Inutile de me le cacher, mon radar à gay et super aiguisé, et celui de Crystal l’est encore plus, vu qu’elle est lesbienne… Et elle m’approuve.
- C’est faux ! Je suis hétéro ! s’insurgea Gold.
- C’est bon, tu peux m’le dire, c’est pas comme si j’allais me moquer…
- Ch’ui pas gay… pleura presque le brun.
- C’est pas grave tu sais…
- Mouais…
- Si tu veux je peux t’aider à t’y faire ! On n’a qu’à sortir ensemble ! fit Silver - plutôt très entreprenant comme mec…
- Tu rêves ! Je ne veux pas qu’on sache que je suis gay !
- Mais moi j’aimerais bien sortir avec toi ! insista Silver, pas gêné pour deux sous.
- Deviens une fille dans ce cas ! fit Gold avec un air sarcastique.
- Ben si ça peut te faire plaisir…
- T’es sérieux ?! s’étonna Gold.
- Si ça peut t’aider, je me travestirai…
- T’es zarb comme mec… Mais ça marche !
- Cool !

Et ils s’étaient endormis, Gold indécis, Silver tout simplement heureux.


Silver ne comprenait pas. Et d’ailleurs, peu lui importait de comprendre. Le chagrin le submergeait, et il ne pouvait plus penser à autre chose.

Cela faisait maintenant plusieurs heures que Mey et Silver étaient partis, et Mentaline, Flora et Crystal commençaient à stresser sérieusement. La nuit tombait, et entreprendre des recherches maintenant était inutile. Elles installèrent donc un feu de camp, et se firent à manger.

La nuit tombait. Silver pleurait toujours, et il commençait à avoir froid. Alors il se roula en boule dans les feuilles mortes. Il avait envie de mourir.


- MEURT ! hurla Kanon en se jetant sur Roku.
- Hihi… Qu’allons nous manger ce soir ? Cocktail sanguinolent ! ricana Roku, la tête penchée et le regard vide, tout en esquivant la charge de Kanon.
- SOIS MAUDIT…
- …PERRY L’ORNITHORYNQUE ! hurla de rire Roku.
- BOUFFES CA !

Kanon lui décocha un coup de poing surpuissant qui envoya ad patres le pauvre Roku. Bleuts était toute recroquevillée, en proie à de terribles cauchemars. « Fous, ils sont tous fous… » songeait-elle, morte de peur. La forêt autour des deux combattants était complètement dévastée ; des arbres jonchaient le sol, les Pokémon s’enfuyaient, morts de peur, et des taches de sang de ci de là signalait ceux qui n’avait pas eut le temps de s’enfuir. Roku jaillit soudain de l’arbre dans lequel il avait atterri.

- Uhuhuhu… fit Roku, la tête en sang, avec un rire démoniaque.

Il fonça en direction de Kanon, lui passa entre les jambes et lui décocha un coup de pied retourné dévastateur. La brune fit un impressionnant vol plané, mais parvint à se rétablir juste à temps.

« Je dois les arrêter… Allez Bleuts… T’as réussi à le faire l’autre fois… Pourquoi pas maintenant… Allez putain, lève toi ! » pensait Bleuts, en plein effort mental. Les deux fous se frappaient sans cesse, menant un combat à mort. Les frontières de la normalité psychique venaient d’être balayées, et rien ne sembler pouvoir les arrêter, la folie les rongeant peu à peu.

« BLEUTS PUTAIN ! Tu peux le faire ! Allez ! »

- Meurs, petite salope insouciante ! fit Roku en se léchant les babines.
- Je vais t’arracher les yeux… t’enlever un à un les ongles…

Et ils se frappaient, sans relâche. Kanon avait des hématomes de partout, et sa robe était encore plus tachée de sang. Les vêtements de Roku, eux, étaient en lambeaux et il saignait abondamment de pas mal d’endroits.

« BRITNEY, WAKE UP, MERDE ! » hurla mentalement Bleuts.

Et là, elle se leva. Lentement. Elle fit un pas, puis un autre. Et encore un autre. Finalement, elle vint se placer pile entre les deux combattants, qui la regardait en louchant.

- STOP ! hurla-t-elle.
- …
- …
- Vous savez… commença-t-elle, bredouillante. J’ai peur de vous. Mais j’ai encore plus peur de vous voir vous battre, où que l’un de vous deux ne meure. Alors arrêtez.
- Pff… cracha Kanon.
- Le petit monde de la « Petite maison dans la prairie » ! lança Roku, sarcastique.
- Certes, la folie donne du pouvoir mais… Il y a d’autres façons d’en obtenir, continua Bleuts avec un air très sérieux.
- Prouve le, si tu te crois si maligne ! se moqua Kanon.
- Ouais, prouve-le ! ricana Roku, les yeux révulsés.
- Très bien…

Alors elle embrassa Roku. Mais pas un petit baiser furtif. C’était un baiser qui s’éternise, un baiser qui signifie quelque chose. Un vrai baiser. Au fur et à mesure que Bleuts l’embrassait, Roku retrouva un air normal. Ses yeux revinrent à leur place initiale, et il eut de nouveau un regard chatoyant. Et évidemment, il rendit son baiser à Bleuts. La scène se déroula sous les yeux ébahis de Kanon. Puis, finalement, la blonde se détacha du fou qui n’en était plus un, et se tourna vers Kanon, un air grave sur le visage.

- Voilà. J’ai réussi à rendre normal quelqu’un sans utiliser la folie. Moi aussi j’ai du pouvoir, mais pas le même que le tien.
- Je… bredouilla Kanon.
- Tu es seule, Kanon. Je sais pas ce qui t’es arrivée, et je ne comprends toujours pas comment tu as pu tuer des gens… Mais tu as besoin d’aide. Tu as besoin de gens qui te comprennent… De gens qui cherchent à t’aider…
- …
- Donc si tu reviens avec nous, tu redeviendra normale, termina Bleuts.
- Redevenir… normale ?
- C’est ça.
- PAS QUESTION ! explosa-t-elle. J’ai du pouvoir… Je ne veux pas le perdre… bredouilla-t-elle en tremblant comme une feuille.
- Tu ne le perdras pas… Tu en auras juste un nouveau, de puissance équivalente.
- MENSONGES ! Je…
- Kanon, s’il te plait… plaida Bleuts. Ait confiance !
- Il n’en est pas question… Je ne veux pas… fit Kanon en se tenant la tête.
- Réfléchit.
- … Si tu veux. Je vais y… réfléchir… peut-être, acheva-t-elle.
- Très bien.

Et Kanon s’enfonça dans les sous bois, le cœur un petit peu plus blanc qu’avant.


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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 20 : Ruptures   Mer 28 Déc 2011 - 15:12



Shuu, Killian, Melosa et Cat faisaient face à la jeune fille apparemment nommée Hachi, intrigués. Cette dernière n’avait pas l’air décidée à leur nuire, et elle se comportait comme si elle n’était qu’une fille banale.

- Ben alors, vous parlez pas ? Je me présente gentiment, et même pas un mot ! Quelle impolitesse, mes agneaux ! fit-elle avec un air faussement outré.
- C’est que… on vient un peu de se faire attaquer par des missiles, alors bon… fit Cat, sarcastique.
- Oh mon Arceus ! Quelle horreur ! Qui diable aurait pu poser des missiles ici ?
- … Le pire c’est qu’elle nie… soupira Shuu.
- Que dis-tu, charmant jeune homme ? fit-elle avec un clin d’œil complice.

Shuu rougit légèrement, et son regard d’adolescent papillonna en direction de la poitrine généreuse de la dénommée Hachi… avant de se prendre un coup de poing de la part de Melosa.

- Espèce de crétin pervers ! l’insulta-t-elle.
- Bleuts le retour… soupira le gamin en se frottant le sommet du crâne.
- Bon, quoi qu’il en soit, moi, Killian Heart, Echo de profession vous demande ce que vous faites là, madame Hachi, fit Killian d’une voix grave et sérieuse.
- Que de formalité, tu peux m’appeler Hachi-chou ! sourit cette dernière.

Killian la fixa durement, l’air de dire « Si tu répond pas, je te carbonise. » Visiblement, Hachi saisit le sens du message, et s’approcha lentement d’eux.

- Et bien voyez vous, Killian-chou, je me promenais tranquillement dans le Bois aux Chênes quand j’ai entendu une explosion… Donc je suis venue aux nouvelles !
- … Vous mentez aussi bien qu’un politicien… fit remarquer Killian.
- OK ! JE VAIS ME DEVOILER ! JE SUIIIIIIIS… HACHI, POSEUSE DE…
- Pièges ? termina Shuu.
- … DE FAUX ONGLES DANS UN INSTITUT DE RENOMMEE MONDIALE ! fit-elle en levant le poing.
- J’ai le droit de la frapper ? demanda Melosa à Cat.
- Solidarité féminine, t’as pas le droit, désolée… répondit-elle.
- Ne jouez pas à ce petit jeu avec nous… C’est vous qui avez posé tout ces pièges, avouez-le ! insista Killian, qui commençait à en avoir marre.
- … Très bien. J’avoue, c’est moi qui ai posé tous ces pièges… soupira-t-elle.
- Et ben voilà ! Vous êtes donc en état d’arrestation, mam’zelle ! sourit le jumeau de Gold.
- Vous le voyez celui là ? dit elle en leur faisant un doigt d’honneur. Et ben vous pouvez vous le mettre là où je pense ! ♥

Shuu était effondré de rire, et Killian avait la mine de quelqu’un qui venait de se prendre un vent. Melosa se tenait les côtes en le montrant du doigt, et Cat n’osait pas rire, ayant trop de respect pour le jeune homme. Quand à Hachi, elle fit virevolter sa robe d’un blanc immaculé, avant d’envoyer une Pokéball.

- Nyaaa ! ♫♪ Lippoutou, let’s go ! ♥

Un truc blond, violet et horriblement laid sortit de la boule rouge. « Ca me surprend même pas… » songea Shuu, pendant que Melosa se demandait vaguement si Arceus n’était pas un horrible salop pour avoir créer un truc pareil. Killian sortit son Arcanin.

- Lippoutou, ne te laisse pas marcher dessus ! Don’t be a drag, just be a queen ! ♪♫ scanda Hachi.
- Merde, elle cite du Lady GaGa, je peux pas la haïr… soupira Shuu.
- Vent Glace ! ♥

Pris par surprise, Shuu, Melosa et Cat faillirent morfler. Heureusement, Killian contra le vent glacial avec un bouclier de feu circulaire. « Wow, il maîtrise vraiment bien ses attaques… » songea Cat.

- Quelle impudence ! Oser me contrer… C’est impardonnable ! fit-elle en martelant chaque syllabe.
- Killian, arrête de frimer avec tes flammes… soupira Melosa.
- Ben quoi, je les aime mes flammes ! s’indigna faussement Killian.
- Pff ! Laisse moi m’en charger, pour une fois… Zoroark !

Le Pokémon apparut, visiblement heureux de sortir. Il regarda sa dresseuse, attendant les ordres avec un air dédaigneux.

- Eclate moi ce Lippoutou ! sourit Melosa.

Le Zoroark tourna lentement la tête, avant de tomber face à face avec la chose. Là, il ne put résister, et s’effondra de rire. Melosa le regardait, compréhensive.

- Je sais, elle a pas de gueule, mais c’est notre ennemi… Explonuit, précision maximale !

Le Pokémon acquiesça, et créa une boule ténébreuse entre ses griffes, sous le regard apeuré du Lippoutou adverse. Mais Hachi se ressaisit.

- Grobisou !

Le Lippoutou sauta et fit un énorme bisou au Zoroark. Ce dernier stoppa son attaque et vomit de toutes ses tripes sous le regard amusé de Shuu, avant de s’endormir. Melosa était dégoûtée et énervée à la fois.

- Tch…
- Héhé ! fit Hachi avec un petit clin d’œil provocateur.
- Toi t’es morte…
- Avalanche ! ordonna la jeune fille.

Zoroark se mangea une bonne tonne de neige dans la tronche, ce qui le réveilla brusquement. Mais à peine fut-il debout, qu’un nouveau Pokémon vint grossir les rangs d’Hachi. Il s’agissait d’un Delcatty.

- Et ben voilà, un Pokémon potable ! sourit Shuu.
- Taggle le mioche…
- Ca devient plus dur, hein ! lança Hachi. Et c’est pas encore fini ! Charmina, à toi !
- C’est pas vrai ! ragea Melosa.
- Et bien, vous n’envoyez pas d’autre Pokémon ? s’étonna Hachi.
- Quoi ?! ricana Melosa. Envoyer d’autres Pokémon ? Comme si j’en avais besoin ! Zoroark… Danse de la nuit !

La Zoroark créa une nouvelle fois un Explonuit entre ses griffes, mais il étendit la boule de sorte à emprisonner les 3 Pokémon adverses. Ainsi, les Pokémon adverses morflaient en continue. Mais le combo ne s’arrêtait pas là. Les griffes du Pokémon Ténèbres se teintèrent d’une aura noire, et il frappa à répétition ses adversaires dans une gracieuse danse. Quand il stoppa tout, Lippoutou était KO, et les deux autres étaient dans un sale état.

- … Vous n’êtes pas maître pour rien… fit remarquer Hachi.
- Exact ! Vibrobscur !

Le rayon circulaire violet fissura le sol et acheva les deux Pokémon restant. Hachi n’en revenait pas ; elle n’avait même pas eut le temps d’attaquer. Cat et Shuu étaient eux aussi impressionnés, bien qu’ayant déjà vu la talentueuse dresseuse à l’œuvre.

- Maintenant, vous allez nous suivre gentiment… somma Killian.
- Pas question…
- Pardon ?
- J’ai dit pas question ! cria la jeune femme. Je suis une experte en piège… C’est moi qui ai saboté les branches pour tenter de tuer Mey et Silver… Moi qui ai fiché la punaise dans le cou du travelo… Moi qui ai tué le vieux de Ville Griotte… Et par-dessus tout… C’EST MOI QUI AI TUE ALBERT ! hurla-t-elle.

Cette déclaration fut suivie d’un silence pesant. Cat et Shuu étaient en colère. Quant à Killian et Melosa, ils étaient simplement abasourdis. Les cheveux de Hachi étaient maintenant tout décoiffés, comme ébouriffés par ses paroles.

- Oui… C’est moi qui l’ai tué… Ce fut facile… Très facile… Il se sentait en sécurité, dans son arène… Je n’ai eu aucun mal… Ensuite j’ai du vous faire porter le chapeau… Et le pire c’est que ça a marché ! Maintenant… Tout le monde vous hait… Tout le monde vous rejette… Ca fait mal, hein ? dit-elle, avec une lueur de sadisme dans le regard.
- … Vous êtes…. Horrible… murmura Shuu. Bizarrement… J’ai bien envie de devenir un meurtrier… Histoire de vous faire payer…

Il bouillonnait. Cat posa une main sur son épaule, l’air de dire « Reste calme, ça vaut mieux pour nous. ». Ce geste eut l’effet escompté, et il sembla se détendre un peu. Killian, lui, voyait ça comme une raison en plus pour capturer la jeune femme. Il s’avança, des menottes d’énergie à la main.

Hachi les remarqua, et pâlit considérablement. Elle se mit à pleurer, ses yeux vairons scintillants doucement.

- Je… je ne veux pas…
- Du calme, on va juste vous mettre dans une cellule… chuchota Killian à l’oreille de la jeune femme.
- Pas question ! SAAAAAAAAN ! hurla-t-elle.

Son hurlement se répandit à travers les arbres, résonna un moment, puis s’estompa. Il y eut un grand flash de lumière, et un vortex d’énergie blanche apparut. Il en sortit San, le même que celui qui avait attaqué Shuu et Cat deux jours plus tôt. Il souriait, comme d’habitude. Dès la seconde où il apparut, Hachi se jeta dans ses bras, en larmes. Il la sera contre lui, et tenta de la rassurer avec des mots doux, sous les regards interloqués de nos quatre voyageurs.

- San ? s’étonna Shuu.
- Le connard avec un humour de merde ? s’étonna Melosa.
- Bonjour quand même… Comment ça va depuis la dernière fois ? les salua San avec un sourire Colgate.
- Mais bordel, c’est qui tout ces gens ?! s’énerva Killian.
- D’une, on est que deux… Et nous sommes la M-Organisation, répondit San.
- La M-Organisation ?! C’est quoi ça ? demanda Melosa.
- Nous venons d’un autre monde si vous voulez tout savoir… Et eux aussi, fit-il en désignant Shuu et Cat.
- D’un autre monde ? C’est quoi ces conneries ? dit Melosa.
- Laissez tomber… soupira San. Vos esprits étriqués ne pourront voir la grandeur de l’Omniscient…
- Qu’est-ce qu’il raconte ? fit Shuu.

Tous étaient intrigués, même Shuu et Cat qui se demandait ce que pouvait bien être l’Omniscient. Mais San éclata de son fameux rire à glacer le sang.

- Vous croyez que je vais vous répondre ? Vous rêvez ! Je ne suis pas ici pour bavarder… Je suis là pour défendre ma bien aimée…
- Comment tu peux sortir avec un truc qui possède un Lippoutou ? s’étonna franchement Melosa.
- Veuillez vous taire, Melosa Grey, intervint San. Alakazam, explose les pour moi !

Il envoya la Pokéball, et le Pokémon qui en sortit rappela des souvenirs très récents auprès de Shuu et Cat. Killian serra les dents, avant de lâcher ses deux autres Pokéball. Moona le Seleroc et Magnolia le Leuphorie en sortirent. Hachi était toujours collée à San, sanglotante.

- Un Alakazam… Puisque vous résistez je n’ai pas le choix… fit Killian avec un air froid.

Il leva une main, et attira à lui Hachi grâce à Psyko. Cette dernière était morte de peur.

- Cette jeune fille a tenté de résister à la justice… Elle mérite ce qui va suivre. Déflagration.

La boule de feu partit, bien décidée à atteindre sa cible, à savoir Hachi.

« Je ne veux pas mourir… Pas déjà… Pas sans avoir profité plus longtemps de ce bonheur factice… » pensa la jeune femme, alors qu’un flot de souvenirs envahissait sa tête.



- Comment s’appelle-t-elle ?
- Jennifer. Mikura Jennifer.

Grande salle, entièrement en acier. Les murs blindés scintillaient à la lumière d’une lampe halogène. Il faisait néanmoins relativement sombre, et on avait du mal à distinguer les trois personnes présentes. On pouvait cependant remarquer que l’une des silhouettes était toute petite, et qu’elle tenait la main d’une femme plus grande. Le seul meuble était un bureau surmonté d’une dizaine d’ordinateurs. Entre deux unités centrales monumentales, on pouvait voir un visage, masqué par un voile.

- Et bien Jennifer, fit une voix féminine émanant du voile, tu t’appelles maintenant Hachi.
- Pourquoi ça ? demanda le petite fille.
- Parce que c’est comme ça. Dis au revoir à ta très chère maman, puis je te montrerais ta nouvelle maison.
- Pourquoi dire au revoir à maman ? Je ne veux pas… bredouilla la gamine, les larmes aux yeux.

Sa mère, une grande dame aux cheveux blonds et soyeux la prit dans ses bras.

- Il faut que tu sois forte ma chérie. Maman pensera toujours à toi, d’accord ? fit la mère d’une voix chevrotante.
- Maman… dit la petite, qui pleurait pour de vrai maintenant.
- Bon, c’est bon, la scène de style Disney est finie ? s’impatienta la voix masquée. Au revoir madame Mikura !

La personne – on aurait dit une femme, mais rien ne permettait de l’affirmer - avec le voile sur le visage se leva, arracha l’enfant hurlant des bras de sa mère, et la traîna dans une salle annexe, alors que la grande dame s’effondrait, dévastée.


- SAN ! hurla-t-elle.
- NON ! fit ce dernier, perdant son sourire et par la même occasion, son sang froid. Alakazam, Psyko ! Arrête la boule de feu !

Ce fut inutile, la boule continuant de progresser à grande vitesse. Cat ferma les yeux, ne souhaitant pas assister à ce qui allait suivre.

« San… » songea Hachi, dans un état second.



Première journée d’entraînement pour la nouvellement nommée Hachi. Elle se trouvait dans un gymnase, rempli de machines destinées à muscler. Elle était quasiment vide, seul un jeune garçon torse nu, âgé probablement d’une dizaine d’années, soulevait des haltères. La personne au voile, qui lui faisait visiter, lui dit :

- Lui, c’est Go, spécialiste du combat au corps à corps. Et là, tu te trouves dans le gymnase. Suis moi, je vais te montrer le reste.

La personne l’entraîna hors du gymnase, en plein air. Là, elle tomba sur un immense champ de tir, d’au moins quelques hectares. Trois personnes s’y entraînaient, toutes des enfants.

- Ca, c’est le champ de tir. Ceux qui s’entraînent, c’est Jû, Kyû et Roku. Un peu spéciaux, ceux-là.

Elles ne s’attardèrent pas, et arrivèrent dans une minuscule forêt, sans doute créée artificiellement.

- Voici l’endroit qui devrait te plaire. L’espace pièges. Tu peux t’exercer à en poser de toutes sortes, et tu as à ta disposition des gens pour les tester. Tu peux en faire ce que tu veux, même les tuer. Et au passage, l’usine d’armement est sur la gauche, là bas au fond.
- Euh… bredouilla Hachi.
- Oui ? fit froidement la personne voilée.
- Et je dors où ?
- Viens, je vais te montrer.

Elles arrivèrent dans une pièce toute simple, dénudée, où trônait simplement une dizaine de lit, numérotés. Un jeune garçon blond dormait paisiblement sur le numéro 3.

- Tu dors sur le numéro 8, retiens le.
- Très bien. Au fait, quel est votre nom… ?
- M-M, répondit-elle froidement.
- …
- Bon je te laisse. Sache juste que demain à 9 heures pétantes, c’est cours de torture, d’accord ? sourit la dénommée M-M avant de s’éloigner.


~~~


Hachi se réveilla dès que le premier rayon de soleil vint effleurer son gracieux visage. Elle regarda autour d’elle, et soupira. Non ce n’était pas un cauchemar. Elle était bien dans un dortoir avec de purs inconnus, tous endormis profondément. Sauf un. Celui qui dormait sur le lit numéro 3. Il était blond, très mignon, et semblait avoir 10 ans, tout comme elle. Elle décida de se lancer.

- Euh… Comment tu t’appelles ? fit-elle d’une voix timide.
- San.
- C’est pas ton vrai nom… fit remarquer Hachi.
- Peu importe. Je m’appelle San. Et tu dois être Hachi, la nouvelle.
- Oui… Pourquoi je suis là en fait ?
- Personne ne le sait… On obéit aux ordres, on s’entraîne, on tue. Et puis c’est tout.
- Ah…
- Si tu veux, je t’accompagne jusqu’au cours de torture ! proposa le petit garçon avec un sourire éclatant.
- Volontiers ! s’enjoua Hachi, heureuse d’avoir trouvé un ami.

Une heure plus tard, ils torturaient chacun un homme d’une vingtaine d’année qui ne cessait d’hurler à chaque coup de poignard. Hachi et San profitait du vacarme pour discuter tout en travaillant.

- Tu es ici depuis longtemps ? demanda Hachi.
- Oh… 2 ans à peu près.
- Ah ! C’est pour ça que ton homme crie plus fort que le mien ?
- Oui, j’ai plus d’expérience ! sourit-il.
- Zut je crois que je l’ai tué… fit Hachi en regardant son sujet de torture, sanguinolent et inerte.
- Retiens une chose : il ne faut jamais viser les artères ! lança San avec un clin d’œil complice.
- Merci du conseil ! répondit-elle avec un petit rire nerveux, pas amusée du tout pour autant.


~~~


Six ans plus tard, ils mangeaient tous les deux en compagnie de Go à la cafétéria de Sekai no Zu, leur centre d’entraînement. Ils discutaient de tout et de rien, Hachi et San assis, Go faisant des pompes d’une main. Il s’arrêta, ruisselant de sueur.

- Bon, je vous laisse, je vais prendre une douche…
- Ok ! lança Hachi.

Les voilà seuls. Ils se fixèrent, Hachi contemplant les yeux émeraude de San, ce dernier étant absorbé par les iris dépareillés de la jeune fille. Puis, comme s’ils avaient attendus des années pour le faire, ils s’embrassèrent.

Six ans de vie affreuse passée à tuer des gens avec nonchalance, six ans d’enfer permanant, six ans de torture, d’arme et de sang. Les six précédentes années s’effacèrent soudainement, l’amour les balayant d’un revers de la main. Pour la première fois de sa vie, Hachi fut vraiment heureuse. Enfin c’est ce qu’elle croyait.


~~~

L’Armada Zu au complet était rassemblée dans la grande salle de métal, assis sagement sur des chaises en inox. M-M s’y trouvait également, toujours aussi froide et effrayante.

- Bonjour… J’espère que vous avez apprécié ces quelques années passées à vous entraîner… Nous allons désormais passer au concret.

Elle marqua une courte pause théâtrale.

- Nous allons… prendre le pouvoir de l’Omniscient tout entier. Et pour cela, nous avons besoin de l’ADN de jeunes gens qui se trouvent depuis peu dans le Pokémonde. Votre mission sera désormais de ma ramener cet ADN, et par la même occasion de les tuer. Ais-je été claire ?

On ne pouvait être plus clair. Les dix personnes hochèrent silencieusement la tête.

- Bien… Vous aurez les détails de vos missions respectives demain. Dormez bien.

~~~

Hachi était cachée derrière une table du centre Pokémon. Elle attendait, patiemment, que l’un des Voyageurs des Mondes passe à sa portée. Ce fut le cas avec Silver, qui pénétra innocemment dans le centre. Elle visa, et souffla dans une sarbacane. La punaise partit à une vitesse folle, invisible à l’œil nu, et vint se planter dans le cou du jeune travesti.

- Aïe !

« Mission réussie… » songea-t-elle vaguement.


~~~

Hachi pénétra silencieusement dans la chambre d’Albert, le champion de Mauville. Il faisait tout noir, mais on voyait bien que sa condition de champion lui donnait un salaire tout à fait honorable. La pièce était très grande, et meublée de plusieurs beaux meubles en chêne. Elle s’approcha du lit à baldaquin, et y jeta un coup d’œil. Il dormait profondément. La jeune femme fixa son visage assoupi, et soupira. Pourquoi tant de violence ? Mais elle n’avait pas le choix. Elle lui fracassa le crâne avec une batte de base-ball, avant de le fixer au mur à l’aide de punaises très allongées. Elle jeta un dernier regard à celui qu’elle venait de tuer sans le moindre état d’âme.

« Je suis un monstre… Rien qu’un monstre qu’on a dressé pour tuer… Un monstre inhumain… » songea-t-elle, apitoyée. « Et dire que ce meurtre horrible va être attribué à des innocents… Quelle honte ! Quelle horrible ironie ! »


~~~


De retour au centre Pokémon, elle voulait obtenir des infos. Grâce à d’astucieux micros placés dans la punaise, elle pu écouter toutes les conversations. Le lendemain, elle pénétra dans la première cabine téléphonique qu’elle trouva, et appela la police.

« Oui allo ? Sachez que vous trouverez des informations à la salle des fêtes de Mauville… Au revoir ! »

Elle venait de condamner sept innocents à la prison à perpétuité. Charmant.


~~~

- C’était horrible… pleurnicha Hachi.
- Allons… Sache que si un jour tu es en danger, tu n’auras qu’à crier mon nom et je te sauverai… D’accord ?
- Snif… Merci San…
- Mais de rien, chérie…



La boule de feu atteignit sa cible. Un horrible hurlement émanant de San couvrit le bruit de l’explosion. Il s’effondra, détruit de l’intérieur.

A la place de la souriante et charmante blonde qu’était Hachi, se trouvait maintenant un tas de cendres.


Mey galopait sur le dos de Rin. Elle venait enfin de comprendre ce qu’essayait de lui dire son Pokémon, et sillonnait désormais les arbres à la recherche de Mentaline et Silver. Le nuit tombait, et une lumière horizontale éclairait son chemin, renforçant encore la couleur or des arbres. Alors qu’elle contemplait ce magnifique spectacle tout en sentant le vent fouetter doucement son visage, elle entendit soudain des sanglots déchirants. Elle changea légèrement de direction pour en trouver la source… et tomba sur Silver.

Ou plutôt, une coquille vide qui avait autrefois contenu l’âme de Silver.

(ndla : Celui qui me sors que ça ressemble à Tentation, je l’étripe XD)

Le jeune homme était en mode épave, roulé en boule dans les feuilles, secoué de violents soubresauts. Mey se figea, et descendit de son Ponyta shiney nouvellement acquis. Elle s’approcha doucement, hésitante.

- Silver ? Qu’est-ce qui se passe ? essaya-t-elle.

Pas de réponse, toujours des sanglots. Mey s’accroupit auprès du jeune homme, et tenta de poser une main rassurante sur son épaule, qu’il repoussa violemment. Mey soupira, vint se placer juste devant le visage de Silver, et fixa ses yeux argentés embués de larmes. Quand elle ouvrit la bouche ce fut un murmure rassurant qui en sortit.

- Silver… Raconte moi… S’il te plait…

Elle regardait Silver dans les yeux sans sourciller, déterminée à obtenir une réponse. Enfin, Silver céda sous le regard inquisiteur de la jeune fille.

- Gold… bredouilla-t-il.
- Gold ?! Il t’a largué ? s’emporta Mey, indignée.

Silver hocha presque imperceptiblement la tête. Mey serra les dents, furieuse. Elle rentra Rin dans sa Pokéball sans même y jeter un coup d’œil, ce qui lui valu un regard indigné du poney.

- Pourquoi il t’a largué ? demanda-t-elle, énervée.
- …
- Silver, tu peux tout me dire, je le crierai pas sur les toits…
- … Parce que j’étais un criminel, finit-il par avouer, déconfit.
- OH L’ENCULE DE SA RACE ! s’écria Mey, furibonde désormais.

Mais les pleurs de Silver redoublèrent devant l’insulte, et Mey tenta de se rattraper.

- Euh… Désolé, c’était peut-être pas le truc à dire…
- Pas grave. Je sais que c’est un connard, mais bon…
- Tu l’aime toujours, termina Mey à sa place.
- … Oui.
- On se croirait dans roman pour ados… soupira la jeune fille, avant d’essuyer un regard courroucé du roux. Désolé, j’avais oublié que y’avait pas de gays dans les romans pour ados, fit-elle avec un rire nerveux.

Ce qui lui valut une baffe méritée de la part de Silver. Mey se tint la joue, pétrifiée. C’était la première fois que Silver levait la main sur qui que ce soit. Ce dernier avait le regard si froid que Mey en frissonna. Elle ne l’avait jamais vu en colère, et cette dernière avait quelque chose de terrorisant qui la fit reculer de quelques pas. Silver se leva prestement, et toisa la jeune fille de toute sa hauteur, bien qu’il ne soit pas beaucoup plus grand qu’elle.

- Idiote… Tu ne sais pas ce que c’est… fit-il d’une voix affreusement glacée.
- Je sais, je suis désolée Silver… s’excusa Mey, penaude.
- J’étais amoureux de ce type… Et pour la simple raison qu’il me prend pour quelque chose que je ne suis pas, il ne veut plus me parler. 3 ans. On sortait ensemble depuis plus de 3 ans. 3 ans balayés, comme ça, en un seul coup de fil. Et la seule chose que tu trouve à dire c’est « On se croirait dans un roman pour ado », et la seconde d’après tu fais genre je suis spécial parce que je suis gay… T’es vraiment… qu’une sombre conne.

Mey frémit sous les mots acides du jeune homme. Elle avait peur de Silver en cet instant. Pas à cause des insultes, Mentaline avait déjà fait bien pire… Mais sa voix avait une telle froideur, était si cassante…Mey baissa la tête, ne sachant quoi répondre. « Tout ce qu’il dit est vrai après tout… Je manque cruellement de tact… Sortir un truc pareil alors qu’il venait de se faire larguer… C’était tellement idiot… » Silver n’avait pas encore fini.

- Après tout, Mentaline avait raison… Tu ne penses qu’à ton image. Tu veux prouver que tu es solide, cool, que tu as du caractère…
- …
- Mais en ce moment, je suis juste affreusement triste, et que tu sois cool, franchement j’en ai rien à battre. Je pensais… je sais pas moi, que t’allais chercher un truc pour me réconforter… Mais non, Mey est une grande dame, qui s’énerve et qui amuse la galerie. Alors que je sais très bien que tu serais tout à fait capable de sortir quelque chose de plus approprié…
- Tu as parfaitement raison, le coupa Mey.
- Quoi ? s’étonna Silver.
- Je suis une idiote… Tout ce que je veux c’est que les gens m’aiment… Et les gens n’aiment pas les faibles, dit-elle, penaude. En vérité… j’aimerais pleurer dès qu’il m’arrive un truc triste… J’aimerais m’enfuir quand je sens un danger… Mais tout ceci est idiot, et inutile.
- Et si les gens voulaient voir cette Mey là ? demanda Silver.
- … Jusqu’à présent, j’étais sure qu’ils détestaient ceux qui n’étaient pas courageux, les faibles…
- C’est vrai, les gens n’aiment pas les faibles. Mais par contre, ils aiment ceux qui font preuve d’empathie… ceux qui savent rassurer… ceux qui savent trouver les mots juste, ceux qui pleureront quand quelque chose leur arrivera…
- Tu as raison… admit la jeune femme. Mais c’est toi qui a un problème… Gold t’as quitté... Personnellement, je pense qu’il ne vaut pas la peine de pleurer, mais tu avais l’air de beaucoup l’aimer… Alors je ne peux pas vraiment t’aider. Tu dois réussir tout seul à faire une croix dessus, à passer à autre chose.
- Mais je l’aime toujours… soupira Silver, qui sentait les larmes lui revenir.
- Je ne te demande pas de le haïr, juste de faire quelque chose qui… qui signifierait que Gold, c’est du passé et uniquement du passé ! insista Mey.
- …
- Réfléchit, qu’est-ce qui te rattachais à Gold ?
- … Peu de choses…
- Bon… Qu’est-ce que t’as fait pour lui, dans ce cas ? tenta la jeune femme.
- Je… me suis travesti…
- Et bien tu l’as, ta réponse. Redevient un vrai garçon. Pense comme un vrai garçon. Et petit à petit, Gold sortira de ta tête. Tu peux même effacer son numéro dans ton répertoire…
- Comme si c’était aussi simple que ça… Tu t’es déjà fait plaquer ? demanda Silver, presque sarcastique.
- Euuuuh… Pas vraiment… La plupart du temps, c’est moi qui rompais…
- Dans ce cas, laisse tomber. Trouve autre chose.

S’ensuivit un grand silence. Entre-temps, Mey et Silver s’étaient assis, fatigués. Chacun de leur côté, ils menaient une lutte intérieure. Mey tentait de savoir ce qu’était sa véritable personnalité, et un flot d’émotions parcourait sa tête, pendant que Silver songeait évidemment à Gold. La nuit était là à présent, et le clair de lune baignait les deux amis d’une lumière blanchâtre. Petit à petit, ils semblaient se rapprocher l’un de l’autre. Finalement, vers minuit, ils étaient dos à dos, plongés dans leurs pensées. Alors, d’un même geste, ils s’étreignirent, tous les deux en larmes.

- Je… commença Mey, d’une toute petite voix. Je te jure que je ferais tout pour être moi-même, à présent.
- Et moi, fit Silver, bredouillant, je te promet de ne plus me faire passer pour une fille, et de tenter d’oublier Gold.

Soudain, il y eut un bruissement, et Mentaline sortit d’un fourré. Voyant la scène, elle se figea, puis éclata d’un rire nerveux.

- Euh… je dérange, non ?
- Non pas du tout ! assura Mey en s’éloignant de Silver, alors qu’elle pensait très fort « Putain, au moment où j’allais tout lui avouer ! ».
- Vous devriez rentrer… Tout le monde s’inquiète.
- Tout le monde ?! s’étonna Mey.
- Ben Crystal et Flora, quoi… précisa Mentaline.
- En même temps, je suis sûre qu’elles sont contentes d’être seules… Doivent faire des trucs salaces dans leur sac de couchage…
- Silver ! s’indigna Mentaline avant d’éclater de rire.
- Voilà, là t’as l’air d’un mec ! ricana Mey. Retiens ça : les mecs sont des pervers et ont l’esprit tordu !
- … Tu sais, je sais ce que c’est un mec, hein… soupira Silver.
- Ah oui, c’est vrai, désolée !
- Mais tu connais le chemin, Mentaline ? s’étonna le jeune homme.
- Hum, je pense que oui… fit-elle, l’air faussement pas très sure d’elle…

…alors qu’elle était parfaitement capable de donner la distance à parcourir, le dénivelé cumulé, l’itinéraire précis, le temps qu’il faudrait pour rentrer, et le nombre de champignons qu’ils croiseraient sur la route.

C’est ainsi qu’ils rentrèrent au campement, où ils trouvèrent les deux jeunes femmes dans une position plutôt compromettante. Dieu merci pour la pureté de nos trois héros, elles avaient gardé leurs habits…


~ Monde Réel ~

Deux personnes, un homme et une femme, discutaient, assis dans des poufs moelleux. Ils se trouvaient dans une grand pièce, extrêmement luxueuse, pourvue d’un jacuzzi, de diverses lampes à lave et d’un bar haute qualité. Le sol était dans un velours d’un rouge satiné, et l’ambiance était plutôt agréable.

- Rah, ça fait maintenant trois semaines qu’il a fugué… grommela l’homme, rageur.

Il était grand et ses cheveux étaient d’un noir profond. Ses yeux noisette regardaient la femme qui était assise à sa droite. De taille moyenne, ses cheveux blonds lui tombaient aux épaules, et elle avait une dose de maquillage plutôt hallucinante. Elle portait des vêtements de grands couturiers, et divers bijoux d’une valeur probablement inestimable. Elle se leva, renfrognée.

- J’exige que tu renforces les recherches ! lança-t-elle à l’homme qui devait être son mari.
- Mais chérie, j’ai déjà engagée la mafia italienne, et ça me coûte suffisamment cher comme ça…
- Tutut, ça NOUS coûte ! Je te rappelle que la plupart de TA fortune soi-disant, provient de moi et uniquement de moi ! Donc je t’ordonne de mettre NOTRE fortune pour retrouver notre fils ! cria-t-elle remontée.
- Ecoute Alexandra, il reviendra quand il voudra revenir…
- Mais bordel, on l’a peut-être KIDNAPPE, Cyril !
- Shuu sait se défendre, il a fait l’armée…
- C’était une brêle en combat, et tu le sais très bien ! s’indigna la dénommée Alexandra.
- S’il s’était fait kidnappé, on nous aurait déjà demandé une rançon. Et puis il est malin, il trouvera toujours un moyen de s’échapper seul… fit timidement Cyril.
- Tu es entrain de dire que tu tiens plus à ton fric qu’à ton fils ?! s’emporta la femme.
- Mais non… bredouilla son mari.
- CONNARD !

Et elle quitta la pièce, claquant violemment la porte. Cyril se prit la tête dans les mains, et soupira.

- Enfoiré de Shuu… Qu’est-ce qui t’as prit de disparaître, comme ça…


Cat se jeta sur Killian, et lui colla une violente claque dans la figure. Haletante, elle fixa le jeune homme de ses yeux noirs, visiblement très en colère, alors que Killian était hébété.

- ESPECE DE CON ! hurla-t-elle.
- Cette jeune fille a essayé de résister aux forces de l’ordre, j’ai donc parfaitement le droit de prendre sa vie, se justifia Killian, toujours avec sa voix froide.
- Et en plus tu dis ça nonchalamment ! S’pèce de petit con… Tu te rends compte que tu viens de tuer quelqu’un ?! Hein ?! Tu sais ce que ça veut dire, tuer ?! Ca veut dire qu’on ne vit plus, qu’on ne sourit plus, qu’on ne parle plus, qu’on ne respire plus, qu’on n’éprouve plus aucun sentiment, qu’on est incapable de voir, d’entendre, de penser…
- Je sais.
- ALORS POURQUOI TU LA TUE COMME CA, COMME SI C’ETAIT NORMAL ?! cria-t-elle, dans une colère noire.

Shuu n’en revenait pas. Il s’était attendu à ce que Cat se mette à pleurer, ou à ce qu’elle parte en courant, mais pas à ce qu’elle engueule violemment Killian. « Elle a mûrie... mais elle se met quand même en danger, je crois qu’elle oublie que théoriquement, Killian est notre ennemi… Il ne faudrait pas qu’il lui prenne soudain l’envie de la tuer parce qu’elle a « résisté »… » Le jeune homme posa une main sur la poignée de son épée en chocolat, toujours à sa ceinture, au cas où. Melosa ne sembla pas remarquer ce geste, trop absorbée par le duel verbal. Quant à San, il pleurait de tout son saoul, effondré devant ce qui restait de sa bien aimée.

- TU N’ES QU’UN CONNARD SANS CŒUR !
- C’est mon travail.
- De tuer les gens alors qu’ils ne le méritent pas ? Chouette vision de la justice ! railla Cat, sarcastique. Tu me fais pitié ! J’exige que tu t’excuses auprès de San !
- Quoi ? Je vais le capturer oui… marmonna Killian froidement.
- Et s’il résiste, tu vas le tuer c’est ça ?!
- Exactement. C’est mon travail. Je dois faire certaines choses même si je n’en ai pas envie.
- MENTEUR ! Tu aurais très bien pu simplement la capturer, elle était inoffensive, tous ses Pokémon étaient KO… Tu n’es qu’un monstre ! J’avais de l’admiration pour toi, mais en fait tu es comme tout les autres… Tu n’as pas de cœur ! Tu sais ce que ça fait de perdre quelqu’un ?! Tu sais ce qu’on ressent ?! Si tu le savais, alors tu ne tuerais certainement pas avec autant de facilité… bredouilla-t-elle, tremblante de rage.
- … Puisque que tu insistes, je vais passer l’éponge sur ce San… céda finalement Killian. Je vais le menotter, et je te jure que je ne le tuerai pas.
- T’as intérêt ! termina Cat, satisfaite.

Elle revint se ranger près de Shuu, qui lui lança un sourire de félicitation. Cat le lui rendit. Melosa, quant à elle, était revenue aux côtés de Killian, visiblement pour l’épauler en cas de problème.

- Bon, Monsieur San, je vais être obligé de vous capturer, commença calmement le jeune homme aux yeux dorés.

Le dénommé San releva doucement la tête. Cat et Shuu frissonnèrent, tant la haine sur son visage était impressionnante. Melosa, par précaution, sortit Emeraude le Majaspic pour accompagner sa Zoroark. San réussit à se mettre debout.

- Vous… Vous avez osé… JE VAIS VOUS TUER ! ALAKAZAM, EXPLOFORCE !

D’un geste du bras, Killian balaya la sphère de type Combat avec une simple attaque Psy. Les fameuses haches du blond fusèrent, vite réduites en miettes par l’attaque Tranche-Nuit de Zoroark.

- Majaspic... Lame Feuille !
- Déflagration !

Une boule de feu vint mettre à terre l’Alakazam, tandis que Majaspic assénait un vigoureux coup de queue. Le Pokémon tomba immédiatement K.O., sous le regard encore plus furieux de San. Alors qu’il allait se jeter sur Killian, une voix sortit soudain de nulle part.

- Agent San… Rentrez immédiatement. Votre mort serait embêtante, alors veuillez vous dépêcher.

C’était une voix affreusement métallique, rouillée. San baissa les yeux, semblant se contenir pour ne pas hurler à la voix d’aller se faire foutre. Puis il jeta un regard noir aux quatre compagnons.

- Croyez moi… On se retrouvera, et ce jour là, vous payerez pour ce que vous avez fait à Hachi… murmura-t-il froidement.

Et il disparut soudainement, aspiré par un petit vortex d’un blanc immaculé. Killian n’eut pas le temps de le retenir.

Un calme pesant s’installa, salvateur après ces longues minutes d’effroi. Le jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux dorés fixait Cat. Soudain, il décréta :

- Bon… Je pense que suite à ce discours, je ne peux peut que vous considérer innocents. Cat serez tout simplement incapable de tuer quelqu’un. Néanmoins… Je ne peux pas convaincre les forces de l’ordre. Donc vous devrez rester cachés. Au revoir.
- Attend Killian ! lança Cat.

Mais trop tard, il s’élançait déjà telle une fusée, évitant les arbres omniprésents. Cat, Melosa et Shuu se retrouvèrent donc seuls dans la clairière, étrangement calme désormais. Cat avait l’air choquée par le départ de Killian, tandis que Shuu semblait s’y attendre. Il jeta un coup d’œil à Melosa, qui rentrait Emeraude dans sa Ball en la félicitant. Le jeune homme s’approcha d’elle.

- J’imagine que tu vas partir, toi aussi, lança-t-il, presque amèrement.
- Disons que je l’aurais fait en temps normal, mais j’estime que Cat avait plutôt raison sur ce coup là… Donc je vais tenir ma promesse, je vais vous accompagner jusqu’à Doublonville. On y sera demain.

Shuu s’étonna, mais elle afficha un grand sourire. Le jeune garçon rougit légèrement avant de se manger un joli coup de pied circulaire dans la gueule.


- Gooooo ?
- Oui Justine… soupira ce dernier, blasé.
- Tu peux venir m’aider, j’arrive pas à accrocher mon soutien-gorge ! plaida la jeune fille.
- … Tu sais que ce que tu viens de dire est extrêmement érotique ?
- Je t’emmerde, Monsieur le militaire pédophile ! Vient plutôt m’aider !
- J’arrive…

Alors qu’il faisait ce qu’elle avait demandé en détournant le regard – il eut quand même le temps de remarquer qu’elle faisait du bonnet A, à son grand désarroi -, il l’entendit murmurer quelque chose.

- Qu’est-ce que tu dis ? demanda-t-il, étonné.
- Oh ! Rien, je me disais que Melosa pourrait peut-être se dépêcher, parce que si ça continuait, j’allais finir par me faire violer ! sourit joyeusement Justine.
- …


- Allo ?
- Oui, ici Killian Heart… J’appelle pour faire mon rapport.
- Très bien, je vous écoute.
- J’ai sillonné tout le bois aux Chênes, et je n’ai rien trouvé. Il semblerait qu’ils disposent d’un moyen de se cacher plutôt efficace.
- … Je vois, je préviens le QG.
- Hum. Ah, et en fait ! L’explosion qui a eut lieu dans le bois aux Chênes, c’est ma faute. Il s’agissait d’un reste d’une batterie de missile de la Guerre Memoria… Je les ai sécurisés et fait exploser, faute de pouvoir les désamorcer.
- Très bien, merci pour ces infos. Vous êtes mutés à proximité de Miriarbres, pour enquêter sur la fusillade de l’hôpital. Bonne chance.
- Merci, au revoir.
- Au revoir.

Killian soupira un bon coup, avant de jeter un dernier coup d’œil en direction de là où se trouvait Shuu, Cat et Melosa. « J’espère que je fais bien de leur faire confiance… Bah, après tout, Melosa est avec eux, il n’arrivera rien… »

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Meetic Infinity   Mer 28 Déc 2011 - 15:15



Le soir, après que Killian soit parti, ils discutèrent longuement et expliquèrent à Melosa qu’ils venaient effectivement d’un autre monde, et lui prouvèrent par les même moyens que pour Silver. Elle mit un moment à se laisser convaincre, mais elle finit par admettre qu’ils disaient vrai, même si elle peinait à y croire.

Le lendemain, Melosa, Shuu et Cat arrivèrent enfin à proximité de Doublonville. Les gratte-ciels de la grande agglomération étaient suffisamment hauts pour qu’on puisse les voir de la forêt, et on percevait le bruit de l’activité intensive qui y régnait. Evidemment, par souci de discrétion, ils devaient se contenter de rester dans le Bois aux Chênes. Vu qu’ils allaient passer plusieurs jours à tenter de trouver un plan pour percer les défenses de la ville, ils installèrent un campement dans une grotte. Ils y passèrent une petite heure, se devant de mettre au point quelques petites alarmes à l’ancienne – à savoir, des fils reliés à des boites de conserves.

Quand ce fut fait, ils s’installèrent en cercle pour tenter de mettre les choses au clair. La caverne était quasiment vide, à l’exception des sacs de couches, sur lesquels ils étaient assis, et d’une marmite au centre, où bouillonnait une soupe pour le repas de midi, préparée par les bons soins de Cat. Shuu présidait la réunion, parce qu’il l’avait décidé.

- Bon, cette réunion a deux objectifs. Le premier, tirer au clair cette histoire d’agents de la M-Organisation. Le deuxième, trouver un plan pour atteindre l’arène de Doublonville sans mourir dans d’atroces souffrances ou se faire capturer.

Il marqua une petite pause très théâtrale, Shuu adorant surjouer tout ce qu’il faisait. Il déroula un petit schéma de sa confection, et commença son exposé avec un air à la Prof Chen.

- « Concernant le premier point, nous avons quelques informations, étant donné que nous avons déjà rencontré quatre membres de la fameuse M-Organisation. Le premier, Jû, nous l’avons neutralisé. Kyû, le deuxième, est mort, ainsi que Hachi, la quatrième. San, quant à lui est toujours vivant. Pour ce qui est des noms, on peut supposer qu’il s’agit de nombres japonais. Jû signifie 10, Kyû est le numéro 9, Hachi veut dire 8, et San, c’est le numéro 3. On peut remarquer que les trois premiers sont dans l’ordre, alors que San est à part. Si on considère que plus le nombre est petit, plus l’agent est puissant, alors les trois premiers seraient l’attaque en douceur. Mais le numéro 3 marquerait clairement un désir d’accélérer les choses. D’un autre côté, cet argument est peu valable, étant donné qu’on ne sait pas ce qui est advenu des deux autres groupes. On sait grâce à Melosa qu’aucun n’a été arrêté, ce qui est bon signe.

« Du côté de leur force, continua-t-il, si on s’en tient à l’hypothèse que plus le nombre est petit plus il est puissant, alors il resterai donc Ni et Ichi, qui seraient particulièrement dangereux – car je le rappelle, les nombres japonais de 1 à 10 sont Ichi, Ni, San, Yon, Go, Roku, Nana, Hachi, Kyû et enfin Jû. Sachant que Melosa arrive à maîtriser San, numéro 3, on peut supposer que les dénommés Yon, Go, Roku et Nana sont une menace moindre que Ichi et Ni.

« Pour ce qui est de leur but, il est plutôt clair au niveau concret ; ils veulent notre ADN, et accessoirement nous tuer. Selon moi, et en vue de ce qui s’est passé avec Kyû, ils doivent avoir un temps inférieur pour tuer leurs Jumeaux Spirituels. En théorie, nous nous avons 6 mois, voir un peu plus. Kyû aurait donc passé volontairement trop de temps à tuer le sien dans le but de mourir, et s’est vu ainsi dissout. C’est du moins l’interprétation que j’en fais, et je peux appuyer cette hypothèse de termes techniques un peu trop compliqués pour vous.

Melosa eut un regard à la « Dit qu’on est complètement connes tant que t’y es ! », mais elle se tut, absorbée par les paroles du jeune homme, qui avait soi dit en passant un débit de parole plutôt impressionnant.

« Et ensuite, il y a la question de l’Omniscient. Qu’est-ce que c’est ? Un être vivant ? Un endroit ? Une religion ? Un Dieu ? Celui qui est à la tête de tout ça ? Impossible de le savoir. On sait par contre que c’est une dénommée « M-M » qui a l’air de contrôler pas mal de choses. Conclusion de la première partie : Ichi et Ni sont probablement très dangereux, le but de la M-Organisation est de mettre la main sur notre ADN et éventuellement d’avoir plus de temps pour tuer leur Jumeaux Spirituels. Il semblerait que celui qui soit à la tête de tout ça soit  M-M, et peut-être l’Omniscient. Des questions ? »

Cat et Melosa étaient bluffées. Il venait de leur faire un exposé complet de la situation, sans rien omettre, et d’en tirer des conclusions qui paraissaient véridiques. C’était clair, complet et efficace. Jamais Cat n’aurait jamais songé qu’il était capable de pondre un truc pareil, et posa donc une question tout à fait légitime.

- Oui, j’en ai une. Comment t’as pu retenir toutes ces choses et nous faire un pareil exposé ?

Shuu rougit violemment, prenant ça pour un compliment.

- Ben… Mon prof particulier de Physique Chimie me disait que j’avais une capacité d’analyse très impressionnante… répondit-il, gêné.
- Oh… Moi j’en ai une autre ! fit Melosa. Comment tu peux être sûr que plus le nombre et petit alors plus ils sont puissants ?
- Tiens, t’as tout suivi ? s’étonna Shuu, avant d’essuyer un regard noir. C’est assez logique en fait. Nous n’avons pas eu trop de mal à se débarrasser de Jû et Kyû – bien que ce dernier avait bon fond – et Hachi n’était pas très forte non plus. Quant à San, lui avait un Pokémon puissant, et un pouvoir spécial qui lui permet de déplacer les objets avec la pensée, ce qui est suffisamment dangereux pour être classé numéro 3.
- Hum… Ca se tient. Bon, on passe au deuxième sujet, bien qu’il ne me concerne pas vraiment…
- … vu que tu partiras sans doute demain ou après demain, termina Shuu.
- C’est ça le mioche. Bon, vas-y, on t’écoute.
- Ben là j’ai pas grand-chose à dire, vu que je connais Doublonville que part les jeux… Je sais que c’est une grande ville, et que y’a la tour Radio et un fleuriste à côté de l’arène… Et la Championne c’est Blanche.
- T’as tout bon. Et y’a aussi le fait que Doublonville soit la capitale de Johto, ce qui fait d’elle la ville la mieux gardée. Elle est protégée par une très puissante barrière psychique, qu’on ne peut franchir que si on a des papiers en règle. Et à l’intérieur, on trouve entre autres le quartier général des Echoes, et la caserne des agents des forces de l’ordre. Donc si vous voulez mon avis, vous avez autant de chance d’atteindre l’arène que de chier des bisounours ! ricana narquoisement Melosa.
- … Bon, ok d’accord, on est dans la merde, grimaça Shuu.
- Clairement ! appuya Melosa.
- Y’a vraiment aucun moyen de passer cette barrière ? Parce qu’à la limite, une fois à l’intérieur, on peut se débrouiller… fit remarquer Cat.
- En fait Killian pourrait vous la désactiver en trois secondes avec Moona, mais il n’est pas là, et en plus ça ferrait sonner l’alarme…
- Killian est si fort que ça ? s’étonna Cat.
- Mouais, si on veut…En tous cas, c’est l’Echo le plus proche de la Résonance parfaite, et ça c’est indéniable.
- C’quoi la Résonance ? questionna Shuu, intrigué.
- Ben en gros, les humains émettent des ondes, et les Pokémon également. Ca s’entend pas, hein. Et plus les fréquences des deux ondes se rapprochent, plus l’Echo est en cohésion avec son Pokémon. Et Killian, c’est celui qui est le plus près des ondes de ses Pokémon. Et bien sûr, le but d’un Echo est de pouvoir modifier sa fréquence pour mieux résonner avec mon Pokémon… En tous cas, c’est ce que Killian m’a expliqué, termina-t-elle.
- Wow, c’est compliqué ! fit Cat, admirative.
- Peut-être, mais c’est pas vraiment le sujet… Je disais donc que-
- GOOOOOOOOOO ! J’LES AI TROUVEEEEES ! hurla une jeune fille.

Il s’agissait évidemment de Justine qui venait de débouler dans la grotte, faisant sursauter tout le monde par la même occasion. Ses cheveux aussi noirs que ceux de Shuu étaient complètement en vrac et parsemés de brindilles et de feuilles, tandis que son pantalon était déchiré par endroit. De toute évidence, elle avait passé plusieurs jours dans la forêt.

Shuu, la surprise passée, dégaina son épée en chocolat – qui, rappelons le, était étrangement capable de trancher du métal – et porta sa main gauche à ses Pokéball. Le nom de Go ne lui disait rien qui vaille. Cat sembla elle aussi comprendre en voyant la réaction de Shuu, et Broke sortit de sa chevelure touffue. Melosa, elle, était juste très surprise.

- Justine ? fit-elle, abasourdie.
- M- Me- Melo… Melosa ? fit Justine, s’empourprant violemment. Qu- Que… Com- Comment ça… va ?
- Vous vous connaissez ? s’étonna Shuu.
- Ouais, une amie de voyage… signala Melosa.

C’est ce moment là que choisit Go pour arriver à son tour. Son état était encore pire que celui de Justine, si c’était possible. Il manquait un morceau entier à son T-Shirt sans manches, et son pantacourt était en lambeaux. Il était tout rouge, sûrement parce qu’il venait de courir. Il s’avança dans la grotte, essoufflé. Quand il s’aperçut enfin de la présence de Shuu, Cat et Melosa, il marmonna un vague « Salut. ». Shuu le pointa du doigt.

- Et lui, c’est qui ? demanda Shuu, suspicieux.
- Mon prisonnier ! fanfaronna Justine.

Shuu remarqua alors les mains liées de Go, et eut un brusque élan de compassion. Courir avec les mains liées était quelque chose que le jeune homme brun n’oublierait jamais, tant c’était dur et rageant. Mais il se reprit rapidement.

- Ton prisonnier ?! Il t’a attaqué ? Bon en même temps c’est logique et ça confirme ma brillante théorie sur les nombres japonais de 1 à 10, donc c’est tout bénef pour moi… marmonna-t-il ensuite, plus pour lui-même que pour les autres.
- Mouais, en quelque sorte… On a fait un combat Pokémon, et il a perdu. Donc, quand il a voulu s’enfuir, je l’ai choppé ! répondit la jeune fille avec un grand sourire.
- Impressionnant… souffla Melosa.

Le compliment transforma Justine en une belle tomate bien mûre. Cat se demanda vaguement s’il était humain de pouvoir rougir autant, avant de se reconcentrer sur Go. « Effectivement, si elle a maîtrisé cette armoire, c’est plutôt impressionnant… » songea la jeune fille.

- M… Merci… Et je l’ai gardé parce qu’il m’a dit qu’il détenait peut-être des infos intéressantes… ajouta Justine, visiblement décidée à se mettre en valeur.

Go observait ça, intrigué. Ce n’était pas du tout le genre de la jeune fille de se vanter, et c’était même plutôt le contraire. Mais en même temps, il s’inquiétait pour sa peau parce que la dénommée Melosa n’avait pas l’air commode, et si elle décidait de lui soutirer des infos… Il frissonna.

- Bon, peu importe, fit Melosa. Tu vas t’asseoir tranquillement et nous raconter ce qu’il s’est passé… Shuu, va attacher le type baraqué à un arbre, tu seras mignon.
- Je suis pas ton valet de chambre ! s’indigna Shuu, avant de se taire sous le regard noir de la jeune femme. C’est bon, j’y vais…

Il s’approcha de Go et lui attrapa les mains par la corde. Il le traîna jusqu’à dehors sans effort, le jeune homme n’opposant aucune résistance. Arrivé à l’arbre où il avait prévu de l’attacher, il s’avéra qu’il y avait un petit problème. Shuu n’avait pas de corde. (ndla : Et voilà, je fais pas le coup de la corde qui sort de nulle part, pas comme dans tous les films d’actions !)

- Diiiiiiiiiiis… T’as pas une corde ? demanda Shuu avec un sourire.
- … Si, dans mon sac à dos… soupira Go, désespéré par le taux de connerie des gens qu’il rencontrait.

Shuu le remercia, avant de se mettre sur la pointe des pieds pour atteindre la hauteur de Go. Il fouilla un moment, et finit par dénicher une corde, d’apparence solide. Il la sortit, triomphant.

- Héhé, je l’ai ! Désolé vieux, mais t’es dangereux donc je dois t’attacher… s’excusa Shuu avec un pauvre sourire.
- Boarf, j’ai l’habitude tu sais…

Le gamin le saucissonna bien serré, et décora le tout d’un nœud d’une complexité à en faire pâlir un mathématicien. Puis il revint à l’intérieur de la grotte, et s’assit en cercle avec les autres.

- Bon alors, Justine, on t’écoute, dit Melosa.
- Euh… Ben je m’appelle Justine, j’ai 16 ans, toujours vierge mais plus pour longtemps vu que Go traîne dans les parages… Et je suis… bredouilla-t-elle avant de rougir violemment une fois de plus. … une vieille amie de Melsoa.
- Tout s’explique… dit Shuu. Et comment t’as rencontré Go ?
- Bon alors bien que je n’ai pas très envie de répondre à un meurtrier, je vais tout de même le faire vu que Melosa à l’air de bien vous aimer… Et puis t’es gay, donc bon…
- Eh ! Je suis bi ! s’indigna le principal concerné.
- Bi, nom commun ; désigne un lycéen ou un collégien trop coincé du cul pour s’assumer complètement gay, répliqua Justine sur le ton de la conversation.

Shuu ouvra la bouche puis la referma, songeant que de toute façon, cette fille avait réponse à tout. Melosa était morte de rire.

- Comment elle t’a envoyé bouleeeeeer ! ricana-t-elle.
- Pfffff…
- Je comprends mieux pourquoi tu fixais Killian avec cet air béat ! lança la maître Pokémon avec un sourire moqueur.

Shuu rougit presque plus que Justine, avant de répliquer d’une voix suave :

- Ah parce que toi peut-être, tu n’as pas un petit faible pour Killian ?
- Que… Que… Bien sûr que non ! bredouilla Melosa.
- Mon œil oui… Killian par ci, Killian par là, Killian c’est le meilleur, Killian et moi… énuméra Shuu.
- Roh ça va, hein !
- Tiens d’ailleurs, comment t’as su que j’étais bi ?
- Gay… rectifia Justine sous le regard courroucé de Shuu. J’ai un Gayradar assez évolué on va dire. Mais bref… J’ai rencontré Go alors que je dormais sur le banc public de Doublonville, commença-t-elle.
- Les SDFs m’ont toujours fait pitié… grommela Shuu, décidé à se venger.
- Dans ce cas tu as une piètre estime de toi-même, monsieur je vis dans une grotte… sourit la jeune fille d’un ton amical.

La voix de Go émanant de dehors leur cria « ELLE APPELLE TOUT LE MONDE MONSIEUR QUELQUE CHOSE, VOUS ETES PREVENUS ! » Il marqua une pause comme s’il réfléchissait, puis ajouta « AH OUI, ET ELLE FAIT DU BONNET A, AUSSI ! » Shuu éclata de rire, imité par Cat. Melosa se retenait de s’effondrer de rire, et Justine rougit jusqu’aux oreilles.

- Bref, fit-elle, reprenant contenance. Je disais que Go m’avait réveillé alors que je dormais, et m’avait proposé de rejoindre une organisation qui voulait dominer le monde, et qui mettrait mes talents à profits.
- Mon Dieu que c’est cliché, soupira Shuu.
- J’avoue… renchérit Cat.
- L’auteur est clairement à court d’inspiration… ajouta Melosa.

Tandis que l’auteur leur faisait un doigt d’honneur, Justine semblait en avoir marre d’être coupée tout le temps. Elle tandis la main vers une miche de pain à côté du feu sur lequel bouillonnait la soupe de midi. Toujours en tailleur, elle perdit l’équilibre et plongea tête la première dans la marmite, ce qui coûta le décès prématuré de Cat, Shuu et Melosa – crise de rire trop longue, mort par manque d’oxygène.

Après un coup de baguette magique de l’auteur, les revoilà d’aplomb, la soupe par terre ayant déjà été nettoyée par le vigoureux coup de langue de Chôji le Goinfrex.

- Donc j’ai évidemment refusé de rejoindre l’organisation, et je l’ai défié en combat Pokémon. J’ai gagné haut la main, et alors qu’il allait s’enfuir dans un machin blanc, je l’ai décalqué avec un Hydrocanon et ligoté. Il m’a dit que vous alliez bientôt arriver ici, donc on s’est installé dans la forêt et j’ai survécu parce que Go s’y connaît. Sinon, je serais bien évidemment morte.
- Après l’épisode de la soupe, je ne peux que confirmer, soupira Cat.
- Voilà toute l’histoire.
- Nous venons donc de capturer le membre numéro 5 de la M-Organisation… Ce qui est plutôt pas mal ! s’exclama Shuu, content que son exposé puisse avancer.
- Oui fin, c’est quand même un petit peu moi qui l’ai capturé… précisa Justine.
- En tout cas, c’est génial Justine ! la félicita Melosa, avant de lui donner un petit coup de poing amical.

Une petite étincelle émanant de l’oreille de Justine indiqua qu’elle venait de disjoncter suite à une surchauffe. Ils prirent ensemble le repas de midi dans la joie et la bonne humeur, malgré que le dîner soit plutôt sommaire à cause d’une certaine personne qui avait renversé la marmite. Ils mangèrent donc quelques baies. Melosa s’allongea, repue.

- Shuu, Cat, Justine… Allez nourrir le prisonnier…
- ENCORE ?! s’exclama Shuu.
- Tu veux que je t’arrête ? C’est mon droit je te rappelle… fit la jeune femme avec un clin d’œil.
- Tch… Ok, mais j’ai le droit de l’interroger !
- Fais ce que tu veux, je te le donne si tu as envie…
- … C’pas un objet, c’est un être humain…
- C’est un mec, donc un objet ! répliqua Melosa.
- …

Lui, Justine Cat prirent deux baies chacun, et sortirent de la grotte. Ils s’approchèrent de l’arbre, Go eut un grand sourire en les voyant arriver – en même temps, il devait sûrement mourir de faim. Justine était toute apitoyée devant le jeune homme complètement affamé.

- Hey, on t’apporte à bouffer ! sourit Shuu.

Il lui tendit la baie, et se souvint des mains liées de Go. Il ricana, avant de déposer ses deux baies par terre, sous le regard mi-surpris mi-colérique du jeune homme. Shuu attrapa Cat et Justine par le bras avec un clin d’œil, et les tira loin de Go. Ce dernier cria.

- EH ! SALOP, J’AI FAIM BORDEL !
- C’est quoi ce vocabulaire ? s’outra faussement Shuu en se retournant, sous le regard amusé de Cat.
- Donne moi à bouffer. S’il te plait, ajouta-t-il en avisant l’air réprobateur du jeune homme brun.
- Et ben voilàààààà ! fit Shuu en s’approchant et en ramassant une baie. Maintenant, fait « Aaaaaaaaah » !
- … Un jour j’aurais ta peau.
- Je t’écoute…
- … Ah.
- Plus longtemps, et la bouche grande ouverte !

Cat était morte de rire, Justine semblait plaindre le pauvre Go, tandis que ce dernier fulminait devant un Shuu qui semblait s’en donner à cœur joie. Il agitait innocemment les baies devant le nez fin du militaire, qui semblait sur le point de tout péter. Finalement il céda.

- Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! fit Go, la bouche ouverte.
- Tu vois que tu pouvais !

Il lui fourra la baie toute entière dans la bouche. Go faillit s’étouffer, mais il finit par réussir à mâcher et à avaler.

- Tu auras la deuxième si tu réponds à mes questions !

Cat s’étonna. « Il est vraiment machiavélique… Il fait ça depuis le début pour pouvoir lui soutirer des informations… » Go se figea, soudain beaucoup plus stressé. Shuu s’approcha et regarda le militaire droit dans les yeux en se mettant sur la pointe des pieds.

- Bon… Es-tu le numéro 5 de ton organisation ? commença le gamin.
- Je ne te répondrais pas… soupira Go.
- Je prends ça pour un oui, sourit-il avant de taper quelque chose sur sa MeeticMontre. J’imagine que tu viens du monde Réel, et j’imagine que tu ne me répondras pas, ce qui me laisse imaginer que ta réponse est oui.

Il tapa à nouveau quelques mots sur sa montre, celle-ci lui servant visiblement de Bloc Note, alors que Go n’en menait pas large.

- Comment t’appelles tu ? demanda-t-il.
- Go, je l’ai déjà dit…
- Pas ton nom de code, ton vrai nom… soupira Shuu, exaspéré.
- Comment sais-tu que c’est un nom de code ?! s’étonna le jeune homme.
- Personne de censé n’appellerait son gamin Go… C’est ridiculement court, c’est moche et ça sonne pas bien, répondit Shuu.

Cat et Justine éclatèrent de rire, alors que Go rougissait. Le garçon au Goinfrex approcha la baie de sa bouche, sous le regard envieux du militaire.

- Alors, ton vrai nom.
- J'ai pas le droit de te le dire.

Shuu croqua la baie, et la mastiqua avec une expression béate sur le visage. Go en pleurait presque, et son ventre gargouilla.

- C’est vrai ! Et puis, je plus personne ne m'appelle par mon vrai nom depuis... Je sais pas... Ca fait tellement longtemps…
- … que tu es au service de celui qui t’engage ? termina Shuu.
- …
- Bon, maintenant, on va dire que tu t’appelles… Glenn ! fit le gamin avec un grand sourire.
- Pourquoi tu l’appelles comme le méchant de Pandora Hearts ? intervint Cat.
- Parce que ça commence par un G, comme ça il sera pas perdu !
- … Glenn ? répéta Go.
- Oui, Glenn, avec deux « n », c’est plus joli…
- Donc c’est pas comme celui de Pandora Hearts ! s’exclama Cat.
- Tu me saoules avec Pandora Hearts… soupira Shuu.
- Nyaaaaaah, ce nom est trop mignon ! kyaya Justine avec des étoiles dans les yeux.

Tandis que Cat et Shuu se disputaient, Justine avait un grand sourire collé sur le visage. Go, quant à lui, était perplexe. Il n’avait jamais songé qu’il aurait de nouveau un vrai prénom…

Go était rentré à seulement 8 ans dans le camp d’entraînement de la M-Organisation. Il avait aujourd’hui 19 ans, et il avait passé 11 ans à se faire appeler Go… Alors qu’un garçon sorti de nulle part dont il ne connaissait même pas le nom lui donne un prénom, ça avait de quoi désarçonner. Néanmoins, devant Justine, cette jeune fille, et ce grand gamin qui se chamaillaient pour savoir si oui ou non son prénom avait un rapport avec Glen de Pandora Hearts, il se sentit étrangement vivant. Une sensation qu’il n’avait pas connu depuis… depuis ses 8 ans en fait.

- Bon… Glenn, ça te convient ? demanda Shuu.
- Mouais… Et c’est quoi vos prénoms, à vous ?
- Moi c’est Shuu, et la fille aux cheveux noirs c’est Cat.
- … Vous êtes pas les types du monde Réel que je suis censé tuer ?
- Je crois bien… Mais aucune importance, t’es ligoté, donc tu peux rien nous faire, Glenn ! ricana Cat.

« Glenn… En fin de compte, ça sonne plutôt bien… » songea le jeune homme avant d’afficher un sourire timide.




Mey, Flora et Crytal dormaient comme des bébés. Mentaline, elle, était réveillée depuis longtemps, et songeait à l’étrange calme qui régnait. Elle trouvait ça étrange qu’elles puissent dormir, insouciantes, alors que des flics les cherchaient et qu’une bande de mafieux du monde Réel voulait leur peau. Silver, lui, faisait la cuisine, et parlait de sa voix normale, à  savoir la voix grave, ce qui troublait un peu Mentaline. Elle ne posa cependant aucune question, ayant deviné que Mey avait quelque chose à voir là dedans.

- Dit Mentaline… Ca te dit un petit combat ? proposa Silver.
- Hein ?! Mais je ne suis pas prête, mon maquillage n’est pas parfait, j’arrive pas à mettre la main sur mon eye-liner ! fit-elle avec de grand gestes.

« Jouer la superficielle, encore et encore, inlassablement… » soupira Mentaline dans sa tête. « Quel calvaire… » Silver parut déçu, mais insista.

- S’il te plait…
- J’ai dis non !
- Mais c’est pour que j’aie l’air d’un mec ! Les mecs aiment se battre !

Mentaline se figea, étonnée, avant d’éclater d’un grand rire sonore qui ne réveilla même pas les dormeuses.

- Mon pauvre Silver… Mais tu ES un mec, idiot ! ricana la jeune fille.
- Je sais mais…
- Mais peu importe que t’es un comportement de fille ou pas ! T’as juste à te dire que tu es un garçon – ce qui est vraiment le cas – et c’est pas grave si même après ça t’as le caractère d’une fille !
- Tu crois ?
- Mais évidemment ! répondit Mentaline, exaspérée. Il y a des centaines de garçon qui se comportent comme des filles, sans pour autant se travestir !
- Sérieux ?! s’étonna Silver. Donc je peux rester un mec avec un caractère de fille ?
- Bien sûr ! Le seul endroit où y’a marqué que mec = macho = brute épaisse vulgaire, c’est dans la tête des gens arriéré et intolérants ! s’exclama Mentaline.
- Bon…
- Mais au final, je veux bien me battre contre toi… Même si je doute que je puisse gagner, je n’ai qu’un seul Pokémon…
- Pas grave !

« Et encore une fois, je me laisse guider par d’autres personnes que moi… tch… » soupira mentalement Silver.

Ils s’éloignèrent un peu pour trouver une clairière. Mentaline se mit à un bout, et Silver à l’autre.

- Bon… Kawapinkounet, mon choupinou chérinou, à toi mon ange !
- … Euh… Hueco !

L’Ectoplasma de Silver et le Corayon de Mentaline se firent face.

- Vas-y, à toi l’honneur, dit Silver.
- Très bien. Boule roc, mode mitraillette !
- Vibroscur ! ordonna le roux.

Des dizaines de rochers partirent à une vitesse folle vers Hueco, qui ricana avant de tous les réduire en poussière avec une onde de choc ténébreuse. Mentaline fut étonnée de la puissance du Pokémon Spectre. Il faut dire qu’elle ne l’avait vu se battre, elle n’était pas là quand lui et Mey s’étaient faits coincés par les flics, à la Scène de Sentiernelle.

- Hueco…Combo des 5 Poings de la destruction !
- Hein ? Bon ben, Défense Roc !

Hueco disparut et réapparut juste devant Corayon. Ce dernier avait rassemblé des rochers avec Pouvoir Antique et s’en était fait une sorte de dôme protecteur en pierre.

- D’abord la glace ! ordonna Silver.

Le poing de l’Ectoplasma se mit à briller d’une lumière blanche, et il donna un coup à la Défense Roc de Kawapink, la gelant.

- Ensuite, le feu !

Un Poing de Feu vint exploser la couche surgelée et par la même occasion les rochers. Mentaline jura.

- Puis… la foudre !

Un Poing Eclair envoya violemment bouler le petit Pokémon rose, qui souffrit grave sa race. Mais il n’avait pas fini.

- L’ombre maintenant !
- Kawapink… euh… Soin !

Trop tard, une multitude de poings tout d’ombre faits vinrent le frapper de toutes parts.

- Et maintenant… l’ultime !
- Kawapink, riposte avec une Boule Roc à bout portant ! ordonna Mentaline.

Alors que Hueco préparait un Ultimapoing et s’avançait dangereusement, Kawapink lui envoya un rocher en pleine face, le déséquilibrant. Le Pokémon en profita pour se décaler légèrement, et l’attaque Ultimapoing échoua. Silver jura, alors que Mentaline sautait de joie.

- Kawapink… Euh… Bulles d’O !
- Inutile… Vibrobscur ! lança Silver.

Les bulles éclatèrent avant même d’atteindre leur cible. Mentaline commençait à ne plus savoir quoi faire. Toutes ses attaques échouaient, et elle se rendit compte que Corayon n’avait pas réellement d’attaque puissante, à partir du moment où Boule Roc était stoppée.

- Hueco… Home Run !
- Home Run ? Ca existe ça ?
- Bien sûr que non, c’est un combo…

Hueco créa une Balle Ombre dans ses mains, et il l’allongea de sorte à ce qu’elle ressemble à une batte de base-ball, composée exclusivement d’énergie obscure. Puis il créa une autre Balle Ombre, et la frappa comme un bourrin en direction de Kawapink, qui pâlit considérablement.

- Soin ! lança Mentaline.

Le Pokémon se soigna avant de se manger en pleine face la balle obscure. Grâce à l’attaque Soin, il put survivre, mais de peu. « C’est impressionnant… Je n’ai même pas réussi à le toucher une seule fois… Silver est plutôt fort en fait… »

- Bon on va tenter un combo, même s’il n’est pas tout a fait au point… Cocotte Minute !
- C’est quoi ce nom pourri ? s’étonna Silver.
- Le nom est peut-être pourri, mais quand tu comprendras ce que c’est…

Corayon s’entoura de nouveau de rochers grâce à Pouvoir Antique, et une deuxième couche vint se rajouter à la première, ainsi qu’une troisième, hérissée de pointe. La forteresse de pierre ressemblait maintenant à un énorme hérisson.

- C’est tout ?! ricana Silver. C’est pas très dur à forcer, j’ai déjà réussi… Les 5 poings de la destruction !

« Il a mordu à l’hameçon ! » pensa Mentaline, heureuse. « Je savais qu’il allait faire ça… C’est la fin ! »

Hueco se rapprochait rapidement, chargeant un Poing Glace. Soudain, Silver remarqua que l’édifice tremblait. Il y eut une énorme explosion. Les rochers partirent comme des flèches et se plantèrent à divers endroits, fracassant sans problèmes des arbres. Hueco, qui n’avait rien vu venir, morfla très sévèrement. Il reçut trois rochers, qui lui firent un nombre de dégâts plutôt énorme. Silver avait esquivé de peu une pointe de deux mètres de long, et Mentaline s’était jetée à terre pour éviter les éclats. Le roux était bouche bée.

- Comment… Comment t’as fait ça ?
- Oh, c’est plutôt logique en fait… Kawapink balance simplement des Bulles d’O en continu, et quand y’a plus de place… Boum.
- Malin…
- Quant à toi, tu es très con en fait…
- Pourquoi ? s’étonna le jeune homme.
- Hueco n’est pas du tout adapté aux attaques physiques telles que les poings que tu lui a appris…
- Détrompe toi, ces attaques sont là en partie pour toucher tous les types, et elles suffisent amplement pour des novices. Si j’avais vraiment voulu t’achever, tu serais déjà morte.
- Et pourquoi ? Et d’ailleurs, le combat n’est pas fini…
- Non, en effet, mais ça ne va pas durer. Hueco, Eco-Sphère.
- Merde ! jura Mentaline. Kawapink, esquive.
- Inutile…

Hueco chargea une boule d’énergie verte dans sa main, et la lança en direction du pauvre Pokémon. Il tenta d’esquiver, mais en vain ; la balle le toucha, et il s’effondra, K.O en un seul coup. Mentaline soupira, et vint serrer la main de Silver.

- Joli match, mec ! fit-elle avec un sourire rayonnant.
- Merci ! bredouilla Silver, gêné d’être appelé « mec ».
- Je confirme, mais toi aussi tu étais géniale, Mentaline ! fit une voix derrière elle.

Elle se tourna et tomba face à face avec Flora. Celle-ci lui adressa un sourire.

- Euh… J’étais venu m’excuser auprès de toi… Je n’ais pas été très causante, alors tiens, pour me faire pardonner.

Elle lui tendit un minuscule Evoli, de la taille d’une petite balle de tennis. Mentaline le prit délicatement, et le mit sur sa propre main, où il s’endormit aussitôt. Eberluée, la jeune fille regarda Flora.

- C’est vrai ? Il est pour moi ?
- Bien sûr ! Il est né y’a deux jours… Et sache qu’il a hérité Glas de Soin de son père ! sourit la jeune fille.
- Mais il ne fallait pas ! C’est trop ! s’insurgea Mentaline. Et puis je ne t’en voulais pas du tout, ta réaction était légitime !
- Même, garde le, fit fermement Flora.
- Ben… merci beaucoup ! fit Mentaline en faisant un gros câlin de remerciement à Flora.

Soudain, une tornade vint donner un magnifique coup de poing à Mentaline, qui valsa ad patres.

- QU’EST TU FOUS AVEC MA COPINE ?! LAISSE LA, C’EST LA MIENNE, PETASSE ! hurla Crystal, furibonde.

Mentaline se releva, en mode garce. En effet, le coup de poing avait laissé une belle marque rouge, et son joli petit minois ne ressemblait plus à rien.

- Tu as… Osé… Détruire… UNE HEURE DE MAQUILLAGE ?! hurla à son tour la jeune femme, sur les nerfs.
- ET TOI TU AS PETE 6 MOIS D’AMOUR ! cria Crystal en retour.
- Euh, Crystal-chérie… Je ne crois pas qu’elle essayait de me draguer… Au contraire, c’est moi qui lui aie offert un Evoli…
- … TU ME TROMPES ?!
- Mais non ! fit Flora, exaspérée. Je m’excusais, c’est tout…

Les traits de Crystal se radoucirent aussitôt. Mentaline alla récupérer le pauvre Evoli qui avait valsé sous la force du coup, et le dorlota. La jeune fille aux cheveux bleus s’approcha de la surdouée.

- Euh… Excuse moi, c’était une erreur… bredouilla Crystal.
- Mouais… Ca passe pour cette fois. Mais met toi ça dans la tête ; je suis pas lesbienne, hein !
- Oui, désolée… dit la jeune femme, penaude. Tu vas l’appeler comment ? ajouta-t-elle en désignant l’Evoli, toujours endormi.
- Ah ? Euh… Smooth ! répondit Mentaline.
- Smooth ? Pourquoi pas, j’aime bien…

Ils rentrèrent au campement, et y trouvèrent Mey, toujours endormie, alors qu’il était quand même 11 heures. Mentaline soupira.

- Mon Dieu, si un jour elle se réveille avant 10 heures de son propre chef, c’est que Silver sera en train de danser nu dans un cabaret sur une chanson d’ABBA…




Une petite fille tapait frénétiquement sur son ordinateur. Elle était dans une chambre, plutôt petite, avec pour seuls meubles un lit, une commode, un miroir et un bureau surmonté d’un ordinateur dernier cri. A l’écran, des choses incompréhensibles s’écrivaient, mais la jeune fille avait l’air de les comprendre. Enfin, elle poussa un petit cri de joie.

- Et ben voilà… Une semaine que je tente de pirater Meetic, il était temps que j’y arrive ! dit-elle à voix haute, toute contente. Bon, pas de temps à perdre.

Elle cliqua sur la barre de recherche, et entra le mot « Mey ». Des centaines de personnes apparurent. Elle soupira, tapa une ligne de code supplémentaire, et cette fois, c’était une fille avec comme pseudo « WhiteChessShippingàfondlesmanettesc’esttroplaclassevivelechessS ». Midona hocha la tête. C’était bien sa sœur. Une multitude de données s’affichèrent alors, que Midona s’empressa d’enregistrer.

- Tch, ces enfoirés… Je l’ai toujours su, Meetic est juste un  truc commercial… C’est fou, j’arrive à récupérer son arbre généalogique, sa date de naissance, son adresse précise, son numéro de téléphone, son adresse IP internet, son adresse IP locale, et même son groupe sanguin… Dit, tu m’écoute Rachel ?
- Hein ? fit la sœur de Midona.
- Je te demandais si tu m’avais écouté…
- Ben j’y comprend pas grand-chose…
- Mais il s’agit de retrouver Mey ! C’est super important ! s’insurgea Midona.
- Oui mais l’informatique c’est pas mon truc, alors stoppe les termes techniques !
- Ok ok… Bref, Meetic pirate les ordinateurs et récupère tout plein de choses personnelles, probablement à des fins commerciales !
- Et ?
- Et ben c’est des salops, mais grâce à ça je peux consulter tout l’historique de Mey… Alors voyons… Elle a répondu à un MP d’un type qui s’appelle « sadiquenforcedu68 ». Rien qu’au nom, je sens le pédophile…
- N’importe quoi, c’est un pseudo comme un autre… soupira Rachel, blasée.
- Bref, deux secondes, le temps que je pirate la boîte mail du gars…

La jeune fille avait des cheveux frisés marrons qui lui tombaient jusqu’aux épaules. Elle portait des lunettes carrées, et était habillée d’un haut beige très ample. Quelques boutons d’acné parsemaient son visage, ce qui était plutôt normale pour une fille de 13 ans. Sa sœur, Rachel, elle, n’était âgée que de neuf ans, et avait conservé son visage rond propre à l’enfance. Ses pommettes rouges étaient encadrées par des cheveux bruns, coupés en carré plongeant. Elle était petite, et un air d’ennui semblait habiter son visage. Elle était allongée sur le lit, et regardait Midona en train de faire quelque chose de parfaitement illégal.

- C’est bon… Oh l’enculé ! Une invitation, et en plus dans un hôtel… Mon Dieu… soupira Midona. Il leur a donné rendez vous à St-Tropez… Le 22 septembre ! La date correspond, bordel, on le tient ! Et il l’a pas envoyé qu’à elle… Bon, je prends les choses en main. Je vais appeler toutes ces personnes… Et on récupérera Mey !
- Bon courage… soupira Rachel.
- Rachel, tu viens avec moi !
- Que dalle !
- Pfff... Dans ce cas, je m’en chargerais seule !

Elle saisit un téléphone, et appela le premier numéro qu’elle avait récupéré en piratant. Une certaine fille dépressive, apparemment.  Il y eut deux sonneries, et une femme décrocha.

- Oui allo ?
- Bonjour, je m’appelle Midona. J’appelle pour quelque chose de très important. Ma sœur a subitement disparue suite à une invitation suspecte sur Meetic.
- C’est horrible… Et ?
- Et je suppose que c’est également votre cas.
- …
- Je suppose bien. Vous êtes la mère d’une dénommée Cat, c’est bien ça ?
- Exact. Mais comment savez vous tout ça ?
- Je suis plutôt douée madame, quand il s’agit de récupérer des informations… fit Midona avec un air mystérieux.
- Très bien. Je m’appelle Alice, et je suis effectivement la mère de Cat. Pourrions nous nous rencontrer ?
- Avec plaisir, répondit Midona. Vous habitez où ?
- Paris.
- Niquel, moi aussi. Donc devant l’Arc de Triomphe, demain à 3 heures de l’aprem’, ça vous va ?
- Parfait. J’y serais.
- Je vous ferez part à ce moment là de tout ce que je sais. Et merci de votre coopération, madame Pandora.
- Mais de rien, nous sommes tous dans le même bateau… soupira Alice à l’autre bout du fil.
- Au revoir.
- Au revoir, portez vous bien !
- Vous de même…

Midona raccrocha, une expression jubilatoire sur le visage. « Bon, je passe aux suivants… »




Bleuts et Roku étaient assis, immobiles et muets. Difficile de dire ce qu’ils ressentaient, tant les émotions s’entremêlaient dans leur tête. C’était un mélange de souffrance, de déception, de peur, de colère, et d’amour aussi. Roku était tout particulièrement affecté par le baiser de Bleuts. En effet, tout comme Go – ou plutôt Glenn –, personne n’avait jamais montré la moindre affection pour lui. Alors que la jeune fille qu’il aimait l’embrasse, c’était un rêve trop beau pour être vrai. Surtout qu’il avait de nouveau basculé, et se sentait honteux de s’être à nouveau montré sous ce caractère devant Bleuts.

Bleuts, quant à elle, pensait plutôt à Kanon. Elle était à la fois contente d’avoir pu remettre un peu la jeune femme en état, et en même temps très déçue de n’avoir pas pu la ramener. Et elle aussi se montrait très affectée par le baiser. Pour la simple raison que ce geste était sincère, et qu’elle aimait vraiment Roku. Et que l’amour était quelque chose que Bleuts pensait ne plus jamais pouvoir ressentir, depuis le meurtre de ses parents. Elle qui haïssait tout le monde, elle tombait amoureuse d’un schizophrène qui avait tenté de la tuer. Elle savait qu’elle n’avait jamais été très normale, mais pas à ce point là.

Ni l’un ni l’autre ne semblait décidé à bouger. Le silence se prolongea un moment, puis Bleuts se décida à parler.

- Tu sais… Je ne pensais plus en être capable.
- De quoi ? s’étonna Roku.
- D’aimer, répondit simplement Bleuts.

Il y eut un grand silence, durant lequel Roku se réjouissait. Ainsi donc, ce qu’il ressentait était réciproque. Mais Bleuts avait très probablement encore peur de lui... Cette dernière se rapprocha légèrement de Roku. Il rougit, et décida d’être franc.

- Bleuts… Est-ce que je te fais vraiment peur ?
- Seulement quand tu deviens fou…
- C’est bien ce que je pensais, murmura Roku.
- Dans ces moments là, j’ai vraiment peur.
- …
- Mais pas par ta faute, c’est ta folie, qui me fait peur, et seulement elle, précisa Bleuts d’une voix éteinte.
- Ah bon ? s’étonna le jeune homme.
- Oui…
- Pourquoi ça ?

Bleuts se figea, et un flot de souvenirs horribles s’installa dans sa tête. Elle baissa les yeux, soudain anéantie. Mais elle se ressaisit bien vite. « Je dois lui dire… Craindre les gens sent qu’ils en connaissent la raison, c’est cruel… Et puis, il finira par être au courant de toute façon… » Elle releva la tête, et fixa le jeune homme droit dans ses yeux noisette.

- Bon… J’imagine que je dois tout te raconter.
- Tu n’es pas obligée ! intervint Roku, soucieux en voyant la mine de Bleuts.
- Tch, ch’uis pas en sucre !
- …
- Ben… Quand j’avais… 6 ans… Mes parents se sont faits découper en morceaux devant moi, asséna-t-elle difficilement.

Roku se figea, incapable de trouver les mots. Il était choqué, et fixait Bleuts avec un air empli de compassion.

- Et la personne qui a fait ça, bredouilla Bleuts, était un psychopathe.

Elle pleurait pour de vrai maintenant. Roku vint s’asseoir juste à côté s’elle dévastée, et l’enlaça.

- Donc… sanglota-t-elle, tu comprends maintenant… pourquoi la folie me fait peur ? termina-t-elle, achevée.

Roku hocha la tête, et ils restèrent là, immobiles, Bleuts en larmes dans les bras réconfortants de Roku.

Alors, Roku décida de chanter une des rares chansons qu’il connaissait.

Muse – Undisclosed desires

- I know you suffered, but I don’t want you to hide… (Je sais que tu as souffert, mais je ne veux pas que tu te caches…)

Bleuts le regarda, surprise qu’il se mette à chanter.

- It’s cold and loveless, I wont let you be denied… (C’est froid et sans amour, je ne veux pas te laisser être rejetée…)

Sa voix était légèrement fausse, mais Bleuts appréciait grandement le moment. En plus, elle connaissait les paroles.

- Soothing me… (En t’apaisant…) I’ll make you feel pure… (Je te ferais te sentir pure…)
- And trust me… You can be sure… (Et fais moi confiance… Tu peux être sur…)

Bleuts s’étaient jointe à la chanson. Ils entamaient désormais un duo, serrés l’un contre l’autre.

- I want to reconcile the violence in your heart… (Je veux réconcilier la violence dans ton cœur…)
- I want to recognize your beauty’s not just a mask…(Je veux reconnaître que ta beauté n’es pas juste un masque…)
- I want to exorcise your demons from your past…(Je veux exorciser les démons de ton passé…)
- I want to satisfy the undisclosed desires in your heart… (Je veux satisfaire les désirs inavoués de ton cœur…)

Ils se regardaient dans les yeux tout en chantant, et leurs voix s’accordaient d’une façon étonnante.

- You trick your lovers that you're wicked and divine… (Tu prétends à tes amants que tu es mauvaise et divine…)

La voix de Roku se répandait de part et d’autre de la forêt.

- You may be a sinner but your innocence is mine… (Tu prétends avoir commis des pêchés, mais ton innocence est mienne..)
- Please me, show me how it's done… (S’il te plait, montre moi comment ça s’est fait…)
- Tease me, you are the one. (Dis moi… Tu es la seule pour moi.)

« Ce type… Après tout, je suis intelligente, j’ai bien raison d’être amoureux de lui… » pensa Bleuts, un sourire au lèvres, alors qu’ils entamaient le refrain final.

- I want to reconcile the violence in your heart… (Je veux réconcilier la violence dans ton cœur…)
- I want to recognize your beauty’s not just a mask…(Je veux reconnaître que ta beauté n’es pas juste un masque…)
- I want to exorcise your demons from your past…(Je veux exorciser les démons de ton passé…)
- I want to satisfy the undisclosed desires in your heart… (Je veux satisfaire les désirs innavoués de ton cœur…)

Il s’arrêtèrent, rougissants, avant de s’embrasser chastement. Quand ils s’éloignèrent, Roku posa une question.

- Dit Bleuts… Ca veut dire quoi, deux baisers en une seule journée ?
- Ca veut dire qu’on sort ensemble, petit con, répondit Bleuts d’un ton cassant.

Roku la regarda partir s’entraîner avec son Léviator. Il soupira.

« Mon Dieu, les femmes sont d’une complexité… »

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Dernière édition par Shuu Kette Foulardeux le Jeu 31 Oct 2013 - 19:35, édité 6 fois
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MessageSujet: Chapitre 22 : Tour de Scène   Mer 28 Déc 2011 - 15:17



- Nan, Melosa, ne t’en vas pas déjà ! pleurait Justine.
- Désolée Justine, j’ai pas le choix… J’ai des ordres. Et je dois être seule donc je ne peux pas te prendre. En revanche, j’exige que tu fasses tout pour aider Shuu et Cat, ainsi que Go-
- Glenn, la coupa Justine.
- Oui, Glenn, et qu’ils puissent atteindre l’arène sans trop de dommages. Je compte sur toi ! lança Melosa.
- Très bien ! fit Justine, rougissante, au garde à vous.
- Génial…Au fait, ils ne viennent pas de ce monde.
- Hein ? s’étonna Justine.
- Ils viennent d’un monde où il n’y a pas de Pokémon. C’est la vérité.
- Je te crois toujours sur parole, Melosa… soupira la brune.
- Je sais bien. Prends soin de toi, fit Melosa en embrassant Justine sur le front.

Justine rougit comme une tomate. Il faisait nuit noire et il devait être 3 heures du matin. Melosa avait décidé de partir la nuit pour que les autres ne soient pas tristes de son départ, et surtout parce qu’elle avait horreur des adieux. La jeune femme s’éloigna légèrement de Justine, sortit Fly, et s’envola dans la nuit. Justine soupira un bon coup, résistant à l’envie de pleurer.

- Elle est partie sans nous dire au revoir, fit une voix dans son dos.
- Crou ? s’étonna Justine en se retournant.
- Non, moi c’est Shuu, grommela le jeune homme.
- Ah oui, pardon…
- Tu es censée veiller sur nous et tu connais même pas nos nom ? soupira Shuu, excédé.
- T’es là depuis longtemps ?
- Non. Je vais me coucher, signala-t-il froidement.

Il allait partir, quand soudain il se retourna, souriant de toutes ses dents. Il fit un petit bond, arriva à la hauteur de Justine, et lui fit la bise.

- Bonne nuit !
- Euh… Bonne nuit…

Il s’en alla, devant une Justine perplexe.


Le lendemain matin, ils se réveillèrent avec grand fracas. Devant l’insistance de Shuu et Justine, Melosa avait accepté que Glenn dorme à l’intérieur. Mais quand le lendemain matin, Cat se rendit compte que la maître Pokémon n’était pas là, elle poussa un hurlement, et recula – marchant au passage sur la tête endormie de Glenn. Ce dernier se releva, fulminant, et se mit lui aussi à hurler contre Cat. Justine pionçait toujours, et Shuu se réveillait difficilement.

- MAIS BORDEL, MELOSA A ETE KIDNAPPEE ! hurla Cat.
- RIEN A FOUTRE DE TA MELOSA, LE SOMMEIL C’EST SACRE ! répliqua Glenn, qui faisait parti de cette classe de gens avec le sang tout particulièrement chaud.
- Wow Wow WOOOOOOOOOOOW ! STOP AND BREAKING DOWN ! cria Shuu, en faisant le signe « temps mort » avec ses mains.

(ndla : Pour comprendre la référence, il faut avoir vu la Tour Montparnasse Infernale. Si ce n’est pas votre cas, je vous invite à cliquer sur ce lien : >>>> .)

Les deux le regardèrent, interloqués. Pas parce qu’il avait crié, mais parce que Shuu qui vient de se réveiller, c’est assez traumatisant comme vision. Non parce que c’était plus des cheveux qu’il avait, c’était un hérisson drogué aux cosmétiques… Et puis il avait des cernes sous les yeux, des veines éclatées… Un monstre. Remarquez, Glenn n’était pas mal non plus.

Ses cheveux courts se dressaient en épis, ses yeux étaient entrouverts, et il avait une marque rouge du côté où il avait dormi. Signalons que Cat se rinça l’œil suffisamment pour tenir quelques années – ben oui, Glenn dormait torse nu – et que Shuu fit une syncope quand il le détailla. Justine, qui s’était réveillée entre-temps, rougit à peine. Après tout, elle se savait lesbienne – ou du moins, amoureuse de Melosa.

Cet émoi passé, Cat se reconcentra sur Melosa.

- Donc, oui, où qu’elle est passée ?
- Elle est partie dans la nuit… signala Justine. Elle m’a laissé un mot, ajouta-t-elle, voyant les regards suspicieux.
- Ah…
- Elle me dit que nous devions pénétrer Doublonville aujourd’hui même, parce que plus on attend, plus la sécurité se renforce.
- Mais on n’a pas de plan ! intervint Cat.
- J’en ai un en fait, mais il est tellement débile et irréfléchi… soupira Justine.
- C’est mieux que rien, on t’écoute !
- Ben… Les barrières ont une grosse lacune, c’est qu’elles ne marchent pas sous terre. Donc si on creuse, on peut pénétrer Doublonville…
- … avant de se faire défoncer notre race par un bataillon de flics et d’Echoes, termina Shuu, railleur.
- T’as une meilleure solution ? répliqua Justine.
- Ouais, on creuse jusqu’à l’arène, répondit-il.
- …
- …
- … Il est pas si con que ça, en fait… admit Cat.
- Non mais l’autre ! s’indigna Shuu.
- Si, il est con. Si on suit sa technique, on mourra, tout simplement parce que le réseau de canalisation est extrêmement dense, du coup le tunnel sera inondé, fit remarquer Glenn.
- Bon, ok, on passe la barrière et on fonce dans le tas… C’est partit ! lança Shuu.
- Quoi, maintenant ? s’étonna Cat.
- Laisse, je m’en charge, grogna Glenn.

Il ensuqua Shuu d’un revers de paume, et se recoucha dans le duvet que lui avait prêté le gamin. Justine et Cat se regardèrent, haussèrent les épaules, et se recouchèrent à leur tour.


Midona attendait patiemment, adossée à l’Arc de Triomphe. Elle brandissait une pancarte avec écrit dessus : « Je m’appelle Midona pour ceux qui me cherchent, et non, je ne suis pas une pute ! ». Oui, la jeune fille avait hérité de l’humour douteux de sa sœur, Mey. Soudain, elle vit une dame aux longs cheveux noirs s’avancer vers elle, un sourire aux lèvres à la vue du panneau. Elle serra la main de Midona, avant de déclarer :

- Bonjour, vous devez être Midona, fit la femme.
- Exact. A qui ais-je l’honneur ?
- Alice Pandora, la mère de Cat du même nom.
- Je vois. Nous allons attendre les deux autres personnes qui doivent venir, si vous le voulez bien.
- Aucun problème. Dites…
- Oui ?
- Je vous imaginais plus… grande…
- Mouais, beaucoup de gens disent que je résonne comme une adulte, pourtant je n’ai que 13 ans, avoua Midona.
- Je vois…
- Ah, voilà la suivante ! s’exclama Midona en pointant une femme du doigt.

Il s’agissait d’une femme blonde, surmaquillée et hautaine. Elle parut outrée par la pancarte, mais s’approcha néanmoins. Elle s’adressa d’abord à Alice.

- J’imagine que vous êtes Midona ? fit-elle, une pointe de dédain dans la voix.
- Euh, non, c’est moi Midona… soupira la jeune fille, blasée.
- Vous ?!
- Oui moi, ça vous pose un problème ? questionna la jeune fille avec un air mielleux.
- … Pas du tout. Les informations, et vite.
- Patientez encore quelques minutes, qu’arrive notre autre invité.

A peine avait elle prononcé ces mots qu’un type, la quarantaine, tout petit et chauve, débarqua. Il avait une imposante moustache à la Hercule Poirot, et des yeux petits mais extrêmement perçants, tel un aigle. Quand il parla, il avait une voix forte et claire, comme un président de la République – les mimiques débiles en moins.

- Bonjour, enchanté. Je suis Mickael, le père de Mentaline Weiss, se présenta-il.
- Je suis Midona. Et je vous présente Alice Pandora et Alexandra Jaggerjack, lança Midona, sûre d’elle.
- Enchanté, fit l’homme avec un petit salut respectueux.
- Bon, si on allait discuter dans un endroit plus à l’abri des oreilles indiscrètes ? proposa Midona.
- On vous suit, répondit la mère de Cat.

Midona les entraîna jusqu’à un grand salon de thé. Ils y entrèrent, et une dame tirée à quatre épingles vint les saluer. Elle leur désigna une table en plein milieu du salon.

- Vous n’avez rien de plus discret ? demanda froidement Midona.
- Euh…
- Sachez que je ne suis pas radine en pourboires, signala la petite fille.
- Très bien, suivez moi, fit la dame, soudain beaucoup plus amène.

Elle les conduisit dans une petite salle à part, beaucoup plus silencieuse. Elle leur donna la carte, puis partit.

- Bon, si vous êtes rassemblés ici – et d’ailleurs je vous remercie d’avoir prit le temps de venir – c’est pour une bonne raison. Quelqu’un de votre famille a subitement disparut le 22 Septembre. Est-ce que je me trompe ?

Les trois adultes firent non de la tête. Elle continua.

- Et bien, figurez vous que moi, c’est ma sœur qui a disparut. J’ai donc mené des recherches, qui m’ont fait atterrir sur Meetic. Là, j’y ai trouvé ma sœur, Mey, ainsi que Cat, Shuu et Mentaline.
- Ma fille est sur Meetic ? s’étonna le père de Mentaline, interloqué.
- Exact. J’ai donc piraté Meetic, et je suis tombé sur tout plein de renseignements. Dont un en particulier, très important. Tous les disparus ont reçu un message privé d’un certain « sadiquenforcedu68 », qui les invitait à venir à St-Tropez, le 22 septembre, pour un séjour en hôtel de luxe. Et après d’autres recherches… j’ai découvert que ce sadiquenforcedu68, était votre fils, Shuu Jaggerjack.
- Vous êtes sérieuse ?! fit Alexandra, la mère de Shuu, interloquée.
- Très sérieuse, madame. Evidemment, j’ai fait d’autres recherches après ça. Je sais par exemple que Shuu, Mey, Mentaline, Cat, Bleuts et Kanon – deux autres filles que je n’ai pas réussi à joindre – sont tous sur un forum du nom de Shipping Paradise. Mais une question subsiste, si c’est Shuu qui a envoyé ce message, pourquoi a-t-il également disparu ? termina Midona.
- Je ne sais pas… C’est très étrange… marmonna Alice.
- Je propose une petite virée à St-Tropez, lança Mickael.
- Bonne idée. Il nous faut trouver une date…
- Et oh, attendez ! Vous croyez tout ce que dit cette gamine ? Quelle est la preuve qu’elle ne dit pas que des conneries ? s’énerva Alexandra.
- Vous vous appelez Alexandra Jaggerjack, vous êtes née le 26 mars 1970, vous êtes domiciliée à Paris, 9 rue de la sainte fontaine. Vous êtes très riche, et vous avez engagé la mafia italienne pour la recherche de votre fils, exposa Midona, bien décidée à prouver la véracité de ses informations.

Les trois adultes étaient bouche bées. En particulier Alexandra, qui venait de se prendre un vent de la part d’une gamine de 13 ans. La serveuse arriva à cet instant, et ils commandèrent tous un Earl Grey. Elle s’en alla, perplexe, et ils recommencèrent à discuter.

- Oui donc une date pour un voyage à St-Tro-
- Aujourd’hui, coupa Alexandra. On prendra mon jet privé, on y sera en même pas une heure.
- Dans ce cas, c’est ok. On y va, conclut Midona en enfilant sa veste.
- Vous ne laissez pas de pourboire ? s’étonna Mickael.
- Bien sur que non, ce thé était infect… cracha Midona.
- Je confirme ! renchérit Alexandra.

Ils oublièrent de régler l’addition, et sortirent sans payer. Quand la serveuse revint et qu’elle trouva la salle vide, elle eut la subite envie de sauter pas la fenêtre. Allez savoir pourquoi.


- Bon OK, je récapitule. Quand j’ordonne à Kapoera de faire Tunnel, vous vous dépêchez de suivre et de sortir à la surface, exposa Glenn.
- T’étais pas censé vouloir nous tuer ? se rappela soudainement Cat.
- Oui ben en fait, j’ai pas trop envie. Et puis, je sens qu’on va bien s’amuser une fois à l’intérieur… répondit Glenn.
- Ok, on fait comme t’as dit.

Il était midi, heure beaucoup plus raisonnable pour envahir la capitale de Johto. Glenn, Shuu, Justine et Cat étaient devant ce qui semblait être une grosse bulle rose qui entourait toute la ville. Shuu tendit le doigt pour voir de quoi elle était faite.

- Je ferais pas ça si j’étais toi ! sourit Justine.
- Pourquoi ? s’étonna Shuu.
- L’alarme se mettrait à sonner, et surtout, tu serais réduit en cendres ! ricana Justine.
- …
- Bon, je vous dis si la voie est libre, fit-elle.

Elle traversa la protection comme si c’était du beurre, vu qu’elle avait des papiers. Elle regarda un moment, et leur fit un signe pour leur dire que tout était ok. Glenn sortit son Kapoera, et lui ordonna de faire Tunnel. Le Pokémon s’exécuta, et ressortit quelques secondes plus tard aux côtés de Justine. Glenn s’aventura le premier dans le trou, à quatre pattes. Shuu le suivit de près, et Cat y pénétra à son tour. Il faisait tout noir, et les trois étaient désorientés. Mais ils finirent par sortir, tous sains et saufs. Ils se trouvaient dans une petite rue noire, désaffectée.

- Etape 1, réussie, murmura Shuu.
- Ne nous attardons pas, lança Glenn.
- On passe par où ?
- Ben par les toits, évidemment, soupira Justine.

~~~ Intermède ~~~

- OH MY FUCKING GOD ! jura Cat.

Elle était en train de faire la funambule sur une poutre en métal, à 150 mètres du sol. Il s’agissait de passer d’un gratte-ciel à l’autre. Shuu, Justine et Glenn étaient déjà de l’autre côté, mais elle galérait.

- Je vais me scratcher… soupira-t-elle, morte de peur.
- Cat, tout est dans la tête ! l’encouragea Shuu. Si tu penses que tu peux y arriver, tu le fais les doigts dans le nez !
- Oui sauf que si je tombe, je deviens une vulgaire tâche de ketchup !

Glenn soupira, et la rejoignit sur la poutre. Il la choppa dans ses bras, et la fit traverser sans aucun problème, comme si elle ne pesait rien. La mâchoire de Shuu traînait par terre.

- Et ben putain, tes pectoraux, c’est pas que de la gonflette !
- Mouais, mais vaut mieux pas traîner. On y presque, mais quand même.
- Le prochain immeuble, c’est la tour Radio, signala Justine.

Elle montra du doigt un gratte-ciel qui dépassait absolument tout les autres. Ils se regardèrent, découragés. Ca faisait plus de trois heures qu’ils passaient d’un immeuble à l’autre, parfois simplement en sautant, parfois en se mettant dans des situations périlleuses. Mais là, c’était le pompon, étant donné qu’il n’y avait aucun moyen de traverser, et que l’immeuble était plutôt loin.

- On n’aurait pas un Pokémon vol ? demanda Shuu.
- Si j’ai un Roucarnage ! signala Justine.
- …
- …
- … ET T’AURAIS PAS PU NOUS LE DIRE AVANT ?! hurla Cat, qui avait souffert, ayant le vertige.
- Désolée, j’avais oubliée… Et puis, il ne peut porter qu’une personne à la fois…
- Ben on aurait traversé à tour de rôle… Bon qui commence ? demanda Shuu.
- Moi ! lança Justine. Comme ça je peux vous l’envoyer après.

Elle enfourcha le Pokémon oiseau après l’avoir fait sortir de sa Pokéball, et décolla. Elle s’éleva d’une cinquantaine de mètres pour être à la hauteur de la tour Radio, et fonça droit vers le toit de cette dernière. Elle y atterrit avec succès, et renvoya le Roucarnage. Bientôt, ils étaient tous sur le toit de la Tour Radio. Le vent leur fouettait le visage, et ils grelottaient de froid. Ils traversèrent toute la surface du toit, et se penchèrent à la rambarde pour pouvoir apercevoir l’arène. Elle était là, en bas. Il leur suffisait de descendre 200 mètres. Une paille. C’est alors qu’une alarme résonna. Ils se figèrent, et aperçurent un garde, sur le toit qui venait de l’activer. Il s’approcha d’eux.

- Bonjour… Vous êtes des Chapeliers, n’est-ce pas ? fit-il.
- Oui… soupira Shuu.
- Dans ce cas… fit-il en lançant une Pokéball.

Un Tartard en sortit, faisant jouer ses muscles. Alors que Shuu, Cat et Justine allaient saisir une Pokéball, Glenn s’interposa. Il décocha un énorme coup de poing au Pokémon qui s’envola, complètement KO. Il fit de même pour le garde avant qu’il n’ait eut le temps de dire « Chocapic ». Shuu et Cat le fixait, pensant tout deux : « Chuck Norris s’est réincarné ! » Justine, elle, semblait avoir l’habitude.

- Vite, il faut se barrer avant que… commença-t-elle.

Une bulle rose entoura soudainement le toit, semblable à celle de la ville, ne leur laissant pas d’issue. Trois secondes plus tard, ils étaient encerclés par des gardes, tous accompagnés d’un Pokémon. Nos quatre héros déglutirent, et lancèrent chacun une Pokéball. Shuu avait sortit Chôji le Goinfrex, Cat était entourée de Broke le Feuforêve et d’Upah l’Axoloto, tandis que Glenn s’était mis en position de combat aux côtés de son Kapoera. Justine quant à elle, était entourée d’un Milobellus, d’un Motisma four et d’un Roucarnage. Cette fois, ce furent les gardes qui déglutirent.

- Milobellus, fait le ménage… Surf ! fit Justine avec un grand sourire.

La vague déferlante balaya tous les gardes, et de l’eau s’engouffra dans la tour elle-même par les escaliers. Ce qui rameuta des flics, cette fois.

- Je m’en charge… Blizzard, Chôji ! ordonna Shuu.

Le terrain étant trempé, l’eau se congela aux pieds des policiers qui furent piégés dans la glace. Glenn et son Kapoera en profitèrent pour leur péter la gueule. Dès que la voix fut libre, ils s’élancèrent dans les escaliers, dégommant tous les gardes à grands coups d’attaques en tout genre. Arrivés à l’étage en dessous, c’était cette fois trois Echoes qui les attendaient. L’un était très grand, les deux autres de taille moyenne. A côté d’eux, trois Meganium avaient les yeux fermés.

- Oh ! Les Chapeliers… Enfin deux Chapeliers. Vous êtes… ? fit le premier Echo en s’adressant à Justine et Glenn.
- Moi c’est Justine Hitalia, et lui c’est Glenn ! lança Justine avec un sourire niais.
- Merci bien ! fit l’Echo en prenant une photo et en envoyant un message avec son portable. Vous êtes maintenant tout aussi recherchés qu’un Chapelier !

Glenn se frappa la tête. « Mon Dieu, mais COMMENT peut-on naître avec un TEL taux de CONNERIE ?! »

Mais ils n’eurent pas le temps de réfléchir plus longtemps, vu que des Tranch’Herbe émanant des mains des Echoes fonçaient vers eux.

- Kapoera, Garde Large ! ordonna Glenn.
- Et l’offensive, ensuite ! fit Justine, qui avait l’air de s’amuser comme une folle. Coup d’jus, Motisma !

Le Pokémon Plasma électrocuta violemment les Echoes et les Meganium, qui tinrent bon. Ils furent achevés par la Vague Psy de Broke.

- C’est pas facile de tirer sur des humains, grimaça Cat.
- Moi j’ai l’habitude… marmonna Glenn.
- Et moi j’m’en fous, ils n’hésitent pas à nous attaquer, eux… ajouta Shuu.

Ils les enjambèrent, et se rendirent compte qu’ils étaient dans un étage de bureaux, où étaient probablement gérées les ondes. Donc il y avait plein d’employés qui s’enfuyaient en courant dès qu’ils les voyaient. Cat, Shuu, Killian et Justine continuaient à avancer, décidés à descendre tous les étages pour atteindre l’arène. Au bout de la grande pièce se trouvait un ascenseur.

- On n’a qu’à le prendre ! proposa Cat.
- Il suffirait qu’ils appuient sur un bouton, et on exploserait, fit lugubrement remarquer Shuu.
- Mais il y a 123 étages ! On va pas prendre les escaliers quand même ! s’exclama Justine.
- Attention, en voilà d’autres ! la coupa Shuu.

Une nouvelle dizaine de flics, tous armés d’un revolver, débarquèrent, sortant des escaliers. Ils les visèrent.

- Au moindre geste, on vous tue ! lança celui qui dirigeait le groupe.

Justine s’était effondrée soudainement, et des larmes coulaient sur son visage. Elle sanglotait si fort que les policiers la regardèrent.

- J’ai dit pas un geste !
- Je… bredouilla Justine, son visage ruisselant de larmes. Je suis innocente… Je suis une simple employée… Ils m’ont prise en otage…
- … Toi, va vérifier son badge.

Un jeune policier s’approcha du groupe, pas rassuré, tandis que Glenn, Cat et Shuu se demandait à quoi elle jouait, et surtout pourquoi elle les trahissait.

- Où est ton badge ? demanda-t-il a Justine.
- Sous… Sous ma veste… bredouilla-t-elle.

Le policier déboutonna la veste de Justine… Et il s’avéra qu’il n’y avait rien en dessous. Et quand je dis rien, c’est rien. Donc ses formes, bien qu’un peu plates, étaient à découvert. Le policier rougit une fraction de seconde, largement suffisante à Justine. Milobellus faucha les policiers avec un Vibraqua dirigé vers le sol, ce qui créa une ouverture. Nos quatre héros en profitèrent, et descendirent les escaliers quatre à quatre, tentant d’éviter les tirs qui passaient au dessus de leur tête. Justine était toujours seins nus, ce qui aurait été assez comique s’ils n’étaient pas en danger de mort.

- J’vais dégager les escaliers, lança-t-elle, occupez vous de ceux d’en haut ! Milobellus… Inonde moi ça avec un Surf !

Les escaliers furent engloutis dans une vague géante, et des cris leur apprirent que des policiers avaient été touchés, un peu plus bas.

- Upah, Pistolet à O, Broke, Vague Psy !

La vague psy tordit les révolvers des flics venus d’en haut, et les Pistolet à O les achevèrent. Ils continuèrent leur descente, courant dans les escaliers comme des dératés, croisant parfois des policiers mis hors service par le Surf de Milobellus. Ils avaient presque atteint le centième étage, quand un Echo accompagné d’un Elekable apparut face à eux.

- C’est la fin… Cage Eclair !
- Merde ! jura Glenn.

Ils étaient emprisonnés dans une prison de foudre, seul Roucarnage était resté à l’extérieur.

- Roucarnage, Ra-
- Fatal-foudre ! fit l’Echo en levant la main.

Un éclair foudroyant mit instantanément le pauvre oiseau KO. Justine le rappela. Shuu essaya de frapper la barrière, mais il se mangea une décharge. Rien à faire, ils étaient bel et bien piégés. Pour couronner le tout, d’autres Echoes et d’autres policiers débarquaient au fur et à mesure. Certains renforcèrent encore la barrière à coup d’Entrave, de Regard Noir et de Barrage.

- Tch… Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Cat, tendue.
- J’ai une idée… Mais c’est un peu dangereux… marmonna Shuu.
- Peu importe, balance ! le pressa Glenn.
- Ok… Goinfrex… Séisme !

Le Pokémon goinfre fit un petit saut, avant d’atterrir violemment sur le sol. Une énorme secousse ébranla toute la tour Radio, et certains morceaux du plafond tombèrent.

- Encore une fois !
- Je viens t’aider ! lança Justine. Piétisol, Milobellus !

Les deux attaques combinées firent un gros trou dans le sol, et ils tombèrent d’un étage, alors que la tour tanguait dangereusement.

- Si on la pète, on pourra sortir d’ici ! s’exclama Shuu.
- Peut-être, mais pas en un seul morceau…
- Si ton Kapoera fait Abri, on s’en sortira, nan ?
- Mouais…
- Dans ce cas… Détruit ça ! lança Shuu à Glenn en désignant une grosse boîte grise fixée au mur.
- C’est quoi ?
- Le groupe électrique, ça va foutre le feu à tout le bâtiment… murmura Shuu.
- Dans ce cas…

Glenn décocha un énorme coup de poing dans le boîtier. Aussitôt, les lampes disjonctèrent avec une gerbe d’étincelle, et tous les dossiers posés sur les bureaux prirent feu. Ils devaient se concentrer pour ne pas prendre des gravats sur la tête, et la Tour ne tenait maintenant qu’à pas grand-chose.

- Putain, mais y’a plein de gens à l’intérieur ! gémit Cat.
- T’inquiète, les Echoes en évacueront pleins avec Téléport…
- Mais pas tous ! répliqua-t-elle.
- Ecoute, c’est eux ou nous ! cria Shuu. Chôji… SEISME A REPETITION !

Le Goinfrex effectua trois Séismes d’affilés. Et ce qui devait arriver arriva. L’énorme antenne qui surplombait la tour s’effondra, perçant un énorme trou juste à côté de nos héros, qui stressaient grave leur race, mais c’était compréhensible. Tout s’écroulait, les bureaux volaient dans tous les sens, des pierres les assaillaient, ils devaient éviter les morceaux de murs… C’est alors que le grand choc, le définitif, arriva. Les vingt étages au dessus d’eux tombèrent.

- ABRI ! hurla Glenn.

Un morceau de sol les éjecta hors de la tour, et ils atterrirent, protégés par la boule verte créée par Abri, au pied de la tour. Celle-ci s’effondra alors devant eux, dans un fracas assourdissant. Il n’y avait personne dans les rues, la ville avait due être évacuée. Enfin, après dix minutes de bruit insupportable, de grincements de métal, d’explosions diverses, l’ancienne tour Radio était désormais un tas de gravas.

Soudain, Glenn se sentit libéré d’une sensation oppressante. D’un coup. C’était comme si son cœur, qui avait été jusqu’à présent serré dans un étau, revivait, l’étau étant détruit. « C’est étrange… J’ai l’impression… D’avoir le droit d’être ici, maintenant… » Et alors qu’il eut cette pensée, il s’effondra, devant les yeux grands comme des soucoupes de Cat, Shuu et Justine.


Midona, Alexandra, Alice et Mickael marchaient sur les quais de St-Tropez. Il venait de faire un court trajet dans le jet privé extrêmement luxurieux d’Alexandra, qui avait atterris en plein milieu de la place principale, devant l’œil courroucé des passants.

- Commençons notre enquête à l’office de la mer… Ils doivent avoir des renseignements sur les bateaux qui sont partis le 22 septembre, proposa Midona.
- Inutile, l’Aquaria II, c’est mon bateau. Et Shuu l’avait très probablement emprunté sans mon autorisation.
- Il est dit qu’il partait pour les Iles Privées Paradis, est-ce qu’elles vous appartiennent ? questionna Midona.
- J’en ai fait cadeau à mon fils, si j’ai bonne mémoire…
- Et y’avait quoi sur cette île ? intervint Mickael.
- Un laboratoire. C’était là qu’une dame au service de Shuu – une certaine Mista – menait des recherches sur des choses.
- Quelles choses ?
- Aucune idée, Shuu ne parle jamais de lui, répondit Alexandra.
- Et on peut aller sur ces îles ?
- Bien évidemment. Je vais vous y amener, j’ai un yacht à St-Tropez…

Ils embarquèrent tous dans un yacht brillant, entièrement blanc. Alexandra prit elle-même les commandes, et telle une fusée, le bateau démarra, filant à une vitesse hallucinante. Pas moins de dix minutes plus tard, ils apercevaient un petit archipel. Alexandra les fit accoster sur le ponton de la plus grande île. Elle était dépourvue de végétation. En ces lieux, la roche régnait en maître. Ils gravirent des escaliers taillés à même la pierre et arrivèrent devant une imposante bâtisse, au design provocateur. C’était en verre et en inox, une sorte d’énorme demi sphère brillant de milles feux. Une porte coulissante s’ouvrit à leur arrivée, et ils pénétrèrent dans un petit hall. Là, une femme petite, âgée probablement de vingt-cinq ans, vint les accueillir.

- Bonjour ! Je m’appelle Mista ! A qui ais-je l’honneur ? demanda-t-elle.
- Je suis Alexandra, la mère de votre maître.
- La mère de maître Shuu ? s’étonna Mista. Vous êtes sérieuse ?
- Très. Et voici Midona, Alice et Michel.
- C’est Mickael, corrigea ce dernier.
- Peu importe. Nous sommes venus pour en savoir plus sur vos recherches, lança Midona, sure d’elle.
- Mes recherches ? s’étonna Mista.
- Oui.
- Mais c’est évident, Shuu ne vous l’a pas dit ? s’étonna Mista. Elles portent sur le voyage entre les mondes !


Glenn se faisait royalement chier. Il était assis dans le noir depuis quelques heures déjà, et commençait à se demander ce qu’il faisait là. Soudain, un très vieux monsieur tout de blanc vêtu apparut. Glenn le fixa, incrédule.

- Hum, robe blanche, barbe blanche, super vieux… Putain merde, Dieu existe ! Si j’avais su je serais allé à la messe plus souvent ! ragea Glenn sous le regard incrédule du vieux monsieur.
- Je ne suis pas Dieu, je suis William Worldest, fit-il d’une voix lointaine.
- Oh… LE William Worldest, le seul, l’unique ?
- Exact, répondit le vieux en bombant le torse.
- Non, en fait, je vous connais pas, fit Glenn.
- …
- Bon, je suis mort ou pas ?
- Non, tu es bien vivant… Mais c’est étrange.
- De quoi ?
- Ben, en théorie, si tu as pu voyager entre les mondes, c’est que tu es mon descendant mais… Ce n’est pas le cas.
- C’est normal, on m’a injecté du faux ADN, expliqua Glenn.
- Quelqu’un abuse de mon droit de passage ?! Qui est-ce ? s’exclama William, apparemment outré.
- Je ne sais pas, on l’appelle M-M et c’est tout…
- Bon bref, tu es ici parce que tu viens de tuer ton Jumeau Spirituel, et que tu as donc le droit de rester dans le Pokémonde autant que tu veux.
- Cool ! s’enthousiasma Glenn.
- Mais visiblement, ton cœur n’a pas bougé d’un pouce, il est toujours aussi blanc, étrange… marmonna William, intrigué.
- C’est parce que j’ai pas fait exprès de le tuer. Il devait être dans la tour que j’ai faite péter…
- Ca doit être ça. Bon, alors en fait, tu n’as pas besoin d’épreuve du coup, ton cœur étant déjà blanc…
- Si vous le dites… fit Glenn.
- Je sais, tu vas faire une épreuve pour récupérer ta Lueur ! s’exclama William, comme s’il venait d’avoir une illumination.
- C’est quoi une Lueur ?
- Ton don, si tu préfères.
- Donc si je réussis l’épreuve, j’aurais un super pouvoir ?
- On peut dire ça.
- Ben envoyez moi l’épreuve, dans ce cas…
- Ok, bonne chance ! Ton but est de tuer toutes les personnes qui vont apparaître dans la salle, à l’aide de ta mitraillette !

A la seconde où il prononça ces mots, une mitrailleuse apparut subitement. Puis il claqua des doigts, et disparut. « Bon, je dois tuer tout le monde, c’est pas bien compliqué… » songea Glenn. C’est alors que la salle fut soudainement éclairée par une forte lumière. Il se rendit compte que les personnes qu’il devait tuer… c’était toutes ses connaissances. Hachi s’avançait vers lui, souriante.

- Désolé, Hachi, mais je sais que tu n’es pas la vraie… s’excusa vaguement Glenn.

Il la shoota sans faire d’histoires. Et tous les autres suivirent. Il régla le compte de San, Melosa et Kyû sans trop de difficultés, mais galéra un peu plus mentalement quand son père et sa mère débarquèrent.

- Zut… Désolé Papa, Maman !

Il les tira, tremblant un peu au moment d’appuyer sur la gâchette. C’est alors que Justine, Shuu et Cat apparurent. Là, il se figea, tellement ils avaient l’air vrai. Les cheveux ébouriffés de Cat encadraient son visage félin, et elle était vêtue des mêmes habits sombres que la première fois où Glenn l’avait rencontrée. Il la visa, mais hésita. Tirer ou ne pas tirer ? « Allez, ce n’est qu’un faux… Et puis avec ce pouvoir, tu pourras mieux les protéger ! »

La balle fusa, et atteignit Cat en plein cœur. Elle s’évapora. Glenn était en sueur et haletait, choqué parce qu’il venait de faire. Pour Shuu, ce fut encore plus difficile. Après tout, le garçon lui avait donné un nom, et puis Glenn ne pouvait se résoudre à tirer sur un visage si souriant et si innocent. Alors qu’il pointait son arme vers lui, Shuu ouvrit la bouche.

- Glenn… Tu ne vas pas me tuer quand même ? Glenn… Ce nom, c’est moi qui te l’ai donné, tu te souviens ? Je t’en supplie…
- Dé… Désolé… bredouilla Glenn.

Il tira, et Shuu s’évapora. Glenn se tourna alors vers Justine, et là, il ferma les yeux, incapable de la regarder.

- Glenn, soit sympa, je t’aime tu sais ! plaida Justine.
- Ne pas la regarder, ne pas la regarder… murmurait Glenn, luttant de toutes ses forces.

Il savait que s’il la regardait, il ne pourrait rien faire contre elle. Alors il tira une rafale à l’aveuglette, regrettant de tout son être ce qu’il faisait. Puis il entrouvrit délicatement les yeux. Il était de nouveau dans le noir, et face à lui se trouvait William, toujours aussi lumineux et fantomatique. Il applaudissait avec enthousiasme, mais aucun son n’émanait de ses mains.

- Félicitations… Voici ta Lueur !

Le vieux monsieur sortit une petite lumière de sa poche, une sorte d’étoile brillant de mille feux. Il la jeta sur Glenn, et elle s’enfonça dans sa poitrine. Il ressentit soudain une chaleur bizarre envahir son corps. « Bizarre, je me sens étonnamment puissant… Ca doit être cette Lueur, là… » songea le jeune homme.

- Bon, je te tire mon chapeau. Tu mérites ta place dans le Pokémonde, bien que tu ne sois pas vraiment un de mes descendants. Grandis bien, et deviens un bel homme ! fit William avec un sourire, avant de disparaître.

Il fallut un moment pour que l’information monte au cerveau de Glenn.

« … »

« Putain de merde, je viens de me faire complimenter par un vieux ! Suis-je tombé si bas ? »

Et sur cette dernière pensée, il tomba effectivement dans un profond sommeil, bien que déjà endormi en réalité.


- Je le répète pour la énième fois, c’est une très mauvaise idée…
- Tais toi Mentaline, tu vas nous faire repérer !

Rosalia. Flora et Crystal marchaient main dans la main, suivies de près par Silver, Mey et Mentaline. Ceux-ci étaient quasiment méconnaissables. Silver était vêtu d’un costard cravate sobre mais classe, et portait des lunettes de soleil. Il avait coupé ses longs cheveux roux, et ces derniers étaient maintenant artistiquement ébouriffés.

Mey, quant à elle, avait le visage caché par un grand chapeau orné d’un petit ruban, et elle avait troqué ses vêtements déchirés pour une robe courte très légère, aimablement offerte par Flora. Ses cheveux châtain foncés étaient désormais très lisses, et cette raideur contrastait avec sa tenue décontractée et son attitude de jeune fille de campagne.

Mentaline, de son côté, avait choisi quelque chose de complètement opposé. Ses cheveux étaient attachés en un chignon très strict, où rien ne dépassait. Elle portait des lunettes ovales rouges foncé, et était habillée d’une jupe droite noire et d’un veston kaki qui cachait son haut blanc. Elle tenait dans sa main gauche une banale mallette, histoire de donner l’impression qu’elle allait au travail. Bref, elle avait la parfaite tenue de la secrétaire de bureau, et elle et Silver faisaient semblant d’avoir une discussion animée sur le marketing à adopter face à la région Sinnoh, qui se montrait particulièrement récalcitrante à user de leurs produits de beauté.

- C’est par où l’arène ? glissa discrètement Mey à Crystal.
- C’est plus très loin…
- Enfin, Mme Kadahfi, vous ne voyez donc pas que ce que veulent les Sinnohiens, c’est des produits de qualités à bas prix ! fit Silver à Mentaline.
- Mais M. Strauss-Kahn, nous ne pouvons décemment pas baisser nos prix, c’est toute la société qui s’effondrerait ! lui répondit Mentaline, qui jouait son rôle à merveille.
- Et bien lançons une nouvelle campagne de pub !
- Il nous faudrait un nouveau slogan, Monsieur.
- « Chez Charnel, on va à l’essentiel » ? proposa Silver, ou plutôt M. Strauss-Kahn.
- Nous sommes censés vendre du parfum, non vanter les mérites d’une agence de prostitution qui satisfait rapidement les clients… répliqua Mentaline, ce qui lui valut un coup de coude de la part de Mey.
- Fait gaffe à pas trop surjouer.... souffla-t-elle.
- T’inquiète, je maîtrise… Que pensez vous de « Charnel, l’odeur aux huiles essentielles » ? proposa à son tour Mentaline en haussant la voix.
- Je pencherais plus pour « Charnel donne des ailes » ! lança Silver.

Les passants ne leur accordaient pas beaucoup d’attention, trouvant cette scène plutôt banale. C’était justement le but de Mey, Silver et Mentaline : pénétrer la ville en douceur. Le plan était le suivant : Flora et Crystal marchaient devant en faisant semblant de ne pas les connaître, Mentaline et Silver continuaient leur discussion animée, et Mey restait à l’écart, le regard volontairement dans le vague. En suivant cette formation, ils devraient pouvoir atteindre la Scène sans trop de problèmes.

Et bizarrement, le plan marcha comme sur des roulettes. Au bout d’une petite demi-heure de marche, ils apercevaient enfin le grand bâtiment, où aurait lieu le concours. Sauf qu’une fois arrivés à proximité ils eurent soudain un peu peur. Des dizaines de Flyers sillonnaient les cieux autour de l’arène, et une protection psychique entourait toute la construction. Des policiers étaient postés tout les dix mètres, et encerclaient la Scène qui ressemblait beaucoup à une forteresse, du coup.

- Euuuuuuh… On fait comment ? chuchota Mey.
- Laissez moi faire, fit Mentaline en remontant ses lunettes d’un geste très stylé. Ne vous approchez pas surtout, vous pourriez tout gâcher. Suivez moi de loin.

Elle s’éloigna et vint tapoter l’épaule d’un jeune policier roux accompagné d’un Démolosse, laissant ses quatre amis un peu plus loin.

- Excusez moi !
- Oui ? répondit le policier.
- Je cherche les toilettes publiques, s’il vous plait.
- Vous tournez à droite au coin de la rue et vous y êtes, madame…
- Mademoiselle, corrigea Mentaline avec un clin d’œil.
- Euh… Oui… fit le jeune policier, un peu rougissant.
- Et je ne suis pas sure de pouvoir trouver toute seule, fit-elle avec un petit sourire provocateur. Me feriez vous l’honneur de m’accompagner ? Et puis, qui sait ce qu’il peut se passer dans des toilettes publiques… ajouta-t-elle, une lueur complice dans le regard.

Les quatre autres n’en revenaient pas. Mentaline, 16 ans, étaient en train de draguer un mec de 25 ans et de l’inciter très clairement à faire des choses pas super catholiques. En deux secondes, elle venait de se transformer en la secrétaire allumeuse de service. Et le pire, c’était que c’était très convainquant.

- Euh… bredouilla le policier roux. Si… Si vous voulez…
- Merci ! Vous vous appelez ?
- Léonard.
- Très bien mon petit Léo, et si nous y allions ?

Elle attrapa le policier par la main et l’entraîna au bout de la rue, s’éloignant de la Scène, sous les regards intrigués des autres policiers de service. Silver, Mey, Flora et Crystal les suivaient discrètement. Quand ils pénétrèrent dans les toilettes publiques, ils se mirent derrière pour pouvoir entendre ce qui se disait.

- Allons, ne fait pas ton timide… susurrait Mentaline d’une voix douce.
- C’est que, je suis censé être en service… bredouilla le dénommé Léonard.
- Tout le monde a le droit à une petite gâterie de temps en temps… Allez, rentre là dedans, ça te coûtera rien, t’inquiète…

Mentaline le poussa légèrement à l’intérieur de la cabine, et ferma la porte à clé derrière elle. Choqués par ce qu’ils venaient d’entendre, Mey, Silver, Flora et Crystal s’approchèrent de la cabine fermée et attendirent. Il y eut un petit gémissement provenant très probablement du roux, et un bruit indiqua que quelqu’un s’asseyait. Puis on entendit le bruit d’une braguette qu’on descend, et enfin des bruissements de vêtements qu’on enlève.

Mentaline sortit soudain de la cabine, une tenue de flic dans une main, des papiers en règles dans l’autre, et un grand sourire aux lèvres. Derrière elle, le flic ronflait, en caleçon.

- Et voilà pour toi ! fit la jeune femme en tendant les fringues et les papiers à Silver.
- Quoi ? s’étonna celui-ci. Je croyais que tu voulais le violer moi !
- N’importe quoi ! Je l’ai endormi avec l’attaque Bâillement de Smooth, et je lui ai retiré ses fringues !
- Mais pourquoi faire ? demanda Crystal.
- C’est évident, Silver va se faire passer pour ce policier, et va pénétrer dans l’arène en compagnie de vous deux, Crystal et Flora ! exposa Mentaline.
- Mais c’est vous qui devez rentrer… fit remarquer Flora.
- Exact. Mais Silver m’a dit qu’il avait un Gallame. Or, un Pokémon peut se téléporter dans les endroits où il est déjà allé. J’ai étudié la configuration de la barrière psychique, et il semblerait que se téléporter de l’intérieur vers l’extérieur soit possible, pour des raisons de sécurité. L’inverse est impossible par contre, on ne peut pas y entrer avec Téléport tant que la barrière est active. Il suffirait à Silver, Crystal et Flora de détruire le boîtier de commande de la barrière, et de nous envoyer Gallame aux toilettes publiques. De là, on se téléporte dans la Scène et on se retrouve en sûreté !

Les quatre autres ne purent qu’approuver, le plan semblant avoir de bonnes chances de réussite, à condition que Silver arrive à se faire passer pour le fameux Léonard, endormi dans une cabine après avoir failli se faire dépuceler.

- Bon Silver, va enfiler cette tenue, et revient nous voir.
- OK…

Il rentra à son tour dans une cabine, et se changea rapidement. Quand il sortit, il était plutôt ressemblant au type, ayant les mêmes cheveux roux. Mey ne put s’empêcher de remarquer que Silver était super sexy en policier, mais elle se tut.

- Ca va comme ça ? demanda Silver, gêné.
- Tu es parfait ! Enfin presque. Il faut te refaire tout le visage… Ok, Mey, Crystal, Flora, opération commando ! Transformons Silver en Léonard !
- Je sais me maquiller seul, j’ai été une fille pendant presque 6 ans…
- Rien à battre, je veux te maquiller ! fit Crystal avec un petit sourire sadique.

3 minutes plus tard, Silver était méconnaissable. Il avait désormais des taches de rousseur, des yeux marron, des lèvres pulpeuses et quelques boutons. C’était le portrait craché de Léonard.

- Bon, maintenant tu files en vitesse à la Scène, et tu dis que tu dois vérifier le groupe électrogène à l’intérieur. Tu montres ton badge et tes papiers, et normalement, ça passe. Dans le pire des cas, Crystal et Flora te tireront de ce mauvais pas, exposa Mentaline.
- Ok…
- C’est parti ! Oh, en fait ! Vas-y en courant !
- Pourquoi ? s’étonna Silver.
- Parce que les gardes t’on vu partir avec une bombasse, et donc si t’es rouge et en sueur, c’est d’autant plus réaliste ! fit Mentaline, très sérieuse.
- …
- Vas-y !
- A toute !

Il partit, courant comme un dératé. Flora et Crystal le suivirent en marchant. Silver arriva devant la porte d’entrée de la Scène. Elle était gardée par une dizaine de personnes, qui vérifiait si les gens pouvaient passer ou pas. Le garçon en tenue de flic s’avança timidement.

- Excusez moi, je dois passer pour une vérification du groupe électrogène de l’arène.
- Vos papiers, fit froidement le type de l’entrée.

Silver les lui tendit. Il les regarda un moment, vérifiant si tout était en règle.

- Votre badge de police ?
- Le voici.
- Vous pouvez passer.
- Merci bien.

Silver s’avança, n’en croyant pas sa chance. Soudain, le type l’interpella :

- Eh toi !
- Qu- Quoi ? bredouilla Silver, tendu comme un string.

Le type de l’entrée s’approcha de lui, et lui glissa à l’oreille :

- A l’avenir, évite de t’offrir ce genre de plaisirs aux boulots, hein… Mais ça passe pour cette fois.
- Merci… fit Silver, soulagé et gêné en même temps.

Il pénétra enfin dans la Scène, et soupira de soulagement. Flora et Crystal y entrèrent à leur tour, passant sans aucuns problèmes, étant parfaitement en règle. Ils étaient dans le salon de la Scène.

- Bon… Il faut trouver le boîtier de contrôle… fit Silver.
- Je crois qu’il est dans le gymnase… répondit Flora.
- Au fait, merci de nous aider, toutes les deux…
- De rien Silvou, c’est la moindre chose que je puisse faire pour toi ! sourit Crystal. Et puis je m’amuse bien, moi aussi… Bref, ne traînons pas !

Ils traversèrent la coursive en verre qui amenait au gymnase. Celui-ci était rempli de divers coordinateurs, en plein entraînement. Silver aperçut Nozomi, mais il n’alla pas la voir, il y avait des choses plus importantes.

- Bon et maintenant, c’est où ?
- Là bas ! fit Flora en montrant quelque chose du doigt.

En fait, elle montrait une sorte d’énorme bloc blindé, gardé par des deux Echoes. A l’intérieur devait se trouver le boîtier.

- Il y a des Echoes à l’intérieur ? C’est pas censé être interdit ? s’étonna Silver.
- En fait, il est interdit de procéder à une arrestation à l’intérieur d’une Scène. Mais il est parfaitement autorisé de péter la gueule à un type trop curieux… répondit Crystal.
- On fait quoi, on passe en force ? demanda Silver, toujours déguisé en flic.
- Ben non, tu vas y rentrer grâce à ta tenue de flic !
- Bon courage ! sourit Crystal.

Les deux filles le poussèrent vers l’énorme bloc de métal. Il s’adressa aux Echoes d’un ton mal assuré.

- Euh… Excusez moi, je suis le technicien policier chargé de faire la maintenance du système de protection, et j’aimerais rentrer.
- On ne nous a pas dit qu’il y aurait un technicien aujourd’hui… marmonna le premier Echo en lui barrant la route.
- Et bien… fit Silver, c’est parce qu’avec tout ce qui se passe en ce moment, les Chapeliers et tout le reste, mieux vaut vérifier plus souvent…
- Vous m’avez l’air louche, vous…
- OH ET PUIS MERDE, MARRE D’ETRE CE FLIC BOUTONNEUX ! ALIGATUEUR, LATTE LES AVEC UN HYDROCANON !

Ce fut réglé en deux secondes, montre en main. Le Pokémon Crocodile mit hors combat les Echoes avec une facilité déconcertante, et Silver les enjamba avant de pénétrer à l’intérieur. Il s’approcha du boîtier. Il y avait des centaines de boutons, et rien n’indiquait leurs rôles respectifs. Silver soupira.

- Aligatueur, Tranche…

Le boîtier fut transpercé littéralement. Radical. Un bruit très satisfaisant fit comprendre à Silver qu’il avait réussi. Se dépêchant, il sortit son Gallame.

- Va les chercher ! Vite !

Le Gallame disparut… et réapparut 3 secondes plus tard avec Mey et Mentaline, toutes contentes.

- Bravo Silver, t’es le meilleur !
- Oui sauf que maintenant, des flics vont débarquer pour nous péter la gueule ! fit-il remarquer.
- Exact. Rendez vous, chers Chapeliers, fit une voix derrière eux.

Il se retournèrent et tombèrent nez à nez avec Killian, aussi beau qu’à son habitude. Son Arcanin se tenait à ses côtés, les yeux fermés.

- Je blaguais ! fit-il avec un sourire. On m’a donné l’ordre de me faire passer pour un de vos alliés et ainsi de gagner votre confiance afin de vous traquer à la sortie de la Scène…
- En gros, t’es censé être un agent double ! fit remarquer Silver.
- Exact, mais en vrai je suis de votre côté.
- Attendez une minute ! s’écria Mey. T’es bien le frère de Gold ?
- Euh, oui pourquoi ? s’étonna Killian.
- Ben tu diras de ma part à ton frère que c’est un connard fini qui mérite de se faire enculer bien profondément !
- Mey, tu recommences avec ton côté devil forcé… la réprimanda Silver.
- Ah oui… C’est vrai… Désolée… bredouilla Mey, penaude.
- Bon, si on allait boire un café ? proposa Killian.
- Volontiers !

Ainsi donc, ils furent rejoins par Crystal et Flora, et burent tous ensemble un café.

« Mission infiltrer la Scène de Rosalia… terminée avec succès ! » songeait Mentaline, fière d’elle, tandis que de son côté, Killian songeait « Mission infiltrer les Chapeliers… terminée avec succès ! ».


« Tchh… Aller avec Bleuts ou pas ? Mais si j’y vais, je perdrais mon pouvoir… Je ne veux pas ! Mais en même temps… »

Kanon se torturait l’esprit, seule au centre d’un cercle d’arbres déracinés.

« Oh et puis merde, j’en ai marre de rien faire ! J’vais voir Bleuts ! »

Elle se leva et se mit à marcher. Elle devait trouver Bleuts. Parce que c’était la seule chose qui parviendrait à lui redonner un esprit humain. Elle le savait, mais ne voulait pas l’admettre.

Néanmoins, elle marchait, encore et toujours, à la recherche d’une lumière pour éclairer un peu mieux son sombre chemin sinueux.


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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Chapitre 23 : Black Hole and Revelations   Mer 28 Déc 2011 - 15:19



Glenn ouvrit lentement les yeux… et les referma aussitôt, effrayé. Quelques minutes plus tard, il fit une deuxième tentative, plus prudente. Mais non, il ne rêvait pas. Du rose. Du rose partout, absolument partout. Les murs étaient roses, le plafond était rose, le sol était rose, les meubles étaient roses, les coussins étaient roses, et même l’air semblait légèrement rosâtre. Il se rendit compte qu’il était allongé sur un énorme matelas – rose bien entendu – et qu’il avait du mal à bouger. Difficilement, il se releva, et aperçut Shuu et Cat, visiblement en pleine discussion. Soudain, Shuu le vit, et se précipita vers lui, suivit de près pas la jeune fille aux cheveux noirs.

- Hey Glenn ! Bien dormi ? demanda Shuu.
- Ouais, j’ai juste fait un rêve à la con avec un pédophile gay qui me demandait de tuer tout le monde avec une mitraillette…
- … Même moi c’est pas aussi bizarre ! admit Cat.
- Parle pour toi, l’autre jour j’ai rêvé de Melosa en tenue de pompier qui doigtait un Flagadoss… marmonna Shuu.
- … Et après on se demande pourquoi il est con ! Pas étonnant, des rêves comme ça, ça te détruit des neurones…
- Et euh, sinon, on est où ? questionna Glenn, un peu paumé.
- A l’arène de Doublonville ! l’informa Cat.
- Et là, on attend que la pétasse ait fini son match contre un enfoiré… rajouta Shuu, amère.
- La pétasse ? L’enfoiré ? Je te rappelle que Melosa est partie, et que tu es juste devant moi, donc c’est impossible… fit remarquer Glenn.
- … T’as beau être un salop, je dois admettre qu’elle était pas mal celle là… marmonna Shuu, vexé.
- Non sérieusement, comment on est arrivés là ?



- OH PUTAIN GLENN EST MORT ! hurla Justine.
- … Il dort… soupira Shuu.
- Ah… fit Justine, soulagée.
- Mais il faut qu’on atteigne l’arène, les Echoes vont débarquer ! lança Cat, inquiète.
- Et qui c’est qui va porter Glenn ? Personne n’est assez fort pour ça… soupira Shuu.
- C’est toi le mec, je te rappelle ! répliqua Cat.
- Mec ne rime pas avec muscles !
- En tous cas, Shuu rime avec guimauve dans les bras… soupira Justine.
- Et tes Pokémon, ils peuvent le porter ! fit remarquer le garçon, piqué au vif.
- Mon Roucarnage est HS, et la plupart des autres aussi…
- Menteuse, il te reste plusieurs Pokéball… répliqua Shuu.
- Pffff… Carchacrok, en avant…

Un Carchacrok plus qu’imposant apparut. Ils étaient à deux cents mètres de l’Arène, mais elle n’était gardée que par trois policiers, les autres ayant été mobilisés pour l’attaque de la Tour Radio. Justine se pencha près du Kapoera de Glenn, qui fixait son maître avec un air désolé.

- Dit Kapoera, tu veux bien nous entourer d’un Abri ? demanda gentiment la jeune fille aux cheveux noirs.

Le petit Pokémon acquiesça, et la même bulle verte que quelques instants auparavant les entoura. Justine le remercia.

- Carchacrok… Giga Impact s’il te plait, et vise l’arène ! lança Justine avec un sourire.

Le Pokémon chargea son énergie, et donna un énorme coup de boule sur la protection. Shuu, Glenn, Justine et Cat, propulsés comme un boulet de canon, percutèrent les policiers avant d’exploser la porte et de pénétrer dans l’arène de Doublonville. Kapoera retira l’Abri, et Justine fit revenir Carchacrok. Les voilà dans l’arène, en sécurité.

- Et ben voilà, c’était pas si compliqué ! sourit Justine.
- Parle pour toi, j’ai cru que j’allais retrouver Break… bredouilla Cat, encore sous le choc.

Les policiers, affolés et craignant pour leurs vies, eurent vite fait de remplacer la porte qu’ils avaient pété. Nos quatre héros – dont l’un dormait à poing fermés – étaient dans un grand hall rose. Un petit homme replet en costard vint les accueillir.

- Bon… Bonjour… Vous êtes… Les Chapeliers, c’est ça ? bredouilla l’homme.
- Les Chapeliers ? s’étonna Shuu.
- C’est le nom qu’on vous donne, signala Justine.
- Trop cool ! firent Cat et Shuu, des étoiles dans les yeux.
- Oui donc euh… Soyez… les bienvenus à l’arène de Doublonville ! fit l’homme, tentant de reprendre contenance.
- Où est la championne ? demanda Shuu.
- Elle est sur le point de m’affronter, fit une voix froide.

Les trois se tournèrent. En face d’eux se trouvait un jeune homme blond, avec des habits bleu nuit. Ses yeux étaient d’une couleur marron très claire, presque ambrés. Il ne souriait pas, et avait parlé en remuant ses lèvres le moins possible. Il dégageait une aura de profond dégoût, et ne semblait pas super avenant. On pouvait remarquer qu’il avait trois Pokéball à sa ceinture, et un Lixy sur l’épaule. Shuu démarra au quart de tour ; déjà énervé par ce type louche.

- Et pourquoi toi d’abord, hein ?! On vient de péter la Tour Radio exprès pour un putain de badge, alors on a la priorité !
- Ferme ta gueule, la connerie est peut-être contagieuse… cracha le jeune homme.

Shuu vit rouge. Ce type l’insupportait au plus haut point.

- TOI ! JE TE PRENDS EN COMBAT, ICI ET MAINTE-

Mais il fut coupé par une autre apparition. Il s’agissait d’une jeune femme. Et dès qu’ils la virent, Shuu et Cat surent que c’était elle, Blanche. Elle était vêtue d’une simple veste blanche presque transparente, ouverte sur son soutif en dentelle rose. Sa jupette était tellement courte qu’on se demandait si elle avait d’abord passé la jupe ou la culotte. Ses cheveux étaient volontairement lâchés et lui tombait sur les épaules.

A côté de Blanche, Mentaline du chapitre précédent avait l’air d’une sainte nitouche ayant fait vœu de silence.

- Stopeuh les jeuneuh ! (ndla : Oui, elle parle aussi comme une pute, ça va ensemble…) La bagarre c’est nul ! Le sexe c’est bien !
- … Ok d’accord, je préférais presque la Blanche du jeu vidéo… marmonna Shuu.
- Le beau blond m’enculera-, pardon, m’affrontera le premier, se corrigea Blanche, parce qu’il est arrivé le premier.
- … Dites, juste comme ça, vous avez avorté combien de fois ? demanda Cat avec l’air le plus innocent du monde.
- Suffisamment pour que l’hosto me compte parmi les habituées… Mais ça c’est sûrement parce que j’ai sucé le cardiologue, l’autre fois… fit-elle, en proie à une intense réflexion.
- Y’a des enfants dans la salle, je vous rappelle ! signala Cat en bouchant les oreilles de Shuu.
- Bon, j’y ai droit à ce combat oui ou merde ?! s’impatienta le blond.
- Oui oui… C’est quoi ton petit nom ?
- Dimy, répondit le garçon.
- AHAHAHA, LE PRENOM DE MERDEEEEEEE ! hurla Shuu, explosé.
- Et, c’est quoi ton nom, à toi ?
- …
- C’est bien ce que je pensais. A plus le clodo, on se reverra quand j’aurais mon badge…

Et Blanche l’avait entraîné dans une salle annexe, sous l’œil vert de rage de Shuu et le regard amusé de Cat.



- Ce qu’il s’est passé ? s’étonna faussement Shuu. Oh, rien de spécial… On t’a juste allongé sur un matelas rose, et on est là depuis à peu près une heure…
- Et depuis une heure, tu dors comme un bébé ! le taquina Justine.
- Ben en fait, je crois que j’ai tué mon Jumeau Spirituel…
- Sérieux ?! s’étonna Shuu.
- Ouais… Mais ça n’était sûrement qu’un rêve. Il me disait que j’avais gagné un don, aussi.
- Classe ! C’est quoi ton don ?
- … Aucune idée.
- …
- …

Soudain, une porte à battant s’ouvrit dans un grand bruit. En sortit Dimy, avec un petit air suffisant. Shuu accourut.

- Alors, t’as gagné ?
- A ton avis, sous-merde…
- Sérieux ?! s’étonna Shuu. T’as vaincu cette pute ?
- Je t’entends, le gosse ! fit la voix de Blanche émanant de l’autre pièce.
- Tant mieux ! répondit Shuu. J’ai droit à mon match, Blanche ?
- Ouais, entre !
- Yes ! A plus Dimy-chou ! se moqua le gamin, avant de faire signe à Cat, Glenn et Justine de le suivre.
- Sale con… cracha Dimy, avant de sortir de l’arène.

Shuu lui fit un signe obscène, et il entra dans la salle où se trouvait la fameuse championne insupportable. C’était un terrain banal, avec des gradins, sauf que tout était rose. Blanche était d’un côté du terrain, allongée sur un sofa, caressée par une demi douzaine de mecs en tenue légère. Avec un air blasé, Shuu et Cat se placèrent face à la championne, tandis que Justine et Glenn s’asseyaient dans les gradins. Le petit homme replet faisait l’arbitre, toujours aussi tremblotant.

- La match… opposant la championne Blanche… à ?
- La Team Nager, indiqua Cat avec un sourire.
- A la Team Nager va commencer ! C’est un combat double, à 4 Pokémon maximum. Le premier qui a ses 4 Pokémon K.O. a perdu !
- Très bien… Chôji, à toi ! fit Shuu en lançant la Ball de son Goinfrex.
- Upah, c’est à toi – tient, ça rime… remarqua Cat en envoyant son Axoloto.
- Oui… Mets-y les trois doigts… gémit Blanche.

Gros blanc général. Visiblement, un des six hommes de Blanche venait de passer à autre chose que des caresses. En plein match d’arène, signalons-le. Shuu tourna la tête, dégoûté, tandis que Cat avait de nouveau envie de se pendre. Glenn tomba à la renverse, tandis que Justine semblait s’ennuyer ferme. L’arbitre lui-même semblait gêné.

- Euh, madame Blanche ? essaya-t-il.
- Quoi le thon ? Paulo, un peu plus sur la droite, c’est là que se trouve mon point G… ajouta-t-elle au type.
- Vous êtes en plein combat, vous devez appeler des Pokémon !
- OH OUI ! cria-t-elle – bien qu’on ne sache pas si elle répondait à l’arbitre où si elle avait un orgasme. C’est vrai je dois en envoyer… Rondoudou, Grodoudou, à vous ! Jacques, vous devriez venir plus souvent, vous êtes très sexy…
- Cat, je vais me tirer une balle…
- C’est moi la dépressive, en théorie…
- Mouais… Chôji… Blizzard ?

Le vent glacé gela littéralement les deux Pokémon de Blanche, et le froid sembla casser son orgasme. Elle se releva soudainement, repoussant les six mecs, et les pointa du doigt.

- TOI ! ESPECE D’INPUBERE ! T’AS OSE CASSER MON FANTASME, T’AS GELE MES DOUDOUS ET MA FORET VIERGE, TA PRESENCE M’INSUPPORTE ! GRODOUDOU, RONDOUDOU, COMBO DES BOULES DE GEISHA !

Les deux Pokémon se dégelèrent, et se lancèrent dans une double roulade surpuissante. Glenn, qui était le seul à avoir compris en quoi consistait le nom du combo, se frappa le front. Shuu et Cat étaient impressionnés par la vitesse des deux Pokémon.

- Euh… Chôji, stoppe les avec Séisme !
- INUTILE, MORVEUX ! SAUTEZ !
- Saisis ta chance, Upah ! Pistolet à O sur le sol !

Les Pokémon bouboules esquivèrent le Séisme, mais quand ils atterrirent, ils glissèrent sur la flaque d’eau crée par Upah.

- Allons-y en mode kéké ! Chôji, Métronome !

Le Métronome tomba sur un magnifique Siphon. Le tourbillon emporta Rondoudou et Grodoudou, sous les cris d’une Blanche courroucée.

- Axoloto, Boue-Bombe !
- Pas question ! lança Blanche, à fond dans le match à présent. Rondoudou, Grodoudou… CRIS DE JOUISSANCE !

Cette fois, tous se frappèrent le front, à l’exception de Justine, complètement inculte. Mais il n’y avait rien de drôle parce que ce combo semblait dangereux. En effet, Rondoudou venait de lancer Berceuse, ce qui endormit Chôji et Upah, tandis que Grodoudou les mitraillait avec Chant Canon. La puissance augmenta encore quand Rondoudou se joignit au Chant. Le Goinfrex et l’Axoloto morflèrent pendant cinq bonnes minutes, avant de se réveiller, affaiblis.

- Chôji, tient bon !
- Upah… DOUBLE SEISME ! cria Cat en même temps que Shuu.

Les deux Pokémon sautèrent et retombèrent en même temps. La secousse était surpuissante, et les Pokémon de Blanche en prirent un coup.

- Chôji, Léchouille sur Rondoudou !
- Upah, lance ton Pistolet à O !

Les deux attaques touchèrent le Rondoudou, qui s’effondra. Blanche hurla de dépit, et envoya un Tauros. Shuu et Cat déglutirent difficilement. Certes, ils avaient un énorme atout en main – à savoir Broke -, mais ça ne faisait pas tout.

- Tauros…Charge ! Grodoudou, Mégaphone !
- Merde ! Chôji, Léchouille sur Tauros, cette fois !
- Upah, profite que Grodoudou ait la bouche ouverte pour le noyer avec Vibraqua !

Goifrex ne put porter son attaque, et tomba K.O. en se mangeant la Charge de Tauros. La stratégie de Cat, par contre, avait aboutie. Grodoudou avala une sphère aqueuse qui explosa en lui, le mettant K.O. sur le coup. Cependant, Tauros était toujours en pleine forme, tandis qu’Upah semblait sur le point de s’effondrer.

- Il ne lui reste qu’un Pokémon à nous dévoiler… souffla Shuu.
- Et c’est sûrement… continua Cat.
- La terreur…
- Le Pokémon le plus horrible…
- Le Pokémon le plus chiant du monde…
- Connu pour être redouté de tous les dresseurs…
- Le monstre de Pokémon OAC et HG/SS…
- Le légendaire…
- ECREMEUH, JE TE CHOISI ! hurla Blanche.
- NOOOOOOOOOOOOOOOON ! hurlèrent Shuu et Cat, morts de peur.
- Ben quoi, vous avez vu un vibromasseur ? s’étonna Blanche.
- Nan, nan… Bon, Greens, en avant mon grand !

Le Doudouvet apparut, et se mit en position de combat aux côtés d’Upah. En face, Tauros et Ecremeuh… s’accouplaient.

- C’est une blague ?! s’écria Cat, sa voix montant dans les aigus.
- Ils aiment bien le faire avant de commencer le match ! signala Blanche.
- Telle maîtresse, tels Pokémon… marmonna Shuu.

Un beuglement du Tauros indiqua qu’il en avait fini. Blanche hocha la tête, et ordonna :

- Maintenant les préliminaires ! SUPER COMBO DU 69 !
- En théorie, les préliminaires c’est avant l’acte, hein, pas après… soupira Shuu.
- Ta gueule !

Les deux Pokémon… se mirent en position 69. (ndla : Si par le plus grand des hasard, vous ne savez pas ce que c’est, NE DEMANDEZ PAS A VOS PARENTS ET NE TAPEZ RIEN SUR GOOGLE ! Votre innocence pourrait en prendre un coup… Et je suis très sérieux !) En gros, Ecremeuh s’allongea sur Tauros, et les deux se mirent à tourner sur eux-mêmes, dans une Roulade énorme. Shuu ricana.

- Pff, c’est juste du bluff ! Tauros ne peut pas utiliser Roulade, c’est Ecremeuh qui contrôle tout… Donc la puissance est minime ! Greens, Para-Spore !

Grâce à Farceur, le Pokémon attaqua en premier et paralysa Ecremeuh, ce qui stoppa la Roulade des deux Pokémon. Shuu et Cat saisirent l’occasion.

- Greens, Tranch’Herbe !
- Upah, Vibraqua !
- Tauros, Colère !
- Sérieux ?! s’étonna Shuu.

Les deux attaques ricochèrent sur le Tauros lancé à pleine puissance, et il frappa violement Upah, qui tomba K.O. sur le coup. Mais le Pokémon Taureau ne voulait pas en rester là. Il commença à foncer en direction de Greens. Shuu réagit au quart de tour.

- Para-Spore, encore !
- En avant, Broke ! fit Cat.

L’attaque paralysa Tauros, tandis que Broke sortait de la chevelure foisonnante de Cat. Leur atout. Leur dernière chance.

- Ecremeuh… Roulade !
- Encore ?! Greens, Vampigraine !
- Quelle attaque débile… Broke, contre la.

Broke s’interposa, et bloqua l’attaque avec un Abri. Blanche tomba des nues. (ndla : Oui, je sais, jeu de mot de merde… --’)

- Vous êtes encore plus chiants que des puceaux… Mes deux Pokémon sont paralysés… Et Ecremeuh est touché par les Vampigraine… Tch… Il faut vraiment avoir de la Patience… marmonna Blanche en serrant les dents.
- Et ouais ! Greens, Spore Coton !
- Broke… Rafale Psy ! ordonna Cat.

« Ils sont forts… songea Glenn. Shuu fait baisser toutes les statistiques avec Farceur, et Cat frappe, bien qu’elle n’ait pas beaucoup d’attaques offensives… C’est pas forcément une stratégie de taré, mais ça porte ses fruits… »

Blanche avait un petit sourire en coin, alors que son Ecremeuh se faisait latter par une Rafale Psy et que son Tauros était immobilisé. Shuu et Cat ne le remarquèrent pas. Ils auraient du.

- Greens, Tranch’Herbe !
- Broke, encore une fois, Rafale Psy !
- Désolée, mais c’est la fin… EJACULATION ! hurla Blanche.
- Hein ?

Un rayon d’énergie surpuissant balaya Greens qui s’effondra, complètement hors service. Juste après, un jet de Lait à Boire atterrit dans la bouche du Tauros qui se releva, de nouveau d’attaque. Puis l’Ecremeuh se soigna lui-même. Shuu était abasourdi.

- Mais… Comment ?
- C’est simple, quand j’ai dit qu’il fallait faire preuve de PATIENCE, c’était pour déclencher l’attaque… Vous vous êtes fait avoir !
- Le match n’est pas fini ! s’écria Cat. Broke, Toxic !
- Merde ! Poursuite, Tauros !
- Non ! Abri, Broke !

Le Pokémon empoisonna le Tauros, et alors que celui-ci allait le frapper avec Poursuite, elle le contra. Blanche jura.

- Petite pute !
- Et c’est elle qui dit ça ! ricana Cat. Broke, Toxic à nouveau !
- Pas question, saute Ecremeuh !

Cat avait anticipé, et le poison atteignit tout de même le Pokémon Lait. Tauros avait déjà commencé à souffrir de son empoisonnement.

- Tauros, Poursuite encore !
- Contre avec Abri, et réplique avec Rafale Psy !

Le Tauros morfla, l’attaque étant plus efficace à bout portant. Cat était à fond dans le match, soutenue par Shuu. « Je dois mettre K.O. le Tauros… L’Ecremeuh n’est pas dangereux au niveau offensif, je l’aurais à l’usure… » pensa Cat, avant d’ordonner :

- Vague Psy !
- Esquive Tauros ! s’écria Blanche.

Manque de pot, une Vague Psy, ça va pas tout droit. Donc c’est Ecremeuh qui se mangea l’attaque.

- Ecremeuh, Lait à Boire ! Tauros, Charge !
- C’est inutile ! ricana Cat.
- Grave erreur ! Poursuite !
- Merde !

Tauros traversa Broke avec Charge, et profita de la proximité pour assommer le Pokémon avec une Poursuite. Broke morfla, l’attaque étant super efficace.

- Tch… On aura ce Tauros ! Rafale Psy à nouveau !
- T’es chiante avec tes Rafale Psy… Ecremeuh, interpose toi, puis Lait à Boire !
- Vous oubliez le poison… souffla Cat.

Effectivement, Tauros s’effondra. Le poison avait eu raison de lui. Blanche le rappela, furax.

- Vous avez osé briser un couple ! hurla-t-elle.
- Ca connaît le sens du mot couple, une pute ? s’étonna Cat alors que Shuu ricanait.
- Raaaaaaaaah… Ecremeuh, Lait à Boire !
- Vous finirez par perdre, c’est une évidence, soupira Cat.
- Pas si je te mets K.O. avant ! Roulade !
- Broke, l’assaut final ! VIBROBSCUR !

Ecremeuh fit un impressionnant vol plané, tout comme Broke, également touché. Les deux Pokémon, à terre, tentaient de se relever. Ecremeuh souffrait, et on voyait qu’il avait du mal à ne pas s’évanouir. Broke, lui, mit deux minutes pour se relever, vite suivit par Ecremeuh… qui s’effondra. K.O.

Shuu et Cat se regardèrent, abasourdis. Puis ils hurlèrent de joie.

- ON A GAGNE, YEAAAAAAAAAAAAAH !
- Grrr…

Blanche bouillonnait de rage.

- Battue deux fois en une journée… Quelle humiliation… Faut que je me défoule…

Elle se retourna vers ses six mecs.

- Ca vous dit une partouze ?
- Ouais !

Elle allait partir dans une autre chambre, mais Shuu l’interpella.

- Et le badge ?
- Ah oui !

Elle fourra une main dans sa culotte, et en ressortit un objet tout bizarre, semblable à un petit clou en plastique.

- J’en ai plus, des badges, donc prenez mon stérilet, je passerais un message aux types de la ligue pour qu’il compte… De toute façon j’en avais plus besoin, si ça me permet de revoir le cardiologue à l’hosto… A plus !

Et elle s’en alla, en leur lançant le « badge ». Shuu et Cat se regardèrent un moment, et dirent en même temps :

- C’est toi qui le gardes !

Glenn et Justine, qui venaient de les rejoindre, ricanèrent.

- Bon, vous avez vos badges maintenant, donc on peut se casser ! lança Glenn.
- On vient un peu de péter le monument le plus important de tout Johto, je suis pas sûre que ce soit le meilleur moment pour sortir… marmonna Cat.
- On peut rester là un moment ? demanda Shuu au petit homme, loin d’eux.
- Pas… Pas question ! fit celui-ci en bredouillant.
- NON MAIS L’AUTRE ?! SALE CON ! s’énerva Glenn en frappant dans le vide.

A peine avait-il fait ce geste, que le petit homme volait, comme frappé par un poing invisible. Les trois regardèrent Glenn, qui fixait ses mains, incrédule. Il donna un autre coup dans le vide, et le gradin d’en face se fissura. Tous étaient abasourdis.

- Mais c’est trop cool, tu peux frapper à distance ! s’écria Shuu.
- J’avoue ça gère ! renchérit Justine avec un grand sourire.
- Ch’uis Superman ! se vanta Glenn.
- Genre ! ricana Shuu. Superman n’est pas obligé de faire « Aaaaaaaaah ! » pour qu’on lui donne à manger !
- Toi, j’ai envie de tuer, mais j’ai pas le droit de tuer un type qui a fait l’armée, question d’éthique…
- Comment tu sais que j’ai fait l’armée ?! s’étonna Shuu.
- Pas grâce à tes bras en tous cas, on dirait des cure-dents ! se moqua Glenn.
- Salop !


- Roku, t’es nul…
- C’est toi, ton Léviator est trop fort, c’est de la triche !

Enième match d’entraînement. Enième défaite de Roku. Ce dernier rappela son Insécateur avec un soupir, et s’assit sur un rocher, la tête basse. Bleuts eut un petit sourire, et s’assit à côté de lui. Il tenta de poser sa tête sur l’épaule de la jeune fille, mais celle si s’enleva juste à temps, avant d’éclater de rire.

- Hahaha, tu t’es encore fait avoir, sombre merde !
- … J’me sens soumis, marmonna Roku.
- Tu l’es ! affirma Bleuts avec un hochement de tête.
- … Garce !

Bleuts allait répliquer, mais elle n’en eut pas le temps. Un arbre venait de s’envoler et d’atterrir à quelques mètres d’eux. Quelques secondes plus tard, Kanon était là. Ses yeux étaient toujours rouges et sa robe noire était toujours aussi tâchée de sang, mais elle n’avait plus son air dément sur le visage. Son expression semblait partagée entre la haine et l’égarement.

- Ka… Kanon ? s’étonna Bleuts en reculant légèrement.
- Oui.
- Tu es venue ?
- Oui. Je veux obtenir ce pouvoir dont tu m’as montré l’efficacité. Cependant, si dans une semaine, je suis toujours la même et si je n’ai pas obtenu ce pouvoir, alors je vous tuerai.
- … Charmant… Mais c’est d’accord, j’accepte le deal ! répondit Bleuts en tendant une main que Kanon ne serra pas.
- Très bien. Bon courage.

Et elle se mit en position assise sur un rondin. Complètement immobile, attendant de faire quelque chose. Un robot. Roku prit Bleuts à part.

- Euh, Bleuts, c’est super dur de transformer un fou en une personne gentille, tu sais… On va crever !
- Mais non, t’inquiète, je gère… On va juste la faire participer aux activités quotidiennes, la cueillette, monter le camp, l’entraînement… énuméra Bleuts.
- Oui ben bonne chance !
- Ah mais tu vas m’aider !
- Quoi ?! s’écria Roku.
- C’est ton rôle en tant que petit ami ! s’insurgea Bleuts.
- Je suis ton petit ami que quand ça t’arrange… marmonna Roku.
- Et alors ?
- Rien… Je dois faire quoi ?
- Rien de spécial, juste être comme d’habitude.
- OK, ça marche, mais si on crève, je te jure que je te ferais la gueule en enfer, Bleuts !
- C’est ça… fit-elle en revenant vers Kanon. Bon, d’abord, on doit trouver le repas de ce soir ! En route, Kanon !
- … Ok.

Elle se leva, et suivit Roku et Bleuts qui s’enfonçaient dans les sous-bois à la recherche de baies. Soudain, ils tombèrent sur un jeune homme, la vingtaine, qui pleurait, étendu sur le sol. Il avait des cheveux blonds coupés courts, des yeux d’un bleu très clair, et ses habits – un simple jean et un sweat à capuche – étaient en lambeaux.

- Le type avec le pingouin ridicule ? s’étonna Kanon.

Kentin – car c’était bien lui -, l’entendit, et se tourna vers elle. Dès qu’il la vit, il se jeta sur elle.

- ENFOIREE !


Sources d’eau chaude de l’arène. Mentaline, Mey, Flora, Crystal, Nozomi et Creepy-chan prenaient du bon temps.

- Aaaah… Ca fait du bien… soupira Mey.
- Dire qu’il va falloir reprendre l’entraînement… gémit Mentaline.
- Ne vous inquiétez pas, chette fois je ne vous entraînerai pas ! sourit Nozomi.
- Fiouuuuu…
- Je vais m’entraîner avec Creepy-chan ! fit la jeune obèse.
- Et Flora et moi, on s’entraînera de notre côté ! ajouta Crystal avec un sourire.
- Dites, comment on peut être sûres que vous êtes pas en train de vous rincer l’œil ? fit Mey en ricanant.
- Parce que nous sommes fidèles ! clama Crystal.
- Et ouais ! renchérit Flora.
- Creepy-chan, pourquoi tu te baignes toute habillée ? demanda Nozomi.
- …

Creepy-chan, en effet, était vêtue d’un maillot une pièce tout noir qui ressemblait plus à une tenue moulante en latex. Aucune parcelle de sa peau n’était à découvert, alors que les autres filles étaient complètement nues, profitant des bienfaits de la source.

- C’est parce que si l’on me voyait nue, ça casserait un mythe, expliqua Creepy-chan. Une fille sanguinolente et gore en tenue sexy, c’est pas possible.
- Pourquoi pas ?
- … Bon ok, je suis super pudique et en plus, ma poitrine est minuscule…
- Te plains pas, chérieux ! Moi mon tour de taille dépache mon tour de poitrine, ch’est dire… soupira Nozomi.
- Moi je me débrouille pas trop mal, fit fièrement Mey.
- Putain, si j’avais su que l’auteur était capable de nous pondre un chapitre fan service avec la fameuse scène des filles dans le bain qui comparent leurs poitrines… soupira Mentaline, blasée.
- On a qu’à rendre ça original ! s’exclama Crystal.
- L’original, ça me connaît… C’est parti ! lança Creepy-chan.

Elle démarra le poste. Toutes les filles se regardèrent, interloquées.

- Mais c’est flippant !
- C’est le but ! sourit Creepy-chan.
- Nan nan, ça va pas du tout ! Il faut un truc qui bouge, qu’on puisse se déhancher et danser comme des folles… Ca par exemple ! lança Crystal.

Et les voilà, les cinq filles nues comme des vers, dansant la macarena au bord d’une source chaude, sous le regard interloqué des autres coordinatrices. Creppy-chan boudait, elle voulait sa musique flippante. Mais soudain, la musique s’arrêta (juste avant le « Heeeeeey Macarena ! » en plus !). Il s’agissait d’une jeune fille, cheveux noirs, mèches rouges et grands yeux marrons. Son maillot deux pièces noir était banal, mais on pouvait deviner à son attitude blasée qu’elle était une sorte de punk ou de gothik – après tout, c’est du pareil au même. C’est elle qui avait arrêté la musique, visiblement saoulée par tout le vacarme.

- Non mais oh, tu casses notre trip ! s’exclama Crystal.
- Et vous vous me cassez les couilles, si vous voyez ce que je veux dire… répliqua la jeune fille.
- … T’es qui ? demanda Mey.
- Mathi. Et tu ferais mieux de pas me faire chier.


Du côté des sources chaudes destinées aux mecs, c’était une autre histoire. Killian et Silver étaient tout seuls. Killian était très rouge, très probablement parce qu’il ne supportait pas bien la chaleur. Silver, lui se détendait, à l’aise.

- Elles en font du bruit, les filles… fit remarquer ce dernier.
- Euh… Oui… fit Killian, mal assuré.
- Ca va pas ? T’es plus rouge que mes cheveux ! Tu fais pas une hyperthermie au moins ? s’inquiéta Silver.
- Non non… Ca va t’inquiète pas…
- …
- …
- …
- …
- … Tu ressemble pas du tout à ton frère… murmura Silver.
- Pourtant, on est de vrais jumeaux…
- Ca ne veut rien dire. Toi, t’es gentil avec moi… lui…
- Tu n’aimes pas Gold ?
- Ben depuis qu’il a cassé, j’essaye de plus trop penser à lui…
- Il a cassé ? s’étonna Killian.
- Ouais…
- Chouette ! s’écria l’Echo. Fin je veux dire… Si c’était un connard, valait mieux qu’il casse… se rattrapa-t-il.
- Mouais, t’as sûrement raison…
- Et puis t’inquiète pas, tu l’oublieras vite…
- J’espère bien ! Mais bon voilà quoi, ça faisait quand même 6 ans… soupira Silver.
- Ouais, bon courage… Au pire, si tu veux parler, je suis là hein…
- Merci Killian ! fit Silver en se jetant dans ses bras.

Rappelons quand même qu’ils portaient des vêtements plutôt sommaires, soit à peine une serviette. Killian s’évanouit donc, devant un Silver affolé, qui ne savait pas quoi faire.

- Eh oh ! Killian ! EH OOOOOOOH !

Pas de réponse. « Et merde, il a VRAIMENT fait une hyperthermie… Je l’emmène à l’infirmerie ! » Sauf que Killian pesait pas loin de 75 kilos, donc il dût user de son Aligatueur.

*** Intermède ***

- Il faut qu’il s’repose, ce petit con… lui signala l’infirmière Joëlle. P’tain, les Echoes c’est plus c’que c’était, tous des tapettes maintenant…

Et elle s’en alla, laissant un Silver au chevet de Killian.


- Mathi ? C’est un prénom ça ? s’étonna Mey.
- Oui. Et vous c’est quoi ?
- Crystal, Flora, Mentaline, Nozomi, Creepy-chan, fit Mey en les désignant tour à tour, et moi-même, Mey.
- Cool. Bon, on arrête le carnage maintenant, plus de musique. Ou alors vous me foutez du Rock gothique.
- Non, c’est bon, merci… bredouilla Mentaline avec un petit rire nerveux.
- Qu’est-ce t’as contre les gothiques ?! s’emporta Mathi.
- Rien, rien ! fit Mentaline en agitant ses mains devant elle.
- Mon cul oui… Tout ceux qui n’aiment pas le rock et le Dark Wave doivent disparaître, disparaître vous m’entendez ! TOUS ! hurla-t-elle.
- Ouais, j’avoue ! fit une voix derrière eux.

Il s’agissait de Listina, accompagné de la vieille du concours de Sentiernelle. (ndla : Si vous vous ne vous en rappelez pas, c’est normal, c’était un wallpaper !) La petite blonde se rangea aux côtés de Mathi, et fut bientôt rejointe pas la vieille ainsi que d’autres coordinatrices. Mey s’étonna.

- Sérieux, y’a AUTANT de gens qui aiment ces musiques pourries ?!
- Faut croire… soupira Mentaline.
- ON VA VOUS PETER LA GUEULE, ADEPTES DE BEETHOVEN ! scanda Mathi.
- J’T’EMMERDE, J’AIME LA J-POP MOI ! hurla Mey en retour.
- ET MOI J’ADULE LA POP, GARCE ! renchérit Crystal, à fond dans le truc.
- OUAIS C’EST N’IMPORTE QUOI ! ajouta Mentaline.

Mentaline, Mey et Crystal fusillèrent Mathi, Listina et la vieille du regard. Nozomi et Flora buvaient un thé, semblant s’en foutre royalement. Pendant ce temps, Creepy-chan regardait Saw sur son iPod.

- ESPECE DE POUFFIASSE DEVERGONDEE ! lança Mathi à l’adresse de Mentaline.
- MOI AU MOINS J’AI UN CERVEAU ENCORE INTACT ! SALOPE ! répliqua Mentaline avec véhémence.
- Mentaline, enfin, calme toi… soupira Mey.
- TOI, JE T’AI PAS SONNEE, GROGNASSE ! l’engueula Mathi.
- NON MAIS JE T’EMMERDE ! hurla Mey, beaucoup moins calme tout à coup.
- Exchellent che thé… C’est du quoi ?
- Lady Grey, provenance Hoennienne… Pas mal non ? sourit Flora.
- Fameux, en effet… répondit Nozomi en avalant une gorgée.
- MEUUUUUUUUUURS ! cria Mathi en se jetant sur Mey.
- A L’ASSAAUUUUUT !

Alors qu’elle allait en venir aux mains, une voix caverneuse se fit entendre.

- Oh… J’adore ce passage, les entrailles qui volent de partout, avec les ongles arrachés sanguinolents, des clous de partout, le visage tailladé… Ouh ! Elle passe sa main dans le mixer, quelle débile… commenta Creepy-chan, jetant un froid dans la salle.
- C’est qui celle là ? s’étonna Mathi.
- Oh rien, une adepte de gore…
- Ah… On en était où ?
- Je crois que j’étais en train de te traiter de pouffiasse… fit Mey, en pleine réflexion.
- Non, t’en étais à pute je crois… la corrigea Mathi.
- Ah oui c’est vrai ! s’écria Mey.
- …
- …
- SALOOOOOOOOOOOOPE !
- Vous avez remarqué que dès qu’on arrive dans une Schène, il y a FORCHEMENT des crêpages de chignons ? souffla Nozomi.
- Je confirme… soupira Flora.


- Vous… Vous quoi ? bredouilla Midona, abasourdie.
- Je fais des recherches sur le voyage entre les mondes ! C’est simple pourtant ! répéta Mista.
- Mais c’est impossible ! s’exclama Alexandra. Il n’y a qu’un seul monde !
- Et vous avez beau chercher partout dans ce monde, vous n’y trouvez pas votre fils, répliqua Mista. Qu’en concluez vous ?
- Que… Mon fils serait dans un autre monde ?! N’importe quoi ! Espèce de menteuse ! hurla Alexandra.
- C’est pourtant la vérité… Même la mafia ne le retrouve pas ! Votre fils est dans un autre monde, tout comme vos filles, Monsieur Weiss et Madame Pandora. Et votre sœur aussi, chère Midona Milkya.
- Comment connaissez vous nos noms ? s’étonna Midona, bien qu’elle ait sa petite idée sur la question.
- De la même façon que vous, jeune fille… Vous pensiez que je n’avais pas remarqué que quelqu’un avait forcé mon système de sécurité ?
- Vous… Vous êtes… commença Midona, interloquée.
- Et ouiiii ! Je m’appelle Mista Meetic, la créatrice et fondatrice de Meetic et ses filières ! Venez donc, je vais vous faire visiter mon laboratoire !

Les trois adultes et la jeune fille suivirent la femme, n’ayant pas vraiment le choix. Et puis, si leur famille était effectivement dans un autre monde, alors il fallait en savoir plus. Midona, quant à elle, était assaillie d’un horrible doute.

Ils traversèrent le grand hall, et arrivèrent dans une grande salle circulaire. En son centre, flottaient deux boules étranges, presque immatérielles. Mista s’en approcha, toute fière, et invita les autres à la suivre.

- Ceci est un schéma explicatif en 3 dimensions. Ces deux boules représentent deux Probabilités. La première, le Pokémonde, la deuxième, notre monde à nous. Elles ne se touchent pas. Il est donc impossible, actuellement, de passer de l’une à l’autre, expliqua-t-elle.
- Excusez moi, mais qu’est-ce qu’une probabilité ? la coupa Midona.
- C’est ce que vous appelez « monde ». Le voyage entre les mondes consiste à passer d’une Probabilité à une autre.
- Et vous avez réussi à passer dans une autre ? s’étonna Mickael, adepte de science fiction.
- Moi non… Mais Shuu Jaggerjack, Cat Pandora, Mentaline Weiss, Mey Milkya, Kanon Simiophia et Bleuts Prussalia, ont pu passer, eux.
- Vraiment ?! s’exclama Alice.
- Oui. Ils réunissaient toutes les conditions… Donc j’ai fait en sorte qu’ils se rencontrent, et deviennent amis. Puis je les ai fait venir ici, et je les ai envoyés dans le Pokémonde.
- En admettant que ce que vous dites soit vrai… Est-ce qu’ils ont une possibilité de retour ? demanda Midona.
- A vrai dire, il y a très peu de chances qu’ils puissent un jour revenir.

Il y eut un grand silence, chacun digérant difficilement l’information. Mista les regardait, un air apitoyé collé au visage. Ce fut Alexandra qui réagit la première.

- Mais vous dites que des conneries ! Il est impossible de voyager entre les mondes, et d’ailleurs il n’existe pas d’autres mondes !
- Ce que vous êtes étriquée… soupira Mista. Très bien, je vais vous le prouver. Suivez moi dans la salle suivante.

La pièce d’à côté était beaucoup plus petite. Elle contenait un simple écran géant. Mista s’en approcha, et glissa un minuscule CD dans une fente. L’écran s’alluma.

- Ce que vous allez voir maintenant, Madame Jaggerjack, est un enregistrement d’une conversation que j’ai eu avec votre fils, peu après son arrivée dans le Pokémonde.


- Oui Mista c’est moi. On n’est pas morts ! Enfin, si, mais non ! Bref, on est dans le PokéMonde, ça a marché !

-

La tête de Shuu venait d’apparaître à l’écran. On aurait dit un dessin, mais il semblait bien réel malgré tout. La mâchoire d’Alexandra toucha le sol quand elle aperçut un Feuforêve voler lentement derrière le jeune homme. La mère de Shuu s’y connaissait un peu en Pokémon – quoi de plus normal avec un fils tel que Shuu – et dut bien admettre que Mista disait vrai.

- C’est bon vous êtes convaincus ? fit Mista avec un sourire.
- Oui. Et je veux y aller, somma Mickael.
- Pardon ?! s’étonna Mista, interloquée.
- Si Mentaline ne peut pas revenir, alors j’irais la rejoindre ! s’emporta Mickael avec véhémence.
- Impossible. Il faut avoir moins de 30 ans pour passer dans le Pokémonde, or, vous allez sur vos quarante ans. Désolée.
- Dans ce cas, moi j’irai, fit la voix ferme de Midona.
- Midona Milkya… fit Mista avec un air pensif. Oui… Ca devrait être possible…

Midona jurerait avoir vu une lueur de démence dans les yeux de Mista à cet instant là. La jeune fille ne lui faisait pas confiance le moins du monde. Cette femme lui paraissait étrange. Mais Midona voulait aller dans le Pokémonde pour retrouver sa sœur. Et ensemble, elles trouveraient un moyen de rentrer.

- Et bien… Suivez moi tous… Je vais vous montrer la salle de transfert.

Elle les accompagna dans une énième salle. Celle là n’était pas si grande. Il y avait simplement une grosse boule de verre, et des lits d’hôpital. Diverses seringues étaient posées sur des tables. Les quatre personnes frissonnèrent en les apercevant.

- Ceci… Est la salle de transfert. Cette boule en verre que vous voyez là, est ce qu’on appelle une capsule temporelle. C’est à l’intérieur de celle-ci que vous pouvez voyager entre les mondes.
- Au fait, c’est dangereux ? questionna Mickael.
- Pas vraiment. Ca peut l’être, mais seulement si vous ne remplissez pas toutes les conditions pour voyager… Normalement ça passe sans trop de problèmes.
- Dans ce cas, je peux partir de suite ?
- Hum, tout à l’heure peut-être. D’abord, visitons la toute dernière salle.

La « toute dernière salle » était vide. Totalement vide. Ils s’avancèrent, et avant d’avoir eut le temps de dire shit, une cage en métal leur tomba dessus, les emprisonnant. Ils se mirent à hurler, tambourinant contre les barreaux. Derrière eux, Mista éclata d’un grand rire machiavélique.

- Mwahahaha ! J’ai réussi… J’ai attrapé Midona Milkya… Je vais enfin dominer l’Omniscient ! hurla-t-elle, complètement folle, devant les visages abasourdis des adultes. Tremblez devant moi… devant la génialissime… M-M !

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Dernière édition par Shuu le Jeu 5 Juil 2012 - 13:59, édité 2 fois
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